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Full text of "Inventaire-sommaire des archives départementales ..."

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CJ-j:-h • '* 



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COLLECTION 



DBS 



INVENTAIRES-SOMMAIRES 



DBS 



ARCHIVES DÉPARTEMENTALES ANTÉRIEURES A 1190 



HAUTE-YIENNE 



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INVENTAIRE SOMMAIRE 



DBS 



ARCHIVES DÉPARTEMENTALES 



ANTÉRIEURES A 1790 



RÉDIGÉ PAR MM. Camille RIVAIN & Alfred LEROUX, Archiviste^ 



HAUTE-VIENNE 



SÉRIE C. - FONDS DE L'INTENDANCE DE LIMOGES 




LIMOGES 

IMPRIMERIE TYPOGRAPHIQUE F. PLAINEMAISON, IMPRIMEUR DE LA PRÉFECTURE 
lOf Xiue des Grandes-Poixsses, lO. 

1891 



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T(* 5^ .«H 



Harvard Colle^^^e lûbrarr 
Jan. 15, 1013 
aitt of 
R<.hert Bacon 



Les articles 1 à 376 de l'Inventaire ont été rédigés par M, Camille Ri vain. Les articles 
377 à 634 et l'Introduction ont été rédigés par M. Alfred Leroux. 



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LA 



GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 



ESQUISSE HISTORIQUE 



ÉTAT MATÉRIEL DES FONDS 



Dans son état actuel la partie, conservée à Limoges, des archives de la Généralité comprend: 25 regis- 
tres, 3,187 cahiers, 42 brochures, 322 pièces parchemin, 33,748 pièces papier (dont) 763 imprimées), et 78 plans 
01 cartes, le tout classé et inventorié sous 608 articles diflFérents (1). Ce n'est qu'une épave de ce qui 
existait en 1790 puisque, pour reconstituer Tensemble, il faut tenir compte de ce qui subsiste aux Archives 
départementales de Tulle, d'Angoulême et de Guéret. 

La reconstitution est [d'ailleurs aisée, car chacun de ces trois dépôts a déjà publié l'inventaire sommaire 
de la portion qui lui est échue : Tulle en 1874 par lea soins de M. 0. Lacombe (244 articles) (2) ; Angoulême 
en 1880 par ceux de M. Babinet de Rencogne (254 aticles) (3) ; Guéret en 1885 par ceux de M. A. Richard (45 
articles seulement) (4). Le dépôt de Limoges n'eût pas été le dernier à faire connaître ce qu'il possède si le 
sommaire commencé par notre prédécesseur, feu Camille Rivain, avait pu être livré au public. Achevé 
d'imprimer en 1878 (5), ce sommaire formait près de neuf feuilles (6) qui parurent insuffisantes pour composer 

(1) Vlnventaire comprend en outre 27 articles (G. 609-635), relatifs à l'élection de Rochechoaart qui faisait partie de la Généralité 
de Poitiers, et deux articles (G. 636-637), de pièces provenant de Téiection de Bourges, — soit 1210 pièces, papier (dont 1 imprimée), 
1 pièce parchemin, 77 cahiers et 1 brochure. 

(2) Tome II de Vlnventaire sommaire des archives départementales, — U y a en outre un complément de 34 articles dans le tome ID 
publié en 1889 par MM. Vayssière et A. Hugues. 

(3) Les articles G. 1 à 80 et G. 106 à 278. 

(4) Nous n'avons à considérer en effet que l'élection de Bourganeuf et les enclaves limousines de la Marche. Ges articles sont les 
suivants : G. 321-332, 338. 369, 371-401. — Il y a aussi un registre de l'élection de Tulle (G. 333) et un dossier de la subdélégation 
d'Ussel (G. 370). 

($) Yoy. le Rapport de M. le Préfet de la Haute-Vienne] an Gonseil général, 1878, p. 63. Gf. le Bulletin de la Société archéologique 
du LimouHn, XXVII, 342. 

(6) Gomprenant 394 articles. La feuille 9 a été refaite récenmient, et les articles 377-393, relatifs aux intendances de Poitiers et de 
Bourges, ont été reportés à la fin du Gomplément (609-637) et inventoriés avec plus de détails. L'ancien 394 est devenu 459. 
Hautb-Viennb. — Sérib C. Introd. I 



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II LA GÉNÉRAUTÉ DB UMOGBS. 

un fascicule séparé. Heureusement, depuis 1878, de nouveaux documents ont été retrouvés, qui rentrent de 
droit dans le fonds de la (îénéralité. Il a donc été possible de rédiger un complément qui double par son 
étendue l'inventaire de M. Bivain. Avec le secours de la présente introduction'et la reproduction en annexe 
du plus important des documents statistiques de la Généralité de Limoges, le volume a même pris des 
proportions convenables. 

Bien que la Généralité de Limoges ait été instituée à une date assez rapprochée de nous, il s'en faut de 
beaucoup que ses premières archives aient été conservées, sauf quelques pièces isolées (1). Ce qui subsiste ne 
remonte guère qu'à la fin de l'ancien régime, à Limoges comme à Angoulême, à Tulle comme à Guéret (2). 
Mais ce reliquat ayant lui-même des provenances distinctes, il est indispensable de considérer chacune d'elles 
à part, si l'on veut s'expliquer la pénurie de l'ensemble. Nous examinerons donc successivement les archives 
des États provinciaux — celles du tribunal de TÉlection — celles du Bureau des finances — celles de l'Inten- 
dance — et celles du Bureau de police, en restreignant nos recherches plus spécialement à Limoges. 

A. — Les archives des États provinciaux du Limousin, antérieurement au règne de Charles VII, sont tota- 
lement perdues. A partir de ce règne, il est aisé de recueillir à la Bibliothèque et aux Archives nationales, 
d'assez nombreuses pièces (3), pas assez nombreuses cependant pour que l'histoire de ces États ait para 
jusqu'ici pouvoir être retracée dans son ensemble. Pour ceux du XV** siècle, qui ne s'occupaient guère que du 
vote et de la répartition des impôts, la perte est moins grande qu'on ne l'imaginerait tout d'abord, car toutes 
les sessions devaient se resssembler assez exactement, et l'uniformité des délibérations résulter de l'unifor- 
mité des affaires. 

Mais au XVP siècle le dommage historique est beaucoup plus grand, car nous savons par des témoignages 
certains que les États provinciaux du Limousin (4) et de la Marche (5) présentèrent plusieurs fois à la royauté 
des cahiers de doléances. Or pas un seul de ces cahiers n'a été retrouvé jusqu'ici, non plus que les délibéra- 
tions ni les enquêtes qui durent précéder. Cette disparition provient sans doute de ce que, dans l'intervalle 
de leurs sessions, les États ne constituaient aucune commission intermédiaire. Leurs archives restaient sous la 
garde de quelque notaire qui les transmettait plus ou moins intégralement à son successeur. Elles finirent 
par s'émietter et disparaître. 

Sur les rares États provinciaux qui se tinrent encore durant la première moitié du XVIP siècle, il n'y a pas 
le moindre document dans le fonds de la Généralité de Limoges, et c'esit ailleurs, dans les chroniques et les 
mémoires du temps, qu'il faut chercher sur ce sujet quelques indications (6). Le Limousin rentrant dès ce 
temps dans la catégorie des pays d'élections, les lacunes que nous signalons doivent paraître assez peu 



(1) Voy. partlcalièrement les articles C. 389, 422, 470. 

(2) A remarquer cependant, comme correctif à ce qui vient d'être dit, que les art. C. 204, 207, 235, 250, 251, 266, 267, 292 et 372, 
empiètent plus ou moins sur la période de la Révolution. 

(3) Voyez celles qu'a publiées M. Antoine Thomas, au tome II de ses États provinciaux de la France centrale sous Charles Vil, 
d'après les portefeuilles des collections Clairambault et Gaignières de la Bibliothèque nationale. Aux Archives nationales nous signa- 
lerons le carton K. 692 » correspondant aux années 1486-1787. 

(4) Voy. les Begistre» consulaires de Limoges, U, 415 : c Aussy les coppies de noz provisions et des remontrances |des plainctes 
de toult le païs pouvoient icy estre transcriptes, ce que n'a esté foict pour cause de leur longueur et prolixité des dictes remonstran- 
ces par lesquelles sont remarquées les parties et qualités requises aux ecclésiastiques, aux nobles, à Messieurs de la justice, au soldat 
et gens d'ordonnance et aux aultres estats. . . > (année 1574). — Cf. ibid U, 483 : c Remonstrances seront faictes au roy au nom de 
tous les habitants du hault pays de Limousin estans du tiers estât des deniers tant ordinaires que extraordinaires imposez et levez 
sur le dit païs. . . . t ( année 1581). 

(5) Les doléances de la Marche aux États généraux de 1576 et 1588 sont également mentionnées dans nos Nouv- documents histori- 
ques sur la Marche et le Limousin, p. 340, et nos Chartes, Chroniques et Mémoriaux pour servir à l'hist, de la Marche et du Limousin^ 
jp. 278. 

(6) Nous reviendrons sur ce sujet dans le chapitre III de la présente introduction. 



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ÉTAT MATÉRIEL DES FONDS III 

regnrettables. Il serait pourtant instructif de pouvoir suivre, jusqu'à ses derniers jours, cette institution du 
moyen-âgfe qu'on appelle les États provinciaux. 

Par contre le dossier de la session tenue par rassemblée provinciale du Limousin en 1787 a été sauvé 
presque tout entier (1). lia d'ailleurs été publié en substance et par extraits dans le Bulletin de la Société 
archéologique du Limousin, 

B. — Les élus, en tant que corps de juridiction financière, ne remontent qu'à 1372, comme on l'expliquera 
dans le chapitre suivant. Des dossiers de leur grefte il ne subsiste que des pièces isolées antérieurement au 
XVIII* siècle. Cette pénurie paraît provenir d'un incendie qui consuma le local de l'Élection le 4 février 
1715 (2). Un ouragan qui en 1781 fit beaucoup de dégâts dans les combles de ce même local, dût endommager 
également les archives (3). 

C. — Le Bureau des finances ne fut définitivement organisé qu'en 1586. Quoique ses attributions ne fussent 
pas nombreuses (domaine royal, grande voirie, juridiction en matière fiscale, vérification des comptes des 
receveurs généraux), elles étaient de telle importance et s'appliquaient si souvent à la catégorie des « affaires 
à suivre >, qu'on est en droit d'affirmer que ces archives durent s'accroître rapidement à partir du jour oii, 
sous la main vigoureuse de Sully et d'Henri IV, l'action gouvernementale se fit partout sentir en matière de 
finances et de grands chemins. Sans compter que Taliénation du domaine royal, prescrite par Henri IV, peu 
après la réunion de la vicomte de Limoges à la couronne, s'opéra par l'intermédiaire du Bureau des finances 
et durait encore en 1608. Or, toute trace de cette grosse opération a disparu (4), et dans leur ensemble les 
archives de ce Bureau ne remontent qu'au milieu du XVIIP siècle (C. 273-288 et 550-608), abstraction 
faite de quelques dossiers conservés aujourd'hui sous les numéros C. 278 et 284. ^ 

Il y a pire encore : les originaux des nombreux édits de la royauté instituant, supprimant, réinstituant, 
organisant et modifiant le Bureau de Limoges et les Élections n'existent plus, à l'exception d'un seul, et notre 
science serait appauvrie de documents de premier ordre si les plus anciens de ces édits n'avaient été fort 
heureusement imprimés, d'après les minutes, par Simon Fournival dans son Recueil général de 1655 f5j. 

Deux causes ont contribué à l'amoindrissement de ce fonds. La presque totalité des pièces qui existaient 
encore au greffe du Bureau des finances de Limoges fut incinérée à dessein dans une fête civique donnée aux 
chauvins de Limoges à la fin de 1793 ou au commencement de 1794. « L'objet principal de cette fête étoit 
de brûler les effigies en osier du ministre anglais Pitt et du général prussien Cobourg > (6). Un autre incendie 
purement accidentel, survenu à la Préfecture de la Haute-Vienne dans la nuit du 12 au 13 décembre 1823, 
atteignit le local des Archives départementales et endommagea tout particulièrement le fonds du Bureau des 
• finances (7). Comme il ne fut pas dressé procès-verbal de ce désastre nous ne saurions en indiquer l'étendue (8). 

La seconde cause d'amoindrissement provient de ce que bon nombre de registres, non des moins intéres- 
sants, restèrent en 1790 aux mains de M. Devoyon de la Planche, procureur du roi au domaine près le dit 
bureau, au lieu d'être versés au dépôt du département de la Haute- Vienne. Ces registres subsistent encore, 
au nombre de douze, au château de la Planche, paroisse de Saint-Hilaire-Bonpeval. Grâce à la libéralité du 
possesseur actuel, M. le général du Bessol, il nous a été possible de les consulter, et l'on trouvera dans les 

, (1) Inventaire^ C. 459. Cf. les art. G. 94 et 422. Voy. aussi le carton A D. I 1 des Archives nationales. 

(i et 3) Gontinaatiou ms. des Annales de Limoges par Tabbé Legros. — Si nous sommes bien renseigné, ce qui subsistait des archi- 
ves de réleclion en 1790 est resté jusqu'en ces derniers temps en la possession de M. Arthur Parent, de Limoges. 

(i) Voy. pourtant quelques pièces de l'art. G. 278. 

(5) Recueil général des titres concernant les fonctions^ rangs, dignilez, séances et privilèges des charges des présidens trésoriers de 
France, généraux des finances et grands voyers des Généralités du royaume, Paris, 1655, in-folio. 

(6 et 7) Déposition de M. Lefebvre, ancien secrétaire général de la Haute-Vienne, ancien archiviste du département (f 1843), 
que nous avons retrouvée dans un dossier du fonds du Bureau des finances. Les journaux du temps permettraient sans doute d'en 
vérifier l'exactitude. 

(8) Les dossiers G. 276 et 367 montrent encore la trace de cet incendie. — Nous signalerons plus loin, en parlant du Bureau des 
finances, quelques dossiers des Archives nationales. 



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r 



IV LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

chapitres suivants l'un de ces regfistres fréquemment cité sous le nom de « Recueil Devoyon ». En attendant 
que la réintégration puisse en être faite au fonds primitif, voici le relevé sommaire de ces registres : 

1. Registre des délibérations du Rureau, 1743 et ss. — M. Tabbé Granet, curé de Saint-Hilaire-Bonneval, se 
propose d'en donner un inventaire développé dans un prochain Rulletin de la Soc. archéologique du Limousin, 

2. Registre d^édits et déclarations concernant les Rureaux de finances, — C'est le recueil factice que nous citons 
sous le nom de son auteur. Bon nombre de bureaux de France s'y trouvent représentés par une ou plusieurs 
pièces imprimées. 

3. Registre des hommages du domaine royal. XVIP-XVIIP ss., avec les délibérations de 1645-1730 environ, 
au rebours. 

4. Registre des hommages du domaine royal. XVIIP s. 

5. Plumitif d'hommages. XVIIP s. 

6. Grand livre des hommages du^ au roi. 

7. Registres des hommages^ non achevé. XVIP-XVIII® ss. 

8. Estât des saisies féodales, 1683. 

9. Journal des assignations aux commissaires sur les fruits des fiefs saisis. 

10. Registre de diverses procédures imprimées. XVIll^ s. Un petit nombre seulement concernent le Limousin. 

11. Recueil de plans de Limoges par quartiers. Fin du XVIII® s. 

12. Registre des comptes de construction de Vhôpital gétiéral de Limoges, 1774 et ss. 

D. — Pour l'Intendance la question du sort des archives est un peu diflFérente. A l'origine et pendant un 
demi-siècle, 1588-1637, l'intendant est un fonctionnaire itinérant qui représente le pouvoir central un peu 
à la façon des inspecteurs généraux de nos jours que les divers ministères de la capitale envoient en province. 
Il légiférait sur place, délivrait copie de ses arrêts aux parties intéressées et retenait sans doute par devers 
lui les minutes, pour les déposer plus tard aux mains du Secrétaire d'État dont il avait reçu commission . 
Nous ne pouvons affirmer, dans l'état d'avancement de l'inventaire des Archives nationales, que ces minutes 
se retrouvent aujourd'hui. Si la négative se démontre un jour, il en faudra conclure que les intendants gar- 
daient les instruments de leurs actes. En tout cas, et c'est là ce qui importe en ce moment, ils ne consti- 
tuaient pas un greflFe au chef -lieu de la Généralité. A cette date reculée, nous ne pouvons donc rien trouver de 
leur fait dans le fonds subsistant. 

Mais sous Richelieu l'institution des intendants se règle. Ils deviennent un pouvoir permanent, en corres- 
pondance fréquente par la voie des courriers avec le gouvernement central. Ils ont à leur service, non plus 
seulement un secrétaire, mais deux ou trois expéditionnaires organisés en bureau. Par la force des choses 
les archives se fondent peu à peu, car les dossiers se constituent et s'accumulent, incomparablement moins 
vite que de nos jours, assez vite cependant pour former au bout d'un demi-siècle un fonds important, en 
un temps oii, sous l'impulsion de Colbert et de ses successeurs, l'agriculture, l'industrie, le commerce 
prenaient un si vif élan. Et cependant, pour cette partie du XVIP siècle qui s'étend de 1635 à 1715, il ne subsiste 
presque rien de la correspondance des élus et des autres pouvoirs provinciaux avec l'intendant, ni à Limoges, 
ni à Tulle, ni à Guéret, ni à Angoulême, sans que l'on puisse donner de cette disparition des raisons 
concluantes. 

Par contre, les actes du pouvoir souverain : édits, ordonnances, lettres patentes, se retrouvent en assez 
grand nombre et nous les avons soigneusement indiqués dans le complément à l'inventaire (1); car, outre 
leur portée générale, beaucoup de ces actes contiennent des dispositions particulières à la Généralité de 
Limoges (2). On les conservait donc soigneusement, soit en placards imprimés, soit en copies couchées sur 

<1) Inventaire, art. C. 379 à 416. Cf. les art. C. 98, 99 et 460. — Les art. C. 379 à 416 avaient été originairement classés dans la 
«érie A des Archives départementales. C'est sans doute pour cette raison que M. Rivain ne les a pas compris dans son inventaire. 
(^) Voy. particulièrement les art. C. 385, 386, 391, 397, 400, 401, 406, 413. 



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ÉTAT MATÉRIEL DES FONDS V 

un registre spécial. Cependant, des instructions et des lettres dont Colbert était si prodigue à Tégard de ses 
subordonnés, pas une seule n^est passée sous nos yeux (1). C'est en effet d'après les minutes des Archives 
nationales qu'ont été publiées la Correspondance des contrôleurs généraux et la Correspondance administrative sous 
le régne de Louis XIV. 

Quant aux lettres et dépêches adressées par les intendants au pouvoir central, elles se retrouvent assez 
souvent, mais hors de la Généralité, sous une double forme; les originaux aux Archives nationales dans la 
série administrative G (2), et aux Archives du Ministère des affaires étrangères dans un portefeuille du 
fonds France^ coté 1652. — Des minutes rédigées sur de ^grands registres in-folio, nous ne connaissons 
qu'un seul recueil, qui appartient aujourd'hui à la Bibliothèque de l'histoire du protestantisme français. Ce 
sont deux volumes in-folio de lettres adressées par M. de Gourgues, intendant de notre Généralité de 1684 
à 1686, à ses supérieurs et à ses subordonnés. Nous n'avons pas eu le loisir de les examiner d'assez près pour 
en parler ici plus longuement. 

Cette dispersion, dont on pourra peut-être fournir après nous d'autres exemples, provient de ce que chaque 
intendant considérait les actes de sa gestion un peu comme son bien propre. En quittant l'intendance il les 
emportait (lui ou son secrétaire) et les gardait. Le fait s'est reproduit jusqu'à la fin de Tancien régime, et il 
fallut en 1822 que le département de la Haute- Vienne réclamât aux héritiers de M. Meulan d'Ablois, dernier 
intendant de la Généralité de Limoges, leà papiers relatifs à certaines parties de son administration (3). C'est 
ainsi que, de nos jours encore, on voit de petites communes rurales privées de la portion de leurs archives 
correspondant à la gestion d'un maire qui, àforce de dévouement et de zèle, avait fini par confondre les affaires 
de la commune avec les siennes propres. , 

Pendant les dernières années du XVIP siècle, il est sensible que les bureaux de Tlntcndance conservent 
mieux leurs archives, probablement par suite delà nécessité où ils se trouvent de répondre fréquemment à 
ces demandes de statistique que leur adresse maintenant le pouvoir royal. Néanmoins les minutes des lettres 
et des arrêtés émanant de nos intendants ne se retrouvent, même au XVIIP siècle, que par exception. 

La distinction n'a point été très nettement faite, dans le présent inventaire, entre les archives qui s'étaient 
formées au bureau de l'Intendance et celles qui proviennent du greffe de l'Élection de Limoges ou des sub- 
délégations. Le chercheur pourra, en beaucoup de cas, refaire lui-même cette distinctîbn en considérant les 
matières mêmes. Quoi qu'il en soit, il est certain que les Élections, placées depuis 1635 sous le contrôle de 
l'Intendance, ne nous ont presque rien transmis de leurs papiers administratifs, — pas plus à Limoges qu'à 
Angoulême, à Tulle qu'à Brive ou à Bourganeuf — sauf pour les derniers temps de l'ancien régime. 

E. — Les archives du Bureau de police, qu'il nous reste à examiner, ont bénéficié de ce fait qu'elles se 
sont constituées justement dans cette période d'amélioration administrative que nous avons constatée tout 
à l'heure. Aussi sont-elles assez fournies pour ce qui concerne la police des corporations d'arts et métiers 4). 
Elles forment même, par là, un des fonds les plus intéressants des archives de la Généralité de Limoges. 

* 

Après les causes spéciales que nous avons essayé de retrouver, deux causes générales ont encore contribué 
à la diminution des archives qui nous occupent. 



(i) Par contre, dans le relevé des manuscrits relatifs à Fliistoire de France qui sont conservés à Cheltenham, dans la bibliothèque 
de sir Thomas Philipps, on rencontre la mention suivante : np 7442, recueil des lettres de Séguier, Colbert, Le Tellier, Seignelay, etc. 
(1666-69) adressées à d'Aguesseau, intendant de Limoges, 26 vol. in-folio. 

(i) Squs la cote G', 345 à 353. Cette correspondance appartient aux années 1678-1728. — Cf. H. 4,783, K. 1,179, 1,199, MM. 69i. 

(3) Inventaire, C. 3, note. 

(4) Inventaire, C. 14-21 et 480. 



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Vï LA GÉNÉEIALITÉ DE LIMOGES 

En premier lieu, Tincurie bien connue des pouvoirs provinciaux sous Tancien régime pour leurs archives, 
dèsqu^elles cessaient d'avoir une utilité immédiate. Il y a de cette incurie des preuves multiples en Limousin, 
non point, il est vrai, pour les corps administratifs, mais, ce qui est peut-être plus démonstratif, pour les cor- 
porations religieuses, bien autrement intéressées, en tant que personnes morales possédant fiefs, à la conser- 
vation de leurs titres. — à quel point d'ailleurs les papiers administratifs paraissaient dénués de valeur histo- 
rique, on le devine par la simple mention que leur consacre M. de TÉpine, dans l'État des dépôts publics de la 
Géfiéralité de Limoges, qu'il rédigea en 1769 pour satisfaire à une demande de Bertin (1) : « Archives du bureau 
des finances. Dépôt de l'intendance », rien de plus. M. de l'Épine était cependant un esprit éclairé, un collec- 
tionneur fervent, qui avait son cabinet de curiosités et sa bibliothèque choisie, mais qui, vraisemblablement, 
jugeait de la valeur des documents historiques par leur âge. Il ne pouvait donc s'imaginer qu'il y eut, dans 
les papiers de l'Intendance, matière à recherches historiques. 

En second lieu, la mesure par laquelle la Constituante prescrivit, en 1790, de répartir entre les départements 
intéressés ce qui subsistait alors des archives de l'ancien régime. Celles |du Bureau des finances furent 
scindées, tant bien que mal, et envoyées à Tulle, à Angoulême, à Guéret, chefs-lieux des nouveaux départe- 
ments, tirés en tout ou en partie, de l'ancienne Généralité de Limoges. 

Or, nous savons assez bien comment cette difficile opération fut pratiquée (2). Elle eut exigé, pour être bien 
faite, plusieurs mois; elle se fit en quelques semaines. Et puis, le sens de la valeur historique de ces pièces 
d'archives manquant à beaucoup de ceux qui furent chargés de cette besogne, ils ne se firent point scru- 
pule de supprimer ce qui ne leur parut pas d'une utilité incontestable. 

A ces diverses causes il faut peut-être en ajouter une dernière, plus efficace que toutes les autres. 
L'absence de certains documents, tels que les assiettes d'impôts du XVIP siècle (3), autorise en effet à croire 
que l'administation faisait procéder de temps à autre, comme aujourd'hui encore, à la destruction méthodique 
ou à la vente au poids des registres et sommiers de cette nature, lorsqu'ils encombraient les bureaux sans 
la moindre utilité. Le principe de ces destructions admis, on opérait probablement en grand. 

S'il se rencontre un jour, comme on est en droit de l'espérer, un érudit désireux d'étudier à fond l'histoire 
de la Généralité de Limoges, son premier soin devra être de retrouver tous les actes subsistants des anciens 
intendants, La recherche ne/?era pas des plus aisée^, mais nous affirmons qu'elle sera fructueuse, si Ton veut 
bien examiner, non seulement les fonds connus qui proviennent de la Généralité, mais encore nos Registres 
Consulaires et les débris des Archives communales et hospitalières. Celles-ci, nous le savons par expérience (4), 
contiennent fréquemment des mentions sommaires, mais précises, qui ont trait à la présence de l'intendant 
dans les paroisses. Elles noiîs éclairent sur la nature et le mode de ses relations avec les petites communautés 
rurales, comme aussi sur l'action qu'il exerçait sur certaines institutions publiques : hôpitaux, confréries, 
assemblées de paroisses, etc. 

Les archives de l'Intendance de Limoges ont été dépouillées, à une date inconnue, de divers documents 
que nous allons signaler (5). 

L'un, sous le titre de État des paroisses, est une sorte de statistique des élections de la Généralité, 
paroisse par paroisse, dressée en 1686 ou 1687 (6). Il n'est point du tout certain que ce soit la première 

(1) Inventaire, C. 276 et note. — Cepeudaut il ajoute à propos de Tinteudance : c ..... Plusieurs titres venant du château de 
Turenne. » II s'agit des archives de la vicomte de Turenue, réunie au domaine royal en 1738. Elles avaient été immédiatement 
transportées à Limoges et s'y trouvaient encore, paraît-il, en 1769. Elles ont été versées depuis lors dans le fonds Bouillon des 
Archives nationales. 

(2) Inventaire, C. 1 à 3. — On trouve également quelques détails sur cette opération dans les archives de la période révolution- 
naire, série L. 

(3) Par exception les articles C. 145 et 146 de VInventatre signalent quelques rôles du XVI© et du XVII» siècles. 

(4) Voy. nos deux Inventaires des archives hospitalières et des archives communales de la Haute-Vienne (séries H. suppl. et E. 
SQppl. de l'Inventaire générai des archives du département), passim, 

(5) Nous avons déjà parlé ci-dessus, p. IV, des registres du Bureau des finances conservés au château de la Planche, près Limoges. 

(6) Sa date approximative résulte de ce fait que cette statistique donne le chiffre des impositions pour les années 1680-1686, même 
pour rélection de Saint-Jean-d'Angély qui fut distraite de la Généralité de Limoges en 1694. Cl. V Appendice, p. 200, au has. 



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ÉTAT MATÉRIEL DBS FONDS VII 

de ce genre ; mais c'est à coup sûr la plus ancienne qui nous ait été conservée. Par la nature des indi- 
cations qu'elle fournit — chiffre des impositions pendant une période de sept années, nombre des feux, 
nombre des têtes de bétail, noms des seigneurs — cette statistique offre une base solide à toute étude 
sur les conditions économiques de notre région à la mort de Colbert. Elle est malheureusement dressée 
sur un plan peu uniforme, en sorte que la comparaison d'une élection avec une autre n'est pas toujours 
facile. Malgré ce défaut, cet € état > a une grande valeur pour l'histoire. S'il est regrettable qu'il ne soit 
pas rentré dans le fonds de l'intendance, il n'en faut pas moins rendre un hommage de reconnaissance 
à l'homme désintéressé qui a fait don de ce manuscrit à la Bibliothèque communale de Limoges (1). 
On le trouvera reproduit en annexe de l'inventaire. 

L'autre document que nous avons annoncé, est le Mémoire sur la Généralité de Limoges, de M. de Bernage, 
intendant, mémoire qui fut dressé en 1698, à Limoges comme ailleurs, conformément aux ordres de la cour, 
pour l'instruction du duc de Bourgogne. L'original, envoyé à Versailles, est probablement le ms. H. 4782 que 
Ton conserve aujourd'hui aux Archives nationales. Mais la minute, ou tout au moins la transcription que 
M. de Bernage garda certainement pour lui-même et pour l'instruction de ses successeurs, ne se retrouve pins 
aux Archives départementales de la Haute-Vienne. Peut-être est-ce l'exemplaire de la Bibliothèque com- 
munale de Limoges, qui porte la date 1698, dans un frontispice dessiné à la main (2). En tous cas, pour 
combler cette regrettable lacune du fonds de l'intendance, notre prédécesseur, M. G. Rivain, fit transcrire en 
1876 l'une des nombreuses copies du temps que Ton trouve à Limoges, et c'est cette transcription qui figure 
sous la cote C. 6 de l'inventaire. 

Ce Mémoire sur la Généralité de Limoges a été publié intégralement pour la première fois, il y a six ans, avec 
les seules ressources d'information dont nous disposions alors (3). A la liste des dix copies des XVII' et 
XVIIP siècles, qui furent signalées dans l'introduction, on peut aujourd'hui en ajouter plusieurs autres i^ 
dresser comme suit le relevé qu'il convient d'en faire : 

1. Archives nationales^ H. 4782; 

2. Archives du Ministère des affaires étrangères^ n^ 1652 : 

3. » > > » n« 1760 ; 

4. Bibliothèque communale de Limoges^ n^ 24 ; 

5. Bibliothèque nationale, mss, fonds franc. ^ 4287; 

6. » > » 22221; 

7. Bibliothèque de l'Arsenal à Paris^ mss. n^ 3801 ; 

8. Bibliothèque impériale de Vienne^ id. n"" 663 (4) ; 

9. Bibliothèque communale de Rouen^ id. n^ 2148; 

10. » > deRouen^ id. n*» 2241; 

11. » > deMàcon, id. n» 17; 

12. Bibliothèque de la Société archéologique du Limousin^ n^9 (5); 



(i) Ancieimemeiit coté 8, aujoard'hui 90 (Voy. le Catalogue général des manuscrits des départements^ IX, 4ôO). Il porte cette 
indication : < Ce roaDuscrit trouvé par moi J" -B*« Boileau, sur les quais à Paris, a été acheté i livre 50 et donné à la ville de Limo- 
ges. 1 août 1842. J.-B. Boilbau. > Les armoiries qui dgurent sur le plat du volume sont celles de M. de Breteuil qui fut intendant 
de la Généralité de Limoges de 1718 à 1723. 

(2) Anciennement coté 7, aujourd'hui 24. (Voy. le Catalogue général des manuscrits des départements, IX, 462). 

(3) En 1885 dans nos Documents historiques sur la Marche et le Limousin^ U, p. 149-258, et dans le Bulletin de Ia Société archéolo- 
gique du Limousin, XXXn. 

(4) Le mémoire est attribué par erreur à M. Lescalopier et le Mémoire sur la Généralité d'Amiens est mis sous le nom de M. de 
Bernage. Cette erreur a passé naturellement dans le catalogue de Bœhm, Die Handschri/ten. . . .p. 213. 

(5) Voy. le Bulletin de la Société archéologique du Limousin, XXXVI, p. 337. 



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VIII LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

13. Bibliothèque de M. Emile Duboys, avocat à Paris, avec la date de 1700 ; 

14. DioHothêqix de Jf. le chanoine Tcndsau de Marsac à Limoges -, 

15. Bibliothèque de M. Tandeau de Marsac^ notaire, à Paris: 

16. Bibliothèque de M. Jérémie Laforest, négociant à Limoges, (C'est la copie faite par Tabbé Legros en 1774.) 

Il n'y aurait pas beaucoup de x^ro^t à établir la filiation de ces diverses copies. Les indications fournies par 
les catalog-ues ne le permettent d'ailleurs pas. 

Comme ce Mémoire figurera un jour dans la collection des documents de ce genre, commencée par M. de 
Boislisle, il est bon de prévenir ici que les annotations de l'édition de 1885 présentent un certain nombre 
d'erreurs et d'incertitudes dans l'identification des petites localités qui n'avaient point rang de chef-lieu 
de paroisse. 

Ce Mémoire de 1698 n'a d'ailleurs pas pour l'histoire provinciale la valeur de VÉtat des paroisses de 1686. Il 
n'est pas une seule de ses six sections que l'érudition moderne ne soit en état de refaire, à quelques détails 
près, avec plus de précision, plus d'ampleur et surtout avec une plus sérieuse connaissance des origines de 
chaque institution. 

La dernière distraction que nous ayons à constater est celle de la correspondance de Turgot avec le chimiste 
Macquer au sujet des kaolins à porcelaine de St-Yrieix (1) — et enfin celle d'un dossier relatif aux mines de plomb 
de Glanges. L'art. C. 355 de l'Inventaire mentionne trente-six pièces concernant l'exploitation de ces mines, 
de 1728 à 1788. Mais un autre dossier de soixante-trois pièces, allant de 1728 à 1730, se rapporte également à 
cette aflFaire. Il appartient, en vertu d'une donation privée, à la Société archéologique du Limousin (2). Les 
deux liasses se complètent l'une l'autre. 

Une autre perte, qui se retrouvera peut-être un jour, nous est clairement indiquée par M. Rougier- 
Châtenet, l'auteur véritable de la Statistique de la Haute-Vienne publiée en 1808, sous le nom de M. Texier- 
Olivier. Parlant des canaux de navigation, il dit expressément (p. 536) : « On s'est occupé, depuis plus d'un 
siècle, des moyens de rendre la Vienne navigable. Il y avait dans les archives de la ci-devant intendance 
plusieurs cartons qui renfermaient sur cet objet des projets, des mémoires et une correspondance étendue 
avec les ministres ; mais toutes ces pièces ont été enlevées pendant la Révolution ; il a été impossible de 
les recouvrer > (3). 

« 

Il ne sera pas superflu de signaler ici certains documents du fonds de l'intendance qui, par leur contenu ou 
le nom de leurs auteurs, oflPrent un intérêt particulier et tranchent sur le reste. 

(C. 102.) Mémoire des habitants de Saint-Pardoux-la-Croisille fsur les inconvénients de la taille tarifée] . 
1762 (7 feuillets). Incipit : La communauté des manans et habitans de la paroisse de St-Pardoux 

(C. 102.) Mémoire concernant la taille tarifée dans l'élection d'Angoulème, adressé à Monseigneur de 
Turgot, intendant de la Généralité de Limoges, par le sieur Pouméroulie. Sans date (17 feuillets). Incipit : 
Quelques mouvements qu'on se soit donnés jusqu'à présent 

(C. 102.) Mémoire relatif à la lettre de M. Turgot, du 10 juin 1762, sur Topération des roUes de la taille 

(1) M. d'Hugues (Essai sur Va4ministration de Turgot dans la Généralité de Limoges, p. 192) affirme que cette correspoûdauce 
est aux mains des héritiers de François Alluaud. 

(2) Voy. notre Catalogue des manuscrits de la Société dans le Bulletin, XXXVI, p. 336. — Nous n'avons pu savoir quand et par 
qui la donation avait été faite. 

(3) Les art. C. 307, 308, 455 de VInventaire ne semblent pas provenir des cartons dont parle M. Rougier-Châtenet, car on n'y 
trouve pas de correspondance ministérielle 



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ÉTAT MATÉRIEL DES FONDS IX 

tarifée [par M. de la Borderie] . Sans date. (6 feuillets). Incipit : Il ne paraît pas douteux que dans une même 
Généralité 

(C. 102). Mémoire sur la forme établie dans la Généralité de Limoges pour la répartition des tailles. 
Sans date ni nom d'auteur. (13 feuillets). Incipit : L'établissement du système a ses ennemis et r,es 
partisans 

(C. 102). Mémoire sur la taille réelle, telle qu'elle a lieu dans la Généralté de Montauban, par M. Pajot, inten- 
dant, 1738. (13 feuillets). Incipit : Généralement parlant, on sait que la taille réelle a lieu en Languedoc 

.(C. 106). Mémoire d'observations sur le cadastre général projeté, par Charpentier de Bellecour (1), vers 1763. 
(12 feuillets). Incipit : Le zèle qui vous anime pour le bien de l'État 

(C. 295). Instruction générale proposée à M. de Clugny par feu M. Trudaine, le fils, en 1776 (2), sur 
la forme à observer provisoirement pour la construction, réparation et entretien des routes. (6 feuillets). 
Incipit : Le roy a fait connoître par sa déclaration du 11 août 

(C. 295). Projçt économique pour le plus parfait entretien de toutes les routes du royaume. Sans date ni 
nom d'auteur. (3 feuillets). Incipit : Que l'on consulte MM. les intendants 

(C. 296). Traité sur l'utilité et la nécessité des chemins publics et les moyens de les exécuter. Sans date ni 
nom d'auteur, antérieur toutefois à 1781. (79 feuillets). Incipit : Le même esprit qui vous conduit si souvent 
aux pieds du trône m'inspire la démarche. . . . 

(C. 296). Mémoire et observations sur différents moyens de suppléer à la corvée, par M. Georgest, ingé- 
nieur à Saint-Flour (et plus tard à Limoges). Daté de Saint-Flour, 15 octobre 1780. Avec copie de la lettre 
écrite par M. de la Millière à l'auteur, en novembre 1782, après réception de son ouvrage. (12 feuillets). 
Incipit : Je ne m'étendrai pas sur l'utilité des chemins 

(C. 296). Mémoire sur la manière de faire les routes et de les entretenir dans le royaume de France. Rédigé 
en 1781 par M. Meulan d'Ablois (3), intendant de la Généralité de la Rochelle, plus tard de la Généralité de 
Limoges, ce mémoire fut présenté à M. de la Millière. (7 feuillets). Incipit : On peut dire que jusqu'à 
M. Trudaine 

(C. 296). Précis sur l'administration des ponts et chaussées [par M. Meulan d'Ablois]. Sans date. (10 feuil- 
lets). Incipit : Quand on a bien approfondi, bien travaillé la matière des corvées 

(C. 296). Mémoire sur les corvées [par M. Chaumont de la Millière, intendant général des ponts et chaus- 
sées], mars 1782. (14 feuillets). Incipit : L'utilité des chemins est actuellement si bien reconnue. .... 

(C. 296). Mémoire sur les inconvénients qu'il pourrait y avoir à étendre à toutes les GrénéraUtés déjà 
soumises à la méthode du rachat des corvées, la loi projetée pour la suppression des corvées, et avantages 
qui pourraient résulter de ne publier la loi et de n'y assujettir que les provinces qui sont encore soumises au 
régime de la corvée en nature. Rédigé vers 1786, sans nom d'auteur. (10 feuillets). Incipit : Des 32 générali- 
tés du royaume, 17 sont déjà soumises à la méthode du rachat 

ce. 297). Examen du Mémoire sur les corvées (4). Nouvelles idées à ce sujet et par occasion fragments histo- 
riques sur les chemins, par M. de Sommereul, lieutenant-colonel d'artillerie, n** 25, rue N.-D.-des-Victoires, 
1786. (82 feuillets). Incipit : La publicité donnée au mémoire sur les corvées — Sur la moitié de gauche 

(1) L'auteur habitait alors Aurillac. II fut peu de temps après appelé à Limoges. 

(2) n s*agit donc de DanieJ-Charles Trudaine, intendant des finances, directeur des poitts et chaussées, membre de TAcadémie de& 
sciences, mort en 1769. 

(3) L'attribution et la date de ce mémoire et de ceux qui suivent, sont le fait de M. Lefebvre, ancien secrétaire de l'intendaucc, 
ancien secrétaire général de la Haute-Vienne, et lors archiviste de ce département. 

(4) Publié en 1785, sans nom d'auteur, par M. Chaumont de la Galaisière, conseiller d'État, intendant de Strasbourg. 
Haute-Vibnne. — Série C. Introd. II 



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X LA GÉNÉRALITÉ DB LIMOGBS 

(le chaque feuillet : Observations sur le mémoire intitulé Examen du mémoire sur les corvées. Nouvelles idées à 
ce sujet. Sans date ni nom d'auteur (l). Incipit : Ce mémoire pèche par le style; on n'en relèvera pas 
les incorrections 

(C. 299). Lettre de M. Turgot, intendant de Limoges, à M. de Laverdy, contrôleur général des finances, sur 
le rachat de corvée. A Limoges, le 30 juillet 1764. (9 feuillets). Incipit : M. Je n'ai point encore recueilli tous 
les éclaircissements nécessaires 

(C. 300). Mémoire sur la construction et entretien des chemins faits en rachat de corvée dans la généralité 
de Limoges depuis 1764, par M. Trésaguet, ingénieur, 1775. (9 feuillets). Incipit : On s'est attaché particuliè- 
rement à tourner les montagnes (A été imprimé dans les Annales des ponts et chaussées^ vers 1832). 

C. 118 à 121, 128, 147 à 178, 182 à 190. Résultats partiels de la statistique de 1762-1765, entreprise sur l'ordre 
de Bertin, indispensable à consulter aujourd'hui pour les monographies de cantons ; 

C. 29 et ss., 321 et 322. Délibérations de paroisses ; 

C. 29 et ss., 106 et ss. Arpentements de paroisses; 

Lettres de personnages connus, tels que : Gay de Vernon, qui fut plus tard évêque constitutionnel de la 
Haute-Vienne (C. 36) ; la baronne de Beaupoil de Saint-Aulaire (C. 267) ; Silhouette et l'abbé Terray (C. 277) ; 
le comte de Lambertie (C. 278); le comte des Cars (C. 347) ; II.-F. d'Aguesseau, le chancelier (C. 356); Turgot, 
intendant de la généralité (passim). 

L'on n'a point cru pouvoir faire figurer dans V Inventaire un document d'une nature fort particulière, — bois, 
fer et carton, — sans doute unique en son genre, que l'on connaît à Limogea sous le nom de € Porte du 
cabinet de Turgot ». C'est en effet un battant de porte (2), dans le panneau duquel Turgot, alors intendant de 
la Généralité, fit encastrer, en trompe-l'œil, des dos de livres imitant dans leur ensemble une travée de 
bibliothèque. Chacun de ces livres simulés porte un titre fantaisiste, dans lequel se révèle l'esprit 
caustique du célèbre économiste à l'égard de certains hommes et de certaines choses du passé (3). Le cata- 
logue de cette « bibliothèque introuvable » a d'ailleurs été publié au moins quatre fois : dans le Bulletin 
du bibliophile par M. Eusèbe Castaigne (1855), dans le Bulletin de la Société archéologique et historique de la 
Charente par le même (1856), dans les Mémoires d*un bibliophile par M. Tenant de Latour (1861), et tout 
récemment par M. Nourisson dans son livre Trois révolutionnaires 

Un aulre document, qui ne déparerait point un musée d'art industriel, est VÉtat des manufactures de draps 
et autres étoffes fabriqués dans la Généralité de Limoges en 1731 (4). On y a joint, comme pièces à l'appui, 
une vingtaine d'échantillons de ces étoffes. On peut donc se rendre compte tactu et visu de leur qualité, de 
leur dessin et de leur couleur. 

Nous signalerons également un certain nombre de mémoires imprimés, enferme de brochures, qui ont 
eu sans doute, en leur temps, une certaine notoriété. Ce sont encore aujourd'hui mieux que des curiosités 
bibliographiques, car la plupart de ces mémoires traitent de questions d'intérêt public. Or, il est instructif 
pour l'histoire de savoir comment, à chaque époque, les questions se posaient et comment elles étaient réso- 
lues en théorie. Les titres de ces mémoires sont reproduits, plus ou moins complètement, dans VInventaire. 



(1) • Nota. On ne connaît pas rauleur des observations ci-contre. EJles ne peuvent guère être attribuées qu'à M. de la Galaisièn», 
auteur du Mémoire sur les corvées^ ou à M. de la Minière, intendant général des ponts et chaussées » (Note manuscrite de M. Lefebvre). 
(i) Cette curieuse porte est conservée aux Archives de la Haute-Vienne, où elle sert préseutement de table. 

(3) Cette forme de raillerie fut bientôt imitée. M. Clément-Simol^ a publié récemment (dans son Histoire du collège de Tulle^ chapitre 
VI, note) une « Liste des livres nouveaux que le sieur Chirac (imprimeur libraire de Tulle) a reçus. » Cette liste de titres fantai- 
sistes fut présentée à Turgot lors de sa première visite dans la capitale du Bas-Limousiu, en 1763 ou 1764. 

(4) Inventaire^ C. 13. 



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ÉTAT MATÉRIEL DES FONDS XI 






L'inventaire que nous livrons au public contient bien autre chose que l'histoire de la Généralité de 
Limoges. On y trouvera : 

Sur le Clergé : Diverses mentions relatives aux prédicateurs de PAvent et du Carême (C. 50, 89. 95, 96; : — ■ 
à une recluse de Limoges (C. 89) • — à rétablissement des sœurs grises à Limoges (C. 580). 

Sur la Noblesse : Des noms de personnages de qualité, suivis de leurs titres et fonctions (passim); — des 
demandes en réduction de cote et des demandes de secours formées par des nobles (C. 209, 212, 213, 218, 230, 
232, 268 et 269); — des rôles de gentilshommes et autres privilégiés (C. 287). 

Sur les Villes et Communes : Des actes où figurent les échevins de Saint-Junien,de Saint-Léonard et autres 
localités (C. 591, 596, 599, etc.); — diverses pièces relatives aux privilèges de Limoges (C. 53, 54, 55 et ss.) 

Sur les Corporations: Un contrat d'apprentissage (C. 518); — plusieurs pièces desquelles résulte que le< 
nombreuses corporations de Limoges trouvaient chacune asile, pour leurs assemblées, dans un des couvents 
de la ville : les chirurgiens, chez les Récollets ; les boulangers, les cuisiniers, les tailleurs et les chaudron- 
niers, chez les Carmes des Arènes; les cordonniers, chez les chanoines de Saint-Martial; les passementiers, 
les pâtissiers et les rôtisseurs, chez les Cordeliers, etc. (C. 489 et ss.); — un acte de 1733, constatant 
que, sur les^46 bouchers de Limoges, un seul savait lire (C. 485). 

Sur VInstruction publique : La mention des collèges d'Eymoutiers, Saint-Junien et Saint-Yrieix (C. 39, 78 et 
81); — la mention de régents à Aixe, Meyssac, Bellac, Saint-Junien, Saint-Léonard (C. 29, 123, 564, 585^ 
597); — la constatation faite, en 1762, de l'ignorance dans laquelle vit le peuple de la province (C. 1 18). 

Sur le Domaine royal en Limousin et sur certaines mouvances féodales : Divers actes importants (C. 98, 551, 
559, 561, 567, 585); — plusieurs mentions du comte d'Artois, comme seigneur apanagiste du Limousin, à 
partir de 1772 (C. 99, 224, 415, 587). L'étude de son rôle en Limousin n'a jamais été faite. Elle mériterait la 
peine d'être tentée à l'aide de ces documents et des renseignements de toutes sortes que fournissent les 
Calendriers du temps, V Inventaire des Archives départementales de la Corrêze (B. 250, 830 et 832], certaines liasses 
des Archives nationales (séries et A D I ** ^ ) et la Feuille hebdomadaire de la Généralité de Limoges, 

Pour la Biographie provinciale : Des noms de médecins et de chirurgiens (C. 2ô8, 292, 559, 594, 598) ; — 
(rarchitectes de la province (C. 28, 33, 63, 270); — d'orfèvres et de sculpteurs (C. 439, 567, 569, 580); — 
quelques menus détails pouvant servir à la biographie de d'Aguesseau (C. 91), de l'abbé Nadaud (C. 9:) et 
439), de l'abbé Oroux (C. 603), du comédien-antiquaire Beaumesnil (C. 264), de Charpentier de Bellecourt 
{C. 106), des collaborateurs de Turgot tels que Desraarets, de l'Epine, Beaulieu , Cornuau, Trésaguet, 
François AUuaud, etc. (passim). 

Pour V Archéologie locale : D'utiles renseignements sur le théâtre à Limoges au XVIIP siècle (C. 518) ; — 
sur les bronzes de la fontaine Dauphine (C. 91) ; — sur quelques enseignes d'auberges (C. 16, 467, 473, 540, 
560) ; — sur l'établissement d'horloges publiques dans de petites localités telles que Bellac, La Porcherie, 
Magnac-Laval, Le Chalard, Lubersac, etc. (C. 32, 48, 49, 50, 74). 

Pour VHistoire des mœurs : Diverses pièces constatant : l'envoi de garnisaires dans une paroisse du Haut- 
Limousin qui ne paie pas ses tailles (C. 556); — l'usage de perruques en fil de fer (C. 526) (1); — l'habitude 
qu'avaient certains perruquiers de suivre les comédiens (C. 526) (2); — la pratique des étrennes aux Rois 
(C. 57 et 90): — une procédure engagée contre les gens du palais, en 1780 (C. 368).. 

(i) Cf. Juge SalDt-Martin : Changements survenus dans les mœurs des habitants de Limoges^ depuis une cinquantaine d'années, 
(1808, 2» édition, 1817, page 39). 

{%) Au XVIIlo siècle, les perruquiers tiennent une grande place dans la vie sociale. Ils sont fréquemment mentionnés dans los 
comptes des collèges. 



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XII LA GÉNÉRAUTÉ DE UMOGBS 

Enfin, pour VHistoire générale, quelques pièces relatives au monopole des grains (C. 364, 479) — et aux 
préparatifs pour la tenue des États généraux de 1789 (C. 356). 

« 
» » 

Une seule personne a jusqu'ici vraiment tiré parti des archives de Tintendance : c'est M. Gustave 
d'Hugues, docteur ès-lettres, dans son instructif Essai sur l'administration de Turgot dans la Généralité de 
Limoges (1859). Aujourd'hui que ces archives sont classées et inventoriées, il serait aisé d'ajouter beaucoup à 
VEssai de M. d'Hugues, et même de trouver dans ce fonds d'autres sujets d'études, d'une portée presque 
aussi grande. Les chercheurs qui depuis 1859 ont eu la curiosité de compulser les papiers de Tintendance 
ne leur ont guère demandé que quelques matériaux pour des monographies restreintes (1). Cependant 
M. Fray-Fournier en a déjà tiré un grand nombre de documents intéressants, qui seront publiés dans le 
prochain Bulletin de la Société archéologique du Limousin (t. XXXIX). 

La totalité du fonds conservé à Limoges se peut classer sous un certain nombre de chefs diflFérents que Ton 
trouvera énumérés à la table des matières. Il est donc superflu de les reproduire ici. 



(1) Par exemple M. Ducourtieux pour Limoges d'après ses anciens pians ; M. Fray-Fouruier pour la liste des inteudants publiée 
ci-dessous; M. A. Leroux pour rhistoire de Magnac-Laval et du Dorât (Bulletin de la Société archéologique du Limousin, XXVIII et XXIX.) 



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II 



FORMATION TERRITORIALE DE LA GÉNÉRALITÉ 



L'étendue de la Généralité de Limoges a plusieurs fois varié : elle a même été fort différente à chacun 
des deux siècles de son existence. Jamais elle n'a embrassé dans ses limites la totalité du Pagus Lemoiicintis^ 
ni même la totalité du diocèse de Limoges, dans son second état : la Haute-Marche, la Combraille, les 
enclaves poitevines de Bridiers et de Rochechouart (1) en ont toujours été exclues au profit des Grénéralités 
voisines (2). Par contre les provinces d'Angoumois et de Saintonge lui furent adjointes pendant trois quarts 
de siècle, soit en totalité, soit en partie; l'élection d'Angoulême lui resta même jusqu'à la Révolution. Il importe 
donc, pour dissiper Textrême confusion qui règne en cette matière, de préciser les faits, les dates, les territoi- 
res, et de prendre la question à ses origines historiques (3). Car c'est moins la géographie que l'histoire qui 
a déterminé le lotissement des circopscriptions administratives de Tancien régime, au moins dans notre 
région. 



Les anciennes Élections de Finances du Limousin 

LEUR RATTACHEMENT A DIVERSES GÉNÉRALITÉS 1356-1558 



Une Généralité de finances n'étant que le groupement d'un certain nombre d'élections de finances, le point 
de départ de la Généralité de Limoges doit être cherché dans les trois Élections de Haut-Limousin, Marche et 
Bas-Limousin qui semblent avoir été constituées au milieu du règne de Jean le Bon, 1356ou 1357 (4). Si l'on ne 
connaît pas avec une précision absolue les limites de chacune d'elles, on sait pourtant de quels éléments, féodaux 
ou ecclésiastiques, elles se composaient (5). 

(i) Mais non celle de Bourganeuf, sans doute parce qu'elle était saus commuuicatioûs ouvertes sur le Poitou. 

(2) Ce serait une erreur de composition que de suivre, dans cette étude sur la Généralité de Limoges, le sort de la Haute-Marche 
limousine et de la Combraille. Nous donnerons cependant, mais seulement dans les notes, les indications nécessaires pour compléter 
rbistoire des circonscriptions flaancières de Fancien Limousiu. 

(3) Nous sentons très vivement combien cette élude est prématurée. Le Catalogue des actes des rois de France que vient d'entre- 
prendre TAcadémie des sciences morales, les Arrêts du Conseil d'État sous les Bourbons, dont notre confrère, M. Noél Valois, a livré le 
premier volume, et l'investigation méthodique qui sera tôt ou tard entreprise des séries administratives des Archives nationales, 
apporteront un contingent considérable d'actes dont nous ne pouvons encore profiter. Nous ne saurions cependant nous soustraire 
à robligation d'introduire auprès des érudits [l'inventaire du fonds de la Généralité de Limoges, ne serait-ce que pour préciser l'éUit 
actuel de nos connaissances et débrouiller uu peu la confusion qui règne en cette matière. 

(4) Voyez dans le second chapitre de cette introduction ce qui est dit des États provinciaux. 

(o) On le sait grâce seulement à l'étude approfondie que M. Antoine Thomas a faite de cette question dans ses États provinciaux de 
la France centiale sous Charles Vil, 1879. L I. p. i7.> et ss. 



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XIV LK GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

Ainsi Pélection du Haut-Limousin [avec la Basse-Marche], correspondant à la région supérieure de Tlsle, 
de la Vienne et de la Gartempe, comprenait les archiprêtrés de Nontron (en partie seulement), Lubersac, 
la Meyze, la Porcherie, Saint-Paul, Limoges, Saint-Junien, Rançon et Bénévent. 

Par une anomalie qu'explique l'histoire, le Franc-Alleu et son annexe de Mainsat, situés au milieu de la 
Combraille,*faisaient partie de Félection du Haut-Limousin ainsi que La Souterraine et son territoire, situés 
en plein Poitou. 

L'élection de la [Haute-]Marche, qui s'étendait sur toute la région de la Creuse supérieure et de ses affluents, 
enveloppait — outre le pays de la Montagne ou plateau de Millevaches, division purement régionale, — les 
châtellenies de Rochefort, Felletin, Aubusson, Ahun, Brouilles, Chatelus, Guéret, Malval, Le Dunois et 
Crozant, sans oublier deux annexes : la châtellenie du Dognon, sur un affluent de la Vienne, et la châtellenie 
de Montaigut en Combraille, sur un affluent de droite du Cher. 

L*élection du Bas-Limousin, correspondant à la région de la Corrèze et de la Vézère supérieure, comprenait 
des éléments territoriaux empruntés à la fois à la féodalité et à PÉglise : les châtellenies de Treignac et de 
La Roche-Oanillac, les archiprêtrés de Chirouze, Saint-Exupéry, Gimel, Vigeois, Brive et Brivezac, l'évéché 
de Tulle, les pays d'Yssandonnois et de Xaintrie blanche (1). 

La vicomte de Turenne, arguant de ses privilèges et plus tard de ses États particuliers, restait en fait sinon 
en théorie, en dehors de l'élection du Bas-Limousin, tout comme la Xaintrie noire que les vicomtes avaient 
acquise. 

La Combraille passée depuis longtemps à l'Auvergne, et les lisières du Limousin échues soit au Berry 
comme Boussac, soit à TAngoumois comme Chabanais et Confolens, .soit au Périgord comme Nontron, ne 
députaient naturellement ni aux États de la Marche ni à ceux du Limousin, haut ou bas, non plus que les 
enclaves poitevines de Bourganeuf (constituée vers 1260), de Bridiers (vers 1312) et de Rochechouart-Morte- 
mart (vers 1357). Ces divers territoires ne furent donc compris dans aucune des trois élections 
primitives. 

Ces anciennes circonscriptions financières subirent, en 1437, une première et notable modification. Le 
lYanc-Alleu fut érigé en élection indépendante, et cette érection fut confirmée en 1480. D'autre part, en 1468 
les châtellenies de Charroux, Calais et Saint-Germain-sur- Vienne, qui faisaient angle dans le Poitou; celles 
de Bellac, Rançon, Champagnac et Le Dorât, en Basse-Marche, comprises jusqu'ici dans l'élection du Haut- 
Limousin, furent rattachées à l'élection de la Marche. Ce sont là d'ailleurs les seules modifications qui se 
soient produites antérieurement à l'édit royal de décembre 1542 qui va nous arrêter bientôt. 

Au milieu du XV° siècle la totalité du Limousin et de la Marche était encore comprise dans Tune des quatre 
grandes circonscriptions financières (celle de la langue d'oil (2), que Charles V avait instituées sur la fin de 
son règne et qui portaient déjà le nom de Généralités (3). Mais comme on trouve l'élection de Limoges englo- 
bée dans la Généralité de Guyenne au milieu du règne de François P' (4), il en faut conclure, sous bénéfice 

(1) Cette répartition des paroisses existait encore au XVH*' siècle, au moins pour l'élection de Tulle, yoy. un document de 1632 cité 
dai.s VInvent. des Arch, dvp. de la Corréze, C. 249. 

(2) Cette circonscription est très souvent nommée dans les textes cités par M. A. Thomas, dans son ouvrage sur les Êlats provin- 
ciaux de la France centiale. Au contraire, celle de la langue d'oc n'apparaît pas une seule fois. — A l'appui de ce fait qui peut 
])araltre singulier, puisque la Marche et le Limousin appartiennent toutes deux au domaine de la langue d'oc, nous rappellerons que le 
ressort du Parlement de Toulouse n'a jamais englobé le Limousin qui était pourtant pays de droit écrit. Avant la création du Parle- 
meut de Bordeaux notre province ressortissait au Parlement de Paris. 

^3) Encyclopédie de Diderot, XV, 915. 

(4) Divers actes et délibérations de» Regislres consulaires de Limoges (I, 293 et ss.) prouvent que Limoges fut imposé en 1537-38 
avec les autres villes du ressort du Parlement de Bordeaux. Les lettres royaux des 6 juillet 1537 et 3 octobre 1538 (ibid,, 305 et 309), 
nomment ensemble, à propos d'un emprunt de la royauté, les villes de Bordeaux, Saint-Emiliou, IBergerac, Agen, Condom, Anch, 
Périgeux, Libourne, Sarlat, Cahors, Villefranche de Rouergue, Rodez, Montauban et Limoges. D'autres lettres royaux, des 4 mars 
1537-38 et 20 mai 1538 (ibid., 31 i et 307), parlent expressément de la • Généralité de Guienne », dénomination qui se retrouve dans un 
acte du 6 décembre 1542 (Catal. des acles de Fran:ois /««•, n» 12.829), antérieur* à l'édit portant création de seize recettes générales. 



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FORMATION TERRITORIALE XV 

d'inventaire, que le démembrement de la Généralité de la lang'ae d'oc en deux Généralités de Guyenne et de 
Languedoc, à la suite de l'institution du Parlement de Bordeaux, eut pour effet de soumettre nos deux provinces 
à cette dernière ville au point de vue de l'administration financière aussi bien que de Tadminist ration judi- 
ciaire (1). Cependant la Marche ayant été soustraite en 1470 à l'action judiciaire du Parlement de Bordeaux, elle 

(1) A rappui de cette assertion nous ferons remarquer que, d'après les actes de 1537-38 rappelés dans la note précédente, ce sont 
toujours des conseillers an Parlement de Bordeaux qni sont chargés de faire exécuter les édits fiscaux de la royauté dans l'étendue 
«le leur ressort. 



OïTOU 




des anciennes élections du LIMOUSIN 

sous CHARLES VII 

xiàprés M' Ant THOMAS 



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XVI LA OÉNÉRAUTÉ DE LIMOGES 

dut être soustraite aussi à son action financière pour être soumise à celle du Parlement de Paris dont elle 
dépendait judiciairement. Si Ton admet ces faits, qui malheureusement ne peuvent être encore appuyés de 
textes contemporains, on s'explique le sort différent que suivirent la Marche et le Limousin quand François 1*, 
par le célèbre édît du 7 décembre 1542, divisa le royaume en seize recettes générales qui prirent le nom de 
Généralités (1). Crnq d'entre elles étendaient leur ressort sur les pays d'entre Loire et Pyrénées : c'étaient 
Toulouse, Agen (et non plus Bordeaux), Poitiers, Issoire (remplacé bientôt par Riom (2) et Bourges. 

En vertu de cet édit, l'élection de la Marche fut attribuée à la Généralité de Poitiers. Ce rattachement fort 
naturel dura moins de dix ans, car en 1551, l'élection de la Marche, qui se subdivisait certainement déjà en 
élection de la Marche ou de Guéret et en élection de Combraille ou d'Évaux (3), fut transférée à la Généralité 
de Riom. En 1558, on diminua la première d'une bonne moitié de son territoire en instituant l'élection de 
Bellac que Ton rattacha à la Généralité de Poitiers (4). Trois ans plus tôt, on avait fondu dans l'élection 
d'Évaux le territoire de Télection du Franc-Alleu (5). Cependant, en 1561 celle-ci était considérée par les 
consuls et les élus de Limoges comme appartenant encore à l'élection du Haut-Limousin. Il y eut procès à ce 
sujet devant la Cour des aides de Montferrand (6). Mais c'est en 1587 seulement, semble-t-il, que l'élec- 
tion du Franc- Alleu fut de nouveau réunie à celle d'Évaux (7). Toutefois un arrêt du Conseil d'état, 
du 19 novembre 1594, révoqua cette union et rétablit Télection du Franc-Alleu (8). 

Les deux élections de Guéret et d'Évaux, correspondant assez bien dès lors, l'une à la Haute-Mar- 
che, Fautre à la Combraille, passèrent en 1587 de la Généralité de Riom à celle de Moulins, nouvelle- 
ment instituée (9). Nous n'aurons plus désormais à nous en occuper. 

A la suite de l'édit royal de décembre 1542, l'élection de Limoges (ou du Haut-Limousin) fut incor- 
porée à la nouvelle Généralité de Guyenne dont la recette principale avait été fixée à Agen (10). Cette 

(1) Catal. des actes de François /o'-, n^ 12,830. Texte dans Fontanon, Êdits et ordonnances^ II, 625 ; Foumival, Recueil général des 
titres concernant les trésoriers de France, p. 159; Isamberl, Anciennes lois, XII, 796. Le territoire de ces recettes n'est point délimité 

par redit, qui porte seulement cette disposition : « à chacune desquelles (recettes générales), seront par nous départies les recettes 

particulières plus prochaines, tant de nostre domaine que de nos aydes, impositions, équivallens, tailles et gabelles » 

(2) Voy. Michel Cohen dy, Mém. histor. sur les modes successifs de l* administration dans la province d'Auvergne 1856, p. 113. 

La date de ce transfert n'est pas indiquée avec précision, elle paraît voisine de 1550. Le préambule de l'édit de Louis XIII, établis- 
sant à Clermont, le chef-lieu de la Généralité d'Auvergne en 1639 (dans Foumival. Recueil général, p. 1064), explique le choix 
successif d'Issoire et de Riom par des raisons qui ne supportent pas la critique. 

(3) Nous désignerons désormais chacune de nos élections par le nom de son chef-lieu, puisqu'elles ne correspondent plus à leur ter- 
ritoire primitif. Cependant dans les documents officiels elles restent fréquemment désignées par leur nom régional jusque dans la 
première moitié du XV!!® siècle. 

(4) Voy. le sous-chapitre suivant. 

(5) Bosvieux, Rapport annuel à M- le Préfet de la Creuse, 1862, sur les anciennes circonscriptions du département. 

(6) « Fusmes adverliz que M. le général Assolens ^voyt escript lectres dressantes à Mess, les esleuz [de Limoges] pour. 

eu procédant au déppartement des tailles esgallées sur le hault pays de Limosin, distraire le taux du pays de Franc-Aleu... . Pour 
à quoy obvier avons présenté requeste aux dictz esleuz, narrative que de toute ancienneté le dict pays de Franc-Aleu avoyt esté 
compiins et cottisé avec le dict pays de Lymosin, etc. » {Registre consulaire, III, 228.) 

(7) Voy. l'édit de 1587 instituant la Généralité de Moulins, • ou ressortiront la recepte particulière de Guéret et celle de Com- 

brailles et Franc-Aleu qui seront incorporées en une seule recepte pour estre trop proche les uns des autres et de petite estendue. 
sans toutefois supprimer les officiers du dict Franc-Aleu qui exerceront leurs charges au dit Combrailles avec nos autres officiers 
cy-devaut érigez » 

(8) No?l Valois, Invent, des arrêts du Conseil d*État sous Henri IV, no 1718. 

(9) Édit de septembre 1587, dans Foumival, Recueil général , p. 383. 

(10) Nous n'en avons pas retrouvé la preuve directe. Mais il existe une déclaration royale, datée de Paris, 27 juin 1544, portant que 
le receveur des tailles du Haut-Limousin versera les deniers de sa recette particulière à la recette générale d'Agen et que cette 
recette [de Limoges] demeurera de la Généralité de Guyenne (Catal. des actes de François I^^, n» 13,802 d'après une mention pos- 
térieure). Si Ton met en doute que la recette visée dans le dernier membre de phrase soit celle de Limoges, on doit conclure que 
l'élection du Haut-Limousin avait été rattachée en déc. 15i2 soit à la Généralité de Poitiers, soit à celle d'Issoire. Pour notre part 
nous ne voyons dans cette déclaration de 1544 que la fin d'une tolérance qui avait permis aux receveurs de Limoges de continuer 



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FORMATION TERRITORIALE XVU 

incorporation dura deux ans. En juin 1544, un mandement du roi au receveur des tailles de Limoges 
lui enjoignit de porter les deniers de sa recette particulière à la recette générale de Poitiers (1). Ce 
nouveau rattachement dura plus longtemps que l'autre, jusqu'en janvier 1552, date à laquelle notre 
élection fut attribuée à la Généralité de Riom (2). 

Quant à TÉlection de Tulle (ou du Bas-Limousin), on n'en trouve pas mention à cette époque. Preuve 
assez forte qu'elle eut le sort de celle de Limoges et qu'elle passa elle aussi de Bordeaux à Agen, 
puis à Poitiers et à Riom dont dépendaient déjà les Élections de Guéret et d'Évaux. Pendant quatorze 
ans, 1544-1558, la presque totalité du Limousin primitif suivit ainsi la même destinée administrative, 
orienté tour à tour vers Poitiers et vers Riom. 

Il semble assez aisé d'expliquer ces premiers rattachements de 1542. La Marche, pays de droit coutu- 
mier renfermant des territoires poitevins, fut attribuée à la Généralité de Poitiers aussi légitimement 
que le Limousin, pays de droit écrit, à la Généralité d'Agen. Mais pourquoi celui-ci fut-il distrait dès 
1544 de son ressort méridional au profit de Poitiers ? Fut-ce seulement par raison de voisinage, 
pour plus de facilités dans le transport des deniers royaux, ou bien pour ne point scinder inutile- 
ment le diocèse de Limoges? L'une et l'autre raison est si plausible que nous ne saurions nous 
prononcer en connaissance de cause. 

Le problème est plus obscur quand on cherche les raisons qui, en 1552, déterminèrent Henri II, 
régularisant l'institution des Généralités de finances, à faire dépendre la Marche et le Limousin de 
celle de Riom (3). C'était la plus inattendue des mesures, car jamais, à aucune époque du moyen-âge, 
les deux versants du Massif central n'avaient été soumis à un même pouvoir local. En soi-même, 
dégagée de toute considération historique, cette innovation pourrait paraître heureuse puisqu'elle ratta- 
chait par un lien administratif deux provinces que rapprochaient déjà leur situation géographique et 
leurs intérêts ecclésiastiques aussi bien qu'économiques. L'innovation fit d'ailleurs loi dans la suite, 
comme nous le verrons à j)ropos du rattachement de Limoges à la Cour des aides de Montferrand et 
de Clermont. 

La Qénéralité de Limoges de 1558 à 1694. 

I 

SA COMPOSITION BT SES TRANSFORMATIONS 

k partir de l'année 1558 une nouvelle organisation est introduite, qui va subir les mêmes variations 



à faire leurs versements à Bordeaux, beaucoup moins éloigné qu'Agen de Limoges et en relations continuelles avec le Limousin. — 
Quant aux lettres royaux du 8 mars 1544 qui portent suppression de la recette des tailles et équivalens de la Généralité de Guyenne et 
son union à celle de Poitiers (CataL des actes de François I^f, n» 13,697), paraissent viser autre chose que la recette générale établie 
à Agen pour la Généralité de Guyenne par Tédit de déc. 1542, puisque son existence est attestée par la déclaration de juin 1544. 

(1) Calai, des actes de François /c«-, n© 13,980. 

(â) Nous n'avons point retrouvé les lettres royaux qui ordonnent ce transfert ; mais elles sont rappelées dans Tédit d'institution de 
la Généralité de Limoges en 1558, cité plus loin : « Comme cy-devant, aûn d'établir un bon et certain ordre à la conduite et adminis- 
tration de nos finances et que la grande étendue des charges et pays sur lesquels dévoient avoir l'œil et regard les anciens trésoriers 
de France et généraux de nos finances, n'apportât confusion à nos afîaires, nous eussions par édict du mois de janvier 1551 (n. st. 

1552) créé et érigé en chef et titre d'offices [des bureaux des finances] entr'autres en nos receptes générales de Poitou et 

Riom pour nos pays d'Angoumois, Limousin et Auvergne » 

(3) Cependant l'édit de 1558 rappelle celui de 1551 et semble en reproduire les considérants : t .... Comme ci devant, afin 
d'establir ung bon et certain ordre a la conduicte et administration de noz finances, et que la grande estendue des char- 
ges et pays sur lesquelz debvoient avoir l'œil et regard les antiens trésoriers de France et généraulx de noz finances n'ap- 
portast confusion en noz affaires, nous eussions par edit du moys de janvier 1551 créé et érigé en chef et titre d'office 
.... » Begistre consulaire^ II, 157. 

Haute-Vienne. — Série C. Introd. III 



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XVm LA GÉNÉRAUTÉ DB LIMOGES 

que la précédente : Henri II institue la Grénéralité de Limoges (1) et y fait entrer non-sealement 
les Élections de Limoges et de Tulle, enlevées à Biom, mais encore celles de Bourganeuf (2). Le 
Blanc, Angoulême, Saint- Jean-d'Angély et Saintes (3), distraites de Poitiers. Par contre, TÉlection de 
Bellac, créée la même année, fut placée dans le ressort de Poitiers (4) ; les Élections de Guéret et 
d'Évaux restèrent à la Généralité de Riom, et cette séparation d'avec le Limousin fut sans retour. 

Mais cette Généralité de Limoges, dont Texistence se recommandait par tant de raisons historiques 
et géographiques, fut supprimée par François II en 1560 (5) et fondue, croyons-nous, dans celles de 
Riom et de Poitiers. Rétablie en septembre 1573 par Charles IX (6), probablement avec les mêmes 
limites (7), une deuxième fois supprimée, le 6 avril 1579, par Henri III, elle fut cependant rétablie 
par ce même roi vingt jours plus tard (8). Quatre ans après, en décembre 1583, la Généralité de 
Limoges eut à subir une troisième suppression, € soubz espérance, dit Tédit royal, que nous recep- 
vrions de grandes commoditez par le moyen de la dite suppression » (9) : les Élections furent réparties 
entre Poitiers et Riom. Ces commodités on n'explique pas de quelle nature elles pouvaient être; mais 
ce n'est point faire tort à la royauté - d'Henri III que de soupçonner dans son procédé un expédient 
financier. C'est qu'en effet les édits de création et de suppression que nous avons rappelés, ne portaient 
sur la circonscription appelée Généralité, que par voie de conséquence. Ils visaient d'abord et surtout 
le Bureau de finances qui était, au XVP siècle, la tête de la Généralité. Or les oflaces de ce Bureau, 
pourvus d'appointements assez élevés, étaient naturellement fort recherchés et payés par les postulants 



(1) Voy. redit d'iustitutioa daté d'avril 1558, Inventaire; C. 377; Registre consulaire, U, 157 et 158; Foamlval. Becueil général, 
p. 599. — A noter cependant qu'en novembre 1558 un arrêt du Conseil déchargeait les habitants du Haut-Limousin d'un < emprunt > 
qu'ils devaient payer encore au Bureau des finances de Riom parce qu'il avait été imposé au commencement de l'année, c'est-à-dire 
antérieurement à l'institution de la Généralité de Limoges (Registre consulaire, II, 161.) 

(2) Créée par édit de janvier 1556/57 d'après le Calendrier eccles. et civil du Limousin de la fin du XVIIlo siècle. — On connaît 
un édit royal de mars 1512 (n. st. 1543) portant création en titre d'offices des receveurs de tailles de Poitiers, St-Maixent. . . Le Blanc 
et Bourganeuf {Calai, des actes de François V^^, u9 12,934). 

(3) L'édit de 1558 ne nomme point expressément les trois dernières élections, simplement les pays de Saintonge et Augoumois. 
Mais nous savons d'autre source que l'élection de St-Jean-d'Angély existait à cette date. Voy. en effet dans le Bull, de la Société des archives 
de la Saintonge, IX, 46, les lettres royaux du 27 mai 1530 séparant l'Élection de Saint-Jean-d'Angély de celle de Niort. Cf. 
dans le CataL des actes de François I^^, n» 13,526, l'édit de décembre 1543 créant un office de receveur des tailles en cha- 
cune des villes de Saintes, La Rochelle et Saint-Jean-d'Angély. 

(4) Créée en 1558 d'après Mallebay de la Motte, Plan pour servir à l'histoire du comté de Marche, 1777, p. 84. Cependant 
il n'en est pas question dans l'édit d'institution de la Généralité. Nous soupçonnons que cette Élection fut créée quelques 
mois après, au lieu et place de l'Élection du Blanc (comme plus tard en 1639), et que celle-ci fit immédiatement 
retour à Poitiers, car il n'en est plus question dans les documents d'origine limousine. — L'Élection de Bellac dis- 
parut en 1560 avec la Généralité de Limoges, mais fut rétablie eu mars 1578, dans la dépendance de Poitiers et supprimée 
encore en mai 1583. Joullietton cite {Hist, de la Marche, I, 330) une déclaration royale du 7 avril 1578 portant que l'Élection 
de Bellac n'est point comprise dans les réductions qui ont été faites de plusieurs Élections. — Cf. Mallebay de la Motte, 
ouv. cité, et mieux encore les documents imprimés par l'abbé Granet dans son Histoire de Bellac, p. 336 et 338. La 
composition de cette Élection, durant cette première phase de son existence, n'est pas exactement connue. 

(5) Encyclopédie de Diderot (XV, 916), sans indication de source. Cf. dans le Registre consulaire, II, 229, une mention des pre- 
miers mois de 1561 : < Peu de temps après, receusmes lectres par lesquelles estoit mandé fournir à la recepte générale de Riom.... > 

(6) Fournival, ouv. cité, p. 18 et 289, mentions. — Le Registre consulaire (II, 397) semble placer ce rétablissement en 1574. 
Par contre les Annales de Limoges, dites de 1638 (p. 356), et un édit d'août 1576 publié par Fournival (ouv. cité, p. 303) 
indiquent clairement l'année 1573. Ils ne parlent, il est vrai, que du Bureau des finances; mais c'est tout un, comme nous 
le montrerons dans le chapitre suivant. — Un édit de juillet 1577, que nous utiliserons dans le chapitre suivant, constate 
l'existence de notre Généralité à cette date. 

(7) C'est-à-dire avec l'Angoumois et la Saintonge dans son arrondissement. Mais la constatation directe de ce fait est ren- 
due impossible par la raison donnée dans la note précédente. 

(8) Encyclopédie de Diderot (XV, 916), sans indication de source. Cf. dans le Registre consulaire, (II, 441), des lettres 
du roi au Bureau des trésoriers de Limoges (24 octobre 1579), qui constatent l'existence de notre Généralité à cette date. 

(9) Voy. les considérants de l'édit de 1586, cité plus loin. 



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FORMATION TERRITORIALE XIX 

à haut prix. La royauté, comme tant de fois déjà et depuis lors, battait monnaie avec les charges 
publiques. 

Mais il se trouva qu'à ce moment le calcul était faux et que les profits acquis au trésor royal par 
cette voie furent perdus par une autre qu'on n'avait point su prévoir. A la faveur des troubles de la 
Ligue, les détrousseurs de grands chemins abondaient et ne se faisaient point faute, le cas échéant, 
d'attaquer à main armée les agents du fisc qui portaient à Poitiers ou à Riom le produit de leurs 
recettes. Les escortes militaires n'y servaient de rien et se trouvaient toujours trop faibles devant le 
nombre et Faudace des assaillants. Ces scènes de brigandage, que nous devons placer non point en 
Calabre, mais aux confins du Limousin — dans les régions mal peuplées de la moyenne Gartempe, vers 
Poitiers, ou dans celles de la Montagne, vers Riom — coûtaient cher au trésor royal, non seulement 
par la perte des deniers de la recette que les détrousseurs emportaient au grand galop de leurs mon- 
tures, mais encore par les frais de route d'une escorte nombreuse, qui, pour convoyer de Limoges à 
Riom, à travers de mauvais chemins, les lourds chariots du fisc, prenait son temps, trouvant le long 
du voyage assez d'occasions de quitter Tétrier pour boire un coup au service du- roi. Et s'il arrivait, 
comme trop souvent, qu'elle fut attaquée et dispersée, le trésor royal avait à payer des dommages 
intérêts aux conducteurs blessés, des pensions viagères aux veuves et aux enfants de ceux qui avaient 
été tués (1). Bref les frais de recouvrement étaient considérables et diminuaient notablement le produit 
des sommes perçues. Ces « incommoditez > se renouvelèrent si fréquemment que le pouvoir central 
se ravisa et, par édit de novembre 1586. rétablit la Généralité de Limoges (2). Cette fois, ce fut 
pour toujours. 

Ce n'est donc pas sans quelque apparence de raison que la plupart des historiens ont fixé à l'année 1586 
l'institution de la Généralité de finances qui nous occupe. Antérieurement à cette date, cette circonscrip- 
tion n'a eu qu'une existence fort courte de douze années, coupées en trois phases distinctes : 1558-1560 
— 1573-1579, 6 avril, — 21 avril 1579-1583. Cependant les deux dernières pourraient être considérées à 
la rigueur comme n'en faisant qu'une. 

Ces faits acquis, il va être question désormais non plus de suppression de notre circonscription finan- 
cière, mais seulement de ses pertes. Avant d'aborder ce sujet, il ipiporte de connaître exactement 
de quelles Élections se composait la Généralité de Limoges. Vers 1594-96 elle comprenait : 

P VÉlection de Limoges^ dont les origines et les premières limites nous sont connues. En 1596, elle 
était diminuée de tout ce qui avait été attribué à l'Élection de Bellac (mentionnée plus loin) et comp- 
tait environ 259 paroisses (3), y compris celles de l'Élection de Saint-Yrieix. 

2** VÉlection de Bourganeuf^ correspondant à l'enclave poitevine du même nom, et créée par édit 
de janvier 15Ô6-57 dans le ressort de la Généralité de Poitiers. Entourée de tous côtés par la Marche 
et le Limousin, elle fut, sans doute pour cette raison, rattachée l'année^suivante à la Généralité de Limo- 
ges (4). — Elle comprit d'abord 95 paroisses, groupées plus tard en 41 collectes. 

(1) Pour tous ces faits voy. les considérants de l'édit de 1586, cité ci-après. 

(2) Inventaire, C. 377. Cf. Foumival, Recueil gméral, déjà cité (p. 589 répétée quinze fois, par suite d'une erreur 
typographique;. 

(3) Ce chiffre (comme ceux que nous donnons pour les cinq Élections suivantes) est emprunté à un Elal de la France 
manuscrit, que nous avons étudié en 1887 à la bibliothèque de i'Ujiiversité de Bâle. Il a été dressé vers 1640 et est par 
conséquent antérieur à la collection imprimée sous le même nom à partir de Louis XIV. — Si Ton remarque que les 
Élections n'ont guère changé de limites, à partir de la fin du XYI© siècle, — sauf celle de Limoges qui a donné et repris 
aux Élections de Saint-Yrieix et de Bellac, — les chiffres que nous citons ne sont pas sans quelque valeur approximative. 
Us ne diffèrent point beaucoup de ceux que nous cilerous plus loin pour Tannée 1694, sauf pour Limoges par la raison 
qui vient d'être indiquée. 

(4) Calendrier eccl, et civil du Limousin de la fin du XVIIK siècle. Cf. M. Louis Guibert, Les Enclaves poitevines du dio- 
cèse de Limoges, dans VAlmanach liinousin pour 1886, p. 93 de la partie historique. — Nous trouvons cette Élection mentionnée eu 
janvier et novembre 1594 dans Noël Valois, Inventaire, n"*, 38.1 et 1662. 



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XX ^ LA GÉNÉRAUTÉ DE LIMOGES 

3** L'Élection de Tulle^ dont les origines et les premières limites nous sont également connues. Ces 
limites furent réduites en 1586 par l'institution de l'Élection que nous allons nommer. — Environ 167 
paroisses. ^ 

4^ VÉlection de Brive^ dont on ne trouve pas trace avant l'institution définitive de la Généralité de 
Limoges. Elle fut certainement établie pour donner satisfaction à la ville de Brive en rivalité d'inté- 
rêts avec Tulle depuis fort longtemps déjà, et prétendant comme lui au titre de capitale du Bas- 
Limousin. Supprimée le 18 octobre 1597, à la demande des États du Limousin (1), elle fut rétablie 
le 10 janvier 1598 (2). — 90 paroisses. 

5^ L'Élection de Bellac^ créée en 1558, mais originairement dépendant de la Généralité de Poitiers (3). 
Sa destinée fut des plus accidentées, comme on le montrera tout à l'heure. — 80 paroisses. 

6^ VÉlection de Saint-Yrieix, dont l'existence est constatée par un document du 8 novembre 1594 (4). 
On aurait quelque raison de supposer qu'elle aussi remonte à 1586, si certaine commission des Tréso- 
riers de France à Limoges (octobre 1594 (5), analysée dans l'Inventaire, n'expliquait les motifs parti- 
culiers qui firent créer cette circonscription. Elle dut disparaître au bout de peu de temps, quand 
ces motifs eurent cessé (6). 

Ces six Élections s'étendaient, à quelques détails près, sur cette portion du Pagtis Lemovicinus qui 
n'est jamais sortie de la Généralité. Au contraire, les cinq Élections suivantes appartenaient à d'autres 
provinces et furent assez vite perdues pour Limoges, sauf celle d'Angoulême. 

7** L'Élection d'Angoulême, comprenant approximativement 320 paroisses (7), c'est-à-dire la presque tota- 
lité de l'Angoumois, car l'Élection de Cognac, créée en août 1576 au profit de la Généralité de Poi- 
tiers (8), n'existe plus à cette époque et ne sera rétablie qu'en 1635. Parmi ces 320 paroisses figuraient 
outre Angoulême et Cognac, les localités de Champniers, La Couronne, Aubeterre, Montbron, Blanzac, 
La Rochefoucaud, Chasseneuil, Chassenon, Massignac, Confolens, Ruffec, etc. 

8^ VÉlection de Saintes^ enveloppant près de 300 paroisses (9), parmi lesquelles Jarnac, Jonzac, Pons, 
Saint-Romain et Royan. Par cette dernière localité la Généralité de Limoges touchait à l'Océan. 

(1) Noël Valois, Inventaire, no 3921. ' 

(%) Noël Valois, Inventaire, no 4387. — Un an'ét antérieur de quelques jours, 7 février 1398 {ibid, n© 4331) déclare que, 
nonobstant toute remise générale, les paroisses de TYssandonois et de la Xaintrie (blanche;, dont nous avons fait mention 
ci-dessus, p. XIV, seront contraintes de payer les restes de leurs tailles à François de Traslaigue, vice-sénéchal dans le Bas- 
Limousin, attendu qu'elles ont été constamment rebelles. 

(3) Cette première dépendance et ce rattachement à la Généralité de Limoges en 1586, sont mentionnés dans les registres du greÇfe 
du Bureau des flnances de Poitiers. (Renseignement dû à l'obligeance de M. A. Richard, archiviste de la Vienne.) C'est sans doute ce 
rétablissement que M. Granet attribue sans preuves au commencement du règne de Henri IV (Histoire de Bellac, page 77). 

(4) Noël Valois, Inventaire, n«> 1645. 

(5) Inventaire, C. 551. 

(6) Le nombre des paroisses de cette élection nous est inconnu. Il est compris en tout cas dans celui de l'élection de Limoges. 

(7) État de la France vers 1640, déjà cité. — M. Gay de Vemon aflûrme {Bull, de la Société archéologique du Limousin, II, 127), que 
l'Élection d'Angoulême fut annexée à îa Généralité de Limoges par lettres patentes du 17 mars 1635. 11 doit y avoir là une erreur. En 
tout cas nous n'avons pu retrouver ces lettres patentes. 

(8) Lettres patentes de création dans le Bulletin de la Société archéologique de la Charente, 1870, page 421. Pour former cette Élection 
de Cognac, on enleva 52 parroisses à celle de Niort, 30 à celle de Saint-Jean- d'Angély, et 46 à celle d'Angoulême. Total 128. Cf. les 
lettres d'exécution de janvier 1578, itfid., 1876, page 79. Dans les lettres de rétablissement de cette Élection, que nous citons plus loin, 
il est dit que, lors de la suppression du siège de Cognac, les villes de Cognac, Jarnac et Chàteauneuf sont devenues chefs-lieux 
d' « Élections particulières ». Qu'est-ce au juste que cette circonscription ? 

(9) D'après le Mémoire sur la Généralité de La Rochelle de Michel Bégon, et VEtat des parroisses qui y est annexé (dans les Archives 
historiques de la Saintonge, II, 36 et 129). — Les Registres consulaires de Limoges mentionnent, à la date de 1633 (III, 292;, Estienne 
Maledent, contrôleur des décimes au diocèse (sic) de Saintes. — En 1719, cette élection de Saintes, depuis longtemps rattachée à la 
Généralité de Bordeaux, sera quelque peu diminuée par l'institution d'un siège d'élection à Barbezieux. 



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FORMATION TERRITORIALE XXI 

9* VÉlection de Saint-Jean-d^Angèly, distraite de celle de Niort en 1530 et rattachée à la Généralité 
de Limoges probablement dès 1558. Elle comptait environ 200 paroisses (1) de la Saintonge, entre autres 
Tonnay-Charente, Fontenay, Cellefroin et Taillebourg (2). 

10® VÉlection du Blanc^ dont les 84 paroisses étaient situées en Berry (3). 

Nous ne connaissons pas exactement le nombre des paroisses de chacune de ces Élections pour 
cette fin du XVP siècle que nous étudions en ce moment. Mais en admettant, comme vraisemblable, 
que ce nombre n'est pas fort différent de celui que Ton constate, un siècle plus tard, dans les mêmes 
limites, nous pouvons affirmer qu'en 1596 la Généralité de Limoges comptait au moins 1400 paroisses. 

Ce premier état de la Généralité de Limoges, qui dans son ensemble date de 1558, est la plus sur- 
prenante agglomération de territoires qu'on ait à constater dans toute Thistoire de notre région. 
C'est une mosaïque où trouvent place des fragments de six provinces différentes. Certes TAngoumois 
avait été, à une certaine époque du moyen-âge, en la possession des comtes de la Marche, tout 
comme le Périgord en celle des vicomtes de Limoges. Mais ce n'avait jamais été qu'une union per- 
sonnelle qui réunissait sur une même tête le titre de deux grands fiefs sans confondre leurs inté- 
rêts respectifs : quelque chose de très semblable à l'union de l'Autriche et de la Hongrie avant 1850. 
Au contraire Henri III soudait ensemble, pour en faire un tout administratif, des provinces aussi 
dissemblables que le Limousin et la Saintonge, et plaçait le chef-lieu de la circonscription non pas 
au centre, comme il l'eut été à Angoulême, mais à Tune des extrémités, à Limoges. 

Ainsi constituée, notre Généralité a une étendue double de celle qu'elle aura au XVIII" siècle, et 
elle interpose à travers toute la Guyenne, depuis les monts d'Auvergne jusqu'à l'Océan (4), son ter- 
ritoire de forme irrégulière. Fort évasé à ses deux extrémités, ce territoire est comme étranglé entre 
le Poitou et le Périgord du côté de Châlus, où les collines du Limousin se partagent en deux 
rameaux courant l'un vers Paimbœuf, l'autre vers Royan. A cet endroit la Généralité n'a pas plus 
de 4 lieues de largeur. L'on pourrait même prendre ce point pour centre d'équilibre, car à l'ouest la 
masse territoriale, qui se développe dans le sens longitudinal, n'est guère plus lourde que celle de 
l'est qui se développe dans le sens des latitudes. De ce côté-ci, elle s'étend sur une partie des bassins 
de la Loire et de la Garonne, suivant la direction des rivières qu'elle enveloppe ; de l'autre, elle 
couvre le bassin de la Charente presque tout entier, à partir de l'étranglement dont nous avons parlé. 
Si l'unité géographique fait défaut, il y a néanmoins dans cet ensemble une certaine harmonie qu'il 
est utile de constater (5). 

L'étranglement que nous avons indiqué aux environs de Chàlus avait eu son pendant, vingt lieues 
plus loin à l'ouest, aussi longtemps qu'avait subsisté l'Élection de Cognac, c'est-à-dire de 1576 à 1585 
environ. Celle-ci rattachée, comme nous l'avons dit, à la Généralité de Poitiers, pénétrait profondé- 
ment du nord au sud dans le territoire de la Généralité de Limoges, de la même manière que l'Élec- 
tion de Montmorillon dans la direction de Chàlus. Quand l'Élection de Cognac sera rétablie, en 
1635, au profit de la Généralité de Bordeaux, le même phénomène se reproduira : mais la pénétration 
aura lieu du sud au nord. 



(1) État de la France vers 1640, déjà cité. — L'Électiou de Saint-Jean-d'Aûgély, avait été distraite de l'Élection de Niort, par lettres 
royaux du 27 mai 1530 (Voyez ci-dessus, page XVIII, note 3). 

(i) Noél Valois, Inventaire, up 2,930, acte de 1596. 

f3) État de la France vers 16i0, déjà cité. — Le Blanc et tout le territoire environnant sont très nettement enfermés dans le Berry 
sur la carte de Nicolai, Vraye et générale géographique description du pats, élection et duché de Ben^, 1564. 

(4) Royan faisait partie de Télection de Saintes, comme nous Tavons déjà dit. 

(5) On trouvera en tête du Mémoire de 1698 sur la Généralité de Limoges^nne courte description géograpliique de cette Généralité dans 
son dernier état. Il y en a une autre, plus développée, dans le Calendrier ecclésiastique et civil du Limousin pour 1769. 



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XXII 



LA. OÉN6RA.LITÉ DB LIMOGES 








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Par contre, sur les cartes de la fin du XVIIP siècle, le Poitou et le Périgord se rejoignent à l'ouest de 
Châlus, en sorte qu'il y a solution de continuité entre TÉlection de Limoges et celle d'Angoulême. On ne 
peut passer de Tune à Tautre sans traverser une sorte de long couloir qui serpente entre elles deux et 
qui appartient tout entier à la Généralité de Poitiers. Nous ignorons la date de cette rectification de 
frontière; mais nous la chercherions volontiers aux environs de 1634, où eurent lieu tant de remaniements. 

La Généralité de Limoges réunissait donc, par un lien d'ailleurs assez lâche, quatre provinces fort 
différentes les unes des autres à tous égards. Sur le tard de leur existence historique, deux de ces 
provinces, TAngoumois et la Saintonge, ont peut-être perdu, dans ce groupement forcé, quelque chose 
de leur individualité native, leurs capitales n'exerçant plus l'influence dirigeante qu'elles avaient 
possédée jusque-là et recevant de Limoges l'impulsion administrative. La question serait intéressante 
à examiner : mais elle se poserait mieux à l'historien de chacune de ces provinces qu'à celui de la 
Généralité. Cette question revient à savoir dans quelle mesure le Bureau des finances et l'Intendant 
de Limoges ont tiré à eux les forces vives de l'Angoumois et de la Saintonge. 



Cette forme de la Généralité de Limoges ne subsista pas longtemps sans nouveaux troubles. Tout 
au commencement de 1598, les dix Élections que nous avons énumérées se trouvaient réduites à sept : 



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FORMATION TBRÏUTORIALB XXIII 

Limoges, Tulle, Bourganeuf, Angoulême, Saintes, Saint -Jean-d'Angély (1) et Brive qui fut rétablie en 
février de cette même année. L'Élection de Saint- Yrieix avait disparu pour toujours dans le cours de 
Tannée 1596 ou 1597. Celle du Blanc semble avoir été rattachée, vers cette époque, à Tune des Oéné- 
ralités voisines : toutefois ce n*est que vers 1634 qu'elle passera définitivement à la Grénéralité de 
Bourges (2). Quant à l'Élection de Bellac, l'hostilité des élus de Limoges l'avait fait supprimer par 
arrêt du Conseil d'état en juin 1597 (3). Rétablie par la volonté du roi en octobre 1598 (4), supprimée 
de nouveau en décembre 1599 (5), elle sera encore une fois rétablie en mars 1639 (6), à la pressante 
sollicitation des habitants de la ville, et ne disparaîtra définitivement qu'en 1661 (7). 

La suppression des Élections de Saint-Trieix et de Bellac n'affecta presque en rien les limites de 
la Généralité do Limoges, puisque leurs paroisses furent purement et simplement fondues dans l'Élec- 
tion de Limoges, à l'exception de quelques-unes de la seconde, qui firent retour au Berry et au Poi- 
tou. 11* y eut simplement deux chefs-lieux financiers de moins. Tout au contraire, le territoire de notre 
Généralité se trouvera sensiblement amoindri par les remaniements qui vont avoir lieu sous le règne 
de Louis Xlll. 

Ainsi en mars 1635 (8), après quelques tâtonnements assez singuliers, la ville de Cognac, comprise 
depuis environ un demi-sîèclo dans l'Élection d* Angoulême, redevint chef-lieu d'une Élection indépen- 
dante qui fut formée, comme en 1576 (9), aux dépens de celles de Niort, Saint-Jean-d'Angély, Angou- 
lême, et comprit 133 paroisses, entre autres Jamac, Châteauneuf, Segonzac. Cette nouvelle Élection 
fut, en même temps que l'Élection de Saintes (10), attribuée à la Généralité de Bordeaux, vers l'épo- 

(1) Ceci résulte d'un rdle des anoblis de 1598 (divisé par Élections), dont on trouve trace dans un autre rôle de 1666, publié par 
11. i*abbé Lecler eu appendice de chacun des volumes du Nobiliaire limousin. 

(2) Dans VÊtal de la France vers 1640, déjà cité, cette Élection est classée dans la Généralité de Bourges. 

(3) Rappelée dans les considérants de redit d'Henri IV, du 16 octobre 1508, dans M.Granet,ouv.cité, page 3ÎO.Cf.Noél Valois, /nu^n/otrcj. 
n« 4,857 et 4,868. — Où donc M. Granet a-Ml pris que cette suppression fut prononcée en 1595 ? (Histoire de Bellac^ page 77.) 

(4) Édit d'Henri IV, 16 octobre 1598, déjà cité. Cf. Noôl Valois, Inventaire^ no 5,674. 

(5) Noél Valois, Inventaire^ n» 5,672. 

(6) Requête de juillet 1634 (dans M. Granet, ouv. cité, p. 336), accordée par édit de mars 1639 (Ibid., 338). — Comment M. Granet peut- 
il imprimer que ce rétablissement est de 1634 (p. 78), et ailleurs (p. 146) qu'il est de 1636 ? — La requête des habitants pourrait bien 
avoir eu pour occasion la sécession de l'élection du Blanc. C'est d'ailleurs ce que nous admettons implicitement, en fixant cett& 
sécession à 1634. 

(7) Voyez dans notre Inventaire des Archives départementales de la Haute-Vienne, série E, supplément (p. XXI de l'Introduction) e 
dans M. Granet, ouv. cité, p. 344, la liste des 80 paroisses qui composèrent l'élection de Bellac pendant la troisième phase de son 
existence, c'est-à-dire de 1639 à 1661. Il y en avait 50 empruntées à l'Élection de Limoges, 4 à l'Élection du Blanc en Berry et S6 à 
l'Élection de Poitiers. En 1661, ces paroisses firent retour à leurs élections primitives, comme il résulte des termes de l'édit royal 
qui en 1714 institue l'Élection de Confolens. (Voyez plus loin.) — Mallebay de la Motte, ne mentionne pas, dans son Plan pour servir 
à Vhistoire du comté de Marche (1777), les suppressions et rétablissements de cette deuxième phase d'existence qui s'étend pour 
rÉlection de BeUac de 1586 à 1599. 

(8) L'édit est publié dans le Bulletin de la Société archéologique de la Charente, 1876, p. 81. Cependant dans un autre édit de janvier 
1635, dont nous reproduisons plus loin le dispositif, le rétablissement de l'Élection de Cognac est mentionné comme déjà accompli. -^ 
L'édit de mars 1635, enregistré par la Cour des comptes, le 8 mai, et par la Cour des aides, le 20 décembre suivant, porte cette 
clause expresse : « Si donnons en mandement à nos amés et féaux conseillers, les gens de nos comptes et cour des aydes à Paris 
présideus et trésoriers généraux de nos finances de la Généralité de Limoges et à tous autres qu'il appartiendra, que notre préseut 
édit de création et rétablissement, Ils fassent lire....» La nouvelle Élection semble donc placée dans le ressort de Limoges, d'autant 
plus qu'il n'est pas question de la Généralité de Bordeaux. Mai&Jle passage du Mémoire sur la Généralité de Bordeaux^ cité plus loin, 
supplée au silence de l'édit, ainsi que VÊtat de la France de 1640. 

(9) Voyez ci-dessus, p. XX, note 8. Toutefois daus VÊtat de la France de 1640, l'élection d'Angoulême est dite encore compter 
320 paroisses, et seulement 27S dans le Mémoire de 1698. Or la différence entre ces deux chiffres : 48, représente justement, à deux 
unités près, le nombre des paroisses enlevé en 1576 et de nouveau en 1635, à l'élection .d'Angoulême, au profit de l'élection de 
Cognac. Il en faut conclure qu'il y a une erreur dans VÊtat de 1640. 

(10) < L'on créa le Bureau de Montauban en 1634, auquel on donna onze Élections qui composent présentement la Généralité de 
Montauban qui faisait partie de celuy de Bordeaux. L'on donna pour lors [plus exactement en 1635] à celuy de Bordeaux, les Élections 
de Saintes et Coignac pour l'indemniser en partie. » (Mémoire sur la Généralité de Bordeaux, ms. 1698. Extrait que nous devons à 

- l'obligeance de notre confrère M. Brutails, archiviste de la Gironde.) 



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XXIV LA GÉNÉRALITÉ DB LLMOGES 

qae où TÉlection de Brive était elle-même réduite d'ane trentaine de paroisses qui, données à l'Élec- 
tion de Sarlat, passèrent ainsi également à la Généralité de Bordeaux (1). C'est par manière de dédom- 
magement qu'un édit de janvier 1635, attribuait déjà par avance à la Généralité de Limoges TÉlection 
de La Rochelle (2), reportant ainsi jusqu'à l'Océan, plus nettement que jamais, notre circonscription 
financière. Mais cette adjonction ne fut pas exécutée: on y substitua une compensation pécuniaire 
qui fit taire les réclamations du Bureau des finances de Limoges (3). Cependant, l'Élection de Bellac 
ayant été rétablie en 1639 (4), le nombre des Élections de la Généralité de Limoges se trouva de la 
sorte relevé au nombre de sept. 

Au commencement du règne de Louis XIV ces sept Élections subsistaient encore : Limoges, Tulle, 
Brive, Bourganeuf, Bellac, Angouléme et Saint-Jean-d'Angély. On sait déjà que celle de Bellac disparut 
en 1661. Trente-trois ans plus tard, en 1694, celle de Saint-Jean-d'Angély disparaissait également, mais d'une 
autre manière, pour être rattachée à la Généralité de La Rochelle nouvellement créée (5). Ce fut la dernière 
atteinte portée à la constitution première de la Généralité de Limoges. 

Il est malaisé d'indiquer les vrais motifs de ces remaniements. En ce qui touche le dernier, il est 
possible qu'il procédât du désir de surveiller de plus près les religionnaires insoumis de la Saintonge 
(6). Pour les autres on est réduit à des conjectures moins plausibles. Cependant ce n'est peut-être 
point trop s'avancer que de voir, dès l'origine et jusqu'à la fin, dans le groupement des Élections et 
dans les limites arbitraires qui leur sont données, un parti-pris de la royauté de briser le plus possi- 
ble l'unité territoriale des anciennes provinces. 

Il n'est pas exact de dire, comme on Ta fait quelquefois, que la Généralité de Limoges a plusieurs 
fois disparu au cours du XVIP siècle. La réalité est qu'à plusieurs reprises, par des raisons d'ordre 



(1) Mémoire de 1698 (p. 214 de notre édition), sans indication de date. 

(i) Dans Fouraival, Becueil général déjà cité (p. 535) : «... Nous avons, par le présent édict, distrait et démembré de la Généralité 
de Limoges, l'Élection de Saintes, et icelle jointe et unie dès à présent et à tousjours avec celle de Goignac, nouvellement créée.... au 
dit Bureau de Bordeaux.... Et pour dédommager pareillement les dits trésoriers de France de Limoges de la distraction par nous 
faite de la dite élection de Saintes et parroisses dépendantes de celle de Goignac, nous avons par le mesme présent édict distrait et 
démembré du Bureau de nos finances de Poitiers, l'Élection de La Rochelle, et icelle jointe et unye à celui de Limoges, où nous 
voulons que les deniers de nos dites tailles et taillons soient apportés es mains de nos receveurs généraux par les receveurs 
particuliers de la dicte élection de La Rochelle.... » Nous ne connaissons pas d'autre mention de cette adjonction, si ce n'est 
cependant dans un arrêt de la Ghambre des Comptes de Paris, du 10 mai 1635, làid^ 538. 

(3) Dans des Êlats du Boy pour la distribution de ses finances en la Généralité de Limoges, que nous indiquons à l'article G. 550 de 
Vlnventaire, figure un état de 1644 ainsi libellé : < Pour augmentation de gages attribuée par arrest du Conseil du XX juillet 1635, 
et lettres de déclaration des dits jour et an aux ofiQciers des finances du Bureau de la Généralité par forme de dédommagement, à 
cause de la distraction qui a esté faicte des eslections de Saintes et Gognac, pour unir à la Généralité, de Bordeaux, la somme de 
Vni™ 11., savoir : à chacun des dicts dix-huict président et trésoriers généraux de France et procureur du Roy IIII*^ IL, et à radvocat 
du Roy Uc 11., et au grefiQer pareille somme de 200 livres....» Cf. d'aiUeuirs une note marginale de Fournival au passage de l'édit de 
janvier 1635, ci-dessus rapporté : « La distraction de l'élection de La Rochelle du Bureau des finances de Poitiers n*a pas eu lieu, le 
Roy ayant accordé aux trésoriers de France de Limoges 400 11. d'augmentation de gages à chacun pour leur tenir lieu de dédom- 
magement à cause du démembrement des élections de Saintes et de Goignac. • 

(4j Voyez ci-dessus, p. XXIII. 

(5) Voyez dans les Archives historiques de la Saintonge, II, p. 9, l'édit d'institution de la Généralité de La Rochelle. — Gf. dans la 
Con-espondance des contrôleurs généraux des finances publiée par M. de Bolslisle (ï, passim) divers passages relatifs à ce rattachement 
de l'Élection de Saint-Jean-d'Angély. 

(6) Les motifs que donne l'édit d'institution de la Généralité de La Rochelle sont sujets à discussion : « .... Nous avons esté informés 
qu'il est très important au bien de nostre service et pour la commodité de nos sujets, d'établir une Généralité et bureau de nos 
finances dans nostre ville de La Rochelle, et de la composer des Élections de La Rochelle, de Saint-Jean-d'Angély, Gognac et Saintes 
compris l'élection particulière de Marennes, dépendantes à présent des Généralités de Poitiers, Limoges et Bordeaux, dont U est à 
propos de les distraire et desunir à cause de leur éloignement qui cause de grands retardements à l'exécution de nos ordres et des 
frais considérables pour le transport de nos deniers.... • 



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FORUATION TBRRlTOaiALB XXY 

administratif, le pouvoir royal donna commission provisoire à un même intendant (1) pour adminis- 
trer à la fois plusieurs Généralités. Ainsi fut de Bené Yoyer d'Argenson, intendant dès 1632 du» 
Limousin, Angoumois, Poitou, Auvergne et autres provinces (2), en 1645 de la Généralité de Riom 
et c provinces voisines » (3j, en 1644 des provinces de Poitou, Saintonge, Angoumois et pays d'Aunis 
(4). — de Claude Pellot qui de 1658 à 1661 étendit son autorité sur les Généralités de Limoges et Poi- 
tiers, puis de 1662 à 1664 sur celles de Limoges, Poitiers et Montauban (5) ; — d'Honoré Barentin qui, entre 
1665 et 1661, administra celles de Limoges et Poitiers (6). Le Bureau des trésoriers de France à 
Limoges ne fut pas une seule fois suspendu au cours du XVIP siècle, preuve suffisante que la 
Généralité subsista toujours. 

Ainsi, pour résumer tout ce qui a été dit précédemment : 

Plus grand 4 en 1558 et ss. la Généralité de Limoges comprenait 7 Élections (ci-dessus p. XVIII) ; 
territoire j en 1596 et ss. > > • 10 Élections (ci-dessus p. XIX) -, 

Moindre | en 1598 et ss. » » » 7 Élections (ci-dessus p. XXII)-, 

territoire } en 1639 et ss. » » » 7 Élections (ci-dessus p. XXIV) ; 

Plus petit 4 en 1662 et ss. » » » 6 Élections (ci-dessus p. XXIV) ; 

territoire r en 1694 et ss. > » » 5 Élections (ci-dessus p. XXIV). 

Quant au territoire même, il fut amoindri à trois reprises, du côté du nord et de l'ouest, en 1598, 
1634-1635 et 1694, et finit par ne plus renfermer que le Limousin proprement dit, la Basse-Marche, 
l'enclave poitevine de Bourganeuf et une portion de l'Angoumois. La Haute-Marche et la Combraille 
ressortissaient toujours à la Généralité de Moulins, les enclaves poitevines de Bridiers et Roche- 
chouart à la Généralité de Poitiers (7). 

Diminuée territorialement de toute la Saintonge et d'une partie de l'Angoumois, réduite administra- 
tivement aux cinq Élections de Limoges, Bourganeuf, Tulle, Brive et Angoulême, notre Généralité a 
duré de 1694 jusqu'à la Révolution sans nouvel accident (8). Son centre de gravité se trouvait reporté 
désormais à Test de ChÀlus, en sorte que Limoges pouvait être assez bien considéré comme le vrai 
chef-lieu de la Généralité, puisqu'il se trouvait à égale distance de Tulle et d' Angoulême, abstraction 

(i) II semble cepeodaut qa'en iCOO, alors que no^e Géoéralité n'avait point d'intendant en titre, elle ait été unie à la 
Généralité de Poitiers. Voy. dans Marvaud. Etudes sur la ville de Cognac {Bull, de la Soc. arch. de la Charente^ 1858, p. 
i7i) une mention, sur laquelle nous reviendrons plus loin, d*un conseiller des postes de la Généralité de Poitiers, et de 
Limoges. 

(%) Registre consulaire de Limoges, UI, 185. 

(3) Michel Cohendy, Mémoire historique déjà cité, p. il. La commission visait en effet les provinces de Berry, Touraine. 
Angoumois, Limousin, Marche, Auvergne. ' 

(4) Documents historiques sur l'Angoumois, I, 8Ô5. Le Poitou et TAunis relevaient alors de la Généralité de Poitiers, les 
Élections de Saintes et Cognac de la Généralité de Bordeaux, celles d*AngouIéme et Saint-Jean-d*AngéIy de la Généralité 
de Limoges. 

(5) Bulletin de la Société archéologique du Limousin, XXXI, 94. Claude Peliot avait été nommé à l'intendance de Limoges en 1658. 

(6) Ibidem. 

(7) Un édit royal, daté de Marly, juiUet 1714, soumit l'enclave de Rochechouart à l'Élection de Confolens nouvellement 
constituée. Bien que Confolens appartint à l'Élection d^AngouIéme, on lui donna pour ressort une soixantaine de paroisses 
empruntées aux Élections de Niort (S) et de Poitiers (57), et on plaiça la nouvelle circonscription dans le ressort de la 
Généralité de Poitiers. — Cet édit vient d'être publié dans le Bull, de la Soc. archéol. du Limousin, XXXVm, p. 423. Sa date 
rectifie celle d'avril 1714 que donne M. Boissonnade (ouv. cité). 

(8) Le Recueil des ordonnances, édits, déclarations et arrests de la Cour des aides de Paris sur le fait des tailles, publié à Paris 
chez Nicolas Gosselin en 1706, place encore les Élections de Cognac, de Saint-Jean-d'Angély et de Saintes dans la Généra- 
lité de Limoges. Par contre M. Pierre Clément, dans son introduction aux Lettres de Collfert, II, p. CCLXXVII, omet les 
Élection^ de Brive et de Tulle, et attribue celle de Saint-Jean-d'Angély à la Généralité de La Rochelle, instituée après 
Colbert. 

Haute-Vienî«e. — Sêbxe C. Introd- IV 



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XXVI LA GÉNÉRALITÉ DE UM0GB8 

faite de Brive et de Bourganeuf dont les Élections peuvent se confondre géographiquement avec celles 
de Tulle et de Limoges. Aussi, à la différence de ce qui se constate au XVIP siècle, les intendants 
du XVIIP siècle renonceront à résider à Angoulême et s'établiront résolument à Limoges (1). 

C'est dans cet état et avec cette organisation que Tourny et Turgot trouvèrent la Généralité de Limoges 
au milieu du XVIIP siècle. Nous dirons dans un autre chapitre ce qu'ils y surent faire. 



La Généralité de Limoges au XVm^ siècle 

Composition. — Superficie. ~ Population. — Institutions diverses. — Dépendance administrative 

Cartes géographiques 



Il est nécessaire maintenant de rechercher quelle était exactement la composition des Élections de 
notre Généralité à une date donnée, par exemple en 1694-95, au moment où elle a reçu ses der- 
nières limites. Cette recherche sera d'autant plus instructive qu'elle n'a jamais été faite jusqu'ici avec 
tout le détail qui convient. 

En 1694-95 (2) VÉlection de Limoges comprenait 275 paroisses (3), parmi lesquelles nous ne citerons 
que les plus importantes, c'est-à-dire celles qui comptaient au moins 300 feux. C'étaient : Limoges-ville, 
Limoges-cité, Isle, Meillars, Saint-Germain, La Croisille, Lubersac, Coussac, Pageas, Séreillac, Le 
Vigen, Ladignac, Nexon, Saint- Yrieix, Pierrebufflère, Saint-Léonard, Eymoutiers, Saint-Paul, Condat, 
Saint-Junien, Bellac, Verneuil, Bessines, Compreignac, Magnac, Rançon, Le Dorât, La Souterraine, 
Darnac et Chàteauponsac. Nous y ajouterons Châlus et Bénévent, Bersac, Chaillat, Feytiat dont le 
nombre de feux, quoique non indiqué dans VEtat des paroisses de 1686 que nous suivons, semble supé- 
rieur à 300, si l'on considère le chiffre des impositions. 

VÉlection de Bourganeuf s'étendait sur 97 paroisses, Bourganeuf seul comptait 300 feux-, Peyrat-le- 
Château n'en avait que 150^ la plupart des autres paroisses restaient au-dessous de 50 feux. 

VÉlection de Tulle comprenait 168 paroisses, parmi lesquelles les suivantes comptaient plus de 300 
feux : Tulle, Sainte-Fortunade,- Naves, Treignac, Meymac, Ussel. On y peut joindre Argentat, bien qu'il ne 
possédât que 122 feux, et Chambéret dont le nombre de feux devait être assez élevé eu égard au chif- 
fre des impositions. 

VÉlection de Brive ne comptait que 92 paroisses. Brive, Sainte-Féréole, Saint-Pantaléon, Chambouline, 
Voutezac, AUassac, Uzerche, Vigeois, Donzenac, Juillac, Varesta, Genis, Saint- Ybard possédaient plus 
de 309 feux. Beyssenat et Ségur réunis n'en comptaient que 277. 

VÉlection d'Angouléme enveloppait 274 paroisses (4). Outre le chef-lieu, Champniers, Brie, La Couronne, 



(1) Voy. le chapitre suivant, vers la flu du sous-chapitre 4. 

(2) Nous emprunterons nos chiffres à VÉtai des paroisses dressé en 1686-87, que l'on trouvera reproduit en annexe de l'Inventaire. 
Pour plus de commodité, nous suivrons Tordre dans lequel les paroisses y sont énumérées. 

(3) Il n'est pas question de collectes, mais seulement de paroisses dans VÉlat de 1686-87. D'où Ton pourrait peut-être infé- 
rer que chaque parroisse correspondait alors à une collecte pour les Élections financières de cette époque; mais cette concor- 
dance n'existait certainement plus à la fin du XVm« siècle. Voy. les chiffres que fournissent les art. C. 8, 136, 432 de Vlnventaire. 

(4) D'après le Mémoire de Gervais, déjà cité (p. 488 et 491), elle ne comptait que 271 paroisses. Voyez en. la liste, ibid.^ p. 387. 



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FORMATION TERRITORIALE XXVII 

Sainte-Radegonde, Saint-Aulaye, Saint-Seurin, Chaux, Jugaat, Saint-Romain, Pillât, Ronseûac, Dignac- 
Cloulas, Salles, Cercles et Montabourlet, Pereuil, La Rochefoucaud, Chasseneuil, Negret, Estagnat, Saint- 
Berthoumé, Saint-Maurice-des-Lions, Saulgon, Saint-Médard de Verteuil, RuflFec et Villefaignan avaient 
un nombre de feux supérieur à 30Q. 

Ainsi, au commencement de 1695 la Généralité de Limoges ne comprenait plus que cinq Élections 
et 906 paroisses (1), si nous tenons pour exacts les chiflFres que nous avons recueillis. Mais en 1738-39, 
après la réunion de la vicomte de Turenne au domaine royal, la portion limousine de la vicomte 
sera incorporée partie dans l'Élection de Tulle (14 paroisses), partie dans l'Élection de Brive (96 paroisses), ce 
qui augmentera d'autant leur territoire et le nombre de leurs paroisses (2). 

Dans les premières années du XVIIP siècle, en 1704, si nous sommes bien informé, chacune des 
cinq Élections de finances de la Généralité fut subdivisée en petites circonscriptions qu'on appela 
subdélégations. Si l'on assimile les Élections aux arrondissements établis en l'an VIII, on est amené 
à voir dans les subdélégations le premier type de nos cantons. Mais au point de vue territorial ces 
assimilations pèchent grandement. De môme que la Généralité de Limoges était en 1704 presque trois 
fois aussi grande que le département actuel de la Haute-Vienne, de même chacune de ses cinq Élec- 
tions et de ses trente-une subdélégations était beaucoup plus étendue, en moyenne générale, que les 
neuf arrondissements et les soixante-huit cantons* du territoire aujourd'hui correspondant (3). 

Ces trente-une subdélégations de la Généralité de Limoges étaient les suivantes : , 

Treize dans l'Élection de Limoges : Limoges- ville, Limoges-cité, Saint-Junien, Bellac, Le Dorât, 
Magnac-Lavaï, La Souterraine, Saint -Léonard, Eymoutiers, Lubersac, Saint -Yrieix, Chàlus et 
Pierrebuffière (4); 

Une dans TÉlection de Bourganeuf : Bourganeuf même; 

Huit dans l'Élection de Tulle : Tulle (5), Treignac, Neuvic, Meymac, Ussel, Égletons, Bort et 
Argentat (6) ; 

Deux dans l'Élection de Brive : Brive et Uzerche (7) ; 

Sept dans l'Élection d'Angoulême : Angoulême, La Rochefoucault, Baigne, Blanzac, Ruflfec, Chaba- 
nais et Montmoreau (8). 

(1) Le diocèse de Limoges comptait à peu près même uombre de paroisses. Mais ses limites étaient bien diffêreates de celles 
de la Généralité. 

(i) Invent, des Arch. dép. de la Corrèze, G. 222. — La partie quercinoise de la vicomte (41 paroisses), fut attribuée à TÉlection 
de Figeac. 

(3) Arrond. de Limoges : 10 cantons; arrond. de Bellac : 8 cantons; arrond. de Saint- Yrieix : 4 cantons; arrond. de Bourganeuf: 
4 cantons; arrond. d'Ussel : 7 cantons; arrond. de Tulle : 12 cantons; arrond. de Brive : 10 cantons; arrond. d'Angoulême : 9 
cantons; arond. de Ruffec: 4 cantons. — Nous ne tenons pas compte des arrondissements de Rochechouart et de Confolens dont 
le territoire se trouvait en dehors de la Généralité de Limoges. 

(4) Pierrebuffière figure encore dans les Éphémérides pour 1765, mais non dans le Calendrier ecclésiastique et civil du 
Limaufin pour 1790. 

(5) Il semble qu'à la un du XYIII^ siècle, Tulle ait été subdivisé en deux subdélégations. Voyez déjà les Éphémérides pour 1765. 

(6) Argentat ne figure plus dans les Éphémérides pour 1765, mais il est nommé en 1784 et 1785 dans Vlnvent, des Arch. dép. 
de la Corrèze (C. 38, 47) et en 1790 dans le Calendrier du Limousin, 

(7) Plus Beaulieu, sans doute immédiatement après l'incorporation de la vicomte de Turenne à TÉlection de Brive. Beaulieu 
figure dans les Éphémérides pour 1765. Le Calendrier pour 1790 y ajoute les subdélégations de Juillac et Turenne. Cf. VInveht, 
des Arch. dép. de la Corrèze (C. 34, 36, 42, 44, 49, etc., années 1784-1788), qui mentionne en outre la subdélégation de 
Lubersac. 

(8) Baigne fut remplacé par Monlanier, à une date ignorée. Les Éphémérides pour 1765 nomment Angoulême, La Rochefou- 
caud, La Valette, Baigne, RufTec et Chabanais. Le Calendrier pour 1790 ne mentionne ni La Valette, ni Chabanais, mais rétablit 
Montmoreau. 



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XXVIII LA GÉNÉRALITÉ DB LIMOGES 

Quelques modifications furent introduites dans le cours du XVIIP siècle. Elles viennent d'être indi- 
quées en note, sans que Pon puisse en préciser les dates. 

On ne voit point que la superficie de la Généralité de Limoges ait été calculée avant la fin du 
XVIIP siècle (1). En tous cas les chiffres obtenus ne concordent pas entre eux. Cette superficie était 
de 864 lieues d'après Necker, de 854 d'après VEncyclopédie de Diderot, de 738 seulement d'après le 
cahier des doléances de la noblesse du Limousin. L'écart est tel entre ce dernier nombre et celui 
de Necker qu'il est vraisemblable que le cahier de la noblesse ne tient pas compte de l'Élection 
d'Angoulème. 

La population de la Généralité de Limoges était d'environ 600,000 habitants en 1789 (2). Mais ce 
chiÏBFre est très sujet à caution. En tous cas il était, à la fin du XVIP siècle, moins élevé, si l'on 
admet que la population a suivi, depuis la fin du XV® siècle, une marche ascendante qui, au moment 
de la Révolution seulement, a regagné le point où elle se trouvait antérieurement aux ravages de la peste 
noire et de la guerre de cent ans. Il est à remarquer cependant que, dans VÉtat des paroisses de 1686, 
certaines localités, aujourd'hui fort minimes, occupent un fort bon rang par le nombre de feux qui 
leur est attribué. 



On trouvera dans le Mémoire de M. de Bernage, rédigé en 1698, Tindication exacte des diverses insti- 
tutions ecclésiastiques, militaires et judiciaires, qui existaient à cette date et qui subsistèrent jusqu'à la 
Révolution sur le territoire de notre Généralité. E les se décomposaient ainsi : 

Trois diocèses : Limoges, Tulle et Angouléme; 

Deux gouvernements généraux : Limoges et Angouléme (3), sans parler des gouvernements particu- 
liers de Tulle, Angouléme, Turenne, Argentat et Bourganeuf-Eymoutiers-Saint-Léonard (4). 
Quatre présidiaux : liimoges, Brive et Angouléme, depuis 1551 ^ Tulle, depuis 1634: 

Cinq sénéchaussées ou sièges royaux: Uzerche, Ussel, Bellac, Le Dorât, depuis le XVP siècle; 
Saint-Trieix, depuis 1750. 

Le ressort de ces diverses institutions était loin de concorder avec celui dfe la Généralité ou de ses 
subdivisions ; leurs chef-lieux n'étaient pas non plus toujours les mêmes. Rien par conséquent de 
l'exacte correspondance qui existe aujourd'hui en matière de circonscriptions administratives, judiciai- 
res, ecclésiastiques et même militaires (à quelques détails près), grâce à cette unité territoriale fixe que 
nous appelons le département. Si l'on peut, à la rigueur, retrouver dans la géographie historique du 
Limousin l'influence persistante des divisions régionales qui s'appellent le Haut et le Bas-Limousin, la 
Haute et la Basse-Marche, ce n'est qu'à la condition de considérer les choses en gros, sans tenir 
compte immédiat des exceptions, des anomalies, des déviations introduites par la féodalité et entrées 
au XVIIP siècle dans le droit historique. Mais le cadre qu'il faut considérer en pareil cas, ce n'est 
pas la Généralité de finances, c'est la province, l'antique pagus lemovicinus, tel que nous le connais- 
sons au IV® siècle de notre ère. Ce n'est donc point ici le lieu de démêler l'enchevêtrement des 
diverses circonscriptions de l'ancien régime. 



(1) On ne trouve aucun chiffre total dans les Ephéinérides de la Généralité de LimogeB pour 1765, bien quelles consacrent plusieurs 
pages à la géographie de la Généralité. Cf. VInventaire, C. 8 et 9. 

(2) C'est le chiffre de Necker. Il a pris place dans la Statistique de la France^ publiée en 1837 par les soins du Ministère. Son 
exagération est évidente quand on examine les données qu'il présente pour chacune des villes de la Généralité, où la vérification se 
fait aisément. (Cf. notre Inventaire des Archives départementales de la Haute-Vienne^ série E, supplément, p. X de l'introduction. 

(3) La Basse-Marche relevait du gouvernement de la Marche dont le chef-lieu était à Guéret. 

(4) Sur ce gouvernement particulier, voyez notre Inventaire des Archives départementales de la Haute-Vienne, série E, supplément^ 
p. XXVm de l'Introduction. 



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FORMATION TERRITOttlALB XXIX 

Au XVIP et au XVIIP siècles, la Généralité de Limoges était comprise dans le département du 
Secrétaire d*Etat des affaires étrangères (l). Au contraire les Généralités de Poitiers et de Moulins — 
par conséquent les enclaves poitevines de Rochechouart et Bridiers d'une part, la Haute-Marche et la 
Combrarlle d'autre part, -7- relevaient du Secrétaire d'Etat de la maison du roi (2). 

A la fin du règne de Louis XIV, dans la répartition des provinces entre « les six conseillers du dedans 
du royaume », la Marche et le Limousin suivent encore un sort difierent : la Marche est attribuée seule 
à M. Menguy; le Limousin (avec l'Angoumois, la Saintonge et l'Aunis) est dévolu à M. Ferrand (3). 

Depuis 1552 le Limousin et la Marche étaient groupés avec l'Angoumois, la Saintonge, le Poitou, 
TAuvergne, le Périgord, le Quercy, la Guyenne et le pays de Foix sous la dénomination de Pays 
rédimés, c'est-à-dire exempts des aides et des grandes gabelles (4). 

Le Limousin, la Marche, l'Angoumois, la Saintonge ressortissaient naturellement à la Cour des mon- 
naies et à la Chambre des comptes de Paris. 

Le Limousin, la Marche et Tenclave poitevine de Bourganeuf, rattachés à la Cour des aides de 
Périgueux, lors de sa fondation en 1554, furent en 1557 (5) placés dans le ressort de la nouvelle Cour 
des aides de Montferrand (6), transférée à Clermont en 1630. Toutefois, à une date que nous ignorons 
mais qui doit être voisine du commencement du XVIP siècle, les Élections de Bourganeuf et d'An- 
goulème furent attribuées à la Cour des aides de Paris (7), à laquelle appartenaient également les 
enclaves poitevines de Rochechouart et Bridiers. Quant aux Élections de Cognac, Saintes et Saint-Jean 
d'Angély, elles avaient été rattachées définitivement à la Cour des aides de Paris en 1649, après avoir 
oscillé quelque temps entre cette cour et celle de Bordeaux (8). 

Sous Henri IV, le Limousin et la Marche font partie, avec le Bourbonnais, l'Auvergne,le Forez, le Lyonnais, 
le Maçonnais, TAuxerrois, la Bourgogne et la Champagne, d'un même département des Eaux et forêts (9). 

(!) Voyez la Helation de la cour de France en 1690 par Ezéchiel Spanheim (édition de la Société de l'histoire de France, p. 240) : 
t Le marqais de Croissy comme secrétaire d^État a dans son département, outre celui des affaires étrangères, qui regardent le Conseil 
du ministre et dont-il a été assez parlé, celles de diverses provinces de France, et dont il est obligé de faire rapport dans le Conseil 
des dépêches et d'en procurer l'expédition. Ces provinces sont : la Champagne et Brie, la Bretagne, le Dauphiné, la Provence, le 
Berr\', le Limousin, l'Angoumois, la Saintonge, la Navarre, le Béam, le Bigorre et la principauté de Sedan. » Cf. VAtlas no ii7 du 
département des cartes à la Bibliothèque nationale, dont nous parlerons h la fin de ce chapitre. 

(2) Voyez VAtlas no li? déjà cité. 

(3) Voyez VAtlas n«> 117 déjà cité. 

(4) Voyez les Registres consulaires de Limoges, I. 472 et ss. Cf. Fontanon, Edils et ordonnances, II, 1045 ; ci-dessous l'article 
C. 431 de VInventaire; i' Atlas n» 117, déjà cité, et la Relation de la cour de France en 1690 par Ezéchiel Spanheim (édition de la 
Société de l'histoire de France, p. 287) : t II y a quelques provinces qui ont racheté ce droit {le sel d'impôt) sous Henri II, comme le 
Poitou, la Saintonge, le pays d'Aunis, l'Angoumois, le Limousin, le Périgord, et s'appellent à cet égard les pays franc-salé. » — Un 
édit royal, donné à Amiens en septembre 1549, avait déjà supprimé la gabelle du sel dans ces provinces à la demande des États. 
Voyez Fontanon, ouv. cité. II, 1039, et Foumival, ouv. cité, p. 834. 

(5) La Cour des aides de Périgueux fut, à cette même date, transférée à Bordeaux. 

(6) Cf. les Registres consulaires, II, 152, 168 à 181, 229, 315, 435 et ss; le Mémoire sur la Généralité de Limoges de 1698 (p.212 et 213 
de notre édition), et VAtlas 09 117 déjà cité. — Dans le Calendrier ecclésiastique et civil du Limousin, publié à la fin du XVIII© siècle, il 
est dit plusieurs fois que les Élections de Limoges, Tulle et Brive, ressortissent à la Cour des Aides de Clermont, « du 12 novembre 
1772. » On vise sans aucun doute un édit conflrmatif des précédents. 

(7) L'Élection de Bourganeuf est dite très expressément ressortir à cette cour dans le Mémoire sur la Généralité de Limoges, de 1698 
(p. 215 de notre édition.) 

(8) Une déclaration royale pour faire cesser les mouvements et rétablir le repos et la tranquilitô dans le royaume (Saint-Germaiu- 
en-Laye, mars 1649), contient un article VI ainsi conçu : t Nous ordonnons que les Élections de Saintes, Congnac et Saint-Jean- 
d'Angély, distraites de nostre cour des Aydes de Paris et attribuées à notre cour des Aydes de Guyenne, seront réunies à celle de 
Paris, comme elles estoient auparavant l'édict du mois de....» 

(9) c Extraits d'une Histoire de la Marche » dans les Mém. de la Soc. des sciences de Guéret, année 1891. Cf. Noél Valois. Inventaire*. 
0^^5029. 



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XXX • LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

Au XVnv siècle, à la suite du g^rand remaniement des maîtrises d^eaux et forêts opéré en 1689, 
le Limousin, la Marche et TÀngroumois firent partie avec la Saintonge, TAunis, le Poitou d^une part, 
le Bourbonnais et le Nivernais d'autre part, d'une seule grande maîtrise (l'une des seize de France), 
dont les deux groupes territoriaux étaient comme étranglés aux environs d'Aubusson par le Berry et 
l'Auvergne qui appartenaient à d'autres maîtrises (1). 

Il est digne de remarque que ces divers groupements administratifs sont faits, non par 
Généralités ni Élections, mais par provinces. C'est là une des preuves les plus sensibles de la 
survivance de la féodalité sous le régime du pouvoir royal. Il en résultait qu'une Élection qui, 
comme celle de Limoges, correspondait à deux provinces diflFérentes (Haut-Limousin et Basse-Marche) 
ressortissait dans la capitale du royaume à des Cours et à des Conseils différents. Pour ceux-ci l'in- 
convénient n'était pas très grand ; car rien de plus facile pour eux que de cataloguer les territoires 
de leur ressort. Pour les administrés c'était l'obscurité, l'incertitude, souvent même l'ignorance des 
pouvoirs dont ils dépendaient; c'était aussi autant de causes d'ajournements, de conflits, de dénis de 
droit. Pour l'histoire c'est la confusion et le désordre. 



11 ne subsiste, à notre connaissance, aucune carte de la Généralité de Limoges au XVIP siècle. 
Toutes les cartes de ce temps sont des reproductions de celle de Jean Fayen, qui fut insérée en 1594 
dans le premier atlas national de la France, le Théâtre français de Maurice Bouguereau. Comme elle 
ne trace aucunes limites de province ni d'élection, nous n'avons pas à en tenir compte. Mais peut- 
on admettre qu'antérieurement aux Jaillot, les cartographes, si nombreux au XVIP siècle, n'aient 
jamais porté leur curiosité du côté de la géographie historique et administrative, ou que le gouvernement 
n'ait jamais senti le besoin de faire relever, pour son instruction propre et pour celle de ses agents, les 
circonscriptions administratives du temps ? Poser une pareille question, c'est presque la résoudre (2). 
Mais pour nous appuyer sur un témoignage direct, nous invoquerons certaine décision de Louvois qui, en 
prouvant l'existence de cartes administratives, explique en même temps leur disparition : « J'avois pro- 
posé à M. de Louvois, écrit Foucault (3), de faire travailler à la carte géographique du Poitou ^ mais 
M. de Louvois m'a répondu qu'il n'y avait que trop de cartes géographiques du royaume, dont les 
ennemis pourraient, dans les temps, tirer plus d'avantages que nous. » Il est bien probable que les 
préoccupations du Secrétaire d'État de la guerre visaient surtout lès cartes des provinces frontières, fort 
pressées en ce temps-là par les ennemis du dehors. La proscription n'en fut pas moins étendue à 
tout le royaume et appliquée même en Limousin. 

Par contre, au XVIIP siècle dès le temps de la Régence, les cartes administratives abondent. La 
première que nous ayons à mentionner pour le Limousin, est celle de Jaillot. Ce géographe, dont 
le nom est plus connu que les productions, s'était fait cot^me une spécialité de la géographie admi- 
nistrative du royaume. Il y a au département des cartes de la Bibliothèque nationale un gros Recueil 
des cartes générales et particulières du royaume de France (in-plano, coté 117), dans lequel les relevés de 
Jaillot donnent la réponse graphique à toutes les questions de ressort des pouvoirs souverains, que 
l'histoire est obligée de se poser sans cesse (4). C'est grâce à elles que nous avons pu établir plus 

(1) Voyez VAtlas qo 117 déjà cité. 

(2) Voyez d'ailleurs le Mémoire rédigé [par Golbert] pour les commissaires envoyés dans les provinces en 1664 : « Premièrement, il 
est nécessaire que les dits sieurs recherchent les cartes qui ont été faites de chacune province ou généralité, vérifiant avec soin si 
elles sont bonnes ; et, au cas qu'elles ne soient pas assez amples, s'ils trouvent quelque personne habile et intelligente, capable 
de les réformer dans la même province ou dans les circonvoisines, S. M. veut qu'ils les emploient à y travailler incessamment et 
sans discontinuation ; et, au cas qu'ils ne trouvent aucune personne capable de ce travail, ils feront faire des mémoires fort exacts 
sur les anciennes, tant pour les réformer que pour les rendre plus amples ; lesquels S. M. fera mettre es mains du sieur Sanson, soa 
géographe ordinaire pour le fait des cartes....» (Dans Chéruel, Administration monarchique de la France, H, 455). 

(^ Journal manuscrit, f» 71 r», cité par M. Chéruel, Administration monarchique de la France, II, 408. 

(4) Nous n'avons pas la prétention de révéler ces cartes aux géographes de profession. Mais comme les dictionnaires historiques 
n'y renvoient jamais, nous croyons bon de les indiquer ici comme devant servir de point de départ à toute étude de géographie 
historique et administrative. 



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FORMATION TERRITORIALE XXXI 

haut eu toute sûreté la dépendance de la Généralité de Limoges vis-à-vis des Cours et Conseils de 
la capitale, et sa place dans certains groupements territoriaux. 

Jaillota, en outre, dressé de notre Généralité une carte dont il y eut deux tirages diflFérents (1) : 

V La Généralité de Limoges divisée en ses cinq Élections de Limoges, de Brive. de Tulle, de Bourganeuf et 
d'Angouléme. A Paris chez le sieur Jaillot, géographe, joignant les grands Augustins, aux deux 
globes, avec privilège du roi, 1715. Echelle de 6 grandes lieues de France au degré. 

2** La Gé7iéralité de Limoges divisée en ses cinq Élections de Limoges, de Brive, de Tulle, de Bourganeuf et 
dWngouléme^ par le sieur B, Jaillot^ géographe ordinaire du Roy, 1719. Tome IX de V Atlas géographique. 

Puis vinrent les cartes suivantes : 

3® Carte de la Généralité de Limoges^ levée géométriquement, dédiée à Messire J.-B. Nicolas d'Aine, 
chevalier, conseiller du Roi en ses conseils, maître des requêtes honoraire de son hôtel, intendant 
de justice, police et finances de la Généralité de Limoges, par ses très humbles serviteurs Cornuau 
et Capitaine, ingénieurs-géographes du Roi, 1781. — Eclielle de 25,000 toises. Paris et Limoges (Cf. ci- 
dessous l'art. C. 5 de VInventaire). 

4** Carte de la Généralité de Limoges^ levée géométriquement, dédiée à Messire Marie-Jean-Pierre-Charles 
Meulan d'Ablois, chevalier, conseiller du Roi en ses conseils, maître des requêtes honoraire de son 
hôtel, intendant de justice, police et finances en la Généralité de Limoges^ par son très humble ser- 
viteur Capitaine, ingénieur-géographe dit Roi, 1783. — Échelle de 25,000 toises. Ce n'est qu'un nouveau 
tirage de la précédente. (Cf. ci-dessous Fart. C. 378 de Y Inventaire], 

5^ Carte itinéraire et minéralogique de la Généralité de Limoges^ dressée par ordre de M. d'4ine, inten- 
dant de Limoges, par le sieur Cornuau, ingénieur-géographe, 1783. — Lieues de 2500 toises. (En la 
possession de M. Nivet-Fontaubert de Limoges). — « Observations, Parties de routes : en chaussées et 
à Tentretien , ouvertes =r , projetées ::::::, voies romaines = = . Les par- 
ties de routes construites sur les fonds en rachat de corvée sont levées en rouge-, celles qui ont 
été ouvertes sur les fonds de charité sont levées en jaune. Total des longueurs faites depuis 1775 : 
sur les fonds en rachat de corvée, 106,155 toises =: 44 lieues de 2,400 toises; sur les fonds de charité 
237,458 toises = 99 lieties de 2,400 toises. 

6® Carte des provinces de Limousin, Marche et Angoumois^ comprenant la Généralité de Limoges, par 
Dezau^che, Paris, 1788. 

T Carte de VÉlection d*Angoulême, seconde moitié du XVIIP siècle. [Invent, des Arch. dép, de la 
Charente, C. 3), 

Pour mémoire nous mentionnerons une Carte de l'Élection de Limoges, dressée par Pierre Chabrol, 
prêtre de Limoges, connu par quelques recherches historiques (f vers 1690) . Cette carte n'a jamais été 
gravée. Une note de l'abbé J. Nadaud nous apprend que «ce dessin est dans l'abbaye de Saint-Augustin, 
ordre de Saint-Benoit, à Limoges ». 

Nous ne mentionnons ici que les cartes de Texistence desquelles nous sommes certain. Peut-être 
en eussions-nous trouvé d'autres s'il nous avait été possible d'examiner les atlas de Chiquet, 1719, de 
Lerouge, 1720 et 1756, de Bruzen de La Martinière, 1734, de Rizzizannoni et Brion, 1766, de Bonne. 
1771. En tous cas il est douteux que ces atlas fournissent des indications différentes de celles que 
nous trouvons dans Jaillot, le premier en date, ou dans Cornuau et Capitaine les derniers. 

(i) Nous reprodaisons ici, en corrigeant quelqnes fautes d'impression, une partie des indications que nous avons données sur les 
caries dn Limousin dans le Bulletin de la Société archéologique du Limousin, 1883, t. XXXI, p. 311 etss. 



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III 



LES INSTITUTIONS DE LA GÉNÉRALITÉ 



1. — Les États provinciaux. 



Le Limousin et la Marche ont possédé jusqu'au milieu du XVIP siècle des États particuliers. Comme 
ces États s'étaient scindés dès le XIY* siècle en trois assemblées correspondant à chacune des trois 
Élections de finances que nous avons étudiées précédemment, et comme ils ont partagé avec les élus 
quelques-unes des attributions financières, nous sommes recevable à nous occuper d'eux ici. 

Leur origine ne se constate point directement; mais il est tout-àr-fait vraisemblable qulls remon- 
tent, en Limousin comme dans la plupart des provinces, au moins jusqu'au règne de Philippe 
le Bel. Primitivement, la circonscription qu'ils représentaient était le Pagiis lemovicinus (continué dans 
le diocèse de Limoges), en sorte qu'il n'y avait qu'une seule et même assemblée pour la Marche et 
le Limousin. Cette unité de constitution dans une province destituée depuis trois siècles de toute unité 
féodale, morcelée en sept ou huit grands fiefs rivaux, sans autre suzerain commun que le comte de 
Poitiers, ne s'explique, à notre sens, que par une intervention expresse de la royauté dans cette 
organisation. Philippe le Bel qui, en 1311 donna le Poitou et le Limousin en apanage à son second 
fils Philippe le Long, et qui de 1289 à 1310 employa tant de moyens pour implanter son autorité dans 
notre province, eut vraisemblablement ses motifs pour imposer aux États le cadre provincial que la 
féodalité avait si complètement rompu. 

Quoi qu'il en soit, cette organisation se perpétua jusque sous le règne de Charles VIF, bien que déjà 
sous Charles V on eut convoqué des États particuliers à l'une ou à Tautre des trois Élections. Cette 
tendance particulariste, que la royauté n'avait plus la force de refréner, ira s'accentuant toujours 
plus après Charles VII (I), sans arriver toutefois à constituer jamais des Etats réellement adéquats aux 
principaux domaines féodaux de notre province. 

La question a été posée de savoir s'il y avait jamais eu au XV® siècle des États communs à la Haute 
et à la Basse-Marche (2), comme il y en eut pour le Haut et le Bas-Limousin. A notre avis cette 
question se doit résoudre par la négative si Ton tient pour certain que l'existence des trois Élections 

(I) Voy. les catalogues de sessions, à la fin da présent sous-chapitre. 

(t) M. Ant. Thomas, Les États provinciatix de la France centrale sous Charles VII j 1. 1. p. 24. 



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LBS INSTITUTIONS XXXIII 

constatée dès 1356-1357, a été la vraie cause de la répartition des États de notre province en trois 
assemblées distinctes, pès lors comment admettre que les États de l'Élection de la [Haute-] Marche aient 
songé à s'adjoindre ceux de la Basse-Marche attribuée à l'Élection du Haut-Limousin ? En tout cas, lorsque, 
dans le dernier tiers du XV* siècle, les trois ordres de la Basse-Marche voulurent cesser toute cohabitation 
avec ceux du Haut-Limousin, ils réclamèrent et obtinrent leur constitution en une assemblée distincte non 
seulement de celle du Haut-Limousin, mais encore de celle de la Haute-Marche. 

Comme nous ne pouvons utiliser présentement les documents de la Bibliothèque et des Archives nationales 
qui ont été signalés dans le premier chapitre de cette introduction (1), nous nous bornerons à énumérer ici 
les rares textes, à nous connus, qui font mention de doléances d'États, et nous les ferons suivre d'un cata- 
logue des sessions tenues. Ce sera comme un premier canevas de l'histoire de ces assemblées provinciales. 

1574 — «Aussy les coppies de noz provisions et des remonstrances des plainctes de tout le pais pouvoient 
icy estre transcrites, ce qui n'a esté faict pour cause de leur longueur et prolixité des dites remonstrances : 
par lesquelles sont remarquées les parties et qualitées requises aux ecclesiasticques, aux nobles, à messieurs 
de la justice, au soldat et gens d'ordonnance et aux aultres estatz ; que tous ont dégénéré, le Tiers-Estat estre 
infiniement chargé de subsides, travaillé par les nobles, affligé par les compagnies de la guerre ; en somme 
qu'il est réduyt en extrême pauvreté par les maulvaizes praticques et inventions des sangsues de ce royaulme. 
Pour lequel remectre en sa première splendeur sont subgérés quelques moiens affln de y estre par la majesté 
du roy en temps et lieu pourveu. > [Registres consulaires de Limoges, II, 415. Cf. la Deuxième chronique de la 
confrérie du saint sacrement de Limoges, dans nos Nouveaux documents historiques,' p, 340). 

1581 . — < Remonstrances seront faictes au Roy au nom de tous les habitants du hault pays de Limousin estans 
du Tiers-Estat des deniers tant ordinaires que extraordinaires imposez et levez sur le dit pais, auxquels 
désormais il est du tout impossible de pouvoir satisfaire. > (Suivent les dites doléances au tome II, 
p. 483-487, des Registres consulaires de Limoges,) 

1588. — « Par les cayers des trois estats de la Basse-Marche faits le 15 septembre 1588, au Dorât, pour 
estre portés aux Estats généraux de Blois, dont M. Antoine Vacherie, avocat, étoit député, le premier 
article fut qu'il n'y eut qu'une religion en France, à scavoir la religion catholique, apostolique et 
romaine. » [Chronique protestante de la Basse-Marche^ par Pierre Robert, lieutenant général au siège du Dorât, 
dans nos Chartes, Chroniques et Mémoriaux.... p. 278.) 

1594 ? — La rédaction et la présentation d'un cahier de doléances par le Tiers-État du Haut-Limousin 
résulte d'un arrêt du Conseil d'État, que voici : 

Arrestez sur le cahier des scindics du hauit Lymosin, — Sans date. 

c< Sur le premier, concernant la remise faicte par Sa Majesté des années 95, 96, 97, et demye année de 
quatre-vingt-dix-huit : 

« Sa Majesté entend que la remise, par elle faicte à ses subjets de la Généralité de Lymoges des tailles, 
et creues des années 1595, 96, et 97, soit généralle et entière, mais pour le regard de la dite demye année 
1598, n'entend en faire remise aux parties rebelles, et qui sont demeurées en reste, plustost par désobéis- 
sance aflPectée que par pauvreté et impuissance, et pour raison de ce, le trésorier de France, à ce commis, 
continuera l'exécution de la commission qui luy en a esté baillée. 

t Sur le deuxième, concernant la remise des creues extraordinaires de l'année présente, le troisième pour 
estre quittes cy-après de touttes levées fors de la taille et taillon, le quatrième pour faire décharger les 
villes dudit hault Lymousin de la subvention mise sur les habitants d^icelle : 

t Sa Majesté a soulagé ses subjetz de la dite Généralité de Lymoges de la somme de 64,000 escuz sur les 

(i) Ci-dessus, p. II, note 3. 

Haute-Vienne. — Série G. Introd. V 



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XXXIV LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES. 

creues extraordinaires de Tannée prochaine, oultre laquelle descharge Teslection du Hault-Limousin a esté 
particulièrement deschargée pour la dite année prochaine de la soiùme de 7,796 escuz, 4 solz, 2 deniers, sur 
ce qu'elle portait en l'année présante pour la taille, taillon, entretenement des gouverneurs, gaiges des 
officiers et fraiz du recouvrement, en quoy Sa Majesté se promect que ses dits subjets ressentiront abondam- 
mant les eflfects de son affection à leur bien et soulagement. Et sur la remonstrance faicte par les dits 
sindics, ordonne Sa Majesté, que ce qui reste à imposer des deniers de la subvention de Tannée pré- 
sente sera assiz et départy par les consuls qui seront en charge lorsque Timposition en sera faicte sans 
que pour raison de ce, on se puisse adresser aux consuls de Tannée présente. 

« Sur le cinquième, concernant les collecteurs des tailles, y a esté pourveu par le règlement général, 
attendant la publication duquel Sa Majesté veult que les règlements particuliers faictz par les commis- 
saires employez au régallement des tailles soient observez et entretenuz. 

« Sur le sixième, concernant les sergents des tailles, y a esté pourveu par édict séparé. 

(c Sur le septième, concernant les sergens royaulx, Sa Majesté a ordonné la suppression des dits offices par 
mort et oultre a décerné commission pour voir les lettres et provisions de tous ceulx qui en sont pourveuz, 
lesquelles veues sera faicte réduction d'iceulx ainsi qu'il appartiendra par raison. 

a Sur le huitième, concernant les greffiers des tailles, Sa Majesté promect à ses subjets de rembourser 
les dits greffiers des tailles, des sommes par eux actuellement payées pour les dits offices, en quoy faisant 
ils demeureront supprimez à perpétuité et cependant, le règlement fait par les dits commissaires pour 
raison de ce, sera observé et entretenu. 

« Sur le neufvième, concernant la cour des aydes de Montferrand, ne peult être pourveu sur ledit article 
quant à présent. 

PELLIÉVRE. DE MARCILLAC. 

P. D8 BÉTHUNE. HURAULT (1). 

Quant aux sessions d'états tenues en Limousin, en voici le catalogue sommaire et sans doute bien 
incomplet (2). 

Limousin et Marche. 

EN COMMUN 

1335. {Ordonnances des rois de France, lïl^ 684). — 1374 (Ant. Thomas, États provinciaux^ I, p. 24.) — 1378 
(A. Leroux, Doc. histor, I, 224). 

Haut et Bas Limousin. 

BN COMMUN 

Juin (?) 1421 — janvier (?) 1422 — septembre 1423 — novembre 1438. 

Pour les sources, voy. Ant. Thomas, ouv. cité, I, 223-224. Cf. pour la session de 1423, A. Leroux, 
Doc. histor,, I, 230. 

Haut-Limousin. 

Mars 1420 (?) — juillet 1422 — février 1423 — juin (?) 1423 — décembre 1423 — avril (?) 1424 (3) — 

(1) Archives nationales^ registre E, 2» (fo 138). 

(2) Nous n'avons pu consalter les listes dressées en 1835 par Just Paquet dans ses Institutions provinciales. 

(3) Cf. la Chronique de Gérald Taraeau, publ. dans nos Chartes et Chroniques, p. 205. 



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LES INSTITUTIONS XXXT 

décembre 1424 — novembre (?) 1425 — avril 1427 (?) (1) — novembre 1428 — avril ou mai 1431 — novem- 
bre 1434 — septembre 1435 — juin (?) 1436 — août 1437 (2) — juin 1438 — septembre 1438 — mars 
1439 — octobre ou novembre 1439 — août 1440 — janvier 1441 — octobre 1441 — mai 1442 — septem- 
bre 1442 — avril 1443 — mars ou avril 1444 — février ou mars 1445 — juin (?) 1445 — juin ou juillet 
1445 — septembre ou octobre 1445 — janvier 1446 — juin ou juillet 1446 — janvier 1447 — janvier 
1448 — janvier 1449 — janvier (?) 1450 — janvier (?) 1451. 

Pour les sources, voy. Ant. Thomas, ouv, cité, I, 240 et ss. 

1486 (Arch. nat. K, 692) — 1471 (Baluze, Hist. Tutellensis, 770) — 1549 (Reg. consul. I, 429) (3) — 
1560 {Reg. consul. II, 205, 220, 221 et A. Leroux, Chartes et Chroniques, 251, 253) — 1562 (Reg. consul., II, 
232) — 1574 (Ibid., II, 398, 415) — 1581 (/Wd., II, 483) — 1597 (Noël Valois, Invent., n« 3921) — 1649 (A. Leroux, 
ouv. cité, 301; Lecler, Chroniques ecclés., p. 133.) — 1651 (Reg. consul. III, 363). 

Bas-Limousin. 

1370 (Deloche, Géographie histor., p. 428) — septembre 1419 — février 1423 —juillet (?) 1423 — janvier 
1434 — août 1435 — octobre 1436 — décembre 1436 — juin 1437 — juin 1438 — février 1439 — mars 

1439 — octobre ou novembre 1439 — juillet 1440 — février 1441 — septembre ou octobre 1441 (4) — 
mai 1442 — septembre 1442 — avril 1443 — mars (?) 1444 — juin 1444 — février ou mars 1445 — 
janvier 1447 — janvier 1448 — janvier 1449 — janvier (?) 1450. 

Pour les sources, voy. Ant. Thomas, ouv. cité, I, 225 et ss. 

1549, à Poitiers (JouUietton, ouv. cité, I, 318) — 1562 [Reg. consul. II, 232) — 1588 (Clément Simon, Tulle 
et le Bas-Limousin, 121) — 1649 (A. Leroux, Chartes et Chroniques, 301). 

Haute-Marche. 

Juillet 1420 — janvier 1422 — juillet 1424 — novembre 1425 — novembre (?) 1428 — avril ou mai 
1431 — mai 1433 — décembre (?) 1434 — février (?) 1435 — avril (?) 1439 — décembre (?) 1439 — août 

1440 — janvier 1441 — octobre (?) 1441 — septembre (?) 1442 — juin (?) 1443 — avril 1444 — février 
ou mars 1445 — janvier 1446 — février 1449 — janvier (?) 1450 — octobre (?) 1451. 

Pour les sources, voy. Ant. Thomas, ouv. cité, I, 261 et ss. 

1486 (A. Leroux, Nouv. doc. hist. 289 et 294) — 1508 (. .?. .) — 1509 (JoulUetton, I, 406) — 1516 (. . .?. . .) — 
1521 (Livre de raison de Pierre de Sainte-Feyre dans le Bulletin de Brive, 1890, p. 527) — 1548 (...?...) — 1549, à 
Poitiers (JouUietton, I, 318) — 1553, à Poitiers (Joullietton, I, 319) — 1556, à Moulins (Joullietton, I, 
321) — 1558 (Joullietton, I. 409) — 1560 (Joullietton, I, 409) — 1576 (A. Leroux, ouv. cité, 340) ^ 1614 
(A. Leroux, Chartes et Chroniques, 281) — 1649 [Ibid., 301). 

Basse-Marche. 

1486 (A. Leroux, Nom. doc. histor., p. 294) — 1549, à Poitiers (Joullietton, I, 318) — 1588 (A. Leroux, 
Chartes et Chroniques, p. 278) — 1614 (Joullietton, I, 348. (îranet, Hist. de Bellac, p. 325) — 1649 (A. Leroux, 
Chartes et Chroniques, p. 301) — 1651 [Ibid., p. 304). 

ri) Cf. la même Chronique, ibid,, p. 229. 

(2) Cf. Aubugeois, Hist. du Dorât, p. 217. 

(3) Cf. nos extraits des Registres capitulaires de Saint-Etienne de Limoges (à la date), dans un Choix de documents historiquss sur 
le Limousin, actuellement sous presse. 

(i) Cf. les Lettres de Louis XI, éditées par la Soc. de Thisl. de France, I, 181. 



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ZXXVI LA GÉNÉRALITÉ DE UMOGBS 

Franc-Alleu. 

Mai 1435 — mars 1438 — octobre 1438 — octobre 1442 — février 1443 — juillet 1444 — novembre 
1446 — octobre 1447 — novembre 1448. 
Pour les sources, voy. Ant. Thomas, ouv. cité, I, 220-222. 

Combraille. 
1549, à Poitiers (JoulUetton, I, 408) — 1558 [Ibid. I, 409.) — 1560, à Moulins [Ibid., I, 409). 

Vicomte de Turenne. 

Nous ne savons rien de précis sur les États de ce fief (l). Il ne paraît point qu'ils aient fonctionné 
avant la seconde moitié du XV* siècle. En tout cas ils s'assemblent assez régulièrement pendant les 
XVP et XVIP siècles, jusqu'au moment où la vicomte fut vendue au roi, 1738, en sorte que, par une 
exception qui n'a point son double dans les provinces d'entre Loire et Garonne, le fief des seigneurs 
de Turenne est resté pays d'État jusqu'à cette date avancée (2). On distinguait les États de la partie 
limousine et les États de la partie quercinoise. 

Les États provinciaux n'ont été rétablis en Limousin qu'en 1787 sous le nom d'Assemblées provinciales. 
Cette restauration imparfaite, d'une institution si précieuse aux populations de notre province, ne paraît pas 
avoir satisfait les intéressés. Les cahiers de 1789, aussi bien ceux des paroisses et des corporations 
que ceux des ordres, sont pleins de doléances sur ce sujet. La Révolution y fit droit par l'organisation 
des Conseils généraux de département. 

2. — Les Ëlus des Finances 

Les seize recettes générales établies par Tédit de décembre 1542 furent le vrai moule des Géné- 
ralités de finances-, elles eurent pour tête un receveur général institué par un édit subséquent du 
même mois et peut-être du même jour (3). Comme Limoges ne fut point alors choisi pour siège de 
l'une de ces seize recettes, nous n'avons pas à nous occuper ici spécialement des receveurs particuliers 
de chaque Élection. Par contre nous donnerons quelques indications sur les élus de finances qui, 
tiennent une si grande place dans la vie administrative de l'ancien régime. 

Selon la définition usuelle, les élus de finances étaient des personnes choisies originairement par 
voie d'élection en chaque province pour assister les commissaires du roi dans la levée des aides 
consenties par les États particuliers, pour répartir les tailles et pour conserver les deniers publics. 
Ils devaient leur institution à une ordonnance royale de mars 1356 qui leur donnait juridiction sur 
ces circonscriptions appelée Élections, que nous avons étudiées dans le chapitre précédent. Une 
autre ordonnance, de 1372, les transforma en fonctionnaires nommés par le roi, tout en leur 
conservant leur nom primitif. Les élus formèrent dès lors un tribunal spécial chargé de répartir les 
impôts et surtout de trancher les questions litigeuses qui s'élevaient à cette occasion. Les attributions 

(1) Faute d'avoir pu consulter la liasse 24 du fonds Bouillon aux Archives nationales. Les documents qu'elle contient ne 
s'étendent d'ailleurs que de 1633 à 1703. 

(2) Cette notion n'a pris place, à notre connaissauce, dans aucun Dictionnaire historique, dans aucun ouvrage traitant des 
anciens États. 

(3) Fouruival, Recueil, iS9 et 167. 



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LES INSTITUTIONS XXXVII 

et les droits de ce tribunal furent réglés par diverses ordonnances de 1451, 1462, 1582, qui ne modifièrent 
point essentiellement le caractère second de Finstitution. 

Le rôle effectif, l'action professionnelle, le nombre de ces élus, — autant de choses que l'histoire 
voudrait, à cette époque éloignée, connaître par le menu, — se devinent bien plus qu'ils ne se constatent. 
Cependant nous pouvons signaler ici un édit de février 1543-44 portant création d'un office de qua- 
trième élu dans l'Élection de Limoges (1), et rappeler que ces fonctionnaires sont fréquemment 
dénommés au XVP siècle dans les Registres consulaires de Limoges. 

Le règlement imposé en avril 1600 aux trésoriers généraux (2), contient aussi quelques articles qui 
regardent spécialement les élus : 

13. Les élenz ayant receu les commissions et département qui leur seront envoyez par les dits trésoriers généraux, procéderont 
incontinent et sans delay à l'imposition des sommes de deniers portées par icelles snr les parroisses de leur Élection, observans 
telle égalité au soulagement des pauvres et impuissans, selon leurs moyens et lacultez qu'ils auront reconnu en icelles par leurs 
dernières chevauchées, qu'il n'en arrive par ce moyen aucun inconvénient. 

14. Enjoint très expressément Sa dite Majesté aux dits éleuz de départir entr'eux les parroisses de leur Élection pour en avoir 
soin plus particulier, comme est dit cy-devant, et changer chacun an le département des parroisses que chacun d'eux aura eu eu 
Tannée précédente, sans qu'ils puissent estre continués deux années consécutivement en mesme département : Ce que Sa Majesté 
veut estré exactement observé par les dits éleuz, tant afin que chacun d'eux soit alternativement informé des facultez des parroisses 
de leur Élection, que pour autres considérations sur peine de privation de leurs charges, s'il y est par eux contrevenu. 

15. S'informeront soigneusement les dits éleuz s'il se commet aucunes exactions sur les contribuables et parroisses de leur départe- 
ment, soit par les collecteurs d'icelles, sergens ou autres, et s'il y en reconnoissent y pourvoiront incontinent en ce que dépendra 
d'eux. Et pour le surplus en advertiront le trésorier de France qui aura le département de leur Élection, afin d'y apporter ce qni 
sera du devoir de sa charge pour en advertir messieurs du Conseil. 

Quand, au XVIP siècle, la lumière se fait plus vive sur les institutions provinciales, le tribunal 
de rÉlection a perdu de son importance en raison de l'ordonnance de décembre 1625 qui a transformé 
ses offices, er\ raison surtout de l'importance qu'ont prise le Bureau des trésoriers et l'Intendance de 
la Généralité. Le caractère des offices qui le composent ressort exactement d'un arrêt de la Cour des 
aides de Clermont, qui fut rendu en décembre 1649 (3). En voici les dispositions essentielles : 

Toutes exécutions de jugements d'audience seront distribuées par l'ancien président à ceux-là seule- 
ment qui auront assisté à l'audience; 

Les contraintes des receveurs des tailles et du taillon seront visées et paraphées en la chambre 
de l'Élection « un jour d'entrée > ; 

Les enquêtes de vie et mœurs appartiendront à l'ancien président; 

Les avocats du roi ne pourront siéger ni opiner en qualité d'élus à l'audience ; ils assisteront 
à l'audience en la place destinée aux gens du roi ; 

Il ne sera ordonné aucune imposition sans que le procureur du roi ait été ouï; 

l^es officiers de l'élection s'assemblent tous les mercredis et vendredis en habit décent, « sçavoir 
tous vestus de noir, les gradués avec la robbe et bonnet carré, les autres avec le capot et tocque >. 

Le Mémoire de M. de Bernage sur la Généralité de Limoges passe assez rapidement sur chacune des 
cinq Élections qui subsistaient. Il n'en est pas moins instructif de consigner ici ce qu'il dit des 
officiers. 

(1) CataL ùes actes de François !<"', U9 13,671. 

(2) Fournival, Recueil, 406. 

(3) Cf. Inventaire, C. 530, où on a imprimé 1650 par erreur. 



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XXXVIII LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

Élection de Limoges, Entre les officiers de cette Élection le sieur Ronillat du Gondault, procureur du roy, mérite une 
singulière distinction : il est très versé dans les matières de tailles et a la connoissance des règlemens; homme d'esprit et de 
probité. 

Élection de Tulle, Le président de cette Élection s'appelle Meynard, homme capable, de réputation et de probité; mais 
son infirmité et son âge le mettent hors d'état de servir. 

Le sieur de la Fayerdie, lieutenant, est homme d'honneur et sans passion, louange non médiocre pour le païs; il ne man- 
que pas aussi de lumières, mais il est un peu trop lent. 

Le sieur Delpy, élu, est actif, vigilant et affectionné au service du roi.... On peut lui reprocher un peu trop de vivacité et 
d'affection à certains païs; mais il est homme d'honneur et sçait son métier. 

Élection de Brive, Le président de cette Élection qui s'appelle Soulage, est honnête homme et fait fort bien sa charge; il n'y 
a que lui sur qui l'on puisse compter parmi les officiers de ce 



Election de Bourganeuf. Le sieur d'Aubusson, président de cette Élection, est celui d'entre les officiers en qui M. de Bemage 
a cru qu'il pouvoit avoir le plus de confiance ; mais il ne la lui donna pas entière, et il a toujours reconnu tous ces officiers 
fort intéressés. 

Election d'Angouléme, Les officiers de cette Élection sont d'assez honnêtes gens: mais il n'y en pas qui se distingue par 
beaucoup d'habileté et d'application. Le sieur Préveraud, président, est bon homme et ne manque pas d'esprit; mais il est 
un peu attaqué du vice du pals, c'est-à-dire peu laborieux. 

A la fin de Tancien rég-îme, le tribunal de chaque Élection comprenait un président et son lieutenant, 
trois ou quatre conseillers en titre, — puis les gens du roi : procureur, substitut, greffiers. En 1789 
ils rédigèrent le cahier de leurs doléances, réclamant, avec l'autorité qui s'attachait à leurs fonctions, 
la réforme de la taille et- l'abolition des abus qu'ils signalent dans le recouvrement des impôts, sans 
rien spécifier pour eux-mêmes (1). Ce testament n*est certes point sans faire honneur à ses auteurs. 

A Limoges, le tribunal de TÉlection n'eut point pendant longtemps de local décent (2). A partir 
de 1661 il eut son siège dans les bâtiments de l'ancien hôpital Saint-Martial, tout proche Thôtel des 
Monnaies, rue des Combes (3). Son sceau figurait d'azur à trois fleurs de lis d'or, l'écu couronné 
à la royale (4). 

3. — Le Bureau des Trésoriers des finances. 

Après les États et les Élus, le troisième pouvoir d'ordre administratif et financier que l'on rencontre dans 
chaque province en suivant l'ordre des temps, c'est le Bureau des finances appelé aussi Bureau des trésoriers 
généraux ou Bureau des trésoriers de France. Il entre dans notre histoire locale en même temps que la 
Généralité, dont il devient la tète, en sorte que Tédit d'avril 1558, mentionné dans le chapitre précédent, est 
la charte constitutive de Tun et de l'autre. Cet édit porte, en effet, que le Bureau de Limoges sera composé 
d'un trésorier de France et général des finances « conjointement en un seul office > 5 de deux receveurs 
généraux alternatifs et d'un contrôleur général. Les édits de novembre 1570 et octobre 1571 instituèrent 
un nouveau général des finances et un nouveau trésorier en chacune des Généralités existantes (5). Puis 

(1) Publié dans nos Nouv. doc. historiques, p. 15 et ss. 

(2) L'arrêt de la Cour des aides de Clermont, 1649, cité plus haut, porte la prescription que voici : « Il sera fait choix d'une 

maison propre et commode pour Texercice de leurs charges [d*éius] à la pluralité des voix dans la chambre de rÉleclion 

autre que de celle qu'ils tiennent à présent. > 

(3) Voy. VInvêntaire, C. 259. Cf. V Invent, des Archives hospitalières de Limoges, B. 496, p. 98 : arrêt du Conseil d'État qui établit 
en faveur des pauvres de Thôpital une rente annuelle de 400 11. que paieront les contribuables de l'Élection pour le loyer des 
bureaux de l'Élection et de l'hôtel de la Monnaie situés dans l'ancien hôpital de Saint-Martial (1694). 

(4) Bulletin de la Soc. archéologique du Limousin, XXVI, 121. 

(5) Foumival, Recueil général des titres concernant les fonctions, rangs, dignitez, séances et pnvilèges des charges des présidens 
trésoriers de France, généraux des finances et grands voyers des Généralités du royaume. Paris, 1655, p. 283 et 287. 



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LE3 INSTITUTIONS XXXIX 

redit d'août 1576 (1) démembra le premier office en ceux de trésorier de France et de général des finances 
alternatifs, ce qui porta à cinq le nombre des trésoriers de France, généraux des finances. Mais bientôt 
intervint Tédit de juillet 1577 (2) portant réunion des charges de trésorier de France avec celles de généraux 
des finances, et création d'un cinquième trésorier de France et général des finances en chacune des dix-sept 
Généralités du royaume. L*édit de janvier 1581 constitua un sixième trésorier général et un président en 
chaque Généralité (3). Mais le nombre des offices fut ramené à deux par Tédit de décembre 1583 (4). 

Cette fastidieuse énumération d'édits était indispensable ici pour comprendre le caractère de l'institution. 
On est tenté de voir, dans ces tergiversations répétées, les tâtonnements d'un pouvoir qui accepte toutes les 
modifications que lui suggère Texpérience pour consolider une œuvre naissante. En réalité, pour qui connaît 
les embarras financiers de la royauté de ce temps et les remèdes qu'elle y apportait, il n'y a dans ces tergi- 
versations qu'un moyen inavoué de faire financer les quémandeurs de charges. Cette pratique durera 
d'ailleurs jusqu'à la fin de l'ancien régime. 

L'édit de novembre 1586, qui rétablissait à tout jamais la Généralité de Limoges, rétablit aussi le Bureau 
des finances et le pourvut de deux présidents et de huit trésoriers de France généraux des finances, « pour les 
mettre au nombre de dix », sans compter les offices subordonnés de receveurs généraux, contrôleurs généraux, 
greffiers et huissiers (5). Mais à la suite de l'assemblée de notables tenue à Rouen en 1596, la royauté, 
prenant en considération les réclamations qui lui furent adressées, supprima par édit de décembre 1598 les 
Bureaux de finances de toutes les Généralités de France et ordonna que les trésoriers exerceraient désormais 
leurs charges en chaque Généralité alternativement (6). On se représente mal le fonctionnement de ce régime. 
Toujours est-il qu'il fut aboli par un nouvel édit de novembre 1608, stipulant que désormais, les trésoriers 
généraux exerceraient leurs charges et offices a en corps de bureau », et que quatre d'entre eux feraient office 
de présidents (7). 

A partir de 1621, il y eut douze trésoriers en chaque Bureau de finances (8). Il y en eut quatorze 
de par Pédit de février 1626 (9), dix-huit de par celui d'avril 1627 (10), dix-neuf de par celui de mai 
1633 (11). Au commencement du règne de Louis XIV, sinon plus tôt, ce nombre fut élevé à vingt-quatre (12). 
Puis, à une date que nous n'avons pu retrouver, mais qui semble voisine de 1685, il fut réduit de 
moitié environ (13), et ne fut ramené à vingt-quatre que vers le milieu du XVIIP siècle. Ce dernier 
chiffre subsista jusqu'à la Révolution (14). 

(1) Ibid, 303. Cet édit est spécial aux Généralités de Lyon, Orléans et Limoges. 

(2) IMd. 308. Cet édit, qui est parmi les plus importants rendus en cette matière, porte entre autres cette disposition : t Nos dits 
trésoriers généraux pourront ensemblement taxer par chacun an, tant pour messageries que autres frais nécessaires pour l'exercice 
de chacune de leurs dites charges : à scavoir, pour celle de Paris, eoo II. ; pour celles de Rouen, Caen.... Poitiers, Bourges, Rion, 
chacun 800 11. ; pour celles d'Amiens, Dijon.... Limoges, chacune 450 11. c 

(3) làid, 330. 

(4) lùid, 379, mention. 

(5) im, 599. 

(6) Fontanon, H, 98, et Foumival, 415, mentions. 

(7) Fontanon, II, 98, et Foumival, 415. Cf. VInventaire, C. 377. 
(8 et 9) Foumival, 444 et 451. 

(10) Ilnd. 478 : c .... Avons par nostre présent édict créé et érigé, créons et érigeons en chef et titre d'office formé, 
quatre nos conseillers trésoriers de France et généraux de nos finances en chacun des bureaux et généralitez de notre 
royaume pour faire jusques au nombre de dix-huit en chacun des dits bureaux et y avoir neuf des dits officiers en 
chacune année pour vacquer à Texercice et fonctions des dites charges. » Cf. VÉtat de la France vers l$iO que nous repro- 
duirons à la fin du chapitre. 

(11) Ilnd, 513. 

(li) On les trouve énumérés sur le plan des trésoriers de 1680, dont nous parlerons bientôt. Il y a môme 87 noms : mais 
les trois derniers sont certainement ceux des gens du roi. 

(13) Dans diverses ordonnances du Bur3au de cette époqup, que nous avons trouvées dans le t Receuil Devoyon, » il n'y a jamais 
que douze ou quatorze signataires. 

(14) Calendrier éccles, et civil du Limousin poir 1762 et années suivantes. 



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XL LA QÉNÉRAUTÉ DE UMOGES 

Ainsi, faute de documents nous ne pouvons préciser ni Tépoque ni la raison de deux des plus gfrands 
bouleversements qu'ait subis le corps des trésoriers de France au milieu de sa longue carrière. Nous 
savons cependant que, de 1691 à 1708, — époque à laquelle Pontchartrain trouvait moyen de € fournir 
en huit ans 150 millions au trésor avec du parchemin et de la cire » (1) — plusieurs édits introdui- 
sirent d'autres modifications dans la composition du Bureau des finances. Il suffira d'énumérer ici ces édits 
et de rapporter leurs considérants : 

Édit du roi portant création d*un premier président en chaque Bureau de finances du royaume, 
mars 1691 ; — Édit du roi portant réunion des offices de premier président du Bureau de finances au 
corps de chacun des dits Bureaux, novembre 1691 ; — Déclaration du roi portant création de un (ou 
deux) conseillers commissaires-trésoriers de France en chaque Bureau de finances, juin 1696; — 
Déclaration du roi portant création d'un trésorier de France en chaque Bureau des finances du royaume, 
déc. 1698; — Édit du roi portant suppression des offices de procureur du roi près les intendans (créés 
par édit de janv. 1697) et réunion au corps des trésoriers de France de Tofflce (créé en déc. 1698) de 
trésorier de France, nov. 1700; ^ Édit du roi portant création de deux offices de trésoriers de France 
dans chaque Bureau de finances du royaume, mars 1703; — Déclaration du roi supprimant les deux 
offices de trésorier de France créés par l'édit précédent ; maintenant et confirmant les présidents 
trésoriers de France dans le droit et possession d'assister aux départements et impositions des tailles 
et dans l'inspection des ponts et chaussées, chemins et ouvrages publics, baux à rabais, etc., juin 
1703 ; — Édit du roi portant création d*un office de second président dans chaque Bureau de finances 
du royaume, février 1704 ; — Édit du roi portant réunion des offices de seconds présidents des Bureaux 
de finances au corps des officiers des dits bureaux, décembre 1704; — Édit du roi portant réunion 
des offices de seconds présidents des Bureaux de finances au corps des officiers des^ dits bureaux, 
déc. 1704 : € ... Par notre édit du mois de février dernier, nous avons attribué aux bureaux de nos 
finances la connoissance en première instance de toutes les affaires concernant le contrôlle des actes 
des notaires, les bans de mariages, les petits sceaux, controUe des exploits, greflfes, amendes et autres 
droits dépendans de la ferme de nos domaines, circonstances et dépendances; nous avons à cet effet 
ordonné par le même édit qu'il seroit étably dans chacun des dits bureaux deux chambres, dont l'une 
serait présidée par les premiers présidens créez ausdits bureaux par nostre édit du mois de mars 1691, 
et l'autre par les seconds présidens que nous avons créez par nostre dit édit du mois de février der- 
nier. ...»;— Édit portant suppression de l'office de second président créé par édit du mois de février dernier 
au Bureau des finances de Limoges, et réunion au corps des officiers du dit bureau des fonctions, 
prérogatives et autres droits attribuez au dit office de second président; et création de six offices de 
procureurs postulans au dit bureau, déc. 1704 : « . . . . Nos amez et féaux les présidens trésoriers généraux 
de France en la Généralité de Limoges nous ont très humblement remontré qu'ayant réuni à leur 
corps l'office de premier président créé pai* nostre édit du mois de mars 1691, il leur est plus conve- 
nable de demander la supression du dit office de second président et d'en unir les fonctions et 
privilèges à leur corps que d'en laisser pourvoir un nouvel officier. Et comme l'augmentation de 
jurisdiction qui leur est attribuée par le dit édit du mois de février dernier doit produire un grand 
nombre d'affaires qui ne scauroient estre instruites sans le ministère des procureurs, ils nous auroient 
très humblement supplié d*en vouloir créer six avec les mêmes privilèges et prérogatives dont jouissent 
les pourvus de semblables offices dans les autres bureaux des finances; comme aussi de révoquer 
l'établissement des deux chambres et leur laisser la liberté de continuer l'usage dans lequel ils ont 

toujours esté jusqu'à présent, et de les confirmer dans la perception des droits, épices et vacations 
qui leur appartiennent et généralement dans tous les privilèges et fonctions attribuez à leurs offices, 
sans que le défaut de possession leur puisse estre opposé, ainsi qu'il est porté par nos édits des mois 
d'avril 1694 et octobre 1701 ; comme aussi leur permettre d'assister au département des tailles, de faire 
l'état de répartition de leur capitation, conformément à Tart. XV de notre déclaration du 12 mars 1701 ; 

(1) Mémoires de Fabbé de Choisy, p. 306 de Fédilion Pelitot. 



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LES INSTITUTIONS XLI 

et SOUS ces conditions les trésoriers de France du dit Bureau auroient offert de nous payer la somme 
de 36,000 11. et les deux sols pour livre dlcelle, pour jouir de 1,800 11. de gages par forme d'augmen- 
tation de gages , à ces causes > 

Outre les trésoriers et présidents-trésoriers, chaque Bureau de finances comprenait, en vertu d'un 
édit de 1627 (1), sous le nom de « gens du roi », un avocat et un procureur. Ces deux magistrats 
furent plus tard doublés et s'attribuèrent respectivement Tun les affaires financières, Tautre les affaires 
domaniales. 

Quant aux chancelleries des Bureaux de finances elles furent organisées par un édit de mai 1633 (2), 
confirmé et développé par celui de juin 1637. Le trésorier garde-scel eut les mêmes privilèges et les 
mêmes honneurs que les autres trésoriers généraux de France. Il eut sous lui un audiencier, un 
contrôleur et plusieurs officiers de moindre rang. 

Mais le nombre des officiers secondaires fut considérablement augmenté par Tédit royal de décembre 
1626 ^3] qui créa dans chaque Bureau des finances trois receveurs et payeurs des gages, droits de 
bûche, de présence et d*épice, et autres droits des trésoriers de finances. — Il le fut également par 
redit d'août 1636 (4) qui institua un conseiller audiencier, un conseiller contrôleur (5), un chauffe- 
cire héréditaire, un commis de l'audience receveur de l'émolument du sceau, et un huissier garde- 
porte. Un édit d'avril 1694 (6) rétablit l'hérédité des offices de greffiers des Bureaux de finances, 
hérédité qui avait été suspendue en décembre 1633. 

Le Mémoire de 1698 ne nous apprend rien sur la composition du Bureau des finances (7). Mais, à 
partir de 1762, les Calendriers du Limousin fournissent des nomenclatures complètes. 

En 1790, le Bureau de Limoges comprenait vingt-quatre trésoriers généraux en titre, cinq trésoriers 
honoraires, dits vétérans, les gens du roi au nombre de quatre, quatre greffiers en chef dont un 
seul résidait à Limoges, deux contrôleurs des finances, deux commissaires au Bureau, deux procureurs 
au Bureau et six huissiers. 



Les devoirs, les droits et les attributions des trésoriers de France étaient déterminés par divers édits et 
déclarations du roi, que Ton trouvera dans le Recueil de Fournival. Ces édits obligeaient les titulaires à prêter 



(!) Fournival, 483. 

(2) Escorbiat, II, 777; Fournival, 5Î9, préambule de Tédit du 17 juin 1637 : t Le roy ayant par son édict du mois de mars 1633... 
estably une chancellerie en chacun des bureaux des finances de son royaume pour y être scellé en cire jaune et queue pendante les 
commissions qui seront expédiées à l'avenir sur chacune de leurs ordonnances, attaches, enregistremens des' estats des 
comptables et autres actes de justice et de finance spécifiez au dit édict ; et par iceluy créé en titre d'office formé un conseiller 
trésorier de France général de ses finances et garde-scel en chacun des dits bureaux. ...» 

(3) Fournival, p. 22 de Tintroduction. 

(4) Ilnd. 523 : c . . . . Nous avons reconnu que les charges de nos conseillers présidens-tréso:iers de France et généraux de 
nos finances ont esté de toute ancienneté tellement importantes que dès leur origine, elles ont esté tenues et possédées par 
des personnes relevées et honorées de grandes qualitez et de plusieurs belles fonctions.. .» 

(5) Le Recueil Devoyon contient un arrêt du conseil d'État portant que les contrôleurs des finances, domaines et bois de 
Limoges et de la Rochelle ne prendront leur place aux audiences de ces deux bureaux de finances qu'au dessous des gens 
du roi et sur un banc séparé ; enjoignant en outre aux contrôleurs de Limoges de se conformer à Tart. 13 du règlement d'août 
1669, au sujet du paraphe de leurs registres, avril 1737. 

(6) Recueil Devoyon : c ....Nous avons aussi.... rétabli et rétablissons l'hérédité des offices de greffiers de nos dits bureaux 
des domaines et finances, révoqués (sic) par notre édit du mois de décembre 1633. Voulons que ceux qui y seront pourvus 
en jouissent à titre d'hérédité....» 

(7) Faute de pouvoir consulter VHisL des trésoriers de France de Gironcourt (1776, 2 vol. in-4o), nous sommes contraint d'abré- 
ger cette notice. 

Hautb-Vibnnb. — Série C. Introd. VI 



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LXII LA GÉNÉRAXITÉ DE UMOGBS 

serment devant la Chambre des comptes (1) ; — leur reconnaissaient les mêmes privilèges et droits d'épices 
qu'aux membres de cette chambre, avec faculté a de députer et envoyer auprès de sa Majesté un ou 
deux de leurs corps pour faire entendre les affaires de leur charge, et de s'assembler par députés de tous les 
bureaux pour en conférer entre eux > (2) ; — leur enjoignaient d'exercer leurs charges conjointement (3) -, — 
leur attribuaient « la jurisdiction contentieuse des causes du domaine et de la voyrie (4), et le contrôle des 
droits casuels du roi (5). — Quant aux opérations professionnelles de leurs charges, elles étaient déterminées 
par deux règlements généraux de juillet 1578 et avril 1600 (6). 

Les trésoriers avaient dans leurs attributions le domaine du roi (7). L'aliénation de la vicomte de Limoges 
durant la première moitié de XVIP siècle, celle de la vicomte deTurenne, un siècle plus tard, la conservation 
des remparts des villes considérés comme la chose du roi, par voie de conséquence la reversion au domaine 
royal en 1778 des emplacements vacants par la démolition de ces remparts dans la plupart des villes de la 
Généralité, amenèrent au Bureau un nombre considérable d'affaires contentieuses dont on retrouve trace 
dans Y Inventaire qui suit (8) et dans les Registres consulaires de Limoges (9). 

Par une autre conséquence de ces premières attributions, les trésoriers de France avaient également charge 
de recevoir les prestations de foi et hommage. L'édit d'avril 1627 (10) et le Mémoire de 1698 sont formels à cet 
égard (11). Il subsiste d'ailleurs bon nombre de ces prestations. Par malheur aucun des registres où elles sont 
couchées n'est encore entré aux Archives de la Haute-Vienne (12). Une lettre de Trudaine aux trésoriers géné- 
raux de Limoges (13) montre quelques-unes des difficultés avec lesquelles ils étaient aux prises dans l'exercice 
de cette fonction. 



(1) Déclaration de janvier 1565. (Foumival, Becueil, 279.) 

(2) Édit de janvier 1586 (Ibid., 371). 

(3) Déclaration de février 1588 {ilnd. 386), révoquant sur ce point Tédit de janvier 1586, révoquée à son tour par le règlement 
d'avril 1600 {ibid. 406), rétablie finalement par redit de novembre 1608 {ibid., 415). 

(4) Édit d'avril 1627 {Ibid,, 478). * 

(5) Voy. Archives nationales, série P. no* 1,176, 1,204 et 1,236. 

(6) J^id., 319 et 406. 

(7) Édit d'avril 1627 (Fournival, 480) confirmé par celui de mai 1635. Cf. Archives nationales, série P, no 1,233, 2,950 et 2,951 et la 
série Q^ passlm. 

(8) Art. G. 561 et ss. 

(9) Particulièrement le tome IV, p. 92 (1694) p. 268 (1718), p. 378 (1731) et p. 425 (1739;. 

(10) Fournival, 480. 

(11) P. 222 de notre édition. 

(12) Voy. ci-dessus, chapitre I, p. IV. Cf. Archives nationales, série P, no» 474-481, 512 et 773^ eiV Inventaire des archives départemen- 
tales de la Corrèze, C. 244. 

(13) < J'ai examiné. Messieurs, la question que vous m'avez proposée par votre lettre du 2 mars de l'année dernière, qui est de 
scavoir si les lots dûs pour la vente des biens immeubles relevans du roy à cause du vicomte de Limoges et scitués dans la Généra- 
lité de Bordeaux, doivent être perçus par vous ou par le receveur général du domaine de Bordeaux. Je me suis fait donner différens 
mémoires, soit par les receveurs des autres Généralités soit par les fermiers des domaines, afin de constater l'usage qui s'observe 
dans les autres Généralités par rapport aux uns et aux autres. 

t II résulte de tous les éclaircissements que j'ay pris que les receveurs généraux des domaines ainsi que les fermiers doivent 
percevoir les droits échus au roy et dus par les biens situés chacun dans leurs Généralités, soit que le chef-lieu du domaine à cause 
duquel les biens relèvent du roy soit scitué dans cette même généralité, soit qu'il soit scitué dans une autre. 

t On peut dire en effet, que tous les fiefs qui relèvent du roy en relèvent à cause du fief éminent de la couronne, et si on a jugé à 
propos de conserver le souvenir des anciennes mouvances en énonçant dans les titres et reconnaissances qu'un fief relève du roy à 
cause d'un tel domaine, il n'en est pas moins vray que le domaine, qui étoit luy même, avant sa réunion, un fief mouvant de la cou- 
ronne, étant réuni au fief dominant, tous les fiefs qui en relevoieut et qui étoient auparavant des arrières-fiefs de la couronne en 
deviennent des mouvances immédiates. Ce principe qui est une suite du droit féodal est admis pour les terres des particuliers comme 
pour le domaine. 

€ C'est par un effet de cette réunion qu'il est arrivé que les hommages n'ont plus été, ni dû être portés aux chefe-lieux des domaines 



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LBS INSTITUTIONS XLIII 

La Collection. ...de jurisprudence de Denisart (1771, 1. 1, p. 365) fournit une autre preuve des incertitudes 
qui se présentaient parfois en ces matières : <r II résulte, est-il dit, d'un arrêt du Conseil du 25 avril 1768 que les 
Bureaux des finances n^ont pas le droit de s'immiscer dans la composition, formation et rédaction des états 
du roi, mais seulement à l'exécution de ces états. En conséquence, ont [été cassées les ordonnances des 
Bureaux des finances d'Amiens, La Rochelle, Moulins et Limoges, qui assujettissoient les propriétaires des 
parties prenantes, employées dans les états du roi de ces Généralités, à faire enregistrer dans ces Bureaux les 
titres qu'ils avoient été obligés de faire renouveler au désir de l'édit de décembre 1764 », 

Le Bureau des finances, avons-nous dit, avait dans ses attributions, depuis 1626, la grande et la 
petite voirie, c'est-à-dire la mise en adjudication et le paiement des travaux de construction des routes (1). 
Au temps de Sully (2) et de Colbert, cette fonction des trésoriers n'était pas sans les occuper grande- 
ment. Ils en furent, déchargés, non sans protester, dans la seconde moitié du XVIIP siècle par la 
formation d'un service des ponts et chaussées dont nous aurons lieu de parler dans le sous-chapitre 
suivant. Ce service eut ses trésoriers spéciaux, relevant directement du secrétaire d*État. 

C'est par une intelligente extension de cette partie des attributions du Bureau des finances que l'un 
des trésoriers, Jouvin de Rochefort, dressa vers 1680 un plan de Limoges qu'il dédia à ses collègues et 
qui, pour cette raison, est connu sous le nom de Plan des trésoriers de France (3). C'est le second en 
date que Ton possède, et il resta pendant trois quarts de siècle sans concurrent. Ce document, qui 
n'a plus aujourd'hui qu'une valeur historique et archéologique, a donc eu tout d'abord son utilité 
professionnelle. 

Il s'en faut de beaucoup que l'on connaisse tous les actes de la royauté qui intéressent directement 
le Bureau de Limoges. En voici quelques-uns, tirés du « Recueil Devoyon, > que nous n'avons pu citer 
encore : 

Arrêt du Conseil d'État maintenant les trésoriers de France à Limoges dans le droit de recevoir les 

dont les vassaux relevoient, mais au roy lui-même en la personne de son chancelier, et aux chambres des comptes qui sont dépo- 
sitaires en cette partie de Tautorité royalle. 

c Si les bureaux des finances ont été authorisés par des règlements postérieurs à recevoir les hommages et dénombrements, ce n*a 
été que par un effet de la bonté du roy, et pour éviter aux vassaux les frais de voyages. Les trésoriers de France étant originaire- 
ment officiers des chambres des comptes et résidents dans les provinces, on a bien voulu qu'ils reçussent les hommages et dénom- 
brements des vassaux qui préfèreroient de se présenter devant eux, mais sous trois conditions remarquables : la première, que les 
vassaux auroient toujours Tobtion {sic) de^se pourvoir directement, s'ils vouloient, à la Chambre des comptes; la seconde, que les 
possesseurs des terres titrées ne pourroient porter leurs hommages et aveux qu'aux Chambres des comptes, à Texclusion des tréso- 
riers de France; et la troisième, qu'ils seroient obligés d'envoyer les originaux des hommages et aveux qu'ils auroient reçus aux 
Chambres des comptes qui en sont le véritable dépôt 

t Par rapport aux receveurs généraux, ils sont établis pour recevoir chacun dans leurs Généralités les droits de quinlfrequint, etc. 
appartenants à sa Majesté, et l'article 4 de l'édit du mois de décembre 1727 s'exprime en termes si précis qu'il est étonnant que l'on 
ait pu faire naître depuis quelque difficulté sur ce point, puisqu'il porte présisément que les receveurs recevront les droits casuels dus 
pour raison des terres et seigneuries situées dans les provinces et Généralités où ils sont établis « . 

€ Je suis, Messieurs, votre très humble et très obéissant serviteur. Trudaine. » {Recueil Devoyon, La lettre est datée de Paris, 3 février 
1743. Elle ne porte aucune suscription; mais le destinataire est évidemment le Bureau des trésoriers de Limoges). 

(l)Édit de fév. 1626 incorporant l'office de grand-voyerà celui de trésorier de France (Foumival, 451), confirmé par celui de mai 1635 : 
c Et eu interprétant et augmentant le pouvoir des dits présidens et trésoriers généraux de France en ce qui regarde la dite voyrie, 
nous voulons et entendons qu*elle soit par eux exercée et observée en toutes les villes et lieux de l'esteudue des dites Généralitez, 
tout ainsi qu'elle l'est à présent en nostre ville, prévosté et vicomte de Paris et estendue de la dite Généralité, tant pour la grande 
que petite voyrie. » (Fournival, 554. Cf. Archives nationales, A D P I.) 

(2) M. Noël Valois signale (Inventaire, vfi 2,930) un arrêt du Conseil d'État, 26 octobre 1596, renvoyant aux trésoriers de France 
et généraux des finances à Limoges une requête du sieur de La Trémoille, comte de Taillebourg, tendant à ce que 1» fermier 
de l'impôt établi aux ponts de Taillebourg avance une somme de 4,200 écus pour la réparation des ruines occasionnées par le 
tonnerre qui a démoli la tour et comblé le canal de la dite ville. 

(3) n y en a plusieurs exemplaires à Limoges, entre autres ceux de la Bibliothèque et des Archives communales. Cf. 
P. Ducourtieux, Limoges d après ses anciens plans, p. 31. 



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XUV LA GÉNÉRAUTB DE LIMOGES 

hommages dus au roi pour tous les fiefs relevant de la vicomte de Limoges, « encore que leurs biens 
fussent scitués hors l'étendue de leur Grénéralité », et stipulant que les foi et hommage dûs 
au roi à cause des fiefs du comté de Périgord seront reçus par les trésoriers de France à Bordeaux, 
€ encore qu'ils fussent scitués dans la Généralité de Limoges, juillet 1»)81; — Ajrêt du Conseil d'État 
portant que les seigneurs mouvans de Sa Majesté à cause de ses domaines en la Généralité de Limoges seront 
tenus de rendre foi et hommage, mars 1683 5 — Arrêt du Conseil d'État ordonnant que les seigneurs des fiefs 
tenus et mouvans de Sa Majesté à cause de ses domaines dans l'étendue de la Généralité de Limoges seront, 
conformément aux coutumes des lieux, poursuivis pour rendre foi et hommage, et fournir aveux et dénom- 
brement, mars 1683 ; — Arrêt du Conseil privé faisant défense aux officiers de la Chambre des comptes de 
Pau et des Bureaux de finances de Bordeaux et de Limoges, de recevoir la foi et hommage de ceux qui tien- 
nent et possèdent des fiefs relevant de Sa Majesté, sinon en vertu des lettres expédiées es chancelleries des 
parlements, septembre 1693; — Arrêt du Conseil d'État renvoyant contradictoirement au Bureau des finances 
de Limoges l'exécution d'un brevet de lods et ventes dus à Sa* Majesté dans la vicomte de Limoges, nonobs- 
tant que la Chambre du trésor à Paris eut prévenu et qu'il y eut des officiers du dît Bureau auxquels on 
demandait des droits prétendus par le donataire, juillet 1695 ; — Arrêt du Conseil d'État maintenant les tréso- 
riers de France au droit d'opposer les scellés sur les biens et effets dépendants des bénéfices consistoriaux 
vacants en régale et d'en faire la description et inventaire pour la conservation des droits du roi, sept. 1695 : 
« Sur la requête présentée au roy en son Conseil par les présidons trésoriers de France au Bureau des finan- 
ces de Limoges, contenant que, le premier juillet, le procureur de Sa Majesté au dit Bureau, ayant eu avis 
du décès du sieur évêque de la ville, il auroit requis qu'il fut commis quelques officiers du Bureau pour se 
transporter à l'évêché aux fins d'apposer le scellé aux lieux où sont les archives, et à cet effet les sieurs 
Maleden, d'Hardy et Regnaudin, auroient été commis et se seroient, le dit jour, transportez au dit évêché et 
auroient apposé le scellé à la porte du trésor, aux fins de faire ensuite description et inventaire des titres 
et des papiers.... >; —Arrêt du Conseil d'État maintenant les présidents trésoriers de France à Limoges 
dans le droit et possession de connaître en première instance, seuls et privativemeqt à tous autres juges, de 
toutes les aflFaires qui concernent le domaine du roi, la conservation et dégradation d'iceluy, juillet 1725; — 
Arrêt du Conseil d'État ordonnant que, nonobstant l'arrêt du parlement de Bordeaux du 10 juin 1752, l'ordon- 
nance du Bureau des finances de Limoges, rendue en direction de voyrie, le 10 avril précédent, sera exécuté 
selon sa forme et teneur ; et jugeant, conséquemment, que les trésoriers de France sont les seuls juges 
compétents de la voyrie, même pour les chemins des bourgs aux villes, et que l'appel de leurs ordonnances 
rendues en direction ne peut être porté ailleurs qu'au Conseil, mai 1759 ; — Arrêt du Conseil d'État évoquant 
l'appel interjeté au parlement de Paris par le sieur Jean Neymond, avocat, commis au contrôle des actes au 
bureau du Dorât, des ordonnances du Bureau des finances de Limoges qui le déboutaient de son opposition à 
la saisie féodale faite à la requête du procureur du roi, juin 1753 ; — Arrêt du Conseil d*État ordonnant que 
les jugements du Bureau des finances de Limoges des 29 janvier 1753 et 10 mai 1754, seront exécutés selon 
leur forme et teneur, juillet 1755 ; — Arrêt du Conseil d'État cassant et annullant le bail des octrois de la ville 
de Brive et ordonnant qu'il en soit fait une nouvelle adjudication par devant les trésoriers de France de la 
Généralité de Limoges, juin 1759; — Arrêt du Conseil d'État déboutant le chapitre du Dorât d'un appel par 
lui interjeté d'une sentence rendue par le Bureau des finances de Limoges et condamnant le dit chapitre à 
payer les frais de certains procès, mai 1764. 



L'édit royal de 1586 attribuait à chacun des trésoriers généraux du Bureau de* Limoges 833 écus de gages 
par an (1). Ce chiffre a certainement beaucoup varié au cours des deux derniers siècles, sans que Ton puisse 
préciser dans quelles limites. On sait seulement qu'en |1698 les offices de trésoriers de France à Limoges 
rapportaient environ 3,000 11. de revenu (2), qui en représenteraient bien aujourd'hui 9,000. 

(1) Foumival, Recueil, p. 599. 

<2) Mémoire sur la Généralité, p. 211 de notre édition. 



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LES INSTITUTIONS XLV 

Mais les trésoriers de France percevaient en outre un g^rand nombre de droits d'expédition énumérés dans 
une taxe de 1578 (1), et jouissaient de pluë^ieurs privilè^s et exceptions, qui sont stipulés dans une série 
d'édits reproduits par Fournival au chapitre II de son Recueil (2). Le plus envié de ces privilèges était celui 
qui leur conférait, avec le titre de chevalier, la demi-noblesse. Mais il faut, dit un juriste contemporain, que 
« la possession en ayt esté continuée de père en fils dans une mesme famille et jusques au déceds pour faire 
que le troisième se puisse dire parfaitement noble : ce que nous appelons en France vulgairement gentils 
hommes » (3). C'est par une conséquence de cette noblesse que les trésoriers de France agissant conjointement 
étaient appelés nos seigneurs dans tous les actes publics. Et Fournival justifie ces privilèges par une maxime 
d'État : cr Le Parlement de Paris, dit 41, scachant bien que T Estât ne se maintient pas seulement par de 
puissantes armées, mais aussi parles loix et les finances, qui sont les nerfs du corps politique, a jugé qu'il 
pouvoit y avoir trois sortes de chevaliers : à scavoir d'armes, de loix et de finances > (4). 

Parmi les actes du pouvoir central qui règlent les privilèges des trésoriers de France, l'un concerne spé- 
cialement le Bureau de Limoges. C'est un arrêt du Conseil d'État de septembre 1642, par lequel les présidents- 
trésoriers-généraux de France, avocat et procureur du roi, ainsi que leurs veuves et enfants sont maintenus 
en l'exemption des droits de francs-fiefs et nouveaux acquêts (5). Preuve qu'on avait essayé de les soumettre 
au paiement de ces droits. On essaya sans doute aussi de leur faire porter leur part des charges des loge- 
ments militaires, car ils eurent soin en 1689 de faire signifier aux consuls de Limoges une ordonnance royale 
(6) qui confirmait en ce point le règlement de 1651, au profit de tous les bureaux de finances du royaume. 
Néanmoins en 1752 (7) les consuls de Limoges prétendirent faire contribuer les trésoriers-généraux aux 
finals de logement du marquis des Cars, lieutenant général de la province. Ceux-ci regimbèrent et s'adressè- 
rent au ministre pour faire respecter leur privilège qui, devant la législation du temps, était un droit. 

Mais quand en 1744 les trésoriers de France avaient excipé de leurs privilèges pour se soustraire à l'imposi- 
tion établie en faveur des enfants trouvés, ils eurent plus de peine à se faire écouter. Pourtant, en réponse 
au mémoire qu'ils rédigèrent à cette occasion, ils obtinrent du Conseil d'État décharge de la quote-part qu'on 
leur avait imposée. Malheureusement pour eux, un esprit nouveau soufflait déjà sur la France, et un autre 
arrêt du Conseil, rendu en 1752, les déclara solidaires de cette imposition. Ce fut l'objet d'une correspondance 
active entre le Secrétaire d'État et les intéressés qui, malgré leurs efforts, n'obtinrent point gain de cause (8). 

A ces indications générales sur Torganisation du Bureau des finances de Limoges, nous ajouterons celles 
qui concernent plus spécialement son histoire externe pendant deux siècles. 

En 1594, usant du droit que leur conférait l'édit de janvier 1586 (9), les trésoriers de France à Limoges 
firent présenter au roi leurs remontrances sur l'état des affaires de la Généralité. Une analyse ne ferait 
qu'affaiblir la valeur de ce document. Le voici en entier. 

Remonstrances très humbles que Jehan de la Forestis^ trésorier de France au bureau de Limoges et député d'iceltuy, 

(1) Fournival, p. 327. 

(2) Ibid, p. 600-812. ~ Il font y ajouter un arrêt du Conseil d'État du 24 avril 1675, par lequel les présidents trésoriers de France 
des Généralités du royaume sont déchargés tant du service personnel du ban et arrière-ban que de toutes taxes y relatives; — une 
déclaration du 10 avril 1684, portant que les trésoriers de France sont conârmés dans les fonctions et privilèges de leurs offices 
c sans qu'à l'avenir, il y puisse estre donné aucune atteinte pour quelque cause et occasion que ce soit » ; — un édit royal, d'avril 
1694, portant confirmation royale de tous les privilèges des trésoriers de France {Mémoire pour les privilèges des trésoriers de France 
dans le « Recueil Devoyon » ). 

(3) Le Bret, De la souveraineté du Roy^ cité par Fournival, p. 27. 

(4) Fournival, p. 28. 

(5) Fournival, p. 716. 

(6) De janvier 1687, reproduite avec l'injonction de l'intendant, d'août 1689, dans le Registre consulaire^ IV, 63. 

(7) InvpUaire^ C. 373. 

(8) Pour tous ces foits voy. VInventaire, G. 373 et 550. Gf. ihid, C. 553, un mémoire du Bureau rédigé vers 1745. 

(9) Cf. ci-dessus, p. XLU note 2. — Rapprocher ces doléances de celles des syndics du Tiers-État du Haut-Limousin rapportées ci- 
dessus p. XXXUI. 



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XLYI LA GÉNÉRALITÉ DE UMOGBS 

fait au poy et à meêseigiveurs de son conseil sur l'occurance des affaires de la Généralité de Limoges^ auxquelz^ pour 
le bien du service de sa Majesté, ledit de la Forestie requiert très humblement mesdits seigneurs du Conseil de voulloir 
ordonner la bonne et juste provision qui y est nécessaire. 

Premièrement que, à Toccasion de la rébellion da peuple qui est universellement eslevé en armes es provinces de Testendue de 
ladite Généralité et qui refusoit à paier les deniers de Sa Majesté, la levée d'iceulx est grandement traversée singulièrement en la 
plus grande part de TËlection du Hault-Limosin et du tout ez Élections de Tulle et Brive au Bas-Limosin, esquelles de surcroist 
se retrouve ung autre mal et incommodité, c'est que audit Bas-Limosin le baron de Gimel, chef de la ligue audit pays et que est 
parent des seigneurs de Lignerac et de Peschers qui commandent à présent pour ladite ligue es villes et places de Cbasteau-Tbierry 
La Ferté,Pierre/ond, court, ravage et brigande tout ce dit pays de Limosin et y prend par force tout ce que peult desdits deniers de 
Sa Majesté. 

Le Roy en son conseil a ordonné que depesche sera laite au seigneur de Ghambaret, son lieutenant au dit pays, à ce qu'il pourvoye 
sur le contenu de ces deux articles avec Fadvls et conseil de Boisize que sa Msgesté a envoyé en Limosin pour son service et le bien 
et souUagement de ses subjets audit pals. 

D'ailleurs la plus grande part des paroisses desdites deux Élections de Tulle et Brive sont en habitude de ne paier aucune chose des 
dites tailles à l'occasion des guerres civilles qui ont travaillé les habitans d'icelles, il y a trente ans, tant par la licence que les ca- 
pitaines et gens de guerre commandant pour l'un et l'autre party y ont prise d'enlever lesdites tailles que pour la pauvreté et indi- 
gence advenue auxdits habitans par l'opression desditz gens de guerre et que à leur exemple et par impuissance ils reffusent les 
deniers de sa Majesté. 

£t d'aultant que en ladite Élection de Tulle y a un certain nombre de paroisses nommées la Xanterie qui sont proches d'aucunes 
terres de Monseigneur de Bouillon, vicomte de Thurenne, et que pour telle occasion son ayde et assistance peult beaucoup profiter 
pour les rangier et convertir au payement des deniers de sa Majesté, il est nécessaire qu'il plaise à icelle de lui ordonner de s'y em- 
ployer ou d'escripre au seigneur de la Boissière, son lieutenant au vicomte dudit Thurenne, soy employer aussi pour le mesme bon 
effet. 

Sa Majesté sera suppliée d'ordonner audit seigneur duc de Bouillon de donner ordre au contenu de cet article; et cependant seront 
lettres clauses expédiées à mesme fin audit seigneur de la Boissière, lieutenant dudit seigneur et duc de Bouillon en son vicomte de 
Thurenne, pour y pourvoir et s'employer à ce que la levée des deniers de sa Majesté soit lîaite. 

A mesme fin est nécessaire que sadite Majesté commande à Monseigneur d'Authefort, qui est à préseut à l'armée, que comme tuteur 
des personnes et des biens des enfans du feu baron de Saint-Ghemens son frère, il s'employe à ce que les paroisses qui dépandent 
dudit Saint-Ghemens et autres terres qui leur appartiennent audit Bas-Limosin, payent les deniers de sa Majesté, que les habitans d'i- 
celles refusent de faire il y a longtemps, et que ledit sieur d'Authefort establisse quelque gentilhomme ou autre personne bon et fidèle 
serviteur de sadite Majesté dans le château du dit Saint-Ghemens qui est fort, pour tenir la main à la levée des deniers de sadite 
Majesté et pour empescher que quelque austre mal affectionné au service d'icelle ne s'en empare, comme il a esté fait par le liasse, affin 
que l'on y lève par force, et prenne les tailles, et les habitans dudit pays et ceulx des villes et bourgs des environs allans ou reve- 
nans de leurs négociations ou affaires ne leur facent payer rançon. 

Sera pareillement la dite Majesté suppliée commander audit sieur de Hautefort estant de présent en l'armée de s'employer soigneu- 
sement à l'observation du contenu au présent article pour le service de sadite Majesté, et néantmoins lui seront envoyées lettres 
clauses pour cet effect, si besoin est. 

Est expédient aussy que sadite Majesté daigne écripre à la dame de Pompadour et au seigneur de Noailles (?) de s'employer à ce 
que les habitans de leurs terres contribuables aux tailles et des circonvoisins payent les deniers de sadite Majesté. 

Seront semblablement expédiées lettres clauses à la dame de Pompadour et au seigneur de Noailles sur le contenu du présent 
article. 

Et pareillement lettres sur le même subject est nécessaire qu'il plaise à sa Majesté faire au seigneur de Tranchillon pour les 
paroisses de l'archiprieuré de Brisvazac audit Limosin, qui de longtemps dénient à paier les tailles, et aussi aux seigneurs de Ghas- 
teauneuf et de Ghalluz pour les paroisses de leurs terres qui sont audit pays de Limosin. Autres lettres seront aussi expédiées 
ausdits seigneurs de Tranchillon, de Ghateauneuf et de Ghalluz sur le contenu du présent article. 

Et d'aultant qu'il fut baillé à monseigneur le duc de Vantadour, cy devant lieutenant du roy audit pays de Limosin, et suivant 
restât qui luy en avait été faict dès le commencement de ceste présente année la somme de dix-neuf mil escuz à prendre sur les 
deniers extraordinaires qui sont imposez sur ledit pais de Limosin pour son estât et entretenement des garnisons durant quatre 
mois; ledit seigneur de Vantadour a fait prendre es paroisses de son duché la somme de trois mil escuz des deniers ordinaires de 
ladite Élection de Tulle à la charge que maistre Guillaume Barre, receveur particulier en ladite Élection, les remplaceroit des deniers 
extraordinaires qui estoient deubz et qu'il recueilleroit des paroisses d'icelle Élection ainsi que ledit Barre a escript et déclaré de 
vive voix auxdits seigneurs président et trésoriers généraulx de France et qu'il déclarera à mesdits seigneurs du conseil quand il 
leur plaira de l'ouir et entendre sur ce faict, estant de présent en ce^e ville. 



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LES INSTITUTIONS XLVII 

Le receveur des taillés en ladite Élection de Talle s'emploiera selon sou debvoir et de toat son pouvoir à recenllir lesdits deniers 
extraordinaires pour le remplacement des trois mil escuz pris par le sieur de Vautadour des deniers ordinaires; à quoi lesdits tréso- 
riers généraulx de France, tiendront la main. 

Et estant les deniers de sadite Majesté pris par force par lesdits de la ligue et desviez par ledit peuple rebelle, ainsy que dessus est 
représenté, à grand peine les receveurs particuliers desdites deux Élections de Brive et Tulle, qui n'estoient que une il y a six ans(!), 
peuvent lever ce qui est nécessaire pour paier les charges ordinaires estant sur leurs receptes particulières, de sorte que par 
leurs estatz ilz font reprinse «ntière et y emploiyent presque en restes toutes les sommes de deniers qui doibvent revenir de net à sa 
dite Majesté desdites Élections, ainsi quMl est justifié par lesditz estatz et par ceulz des receveurs généraulx des finances de Limoges 
qui montent pour Tannée dernière à la somme de vingt six mil six cens quatorze escuz, qui par ce moyen tombent en non valleurs 
continuellement, comme de TÉlection du Hault-Limosin de laquelle devait revenir de net en Tespargne la somme de trente trois mil 
escuz, il ne s*en peult recueillir la moite à Toccasion des dits troubles, pauvreté du peuple, rébellion d'icelluy et de la surcharge 
que leur apporte la levée des deniers. 

Les receveurs des Ellections mentionnées au présent article et le subséquent useront de plus grand soin et dilligence qu'ils n*ont 
fait par le passé à la levée des deniers de sadite Majesté esdites Élections à ce qu'il ne s'y face aulcuus restes, s'il est possible, et se 
comporteront si bien à ladite levée que les sergeus auxquels ils délivreront leurs contraintes sur les contribuables aux tailles ne les 
exigent et travaillent en fraiz, ce qui leur est enjoinct, à peine de suspension de leurs offices, et auxdits trésoriers généraulx de France 
d*y tenir la main. 

El pour le regard du Blanc en Berry qui doibt fournir de net la somme de quinze mil escuz, il ne s'en est peu recevoir l'année der- 
nière à l'occasion des susdits empeschemens, que onze mil escuz, comme en semblable d'une autre petite Élection appellée Bour- 
ganeuf, de laquelle revient de net seulement la somme de trois mil six cens deux escuz. Il n'en a esté rien foumy à la recepte géné- 
ralle dudit Limoges de ceste année jusque à présent ny pour la passée que la somme de six cens escuz à cause de la guerre et de 
l'élévation du peuple. 

Quant aux Eslections de Saintonge et de l'Angoumois qui sont trois en nombre (2) et qui portent plus de cent mil escuz des tailles 
ordinaires qui se recueillent presque entièrement, tout ce qui en provient de net, qui monte à quatre-vingt-neuf mil soixante-dix-sept 
escuz, est destiné par sa Majesté et par les estaz qui en sont expédiez aux trésoriers de l'extraodinaire des guerres pour l'entretene- 
ment des gouverneurs et garnisons des dits pais, par ainsi que ladite somme de quatre-vingt-neuf mil soixante-dix-sept escuz ne peult 
servir à l'acquit des assignacions contenues en Testât de la despence envoyée auxdits présidens et trésoriers généraulx pour ceste 
présente année de la recepte, duquel estât ladite somme doit être défalquée et semblablement lesdites non valleurs ordinaires des 
dites Élections du Hault et Bas-Limosin, Blanc en Berry et Bourganeuf, qui reviennent à l'occasion des traverses et empeschemens 
susdits à la sonmie de cinquante-quatre mil escuz et seront ceste présente année lesdites non valleurs plus grandes, à cause de la 
rébellion dudit peuple et pour l'indigence en laquelle l'oppression de la guerre continue de les constituer. 

Attendu que sa dite Majesté a destiné les deniers ordinaires desdites Élections de Saintonge et d'Angoulème à Tentretenemeut des 
gouverneurs et garnisons dudit pais, comme il est porté par ce présent article, elle ne veuil révoquer son intention pour ce regard, mais 
sadite Majesté a ordonné que la somme de quatre-vingt-neuf mil soixante-dix-sept escuz, à quoy revient les deniers ordinaires desdites 
Élections, sera défalquée de la recepte de Testât de la despance envoyée auxdit trésoriers généraulx et sera pourveu par cy après aux 
emploiz audit estât. 

Plus en doit estre déduicte la somme de soixante-dix-sept livres employée imaginairement eu la recepte dusdit estât de la 
dépense pour un subside imposé sur le vin, dont lesdits seigneurs président et trésoriers généraulx n'ont receu ne veu aucunes let- 
tres patantes de sadite Majesté pour imposer, et partant n'y ont fait aucun département. 

D'aultant qu'il n'a esté envoyé aucune commission pour ladite imposition, est aussi ordonné que ladite somme contenue au pré- 
sent article sera défalquée dudit estât de recepte. 

Davantage i. l'occasion de la rébellion dudit peuple estant du tout impossible de recueillir aucune chose des deniers extraordi- 
naires dudit pais de Limoges et par conséquent ne pouvant le seigneur de Ghambaret, lieutenant pour sa Majesté audit pais, estre satis- 
fait des sommes de deniers qui luy sont ordonnez sur lesdits extraordinaires tant pour son estât que pour Tentretenemeut des dites 
gens de ^erre ou garnisons du dit pais et y retrouvant les affaires en telle confusion et la rébellion du peuple pressant ledit sei- 
gneur de Ghambaret d'y donner ordre pour Tappaiser et la convertir en obéissance, il y auroit usé de tous les remèdes les plus doux 
et gratieux qu'il auroit peu jusques à excéder son pouvoir, car voyant la fureur dudit peuple estre parvenue en son comble et que 
une partie s'estoit assemblé en armes à quatre lieues près de la ville de Limoges au nombre de douze à quinze mil hommes en Tin- 
tention de la venir sommer de se rendre et joindre à leur party et si ladite ville en faisoit reffuz, qu'ils feroient le dégât des fruitz des 
environs, arracheroient et couperoient les arbres et toutes sortes de plantes et mettroient le feu aux faulbourgs d'icelle qui sont de 
plus grande esteudue que ladite ville, ledit sieur de Ghambaret pria plusieurs fois lesdits sieurs président et trésoriers généraulx de 
luy faire délivrer la somme de six mil escuz pour assembler et solder lesdites gens de guerre affin d'arrester ou divertir 
Tesmeute dudit peuple et la dissiper pour empescher les mauvais desseings, de quoy lesdits président et trésoriers généraulx s'excu- 

(1) Voy. ci-dessus, p. XX, ligne 8, où il faudrait, d'après ce passage, corriger 1586 en 1389 ou 1590. 

(2) Angouléme, Saintes et Saint-Jean-d'Angély. 



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I 

XLVIII LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

sèrent aussi plusieurs fois sur ce que ce n'estoit de leur pouvoir de luy £aire délivrer la dite somme de six mil escuz saus le très 
exprès commandement de sadite Majesté; mais ayent esté suivie la demande dudit sieur de Ghambaret pour ce regard et accompagnée 
des remonstrances des officiers de la justice et consulz de ladite ville de Limoges, représentans à plusieurs et diverses fois auxdits 
sieurs président et trésoriers généraulx que à laulte de faire délivrer ladite somme de six mil livres audit sieur de Ghambaret pour 
ledict effect, iiz seront cause de la ruine et destruction dudit pais au préjudice de Tautorité et du bien des affaires de sa Majesté, 
mesmes que par faute d'y pourvoir les effectz des viollentes passions qui seroient engendrées des ruines et dommages susditz pour- 
roient tomber sur eulx, estant délivrez pour expiation de toutes faultes audit peuple rebelle, pour telles considérations lesditz 
trésoriers généraulx furent contraintz de rechercher tout ce qui pouroit estre es coffres des receptes généralles et particulières des 
tailles et taillons, et s'y estant trouvée plusieurs foiz la somme de quatre mil escuz, Hz Tauroient fait deilivrer audit sieur de 
Ghambaret; avec lequel moien ayant assemblé une bonne trouppe de gens de guerre et avec Tassistance qu'il rechercha de Mon- 
seigneur d'Avin, gouverneur de la Marche, gentilhomme, tous ensemblement s'estant misàlacompaignie auroient dissipé ledit gros 
de douze à quinze mil hommes dudit peuple, dont quelque nombre demeura sur la place et le restant fut désarmé; depuis ce qui 
restoit dudit peuple eslevé en armes ne s'est rassemblé et aucuns partiellement ont rapporté leurs armes et enseignes dans ladite 
ville de Limoges; et d'aultant que cest exploicUse fit au Hault-Limosin et que le peuple dudit Bas-Limosin restoit armé, ledit sieur 
de Ghambaret s'y est acheminé et avec lui le sieur de Boissize, conseiller au conseil d'Estat, que sa Majesté a despesché audit pais 
pour entendre les plaintes dudit peuple et leur y faire justice affin d'y pourveoir et à leur faire du tout baisser et quitter les armes. 

Sadite Majesté trouve très mauvais l'entreprinse que lesdits président et trésoriers généraulx de France audit Limoges ont 
faicte de se licentier à toucher ses deniers contre leur debvoir et sans son exprès commandement et leur ordonne de ne plus com- 
mettre à l'advenir une telle faute sur peine de s'en prendre à eulx et paier en leurs propres et privez noms lesdits deniers et d'y 
estre coutrainctz par toutes voies et rigueurs de ses ordonnances, defTeudant aussi très expressément sadite Majesté audit sieur de 
Ghambaret, aux officiers de justice du dit Limoges, consulz de ladite ville et tous autres ses officiers et subjetz en l'estendue de ladite 
Généralité, de quelque qualité ou condition qu'ils soient, de poursuivre ny requérir dorénavant lesdits président et trésoriers géné- 
raulx de France de leur deilivrer aucuns deniers de sa Majesté ny les prendre pour quelque cause que soit; et au cas de contraven- 
tion lesdits trésoriers généraulx en advertiront dilligemment sadite Majesté pour faire réprimer telles entreprises; et néantmolns 
ayant esgard â la nécessité pour laquelle ladite somme de quatre mil escuz a estez baillée et- employée et à l'exploit de guerre que 
ledit sieur de Ghambaret a fait pour empescher que le tumulte du peuple ne passast oultre au préjudice de son auctorité et à la 
foule et oppression de ses bons sujets, sadite Majesté a approuvé et validé, approuve et valide pour ceste fois et sans tirer à son 
préjudice la délivrance qui a esté faite audit sieur de Ghambaret d'icelle somme, et à la charge que le trésorier des guerres comptera 
desdits deniers comme des autres de sa charge, et ordonne que toutes lettres de validation en seront expédiées pour la descharge 
desdits président et trésoriers généraulx; et néantmoins veult et entend que les premiers deniers extraordinaires qui se pourront 
recevoir esdites Élections du Hault et Bas-Lipiosin et qui sont affectez à l'entretenement des garnisons dudit pays par i'estat qui en a 
esté cy devant dressé audit conseil et délivré audit trésorier général de l'extraordinaire des guerres, lesdits quatre mil escuz seront 
remplacez, enjoignant sadite Majesté auxdits président et trésoriers généraulx de France le faire effectuer et y tenir la main. 

Ainsi ayans esté contrains lesdits président et trésoriers généraulx de France bailler et délivrer audit sieur de Ghambaret ladite 
somme de quatre mil escuz tant de la taille que taillon, il plaira à sadite Majesté l'avoir agréable et leur en vouloir envoyer les 
validations nécessaires et valables pour leur descharge. 

A ceste occasion les susdites sommes de deniers ordinaires qui sont affectez à l'entretenement des gouverneurs de garnisons des 
dits Xaintonge et Angoulmois ou des non valleurs susdites avec lesditz trois mil escuz desdits deniers ordinaires que ledit sieur de 
Vantadour a prises et les quatre mil escuz qui ont été délivrez audit sieur de Ghambaret, avec aussi le susdit fonds imaginaire de la 
somme de vingt-cinq mil escuz. revenant à la somme de cent soixante-quinze mil soixante-dix-sept escuz, laquelle estant desduitte 
et rabattue de la somme de deux cens deux mil sept cens quarante-trois escuz à quoy monte la recepte dudit estât de la despense, 
il resteroit seulement vingt sept mil six cens soixante six escuz qui ne peult suffire à paier les charges ordinaires estans sur ladite 
recepte généralle, montant à quatorze mil neuf cens vingt-quatre escuz et la partie de quarante mil escuz destinez à l'espargne par 
ledit estât de la despence. 

Pour lesquelles raisons et considérations susdites, lesdits sieurs président et trésoriers généraulx supplient humblement sadite 
Majesté et mesdits seigneurs du Gonseil de les voulloir descharger en la recepte généralle des finances de leur charge des grandes 
assignacions qui ont esté ordonnées sur le fonds d'icelle, attendu qu'il est espuisé, absorbé et employé ainsi que cy dessus est repré- 
senté, afin que par ce moien le mescontentement des princes et notables personnes qui sont assignées de plusieurs sommes de deniers 
sur ledit fonds ne soit transféré sur lesdits président et trésoriers généraulx et qu'ilz se puissent acquiter de leur administraclon 
selon la dignité de leurs charges au service de sadite Majesté, comme ils ont toujours faict avec toute fidélité et très grande afiTeo- 
tion et désirent continuer. 

Les dits président et trésoriers généraulx de France feront acquiter les deniers qui se recepveront es receptes particulières de 
ladite charge et qui seront portez en la recepte générale le plus diligemment que faire se pourra, la partie de l'espargne en préfé- 
rauce de toutes autres, suivant ledit estât de despence, et après subséquemment les autres assignacions contenues audit estât, selon 
leur rang et ordre, et que la recepte des deniers le pourra porter, recommandant auxdits président et trésoriers généraulx de ponr- 



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LES INSTITUTIONS XUX 

veoir et servir sadite Majesté, tant en cest endroit qae autres affaires concernant son service deppendant du pouvoir de leurs 
cbarges, selon et ainsi qu'ilz y sont tenuz et obligez. 

Fait et arresté an Conseil d'Estat tenu à Paris le treizième jour d'aoust 1594 (1). 

Vers 1745 les trésoriers du Bureau de Limoges adressèrent de nouveau leurs doléances à la royauté, ou 
plus exactement au Conseil d'État. Mais il ne s'agit plus cette fois de l'intérêt public, celui de la corporation 
est seul en jeu. Elle se plaint des atteintes portées à ses attributions, à ses privilèges, à ses droits utiles, et en 
demande le redressement. On trouvera sous l'art. C. 553 de VInventaire le détail de ses griefs. 

On ne voit point que le Bureau de Limoges ait rédigé ses doléances en 1789. Ce silence peut paraître 
singulier si Ton considère que les officiers de l'Élection et ceux de la Monnaie présentèrent les leurs. Il 
s'explique, à notre avis, par ce fait que les trésoriers de France, possédant la noblesse à titre personnel, 
présentèrent leurs doléances conjointement avec le second des trois ordres. La signature de M. Roulhac de 
Roulhac, qui se retrouve sur le cahier de la noblesse, en fait foi. 

« 

L'importance du Bureau des finances était grande au XVP siècle. C'est lui qu'en 1579 le roi prend pour 
intermédiaire auprès de la ville de Limoges à l'occasion d'une réduction qu'il vient de consentir aux habitants 
sur un emprunt forcé (2). Il y eut vraisemblablement d'autres cas analogues. Mais, après 1637, les intendants 
prennent le pas sur le Bureau et le rejettent dans la pénombre en l'obligeant à se renfermer dans ses attribu- 
tions professionnelles. Un siècle plus tard, ce sera l'ingénieur des ponts et chaussées de la Généralité 
qui, en déclinant la juridiction du Bureau, contribuera également à amoindrir son importance. 

Mais à l'origine il avait eu le paè sur les autres corps et savait s'en souvenir. En 1649 une querelle s'éleva 
entre les trésoriers du Bureau et les membres du Présidial à l'occasion d'une ordonnance importune que les 
premiers avaient fait signifier aux seconds (3). Le chroniqueur qui nous a conservé la mémoire de ce fait, ne 
dit point au juste de quoi il s'agissait. Un autre chroniqueur (4) qui raconte que M. de Champigny, intendant 
de la Généralité, « fit interdire les trésoriers-généraux de Limoges au Conseil pour avoir voulu changer une 
sienne ordonnance » en 1654, n'explique point non plus ce qu'était cette ordonnance. Dans l'un et l'autre cas, 
on ne peut donc présenter que des conjectures sans preuves. 

Nous sommes d'ailleurs à ce moment en pleine Fronde, et les troubles publics se succèdent à Limoges par 
la faute de traitants et d'intendants dont les exactions surpassent celles de leurs prédécesseurs (5). Le 
Bureau subit le contre-coup de ces événements, d'autant plus qu'il semble avoir tenu tête aux exacteurs. 
Ceux-ci dans leur impudence essayèrent de perdre le Bureau près du Conseil d'État. Ils obtinrent qu'il fut 
transféré provisoirement à Saint-Léonard, juin 1650. A cette nouvelle, les trésoriers déléguèrent à Paris deux 
des leurs qui firent la preuve de leur innocence. Un second arrêt du Conseil du 30 septembre cassa le précédent, 
ramena le Bureau à Limoges et le plaça sous la sauvegarde du roi, du présidial et des consuls de la ville (6). 

En l'année 1610 un premier conflit de préséance s'était élevé entre le Bureau des trésoriers et les 
membres du Présidial de Limoges à l'occasion du rang à garder au service funèbre qui devait être célébré à la 
mémoire d'Henri IV. Il fut cependant évité par le soin que prit le gouvernement d'interdire l'entrée de l'église 



(1) Bibliothèque nationale, fonds franc. 18,159, fo 284, v». Cf. Noél Valois, Inventaire, n»» 1285 et 1294. 

(2) Begistre consulaire^ H, 440. 

(3) Annales de Limoges par les sieurs Goudin (dans le Bull, de la Soc. archéologique du Limottsin^ XXXVm, p. 183.) 

(4) Pierre Robert dans sa Dernière chronique (p. 307, de nos Charles, chroniques et mémoriaux,) 

(5) Nous reviendrons sur ce point dans le sous-chapitre suivant. 

(6) Pour tous ces faits, voy. les Annales de Limoges des sieurs Goudin, p. 188, déjà citées. — Cf. les papiers en la possession de 
M. rabbé Granet. 

Haute- Vienne. — Série C. Introd. VII 



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L LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

aux magistrats du Présidial (1). Au cours de l'année 1680. cette misérable rivalité donna lieu à une nouvelle 
querelle. Forts des édits qui leur attribuaient les mêmes privilèges qu'aux cours souveraineo, les trésoriers 
s'adressèrent au roi et obtinrent de son Conseil d'État un arrêt, en date du 24 septembre 1680 (2), portant que 
« en toutes assemblées et cérémonies particulières et de particulier à particulier, les présidens et trésoriers 
de France et autres officiers du dit Bureau ne seront précédez que des présidens et lieutenans généraux des 
dits présidiaux, et qu'ils précéderont les lieutenants criminels et tous les autres officiers des dits 
présidiaux ». Cet arrêt, qui prétendait concilier les parties par une transaction, ne satisfit point les 
magistrats du Présidial. Quelques mois plus tard, le 26 janvier 1681, ils firent esclandre dans l'église Saint- 
Michel-des-Lions, prétendant à haute voix et avec de mauvais propos que le premier banc leur appartenait 
de droit. On n'ose croire que ces hommes de robe aient passé des paroles aux horions et donné au public le 
spectacle d'une légère bousculade. Pourtant les rudes mœurs du XVIP siècle ne répugnaient pas à cette 
façon d'affirmer le droit, haut la main. Un arrêt du Conseil privé, intervenu un an plus tard, après enquête 
contradictoire, parle nuement de « troubles et excès » survenus dans l'église entre les parties. Pour en 
prévenir le retour, il prononça derechef en faveur des trésoriers, mais avec des tempéraments curieux à 
connaître : 

<c Tout considéré, le Roy en son conseil faisant droit sur les dites requestes respectives (de l'une et l'autre 
partie), a débouté et déboute les officiers du Présidial de Topposition par eux formée à l'arrest du Conseil du 
24 septembre 1680 ; comme pareillement a débouté et déboute les trésoriers de France de la demande par 
eux formée à ce que les officiers du Présidial intitulent les requestes qui seront par eux présentées de 
Nosseigneurs ^ enjoint Sa Majesté aux officiers du dit Présidial d'en user à l'avenir avec plus de modération et 
de respect. Et ne pourront les dits officiers du Présidial marcher ny se trouver en corps qu*aux cérémonies 
publiques qui se feront dans la cathédralle et à la procession de la Feste-Dieu en la dite paroisse Saint- 
Michel et le mardy de Pâques à Saint-Martial. Et a condamné les dicts officiers du Présidial pour réparation 
et tous dépens, dommages et intérests aux dépens de la présente instance ». 

Cet arrêt porte la date du 13 janvier 1682 (3). Il énumère la série des pièces interlocutoires produites 
devant l'intendant de la Généralité, chargé d'instruire cette affaire. On y pourrait trouver la matière d'un 
curieux chapitre des « mœurs et caractères de ce siècle ». 

Un autre intendant de la Généralité, M. de Bernage, obligé de parler des membres du Bureau des finances de 
Limoges dans son Mémoire de 1698, a tôt fait d'exposer ce qui les concerne. € Le seul officier, dit-il, qui ait 
paru se distinguer dans cette compagnie par son esprit, est le sieur Martin de la Bastide, qui est aussy 
conseiller au présidial. Il est délié, clair, agissant et capable d'affaires, mais a passé pour estre remuant 
et même été mis en prison au château d'Angoulême à ce sujet sur Tavis de M. de Bouville », ancien inten- 
dant. L'histoire serait moins laconique et saurait relever plus d'un nom, même à cette époque, dans le 
Bureau de Limoges. Au XVII* et au XVIIP siècles on rencontre en effet les trésoriers de France un peu partout : 
dans la compagnie du saint-sacrement, dans le présidial, dans le corps de ville, dans le bureau de l'hôpital, 

(1) BulL de la Soc, archéologique du Limousin, XXXVIII, p. 419. — Le même conflit se produisit à Tulle, à la même occasion, entre 
les oflûciers de TÉlectiou et ceux du Sénéchal. Voy. le JiulL de [la Soc. des lettres de Tulle, 1891, p. 138. — Sur un autre conflit 
survenu en 1756, avec les consuls de la ville, voy. Ant. Thomas, Invent, des arch. comm. de Limoges, FF. 1, 

(2) Recueil Devoyon, c Sur la requesle présentée au Roy en sou Conseil par les présidens trésoriers de France et officiers du 
Bureau des finances de Limoges contenant que.. . . les mesmes droits, privilèges et exemptions dont jouissent les officiers des cham- 
bres des comptes et cours des aydes out esté accordés ausdits sieurs trésoriers sur cette raison qu'ils ont Thonneur d*estre membres 
du corps des dites chambre et cour et sur d'autres considérations importantes ». 

(3) Recueil Devoyon. t Veu au conseil du roy Tarrest rendu an iceluy le 11° février 1681 sur les procès- verbaux respectivement 
faits le 26 janvier précédent par Martial Aubusson, Pierre Chastaignac, Joseph Blondeau, Guillaume Verthamon, Martial Maleden et 
Pierre de Petiot, conseillers du Roy, présidens trésoriers de France au Bureau des finances en la Généralité de Limoges, et par les 
officiers en la sénéchaussée de Limosin et siège présididial de Limoges, au snjet de la presséance respectivement prétendue par les 
parties et du trouble et exceds arrivés entr'eux le dit jour 26 janvier en TégUse Saint-Michel du dit Limoges... et sur le placet pré- 
senté k mou dit sieur le chancellier par les dits officiers du siège présidial de Limoges à ce qu'il leur fut pourveu sur le contenu d'iceluy 
en faisant deffenses ausdits trésoriers de France de plus s'emparer des places dans la dite église de Saint-Michel au préjudice des dits 
officiers du Prasidial >— Il est singulier qu*aucune chronique contemporaine ne parle de cette longue querelle. 



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LES INSTITUTIONS LI 

plus rarement dans le bureau du collège royal (1). C'est pourtant devant le corps des trésoriers de France qu'en 
1766 sont soutenues les thèses de physique des élèves de ce collège, et c'est à M. Devoyon de la Planche, 
avocat au Bureau des trésoriers, qu'un élève dédie en 1778 sa thèse de mathématiques (2). 

Ces simples constatations serviront d'introduction au relevé que l'on va donner d'environ 130 noms de 
trésoriers de France au Bureau de Limoges, abstraction faite de ceux qui furent c gens du roi ». C'est certai- 
nement la presque totalité du chiffre qu'ont dû atteindre les huit générations qui se sont succédé chez nous pen- 
dant 230 ans. Il n'y a de lacune grave que pour le X\'P siècle. Ce relevé ne fait donc que préparer celui que 
d'autres chercheurs dresseront un jour avec toute Texactitude nécessaire pour permettre les vérifications 
dont rhistoire a sans cesse besoin. 

Joseph et Jean de JuUien (3), 1558;— Martial Benoit, sieur de Compreignac, 1575, 1580, 1589, 1603, 1605, 
1611, 1612, 1618, t 1625 (4); — Guillaume de Verthamont, 1589; — Jean de la Forestie (5), 1594; — Dupré, 
1594, 1595; — Jean de Mauple ou Mauplot, sieur de Laborie, 1594, 1596, 1602, 1603, f 1615; — Jean Verdier, 
sieur d'Arfeuille, 1603, 1605, 1609, 1610; — Martial de Verthamont, 1609, 1617; — Antoine Godefroy,1611, 
1619, 1620; — Mathieu de Maledent, 1615, 1630 (6), 1635; — Gaspard Benoît, f 1631; — Jacques Dupeyrat, 
1631, 1643, 1649 ; — Pierre d'Alesme, 1632, vers 1640 ; — Charles Clary (7), 1632, 1649 ; — Jean Veyrier, sieur de 
laQuintaine (8), 1632, 1634, 1639; — Martial Benoît, sieur du Moulin, 1635, 1637 (9), f 1643; — Hélie de Jarrige 
sieur de la Morélie, 1635, 1648, 1650; — Antoine de Chavaille, 1635, 1643, 1664; — Charles de Guillaume, 
1635, 1649, 1660, f 1664 ; — Jean Blondeau, 1639, 1656, 1665, 1680 ; — François-Joseph Garât, sieur de St-Yrieix 
et de St-Priest, 1641 ; — Cavarlin {?), sieur du Vergier (10), 1644 ; — Pierre Hardy du Puytison (11 ), 1645, 1646, 
1649, 1658, 1660, 1665; — Guillaume de Chastagnac, sieur de la Linganie, 1650; — François -Martial de Ver- 
thamont, 1652; — P. Bardoulat, 1652, 1680; — François Brunet, 1655, 1683, 1692; — Pierre de Chastagnac, 
sieur du Masliarguet, 1657, 1660, 1662, 1663, 1679, 1680, 1690; — Pierre d'Alesme (12), sieur de Rigoulêne. 1657, 
1658, 1663;— Jean d'Alesme, 1658;— ..?.. Maledent, 1649(13), 1659, 1664,1683, 1692; — Etienne Maledent, 
sieur de Laborie, 1661,'t 1671 ; — Martial Aubusson, sieur du Verger, 1664, 1680, 1690; — Jean de Guillaume, 
. 1671, 1680, 1682, 1684, 1712; -- Martial Maledent, sieur de Laborie, 1672, 1673, 1680; — Grégoire Mailhot, 

(1) Le Registre de la dite compagnie (BulL de la Soc. arch. du Limomin, XXXIII, 58) — les Registres consulaires de Limoges (4 vol. 
paras) — les anciens Calendriers de ia Généralité — les divers Inventaires des archives départementales, hospitalières et communales 
de la Haute-Vienne actuellement publiés sont les sources qui ont été principalement consultées pour dresser la liste qui suit. Il 
resterait sans doute beaucoup à glaner non seulement dans ces Inventaires^ mais encore dans le Nobiliaire du Limousin et dans la 
Feuille hebdomadaire de la Généralité de Limoges. — N-B. Les dates qui suivent chaque nom sont celles des documents où ces noms 
se sont rencontrés. 

(2) Invent, des archives départementales de la Haute-Vienne, D, 47, P 23 et 29. 

(3) Registre consulaire, II, p. 156. 

(4) Nobiliaire limousin, l, 2® édit., p. 171, Cf. La Ligue à Limoges, par M. Louis Guibert, p. 6, 10, 12, etc. 

(5) C^est Tauteur des Remontrances de 1594 reproduites ci-dessus. 

(6) En 1630 le maire de Cognac déclare au Conseil de ville que bientôt la ville aura de nouvelles charges à supporter, attendu 
c qa*il a esté avec aulcuns du corps de céans, voir M. de Maldent, conseiller du roy et trésorier général de la Généralité de Limoges 
qui est en cesle ville [de Cognac], au logis des Trois- Marchands, qui lui a faict entendre que l'on vouloit comprendre ceste ville 
ainsy que celle de Xaintes et autres, pour la fourniture des mullets pour l'armée du roy qui est en Italie. > Marvaud, Etudes sur 
Cognac dans le Bull, de la Soc. arch. de la Charente, 1858, p. 146. Cf. p. 172 où la présence de ce même Maldent, e;i compagnie de son 
collègue Dupeyrat, est encore signalée en 1631. — Nous avons indiqué dans le chapitre précédent (p. XX, note 9) un Etienne Maledent, 
de Limoges, contrôleur des décimes à Saintes, en 1633. 

(7) Est-ce le même que celui qui est mentionné plus loin avec le titre de baron de Saint-Angel ? 

(8) Sur ce personnage, voy. le dossier mentionné sous la cote C. 550 de VInventaire. 

(9) Appelé à tort Dumontin dans le Registre consulaire, II, 310. 

(10) Registre consulaire, IV, 330. 

(11) Voy. VInventaire, C. 550. 

(12) Serait-ce le même que le Pierre d'Alesme, mentionné plus haut ? 

(13) Cette date de 1649 est fournie par le Journal du consul Lafosse, publié par M. L. Guibert. Mais peut-être s'agit-il de Matbiea 
de Maledent, mentionné plus haut. 






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LU LA. GÉNÉRALITÉ DE UMOGES 

1673, 1674, 1680, 1685, 1692; — Charles de Clary, baron de St-Angel, 1675, f 1679 (1) ; — Jean Léonard sgr. de 
Freyssanges et du Puydeau, 1676, 1678, 1680, 1685, 1687, 1688, 1692; — Mathieu Morel, sieur deFromental(2), 
1677, 1678, 1683, 1685, 1692, 1711; —Pierre Petiot, 1678, 1683, 1690, 1692, 1699, 1711; — C. d'Alesme. 1680; — 
Antoine Goudin, 1680, 1683, 1685, 1692; — J. d'Arche, 1680;— J. Beaubreuil, 1680; — J. de Creil, 1680; — 
P. Jarrige, 1680; — A. Jouvin deRochefort (3), 1680; — J. Lasudrie, 1680, P. A. de Fusembert (4), 1680; — 
1683; — Pierre Maledent d'Hardy du Puytison (5), 1680, 1683, 1685, 1692, 1695, 1708, 1711, 1720; - 
M. du Peyrat, 1680; — A. Fénis, 1680; — G. Picon, 1680; — Jean du Peyrat de Thouron, 1680, 1692, 

1711, t 1731; — Joseph Blondeau (6), 1683, 1685, 1690; — Jean Picon, 1688; — Guillaume de Vertha- 
mont (7), 1690, 1692, 1712; — Pierre de la Borie, sieur de Nouic, 1690, 1692, 1697; — Regnaudin, 1692, 
1695; — Jean-François Martin de la Bastide (8), 1692, 1694, 1698, 1699, 1709 (9); — Mailhard, 1692, 1711; 
— Labiche de Marsac, 1692, f 1710 (10) ; — De la Salvanie (11), 1702, f 1709; — Léonard de Saint-Cyr, 17j1, 
1712; — Léonard de Freyssanges, 1711, 1723, 1726, 1739, 1760; — Simon Maledent de Feytiat, 1711, 1718, 
1757, 1760; — J.-F. Garât de St-Yrieix et de St-Priest, 1711, 1725, 1729, 1731, 1739, 1741, 1760, 1765; — 
Benoit de Lostende, 1711, 1725, 1731; — Texendier de Losmosnerie, 1711, 1725, 1731; — Guingaud de 
St-Mathieu, 1711, 1731 ; — Chavaignac de Verthamont (12), 1711, 1725, 1731 ; — Labiche (13), 1712 ; — Morel, 

1712, 1739; — Jean Limousin, 1718, 1725, 1731; — Ant.-Joseph Martin de la Bastide, 1720, 1723, 1726, 
1731, 1744, 1765; — Gabriel Blondeau, sieur de Venteau, 1726; — Jean-François Regnaudin de Puynège, 
1727, 1753, 1761, 1766, f 1782; — Lajoumard de la Boissière, 1729, 1745, 1765, 1790; — Pigné de Montignac, 
1731; — Benoit de Venteau, 1731; — Blondeau de la Bastide, 1739; — De Frédaigne, 1739; — Goudin 
de la Borderie, 1739; — Salomon de Bourgcharente, 1739, 1765; — Gaudron des Romonts, 1739, 1765; — 
Larapidie deTisseuil, 1742, 1765, 1767, 1790; — J.-B. Mailhard de la Couture, 1743, 1770, 1777, 1790; — 
D'Arche de Lauzelon, 1743, 1765; — Sanson de Masboyer, 1743, 1765 ; — Maledent de Feytiat, 1747, 1761, 
1765; ~ Magy-Dandaleix, 1748, 1765 ; — Godard de Tuisson, 1749, 1765 ; — Léonard Barbou, sieur de Mounis- 
mes et de Bessines, 1750, 1765, 1772 (14); — Baillot du Queyroix, 1751, 1760, 1765; — Chaud de Lanet, 1751, 

(i) Serait-ce le même que celai qui est meotionnô plus haut ? 

(2) Appelé Morel tout court dans un document de 1685. Néanmoins il ne semble pas que Ton doive confondre ce Morel avec celui 
qui est mentionné plus loin sous les dates de 1712 et 1739. 

(3) Auteur du plan de Limoges de 1680, dont il a été question c i-dessus (p. XLV), et de beaucoup d*autres ouvrages. 

(4) On a voulu lui restituer récemment, non sans quelque apparence de raison, un volume de Poésies diverses par L. D. S. E. Q. V., 
dont la seconde édition parue à Paris, chez Jean Anel, imprimeur, en 1700, porte imprimés sur la feuille de tête les armes de M. de 
Fusembert. On Pavait attribué jusqu'ici à Grégoire Mailhot, mentionné plus haut. (Voy. P. Ducourtieux, Limoges d'après ses anciens 
plans, p. 17, note.) Mais M. Fray-Fournier objecte que les initiales ci-dessus indiquées signifient L'auteur Des « Sonnets En Quinze 
Vers », titre d'un volume paru quelques années plus tôt et dont le contenu ne parait guère pouvoir être mis au compte de 
M. de Fusembert. 

(5) Le nom de Puytison ne se trouve joint à celui d'Hardy que dans les documents du XVIIie siècle. Peut-être avons nous un 
second personnage. 

(6) Il est appelé Jean Blondeau dans un document de 1685. Il nous parait difficile d'admettre qu'il s'agisse de Jean Blondeau 
mentionné plus haut dès 1639, et que l'on sait avoir fait son testament en 1680. 

(7) G. Verthamont, A. du Roy et P. du Roy, mentionnés en dernier lieu sur le « Plan des trésoriers » de 1680, nous semblent former 
à cette date le corps des c gens du roi >. Nous ne les relèverons donc pas ici. 

(8) C'est celui que nomme le Mémoire de M. de Bemage. 

(9) Cette date nous est fournie par une copie des coutumes de Limoges, conservée à la Bibliothèque nationale (ms. franc. 25,219). 
D'une note écrite à la fin il résulte en effet que cette copie fut donnée à Gaignières par M. de la Bastide, trésorier de France à Limoges, 
le 22 février 1709. (Voy. Antoine Thomas, Invent, des arch. comm, de Limoges, introd., p. 5). Il est douteux pour nous qu'il s'agisse 
du La Bastide que nous mentionnons plus loin. 

(10) Son testament est transcrit dans le registre B. 496, des archives hospitalières de Limoges. Voy. Vînventaire, B. 476, p. 98. 

(11) On a de lui un Livre de raison pour les domaines qu'il possédait près d'Eymoutiers. Voy. le DulL de la Soc. des lettres de Tulle, 
J1890, p. 546. 

(12) Frère de Jacques de Verthamond, évéque de Conserans {Invent, des arch, hospitalières de LUnoges, B. 525, p. 120, col. 2). 
(13j Probablement le fils de Labiche de Marsac, ci-dessus. 

(14) Le Nobiliaire limousin, I, 637, donne le titre de trésorier de France à un Martial Barbou, mort en 1784. Nous ne le trouvons pas 
mentionné sur les listes du Calendrier eccl. et civil du Limousin, 



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LES INSTITUTIONS UII 

17655 — Blondeau de Laurière, l'ïôl, 1765; — La Selve de Saint-Avid (1), 1752, 1765; — La Nouaille de Puy- 
joubert, 1754, 1765; — La Sudrerie de Gammory, 1754, 1765, 1777; — Texier de Leyrat, 1755, 1765; — Otton- 
Grégoire Benoit de Venteau, 1756, 1765, 1768; — Michel Arbonneau, 1757, 1760, 1765, f 1772 ; — J.-B. Faulte 
du Buisson, 1757, 1765 ; — Antoine Noailler des Bailes, 1757, 1760, 1765, 1780, 1790; — Durand de la Salesse 
et de la Couture, 1757, 1761, 1765, 1767, 1790; — Jacques Léonard, sieur de St-Laurent et de St-Circq, 1757, 
1765; — Roulhac de Thias, 1759, 1765 ; — Masbaret du Basty, 1760, 1768, 1789, 1790; ~ Roulhac de Roulhac, 
1760, 1790 (2); — Rogier de Nexon, 1760, 1765; — Bailliot d'Estivaux, 1761, 1763, 1765; — Pijon, 1765; — 
Jayac du Puy-las-Rodas, 1765 ; — Tandeau de Marsac, 1765, 1790 ; —Noailler de Puyberger, 1766 ; — Devoyon 
du Buisson, 1769, 1790; — Sanson de Royère, 1769, 1790: — Barbarin, 1772, 1790; — Rossignol de la 
Combe, 1773, 1790 ; — Devoyon de la Planche (3), 1773 ; — Barny de Romanet, 1774, 1790 ; — Genty de la Bor- 
derie, 1777 ; — Lajoumard de Belabre et de la Boissière, 1777, 1779, 1790 ; — Benoit d'Estivaux, 1777, 1790 ; 
' — Gautier de Villemonjeane, 1778, 1790; — Léobardy du Mazau et du Vignaud, 1778, 1790; — Durand de 
Richemont, 1779, 1790 ; — J.-B. Mathieu Gorse, 1780 ; — Grégoire Roulhac du Cluzeau, 1782, 1784 ; — Gon- 
drias de Clary, 1782, 1790 ; — De Verdilhac, 1782, 1790 ; — Biguorie du Chambon, 1782, 1790 ; — Faulte du 
Buisson, 1784, 1790 ; — Jacob de Montloisir, 1785, 1790 (4). 

A la fin du XVP siècle et au commencement du XVIP, le local des trésoriers de France à Limoges était ins- 
tallé dans l'immeuble Gay de Nexon, au voisinage du Portail-Imbert. Ce local semble distinct de celui qu'ils 
occupèrent dans la suite jusqu'à la Révolution, vis-à-vis de Tintendance, à l'encoignure comprise entre les 
rues de Gorre et Gaignolle (5). 

Le € Corps des présidents trésoriers de France, généraux des finances, conseillers du roi, juges Bt directeurs du 
domaine au bureau de la Généralité de Limoges » avait un sceau parti de France et de Navarre (6). 

D'après une note de dom Fonteneau (7), les trésoriers de France portaient une robe de ras de Saint-Maur. 
Ils s'assemblaient les lundi, mardi et vendredi de chaque semaine. Ils prêtaient serment entre les mains du 
chancelier et prenaient séance â la chambre des comptes après le dernier maître. 



4. — Les Intendants de la Généralité. 



Après avoir parlé des États provinciaux, du tribunal de l'Élection et du Bureau des trésoriers, nous arrivons 
aux Intendants, le dernier pouvoir en date qui ait été placé à la tête des circonscriptions administratives de 
l'ancienne France (8). On a longtemps admis que les intendants de justice, police et finances départis dans 



(1) On lui a attribué par manière de plaisanterie un ouvrage qui n'a jamais existé Le Marchand parvenu. Voy. M. Clémeut-Simou, 
Hist» du collège de TiUle, ch. VI, note. Cf. ci-dessus, p. X, note 3. 

(2) L'un des signataires un Cahier des doléances de la noblesse des sénéchaussées de Limoges et Saint-Yrieix, en 1789 — Serait-ce 
Fauteur des poésies que publait la Feuille hebdomadaire de la Généralité de Limoges^ sous le nom de Roulhac ? 

(3) L'auteur du recueil factice d'édits et de déclarations, que nous avons si souvent cité. 

(4) Le Catalogue de la bibliothèque Bosvieut mentionne, sous le n« 325, le « Miroir de la Beauté et santé corporelle » par 

Loys Guyon, sieur de la Marche, trésorier du Limousin. (Lyon, 2 vol., 1615). Nous ne croyons pas qu'il s'agisse d'un trésorier du 
Bureau des finances. 

(5) Voy. Inventaire^ C. 259. Cf. Vlnvent. des arch. hospitalières de Limoges, B. 497, p. 106, et VInvent. des arch, communales de 
Limoges^ DD, 6. 

(6) Bull, de la Soc. archéologique du Limousin, XXVI, 120. 

(7) Collection du Poitou, à la Bibliothèque de Poitiers, tome 74, à la suite de l'édit d'avril 1694. 

(8) L'état de dispersion dés documents relatifs à cette institution (voy. le chap. I) nous interdit de tenter ici autre chose qu*uue 
esquisse. 



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LIV Là GÉ(IÉRàLITÉ de UMOGBS 

les provinces ne remontaient qu'à Richelieu. De récents travaux (1) ont prouvé qu'il faut reculer jusc^u'au 
règne de Henri II l'institution des c commissaires départis », ce qui revient à dire que cette institution suit 
d'assez près Torganisation des Généralités de finances. Ces commissaires ne faisaient du reste que continuer, 
sous un nom nouveau, le rôle de ces maîtres des requêtes que François P' déjà envoyait ai souvent chevaucher 
dans les provinces pour activer la levée des impositions extraordinaires, connues sous le nom d'emprunts 
royaux. 

k l'origine, les Intendants sont chargés d'une mission temporaire, qui n'est pas encore circonscrite 
aux limites de la Généralité, mais s^'étend à la province et s'étendra même, plus tard, aux provinces 
voisines. La commission qui leur est délivrée ne vise que les affaires politiques et civiles, à l'exclu- 
sion des opérations militaires réservées aux gouverneurs, à l'exclusion aussi des affaires criminelles 
réservées aux grands jours quand elles ne sont pas jugées par les tribunaux ordinaires. Ces commissaires 
et ces intendants différent de nos inspecteurs généraux en ce que leur surveillance ne porte pas sur tel ou 
tel service, mais sur la totalité de la chose publique dans les bornes qui viennent d'être indiquées. 

Tels nous apparaissent du moins les premiers Intendants venus en Limousin. Charles Turquant, qui arriva en 
juin 1588 au milieu des troubles de la Ligue et qui revint une seconde fois en 1591, avait pour unique mission 
de pacifier les esprits et d'éteindre les fureurs de la guerre Jcivile. Méry de Vie, qui fut envoyé dans l'entre- 
temps, tout au commencement de 1589, eut un rôle analogue et se préoccupa surtout d'amener les populations 
au parti d'Henri IV. Thumery de Boissize continua leur œuvre de 1594 à 1596, tout en pacifiant la révolte des 
Crocquans. Pendant six années, aucun événement grave ne provoqua l'envoi en Limousin d'un nouvel Inten- 
dant. Mais en 1602, l'émeute de la Pancarte suscita l'arrivée de Le Camus de Jambeville, qui ne séj(»urna à 
Limoges que quelques mois. M. de Mesmes, qui vint en 1605 à l'occasion de la conspiration du maréchal de 
Biron, ne semble pas avoir reçu le titre d'Intendant : en tout cas il exerça un rôle analogue à celui de ses 
prédécesseurs. De 1606 à 1615, nouvelle interruption, de dix années, dans la liste de nos Intendants. En 1616, 
Denis Amelot arrive à Limoges avec une commission spéciale sur le fait des finances. Il ouvre ainsi 
la série des Intendants administrateurs, que continuent Nicolas Le Prévost, d'Autry-Séguier et leurs succes- 
seurs (2). 

A quel point l'institution des Intendants était encore mal assise avant Richelieu, on en juge par ce simple 
fait qu'ils ne se suivent pas immédiatement les uns les autres , qu'ils ont autorité tantôt sur un groupe de 
provinces, tantôt sur un autre \ qu'ils chevauchent à leur gré de ville en ville, sans résider nulle part, et 
qu'ils se hâtent de quitter le pays dès qu'ils jugent leur mission terminée. Mais survient le ministère de 
Richelieu, et bientôt, vers 1637, l'institution change de caractère (3). L'Intendant devient un fonctionnaire 
résidant, chargé tout spécialement de représenter le roi dans la Généralité. Si ses attributions sont encore 



(1) Nommément ceux de MM. Chéruel, Rodolphe Dareste, Caillet, Chalmel, d'Arbois de Jubainville, et surtout le long mémoire de 
M. Gabriel Hanotaux dans la Bévue historique, t. XIX, XX et XXI. 

(2) Pour les sources, voy. à la fin du présent sous-chapitre la liste des intendants. 

(3) Dans les commissions d'intendant délivrées en 1637, il est dit expressément que le roy a résolu d'établir à permanence un inten- 
dant dans chaque Généralité. Mais nous ne sachions pas que cette résolution du roi ait pris corps dans un édit quelconque. L'un 
des faits caractéristiques de Tinstitutiou que nous étudions, jc'est en effet le très petit nombre d'actes royaux qui la règlent. C'est à 
dessein que nous passons sous silence Tédit de mai 1635, impr. dans Fournival, Recueil cité, p. 519, et dans Isambert, Ane, lois 
françaises, XVI, p. 44i. Le meilleur moyen de réduire à sa juste valeur ce prétendu édit de création des intendants, est de colliger 
les rares passages où il s'occupe de ces fonctionnaires : c . . . . créons et érigeons en titre d'office formé, avec la qualité de nos 
conseillers intendants généraux etprésidens aux Bureaux de nos finances des Généralitez de nostre royaume — Feront lesdits pré- 
sidens et intendans généraux observer en chacun Bureau nos édicts, ordonnances et règlements faits sur l'administration de nos 
dites finances, et tiendront la main à ce que nos dits édicts et commissions qui leur seront par nous address^es soient incessamment 

exécutez Nous avons attribué et attribuons par ces présentes, les gages qui s'ensuivent : à scavoir aux dits quatre présidons et 

intendants généraux aux bureaux des finances des Généralitez de Paris, Rouen. . . .3,500 11. chacun ; à ceux des Généralitez de Amiens, 
Soissons. . .300 11. chacun; et à ceux des Généralitea! de Limages, Bourges . . . .î,500 11. chacun. »... Et afin que les dits présidens, inten- 
dans et trésoriei-s généraux de France, nous servent utilement en toutes nos affaires, tant en leurs Bureaux qu'en l'étendue de leur 



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LES INSTITUTIONS LV 

peu nombreuses, du moins sont-elles si précises qu'il n'y a plus guère place pour les rôles politiques qu'il 
a joués jusque-là. 

Dès lors la carrière des intendances est ouverte aux ambitions des fonctionnaires de Tordre administratif, et 
la série de ces nouveaux représentants du pouvoir royal va se continuer, semble-t-il, sans interruption. Ce 
ne fut point tout d'abord pour le plus grand bien de la Généralité. Taverier de Conti et Frémi n des Couron- 
nes, qui se succédèrent alors (1), se conduisirent, eux ou leurs agents, en véritables oppresseurs du peuple. 
Les plaintes qui s'élevèrent contre eux et dont les chroniqueurs se sont faits l'écho, donnent une fâcheuse 
idée de l'administration du temps (2). Hâtons-nous d'ajouter que leur successeur M. Nicolas de Corberon, 
arrivé en 1642, prit à cœur de faire oublier ses prédécesseurs et qu'il y réussit. D'ailleurs, à la faveur des 
troubles de la Fronde, les parlements, qui avaient toujours vu d'un mauvais œil l'établissement des Inten- 
dants, imposèrent à la cour leur suppression, juillet 1648. Pendant près de six ans la Généralité de Limoges 
retomba, au point de vue administratif sous le seul pouvoir du Bureau des trésoriers. Enfin, tout au commen- 
cemment de 1654, la royauté, maîtresse de la situation politique, rétablit les Intendants et envoya à Limoges 
Bochart de Champigny. L'intendance de notre province reprit alors le cours de son existence jusqu'à la 
Révolution, sans autre accident que sa réunion temporaire à deux Intendances voisines, au commencement du 
règne de Louis XIV (3). 

En janvier 1692 (4) on institua, dans un intérêt purement fiscal, un procureur du roi près chaque Intendant de 
province. Ce procureur fut bientôt aboli ; mais comme l'innovation est peu connue, il y a lieu de la préciser 
ici par les termes mêmes de l'édit de suppression : 

€ Par nostre édit du mois de déc. 1698 nous avons créé un oASce de trésorier de France dans chacun de nos 
Bureaux des finances et réuny au corps des officiers des dits Bureaux les fonctions de nostre procureur auprès 
des sieurs Intendans et commissaires départis pour l'exécution de nos ordres dans les provinces et Généra- 
lités de notre royaume, créé par nostre édit du mois de janvier 1697, pour estre les dites fonctions faites 
conjointement avec celles de leurs offices par celuy d'entre eux qui seroit choisi à cet effet par les dits sieurs 
Intendans et commissaires. Depuis cet édit, nous avons esté informez que les fonctions attribuées à nos dits 
procureurs près les dits sieurs Intendans, sont absolument incompatibles avec celles des officiers des dits 
Bureaux, en ce qu'ils ne trouvoient souvent dans l'occasion de juger avec les dits sieurs Intendans, ce qui ne 
leur permet pas de requérir devant eux; ces considérations nous ont engagés de révoquer nostre édit du mois 
de déc. 1698 en ce qui concerne l'union des dites fonctions de nos procureurs près des dits sieurs Intendans à 

celles des officiers de nos dits Bureaux des finances A ces causes, de nostre certaine science, 

pleine puissance et authorité royale, nous avons par nostre présent édit éteint et supprimé, éteignons et 
supprimons les offices de nos conseillers procureurs créez pour servir auprès des sieurs Intendans par nostre 
édit du mois de janvier 1697, ensemble l'union faite de leurs fonctions à celles des officiers de nos Bureaux des 



Généralité, nons voulons et entendons que la moitié d'entr'eux exerce leurs charges pendant une année es dits Bureaux, 
audience et chambre du Conseil et que Tautre moitié soit employée à faire leurs visites et chevauchées, et à Texécution des com- 
missions extraordinaires qui leur seront par nous adre^^sées.... Voulons aussi que les dits présidens, intendans et trésoriers généraux 
de France qui feront leurs visites et chevauchées, puissent, si bon leur semble, présider à Tassiette des deniers de nos tailles en 
chacune Élection ; et à cette fin assigner aux eleuz le jour qu'ils y voudront travailler ; feront observer nos édits et règlements sur 
le fait des dites tailles et empêcheront qu'il ne soit imposé sur nos sujets plus grandes sommes que celles qui seront contenues dans 
nos conmissions, afin qu'il n'arrive aucuns non-valeurs. » 

(1) Voy. ci-dessous, aux noms. ) 

'2) Les exactions des agents du pouvoir étaient aussi fréquentes sous l'ancien régime qu'elles sont rares de nos jours. Voy. la 
Chronique de Pierre Foucher (pour le XVI* siècle), dans nos Documents historiques, II, 48 à 5i et 57 ; Noël Valois, Inventaire, n» 4709 
(année 1598) ; VÉlat des paroisses de 1686, passim. 

(3) Nous en avons parlé ci-dessus, p. XXV. 

(4) Cet édit figure au t. II, p. 5Î9, d'un recueil que possède la Bibliothèque communale de Limoges (Catal. Sciences, n© 653) : Recueil 
général des édits, déclarations qui ont été donnés depuis 1664 jusques à présent. Bordeaux, 1690. Suite du recueil.,. Psm, 

n contient quelques pièces sur le Limousin que nous a signalées l'obligeance de M. Fray-Foumier. 



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LVI LA. GÉNÉRA.UTÉ DE UMOGES 

finances créez par nostre édit du mais de décembre 1698, sans que les dits offices et fonctions puissent estre 
cy-après rétablies, sous quelque cause et pour quelque prétexte que ce puisse estre. Voulons et nous plaist 
que les officiers de nos dits Bureaux soient et demeurent déchargez et dispensez.... de faire 'les dites 

fonctions » (1). 

De plus durables modifications s'introduisirent à la fin du XVIP siècle et vers le milieu du siècle suivant 
dans le caractère de Tinstitution qui nous occupe, par l'extension donnée à ses attributions. € L'Intendant 
de 1740, remarque déjà Tocqueville, ne s'occupait guère que de maintenir sa province dans l'obéissance, d'y 
lever la milice et surtout d'y percevoir là taille ». C'est trop peu dire: l'Intendant avait l'initiative dans les 
projets de construction de routes, et, sous l'impulsion de Colbert, cette initiative n'avait pas été un vain 
mot. Ainsi développée la remarque de Tocqueville a encore besoin d'être expliquée et fortifiée. Du jour oii 
les gouverneurs militaires avaient cessé de résider dans leurs provinces respectives pour aller prendre rang à 
Versailles et faire cortège à la royauté d^ Louis XIV, ce furent en effet les Intendants qui héritèrent de la charge 
de maintenir a les peuples » dans l'obéissance. Du second rang qu'ils occupaient jusqu'ici dans l'ordre 
d'importance (je ne dis pas dans l'ordre des préséances), ils passèrent en fait au premier. Cette charge devint 
tout à fait effective quand un arrêt du conseil d'État, du 19 sept. 1668, et une ordonnance royale de 1692 
placèrent les milices provinciales (2) sous les ordres de l'Intendant chargé déjà de leur recrutement et de leur 
mobilisation (3). Mesure hardie, qui mettait définitivement fin au militarisme nobiliaire légué par le dernier 
moyen-âge. 

Ainsi grandis, les Intendants de 1740 avaient un pouvoir d'une étendue que ne laisse guère deviner les 
termes des édits du XVIP siècle. C'est par exception qu'ils exerçaient des fonctions judiciaires : leurs attri- 
butions étaient surtout de police et d'administration. € Ils étaient chargés de surveiller les protestants : 
ils administraient les biens des religionnaires qui sortaient du royaume et devaient tenir la main à Texécution 
des édits qui les concernaient. Les Juifs qui n'étaient légalement tolérés que dans la province d'Alsace, 
étaient aussi placés sôus la surveillance directe des Intendants. Ces magistrats jugeaient les procès concer- 
nant les fabriques des églises paroissiales et étaient chargés de pourvoira Tentretien et à la réparation de ces 
églises, ainsi qu'au logement des curés. Lps portions congrues, les économats, la régie et la conservation des 
biens des gens de main-morte, les pensions des oblats étaient dans les attributions des intendants. Les uni- 
versités, collèges, bibliothèques publiques étaient aussi placées sous leur surveillance. L'agriculture et tous 
les objets qui s'y rattachent. ... le commerce, les manufactures, les arts et métiers, les voies publiques, la 
navigation, les corporations industrielles, l'imprimerie, la librairie, l'enrôlement des troupes, » les affaires 
militaires dans le sens le plus large de ce terme, < les milices bourgeoises, la police, le service de la maré- 
chaussée, la construction des édifices publics, les postes, la mendicité, le vagabondage, l'administration 
municipale, la nomination des officiers municipaux, Tadministration des biens communaux, la conservation 
des titres des villes, les revenus municipaux.. ., les droits de joyeux avènement, les péages, les amendes,. . . 
en un mot les impositions de toute nature dépendaient aussi des Intendants » (4). 

(1) Edit du roi, du 17 nov. 1700, portant suppression des oflSces de procureurs du roi près les intendans et réunion au corps des 
trésoriers de France de Toffice de trésorier de France créé en 1698 fdans le Recueil Devoyon). 

(2) Les milices ou troupes provinciales étaient Tarmée régulière de Fancien régime. Réorganisées à diverses reprises par Louvois, 
De Saint-Germain et Choiseul, elles le furent encore en 1778. — Elles ne comprenaient pas la maréchaussée, qui relevait du gouver- 
neur militaire et ne recevait d'ordres que du lieutenant du roi au présidial. C'était ce que nous appelons aujourd'hui la gendarmerie — 
Quant à la milice bourgeoise de Limoges et des principales villes de la Généralité, elle relevait également au XVIII^ siècle du 
gouverneur militaire en ce sens qu'il nommait les ofllciers. son rôle n'était plus guère que de parade. C'était la garde nationale de 
ce temps. 

(3) On connaît un arrêt du Conseil d'état relatif aux officiers des armées, qui porte l'exécutoire de l'intendant de la Généralité de 

Limoges : c Nous ordonnons qu'il sera e ^écuté, selon sa forme et teneur, dans toute l'étendue de notre département 19 octobre 

1699. De Bernage ». {Recueil anonyme, déjà cité). Pour l'organisation des milices voy. Vlnventaire^ C. 271, 272, 289 à 292, et les CEuvres 
de Turgot, édit. Dupont de Nemours, II, 98, 106 et 115. 

(4) Cette énumération des attributions de l'intendant de Généralité est emprunté au Dictionnaire des institutions de M. Chéruel, 
qui semble l'avoir tirée du Traité des offices de Guyot (f 1730). Elle s'applique donc surtout aux intendants de la première moitié du 
XVIII» siècle. En Limousin quelques-unes de ces attributions (Juifs, universités, bibliothèques publiques, arsenaux, etc.) n'eurent 
jamais lieu de s'exercer. 



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LES INSTITUTIONS LVII 

L'intendant de 1780, continue Tocqueville, c a bien d*aatres soucis » que celui de 1740. C'est qu'en effet la 
royauté de Louis XVI s'est faite administrative, plus résolument encore que celle de Louis XV (1). Toutefois 
ce serait une lourde erreur que de fixer à l'année 1780, ou même à l'avènement de Louis XVI le point de départ 
de la grande extension que prennent en Limousin, à la veille de la Révolution, les fonctions de llntendant. 
Il convient de reporter jusqu'à MM. d'Orsay et de Tourny cet accroissement de pouvoir et d'y voir non- 
seulement le résultat de l'activité et de l'esprit d'initiative de ces deux administrateurs, mais encore une 
conséquence inéluctable de ce triple fait : le besoin d'améliorations matérielles qui s'est emparé de la nation 
depuis les grandes calamités du règne de Louis XIV (2), l'introduction de la grande industrie à Limoges à 
partir de 1726 (3), enfin la reprise des grands travaux d'utilité publique ébauchés au XVfP siècle (4). Turgot 
poursuivra et développera encore ces commencements. Mais ses successeurs MM. d'Aine et Meulan d'Ablois 
n'ont pas eu plus de < soucis » que lui. Ils en ont même eu moins, car ils n'ont eu qu'à continuer ce qu'il avait 
eu la peine de commencer. 

C'est donc à ce moment de notre histoire provinciale, vers 1735-1740 (5), que s'ouvre, faible encore quoique 
fort ambitieux, ce règne des économistes, des ingénieurs, des médecins, des fonctionnaires et bientôt même 
des politiciens, qui donnera au XIX* siècle sa caractéristique dominante. Ce n'est encore, à ce moment, que la 
première impulsion sous l'action de l'esprit nouveau, des forces vives de la société en vue d'améliorer ici-bas 
le sort de l'homme en tirant parti de toutes les ressources que la nature et la science ont mises à sa dispo- 
sition. On y peut voir sans aucune exagération un antécédent du saint-simonisme, le nom en moins. 

En dépit des services rendus, des travaux accomplis, l'Intendant de la Généralité de Limoges était, au 
moment de la Révolution, en butte à l'hostilité de quelques-uns de ses administrés, qui le considéraient 
comme l'un des principaux obstacles aux réformes que réclamait l'opinion publique. Cette hostilité se 
manifesta dans plusieurs cahiers de doléances en des termes d'ailleurs mesurés. Par exemple, la communauté 
des notaires de Limoges estime que l'autorité des Intendants est trop étendue. Elle demande le rétablis- 
sement des États provinciaux, et ajoute cette remarque : € Alors les Intendants n'auroient presque plus de 
fonctions dans les provinces, et ces places deviendraient inutiles » (6). La corporation des chaudronniers, si 
tant est que nous devions mettre ses griefs en ligne de compte, fait porter sa mauvaise humeur sur le 
secrétaire de l'Intendance (7). c Les commissaires départis, disent ces honorables industriels, sont préposés 
dans les provinces pour veiller à ce que la répartition soit exacte, pour accorder des décharges à ceux que 
des malheurs ont mis hors d'état de payer. C'est un secrétaire qui administre tout au nom de l'Intendant. 
Celui qui peut se rendre ce substitut favorable est sûr de tout obtenir. Ce n'est pas un malheureux qui peut 
le séduire ou le soudoyer. Ce n'est donc que le riche qui obtient des grâces ; le pauvre n'est presque jamais 

écouté Ces secrétaires fabriquent et enregistrent des décharges supposées. Si on leur conserve les 

mêmes pouvoirs, fil faut] ordonner que chaque décharge soit affichée, avant d'être allouée, à la porte de 
l'église de la paroisse pour laquelle elle sera accordée ». Quant à la c corporation du bâtiment », elle se 
borne à prévoir la suppression des Intendants, preuve que cette question était agitée, et elle demande « que» 
dans le cas où les Intendants pourroient encore se soutenir, leur pouvoir soit toujours partagé avec les 
États provinciaux, et qu'ils soient bornés à concourir aux arrêtés des États » (8). 

(1) Voy. le chap. IV de cette Introduction, sous-chap. 1. 

(S) Un très curieux opuscule, les Changements survenus dans les mœurs des habitants de Limoges depuis cinquante ans^ par J.-J. Juge 
Saint-Martin (1808, 2« édit. 1817; prouve notre assertion pour une phase un peu plus tardive. 

(3) Voy. le chap. IV., sous-chap. 3, 4 et 6. 

(4) Ibidem sous-chap. 7. 

(5) Voy. le chapitre suivant. 

(6) Dans nos Nouv, doc, historUtues. . . p. 47. 

(7) Ibid,, p. 100. 

(8) Ibid,^ p. 113. Cf. une accusation analogue dans le cahier de la paroisse d*Oradour-Siint-Genf'st, p. 54 de nos Doléances p:iroiS' 
tialts de 1789 : t. ..la cotte d'industrie qui est arbitrairement fixée par le secrétaire du subdélégué du commissaire départi dans la 
province ». 

Hautb-Viennb. — Sérib C. Introd. VIII 



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LVIII LA GÉNÉRAUTÉ DB LIMOGES 

Avec moins de- précautions oratoires, les paysans de la paroisse d'Oradour-Saint-Genest demandent 
nettement € que les commissaires ou intendans départis dans les provinces, leurs subdélégués et leurs 
prétendus secrétaires, soient remerciés » (1). Ceux de Manzannes également, et ils ajoutent : < Leur hôtel 
serviroit pour la tenue des États de la province > (2). Jusqu'à quel point cette défiance était répandue, il est 
malaisé de le dire, car il ne subsiste qu'un très petit nombre de doléances, paroissiales. Il est fort 
possible que l'hostilité de quelques-unes à l'égard de l'Intendant fut le résultat de circonstances 
particulières (3). 

Pour résumer, il y a cinq phases à distinguer dans l'histoire des intendants de la Généralité de Limoges : 

De 1588 à 1605, leur rôle est politique et de haute police. 

De 1616 à 1648, il est plutôt administratif. Leurs fonctions sont encore peu nombreuses, mais elles se 
précisent et, en tout cas, s'exercent, à partir de 1637, sur le territoire de la Généralité et non plus seulement 
de la province. 

De 1654 à 1698 (après une éclipse de près de six années), les intendants voient croître leur pouvoir et 
augmenter leurs attributions dans une mesure considérable. Ils sont les principaux et dévoués instruments de 
Mazarin et de Colbert dans l'œuvre administrative que poursuivent ces deux ministres. 

De 1698 à 1740, leur pouvoir reste à peu près stationnaire. Abandonnés à eux-mêmes, ne recevant plus 
guère l'impulsion extérieure d'autrefois, ils ne font ni beaucoup de bruit, ni beaucoup de besogne. 

De 1740 à 1790, les intendants redeviennent actifs et prennent la conduite du mouvement réformateur. 
Grâce à la quasi-omnipotence dont ils jouissent, Us sont les exécuteurs des réformes économiques et sociales 
qui remplirent les cinquante dernières années de l'ancien régime. 



* # 



Un fait -qui mérite d'être noté ici, c'est qu'à la fin du XVIP siècle les intendants de la Généralité de 
Limoges, et tout particulièrement M. de Bernage, ont fort souvent résidé à Angoulême (4). Serait-ce, comme 
on l'a dit, que le climat de l'Angoumois, doux et sec, leur agréait plus que celui du Haut-Limousin, froid et 
humide? Cette considération ne peut avoir seule déterminé la prédilection que quelques-uns d'entre eux 
montrèrent pour la région de la Charente. Nous avons déjà constaté dans le chapitre précédent (5) la situation 
centrale d' Angoulême par rapport aux autres grosses villes de la Généralité aussi longtemps que celle-ci 
comprit Télection de Saint-Jean-d'Angély (6). Nous ajouterons que les principaux intérêts commerciaux et 
industriels de la circonscription, au temps de Colbert, étaient en Saintonge et en Angoumois plus qu'en 
Limousin. Le seul projet de canalisation qui ait sérieusement préoccupé nos intendants au XVII* siècle est 
celui de la Charente. Qu'était-ce enfin que les foires de l'Élection deBourganeuf ou de Tulle sous Louis XIV a 
côté de celles des Élections d' Angoulême et de Saint-Jean d'Angély ? Certes l'infériorité aaturelle de la partie 
orientale de la Généralité eut dû être, à le bien comprendre, une raison de plus pour parcourir sans cesse les 
paroisses, encourager les agriculteurs, aider aux améliorations. C'est ainsi que Turgot comprit sa 
tâche; mais ses prédécesseurs suivirent l'impulsion inconsciente qui porte les gouvernants à favoriser les 
pays prospères et à délaisser ceux qui le sont moins (7). 

(i) Doléances paroissiales citées, p. 57. 

(2) Cahier de la paroisse de Manzannes, publ. par M. A. Hugues dans le Bull, de la Soc. des lettres de Tulle^ 1888, p. 383. 

(3) C'est donc par une exagération manifeste que M. Guibert affirme que c la suppression des intendants était, dans la pensée de 
tout le monde^ la conséquence nécessaire de l'établissement des Etats provinciaux > (Les Cahiers du Limousin et de la Marche en 
1789, p. 49). Sauf erreur de notre part, les cahiers des trois ordres sont muets sur ce point. 

(4) Cf. le Registre consulaire, IV, 129. 

(5) Cf. ci-dessus, p.XXI. 

(6) C'est-à-dire jusqu'en 1694. 

(7) M. Léonce de Lavergne a écrit quelque part que tout l'eCTort de la civilisation, depuis le commencement du siècle, semble avoir 
pour objet d'enrichir les parties les plus riches du territoire et d'appauvrir les pauvres. — Le fait n'est pas aussi nouveau que 
semble le croire M. de Lavergne.) 



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LES INSTITUTIONS LIX 

Si au XVIP siècle Angouléme a fait tort à Limogres, au XVIIP siècle Brive portera préjudice à Tulle, sa 
capitale, en obtenant des intendants des faveurs qu'expliquent le climat et l'heureuse situation de cette 
petite ville. 

Pendant trois quarts de siècle les intendants départis à Limoges semblent avoir pris logis où bon leur 
semblait, le plus souvent cependant dans la paroisse St-Pierre et dans celle de St-Maurice. Sur la fin du XVIP 
siècle, ils occupent le palais du Breuili(l) où ils remplacent les gouverneurs militaires qui ont cessé de résider 
àLimoges. Ce palais du Breuil,— appelé quelquefois Palais royal (2) et illustré à diverses reprises par la présence 
dehautspersonnages,AntoinedeBourbon,Jeanned'Albret,HenriIV, LouisXIlI,— fut acquis par le roi en 1758, 
et par lui donné à la ville de Limoges (3). Il prit dès lors le nom d'hôtel de l'intendance (4). La reconstruction 
en fut commencée par l'intendant Pajot de Marcheval en 1759 (5), continuée par Turgot et d'Aine 
et achevée par Meulan d'Ablois en 1785. C'est aujourd'hui la Préfecture du département de la 
Haute- Vienne. 

Dès le XVP siècle on constate que l'intendant a un secrétaire à son service, qui l'accompagne 
dans ses chevauchées (6). Il en fut certainement de même au XVIP et au XVIIP siècles, bien qu'on 
ne puisse guère le vérifier directement (7). Sous Claude Prflot, Bouville et de Bernage, c'est-à-dire 
dans la seconde moitié du XVII* siècle, on rencontre quelquefois la mention d'un € subdélégué de 
l'intendant » (8). C'est sûrement une sorte de secrétaire général, puisque les subdélégations n'existent 
point encore en tant que circonscriptions territoriales. 

En 1790, l'intendant de Limoges avait un premier secrétaire qui était en même temps subdélégué 
de Tune des subdélégations de la Généralité; — un second secrétaire € chargé de la partie de la 
guerre •, et, depuis plusieurs -années, un nombre variable de commis. Nous avons rappelé plus haut 
que le premier secrétaire était devenu Valter ego de l'intendant, à tel point que les administrés le 
rendaient volontiers responsable des excès de pouvoir dont ils souffraient. Ce premier secrétaire est 
l'ancêtre historique du secrétaire général de préfecture institué par la Révolution. 

Nous savons mal comment étaient organisés et composés les bureaux de l'intendance. Cependant 
nous pouvons affirmer qu'en 1783 ils comptaient une douzaine de commis décorés du nom de 
€ secrétaires » (9). Le passage suivant d'une lettre de Turgot à Condorcet sur les logarithmes, mérite 
d'être noté ici : « Un homme qui habite Limoges voudrait se servir de quelques 



(1) D'après une note de Tabbé Legros que n<5us a signalée l'obligeance de M. L. Guibert. C'est donc à tort qn'Allou {Description^ 
p. Si3) placerait cette occupation vers 1035. 

(S) Au moins sous Henri IV et Louis Xni. 

(3) L'acte d'acquisition figure dans le Registre consulaire, V, en cours de publication. Il y en a une copie dans les Archives com- 
munales de Limoges (Voy. VInventaire de M. Ant. Thomas, DD. 6). 

(4) Voy. dans notre Invent, des arch. hospitalières de Limoges, C. 10, la mention en 1759 du Suisse de l'intendance. 

(5) Registre consulaire de Limoges, t. V, en préparation, à la date. Cf. Inventaire, C. 256, 260, 261 et 330. — C'est par erreur que 
M. Ducourtieux {Limoges d*après ses anciens plans, p. 142) parle de 1752, puisque Pajot de Marcheval n'arriva à Limoges qu'en 1756. Cf. 
d'ailleurs la Statistique de la Haute-Vienne en 1808 [par Rougier-Châtenet], p. 201. 

(6) Noôl Valois, Inventaire, n» 4009. 

(7) Cf. pourtant VInvent. des arch. comm. de Limoges, GG. 20, année 1667. — Le passage suivant du Registre des délibérations de la 
Société d'agriculture, 22 fév. 1772, mérite à plus d'un titre d'être relevé : t Le secrétaire [de la Société], suivant les intentions de 

M. l'intendant, a proposé M. De la Croix, secrétaire de l'intendance [comme associé] Sur quoy il a été arresté que M. Deperrei 

monterait à la place d'associé et que M. De. la Croix serait associé libre. Cet arrangement a paru d'autant plus convenable que le&. 
fréquentes absences de M. De la Croix, à la suite de M. l'intendant, ne lui permettroient pas toute l'assiduité nécessaire à un associé >. 

(8) Voy. entre autres autres preuves les mentions du Mémoire de 1698, p. 205, 206, 210, 213 de notre édition. 

(9) Inventaire, C. 256, rôle no 5. 



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LX LA QÉNÉRAUTÉ DB XJMOGBS 

calculateurs que j'ai dans mes bureaux, qui calculent avec une facilité prodigieuse, et dont il dirigerait 
et surveillerait les opérations » (1). 

Nous n'avons point trouvé de renseignements positifs sur le traitement dont jouissait l'intendant. 
Nous savons seulement qu'au XVIP siècle, ce traitement lui était payé sur les fonds de la Généralité 
et que la ville de Limoges en faisait la plus, grosse part. Il est possible que plus tard ce traitement 
ait été prélevé sur les fonds de PÉtat. 

Le costume officiel des intendants de Généralité semble avoir été le costume des maîtres des 
requêtes. Toutefois on n'a à cet égard aucune donnée certaine. 

« Nous n'avons pas d'empreinte de sceaux de l'intendance (2); mais il n'est pas sans intérêt de 
relever les dessins et emblèmes successifs qu'ont présentés les estampilles dont on faisait usage 
pour timbrer le papier marqué dans retendue de la Généralité. Nous donnons ci-après la liste de 
celles que nous avons rencontrées au cours de nos recherches. 

> 1674 : une fleur de lis entre deux l affrontées; tout autour la légende gbn. db limogbs. — 
1675 : une fleur de lis entre deux l fleuronnées, au-dessus une banderolle portant le mot GBNéRALiTB; 
au-dessous une autre : db limogbs. — 1676 : une couronne surmontant une fleur de lis; de chaque 
côté, des palmes et des l majuscules entrelacées; à droite et à gauche, deux fleurs de lis un peu 

plus grandes, une banderolle au bas : gbnéraxitb db limogbs (3) — 1706 : un soleil entouré de 

rayons dans une cartouche dont la bordure supérieure porte les mots gén. db limoges; sous la bordure 

inférieure le prix; de chaque côté, entre deux palmes : bail = db 1706 — 1740 : écu semé de 

France, à la bande chargée de trois lions passants; rinceaux; légende au-dessus : g. db limogbs. Il 
est assez singulier de voir les armoiries des comtes de la Marche remplacer les emblèmes royaux 
dans. la Généralité de Limoges, d'autant plus qu'une partie de la Marche appartenait à la Généralité 

de Moulins —1782 : une fleur de lis; au-dessus, le mot limoges; au-dessous la mention fiscale; 

dans le bas une seconde fleur de lis. L'encadrement est formé de rinceaux combinés avec des perles 
ou des besants, et formant une de |sorte collier. Tous les motifs que nous avons sommairement décrits 
offrent de plus des banderolles flottantes ou des bandes droites^ portant l'indication du droit dé timbre 
qui frappe le papier. » 

Quelques noms font saillie dans la liste des intendants de Limoges, mais ce n'est pas toujours en raison des 
services rendus à notre Généralité. Nicolas de Corberon et Jacques de Chaulnes acquirent chez nous la 
réputation [de magistrats intègres et probes. Claude Pellot fut incontestablement un habile administrateur, 
mais qui n'eut guère le loisir de s'occuper du Limousin. Henri Daguesseau fut un honnête homme, mais c'est 
par son fils, le chancelier, que le nom est devenu illustre. Bidé de Grandville et Barberie I de Saint-Contest 
ont marqué leur trace à Limoges par diverses mesures que l'on trouvera rappelées plus loin. Cardin le Bret 
et le marquis de Gourgues sont connus par le zèle violent qu'ils déployèrent, au moment de la révocation de 
l'édit de Nantes, contre les protestants de leur Généralité. Louis de Bernage est l'auteur putatif du Mémoire 
de 1698 que nous avons si souvent cité. Si Boucher d'Orsay et Aubert de Tourny ont rendu de signalés 
services au Limousin, le dernier a acquis à Bordeaux Tillustration qui entoure son nom. Pajot de Marcheval 
a ce très grand mérite d'avoir institué en 1759 la Société d'agriculture de Limoges, qui est, après celle de 
Sennes, la plus ancienne de France (4). Il prépara dignement Turgot qui commença chez nous sa réputation 



(i) Corresp, deCondorcel et de Turgot^ lettre LXXXVI, IS déc. 1772. 

(S) Louis Goibert, Sceaux et armes des villes, églises, cours de Justice des trois départements limouains, dans le Bull, de la Soe. 

arch. du Limousin, XXVI, p. 118. Cf. Cependant, itfid., XXXIII, p. 11 et 19, la mention d'un sceau rond de 30 m. Ecu aux armes de France, 
surmonté d'une couronne fermée. Légende Gén. de limoges. XVIII* s. 

(3) Nous omettons ici et plus loin diverses autres marques de moindre importance décrites par Fauteur. 

(4) Voy. ci-dessous le chapitre IV, sous-chapitre 2. 



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LBS INSTITUTIONS LXI 

d'homme de bien et de réformateur éclairé, et qui eut pour dignes continuateurs Nicolas d*Aine et Meulan 
d'Ablois. 

Mais cette vue d'ensemble reste yague. Il importe d'établir la série chronologique des intendants de la 
Généralité de Limoges, si Ton veut préparer leur histoire. A plusieurs reprises déjà ce travail a été tenté. 
Toutefois, Jean Gervais, dans son Mémoire sur r Élection d'Angotdéme^ 1726 (1), ne commence sa liste qu'en 1656. 
Les Tablettes de Thémis^ que l'on attribue à Louis Chazot de Montigny, 1755 (2), commencent la leur à la fin 
du XVII* siècle. L'ingénieur Cornuau n'a point publié la sienne, mais on la retrouve dans la liasse C. 127 du 
fonds de l'intendance. Elle s'étend de 1657 à 1762. Peut-être a-t-elle servi pour celle qui figure dans le 
Calendrier civil et ecclésiastique du Limousin de 1771, bien que cette dernière ait l'avantage de commencer 
en 1589 (3). 

Les listes publiées depuis la Révolution ne sont ni moins nombreuses ni plus praticables. Celle de M. Gay 
de Vernon dans le tome I du Bulletin de la Société archéologique du Limousin (p. 187), commence en 1589, mais 
ofire beaucoup de lacunes et d'inexactitudes. Plus imparfaite encore est celle de l'ouvrage connu sous le 
nom de Limoges et le Limousin (1865) : elle s'ouvre (p. 119) avec le nom de Bochart de Champigny, 1657. Quant 
aux deux premières éditions du Dictionnaire historique de la France^ par M. L. Lalanne, elles ne signalent 
point d'intendant antérieurement à Nicolas de Corberon, 1640 (4). 

Le catalogue que nous avons dressé, il y a quelques années pour le Bulletin de la Société archéologique et his- 
torique du Limousin (XXXI, 93, et XXXII, 127), ne s'étend que de 1587 à 1694. Il est inexact et incomplet en 
plusieurs points ; mais c'est le premier qui ait renvoyé aux sources et fourni sur chaque intendant quelques 
indications supplémentaires (5).| Quoiqu'il en soit, aucune de ces listes ne saurait sufiire. Celle qui suit fera, 
nous l'espérons, oublier les autres. Elle est l'œuvre de M. Fray-Fournier, membre de la Société archéologique du 
Limousin. Les éléments en ont été réunis de longue main : s'ils ne répondent pas encore à toutes les questions 
qui se posent, ils ont au moins le très grand mérite de condenser en quelques pages les renseignements 
actuellement connus, et de fournir des points de repère précis, des indications bibliographiques abondantes. 

5. — Liste des Intendants de la (Généralité. 

1. — Charles Turquant, sieur d'Aubeterre, 1588 et 1591. 

Originaire du Poitou, conseiller à la cour des aides, reçu maître des requêtes au parlement de Paris eu' 
novembre 1585, il fut envoyé à Limoges, au mois de juin 1588 (6), avec le titre de surintendant en la justice 
et police du haut pays de Limousin, pour s'opposer aux agissements d'Jidme de Hautefort, gouverneur 
militaire de la province, qu'on avait accusé auprès du roi de vouloir livrer la ville aux partisans du duc de 
Mayenne. Dès son arrivée (24 juin), Turquant notifia aux habitants la décision royale qui mettait fin aux 
fonctions d'Edme de Hautefort, et leur fit prêter serment de fidélité au roi (7). Les mesures énergiques qu'il 
prit sur le champ obligèrent le gouverneur à renoncer à la lutte et à s'éloigner. 

(1) Dans les Documents historiques sur l'Angoiimois, 1864, I, p. 543. 

i%) Paris, 2 vol. iii-33. La liste des intendants de Limoges se tronve aa t. II, p. ilO. 

(3) On rattribne à l'abbé Nadaud. Elle a été reproduite ou tout au moins utilisée dans V Annuaire de la HauU Vienne, 1831, 1836 et 
1856, et dans le& Nouvelles éphémérides de Limoges de 1837 où on la met à tort sous le nom de M. Lefebvre. archiviste du département. 

(4) Nous n^avons pu vérifier la troisième édition de ce Dictionnaire récemment parue. 

(5} M. Louis GuU)ert ne s'est occupé que des « Premiers intendants de Limoges » dans le Bull, du Comité des travaux historiques, 
1887, p. 99. M. d'Avenel dans Richelieu et la monarchie aàsolue (t. IV), M. Pierre Clément dans les Lettres de Colbert (t. II) ne s'oc- 
copent que de la période contemporaine de ces deux ministres. C'est donc seulement pour mémoire que nous rappelons leurs listes 
d'ailleurs Incomplètes. 

(6) Les Annales de Limoges dites de 1638 (p, 36i) placent l'arrivée de Turquant à l'année 1587. M. L. Guibert a prouvé (La Ligue à 
Limoges, p. 10) qu il (allait corriger 1587 en 1588. 

(7) De Thou, Hist, unive:\, XI, 43-45. 



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LXII LA OÉNÉRikLITÉ DE LIMOGBS 

En septembre suivant, Turquant rend une ordonnance portant constitution d'un Bureau enThôpital Saint- 
Martial de Limoges (1). Peu de temps après, il quitte le Limousin. On Vy retrouve cependant au commen- 
cement de Tannée 1591. De Limoges il se transporte à St-Léonard, et fait procéder à Tarrestation de 
. plusieurs ligueurs qui, par crainte des rigueurs du pouvoir, s'étaient réfugiés de la première de ces deux 
villes dans la seconde (2). Lors des sièges de St-Yrieix et de Bellac par les ligueurs (mars et mai 1591), 
Turquant est à Limoges et c'est à lui qu'est adressée la lettre du consul Gtônébrias rendant compte des 
incidents qui ont marqué la prise de Bellac (3). 

En décembre suivant, il participe à la répression d'un mouvement populaire qui s'était produit à Limoges 
à l'occasion de l'élection des consuls. Enfermé avec le corps de ville dans la maison commune, il dirige une 
sortie dans laquelle les émeutiers furent mis en fuite (affaire dite des Verrouillats(4). 

Turquant figure dans un arrêt de novembre 1596 avec le titre de conseiller d'État. En 1598 il fut chargé 
d'informer avec le président de Thou sur le fait d'un complot contre la vie du roi. On ignore la date de sa mort. 

2. — Méry de Vie, sgr. d'Ermenonvillt, les Bergeries et Saint-Port, 1589. 

Originaire de Guyenne, frère de Dominique de Vie, gouverneur de St-Denis et de Calais, il fut d'abord maître 
des requêtes de la maison du duc d* Anjou, puis maître des requêtes de l'hôtel (nov. 1586). 

Il arriva à Limoges tout au commencement de l'année 1589 (5) avec le titre de surintendant de justice et 
police, mais chargé en réalité d'assister et de conseiller le jeune Annet de Lévy, comte de la Voulte, qui 
venait d'être nommé gouverneur du Limousin. Dès le mois de février 1589, Méry de Vie entreprend de visiter 
la province, s'abouche avec les chefs des divers partis et travaille de toutes ses forces à l'apaisement des 
esprits. Au mois de mars il est à Brive (6) que l'ex-gouverneur Edme d'Hautefort essayait de soulever. En 
mai on le retrouve à Limoges (7), oii il travaille avec le comte de la Voulte à faire reconnaître Henri IV comme 
légitime successeur d'Henri III. Mais le parti contraire, conduit parl'évêque Henri de la Marthonie, provoque 
une émeute au milieu de laquelle l'intendant faillit être assassiné (15 oct.) (8). Il semble avoir quitté le 
Limousin dans le courant de décembre. 

Nommé conseiller d'État quelque temps après , puis président au parlement de Toulouse en 1597 , 
surintendant de la justice en Guyenne en 1598 ou 1599, il fut nommé en juin 1600 ambassadeur du roi en 
Suisse et négocia avec succès le renouvellement des alliances avec les Cantons. Doyen du Conseil sous 
Louis XIII, il fat chargé de plusieurs missiojis importantes en Poitou et en Guyenne, 1616-1621. Créé garde 
des sceaux en déc. 1621, lors du passage du roi à Bordeaux, il n'occupa ces hautes fonctions que peu de 
temps, étant mort à Poignans le 22 sept. 1622. 



(1) A. Leroux, Invent, des arch. hospitalières de Limoges, I. B. lô. Cf. le Bull, delà Soc, arch. du Limousiny XXXII, p. 127. 

(2) Chronique dite de PAnonyme de Saiat-Léonard, dans A. Leroux, Chartes, Chroniques et Mémoriaux, p. 269-270. 

(3) Lettre d'un consul de la ville de Belat à Monsieur de Turquant, conseiller du roy, intendant de la justice et affaire de sa MaJesU 
au pays de Limosin, contenant le discours du siège du dit Belat, des routtes de la cavalerie du vicomte de la Guierche, deffaict de son 
infanterie, prise de son canon en la ville de Montmorillon et reprise de plusieurs villes et chasteaux, par M. le prince de Compty. 
Tours, Jame Mestayer. 1591-43 45 pp., petit in-So. Réimpr. sous uo titre abrégé par l'abbé Roy-Plerrefltte, dans son ïïist, ds Bellac, p. 
202, et antérieurement dans le Bull, de la Soc, archéol, du Limousin, II, 2i2. 

(4) Annales de Limoges dites de 1638, p. 373. 

(5) L. Guitiert, La Ligue à Limoges, p. XI. Les ligueurs lui opposèrent le sieur Benoist, trésorier géuéral, qui fut investi par Charles X 
(le cardinal de Bourbon) de la charge de t surintendant des finances pour la Ligue dans la Généralité de Limoges et de Bordeaux. » 
Ibidem, p. XII. 

(6) Journal domestique d'Elie de Rofflgnac dans le Nouveau recueil de registres domestiques limousins et marchais, sous presse. 

(7) Ibidem. 

(8) Voy. M. L. Guibert La Ligue à Limoges, p. XXI. 



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LES IHSTITUTIONS LXIII 

3. — Cbarles Torquant, sieur d'Aubatarre, pour la seconde fois, 1591. 
Voy. ci-dessus, sous le n* 1. 

4. — Jean de Thumery, slaur de Boissize, 1594-1596. 

D'une ancienne famille de robe, il fut reçu conseiller au parlement de Paris, le 6 février 1573. En 1581 il • 
fut au nombre des quatorze conseillers envoyés en Guyenne pour y rendre la justice au lieu et place de la 
chambre mi-partie de Bordeaux. Vers la fin de 1593, la duchesse d' Angoulême ayant été nommée gouvernante 
du Limousin (1), à la place du comte de la Voulte envoyé en Languedoc, M. de Boissize, conseiller d'État, fut 
désigné par le roi pour accompagner et assister cette princesse. 

Ce premier séjour à Limoges dut être de courte durée. Mais au milieu de mars 1594, M. de Boissize était 
de nouveau envoyé en Limousin avec le titre de surintendant de justice (2), à l'occasion du soulèvement 
des Crocquans : sa commission s'étendit successivement à la Saintonge et au Périgord (3). Les habitants de 
ces trois provinces ayant député au roi pour lui faire entendre leurs doléances, le départ du surintendant 
fut ajourné jusqu'après une délibération du Conseil qui eut lieu vers le 30 juin (4). 

La mission de M. de Boissize' comportait d'ailleurs un autre objet, non moins essentiel aux yeux du roi : 
la reddition de la petite place de Gimel, l'une des dernières du Bas-Limousin qui fut encore aux mains des 
Ligueurs. Boissize réussit dans cette aflfiaire. Gimel capitula entre ses mains le 23 janvier 1585 ; en 
décembre suivant, les bandes armées qui menaçaient Tulle furent dispersées et par là prit fin la révolte 
des Crocquans (5). 

Pour achever l'œuvre de pacification dont il était chargé, Boissize dut beaucoup négocier. Enfin le 15 
juillet 1596 on le vit en compagnie des consuls de Limoges se porter au devant des Ligueurs proscrits qui 
rentraient dans leurs foyers (6). Les guerres civiles étaient finies en Limousin. 

Un arrêt du conseil d'État du 31 octobre 1596 lui alloua 1443 écus pour frais de mission ; un autre, du 
7 novembre 1597, y ajouta 193 écus 10 sols. En outre, une somme de 330 écus fut assignée à Jean Gallois 
pour « avoir servi de gteflaer sous ie sieur de Boissize, conseiller d'État et superintendant de la justice eu 
Limousin » (7). 

Au mois de septembre 1598, M. de Boissize fut envoyé comme ambassadeur du roi auprès d'Elisabeth 
d'Angleterre. Il y resta quatre années (8). A son retour il reprit sa place dans le Conseil du roi et fut 
honoré par Henri IV et Marie de Médicis de commissions importantes. Il mourut le 27 décembre 1623. 

(1) Voy. dans les Lettres missives de Henri IV, l. IV, p. 82, une lettre du roi (s. d. fin 1593) à la duchesse d'Angoulême. Celle-r:i 
figure encore avec ce titre de gouvernante dans un acte de 1597 menUonnô par M. Noél Valois, Invent, des arrêts du Conseil d*État, 
no 3408. 

(i) Ou superiutendant. C'est ce dernier titre que lui donne le Registre consulaire, III, 21, où il est nommé à l'occasion d'une assein- 
lilée de ville qu'il préside le 7 déc. 1594. 

(3) Les Chroniques de Jean Tarde, p. 326. Cf. les Lettres missives de Henri IV, t. IV, p. 111, 1&4, 481. 

(4) Lettres missives de Henri IV, t. IV, p. 185. 

(5) Annales de Limoges dites de 1638, p. 375. Cf. M. Clément-Simon, Tulle et le Bas-Limoasin pendant les guen^es de religion, 
p. 152 et ss., et ci-dessus les Remontrances de 1594, p. XL VI. 

(6) A. Leroux, Invent, des archives hospitalières de Limoges, II, B, 11. Cf. les Annales de Limoges dites de 1638, p. 376. 

(7) Noél Valois, Invent, des arrêts du Conseil d'État, n« 4009. — Le même ouvrage signale sous le no4304 et sous la date du 31 déc. 
iSQ7 un « arrêt donnant assignation de 1831 écus au sieur Maupeou, maître des comptes et commissaire député à la direction des 
finances dans les Généralités de Guyenne et de Limoges », Il ne semble point toutefois que ce commissaire député puisse être iden- 
tifié avec un commissaire départi. 

(8) Voy. Lafleur de Kermaingant Vambassade de France en Angleterre sous Henri IV : II, Mission de Jean de Thumery, sieur de 
Boissize, — Paris, 1886. 



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LXIV Lk GËNÉRA.LITÉ DE UMOQBS 

5. — Antoine Le Camus de Jambeville, marquis de Maillebois, seigneur de Bruôl, la Malmaison, etc,. 
1602. 

D'une famille originaire du Poitou, fils d'un conseiller au parlement de Paris et petit-fils de Charles 
Le Camus, conseiller au sénat de Milan sous François P% il devint conseiller au grand Conseil 
en novembre 1573, ftgé seulement de 22 ans. Maître des requêtes, il fut départi en 1590 comme 
intendant de justice en Normandie. Conseiller d'État en janvier 1595, il était nommé président au 
grand Conseil eu mai suivant. 

En mai 1602, Le Camus fut envoyé à Limoges comme intendant de justice à l'occasion des troubles 
connus sous le nom d' « émeute de la Pancarte » (1). Ayant fait assembler les habitants il reprocha 
publiquement aux consuls leur manque d'énergie, leur enleva les marques de leur dignité, pro- 
clama d'office six autres consuls et fit punir plusieurs factieux. Mais quelques mois plus tard, 
l'impôt du sol pour livre, qui avait donné lieu à l'émeute, était aboli. D'Aubigné, qui raconte ces 
faits, observe qu'au lieu de s'opposer à la violation de la loi, comme son caractère l'y obligeait. 
Le Camus de Jamb3ville s'était rendu en cette affaire complice d'un abus de pouvoir, et il le qua- 
lifie ironiquement de « magistrat docte en jurisprudence moderne » (2). 

L'ordre une fois rétabli. Le Camus déclara aux habitants que le roi, à raison des brigues aux- 
quelles donnait lieu la nomination des consuls, avait résolu de modifier leur nombre et la forme 
de leur élection, et il les invita à déléguer l'un des leurs à Paris pour y recevoir un nouveau 
règlement à ce sujet (3). .11 semble avoir quitté Limoges peu de temps après ces événements, car 
le 11 novembre 1602, l'évêque Henri de la Marthonie écrivait au roi pour lui représenter la néces- 
sité du séjour d'un intendant dans la province, afin d'y « remettre, redresser et restablir les 
erreurs, diformités et défectuosités qui se retrouvent tant en la justice comme en l'exercice et fonc- 
tions de tous les autres ordres » (4). 

Rentré à Paris, Le Camus de Jambeville fut récompensé de ses services par une charge de prési- 
dent au parlement qu'il conserva jusqu'à sa mort, survenue en 1619. 

6. — Denis Amelot, vicomte de Bisseuil, chevalier, seigneur de Chaillou, Beaulleu et Lusany^ 
1616-1619 (?) 

Fils d'un président aux enquêtes, il était conseiller au grand Conseil, lorsqu'il fut reçu, le 15 
novembre 1610, maître des requêtes. 

Il fut envoyé comme intendant à Limoges en 1616 (5), puis en Saintonge, Aunis et Poitou en 
1623, avec commission spéciale sur le fait des finances; enfin à Lyon en 1630. Devenu doyen des 
maîtres des requêtes, il résigna cette charge en 1651 pour rester conseiller d'État ordinaire. 

Denis Amelot avait épousé en 1604 Marguerite du Drac, et, en secondes noces, Louise de l'Hos- 
pital. Il mourut à Paris le 7 février 1655, et fut inhumé à St-Nicolas-des-Champs. Son portrait^ 
gravé par B. Moncornet (1650), fait partie de la suite dite de Desrochers. 

(1) Registre consulaire de Limoges, III, p. 59. Cf. le Journal de Pierre de PEstoile, édil. de la Haye, 1741, V. p. 358; Mézeray, Abrégé 
chronologique^ avril et mai 160i; De Thou, Histoires, V. p. 1015; L'Hermite de Souliers, Eloges des présidents du Parlement, 
p. 37Ô-378. 

(î) Journal de Pierre de TEstoile, t. V., p. 358. 

(3) Registre consulaire, III, p. 61. 

(4) Lettre de l'évêque à Henri IV, 11 nov. 1602, dans les ArcMves historiques de la Gironde, XIV, 375. 

(5) Morérl, Dictionnaire historique, 1. 1, p. 456. 



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LBS INSTITUTIONS LXV 

7. — Nicolas Le Prévost, sieur d'Amboille, 1621. 

Fils d'un conseiller d'État et maître des comptes, il était né le 25 mars 15M. Conseiller en la 
cour en 1614, maître des requêtes en 1624, il avait épousé en février 1620 Marie Caulon, fille d'un tré- 
sorier de l'extraordinaire des guerres qui, au dire d'Olivier d'Ormesson, procura à son gendre, en 
1621, l'intendance de justice en Limousin (1), et en outre le titre de conseiller de Monsieur, frère 
du roi. 

Nommé conseiller d'État en 1622, Nicolas le Prévost mourut à Paris en mai 1624. Il était beau- 
frère d'André d'Ormesson. , 

8. — Pierre d'Autry-Seguier, 1621. 

A été placé par M. Hanotaux (2) dans la liste des intendants de notre Généralité, à la date indiquée 
ci-dessus.. Cependant ni les chroniques du temps, ni le biographe de ce personnage (3) ne parlent de 
son séjour à Limoges. 

9. — Bazin de Bezons, 1629. 

Il est mentionné comme intendant de la Généralité par Nadaud et par M. le vicomte d'Avenel (4). Ce der- 
nier et dit fils de Théodore Bazin, fermier des gabelles. Nous ne bayons rien de lui. 

10. — René de Voyer, sgr. d'Argenson, chevalier, 1632-1636. 

Né le 21 novembre 1596, fils d'un bailli du duché de Touraine, il fut successivement avocat, puis 
conseiller au Parlement de Paris, et devint conseiller d'État en 1625, maître des requêtes en 1628. 

Intendant d'armée pendant le siège de La Rochelle, intendant du Dauphiné en 1630, il fut deux 
ans plus tard nommé intendant de justice, police et finances en Limousin, haute et basse Marche 
et Poitou (5). Une nouvelle commission, datée du 12 août 1633, étendit son action sur le Berry, la 
Touraine et l'Auvergne (6). En sept. 1632 il rendit une ordonnance dans la querelle de Bellac contre 
Le Dorât (7), querelle envenimée par des chansons injurieuses et des lib^les diflïimatoires. C'est 
lui aussi qui fut chargé de raser les châteaux d'Aubusson, Crozant et La Borne (8). 

Nommé de nouveau intendant d'armée pendant les guerres d'Italie, d'Argenson fut fait conseiller 
d'État en 1643 et redevint, en avril 1644, intendant du Poitou, de la Saintonge et de l'Aunis. En 
juin 1650 il fut envoyé comme ambassadeur auprès de la république de Venise et mourut dans cette 
ville, le 14 juillet 1651. 

11. — Taverier, sieur de Conti, 1638. 

Maître des requêtes au parlement de Paris, il fut envoyé à Limoges, avec le titre d'intendant au 
commencement de l'année 1638 pour assurer la levée d'une taxe extraordinaire de 20,000 livres imposée par 

(i) Sommaire de la vie de Messire Nicolas Le Prévost^ publ. par M. Chéruel dans Tintrod action aux Mémoires d'André Lefèvre 
d^Ormesson. 

(2) Dans le mémoire cité. 

(3) M. René Kerviler, Le chancelier Pierre Seguier, signale seulement son Intendance en Guyenne de 16Î1 à 1624. 

(4) Nadaud, Calendrier de 1771; M. d'Avenel, ouv, cité, p. 435. 

(5) n préside en cette qualité une assemblée du corps de vine, le 8 déc. 1032 (Registre consulaire, HI, 284). Cf. Pierre Robert, 
Première chronique dans A. Leroux, Chartes, Chroniques et Mémoriaux, p. 289, et Dei^ière chronique, ibid,, p. 301. 

(6) Moreri, Dictionnaire historique, t. X, au nom. Cependant le Registre consulaire, cité dans la note précédente, le qnaliûe déjà 
« intendant de justice, poUce et finances en Limousin, Angoumois, Poitou, Auvergne et autres provinces >. 

(7) Mémoires des sieurs Robert, cités par Roy-Pierreflte, Histoire de Bellac, p. 02. 

(8) Moreri, Dictionnaire historique. Cf. Péralhon, Histoire. d'Aubusson, p. 75, note. 

Haute- Vienne. — Série C. Introd. I^ 



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LXVI LA QÉNÉRALITÉ DE LIMOQBS 

le roi sur la ville, et d'une autre de 4 ou 5,000 11. imposée sur Le Dorât (1). Les chroniqueurs locaux, 
qui tous mentionnent son arrivée à Limoges, ne lui assignent pas d'autre but. Pierre Robert signale 
l'envoi qu'il fit d'une forte garnison au Dorât pour contraindre les habitants au paiement de leur 
taxe (2). Il ajoute que l'avocat François Deuze s'étant rendu auprès de l'intendant reçut de lui le 
meilleur accueil; mais comme il allait se retirer, les gens du sieur de Conti le firent prisonnier 
pour garantie de la contribution qu'on exigeait de la ville. 

Taverier de Conti mourut à Limoges même, au mois d'avril 1638. Personnellement, dit un chroniqueur, 
il ne fit pas grand mal; mais il laissa les partisans et leurs commis se livrer à toutes sortes 
d'exactions (3). i 

12. — Guillaume Fremin des Couronnes, 1689-1*643. 

Président au présidial de Meaux en 1627. il reçut commission d'intendant du Limousin en 1639 avec mis- 
sion de recouvrer les impositions dont on venait de frapper la ville (4). Les choniqueurs locaux nous font de 
lui le portrait le moins flatteur : « En mesme temps, dit Pierre Mesnagier (5), arriva M. de Fremin. aussi sa 
femme et sa famille, lequel était un des plus mechans intendans qui fut arrivé en cette ville de Limoges, car 
il rançonnoit d'or et d'argent tous les plus grands de la ville. Les artisans lui font, les nuits, mille algarades 
en la maison qu'il habitait, appartenant à M. Pinot, qui est au-devant de la fontaine du semitierre de St-Pierre 
du Queyroix. Il demeura en ce lieu quelque trois années, et fut contraint de se retirer à Saint-Junien, car 
il craignoit fort estre tué avec sa famille et par les petits artisans, lesquels lui chantaient tout le jour des 
injures. » 

(( Quand il vint à Limoges, disent les Annales des sieurs Goudin (6), il estoit grêlé, n'ayant qu'une meschante 
sotane et une vieille robe pour à laquelle fère des paremens, je lui vandis deux pantes de vieux velours noir. 
En ce temps, les partizans estoient en foule à Lymoges, sans comprendre ceux de la ville ». 

Le témoignage du chanoine Bandel, auteur des Annales dites de 1638, ne contredit pas les précédents : 
€ Après le dit Conti, il en vint un plus meschant et des plus tirantz qu'on [ne] scauroit dire, nommé 
Guilhaume Fremin, lequel vint, sa femme, enfans, jusques à un Jésuitte (7). Il fist des voUeries, exactions, 
faussetés et autres meschancetés tant à Lymoges, villes et plat pays où s'étendoit sa commission, si grandes^ 
que tous en soufFroient. > 

Cependant les bourgeois de Limoges se décidèrent à porter plainte contre lui auprès du Conseil du roi. Leur 
délégué se présenta le 21 mars 1643 porteur d'un mémoire signé de deux ou trois cents noms. Fremin, mandé 
aussitôt à Paris tenta de se justifier et osa réclamer réparation de l'injure qu'on lui faisait. Mais le Conseil per- 
mit d'informer contre lui malgré l'intervention d'un intendant de finances, oncle de sa femme, et du surinten- 
dant. On ne connaît point l'issue des poursuites, mais on sait que Fremin fat condamné, le 28 mai 1643, à 20 11. 

(1) € En l'année 1639 (fiorr. 1638) est arrivé à Limoges un intendant qui avoit femme et enfants, nommé Compty, que le roy avoil 
envoyé à Limoges pour demander 20,000 écus, lesquels lui furent délivrés » Chronique ms. de Pierre Mesnagier. — M. Caillet {De 
Vudmin. en France sous Bicbelieu^ p. 49) parle d'une commission délivrée en mars 1637 à un intendant de Limousin dont il ne donne 
pas le nom. S'agirait-il de Taverier de Conti ou d'un autre personnage ? 

(2) Première chronique dans A. Leroux, Chartes, Chroriiques et Mémoriaux. . . p. 291. 

(3) c Au dit mois d'apvrii [1638] décéda M. de Conti, intendant de la Généralité de Lymoges. Celluy-ci ne fist grand maU toute- 
fois les partisans ou leurs commis venaient en nombre. 11 faudroit un gros volume pour escrire ce qui s*est passé depuis, des exac- 
tions et logementz dont le pauvre peuple a souffert » Ajinales de Limoges dites de 1638, p. 408. 

(4) Annales de Limoges par les sieurs Goudin, dans le Bull, de la Soc, arch. du Limousin, XXXVIII, 178. 

(5) Chronique ms. déjà citée. 

(6) Citées ci-dessus. L'auteur indique quelques-uns des procédés de cet intendant. 

(7) Ce jésuite était-il un précepteur, comme on Pa supposé, ou bien un confessseur ? En tout cas, ne serait-ce point grâce à lui que 
l'appui du nouvel intendant fut obtenu en faveur du collège des Jésuites de Tulle, mal en point à ce moment ? (Voy. M. René Page, 
Le Vieux Tulle, p. 198). 



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LBS INSTITUTIONS LXVU 

de dommages intérêts envers un greffier de Limoges, du nom de Darfeuille, qull avait fait emprisonner sans 
motif et sans jugement (1). 

13. — Nioolaa de Corberon, chevalier, sgr. de Torvilliers, 16431647. 

Né àTroyes en 1608, il tirait son nom d'une terre sise en Bourgogne entre Beaune et Bellegarde. Il avait 
succédé à son père dans la charge de lieutenant particulier au présidial de Troyes. Pourvu en 1634 d'un office 
de conseiller à la cour souveraine de Nancy, il fut fait, en septembre 1636, avocat général au parlement de 
Metz et reçut, peu de temps après, un brevet de conseiller d'État. Nommé maître des requêtes en février 1642, 
il eut quelques mois plus tard commission dïntendant de Limoges, fonctions qu'il parait avoir exercées jus- 
qu'à la fin de 1647 (2) avec une modération et une bienveillance qui lui valurent TafiFection de ses subor- 
donnés (3). C'est lui qui, en mai J648, retraité depuis plusieurs mois, tenta 4e s'opposer à la destruction du 
temple des protestants de Limoges par les écoliers des Jacobins (4). 

Nicolas de Corberon avait épousé Marie Lebel. Il mourut le 19 mai 1650(5). Abel de Saiçte-Marthe, qui était 
son gendre, a publié les Plaidoyers de Messire Nicolas de Corberon (Paris, 1693, in 4^j. 

14. — Jacques de Chaulnes, sgr. de Oulerville, Espinay, Longcormes et autres lieux, 1648. 

Conseiller à la Cour des aides en 1631, intendant d'Auvergne de 1638 à 1643, il dut quitter Clermont 
nuitamment, en mai 1643, pour échapper à des émeutiers qui le poursuivaient. En 1644 il siégeait dans le 
Conseil du roi ; peu de temps après, on le trouve conseiller d'État et intendant de Picardie. Rappelé d'Amiens 
à la fin de 1646, il est nommé intendant de la Qénéralité de Limoges au commencement de 1648. 

Aladate du 3 mars, M. de Chaulnes promulgue une ordonnance assignant les collecteurs des tailles devant le 
président de l'Élection de Limoges, àTeffèt de rendre compte de leur recette (6). Vers la même époque il fait 
loger dans les hôtelleries des gens de guerre de passage à Limoges, et oblige les habitants à payer la taxe 
d'étape (7). C'est à lui que les Capucins s'adressèrent en avril pour obtenir le droit, que leur refusaient les 
consuls, de s'établir dans la ville (8). 

M. de Chaulnes, que Pierre Robert place au nombre de ceux qui furent < gens de bien » (9), quitta ses fonc- 
tions (10) après la déclaration royale de 1648 que l'on va rappeler. 



Déclaration royale du 13 juillet 1648 supprimant la charge d'intendant de justice, police et finances 
dans la plupart des provinces et notamment en Limousin. Cette déclaration ne fut rapportée qu'au 

(1) JaufTial d'Olivier d'Ormesson, 1. 1, p. 11, lî, 19, 57. T. II, p. 812. 

(2) U est mentionné dans nn acte de baptême de décembre 1645 (voy. Ant. Thomas, Invent, des arch. comm, de Limoges, GG. 77) et 
rappelé dans nn arrêt de la Cour des aides de Clermont de 1649 (et non 1650) {Itwent, des arch. dép. de la HauUVienne, G. 
550). — Il est mentionné comme ancien intendant à la date de février 1648 dans le Registre de la Compagnie du Saint-Sacrement de 
Limoges. (Bull, de la Soc. arch, du Limousin, XXXni, p. 64). 

(3) Voy. \SL Dernière chronique de Pierre Robert dans A. Leroux, Chartes, Chroniques et Mémoriaux, p. 301. Les Annales des sienrs 
Goudin parlent (p. 182 du Bulletin déjà cité) d' c armes et dictons qui estoient [sur une place publique de Limoges] sur un marbre 
en lettres d'or devant le palais, entre le portail et la grille des prisons, à l'honneur de Mons. de Corberon, intendant. > 

(4) D'après un eollaboratenr de Limoges et le Limousin, p. 106, sans indication de source. 

(5) D'après l'abbé Nadaud, dans le Calendrier ecel. et civil du Limousin de 1771. 

(6) Inventaire, C. 100. 

<7) Registre consulaire, III, 350. 

(8) Itfidem, III, 351-352. 

C9) Dernière chronique déjà citée, p. 301. 

CIO) Registre consulaire, III, 351. 



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LXVIII LA GÉNÉRALITÉ DB LIMOGBS 

commencement de Tannée 1634. Cependant il y eut à Limoges, dans cet intervalle, durant plus d'un an, un^ 
intendant de finances, qu'il faut signaler. 

15. — Etienne Foullé, allas PauUé, 1649-1650. 

On ne sait rien des origines de cet intendant. Il parait être venu à Limoges au commencement de 1649 et 
y être revenu quelques mois plus tard, accompagné cette fois d'un financier bien connu, Martin Tabouret^ 
traitant des tailles (1). Son premier soin fut de rassembler plusieurs compagnies de soldats et d'archers avec 
lesquelles il parcourut le Bas-Limousin d'abord, la Basse-Marche ensuite. Il allait de paroisse en paroisse^ 
rançonnant les populations et semant partout la terreur (2). Des ordonnances qu'il rendit, les 22 et 24 février 
et I mars 1650 (3), édictaient les peines les plus sévères contre quiconque résisterait à ses exigences. La 
contrainte pour solidarité par garnison ne lui paraissant pas assez expéditive, il donna licence à ses 
troupes de brûler et de démolir partout oii ils rencontreraient de la résistance à leurs réquisitions, en 
dressant procès-verbal pour leur décharge. Il alla jusqu'à menacer dans certaines paroisses de retenir les 
notables comme otages. A Tulle il rendit des jugements et prononça des condamnations avec Taide de 
quelques officiers du présidial qu'il avait sans doute terrorisés (4). 

Cependant le parlement de Bordeaux s'émut de ces violences et rendit, le 18 mars 1650, un arrêt cassant 
les jugements et ordonnances de Foullé et renouvelant la défense déjà faite aux gens de guerre de 
s'employer au recouvrement des tailles (5). Les considérants de cet arrêt, quoique visiblement empreints 
d'exagération, ne témoignent pas moins de l'extrême dureté avec laquelle l'intendant avait traité ses 
administrés. « Depuis quelque temps, y est-il dit, le sieur Foullé, cy-devant intendant dans cette province, y 
est de retour et sous prétexte de la qualité d'intendant des finances de France, laquelle ne lui baille aucune 
juridiction contentieuse, présupposant que la fonction de la justice et des finances se trouve réunie en sa 
personne par les charges de msuitre des requêtes et d'intendant, a formé des jugements, baillé des 
ordonnances, etc. > L'arrêt du parlement de Bordeaux reproche encore à Foullé a d'avoir porté le 'flambeau 
de la désolation dans plusieurs paroisses, ruyné et bruslé tous les villages et converty une partie du Bas- 
Limousin et la mieux peuplée en un désert] effroyable >, — et il le cite à comparaître, avec les magistrats 
qui lui ont prêté main-forte, devant des commissaires députés à cet efifet. 

Néanmoins, au mois de juin suivant, on voit Foullé, Tabouret et un certain Brice, receveur général, 
obtenir du Conseil du roi le transfert à St-Léonard du Bureau des finances de Limoges (6). Leurs excès se 
prolongèrent longtemps, car, en décembre 1651, Tabouret èe trouvait encore en Limousin. Il était alors sur 
le point de faire banqueroute. Colbert, chargé de gérer les afiaires personnelles du cardinal Mazarin, envers 
lequel Tabouret était débiteur de 50.000 livres, envoya un agent en Limousin pour contraindre le financier 
à se libérer (7). Mais à cette date, la trace de Foullé est depuis longtemps perdue pour nous. 

Il n'a pas été possible de vérifier s'il y a identité entre notre Etienne Foullé et un personnage du même 
nom qui fut intendant de Montauban en 1638, et un autre qui. en 1666, comme maître des requêtes au 
conseil d'État préside à la réception de J. N. Foucault dans ce corps. 



(1) Mentionné déjà en 1648, au temps où M. de Cbaulnes était intendant, dans un passage du Registre cansulcUre, III, 380. On le 
retrouve plusieurs fois dans le Journal du consul Lafosse, publié par M. L. Guibert. 

(2) Dernière chronii^ue de Pierre Robert, déjà citée, p. 302; Annales des sieurs Goudiu, déjà citées, p. 485 et 487. 

(3) Arrêt de la cour de parlement de Bordeaux portant cassation des jugements^ condamnations et ordonnances du sieur Foulé; 
ensemble instructions et dépenses aux gens de guerre de s'employer pour la levée des tailles, Paris 1$50, in-4o de buit pages. 

(4) Ibidem, 

(5) Ibidem, 

(6) Annales des sieurs Goudin, p. 188. Cf. ci-dessus p. XLIX, note 6. 

(7) Lettres de Colbert, 1. 1, p. 178. 



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LBS INSTITUTIONS LXIX 






16. — François Boohart, chevalier, sgr. de Saron de Cbampigny, 1654-1658. 

Issu d'une famille noble de Bourgog'ne, il était fils d'un premier président au parlement de Paris 
qui devint surintendant des finances et ambassadeur du roi à Venise. 

D'abord conseiller au grand Conseil, puis maître des requêtes, il fut fait en 1637 intendant de 
Provence. La Dernière Chronique de Pierre Robert (1) semble placer son arrivée à Limoges au commencement 
de l'année 1654. Mais peut-être faut-il la reculer jusqu'aux dernières semaines de 1653. Bochart de 
Champigny eut aussitôt maille à partir avec les trésoriers de France, qui avaient voulu ïnodifier une 
de ses ordonnances. Il les fit interdire au Conseil (2). Le 5 janvier 1654 (3), il présida l'audience 
solennelle tenue par la cour sénéchale et présidiale de Limoges pour la publication des lettres de 
gouverneur du Limousin données par Mazarin au maréchal de Turenne, au lieu et place de l'archevêque 
de Bourges (4). 

Le 15 décembre 1655, Bochart de Champigny se rendit à Rochechouart pour faire exécuter, au refus du 
marquis de Pompadour, seigneur de la ville , ll'arrêt du conseil d'État qui restituait aux protestants de 
l'endroit l'exercice public de leur culte (5). En 1658 il fut chargé de faire exécuter une décision du 
Conseil privé annulant, à la requête du procureur du roi, pour cause d'irrégularités, l'élection des 
consuls de Limoges du 7 déc. 1657 (6), — et un arrêt du conseil d'État dti 20 fév. 1658, ordonnant de 
surseoir à de nouvelles élections jusqu'à ce que les parties eussent été ouïes (7). 

De Limoges, Bochart de Champigny fut transféré à Lyon et cumula cette intendance avec celle de 
Grenoble. Il reçut en même temps le titre de conseiller d'État. Il mourut en novembre 1665, étant 
tombé par accident dans la Saône. C'était, au dire de Lefèvre d'Ormesson, un homme fort habile, 
très honnête et peu fortuné. Il avait épousé Marie Luillier, 'fille d'un procureur général à la Cour 
des comptes. 

\ 

17. - Claude Pellot, 1658-1664. 

Claude Pellot, fils d'autre Claude Pellot, bourgeois de Lyon, naquit dans cette ville en novembre 
1619. Vers la fin de l'année 1639 il entra dans la famille de Colbert par son mariage avec d"® Claude Le 
Camus, proche parente du futur ministre. En 1641 il obtint, moyennant une dispense d'âge, une charge de 
conseiller au parlement de Normandie, charge qu'il exerça jusqu'en 1648. Reçu maître des requêtes en décem- 
bre 1653, il fut appelé au milieu de l'année 1656 à l'intendance de Grenoble où il débuta par une mission toute 
politique. Son crédit s*accrut rapidement à tel point qu'en avril 1658 il fut chargé des deux intendances de 
Poitiers et Limoges. Mais envoyé presque aussitôt à l'armée de Catalogne pour y recueillir les plaintes portées 
contre certains officiers à la suite d'une déroute, il fut retenu jusqu'au mois d'octobre par cette lointaine 
mission. 



(1) Déjà citée, p. 307. 

(£) Dernière chroniquey déjà citée, p. 307. 

(3) Harangue prononcée par Henri de Périère, sieur de la Gardelle, en Vaudience de la sénéchaussée et siège présidial de Limoges, y 
présidant M, de Champigny^ commissaire départi en la Généralité de Limoges^ sur la présentation et puàlication des lettres de très 
haut et très puissant prince Henri de la Tour d'Auvergne^ vicomte de Turenne^ maréchal de France^ pour le gouvernement du Haut et 
Bas-Limosin, le ^janvier 1654. — Limoges, Martial Chapoulaud, in-i2. 

(4) Voy. sur ce point une note dans le BulL de la Soc, arch, du Limousin^ XXXn» p. 136. 

(5) Registre de famille des Labmuye dans les Livres de raison.*.. limousins et marchois publiés par M. L. Gulbert, p. 244. 

(6) Registre consulaire., lU, 385, 387, 388. 

(7) IHdem, 390, 391, 393 



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LXX LA QÉ^^RAUTÉ DB LIMOGBS 

Son premier voyage à Limoges eut pour but de faire exécuter un arrêt du Conseil qui cassait l'élection 
des consuls élus en décembre 1657. Suivant la Chronique de Pierre Mesnagier (1), Pellot pénétra de vive force 
dans la maison commune et remit en fonctions les anciens consuls. Le 7 décembre 1659, il présida à l'élection 
des nouveaux magistrats consulaires et, le lendemain, rendit compte de cette opération au chancelier Séguier 
dans des termes très flatteurs pour les nouveaux élus (2). 

La ville et la cité de Limoges ayant été taxées à 30,000 livres de don gratuit à Poccasion du mariage du roi 
avec Pinfante Marie-Thérèse, Pintendant vint lui-même de Poitiers, à la fin de décembre 1660, hâter le recou- 
vrement de cette somme, et fut encore contraint d'employer des moyens de rigueur (3). 

Dans une lettre datée de Niort, 21 nov. 1661, Claude Pellot fait part au chancelier des résultats du procès 
intenté par ses ordres à des particuliers du Limousin inculpés d'avoir perçu illicitement des droits sur les 
liquides (4). Huit jours plus tard, il intervient auprès du ministre en faveur des sieurs d*Argental, Croisât et 
Bagnol, anciens consuls de Limoges, poursuivis pour malversations. L'intendant déclare qu'il y a 
€ plus d'animosité dans leur accusation que de crime de leur costé », et ne voit dans les faits repro- 
chés que des pratiques abusives (5). 

On sait la part importante que prit Claude Pellot à la disgrâce de Fouquet. C'est lui qui fit conduire à 
Limoges et interner dans un couvent la femme du surintendant (6). 

Averti par les plaintes des victimes que le marquis de Ladouze et plusieurs autres gentilshommes du Péri- 
gord gageaient des gens pour aller < lever la gerbe », c'est-à-dire voler le blé des paysans du Limousin, Pinten- 
dant fit surveiller ces malfaiteurs, se proposant, écrit-il, « d'en faire un beau coup de filet pour la chaîne >. 
Plusieurs furent pris et traduits devant le siège royal de Bellac. Pellot présida lui-même l'audience dans 
laquelle cinq des coupables (et parmi eux le capitaine Latreille) furent condamnés aux galères (7). 

Au mois d'octobre 1662, Claude Pellot fut pourvu de l'intendance de Montauban qu'il cumula, durant quinze 
mois, avec celles de Limoges et de Poitiers. Quels que fussent son activité, réputée prodigieuse, et ses réels 
talents d'administrateur, il ne pouvait traiter personnellement les multiples affaires d'un si vaste territoire. 
Aussi dut-il se faire suppléer, au moins pour les finances, par des subdélégués. 

« Quant aux Grénéralités de Poitiers et de Limoges, — écrit-il, le 9 janv. 1663, au chancelier dans une lettre 
datée de Montauban, (8) — il y a en chacune deux trésoriers de France qui travaillent en mon absence à 

l'exécution des ordres du roi et du Conseil. Dans la première sont et dans l'autre sont MM. Rigoulène 

et Chastagnat, lesquels m'informent de ce qu'ils font. » Dès ce moment, l'intendant, qui d'ailleurs n'avait 
jamais eu de résidence fixe à Limoges et n'y avait fait que de courts séjours, paraît avoir résidé constamment 
à Montauban. En janvier 1664 il recevait une nouvelle commission d'intendant de Bordeaux et de Montauban, 
situation qu'il occupa jusqu'à sa nomination comme premier président du parlement de Normandie en 
janvier 1669. 

Claude Pellot, qui avait épousé en secondes noces Madeleine Colbert, nièce de sa première femme, mourut 



(1) Cette Chronique (ms. n» 18 de la Bibliothèque commanAle de Limoges) ne précise pas Tépoque de TarriTée de Glande Pellot 
à Limoges. Il est difficile de dire s'il prit possession de sa nouvelle intendance avant son départ pour la Catalogne ou bien au retour. 
La seconde supposition parait plus probable. 

(2) Lettre publiée par M. G'Reilly dans ses Mémoires sur Claude Pellot^ I, 321. 

(3j Chronique dite de dom Col, citée par M. L. Guibort, Registre consulaire, m, 399, note et 401 note. 

(4) 0*Reilly, Mémoires sur Claude Pellot, I, p. 3Stt. 

(5) Ibidem, p. 32S. 

(6) Ibidem, p. 168. 

(7) Lettre du 8 avril 1662, ibidem, p. 279. 

(8) Ibidem, p. 387. 



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LES INSTITUTIONS LXXI 

à Paris le 3 août 1683. Un écrit du temps nous dit de lui : « Il aimoit les gens de lettres et avoit une grande 
bibliothèque. Il avoit un esprit sublime et étoit fort capable de gouverner, car il étoit grand politique. » 

On connaît trois portraits de Claude Pellot : l'un est gravé par Tournheysen, l'autre par Noblin, le troi- 
sième par Beaufrère, tous trois in-folio, sans date. 

18. — Ciiarles Le Jay, baron de TiUy et de la Maison-Rouge, sgr. de Ckmflans, 1664-1665. 

Il appartenait à une famille de robe originaire de Paris, et était neveu de Nicolas Le Jay, premier 
président du parlement de Paris. Son père était Jacques Le Jay, conseiller d'État. Nommé lui-même 
conseiller au grand Conseil, le 20 août 1638, il fut reçu maître des requêtes le 28 février 1642, et figure dans 
le (( Portrait » des membres de ce corps avec cette note : « Honneste homme, d'agréable rencontre, qui donne à 
la faveur». Appelé à Tintendance de Tours en 1661, il passa en décembre 1662 à celle de Bordeaux, d'où il 
fut transféré en janvier 1664 à celle de Limoges, par permutation avec Claude Pellot. 

Le Jay administra notre Généralité jusques vers le milieu de l'année 1665, époque à laquelle il paraît 
avoir définitivement quitté les intendances. Il mourut en novembre 1671. 

19. — Jacques-Honorô Barentin, chevalier, vicomte de la Motte, baron de Mauriac, sgr. d'Ardivilliers, 
Maisoncelles et autres lieux, 1665. 

D'abord conseiller au parlement de Paris. Le Tableau du parlement dit de lui : « Bon juge, qui s'applique à 
sa charge et qui seroit tout-à-fait honnête homme s'il n'était gendre de Boislève ». Maître des requêtes en 
février 1665, il fut appelé au mois de mai à l'intendance de Limoges (1) qu'il cumula avec celle de Poitiers. 
De 1666 à 1669 il administra seulement la Grénéralité de Poitiers, d'oii il fut révoqué. 

Oncle de Mad. de Louvois, gendre de Tintendant des finances Boislève, il obtint, en janvier 1686, une 
pension de conseiller d'État. Il mourut le 1®' mars 1689. 

20. — Henri D3.guesseau, 1666-1669. 

Il était fils d'Antoine Daguesseau, premier président au parlement de Bordeaux. Il débuta comme 
conseiller au parlement de Metz et fut reçu maître des requêtes en septembre 1660, à l'âge de 23 ou 24 ans. 
Peu de temps après il acquit une charge de président au grand Conseil et, dans une question de finances 
dont il était rapporteur, osa conclure contrairement aux vues de Colbert. Le ministre conçut du jeune 
magistrat une opinion si avantageuse qu'il le nomma, en décembre 1665 (2), sans même le consulter, à 
l'intendance de Limoges qui était justement vacante. 

Daguesseau ne prit possession de son nouveau poste qu'au mois d'août 1666 (3). La même année, il eut à 
procéder sur les usurpations de noblesse (4). Il laissa en Limousin, comme dans toutes provinces qu'il eut 
à administrer, les meilleurs souvenirs. « Aucun besoin, dit son fils, aucune affliction des peuples n'échappa 
à sa vigilance. Il entrait dans les moindres détails non-seulement sur ce qui regardait les impositions et la 
levée des droits du roi, mais sur tout ce qui pouvait contribuer à relever l'agriculture, à faire fleurir 
l'industrie, à faciliter et à perfectionner le commerce > (5). 

(i) Journal d'Olivier Lefèvre d'Ormesson, II, 359. Cf. la Chronique dite de dom Col. 

(2) Journal d'Olivier Lefèvre d'Ormesson, II, 428. 

(3) Dans son Discours sur la vie et la mort, le caractère et les mœurs de M, d'Aguesseau^ êonseiller d'Etat (1710), le ctiaii(5elier dit 
expressément que son père prit possession de l'intendance c vers la an de 1665 >, et il ajoute un peu plus loin qu*il l'administra A 
peine trois ans. U y a là une légère diflaculté qu'éclaircit un passage de la Chronique dite de dom Col, fixant l'arrivée de Daguesseau 
an mois d'août 1666. Jusqu'au mois d'août 1669, U y a justement trois ans. Le chancelier a confondu la date de nomination avec la 
date de prise de possession. — L'abbé Nadaud (Calend. eccl, et civil du Limouûn pour 1771) fait figurer Daguesseau comme intendant 
de Limoges c pour la seconde fois > en 1667. C'est là une erreur. 

(4) Yoy. les rôles publiés en appendice de chacun des quatre volumes du Nobiliaire limousin de MM. Roy-Pierrefltte et Lecler. 

(5) Discours sur la vie, déjà cité. Cf. une lettre de Daguesseau aux échevins de Saint- Yrieix, 19 août 1668, dans le DulU de la Soc. 
areh, du Limousin, IV. 160. 



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LXXII LA GÉNÉRALITÉ DE UMOGES 

Durant son séjour à Limoges, il lui naquit une fille et un fils. Celui-ci, baptisé le 28 novembre 1668 en 
Fégrlise Saint-Pierre-du-Queyroix, fut Henri-François Daguesseau qui devint chancelier de France (1). 

Les hautes qualités dont il avait fait preuve valurent à Henri Daguesseau d'être appelé, au mois d'août (2), 
à rintendance de Bordeaux, l'une des plus importantes du royaume. Il l'administra pendant trois années, s'en 
démit pour raison de santé, mais accepta en 1673 celle du Languedoc. (Conseiller d'État depuis 1683 il fut, à 
partir de 1687, chargé de diverses missions dans les provinces, entra en 1695 au Conseil des finances et mou- 
rut en 1716. 

Boileau, qui fut son ami, a dit de lui : « C'est un homme qui désespère l'humanité; il me paraît si estimable 
qu'il en est haïssable. Comment pourraîs-je aimer un mortel sur qui la satire ne peut trouver aucune 
prise ? >. 

21. — Nicolas Dorieu, 1669-1671. 

Fils de Jean Dorieu, président en la Cour des aides de Paris, il fut reçu maître des requêtes en décembre 
1665 et nommé, l'année suivante (3), à Tintendance de Soissons. 

Appelé en août 1669 à l'intendance de Limoges, il arriva dans cette ville le 20 octobre (4). C'est sous son 
administration que furent appliqués, à titre provisoire, les nouveaux règlements sur les manufactures édictés 
par la royauté (5), et que furent reconstituées plusieurs forêts de la Basse-Marche et de TAngoumois (6). Dorieu 
mourut à Limoges en 1671 (7). Siméon Poillevé, avocat au présidial de cette ville, lui avait dédié, quelque 
temps auparavant, des vers latins composés à l'occasion de l'élection de Clément X au pontificat. 

22. — Antoine de Ribeyre, sieur d'Homme, 1671. 

Né le 10 février 1632, il était fils d'un lieutenant général au présidial de Riom. Il avait épousé Catherine de 
Novion, fille de ce Potier de Novion qui présida les grands jours d'Auvergne et que Fléchier nous a fait connaî- 
tre à ce titre. Si l'on en croit Olivier d'Ormesson, Colbert aurait lu au roi un mémoire qui lui était adressé, 
« par lequel on blâmait le choix de M. de Novion à cause de ses deux gendres Tubœuf et Ribeyre. . . . parce 
qu'on n'oseroit se plaindre d'eux, quoiqu'ils aient pillé la province [d'Auvergne] ». 

Conseiller au parlement en mai 1657, maître des requêtes en mai 1667, Ribeyre fiA appelé en 1671 à l'inten- 
dance de la Généralité de Limoges (8). Mais dès janvier 1672 il passait à celle de Tours qu'il occupa jusqu'en 
avril 1674. Lieutenant civil au nouveau Châtelet, président au grand Conseil en 1679, il succéda en février 
1689 à Foucault dans l'intendance de Poitiers. Conseiller d'Etat en 1695, il mourut en octobre 1712. 

23. — Henri de Nesmond,8gr. de St-Dysan et de Breuilpontj 1672 

Issu vers 1634 d'une famille de robe de l'Angoumois, fils d'un président à mortier au parlement de Paris, 
cousin de Balzac et de Lamoignon de Bâville, il fut nommé conseiller au parlement de Paris en 1656. Il figure 



(1) Aut. Thomas, Invent, des arch. comm. de Limoges, GG. 67. — L'intendant figure, l'année précédente, dans un autre registre de la 
môme parroisse, comme parrain d'un enfant d'Etienne Lefebvre son secrétaire (iM., GG. 20). 

(2) Journal d'Olivier Lefèvre d'Ormesson, II, 571. — Le dernier acte que l'on connaisse de son administration est un visa de l'étal 
des revenus domaniaux du roi en Limousin, dressé en mai 1669 (Ant. Thomas, Invent, des arch, comm. de Limoges^ CC. 12.) 

(3) Et non en 1667, comme l'affirme M. P. Clément. Voy. la Revue nolfiliaire, t. llï. de la nouv. série, p. 218. 

(4) D'après l'abbé Nadaud, Calendrier eccl, et civil du Limousin pour 1771. 

(5) Lettres de Colbert, t. II, p. 590. 

(6) Ibid&m, t. IV, p. 228. 

(7) Ibidem, t. II, p. 444 note. 

(8) Liste des intendants par M. P. Clément, au t. II des Lettres de Colbert, 



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LES INSTITUTIONS LXXIII 

dans le Tableau du parlement fLvec cette mention : a Est habile, scait te droit, acquiert du crédit et de Testime 
autant pour la considération de sa personne que de son alliance est fort retenu et fort sage >. 

Reçu maître des requêtes en 1665, il fut appelé en janvier 1672 à Tintendance de Limoges. Il ne put malheu- 
reusement, comme le lui prescrivait le contrôleur général (1), étudier les moyens de réduire dans sa Généra- 
lité les frais de recouvrement des tailles et de s'opposer aux empiétements de la noblesse-, la mort le surprit 
le 3 avril, deux mois après son arrivée à Limoges (2). 11 avait épousé en janvier 1666 Catherine Boucherat, 
fille du chancelier de ce nom. 

24. - Turgot de Saint-Clair, 1672. 

Il fut nommé à l'intendance de Limoges en avril 1672, mais n'accepta point ce poste par raison 
de santé (3). 

23. — Joseph Bidé, sieur de la Orandville, 1672-1676. 

Conseiller au grand Conseil depuis 1660, maître des ^quêtes en 1671, il fut nomméà lintendance de 
Limoges en mai 1672, au lieu et place de Turgot de Saint-Clair non acceptant ^4). 

Dès son arrivée il prit l'initiative de mesures tendant à la diminution des frais de recouvrement des tailles 
et, dans ce dessein^ il réduisit d'un quart le nombre des porteurs de contraintes (5). A défaut de grandes 
réformes qu'il n'était pas en son pouvoir d'accomplir, il tenta du moins de redresser quelques-uns des plus 
graves abu^ en matière de finances et d'impôt, et n'hésita pas à frapper haut pour l'exemple. Le receveur des 
finances de Limoges venait justeftient, dans un mémoire adressé au ministre, de dénoncer les méfaits et 
plusieurs gentilshommes. Saisi de cette plainte. Bidé de la Grandville contraignit l'un d'eux à rembourser à 
ses vassaux les droits de corvée indûment perçus (6). Il ne montra pas moins de sévérité à Tégard des 
anciens consuls de Tulle, coupables de malversations dans le maniement des deniers de la ville, et leur intenta 
des poursuites en restitution (7). Une autre fois, il contraignit un procureur qui avait contrefait son nom et 
son écriture à faire publiquement amende honorable (8). 

Cependant l'énergie de cet intendant fut un jour en défaut. Des mouvements séditieux s'étant manifestés 
aux environs d'Angoulême, Bidé de la Grandville s'y transporta, mois revint presque aussitôt en grande 
hâte à Limoges, d'où il expédia au contrôleur général un rapport alarmant. Colbert lui reprocha très vivement 
ses frayeurs qu'il taxa d'imaginaires, et blâma sa fuite qui lui parut susceptible d'exciter la hardiesse des 
émeutiers. L'intendant dût, au bout de quelque temps, retourner sur ses pas. L'émeute qui s'était étendue 
jusqu'à Rochechouart et »St-Germain-les-Belles, ne prit fin qu'après plusieurs rencontres dans l'une desquelles 
les rebelles osèrent charger les troupes du roi (9). 

L'application d'un nouvel impôt sur les papiers et les parchemins (10), la réforme du régime deç forêts et 



(i) Leltres de Colbert, t. II, 249. 

(2; A. Thomas, Invent, des arch. comm. de Limoges, GG. 84. 

(3) Lettres de Colbert, VI, 293. 

(4) C'est par erreur que Tabbé Nadaud fait de Bidé de la Grandville le successeur de M. de Gourgues raeuliouné plus 
loin sous le d» 30. 

(«) Lettres de Colbert IV. 7i. 

(6) Lettres de Colbert, II, 324. 

(7) Depping, Corresp. administrative, • 

(8) Lettres de Colbert, II,«49. , 

(9) Pour tous ces faits voy. les Lettres de Colbert, II, 360 et 367, et le Pegistre de famille des Labrunje,déjA cité, p. 256 des Livres de 
raison limousins et marchois, publiés par M. L. Guibert. 

(iO) Lettres de Colbert, II, 335. 

Hadtb-Vienxe. — Série C. Introd. X 



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LXXIV LA. GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

notamment de la forêt de la Braconne en Angoumois (1), le projet d'établissement^de manufactures à Brive et 
à Tulle (2) comptent parmi les plus importantes affaires sur lesquelles s*exerça l'activité de Bidé de la 
Grandville. 

Mis une première fois en relations avec Baluze à l'occasion des nég-ociations entamées avec Tabbaye de Saint- 
Martial pour la cession de ses manuscrits à Colbert, l'intendant eut encore à assister le savant bibliothécaire 
dans la prise de possession de ses bénéfices (3). 

Bidé de la GrandvilUe était présent, le 1*"* septembre 1674, à l'assemblée du ban et de l'arriére^ban de la 
noblesse du Limousin (4). Il ne quitta Limoges qu'en 1676. 

26. — Michel-André Jubert de Bouville, 1676-1678 et 1689-1694. 

La maison de Jubert, Jobert ou Joubert était originaire du Limousin et prétendait avoir pour tige un 
seigneur anglais fixé à Saint-Yrieix vers la fin du XIP siècle. Quelques branches s'établirent en Angoumois, 
en Poitou et en Normandie. Mais Michel-André naquit à Paris et fut baptisé le 21 juillet 1652 en l'église Saint- 
Merry. Il était fils d'un intendant du Berry, Jacques Jubert de Bouville. 

Reçu avocat général en la Cour des aides de Paris à l'âge de 19 ans, il était pourvu 10 ans plus tard (mars 
1674) d'un office de maître des requêtes, puis nommé intendant du Limousin le 6 avril 1676 (5). De Limoges 
il fut transféré, le 11 octobre 1678, à l'intendance de Moulins, puis à celle d'Alençon, le 23 septembre 1682 (6). 
Enfin le 28 janvier 1689 il fut envoyé pour la seconde fois à Limoges. 

Durant ce second séjour en Limousin, sa correspondance avec le contrôleur général le montre partisan des 
rigueurs dans la levée des impôts (7), néanmoins préoccupé de soulager la population éprouvée par une 
disette de plusieurs années, mais aussi fort désireux de quitter une province oii il se sent comme exilé. Il se 
plaint que les affaires de la marine l'obligent à une infinité de voyages hors de la Généralité, et sollicite une 
pension (8). Les Registres consulaires conservent quelques-uns de ses exécutoires (9). 

Ce fut seulement le 20 juin 1694 que Jubert de Bouville fut appelé à l'intendance d'Orléans qu'il occupa 
jusqu'en août 1709, après avoir été fait conseiller d'État en octobre 1696. Il mourut le 3 décembre 1720 dans sa 
terre de Bizy-en-Bellevue, érigée pour lui en marquisat depuis 1675, et fut enterré en Téglise de Vernon. Son 
portrait (gr. in-f*. s. d.] a été gravé par Beaufrère. 

27. - Louis Bazin de Bezons, 1678-1680. 

Fils de Claude de Bezons, intendant du Languedoc et membre de l'Académie française, il fut nommé en 

(1) Lettres d€ Colbert, IV, 229. 

(2) Ibidem, II, 3irf: « Il sera très avàutageux aux peuples que vous appuyiez l'establissement des mauufactures qu*on doit com- 
mencer à Brive et à Tulle, n'y ayant rien qui puisse plus facilement produire de l'argent dans les provinces que ces sortes d*establis- 
sements. (Lettre à l'intendant de Limoges, 24 août 1674). On ne sait malheureusement pas de quelle sorte de manufactures il s'agit, 
ce qui est une raison de croire qvio leur établissement n'eût pas lieu. 

(3) Ibidem, VI, 71 et Vil, 68. 

{h) Chronique ms. de Pierre Mesnagier — Cf. la mention, vers la même époque, de M^e l'intendante dans la Chronique des Ursulines 
de Limoges (Abbé Lecler, Chron. eccles, du Limousin, p. 167.) 

(o) Généalogie de la maison de Jubert, daus la Revue historique et nobiliaire, VL Le 2 mai de l'année suivante 1677, il faisait baptiser 
en l'église Saint-Maurice par l'évéque même un lils nouveau né (Ant. Thomas, Inv. des arch. comm. de Limoges, GG, 88.) 

(6) A ce premier séjour appartient une ordonnance du dit intendant, déchargeant le sieur Bousquet deSaint-Pardoux des droits de 
fraucs-fiefs, 1684 (dans VInvent, des Archives dép, de la Corrèze, C. 250). 

(7) Correspond, des contrôleurs généraux, I, p. 183. * 

(8) Correspond, des contrôleurs gêhèraux, I, p. 277. 

(9) Registre consulaire, IV, p. 6i, à propos d'une ordonnance royale qui énonce les officiers exempts de logements militaires; 
— p. 66, à propos d'un arrêt du Conseil portant levée d'une nouvelle imposition pour l'ustensile de guerre. 



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LES INSTITUTIONS LXXV 

1666 conseiller au parlement et reçu maître des requêtes en 1674. Quatre ans plus tard, en octobre 1678, il fut 
appelé à Tintendance de Limoges. 

En avril 1679, on le voit chargé par Colbert d'acheter, à la foire de Châlus, les plus beaux poulains pour les 
haras royaux, avec recommandation de les payer un prix rémunérateur pour encourager les éleveurs (1). En 
janvier 1680, il règle un différend qui s'était élevé entre les consuls de Limoges et M. du Saillant, sénéchal du 
Limousin, au sujet de sa réception (2). En novembre suivant, il reçoit l'ordre de rechercher certains particu- 
liers accusés de concussion dans la réparation des chemins publics (3). 

Envoyé à Orléans en janvier 1681 (4), puis à Bordeaux en mars ou avril 1686, Bazin de Bezons y resta 14 
ans. Nommé conseiller d'État dès l'année 1686, il mourut fort estimé de la cour et aimé de ses administrés, 
le 9 août 1700 (5). 11 était frère du maréchal de Bezons et d'Armand de Ûezons, archevêque de Bordeaux. 

28. —Pierre Cardin Le Bret, sieur de Placourt, Pantin et autres lieux, 1681-1683. 

Fils et petit-fils de conseillers d'État, il fat lui-même nommé conseiller au grand Conseil en 1668 et maître 
des requêtes en 1676. En janvier 1681, il arrivait comme intendant à Limoges. 

Les premières instructions qu'il reçut furent de rechercher tous ceux qui, sous prétexte de péage, vinage, 
doubles droits seigneuriaux, etc., levaient indûment des impôts, et de réprimer les ce petits gentilshommes et 
coqs de paroisses » qui foulaient les populations rurales (6). L'enquête à laquelle l'intendant dut procéder 
révéla les plus fâcheux excès de pouvoirs chez bon nombre de nobles. Un peu plus tard, Cardin Le Bret eut à 
s'occuper de certains officiers de l'Élection d'Angoulême accusés d'émission de fausse monnaie, et il agit 
contre eux avec vigueur. L'affaire fut déférée au présidial de La Rochelle, et l'intendant de Poitiers commis 
pour diriger les débats. Néanmoins les coupables firent si bien agir auprès de leurs juges qu'ils 
furent absous (7). 

Le Bret se fit le non moins zélé exécuteur des rigueurs du pouvoir royal contre les protestants de sa 
Généralité, en un temps oîi l'édit de Nantes n'était pas encore aboli. On le vit môme provoquer contre eux des 
mesures nouvelles (8). Il détruisit bon nombre de temples et fit mettre à mort les récalcitrants pris les armes 
à la main. Aussi put-il se glorifier en quittant le Limousin d'avoir procuré la conversion de 932 personnes de 
la R. P. R. (9). 

Sur l'ordre du contrôleur général, Cardin Le Bret s'était ocdlipé^dès son arrivée à Limoges, de relever les 
haras du Limousin en recrutant des étalons dans les provinces voisines et en encourageant les éleveurs de 
diverses manières (10). 



(1) Lettres de Colbert, IV, 272. 
(i) Registre consulaire^ IV, 46. 

(3) Lettres de Colbert, IV, 513. 

(4) C'est évidemment par erreur que, daus la suscripliou des lettres datées des 15 mai 1681 et 25 novembre 1682, Bazin de Bezons 
est qualiflé intendant de Limoges (Lettres de Colbert^ IV, 297 et 523). A cette date il était cortalnement à Orléans. 

(3) Voy. le Journal de Dangeau, à la date du 11 août: « M. de Bezons, intendant de Guyenne, ayant eu plusieurs attaques d'apo- 
plexie, a demandé au roi permission de se retirer de son emploi, ce que le roi lui a accordé avec douleur, car jamais intendant ne 
fut plus estimé de la cour et plus aimé des peuples. » 

(6) Lettres de Colbert, II, 160. 

(7) Mémoires de J. A*. Foucault, p. 82. 

(8) Lettres de Colbert, U, 150. 

(9) Legros, Abrégé des Annales du Limousin, nis. p. 623, sous la date de juin 1682. 

(10) Lettres de Colbert, IV, 28i. 



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LXXVI LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

Transféré à l'intendance du Daupliiné en janvier 1633 (1), Le Bret y continua sur une plus grande échelle 
ses conversions forcées (2). De Grenoble il fut transféré à Lyon en mai 1686, puis à Aix, en avril 1687. Nommé 
premier président du parlement d'Aix, en août 1690, il cumula cette charge avec celle d'intendant jusqu'en 

1704 (3). Il mourut le 25 février 1710. 

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On connaît de lui au moins cinq portraits, entre autres un de 1709, signé Jacques Coelmans, et un autre de 
1727, signé J. Cundier. 

29. — Mathias Poncet, sgr. de la Rivière en Boulonnais, comte d'Âblis, 1683-1634. 

Fils de Pierre Poncet, baron de Presles, conseiller d'État et membre du Conseil royal des finances, il fut 
d'abord conseiller au parlement de Paris, reçu maître des requêtes en 1665 et successivement intendant 
d'Alsace en 1671, de Metz en 1673-1674, de Bourges en 1674-1683, avec l'intérim de Tours pendant les années 
1679 et 1680. Il fut nommé à Limoges en février 1683. 

On lui doit rétablissement dans notre ville d'un' étapier général, pourvu de vastes magasins oii étaient 
déposés les approvisionnements destinés aux troupes en marche. Si cette utile création provoquée par Colbert 
fut appréciée des populations qui se trouvèrent par ce moyen déchargées du fardeau de pourvoir à la subsis- 
tance des troupes de passage, elle fut l'objet d'une hostilité marquée de la part des consuls de Limoges privés 
par là du gain qu'ils prélevaient sur les deniers d'étapes (4). 

Rappelé de Limoges en avril 1684, Poncet de la Rivière qui avait acquis en 1679 une charge de président au 
grand Conseil, ne fut pas replacé dans les intendances. 11 mourut le 20 août 1693 à l'âge de 57 ans. On lui 
attribue l'ouvrage suivant : Considérations sur la régale et autres droits de souveraineté à regard des coadjuteurs^ 
1654, in-4'*. Mais cette attribution est tout-à-fait douteuse, puisqu'en 1654, Poncet de la Rivière n'avait que 
dix-huit ans. On connaît de lui deux portraits : L'un gravé par Loir (in-folio), l'autre gravé par Gantrel (in- 
folio, 1682). 

30. — Jacques-Armand de Oourgues, 1684-1686. 

Fils de Jean de Gourgues, marquis de Vayres, président à mortier au parlement de Guyenne, il débuta dans 
la magistrature comme lieutenant général au présidial de Bordeaux. Reçu maître des requêtes en 1679, il fut 
fait intendant de Limoges en mai 1684(5). 

Aucun acte important ne signala son passage dans cette Généralité, la conversion des protestants l'ayant 
occupé à l'exclusion de toute autre affaire. Le 11 septembre 1685, quelques semaines avant la signature de 
l'acte portant révocation de Tédit de Nantes, il annonce l'arrivée de M. d'Asfeld et de ses dragons « pour 
inviter ceux de la R. P. R. à songer à leur salut » (6). Huit jours après, il écrit : € Les troupes commandées pour 
loger dans cette Généralité m'ayant oblig'é de venir à St-Jean-d' Angély où j'ai fait le département des tailles 



(1) C*est-à-tort que M. Pierre Clément le place dans la liste des iuteudauts de Rioin de 16S2 A janvier 1683. Il était alors à Limoges 
comme le prouvent clairement les lettres de Colbert des 11 oct. 1682 et 24 janv. 1683 (II, 739 et IV, 553). 

(2) Voy. Mémoires de Daniel de Cosnac. 

(3) Voy. pour plus de détails M. J. Mapchand, Un intendant sotis Louis XIV : Étude sur V administration de Lebret en Provence^ 
1689-1704. (Paris, 1889). 

(4) Correspondance des contrôleurs généraux^ I, 10. 

(5) L'abbé J, Xadaud et M. P. Clément ont placé à l'année 1672, immédiatement après le décès de M. de Nesmond (mor't en avril), 
l'intendance de J. A. de Gourgues en Limousin. Mais ainsi qu'on peut le voir par une lettre de Colbert du 10 mal 1672 (t. Vf, p. 293), 
ce fut à Turgot de Salnt-Clair qu'échut la succession de M. de Nesmond. Sur le refus de Turgot l'intendance passa en mai 1672 (et 
non 1673, comme le dit Nadaud) à Bidé de la Grandville. 

D'autre part, les deux auteurs précités qualifient M. de Gourgues marquis d'Aulnay. Or, ce titre fut porté non par notre intendant, 
mais par son fils Jean-François, maître des requêtes, qui le tenait de sa mère. 

(6) Correspondance des contrôleurs généraux^ I, 54, note. 



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LES INSTITUTIONS LXXVU 

et où je tâche de ramener dans le bon chemin par des exhortations et des conférences, nos frères égarés, ily en 
a depuis 5 jours 4,000 convertis, tant sur ma route qu'à St-Jean-d'Angély et à Taillebourg » (l). Son zèle fut 
si excessif que Louis XIV dut lui écrire pour le rappeler à la modération (2). 

Au mois de mars 1686, M. de Gourgues passa à l'intendance de Caen qu'il occupa jusqu'en mars 1689. Il 
était encore en service comme maître des requêtes en 1702. 

31 —Michel de Barberie I, sieur de Saint-Contest, marqais de Courteille, 1686-1689. 

€ Normand de nation, venu de parents médiocres, est dans le dessein de travailler, a de grands procès à la 
chambre de Tédict [de Nantes] contre ses proches; n'est pas d'esprit relevé. Le P. Lingre (?), jésuite, a grand 
pouvoir sur luy ». Ainsi s'exprime le Tableau des membres du Parlement à l'égard du conseiller Michel de Bar- 
berie. Tobie de Barberie, son père, après avoir acquis une fortune considérable dans le commerce des draps, 
était devenu trésorier des guerres et avait obtenu des lettres de noblesse en 1635 ou 1638. 

Reçu maître des requêtes en avril 1665, Michel de Barberie était âgé de 66 ans lorsqu'il fut appelé en mars 
1686 à rintendance de Limoges. L'exemption des tailles, limitée d'abord aux titulaires de certains emplois, 
s'était peu à peu étendue à tous les possesseurs de charges publiques. L'intendant entreprit une révision des 
rôles et, au mois de mai 1686, fit dresser en sa présence ceux de la ville de Tulle sur lesquels furent portés 
pour la première fois tous les officiers du présidial, y compris le lieutenant général. Ceux qui jouissaient 

d'une immunité formelle et authentique furent seuls exceptés (3). 

• 

La vue de certains quartiers de Limoges, aux rues étroites, aux maisons de trois ou quatre étages construi- 
tes en bois et d'un seul tenant, lui inspira des craintes d'incendie et le porta à prescrire des réparations aux 
fontaines et aux aqueducs de la ville (4), Et comme le produit des octrois était insuffisant pour exécuter ces 
travaux, il obtint au mois d'août 1686 Tautorisation d'établir une imposition générale et extraordinaire sur 
toutes les maisons de la ville (5). 

En cette même année 1686 il reçut Tordre de disperser les communautés religieuses établies sans autorisa- 
tion régulière (6). Deux ans plus tard on le trouve mêlé aux affaires des Ursulines de Limoges (7). Dans ses 
rapports au contrôleur général, il signale la concurrence faite aux éleveurs du Limousin par ceux de Nor- 
mandie qui introduisent leurs bestiaux sur des marchés que les premiers approvisionnaient seuls jusque-là 
(8), — et celle que les protestants réfugiés en Angleterre font aux papeteries de la Généralité par les établis- 
sements qu'ils ont fondés dans leur nouvelle patrie (9). 

En janvier 1689, Barberie de Saint-Contest, atteint d'infirmités, fut relevé de ses fonctions. Il mourut en 
avril 1692 (10). 

32. — Miohel-André Jubart de BoavlUe, pour la seoonde fois, 1689-1694. 
Voy. ci-dessus, sous le n^ 26. 

(1) Correspondance des contrôleurs géné^attx. I, 54. 

(2) Lettre de Louis XIV citée par Rnlhihres: Éclaircissement sur les causes de la Révocation, 

(3) Correspondance des contrôleurs généraux, I, 72. 

(4) C'est évidemmeut à celte circoostance qu'il faut rattaclier une curieuse requête eu vers pour le rétablissement de la fontaine 
d'Aigoulène, qui a été plusieurs fois imprimée. 

(5) Correspondance des contrôleurs généraux, I, 78. 

(6) Inventaire, C. 359, où l'on a imprimé par erreur 1638 au lieu de 1686. 

(7) Chronique des Ursutines dans les Chroniqm^ ecclésiastiques du Limouûn, publiées par M. Fabbô Lecler, p. 17i et 181. 

(8) Correspondance des contrôleurs généraux. I, 106. 

(9) lifidem. 

(10) Une faut pas confondre Michel de Barberie avec Michel-Etienne, peut-être flis du précédent, qui occupa l'intendauce de Mcti 
de 1700 à 1703. Cette erreur a été faite dans la table de la Correspondance des contrôleurs généraux, II, au nom. 



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LXXVllI LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

33. — Louis de Bernage, chevalier, sgr. de St-Manrice, Vaux, Chaumont et autres lieux, 1694-1702. 

Successivement conseiller au grand Conseil, grand rapporteur et correcteur des lettres en la chancellerie 
de France, conseiller en la chambre de TArsenal, il fut reçu maître des requêtes en 1689 et appelé en 
janvier 1694 à l'intendance de Limoges. 

Résidant de préférence à Angoulême, à l'exemple de quelques-uns de ses prédécesseurs, il fit étudier 
et présenta en 1695 un projet d'achèvement des travaux de la Charente, pour rendre cette rivière navigable 
de Verteuil à Angoulême, sans détruire les moulins établis sur son parcours (l). Pendant une année de 
disette, il fit ouvrir des ateliers de charité, niveler et planter d*arbres la place de Beaulieu qui devint ainsi 
Tune des plus belles terrasses que Ton connut alors (2). Un monument de marbre, orné d'une inscription qui 
rappelait les bienfaits de l'intendant, fut élevé sur cette place en 1699 par les Angoumoisins reconnaissants; 
mais ce monument avait déjà disparu en 1756 (3). 

C'est d' Angoulême que M. de Bernage expédia, le 8 juillet 1696, un ordre de contrainte par corps contre les 
bouchers de lâmoges qui refusaient de payer les impôts, s'attroupaient dans la ville et maltraitaient les 
huissiers et les archers. L'intendant prescrit de s'emparer de deux ou trois des principaux mutins, lorsqu'ils 
seront hors de leur quartier « de difiicile accès », et de les tenir en prison jusqu'à ce que tous se 
soient soumis (4). 

L'année suivante, il reçut mission de diriger l'élection des nouveaux consuls de Limoges et de prévenir les 
brigues et les cabales que l'on prévoyait à cette occasion (5). 

Des travaux de consolidation devant être exécutés aux murailles de Limoges (6) M. de Bernage obtint en 
1698 [7) que la moitié de la dépense fut supportée par le roi, propriétaire légal des fortifications. L'autre moitié 
resta à la charge de la ville qui y consacra le produit de ses octrois. 

Au commencement de septembre 1702, une émeute éclata à Limoges à l'occasion d'un impôt nouvellement 
établi sous lé nom de Banvin. M. de Bernage en rendit compte au contrôleur général dans une lettre qui 
nous a été conservée (8). 

Le nom de M. de Bernage est resté attaché à la grande enquête de 1697 sur l'état de la Généralité de 
Limoges, enquête dont les résultats sont résumés dans un mémoire fort imparfait qui porte là date de 1698 C9), 
et qui a été fréquemment cité dans les pages précédentes. Ce mémoire passe d'ailleurs pour être l'œuvre de 
quelques-uns de ses subdélégués. 

Nommé en novembre 1702 à l'intendance de Franche-Comté, puis à celle de Picardie en mai 1708, enfin à 
celle du Languedoc en mai 1718, M. de Bernage abandonna celle-ci en 1725 en faveur de son fils. 11 mourut 
en 1737. 



(1) Correspondance des contrôleurs généraux, L 411. 

(2) Jean Gervais : Mémoire suf l'Angoumois, dans le tome I des Documents historiques sur l'Angoumois, 

(3) Ibidem. 

(4) Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, IX, 144, 184. 

(5) Registre consulaire, IV, 115, où Tou reproduit uue lettre du chancelier à rintendaut, datée du 22 nov. 1697. Cf. it?idem, 
p. 125 et 126. 

(6) Voy. le Registre consulaire, IV, 107, année 1696. 

(7) Corresp. des contrôleurs généraux: \, 483. 

(8) Corresp. des contrôleurs généraux, II, 120. Cf. dans Vlnventairc, G. 36, un tarif promulgué à cette occasion et que M. L. Guil>ert 
a reproduit en note du Registre consulaire. IV, 146. 

(9) Voy. ci-dessus, p. VII. 



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LES INSTITUTIONS LXXIX 

34. — Jean Rouillé de Fontaine, sieur de Fontaine-Ouérin, 1703-1708. 

Beau-frère de M. de Bernage, conseiller au parlement, puis maître des requêtes en 1695, il arriva à 
Limoges au commencement de 1703 (1). Dès le mois de mars, le nouvel intendant s'occupait de faire replacer 
des poteaux indicateurs sur les grandes routes (2). En mai 1703 une émeute ayant éclaté à Limoges à Tocca- 
sion de l'établissement d'un droit nouveau sur les voitures, et la maison d'un fermier des octrois ayant été 
incendiée avec plusieurs autres, Rouillé de Fontaine fut chargé de procéder contre les émeutiers : un homme 
fut pendu, une femme condamnée au fouet et à la marque, d'autres au bannissement, la ville à 33,000 livres 
de dommages-intérêts envers les propriétaires des maisons incendiés (3). « Je découvre de plus en plus, écrit 
à ce propos Rouillé de Fontaine, un esprit de révolte, de sédition et de mauvaise volonté pour le service du 
roi, dans tous les peuples de ce pays ; mais on peut dire que cela ne provient que de l'absolue impuissance 
où ils sont à payer leurs impositions et autres charges s> (4). 

C'est sans doute sous l'influence de ce même esprit de révolte qu'un avocat du nom de Duquéroy osait . 
reprocher à l'intendant de n'écouter qui que ce soit et de tolérer les friponneries de son secrétaire (5), 
tandis qu'un peu plus tard un habitant de St-Junien en appelait devant le parlement de Bordeaux d'une 
ordonnance de l'intendant et obtenait contre lui gain de cause (6). Rouillé de Fontaine dut se soumettre, 
non sans déclarer au contrôleur général que, s'il dépendait du caprice des parties d'interjeter appel de ses 
décisions devant le parlement, ennemi-né des intendants, c'en était fait de son autorité (7). 

On le vit très bien Tannée suivante, à l'occasion du projet d'abonnement dressé par l'intendant. Ce projet 
fut l'objet de plaintes , et d'insinuations telles que les juges-consuls et les syndics des marchands de 
Limoges crurent devoir, par lettre du 17 septembre, répudier toute solidarité avec les auteurs de ces plaintes 
adressées en haut lieu (8). 

Au milieu de l'année 1705, M. de Rouillé eut à soutenir auprès des consuls certains oflSces créés par le 
fisc. Ce fut l'objet de vifs débats dont il y a trace dans les registres consulaires (9). 

Une procédure ayant été instruite au commencement de 1706 par le juge-garde de la monnaie de Limoges 
contre un ancien orfèvre accusé de faire le commerce de médailles antiques, ce fut l'intendant qui en 
rendit compte au ministre par une lettre datée du 27 avril qui nous a été conservée (lOj. L'affaire paraît 
avoir tiré toute sa gravité de ce fait, que l'orfèvre Pierre Ardant et le conseiller Noailler des Bailes, chargés 
de rechercher dans le pays les médailles les plus rares pour la collection particulière du contrôleur général 
Des Marets, avaient été dupes d'un faussaire. 

En renvoyant au ministre, le 17 janvier 1707, le tableau du recouvrements des impôts, qui accuse des 
résultats peu satisfaisants. Rouillé de Fontaine avoue (11) l'état d'épuisement de la Généralité de Limoges et 
fait remarquer que depuis longtemps le roi en tire plus du double de l'argent qui y entre par le com- 

(i) Il est meutioDDé pour la première fois dans le Registre consulaire^ IV, 160, à l'occasion d'une délibération des consuls tenue en 
mai 1704 et relative au rachat de deux offices d'inspecteur d? la boucherie, 
(i) Correspondance des contrôleurs généraux, II, 133. 

(3) Ibidem, II, 248. 

(4) Correspondance des contrôleurs généraux, II, 248. 

(5) Lettre au contrôleur général, du 22 mai 1705. Ibidem, II, 253. 
> (6) Ibidem. 

(7) On trouvera une autre et non moins curieuse preuve de cet esprit de révolte contre les institutions établies, dans l'art. C. 469 
de VInventaire. 

(8) Correspondance des contrôleurs généraux. II, 349, 350. • 

(9) Begislre consulaire, IV, 169, 170 et 172. 

(10) Correspondance des contrôleurs généraux^ II, 321. 

(11) Correspondance des contrôleurs généraux, II, 376. 



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LXXX LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

merce, de sorte que les épargnes mêmes étant absorbées, il est impossible de rien plus obtenir des 
habitants. La contrainte par garnisaires, tant redoutée des populations, n'a pas eu plus d'eflFet à Angoulême 
qu'à Limoges. 

Comme on le voit, l'administration de Rouillé fut des plus difiSciles. En juin 1708, il accepta, sans doute 
avec empressement. Tune des six charges d'intendant du commerce et paraît l'avoir conservée jusqu'en 
octobre 1715. 

35. — Guy de Carré, sieur de Montgeron, 1708-1710. 

Maître des requêtes en 1686, avocat général aux requêtes de l'hôtel, puis conseiller au grand Conseil, il fut 
nommé en septembre 1705 à l'intendance de Bourges, puis à celle de Limoges en août 1708. 

Son fils Louis-Bazile, connu par ses écrits sur les miracles du diacre Paris, a tracé, dans l'autobiographie 
placée en tête de l'un de ses ouvrages, le portrait suivant de notre intendant : « Il avait l'âme grande, ferme 
et inviolablement attachée à toute justice, mais l'esprit médiocre -, le cœur très bon mais faible jusqu'à 
Texcès ; peu de vanité, mais beaucoup d'ambition ; fatiguant régulièrement tous les ministres par ses assi- 
duités, mais toujours prêt à sacrifier sa fortune, comme il a fait effectivement, plutôt que de commettre ou 
même d'autoriser indirectement la moindre injustice. Aussi dans ses intendances n'épargna-t-il nullement 
les terres des plus grands seigneurs et il n'était occupé qu'à tâcher de procurer quelque soulagement au 
peuple » (1). 

Louis-Bazile de Montgeron rapporte de la manière suivante les causes qui amenèrent la disgrâce de son 
père et son rappel de Limoges en mars 1710 : « Un des plus grands seigneurs de la cour passa dans cette ville 
et vint loger chez mon père. Dans le temps qu'il y était, son chef de cuisine tua un homme. Mon père le fit 
arrêter et conduire en prison et commença sur le champ à faire instruire son procès en vertu d'une commis- 
sion que le feu roi lui avait donnée pour punir les meurtriers^qui étaient très communs dans ce pays et que 
les juges ordinaires n'osaient poursuivre. Ce seigneur eut beau prier mon père d'assoupir cette affaire et de 
mettre son chef de cuisine en liberté, il ne put rien gagner sur lui. Mon père crut qu'étant chargé de punir les 
crimes, il ne devait excepter personne, et quoiqu'il fut convaincu qu'en désobligeant ce seigneur qui était 
tout-puissant à la cour, il perdrait infailliblement sa fortune, rien ne put l'ébranler, se trouvant disait-il, 
trop heureux de souffrir persécution pour avoir fait justice. Ce seigneur, qui n'était pas accoutumé à trouver 
tant de résistance, en fut fort irrité 5 il sortit de l'intendance et alla loger chez M. l'évesque de Limoges, et 15 
jours ou un mois après, mon père reçut sa révocation » (2). 

Guy de Carré avait épousé Jeanne d'Héraudy de St-Diéry 5 il mourut le 10 mai 1732. Gagné par son fils aux 
idées jansénistes, il passa les dernières années de sa vie dans les pratiques de la pénitence. 

36. — Marc-Antoine Bogc, sieur du Bouchet, 1710. 

Reçu maître des requêtes en 1696, il devint quelques années plus tard procureur général des requêtes de 
l'Hôtel et fut nommé à l'intendance de Limoges en 1710. ^ 

On lit en effet dans le Journal de Dangeau, sous la date du 13 mars 1710 : « M. Bosc a été fait intendant 
de Limoges à la place de Montgeron, qui est rappelé. On permet à Bosc de vendre sa charge de maîtres des re- 
quêtes, et il aura des lettres de vétéran quoiqu'il n'ait pas servi le temps qu'il faut pour les avoir de justice. Il est 
surintendant de Mad. la duchesse de Bourgogne, charge qui n'a aucune fonction. Cette princesse lui a fort 
servi à obtenir ces deux grâces là du roi, et d'ailleurs M. le chancelier l'employait fort comme un homme 
d'affaires capable >. 

Par arrêt du conseil d'État du 28 mai 1710, le sieur Bosc du Bouchet fut chargé d'instruire le procès 

(1) Carré de Montgeron : La véiilé des mira les opérés par Vintercession de M. de Paris. Utrecht, 1738. 

(2) lifidem. 

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LES IKâTITUTIONS LXXXI 

criminel d'un certain ilaflVan, inculpé d'un double meurtre (1). En septembre il ordonna de surseoir 
à l'élection des consuls de Limoges (2J, on ne sait trop pour quelles raisons. En tous cas il ne réussit point 
dans les hautes fonctions qui lui avaient été dévolues. Des difficultés qu'il se créa à diverses reprises lui 
aliénèrent les influences auxquelles il était redevable de sa situation. Vers le 15 décembre 1710, il reçut ses 
lettres de rappel et quitta Limoges. 

37. — Cliarles Boucher, seigneur d'Orsay, 1710-1719, et 1724-1730. 

Quoi qu'en ait dit Saint-Simon, la famille Boucher d'Orsay n'était pas de basse extraction. Dès le XVP siècle 
plusieurs de ses membres occupent de hauts emplois dans les cours supérieures. Charles Boucher, prévôt des 
marchands, fut fait garde des sceaux pour la Ligue par le duc de Mayenne, en 1594. 

Charles Boucher d'Orsay, fils d'un prévôt des marchands, était l'un des six intendants du commerce 
lorsqu'il fut appelé, en décembre 1710, à l'intendance de Limoges. Cette ville lui doit d'importants 
t^vaux d'embellissement (3^. En 1712, il fit construire, derrière la Monnaie, la place de la Terrasse sur 
laquelle fut élevée une pyramide portant ses armes. De là est venue la dénomination donnée au boulevard 
pratiqué au-dessous de cette place. Il fit aussi combler, durant les années 1714 et 1715, le creux des Arènes, 
lieu de refuge des vagabonds, et fit exécuter sur cet emplacement, à l'aide des fonds de secours mis à sa 
disposition en 1712 pour les ateliers de charité, la terrasse qui porte encore son nom. Enfin il semble avoir 
pris l'initiative ou tout au moins favorisé la recherche des gisements miniers dans le Haut et le 
Bas-Limousin (4). 

Transféré, au mois d'octobre 1715, à l'intendance du Dauphiné, il fut une seconde fois envoyé à Limoges 
en 1724 (5), et y resta jusqu'à son décès. C'est pendant ce nouveau séjour de M. d'Orsay à Limoges que 
M. Thévenin du Genesteix inaugura chez nous la grande industrie par sa fabrique de siamoises (6). Dans les 
derniers mois de son administration, M. d'Orsay avait préparé un règlement pour les papeteries du Limousin 
et de l'Ângoumois, qui fut promulgué par son successeur (7). 

En 1720, d'Orsay avait épousé l'une des filles du marquis de la Cropte de Saint-Abre, gentilhomme 
limousin. Il mourut le 14 août 1730, à Paris, d'oii il fut ramené en Limousin pour être inhumé dans l'église de 
Séreilhac où se trouvait la sépulture de la famille des Cars, à laquelle il était allié. Le presbytère de cette 
paroisse est un don personnel de notre intendant (8). ^ 

38. — Charles-Nicolas Le Clero do Lesseville, comte de Charbonière, baron d'Authon, sgr. de StPrix et 
de RubeUes, 1716-1718. 

Reçu maître des requêtes en 1711, il fut nommé intendant de Limoges au commencement de l'an- 
née 1716. Il ne nous est resté de lui que quelques lettres relatives au logement des gens de guerre (9), 



(I) Inventaire, C. 356. 

(î) Registre consulaire, IV, 24. 

(3) Voy. ci-dessous la section 6 du présent chapitre, où il est parlé des Ponts et Chaussées. Cf. le chapitre IV, sous-chapitre 7. 

(4) Voy. ci-dessous, chapitre IV, sous-chapitre 4. 

(5) Son retour à Limoges fournit aux élèves du collège des jésuites le sujet de 4 pièces en vers recueillies sous ce titre : CoHegii 
Lemovicenm societ. Jesu ob illustrissimi et noàilissimi virï Caroli Boucher, equitis torquati, domini d'Orsay, ad Lemovicensem 
prœ/ecturam reditum festi plausus (s. 1. n. d. pt. in-4o de 14 p.) 

(6) Voy. ci-dessous chapitre IV, sous-chapitre 3. 

(7) Registre des édits, déclarations de 1740-1785. 

(8) Registres paroissiaux de Séreilhac, année 1730. 

(9) Lettres du 30 juillet 1716 (Inventaire C. 291) et du 30 décembre 1717, (Reg. consulaire, IV, 258.) 

Haute- Vienne. — Série C. Introd. ^ "^ Xi 



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LXXXII LA GÉNÉRAUTÉ DE LIMOGES 

et la mention d'une taxe qu'il imposa sur Toffice de courtier des vins et eaux-de-vie (1). 
Appelé à l'intendance de Pau en mars 1718, il administra cette Généralité jusqu'en avril 1731. 

39— François Nicolas Le Tonnelier de Breteuil, marquis de Fontenay-Trôsigny.sgr. des Chapelles, Palai- 
seau et autres lieux 1718-1723. 

Né en 1687, il était fils de François Le Tonnelier, conseiller d'Etat, ancien intendant des finances. Reçu con- 
seiller au parlement le 6 août 1705, après dispense d'âge, il fut fait maître des requêtes le 27 février 1712. Le 
8 mai 1719 il était nommé intendant de Limoges. 

Bien qu'il ait porté ce titre pendant cinq ans, il n'est resté de son administration aucune œuvre matérielle, 
aucun acte digne de mémoire. 

Il dut bientôt d'ailleurs partager son temps entre ses charges de cour et les affaires de la province, car il 
reçut, le 13 juillet 1721, la dignité de prévôt et maître des cérémonies des Ordres du roi. Si, comme le dit 
Mathieu Marais, on le vit se parer du cordon bleu dans son intendance, ce ne dut être que dans de rares 
(»ccasions. Aussi bien, son nom se retrouve plus fréquemment dans la chronique scandaleuse du temps que 
dans nos annales provinciales (2). 

Le 4 juillet 1723, il était nommé ministre de la guerre, situation qu'il occupa pendant 20 ans. Les mémoires 
et correspondances de cette époque sont d'accord sur les causes de sa rapide fortune : un feuillet arraché à 
l'un (les registres de l'état civil d'une petite paroisse des environs de Brive (3). Il est vrai que ce registre ren- 
fermait l'acte de mariage de l'abbé Dubois et que celui-ci, devenu archevêque de Cambrai et premier ministre, 
avait un intérêt d'autant plus grand à ce que son union ne fut pas révélée, que sa femme était encore vivante. 

Les chroniqueurs contemporains s'étondent avec une abondance prodigieuse de détails sur les moyens em- 
ployés par l'intendant pour parvenir à la destruction de cet acte. M. de Breteuil reçut le 18 mai 1725, le titre 
de chancelier de la reine. Il mourut à Paris le 5 janvier 1743. 

40. - Pierre Pajot, 1723-1724 (4). 

Reçu maître des requêtes en 1719, il fut nommé, au milieu de l'année 1723, à l'intendance de Limoges qu'il 
administra pendant deux ans. 

Sous son intendance furent édictés le règlement général de police de Limoges (août 1723) et une ordon- 
nance concernant les mendiants et vagabonds (juillet 1724.). 

Pajot passa ensuite à l'intendance de Montauban qu^il occupa fort longtemps. Il a laissé un « mémoire sur la 
taille réelle telle qu'elle est appliquée dans la Généralité de Montauban (5). 

En avril 1738, il était question de lui confier les fonctions de lieutenant de police de Paris, et d'Argenson 
déclare qu'il était a le plus capable pour cet emploi par une activité nette et comme grand pourvoyeur > (6). 
On le trouve en 1749 parmi les maîtres des requêtes honoraires. 

(1) BeqUlre consulaire, IV, 250. 

(2) Voy. cependant dans le Registre consulaire, IV, 293, une lettre quMl adresse aux consuls de Limoges, 7 mars 1722, au sujet de la 
répartition des tailles dans les campagnes. 

(3) Voy. Saint-Simon, Mémoires; Dangeau, Jow^nal, etc., etc. 

(4) La liste des intendants du Limousin, publiée dans Vknnuaire de la Haute-Vienne de 1856, p. 287, donne pour successeur à M. de 
Breteuil un J.-B. des Gallois de Lalour. II s^agit très probablement du pei*sonnage de ce nom qui fut intendant de Bretagne de 1721 
à 173i, et duquel il fin sans doute question pour l'intendance de Limoges en 1721. — D'autre part les Tablettes de Thémis (déjà 
citées) mentionnent au môme titre M. de Vatan, que l'on trouve en 1726 întendanl de Tour-i, et duquel il fut sans doute aussi ques- 
tion pour rintendance de Limoges en 1723. 

(5) Inventaire, C. 102. 

(6) Mémoires de d'Argenson, I, 303. 



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LBS INSTITUTIONS LXXXIII 

41. — Charles Boucher, chevalier, seigneur d'Orsay, pour la seconde fois, 1724-1730. 
Voy. ci-dessus, sous le n^ 37. 

. 42. —Louis-Urbain Aubert, marquis de Tourny, baron de NuUy, sgr. de Pressaigny, Laqueudeix, Thil 
et autres lieux, 1730-1734. 

Né vers 1670, il était fils de Urbain Aubert, président à la Cour des aides de Normandie, et de Marie-Anne 
Le Tellier. Il débuta par une charge de conseiller au parlement de Paris, fut reçu maître des requêtes le 
26 septembre 1719, et appelé en 1730 à l'intendance de Limoges. 

Le 15 décembre de cette année, il présida une assemblée du corps de ville de Limoges et lui soumet ses vues 
pour l'organisation des secours en cas d'incendie -, les consuls votèrent l'acquisition de pompes et de 
seaux en osier (1). Parmi les améliorations dont notre ville lui fut redevable, il faut citer : les planta- 
tions de l'allée des Bénédictins et d'une partie des fossés qu'il fit combler; puis le percement de la rue Porte- 
Tourny à l'extrémité de laquelle fut édifié l'arc monumental qui reçut le nom de l'intendant. Construit en 
pierre calcaire, sur l'emplacement de Téperon de Saint-Martial, cet arc, achevé en 1743, portait sur une tablette 
de marbre noir l'inscription suivante, qui disparut au mois de juillet 1791 : 

Turnius hœc nobis paret undique commoda^ cives, 
Jamdudum pater urbis illam circum auget et oniat (2). 

Grâce à M. de Tourny, notre province connut de nouvelles branches d'industrie. Vers 1736, André Massié 
crée une fabrique de faïence qui sera transformée en 1771 en manufacture de porcelaine, source de la richesse 
future du pays. Ce fut sur la proposition de l'intendant que Massié obtint des privilèges particuliers et c'est 
certainement à M. de Tourny qu'il fait allusion lorsqu'il déclare dans sa requête « agir à la persuasion des 
personnes les mieux informées des besoins de la province et les plus zélées pour le soulagement de ses 
habitants » (3). 

Des fouilles avaient été commencées sans grand succès en 1716 dans une mine de cuivre, sise aux environs 
d'Ayen et de St-Robert, près deBrive. M. de Tourny chargea en 1741, Joseph Morin, fondeur de la monnaie, et 
deux entrepreneurs des ponts et chaussées de reprendre ces fouilles pour lui rendre compte de la nature et de 
la richesse du gisement. La dépense à engager fit seule ajourner Texploitation de cette mine (4). 

Ce fut encore sous son administration, en 1743, que les frères Laforest fondèrent aux portes de Limoges une 
fabrique d'étofles qui prit rapidement une grande importance (5). 

Résolu à établir des règles plus fixes et moins arbitaires pour la répartition des impôts, il expérimenta, en 
1738, un système de taille dite tarifée, basée sur la valeur des biens-fonds* (6). Elle fut d'abord établie d'après 
les déclarations des propriétaires; mais celles-ci ayant été reconnues insuffisantes, il fallut recourir à l'ârpente- 
ment accompagné d'une évaluation par experts. Cette opération qui eut pu produire un véritable cadastre, si elle 
avait été conduite d'après de meilleurs principes, ne donna pas immédiatement de bons résultats. Les esprits 
n'étaient pas encore tournés vers les réformes économiques. et la tentative de l'intendant souleva de la part*des 
contribuables une opposition unanime et violente. 

La djisette générale occasionnée par la mauvaise récolte de 1739 fournit à M. de Tourny l'occasion d'affir- 
mer à la fois ses talents administatifs et l'indépendance de son caractère. Persuadé que les mesures édictées 

(1) Pegistre consulaire, IV, 368. 

(2) Annales de la Haute-Vienne, 12 novembre 1824. 

(3) Arrêt uUérieur du couseil d'Etat, 1736, daus le Begislre des édits, déclarations, etc., è740-178o. 

(4) Desraarest : Epfiémérides de 1763. 
(o) ci-dessous; chap. IV, sous-chap. 3. 

(6) Lettre de Turgot à M. d'Ormessou, 20 novembre 1767. Cf. Inventaire. C. 101. 



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LXXXIV LA. GÉNÉRAUTÉ DE UMOGES 

par le parlement seraient plus funestes que salutaires, il refusa de les appliquer et, au risque d'une disgrâce, 
y substitua des moyens plus en rapport avec ses propres principes et les besoins de la Généralité. Les événe- 
ments démontrèrent la sagesse de sa conduite, et, chose rare, le parlement lui-même y applaudit (1). 

Les présents jouaient autrefois un grand rôle dans les relations des municipalités avec les représentants du 
pouvoir royal. C'est ainsi que les officiers de Thôtel-de-ville de Limoges étaient dans Pusage d'envoyer chaque 
année, vers Pâques, à l'intendant, une douzaine de jambons, et ceux de Saint-Léonard, cent livres de bougie 
au premier jour de Tan. Homme d'esprit, M. de Tourny abolit cette coutume et refusa de même les oflFres du 
corps de ville d*Angoulême (2). 

Les relations n'en demeurèrent pas moins excellentes ainsi qu'en témoigne une lettre de l'intendant du 
2 avril 1740, adressée aux consuls de Limoges qui lui avaient demandé son portrait (3). 

Transféré le 15 juillet 1743 à l'intendance de Bordeaux, Tourny administra cette Généralité jusqu'au mois 
de juin 1757. Les travaux d'utilité publique qu'il fit exécuter en Guyenne et surtout les embellissements qu'il 
procura à Bordeaux excitent encore l'admiration et ont rendu son nom populaire dans cette province. De 
retour à Paris, Tourny devint conseiller d'État et mourut à Suresnes le 14 septembre 1760; il fut inhumé dans 
réglise de la communauté des filles de St-Anne, sur la parroise (Je Ste-Geneviève, à Paris (4). 

43. — Henry-Louis de Barberie II, sieur de St-Ck)ntest, chevalier, sgr. de la Chataigneraye, Me nom 
blés, Malnoyer et autres lieux, 1743-1751. 

Fils de Michel Barberie I de St-Contest (5), il fut reçu maître des requêtes le 23 décembre 1735 et nommé 
en 1743 à Tintendance de Limoges. Il prit possession de ce poste le 4 septembre de la même année. 

Il fit rédiger par MM. de Bonneval, inspecteur général des manufactures, et Muret, inspecteur particulier 
pour la Généralité, un règlement pour la fabrication des étoffes de laine ou mélangées de laine et coton (6). Ce 
règlement, fort étendu et qui paraît n'avoir eu d'autre but que de renouveler les nombreuses prescriptions 
prohibitives si contraires au développement de l'industrie, fut rendu exécutoire le 31 mars 1749. 

H.-L. de Barberie fut appelé, en 1751, à l'intendance de Châlons. 

44. — Jacques-Louis de Ghaumont de la Millière, chevalier, sgr. de Vallençay, Luçay et autres lieux, 
1751-1766. 

Reçu maître des requêtes le 10 janvier 1744, il fut appelé en 1751 à Tintendance de Limoges. 

Par une ordonnance du 10 août de la dite année, il enjoint aux bailes des maîtres chapeliers de procéder à 
la réception d*un sieur Nicolas (7). C'est lui qui fit venir du nord de la France plusieurs femmes chargées 
d'enseigner les procédés de filature jnconnus en Limousin (8). 

Chaumont de la Millière mourut à Limoges le 14 octobre 1736 (9). 



(1) F. Jouannel, Eloge de M, de Tourny, Périgueux, 1809. 

(2) Lettre de M. de Touray au maire d'Angouléme, 13 janvier 174i, daus le Builetiu de la Société archéologique de la Charente, 
1881, p. 215. 

(3) Registre consulaire, IV, 43S. 

(4) Voy. les procès-verbaux de la Société archéologique du Limousin, 5 novembre 1890. 

(5) Voy. ci-dessus sous le n» 31. 

(6) Registre des édits, déclarations, etc. 1740-1785. 

(7) Registre des édits, déclarations, etc. (1740-1785). 

(8) P. DUcourtieux, Limoges d'après ses anciens plans, p. 166. 

(9) Ou, peut-être, le 14 décembre. Feuille hebdomadaire de Limoges, 1782, p. 30. 



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LES INSTITUTIONS LXXXV 

45. — Christophe Pajot, chevalier, sgr. de Marcherai, MiHançay, Nung et autres lieux, 1757-1761 . 

Fils de Pierre Pajot(l), il fat reçfx maître des requêtes en 1749 et appelé au commencement de 1757 à 

l'intendance de Limoges ; il en prit possession vers le milieu de Tannée. 

» 

Deux faits importants marquent son administration dans cette Généralité. 

Par contrat du 11 mars 1758, reçu Fournier, notaire à Limoges, Christophe Pajot, agissant au nom du roi 
et en vertu d'un arrêt du conseil d'État du 18 décembre 1757, acquit de dame Marguerite Moulinier, veuve de 
messire François Decoux, sgr. du Chatenet, moyennant 18,000 livres, Thôtel qu'occupaient les Intendants 
de Limoges. Par lettre du 29 avril 1758, M. d'Ormesson informait l'Intendant que le roi faisait don de cet 
hôtel à la ville pour y établir définitivement le siège de. l'intendance. 

C'est aussi à Pajot de Marcheval que revient l'honneur d'avoir institué, en 1759, la Société d'agriculture du 
Limousin, la plus ancienne de France après celle de Rennes (2). Cette société ne reçut, il est vrai, l'existence 
légale que deux ans après, mais elle fonctionna néanmoins dès sa création, et l'Intendant dirigea ses 
premiers travaux. 

Transféré en juillet 1761 à l'intendance de Grenoble, Pajot de Marcheval occupa ce poste jusqu'en 1779. En 
janvier 1784, il fut fait conseiller d'État et eut dans ses attributions le contentieux des postes et messageries. 

Il vivait encore en 1790. 

46. — Anne-Robert- Jacques Turgot, chevalier, baron de l'Aulne, 1761-1774. 

Né à Paris le 10 mai 1727, il était fils de Michel-Etienne Turgot, alors président à la seconde chambre des 
requêtes du palais, plus tard prévôt des marchands, et de Madeleine-Françoise Martineau (3). Substitut du 
procureur général au parlement de Paris le 5 janvier 1752, il fut nommé conseiller le 30 décembre suivant et 
reçu maître des requêtes le 28 mai 1753. Pendant les années 1755 et 1756, il accompagne M. de Gournay, 
intendant du commerce, dans ses voyages d'inspection en diverses provinces et se forme aux leçons de la 
longue expérience de celui qui fut le promoteur de la liberté commerciale. Aussi, lorsque le 8 août 1761, 
Turgot sera appelé à l'inteiJdance de Limoges par le contrôleur général Bertin (4), le verra-t-on en possession 
des idées fécondes dont il va poursuivre l'application. 

Un an à peine après sa nomination à Limoges, l'intendance de Lyon, beaucoup plus lucrative, lui fut offerte. 
11 la refusa pour se consacrer à la pauvre province dont il avait déjà pu apprécier les besoins. Plus tard, il 
renonça de même aux intendances de Rouen et de Bordeaux. 

L'œuvre de Turgot n'est pas de celles qu'on peut analyser en quelques lignes (5). A vrai dire, de toutes les 
améliorations qu'il réalisa en Limousin, bien peu appartiennent en propre à cette province. Elles avaient 
une portée plus haute et servirent de point de départ à des réformes d'un caractère général. 

La répartition de la taille sur des bases plus équitables, l'allégement des impôts de toute sorte, l'abolition 
de la corvée personnelle, son rachat par une taxe en argent, la suppression des réquisitions pour le transport 

(1) Voy. ci-dessus sous le n» 40. 

(2) Voy. ci-dessous, chapitre IV, sous-chap. 2, la notice consacrée à cette société. 

(3) Le ms. 427 de la Bibliothèque communale de Caeu contient diverses notes sur la famille Turgot . 

(4) Sa commission d'intendant a été publiée tout récemment dans la Nouvelle revue hist. du droit françait, 18S9, p. 77», d'après 
la copie qui en subsiste aux Archives départementales de la Haute- Vienne. 

(5) Voir d'ailleurs M. G. d'Hnf^nes, Essai sur l'administration de Turgot dans la Généralité de Limoges, 1859.— Depuis lors on ne s'est 
plus occupé de Turgot à Limoges. Il y a seulement dans le Bull, de la Soc, des lettres de Tulle, 1, 157, une ordonnance de cet inten- 
dant pour le paiement d'un maître écrivain du collège d'Ussel, 1767 — et dans le Bull, de la Soc, histor, de Brive, 111, 457 et ss., trois 
lettres du même à un sieur Dubois, membre du bureau d'agriculture de Brive, 1773. 



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LXXXVI LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

des équipages militaires, la modification du système de recrutement de la milice provinciale, comptent parmi 
les grandes transformations auxquelles il applique ^n activité. 

Préoccupé de procurer le bien-être particulièrement aux classes qui en avaient le plus besoin, c'est vers 
Fagriculture qu'il dirige tout d'abord ses efforts. Dès son arrivée à Limoges, il imprime à la Société 
d'agriculture une direction utile en orientant? ses travaux vers un but pratique ; il préside ses assemblées, 
propose lui-même les sujets à mettre au concours et offre des récompenses (1). Il supprime l'impôt sur les bêtes 
à laine et, en cas de perte, accorde de prompts secours ou des réductions d'impôts. Il introduit la culture 
des prairies artificielles en luzernes, trèfles et sainfoins, propage la pomme de terre et, pour en vulgariser 
l'usage, en fait servir fréquemment à sa table. 

Ennemi des prohibitions et des privilèges qui entravent le travail, il favorise de tout son pouvoir l'essor du 
commerce et de l'industrie. Enfin, et cela seul suffirait à sa gloire, il encourage comme administrateur et 
dirige en savant les essais de fabrication de la porcelaine, de sorte qu'en 1771, Limoges voit s'établir, 
sous son inspiration, la première manufacture du pays (2). 

C'est de Turgot que datent le plan général des alignements de Limoges et le réseau des grandes routes du 
Limousin, ébauché seulement par ses prédécesseurs. Utilisant ses connaissances scientifiques, il se fait 
ingénieur : trois grandes routes achevées ou rendues praticables, six autres ouvertes et construites, au total 
un réseau de 160 lieues de voies de communication créé en onze aus dans les contrées les plus difficiles (3). Il en 
assure l'entretien par des cantonniers placés de 3 lieues en 3 lieues. < Et pour le succès de ses opérations, 
« moins ordonnateur des travaux que premier ingénieur, la chaîne et le niveau en main, il arpentoit les 
c( lieux, choisissoit les pentes, décidoit de leurs contours, les faisoit tracer sous ses yeux et calculoit par le 
« toisé les frais de l'ouvrage » (4). 

D'utiles institutions, telles que le haras de Pompadour, l'école vétérinaire de Limoges et les cours d'accou- 
chement, lui sont également dues (5). 

Les mesures qu'il fut amené à prescrire pour préserver les populations de la famine, à la suite de la 
disette de 1769, achèvent de faire apprécier l'étendue de sou zèle et les ressources de son esprit. Il organise 
véritablement en cette occasion l'assistance publique en ouvrant des ateliers de charité (6) et en rappelant 
aux citoyens aisés l'obligation, que leur imposaient la religion et l'humanité, de secourir les pauvres. Rassure 
ainsi du travail aux indigents valides, du pain aux vieillards et aux infirmes. 

Appelé le 20 juillet 1774 au ministère de la marine, il ne fit qu'y passer et le quitta le 24 août pour prendre 
le contrôle général des finances. C'est dans ce poste, auquel l'avaient préparé les études et les travaux de 
toute sa vie. qu'il allait tenter une application complète de ses idées et de ses réformes. 

Le 12 mai 1776, Turgot succombant sous la coalition des privilégiés de tous ordres, quittait le ministère 
pour s'adonner désormais dans la retraite à des travaux de philologie et de métaphysique. 11 mourut presque 
subitement, le 18 mars 1781, d'un accès de goutte. 

47. — Jean-Charles-Pierre Le Noir, 1774. 

Nommé à l'intendance de Limoges aussitôt après le départ de Turgot, il ne fut pas installé. 

Le 6 août 1774, comme il venait de remercier le roi de cette nomination, il apprit qu'il était appelé aux 

(1) Cf. ci-dessous, chapitre IV, sous-chap. 2, la Dotice coDsacrée à la Sociètù d'agriculture. 

(2) Pour plus de détails voy. ci-dessous, chapitre IV, sous-chap. 3, 4 et 5, les notices consacrées à l'industrie et au commerce. 

(3) Cf. ci-dessous, chapitre IV, sous-chap. 6, la notice con.^acrée aux routes et aux canaux. 

(4) Dupont de Nemours, Mémoire sur la vie de Turgot, 

(5) Cf. ci-dessous, chapitre IV, sous-chap. l, 2 et 9. 

(6) Cf. ibidem, sous-chap. 9. 



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LES INSTITUTIONS LXXXVII 

fonctions de lieutenant général de police de Paris. Il eut à réprimer, en mai 1775, Pémeute dite des farines ; 
il manqua d'énergie et fut destitué. 

Sous la cote C. 125 de inventaire on trouve une lettre écrite par Le Noir à M. de Baulieu qu'il avait nommé 
subdélégué général, et plusieurs autres lettres qui lui furent adressées en qualité d'intendant de Limoges (1). 

Le Noir mourut en 1807. 

48.— Marius-Jean-Baptiste-Nicolas d'Aine, 1775-1783. 

Né à Paris le 27 décembre 1730, il débuta comme procureur du roi au bureau de la voirie de cette ville, fut 
reçu conseiller au grand Conseil le 12 février 1757 et, peu de temps après, maître des requêtes. 

Nommé le 11 novembre 1767 à l'intendance du Béarn qui venait d'être formée des Généralités de Bayonne 
et de Pau, il eut à entrer en lutte avec le parlement de cette province qui obtint son déplacement. Il fut alors 
appelé (août 1774) à l'intendance de Limoges dont il prit possession le 4 juin 1775 (2). 

Notre ville lui doit la création d'une compagnie du guet (1776), l'établissement de lanternes pour l'éclairage 
des rues (P^ novembre 1776), la création d'un manège de cavalerie (1777) et l'érection de la fontaine monu- 
mentale qui décorait autrefois la place Dauphine (1781). M. d'Aine fit terminer Tenceinte des boulevards et 
reprit le projet de canalisation de la Corrèze et de la Vézère (1776-1777) (3). La carte de la Généralité, publiée 
en 1781 par les ingénieurs géographes Cornuau et Capitaine, lui est dédiée (4). 

Au lieu de suivre la voie libérale tracée par son prédécesseur, M. d'Aine fit rétablir, le l'*" juin 1780, malgré 
les protestations des fabricants, le bureau de marque (5). On lui a aussi reproché, non sans raison, de s'être 
laissé attribuer trop exclusivement, notamment dans les inscriptions commémoratives qui furent placées en 
1783 sur les murs de la promenade d'Orsay, le mérite de travaux conçus ou commencés avant son arrivée, et 
qu'il avait seulement continués. Il semble d'ailleurs avoir eu grand souci de sa renommée et il est certaine- 
ment l'inspirateur des articles fort élogieux publiés sur son administration dans les gazettes et calendriers de 
l'époque, et jusque dans les mémoires littéraires de Bachaumont, 

M. d'Aine fut transféré le 31 août 1783 à l'intendance de Tours qu'il occupa jusqu'en 1790. Beau-frère du 
baron d'Holbach, M. d'Aine était, depuis 1754, associé de l'Académie des sciences et belles-lettres de Prusse. 

On a de lui une traduction de Y Économie de la vie humaine de Dodsley (1752) et une traduction des Èglogues 
de Pope (1753). 11 mourut à Paris le 25 septembre 1804 (6). 

49. — Marie-Pierre-Charles Meulan d'Ablois, 1784-1790. 

Il débuta dans les intendances par celle de La Rochelle qu'il administra de mars 1776 à août 1781, époque 
de sa nomination à Montauban. Appelé, le 31 août 1783, à l'intendance de Limoges, il n'en prit possession 
qu'au mois de juin 1784. 

Il s'occupa tout spécialement des travaux publics auxquels il donna une vive impulsion. La confection, 
l'entretien et la réparation des grandes routes, des ponts et des chemins ruraux, firent l'objet de ses soins. 

(1) C'est doQcà tort Que dans cet article de VInventaire M. G. Rivaiu considère le destinataire de ces lettres comme un ancien 
employé de la Généralité. 

(2) Voy. dans la Feuille hebdomadaire de Limoges, 6 juin 1773, le récit de sa réception dans notre ville. 

(3) Inventaire, C. 308. 

(4) Les articles C. 25, 300 et 329 de VInventaire mentionnent quelques ordonuances rendues par cet iutendant. 

(5) Aut. Thomas, Inventaire des archives communales de Limoges, AA. 5. 

(6) U est l'un des rares intendants qui n'aient pas été grossièrement outragés dans le libellé intitulé: Notice sur les maîtres des 
requêtes et les intendanlSy attribué à Baudoin de Gaemadeuc, ex-maitre des requêtes, et qui forme le dernier chapitre de VEspion 
dévalisé, Londres^ 1782. M. d'Aine est, de tous, le mieux traité : • Excellent sujet, honnête hrmme, mais lourd et d'un travail difficile » 
est-n dit de lui. 



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LXXXVIII LA GÉNÉRAUTÉ DK LIMOGBS 

Il plaça, en 1785, des cantonniers permanents sur les routes, fit faire des plantations et prescrivit diverses 
mesures de conservation. Il est Fauteur d'un « mémoire sur la manière de faire les routes et de les 
entretenir » (1781), et d'un « précis sur l'administration des ponts et chaussées » (1). Par ses ordres, d'importants 
travaux de construction et de réparation d'églises et de presbytères furent aussi exécutés. Enfin il multiplia 
le nombre des sages-femmes en instituant un cours d'accouchement au chef-lieu de chacune des cinq 
élections de la Généralité (1786). Le 20 août 1787, Meulan d'Ablois présida la séance d'ouverture de l'assemblée 
provinciale du Limousin, et en avril 1789, il assista à la première réunion plénière des trois ordres dans la 
chapelle du collège de Limoges. Par suite de circonstances que l'on s'explique mal, il conserva ses fonctions 
jusqu'au 15 octobre 1790. 

Meulan d'Ablois était beau-frère de M. de Sartine, lieutenant général de police de Paris, et père de la 
célèbre Pauline Meulan qui épousa François Guizot en 1812. Il mourut en novembre 1814. 



Les Intendants, appelés quelquefois encore commissaires départis, furent supprimés ainsi que les 
subdélégués par lettres-patentes du roi, de janvier 1790, rendues sur décret de la Constituante, du 
22 décembre précédent, pour l'organisation des nouvelles assemblées administratives. L'art. 9, section 3, 
porte : « Il n'y aura aucun intermédiaire entre les administrations de département et le pouvoir exécutif 
suprême ; les commissaires départis, intendants et leurs subdélégués cesseront toute fonction aussitôt que les 
administrations du département seront en activité ». Ces dispositions furent rappelées incidemment dans 
d'autres lettres-patentes du 4 juillet 1790, relatives à la confection des « rôles de supplément sur les ci-devant 
privilégiés >. 



6. — Institutions financières et administratives diverses. 



En relations avec le Bureau des trésoriers de France et avec l'Intendance de la Généralité, souvent même 
dans leur dépendance immédiate, existaient, à la veille de la Révolution, divers services financiers et adminis- 
tratifs dont il faudra bien un jour déterminer l'origine et retrouver l'histoire si l'on veut comprendre tout le 
fonctionnement de l'ancien régime. 

Ces services, nous allons les énumérer selon l'ordre qui nous paraît le plus rationnel, — services financiers, 
administratifs, techniques, — en priant le lecteur de remarquer que cet ordre varie d'une année à l'autre dans 
les annuaires officiels de l'ancien régime, tant était grand l'enchevêtrement des attributions et encore 
confuse la notion qui sépare si clairement, aujourd'hui, les services proprement administratifs des services 
techniques. 

1. — Le Bureau de recette générale qui, en 1790, comprenait deux receveurs généraux résidant à Paris, mais 
représentés à Limoges par des commis en titre et, dans chaque élection, par un ou deux receveurs particuliers 
des finances. 

Nous avons constaté précédemment (2) la prééminence que ce Bureau posséda un instant au milieu du 
XVP siècle (3). 

4 

(1) Inventaire, G. 296. -J 

(2) Ci-dessus, au début du souft-chapitre 2. 

(3; Le Becueil de Founiival reproduit quelques édits de la seconde moitié du XYI*» siècle relatifs aux offices des recettes générales. 



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LB3 INSTITUTIONS LXXXlX 

i, — Le Bureau àe recettes des tailles^ institué vraisemblablement au XVP siècle (1). Il y en avait un dans 
chaque chef-lieu d'élection. Au milieu du XVII* siècle, celui de Limoges avait pour titulaire un certain 
Dupeyrat de Masjambost, dont Bonaventure de St-Amable nous a conté la curieuse histoire (2). 

3. — La Régie des vingtièmes d'industrie^ qui remontait à Fédit de mai 1749. Elle comprenait en 1790 
un directeur, un contrôleur principal, plusieurs contrôleurs secondaires et deux Commis. 

4. — L'Administration générale des domaines du roi, contrôle des actes et exploits, insinuations, centième 
denier, formules, amortissements, francs-fiefs, nouveaux acquêts, greffes, droits réservés et amendes (3). 

5. — Le Bureau de contrôle^ d'insinuation et de distribution de formules et des droits réservés. 

6. — Le Bureau des revenus casuels de Sa Majesté^ réuni à l'administration générale des domaines p&r arrêt 
du conseil d'État, du 29 décembre 1787. 

7. — Les Fermes générales du roi^ comprenant trois bureaux généraux du tabac (Limoges, Brive, Angoulême) ; 
vingt-quatre entreposeurs dans autant de petites villes de la Généralité, et quatre capitaineries, 

8. — La Régie générale des droits sur les cartes^ papiers, cartons, amidons et droits réssrvés, marques d'or et 
d'argent, octrois municipaux, offices supprimés, inspection des boucheries, marques des fers, et les cartes & 
jouer (4). 

9. ^ Le Bureau des juges des traites foraifies, institué à une date qu'on n'a pas encore retrouvée. Il est men- 
. tionné dans le Mémoire sur la Géttéralité de 1698(5), mais fut transformé dans la première moitié du XVIIP siècle, 

car on n'en trouve plus trace après 1714 (6). Il est seulement question du « contrôleur et visiteur des traites» 
dans les Calendriers de 1762 etss. 

10. — Les Bureaux de marqua et de visite des proJuits manufacturés, conséquence des règlements généraux 
donnés au commerce en 1669, 1687 et 1693, ne semblent avoir été institués qu'assez tard dans la Généralité de 
Limoges. Ils furent formés par la réunion des inspecteurs et contrôleurs de la marque du papier, qui datent 
de 1704, avec ceux de la marque des étoffes qui semblent remonter à 1708, et avec ceux de la marque des cuirs 



p. 167, ^,337, et sâ. 360, 3tM5. — Il menlionoe aussi (p. 41i) un édit de mai IG08 portant création d'offices de receveurs et payetirs 
provinciaux des rentes, tant des roceltes générales que particulières, en chaque Généralité du royaume. Nous n'avons jamais rencontré 
cet office dans les pièces du fonds qui nous occupe. 

(1) Un édit royal de novembre 1615 Cdans Fournival, Recueil, p. 43i), porte création et rétablissement des offices comptables 
triennaux : un receveur du taillon, un receveur des deniers provenant de la vente des bois, un trésorier général provincial 
de Textraord inaire des guerres en chacune province et département, a réservé en Limouzin où y en a trois d'establis ». 

(i) Annales du Limosîn, p. 850 et ss. 

(3) La Bibliothèque communale d'Orléans possède un rapport au conseil d'État du roy sur une requeste présentée p.ir les fermiers 
du domaine du Languedoc, Guyenne, Béarn, Navarre, Roussillou et Limousin, dépossédés au mois d'octobre 1070, qui demandent 
le remboursement d'une somme de 7,451 11. qu'ils ont payée au del;\ de ce qu'ils ont reçn. (Catal. des rass. des bibliothèques des 
départements, Xll, p. 282, n© 15.) 

(4) Inventaire, C. 477. 

(5) P. 217 de notre édition.— Il n'est point prouvé que le bureau de Limoges remontât à ledit d'Henri Ilf, 1581, qui les înstitUil 
en France. 

(6) Le Hegisire consulaire, IV, en parle Incidemment à diverses années et potar la dernière fois en 1714 (p. 2i5).;plu8 tard li n'en 
eàt plus question, non pas inème dans le Calenârin- eccl. et civil du Limousin, 1762 et ss. Cependant le cahier des doléances de la 
communauté des aubergistes de Limoges en 1789 demande la suppression des traites foraines (dans nos Xour, doc. hisloriqties, p. 96) 
— ainsi que le cahier du Tiers-État de Saint-Léonard (dans nos Doléances paroisnates, p. 81). Il est possible toutefois qu'il s'agisse 
des btireauk des traites fbraines conservés dans les provinces limitrophes. Cf. le Mémoire sur la Généralité de 16^ (p. 23 de notre 
édition) pour le Bureau établi entre Umoges et St-Junien. 

Haute-Vienve, — Série C. Introd. XII 



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XC LA GÉiNÉRALlTÉ DE LIMOGES 

qui ne furent établis que beaucoup plus tard, après 1723 (1). Ces bureaux, Turgot \es supprima en 1761 ; mais 
ils furent relevés en 1782, tout au moins à Limoges, Tulle, Brive, Bort, Saint-Léonard et La Souterraine (2). 

11. — Le Burea^ des régies pour le compte du roiet de Vécole militaire^ comprenant un directeur-receveur général 
et un contrôleur ambulant. 

12. — Le Bureau de régie des biens des religionnaires fugitifs^ établi après la révocation de Tédit de Nantes, encore 
mentionné dans le Calendrier de 1762, paraît avoir été supprimé peu après (3). 

13. — Le Bureau de la loterie royale. Il devait remonter à la seconde introduction qui fut faite en France de la 
loterie par le cardinal Mazarin. En tous cas on en trouve trace dès le commencement du XVIIP siècle et plu- 
sieurs fois dans la suite (4). Le Registre consulaire (IV, 177) mentionne en 1706 « les fonds provenant delà 
lotterie faite à Paris en faveur des pauvres de la Généralité de Limoges ». 

14. — Le Bureau de la banque royale^ qui se chargeait des diverses opérations inaugurés par la banque de Law. 
Nous ne sachions point qu'il soit mentionné dans aucun document connu de nos archives locales. Mais Savary 
des Bruslons nous apprend que ces sortes de bureaux fonctionnèrent en 1719-1720 dans toutes les villes du 
royaume qui possédaient un hôtel des monnaies, et il nomme même celui de Limoges (5). 

, Comme nous savons de bonne source que plusieurs communautés religieuses du Limousin eurent à souffrir 
du désastre de Law (6), nous pouvons en inférer que le Bureau de Limoges ne fut pas sans clients. 

15. — Le Bureau de paiement de rentes sur les tailles, établi en conséquence des arrêts du conseil d'État dû 
12 décembre 1766 et 12 juin r/78. Ce n'était peut-être qu'un dédoublement du suivant. 

16. — Le Bureau des avances^ que mentionne le Calendrier de Limoges pour 1762. Le directeur était un certain 
Fournier, notaire royal, dont on énumère les fonctions : «payeur des rentes tant perpétuelles que viagères, 
même les tontines dues dans la ville et Généralité de Limoges, sur les tailles de la Généralité et de l'hôtel-de- 
ville de Paris, ordonnances et pensions sur le trésor royal, même des couppons, billets et lots des loteries 
royales. » 

17. — Le Bureau des postes aux lettres remontait peut-être à Louis XI. En tout cas il avait certainement^ à peu 
près partout, abandonné le service du public au cours des guerres civiles du XVP siècle, et ne fut réorganisé 
qu'en vertu de Tédit royal de mars 1597 qui établissait des relais de chevaux pour le transport des voyageurs 
et des malles, subsidiai rement pour celui des lettres. Toutefois cette réorganisation ne paraît pas avoir été 
réalisée entre Toulouse-Limoges-Paris avant Tannée 1602 (7). Le premier règlement pour la taxe des lettres 
fut donné par le conseil d'État en octobre 1627. 



(1) « Dans toutes les villes de France où il se fabrique des cuirs et où il s'en fait commerce, il y a des bureaux établis pour cette mar- 
que, n n'y a qu'à Nantes et Limoges où il n'y en a point » (Savary des Bruslons, Dictionnaire, . .1723, II, 672.) 

(2) Inventaire, C. 13 et 477. 

(3) Le sieur Mondion qui en fut le régisseur est souvent nommé dans les documents du XVIII^^ siècle. 

(4) Voy. notre Invent, des archives hospitalières de Limoges, B. 525, p. 121; E. 2, 6; H. 8 à 13. 

(5) Dictionn. du commerce, t. I, p. 500 et 262. 

(6) Voy. notre Invent, des arch. hospitalières de Saint-Yrieix, E. 42; H. 2, 4, 7 et 8. Cf. notre Notice historique sur Vhôpital de 
MagnaC'Laval en Basse-Marche dans le Bull, de la Soc. arch. du Limousin, XXVill, 178. 

(7) « La mesme année [1602], furent établis des chevaux de relays pour aller à Paris, Tolose, Bordeaux et Lyon. » (Bonaventure 
de Saint-Amable, Annales du Limosin, p. 813). Eu ce qui touche la ligne Bordeaux-Limoges-Lyon, le témoignage de Bonaventure de 
Saint- Amable, qui écrivait daus le dernier tiers du XVII^ siècle, nous parait sujet à caution. — Vers I632, un certain Roger, nommé 
<c conseiller des postes et des bureaux de la Généralité de Poitiers et de Limoges », en vertu d'un édit de mai 1630, fait signifler 
défense à la ville de Cognac d'envoyer ses lettres et paquets par le messager ordinaire de Bordeaux à Paris (Voy. Marvaud, Etudes 
sur la ville de Cognac dans le Bull, de la Soc. arch. de la Charente. 1858, p. 171). Il prétendait donc imposer à la ville de Cognac le 
trajet Cognac-Limoges-Paris. — Ce Roger ne serait-il pas Joseph Rougier, maitre des courriers en la Généralité de Limoges, que 
mfntlonn? en 1649 le Registre consulaire de Limoges, III, S5^ ? Nous Ignorons malheureusement s'il avait eu un prédécesseur. 



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LES INSTITUTIONS XCI 

18. — Le Bureau des diligences et messageries y dont le nom dit suffisamment Tobjet. Il procède lui aussi de l'édit 
de mars 1597. Cependant c'est seulement en 1678 que les messageries privées furent transformées en message- 
ries royales, t II y avoit autrefois, dit le Dictionnaire du commerce de Savary des Bruslons (1723), et jusqu'à Tan- 
née 1676 plusieurs sortes de messagers en France, qui partoient de Paris pour les provinces et qui voituraient 
et conduisoient les hardes, marchandises et personnes jusqu'aux extrémitez et presque dans toutes les villes 
du royaume. Le roy avoit ses messageries, l'université les siennes, et il y avoit encore outre cela plusieurs 

particuliers qui étaient propriétaires de quantité d'autres messageries Sa Majesté ayant ordonné, 

sur la fin de la même année 1676, le remboursement de la finance aux particuliers propriétaires des dites mes- 
sageries et la subrogation aux baux de celles appartenant à l'université en faveur du fermier général des 
postes de France, auxquelles elles furent réunies, toutes les messageries ont été considérées depuis sur le pied 
de messageries royales; et ce fut en conséquence de cette réunion que fut donné en 1678 un nouveau règle- 
ment général pour les fonctions des messagers, maîtres de coches et carosses, voituriers, rouleurs et autres 

.... qui s'observe encore aujourd'hui. » 

19. — Le Bureau royal de correspondance nationale et étrangère, établi à Paris par arrêt du conseil d'État du 
16 avril 1780 (1). La succursale de Limoges semble avoir eu une importance particulière si l'on en juge par la 
notice que lui consacre le Calendricf^-pom 1782 (2). 

ê 

20. — C'est évidemment à la police administrative qu'il faut rattacher le Bureau des eaux minérales constitué 
en 1772. « Là, sont vérifiées, dit le Calendrier pour /774, les dites eaux tant à la décharge des voitures qu'à 
l'ouverture des caisses, vérification que Ton applique [sic^ corr. constate) par un nouveau cacheta chaque bou- 
teille qui doit être distribuée, conformément à Tédit du roi du 25 avril 1772 ». Il y avait déjà, depuis quelques 
années, un intendant [3) des eaux d'Availles (4), dont la résidence à Limoges est d'autant plus surprenante 

(1) Cf. notre Invent, des arch, hospitalières de Limoges, E. 31. — La fonction de ce bureau s'éclaire par le passage suivant du Regis- 
tre des détibérations de la Société d'agriculture de Limoges, séance du 23 avril 1772 : « Le secrétaire [de la Société] a été chargé de prier 
M. Bouland, commis du Bureau de la correspondance générale de Paris, de n'adresser à ce Bureau aucun avis sur Tétat des récoltes et 
de Tagriculture sans Favoir communiqué au secrétaire, afln de n'être point exposé à en donner de faux et de ne se point trouver en 
contradiction avec M. Tintendant qui, étant beaucoup mieux instruit que lui, est eu état de donner des avis certains et convenables 
aux circonstances. > . 

(2) • Ce bureau est le seul de ce genre, avoué, reconnu et autorisé par le gouvernement. Il est peu de commissions dont on ne poisse 
le charger. Ses principales opérations sont : 1° La recette de toutes sortes de renies, pensions, gages, gratifications, loyers, fermages, 
et autres revenus, tant à Paris qu'eu province; fp II sollicite l'expédition de tous nouveaux brevets de pensions, etc., et des ordon- 
nances de pensions qui doivent être payées sans brevet; 30 II se charge de la recette des gages, augmentation d'iceux, retraites et grati- 
fications des officiers de la maison du Roi ; 40 De faire remplacer dans les états du roi, les rentes, etc., qui en auraient été rejettées ; 
5» De suivre la liquidation des offices supprimés, etc. ; ô» De faire des placemens dans les emprunts ; 7^ De Tachât et vente de tous 
contrats et elTets royaux ; S» De suivre la liquidation des rentes constituées, pour les corps et communautés et de recevoir ensuite les 
dites rentes ; 9» De la recette de tous billets, lettres de change et mandats pour tous les endroits, ainsi que du payement de ceux 
qui sont faits à son domicile; IQo De la suite de tous demandes, procès ou autres afTaires couten'ieuses, dans quelques tribunaux que 
ce soit; des significations, assignations, oppositions, saisies-arrêts et oppositions aux bureaux des hypothèques, dans tout le royaume; 
110 De la levée des lettres de maîtrise, charges et offices, etc.; 12o Des affaires à suivre au Conseil; 13« De l'obtention des lettres 
d'émancipation, dispense d'âge et de temps, de noblesse, etc., et généralement de tout ce qui s'obtient à la grande et petite chancel- 
lerie de France ; 14» Des démarches et sollicitations à faire dans les bureaux des Ministres d'Etat; 15» De la recherche et levée de tous 
extraits de baptême, mort, mariage et expédition de tous actes; IG^De la négociation et vente de tous biens immeubles, de quelque 
nature que ce soit, ainsi que les charges de robe, d'épée et de finance ; 17<» Enfin de tout ce dont on peut charger un commission- 
naire et un ami. Ce bureau se charge eu outre gratuitement de la recette des rentes et de la sollicitation de toutes les affaires con- 
cernant les hospices, hôpitaux, hôtels-dieu et maisons de charité. Il se contente de ses déboursés pour ces établissemens et ne prend 

aucune espèce d'honoraires. 

« M. Plainemaison, procureur au Présidial de Limoges, près les Etangs, est délégué par le Bureau royal de correspondance, séant à 
Paria, pour cette ville et pour toute la province ». 

(3) Inventaire, C. 99 : provision parle roi d'intendant des eaux minérales d'AvaiUes en Poitou, paroisse d'Abzac-sur- Vienne, pour 
Pierre Depéret, docteur en médecine de la faculté de Montpellier, 1753, (mort en 1776). Il est dit que Depéret a été présenté par te 
prenaier médecin du roi, en juillet 1749. — Cf. dans Aut. Thomas, Invent, des archives comm. de Limoges^ GG. 32, mention du même 
Pierre Depéret, intendant 4es eaux d'Availles, 1756. Ce titre passa ensuite à un Depéret-Maury (peut-être le fils du précéd^'ut), dont on 
connaît quelques mémoires : Anali/sedes eaiu d'Availles, de Carenzac et de Mies; Avantages de l'inoculation. 

(4) Découvertes en 1623. 



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XÇm LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

qu'Availles faisait partie de la Qéxiérali té dç Pditiers et était sensiblemeut plus rapproché de cette ville que 
de Linxogcs. Ea 1790 ce buçeau comprenait uu iaspecteur et un directeur. 

21 . — Quant à V Administration des haras, elle était partagée entre trois commissaires-inspecteurs qui relevaient 
d'un directeur-général séant à Paris et subordonné lui-même au grand écuyer de France, surintendant des 
haras de Limousin, Auvergne et Normandie. Ces trois commissaires se partageaient les diverses régions de 
la Généralité. Ils avaient ordinairement un sous-inspecteur, un garde-visiteur et plusieurs gardes-haras à 
leurs ordres. C'est eux qui étaient chargés de répartir les cr gratifications du roi » aux propriétaires qui entre- 
tenaient dans leurs domaines des juments de choix (1). 

22.-— A la fin du XVIP siècle, les Ponts et chaussées étaient aussi « uu des objets des trésoriers de France; 
non qu'ils fussent en possession d'ordonner seuls et de faire les adjudications, car cela regardait, comme dans 
les autres Généralités, Tintendant de la province -, mais il y avait un trésorier de France commis pour la visite 
des chemins et qui assistait aux adjudications faites par l'intendant de tous les ouvrages portés par les états 
du roy, qui en envoyait chaque année. Il signait même avec luy toutes les ordonnances » (2). 

Cette organisation rudimentaire, où la technique n'a pas même sa place, remonte à un édit d'ocft)bre 1508 
qui fut abrogé en 15S9 en faveur de Sully devenu « grand voyer de France » (3). Mais, en 1626-27 la surinten- 
dance de la voirie fut rendue aux trésoriers de France, ainsi que la juridiction coatentieuse du domaine attri- 
buée jusque-là aux baillis et sénéchaux. L'édit de mai 1635 confirma cet état de choses (4). Mais en l'année 17 13 u n 
certain Charles Lemoyne s'intitule « architecte du roy et ingénieur pour les ponts et chaussées de la Généralité 
du Limousin » (5). lia un successeur, quelques années plus tard, dans le sieur Naurissart qui, d'abord entre- 
preneur des ponts et chaussées, prend en 1731 le titre a d'ingénieur du roy » (6). Toutefois c'est seulement au 
milieu du XVIIP siècle, peu après la fondation de l'école des ponts et chaussées (1747) qu'on trouve, organisé 
à Limoges, un bureau spécial oU l'élément technique est aussi largement représenté que l'élément adminis- 
tratif. En laissant de côté deux trésoriers généraux qui résident à Paris, ce bureau possède, en 1764, un trésorier 
provincial (7), un caissier et un commissaire du roi, puis un ingénieur en chef assisté de trois sous-ingé- 
nieurs qui ont pour « départements » respectifs le Haut-Limousin^ le Bas-Limousin et TAngoumois. Vers 
1178 de grandes modifications sont introduites. Le bureau comprend un commissaire du roi, un inspecteur 



(1) Inventaire, C. SU. Le vicomte de Joussiûeau est dit inspecteur des haras, de 1778 à 1790. Cf. le Calendrier ecch et civil du 
Limousin^ 176i et ss. — U est fait mention de l'inspecteur des liaras de la Généralité dans le Registre de la Société d'agriculture de 
Limoges, à la date du 5 janv. 1760. VInvent. des arch. dèp, de la Corrèze, B. 736, nomme en 1782 un M. de Liguac, t directeur et 
visiteur des haras du Limousin ». 

(2) Mémoire de 1698, p. 222 de notre édition. 

(3) Voy. le Règlement et ordre que le roy veut être observé tant par le grand voyer de France et ses lieutenants, les trésoriers de 
France, intendants des turcies et levées et voyers particuliers sur le fait des constructions, réparations et entrelèuemenls des pouls, 
pavez, clieniins, chaussées, turcies et autres œuvres publiques. Paris, 13 janvier 1605 Signé: De BétAne {Recueil Devoyon), 

(4) Fourni val, 554, déjà cité. 

(5) Hegistre consulaire, IV, 237, 238, 239. — <( Ce n'est pas avant la fin de 1712 que les ingénieurs employés aux travaux publics soit, 
par le gouvernement royal, soit par l'administration provinciale dans les pays d'Etats, prirent le caractère de fonctionnaires publics 
exclusivement occupés par leur emploi. Mais ce fut l'arrêt du Conseil, du lor février 1716, qui organisa réellement le corps des pout3 
et chaussées », (Lalanne, Dict, histoiique, au mot Ponts et chaussées). 

(6) lifid., IV, 376 et 377. — Vers 1735 André Massié, dont nous nous occuperons dans le chapitre suivant comme fondateur de 
la manufacture de fayence de Limoges, prend le titre de « architecte et entrepreneur des ouvrages des ponts et chaussées de la 
Généralité de Limoges». Dans un mémoire du Bureau des finances rédigé vers 1745 {Inventaire, C. 553) on trouve le passage suivant; 

t Les trésoriers de France de Limoges demandent la pleine et libre juridiction de la voyrie, continuellement traversée par l'in- 
génieur du roy qui, ne voulant pas se reconnaître juridicq du Bm*eau des finances pour ce qui concerne même le domaine du 
roy... anticipe journellement sur sa juridiction. » 

(7) Le titre de trésorier des ponts et chaussées est donné en 1707 à un sieur Pierre Barbon {Reg. consul, IV, 18I); dans la seconde 
moitié du XVlIlo siècle aux sieurs Borda, Thoynet, Raimbaux, Lefort (Inventaire, C.Siï, 320.324, 325), et à quelques autres nommés 
dans les calendriers des temps. Cf. notre Invent, des arch. hospitalières de Limoges, B. 77, 530. 532; E, 2, 116; U. 6. 



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LES INSTITUTIONS XCIII 

général, résidant à Paris, un ingénieur en chef, tA)is inspecteurs pour les trois départements que Ton connait, 
quatre sous-ingénieurs, car le département de Bourganeuf s ajoute désormais aux autres (1): un dessinateur 
géographe, un secrétaire et un trésorier provincial. Ce sont donc maintenant les techniciens qui ont le pas 
sur les administrateurs. De cette simple réforme datent les progrès du serviée des ponts et chaussées 
en Limousin. 

Après Charles Lemoyne et Naurissart, précédemment nommés, on ne rencontre pas d'ingénieurs des ponts 
et chaussées avant 1762.Voici,d après VAlmamch royal et les Calendriers locaux, le relevé de ceux quiont porté 
le titre d'ingénieurs en chef : 

Trésaguet, 1762 (2). —Barbier, 1763. — Marnillot, 176t.— Trésaguet, 1764-74. — Cadié, 1775-84 (3). — 
Dergny, 1784-86. — Munier, 1786. — Dumont, 1786-89 (4). 

Parmi les sous-ingénieurs on relève les noms suivants : 

Caron, 1765.— De Fer, 1769. — Georgest, 1788 (5). -De Metz, 1788(6). — De Barcès, 1777-78. — Magré, 178J(7). 

Un ,titre que Ton rencontre souvent dans la seconde moitié du XVIIP siècle, c'est celui d'ingénieur- 
géographe. Cornuau (8). Dominique Lcmasson (9), François Alluaud(lO), J.-B. Morancy (11) Pont porté, et trois 
d'entre eux ont, en eflFet, a»ttaché leur nom à des plans de Limoges et à des cartes de la Généralité (12). Le Roy 
et Descombes, que l'on rencontre avec même titre à Rochechouart (13), semblent appartenir à la Généralité de 
Poitiers dont relevait la subdélégation de Rochechouart. 

Nous ne pouvons parler ici ni de l'hôtel des Monnaies, ni de la maîtrise des Eaux et Forêts, encore moins 
de la conservation des hypothèques, puisque leurs archives appartiennent à la série judiciaire (ou série B) 
des Archives départementales. Il suffira de mentionner ici leur existence. 

Nous clorons ce chapitre en reproduisant les chiffres de VÉiat de la France vers 1640 (14), qui concernent 
la Généralité de Limoges. Les historiens familiers avec le système financier de l'ancien régime (si tant est 
qu'il eût un système financier), trouveront peut-être quelque instruction à ces extraits. 

(i) La répartition des départements entre les sous-ingénieurs a beaucoup varié. Ainsi, en 1781, il y a deux sous-ingénieurs pour le 
département de Limoges, deux pour celui d*Angouléme, un pour celui de Bourganeuf. Le Bas-Limousin n'est plus nommé, il est 
confondu sans doute dans le département de Limoges. En 1784 il n'y a que 3 sous-ingénieurs; 2 en 1786; 1 en 1789. 

if) Cf. Inventaire yC. 300, 303, 310, 311, 312, 313, 314, 331. 350, 362, 452. Il quitta la Généralité en janvier ou février 1776. {Délib, de la 
Soc, d'agriculture^ 17 fév. 1776.) 

(3) C'est à tort que M. C. Rivain dans Tart. C. 312 de VInventaire donne Cadié pour successeur de Trésaguet en 1777. 

(4) Cf. Inventaire, C. 305 où il est dit inspecteur dans un acte de 1790. 

(5) Cf. Inventaire, C. 296, 350. 

(6) Cf. Inventaire, C. 305, 350. Dans le premier acte il est dit inspecteur. 

(7) Cf. Inventaire, C. 518. 

(8) Inventaire C. 103, 118, 119, 126, 264, 352, 353. 

(9) Inventaire, C. 386, 

(10) Inventaire, C. 64, 305, 313, 582. Cf. Invent, des arch, kospit. de Limoges, E. 30. 
[M) Inventaire, C. 64, 450. 

(li) Voyez ci-dessus, p. XXXI. Cf. VInventaire, C. 64 et 450. 

(13) Inventaire, C. 377 et 533. 

(i4)*Registre manuscrit de la Bibliothèque de FUniversilé de Bàle, cité plus haut, p. XIX. uole 3, 



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XCIV 



LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

I 



Élection de Limoges, ^59 parr., 36 off. 

Gages des présidens, 41,481 IL, 18 s. 

— héréditaires des greffiers, 2,000 II. 
Augmentation de gages aux officiers de fi- 
nances, 770 U. 

— du chevalier du guet et archers, 900 11. 

— des juges présidiaux, 3,?70 11. 

— du 2'^ président au Présidial de Limoges et de 
— 2 conseillers et payeurs d'iceux, 1,400 11. 

Rentes pour demi-année, 3,630 11., 6 s., 4 d. 
Epices, 1,375 11., 5 s., 8 d. 
Droits héréditaires, 41,529 11., 4 s. 
Droits des commis, 1,800 11. 
Les 12 deniers, 26,780 11. 

Somme: 123,976 11., 18 s , 6 d. 

Élection de Tulle, 167 parr., 32 off. 

Gages des présidens, 27,731 IL, 19 s. 

— héréditaires des greffiers, 500 11. 
Augmentation dégages, 147 11., 10 s. 

— du lieutenant général, 200 11. 

— des juges présidiaux de Brives 970 11., 10 s. 

Au conseiller clerc du présidial de Brives 
5011. 

— des officiers du Présidial de Tulle, 7,000 11. 

— du chevalier du guet et archers, 750 11. 
Rentes pour demi-année, 1,210 11. 

Ports, 230 11. 

Epices, 1,142 11., 15 s., 7 d. 
Droits héréditaires, 25,469 11., 4 s. 
Droits des commis, 1,160 11. 
Les 12 deniers, 17,050 11. 

Somme : 83,611 IL, 19s.,4d. 

Élection de Brive, 90 pair., 32 off. 

Gages des présidens, 19,670 IL, 4 s. 

— héréditaires des greffiers, 600 11. 
Augmentation de gages, 312 IL, 10 s. 



Gages des officiers du Présidial, 1,250 IL 

— des juges présidiaux, 2,041 IL 

— du chevalier du guet et archers, 750 IL 
Rentes pour demie-année, 1,160 IL, 10 s. 
Portes, 160 11. 

Epices, 504 IL 

Droits héréditaires, 18,037 11. 
Droits des commis, 600 11. 
Les 12 deniers, 12,430 IL 

Somme : 57,014 IL, 13 s., 10 d. 



Élection de Bourganéuf, 95 parr., 28 off. 

Gages des présidens, 10,179 IL, 8 s. 

— héréditaires des greffiers, 400 IL 
Augmentation de gages, 75 IL 

— du chevalier du guet et archers, 750 IL 
Equivalent de paye à Poitiers, 308 IL, 1 s. 
Rentes pour demie-année, 25 IL, 10 s., 4 d. 
Ports, 166 IL 

Epices, 733 IL, 6 s. 
Droits héréditaires, 9,221 IL, Il s. 
Droits des commis, 600 IL 
Les 12 deniers, 3,695 IL 

Somme : 26,163 IL, 16 s., 4 d. 



Élection d'Angoulôme, 320 parr., 31 off. 

Gages des présidens, 30,281 IL, 6 s. 

— héréditaires des greffiers, 1 ,200 IL 
Augmentation de gages, 680 11. 

— du chevalier du guet, 1,350 11. 

— des controUeurs, 300 IL 

— du second président et deux avocats, 1,850 11. 
Augmentation de gages à l'avocat du Roy, 4011. 
Gages de deux avocats es sièges royaux, 165 IL 
Rentes, 838 IL, 10 s. 

Ports, 370 IL 

Epices, 1,070 IL, 10s.,6d. 

Droits héréditaires, 40,241 11. 

Somme : 101,936 IL, 6 s., 6 d. 



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LES INSTITUTIONS 



XCV 



Élection de Str Jean-d'Angelly, 200 pair;, 31 off. 

Gages des présidens, 24,075 11.^ 15 s., 4 d. 

— héréditaires des greffiers, 1,300 11. 
Augmentation de gages, 170 11. 

— du chevalier du guet, 767 IL, 15 s. 
Rentes du sieur Blanquart, 1,095 IL, 8's., 10 d. 



Ports, 250 IL 

Epices, 1,037 IL, 4 s., 6 d. 

Droits héréditaires, 24,470 IL, 14 s. 

Droits des commis, 950 IL 

Les 12 deniers, 12,63011. 

Somme : 66,966 IL, 17 s., 9 d. 



Recette générale de Limoges. 

Gages des officiers de la maréchaussée et prévost des maréchaux, vice-baillifs, vice-sénéchaux et autres 
officiers de la dite Généralité 47,415 IL, 12 s., 6 d. 

— et droits des présidens, trésoriers et autres officiers du Bureau des finances, j86,229 U. , 2 s. 

— et rentes des receveurs-généraux des finances, 19,205 IL, 10 s. 

— des controUeurs-généraux des finances, % 4,610 IL, 10 s. 

— des trois trésoriers provinciaux, , 3:139 IL 

— du controlleur du domaine, 600 IL 

Aux huissiers du conseil, 83 IL, 6 s., 8 d. 

— des procureurs du Roy et greffiers et ville et communautés de la dite Élection, .2,500 11. 

— des sergens des tailles, 1,200 IL 

— du président es justices royales. IîIO^ !!• 

Augmentation de gages aux officiers de finances, 810 II. 

— des M®^ particuliers des Eaux et Forêts, 1,500 11. 

— du controlleur du domaine d'Angoulême, 200 IL 

Rentes provinciales et gages des contrôleurs et payeurs, 9,906 IL 

Gages des maistres de Postes, , ' 3,780 IL 

Ecritures et messageries, ; 600 IL 

Epices, 1,018 IL, 10 s. 

Augmentation de gage du traité du sieur Lefèvre (1] , . .? 

Somme : 182,567 IL, 16 s., 2 d. 
Charges sur les Ponts et Chaussées 

0BNBRALITB DE LIMOGES. 

Ouvrages, 2,000 IL 

Gages, 6,693 IL 

Somme : 8,693 IL 
Impositions de la Généralité de Limoges en 1639 : 2,116,474 IL, 1 sol. 

(i) Cet article se retrouve à divers autres endroits et ue peut-être considéré par conséquent comme appartenant en propre à la 
Recette de Limoges. 



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IV 



L» ADMINISTRATION DE LA GÉNÉRALITÉ. 



Lorsqu'au début du XIII° siècle, Pliilippe-Augruste conquit le Limousin sur les Anglais et du même coup 
sur la féodalité provinciale, il n'y eut tout d'abord qu'une seule chose de chiangée : les féodaux de notre . 
provihce, qui jusque-là avaient rendu hommage au comte de Poitiers, duc d'Aquitaine, se reconnurent 
vassaux directs du roi de France et lui jurèrent fidélité. 

Peu à peu la royauté exige davantage. En prenant en main la défense de notre province contre les Anglais 
redevenus menaçants, en évoquant au parlement de Paris certaines causes graves, plus tard en levant des 
tailles sur les populations, elle affirme par Torgane du sénéchal, qui la représente à Limoges, ses droits 
de souveraineté politique. 

La troisième étape de son introduction en Limousin se marque par une série d'innovations qui montrent 
Textension que la royauté entend donner à sa souveraineté. A certains seigneurs haut-justiciers, Philippe le 
Bel impose des pariages : à tous Charles V interdit le droit de battre monnaie. Plus tard Charles VII fixe 
lui-même le chiffre des tailles, au détriment du droit des États provinciaux, et Louis XI intervient dans la 
nomination des magistrats municipaux. 

La dernière étape politique a lieu vers le milieu du XVP siècle, quand la royauté s'établit définitivement à 
demeure dans Limoges en y instituant un présidial,un gouvernement militaire et un bureau des finances qui 
exercent, chacun dans la limite de ses attributions, les droits de souveraineté du roi. 

Une fois maîtresse de tous les grands services de l'État, la royauté distingue au bout de quelques années 
un nouveau rôle à prendre. Elle étend tout d'un coup ses attributions à une foule de questions qui ne 
l'avaient point préoccupée jusque-là, et entend se faire administrative. C'était vouloir se substituer aux 
pouvoirs locaux dans la gestion des intérêts économiques et matériels. Commencée par François I (l)et 
continuée par Henry II, cette évolution se poursuivit vigoureusement sous Sully et Colbert, mais n'atteig'nit 
son apogée que dans la seconde moitié du XVIIP siècle. La centralisation politique conduisit à la centralisation 
administrative. A furce d'attirer à lui tout ce qui naissait en France d'hommes d'action et de science, 
Paris devenait seul capable de gérer la chose publique. Et c'est ainsi qu'il devint le tuteur légitime de toutes 
les provinces qu'il avait ramenées à l'âge de minorité. 

Quoiqu'il en 8oit> notre tâche présente est seulement de retracer les efifets de ce régime d'absorption, c'est- 
à-dire de montrer comment le gouvernement central, représenté par l'Intendant des provinces, aida au 

(1) Les ordoimances que les rois des XlV«-XVe ss. ont rendues eu faveur de l*agricullure, de l'industrie et du coiïimei*cé, sont si rai*éâ 
qu'on ne peut y voir d'autres visées que celles de l'intérêt immédiat, sans aucune vue d'ensemble. Au XV^^ siècle, les grands 
protecteurs de l'activité industrielle et commerciale, ce sont les ducs de Bourgogne. 



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L'ADMIÎ^STÏIATIOK XCVlI 

développement économique du Limoosin pendant les deux derniers siècles. Nou& noua effbrceroos de remplir, 
aussi complètement que possible (l), le cadre que nous venons de tracer. 

i.— Asrricultiwe. — Harai;. — Forêts, • Poires et MaxcWs. 

Il est fort malaisé de préciser Vétat de Tagriculture en Limousin à l'époque oU la Généralité de Limoges fut 
constituée. L'étude des forléaux, dont la série commence en 1500, serait sans doute de quelque secours à qui 
saurait les interroger en connaissance de cause. Mais en un temps ou la grande propriété était encore la 
règle, où Tignorance des populations et leur inertie luttaient seules en maints endroits contre la stérilité d'un 
sol granitique et froid (2), on peut croire à priori que l'agriculture était peu productive (3). Au milieu du 
XVIIP siècle encore, on voit des propriétaires obligés de nourrir leurs métayers (4), oequi équivalait à ren- 
verser les termes de leur contrat (5). Le grand nombre de disettes que signalent les documents du temps, les 
charges écrasantes que les tailles faisaient peser sur les campagnes, les ruines qu'entraînait encore sous 
Louis XIV le passage d'une compagnie de gens de guerre, les chômages qui résultaient fréquemment du 
manque de bras dans un pays oii la population naturellement peu dense tend encore à émigrer, le régime des 
baux (6), enfin le grand nombre de communaux servant seulement au pâturag3 des brebis, que l'on trouve 
dans la région du plateau de Millevaches, — tout concourt à justifier notre première assertion (7). 



(1) L*admiuistration de la Généralité de Limoges ne pourra ôtre convenablement exposée que le jour o(i chacune de ses Élecliond 
aura été étudiée en particulier. Jusqu'ici celles de TAngoumols ont soûles été Tobjet de recherches étendues^ grâce A Jean Gervaia, 
lieutenant criminel: an présidial d'Angouléme (A), et à M. Boissonnade, professeur d'histoire au lycée dp cette ville (B). Les rensei- 
gnements qui vont suivre se rapporteront phis parliculiéremeni aux trois Élections du Limousin et à celle de Bourganeuf. 

(A) Mêmoii'fi sur l'Angoumois rédigé en 1725-26, publié pour la première fois d'après le manuscrit de la Bibliothèque nation île par 
M. Babinet de Rencogne, archiviste de la Charente, 18t)9, dans le t. I des Documenis historiijues s«r VAngontmia. Cf. dans le tiulL de 
la Soc. arch. et hist. de la Charente, 1^9, ime notice du même sur ce Jean Gervais. 

(B) La Province d'Angoumois au XVIUf^ sièM dans le .Bulletin cité. 1889. 

(2) « Le Secrétaire a fait lecture d'un mémoire de M. de Rochefortsur un canton de TÉlection de Tulle appelé de la Haute-Montagne 
dans lequel, après une courte exposition de la mauvaise qualité du terrain, de l'infériorité du prix des bestiaux à ceux du voisinage, 
des maux réels qui ont résulté de Testimation forcée de ces fonds, des ravages des huissiers des tailles, de l'émigration des travailleurs, 
de la triste situation des propriétaires des fonds, et de la mauvaise agriculture qui en résulte, il convient que le commerce des grains et 
des bestiaux seroit une ressource pour ce canton si Ion n'avoit pas laissé rainer les grands chemins. Et il conclut que pour ranimer 
ce commerce U faudroit réparer le chemin de Clermont à Ussel et observe que, si on le fait passer par Bort, oa fera beaucoup plqs de 
dépense et que le chemin sei?a plus long et m>ius praticable. » (D, 'liber, de la Soc. d agriculture^ U déc. Hùi). -^ « L'Éleciton de Bour- 
ganeuf, partie de laprovijice des plus. pauvres et des plus mal cultivées qu'il y ait. » {DJliàer. du 13 juin 1761).— « Les terres vaines et 
vagues, si répandues dans l'Élection de BourganeuT. > (DéUber. du 10 oct. 1761.) 

(3) Oanoo^ permettra de rappelef ici que nous avons. déjà indiqué les principales causes de la misère djes populatiooi sous Tauclen 
régime dans notre étude sur Le$ Institutions charitables dans l'ancien diocèse de Limoges (introduction à Vlncenl, desarc^ves fwsfii- 
talières de la Haute-Vienne). 

(4) Renseignement oral q^ie nous devons à l'obligeance de M. Eugène Muret, président de la Société d'agricuUurd de Limoges. 

(5) Voy. le portrait du paysan limousin que trace l'auteur des a Réflexions d'un gentilhomme de Haut-Limousin » {Dolèancss parois* 
êialei de 1789, p. 123, 125, 126). Le chevalier du Garreau de Lameschenie l'assimile (ibid., p. 112) à « la partie honteuse de la nation » 
et compare le peuple (ibid., p. 108) aux hiIo*es de Spartes, aux paysans polonais. 

(6) • Le Secrétaire a fait lecture du mémoire de M. de Montalembert sur les inconvénients qui résultent de ce que les baux judi- 
ciaires ne durent que trois ans, et de l'avantage qu'il y auroit de les porter jusqu'à neuf. 11 a été observé sur ce mémoire que cette 
pratique devroit s'établir dans le ressort du parlement de Bordeaux plutôt que dans tout autre attendu que les décrets des bieofoads 
y soni iKunorielii ». ( DelWer. du 5 avril 1766.) 

(7) De Tensemble des délibérations de la Société d'agriculture de Limoges (1750 etss), il résulte clairemeut que dans notre région 
FagricHltiire n'est enirée dans une voie de progrès normal qu'à partir des premières années de la Restauration; elle a pris un nouveau 
développement vers 1840 par suite de Fouverture de nombreuses routes, et n'a trouvé la prospérité relative dont elle jouit présente- 
ment que sous le second Empire. 

IIaute-Viekne. — Série C. Inthod. XIII 



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XCVIII LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

Le petit nombre de bestiaux qxxeVÉtat des paroisses de 1636 signale dans chaque paroisse de la Généralité de 
Limoges est un autre indice de la pauvreté des campagnes. Les bêtes participent de la misère des gens et ne 
se reproduisent guère. Et cependant le Mémoire de 4698 dit explicitement (1) que le Limousin approvisionngjit 
Paris de viande fraîche et les armées de fourrages. Le marché de Sceaux, établi en 1539, et celui de Poissy 
étaient en effet le grand rendez-vous de nos marchands de bestiaux et conservèrent leur destination 
jusqu'à la Révolution (2). Cependant il arrivait parfois, comme en 1769, que le Limousin ne fournissait point 
assez pour le ventre delà capitale, ce qui mettait en grande perplexité le lieutenant général de police chargé de 
cette partie de Tadministration, et Tobligeait à se pourvoir ailleurs (3). Pour expliquer la contradiction qu'il 
y a entre ces deux faits, pénurie de bestiaux et approvisionnement de la capitale, il faut de toute nécessité 
admettre que nos paysans vendaient tout leur bétail et n'en réservaient pas la moindre part pour leur propre 
alimentation. Terre et argent, le paysan aujourd'hui encore n'a pas d'autre ambition (4). 

Seul rélevage des chevaux paraît avoir été assez florissant dans quelques domaines nobles dès la fin du 
XVP siècle (5). Aussi le Limousin fut-il au nombre des provinces qui, en conséquence d'un arrêt du conseil 
d'État du 17 octobre 1665, possédèrent un haras du roi (6). C'était introduire chez nous la surveillance et le 
contrôle, là où n'avaient régné encore que l'empirisme et la routine. L'intendant Cardin de Bret s'en occupa 
tout particulièrement en 1681 (7). D'après un État de la visite générale faite en 1690 dans les provinces où sont 
établis les haras du roy (8), il y avait alors dans la Généralité de Limoges 56 étalons du roi (147 en Auvergne), 
1,094 cavales couvertes (2,826 en Auvergne), et 875 poulains nés de la monte de 1689 (1,457 en Auvergne (9). 

C'est plus particulièrement en Bas-Limousin qu'on s'occupait à cette époque de la reproduction de 
l'espèce chevaline (10). Mais les haras établis sous Louis XIV ne semblent pas devoir être entendus dans le 
sens actuel du mot. C'étaient plutôt ce que nous appelons des dépôts d'étalons. Ceux-ci étaient prêtés aux 
grands propriétaires du pays, suivant les besoins du service, et ne séjournaient guère dans une même 
localité. Les résultats de cette première tentative furent d'ailleurs médiocres, si bien qu'un règlement de 
février 1717 attribua l'administration des haras de chaque province à l'intendant de la Généralité. Puis, à une 
date un peu ultérieure, le grand écuyer de France fut fait surintendant des haras du Limousin, de l'Auvergne 
et de la Normandie. 11 donna à l'administration de ce service l'unité de principes dont elle avait besoin 
et généralisa bientôt l'usage des gratifications aux gentilshommes éleveurs de chevaux (11). Néanmoins C'est 
seulement par l'institution du haras de Pompadour que cette branche de l'industrie rurale entra chez nous 



(1) P. 164 de notre édition. 

(2) Dans leurs doléances de 1789 les officiers de la Monnaie de Limoges demandent la suppression de la caisse de Poissy et de 
Sceaux • comme étant une charge presque directe sur le Limousin » (P. 25 de nos fiouv, doc. historiques). Un édit de février 1776, 
rendu sur la proposition de Turgot (Œuvres^ II, 316;, avait déjà supprimé la caisse de Poissy. Avait-elle donc été rétablie ? 

(3) Voy. la curieuse délibér. de la Soc. d'agriculture du 10 février 1770, dans nos Extraits. 

{%) On a remarqué qu'il régnoit dans les foires de l'Élection de Limoges un monopole entre tous les marchands de bœufs, au moyeu 
duquel ils se sont rendus maitres du prix des bestiaux et tyrannisent le public ; mais on n'a ouvert aucune voye pour le faire cesser >. 
ipèliber. du 12 mai 1764;. 

(3) Voy. à ce sujet une courte note du Bull, de la Soc. arch. du Limousin, XXXMU, p. 4M), renvoyant à une notice de M. J.-B. 
Champeval, insérée dans le Moniteur du syndicat agricole central de la Corrèze (15 avril 1890). Il en résulte que dès le commencement 
du XVIlo siècle les barons de Nexon pratiquaient en grand l'élève du cheval. Cf. le Métnoire sur la Généralité de 1698, p. 165 de notre 
édition. 

(6) Savary des Bruslons, Dictionnaire du commerce, I. 730. 

(7) Voy. ci-dessus, p. LXXV, n*» ÎS, 

(8) Publié dans Savary des Bruslons, ouv. cité, I. 732. 

(9) C'est en raison de son voisinage et de la nature de son sol que nous choisissons l'Auvergne pour terme de comparaison. Les 
chiffres donnés pour la Franche-Comté et la Bretagne sont de beaucoup plus élevés. 

(10) Si toutefois le Mémoire de 16i8 ne pèche point par omission, t Les haras, dit-il, en ont été un peu négligés, et les chevaux que 
le roy y avoit autrefois envoyés n'étaient pas propres pour le paiSi • (P. 164 de notre édition.) 

(11) Inventaire, C. t2. 



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L'ADMINISfRATlON X€IX 

dans une phase véritablement prospère. Décrété par le duc de Choiseul en 1763 (l), cinquante ans après celui 
du Pin, rétablissement de Pompadour avait un administrateur spécial qui était le plus souvent un 
gentilhomme de la région (2). Ce haras subsista sans incident jusqu'à la Révolution, et c'est grâce à lui qu'au 
moment de la Révolution le Limousin suffisait à la remonte de presque toute la cavalerie légère (3). 

La conséquence de ces prémices, ce fut le grand développement que prirent, vers la fin du XVII* siècle, les 
foires de chevaux de Limoges et surtout celles de Châlus, L'intendant de Bernage signale le fait dans son 
Mémoire de 1698^ et son témoignage est corroboré d'avance par ce fait connu que, sous Colbert, les haras 
royaux achetaient leurs sujets à Châlus (4). Vingt-cinq ans plus tard, Savary du Bruslons nous dit enore ; 
€ La foire de Châlus est presque la seule ou du moins la plus considérable du Limousin pour les chevaux de 
cette province et des provinces voisines. Elle se tient chaque année le jour de la Saint-George, dont la fête 
arrive le 23 du mois d'avril (5). La réputation de cette foire est très grande, particulièrement en Guyenne, 
et c'est une de celles de France oii il se trouve les plus beaux et les meilleurs chevaux, et oii il s'en fait un 
plus grand commerce » (6). Mais à la veille de la Révolution elle avait beaucoup perdu de sa première 
importance (7). 

Toujours d'après Savary des Bruslons, les principales foires de chevaux en France se tenaient en 
Normandie, Bretagne, Maine, Anjou, Poitou, Limousin, Auvergne et Franche-Comté, c'est-à-dire dans le 
nord-ouest et le centre de la France, si nous ne tenons point compte de la Franche-Comté. Comme ces 
provinces sont limitrophes les unes des autres, il est légitime de croire qu'elles étaient en cette matière 
solidaires les unes des autres. 

En ce qui touche les forêts, leur entretien était abandonné aux seuls soins de la mère nature. Les coupes 
exécutées par les abbayes ou ordonnées par les seigneurs sur leurs domaines (8) étaient toujours arbitraires. 
Quand un débouché nouveau s'oflFrait à l'exportation des bois, on coupait et défrichait sans règle et sans 
mesure, au risque de tout déboiser. Mais quelques principes s'introduisirent en cette matière, dès le milieu 
du XVP siècle, quand la royauté institua à Aubusson, à Bellac et à Limoges des maîtrises d'Eaux et Forêts (9). 
Un arrêt de novembre 1598, qui donne commission au sieur Du Roussay, grand maître des Eaux et Forêts, 
et à W Emile Perrot, conseiller à la table de marbre, pour visiter et réglementer les forêts du « département » 
de Champagne, Bourbonnais, Forez, Lyonnais, Marche et Limousin (10), est une autre preuve qu'un régime 
raisonné est dès lors appliqué à l'exploitation des forêts dans notre province. 

Néanmoins, à l'heure actuelle, le plateau de Millevaches et ses contreforts immédiats sont presque 
absolument dénudés (11). Une tradition, encore vivace dans le Bas-Limousin, attribue cette dénudation à un 

(1) Cette date est celle que fournit le Caleadner du Limousin de 1769. Elle nous semble pour cette raisou préférable à celles de I76i 
tt 1765 que Tou rencontre dans beaucoup d*ouvrages. 

(2) Cf. ci-dessus, p. XCn. 

(3) Réflexions d'un gentilfiomme du Haut-Limousin dans les Doléances paroissiales de 1789 (p. 126). 

(4) Voy. ci-dessus, p. LXXIV, au nom de M. Bazin de Bezons, n*» 27. 

(5) M. de Bernage mentionne une seconde foire qui se tenait à Châlus à la Saint-Micbel. C*es( sans doute par omission que Savary n'eu 
parle point, non plus que de celles de Limoges eu mai, juillet et décembre. 

(6) Dictionnaire de commerce, I. 734. 

(7) Voy. le Cahier de la communauté de Châlus. (Doléances paroissiales de i789, p. 7). 

(8) Mandement au parlement, aux maire, jurats et échevins de Bordeaux, aux gardes des ports et passages, etc.. de laisser passer les 
bois que Henri II, roi de Navarre, a fait couper dans ses forêts de Périgord, d'Albret et de Limousin pour les transporter â 
La Bocbelle et ailleurs. Donné à Fontainebleau, 19 nov. 1541. {Catal, des actes de François I^-), 

(9) Voy. ci-dessus, p. XXIX. 

(10) Dans Noél Valois, Invent, des arrêts du Conseil d'Etat n» 5,029. 

(11) Il y ades raisons de croire que les forêts de ce plateau étaient vastes et bien fournies. Si le châtaiguer, fort répandu eu Limousin. 
n'y peut pousser en raison du froid, certaines essences d'arbres y viendraient à meneille et pourraient suJlîre à la coupommation de 
la France, au dire d'agronomes compétents. 



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C LA. GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

incendie allumé par les protestants au cours des guerres civiles du XVP siècle. C'est un souvenir confus -et 
fort exagéré de ï'încendie de la forêt des Monédières en 1575 par le seigneur de Treignac, chef de la Ligue catho- 
lique (l).Du côté de iSlasseré, les forêts étaient encore assez bien fournies à la fin du XVI« siècle pour que Messire 
de Pierrebuffière. baron de Châteauneuf, n'ait songé à rien moins qu*à rendre la Vézère flottable afin de charrier 
jusqu'à la Dordogne et jusqu'à Bordeaux les bois qu'il faisait couper fians cette partie de ses domaines ('2). Dans 
la Basse -MôrcTïe, la forêt de Rançon ne comprenait pas moins de 1,190 arpents, à peu près la moitié de ce que 
couvraienlt les autres lambeaux forestiers de cette région (8). Toujours est-il que le Mémoire de 1698 est f<H*t 
laconique en ces matières : « Il n'y a, dit-il, aucune forest royale [en LîraousinJ et fort peu de bois particuliers 
propres à construire de belles dharpentes, mais encore moins des vaisseaux. D'ailleurs le tran^ort en est 
presque impossible, 'et la mémoire reste encore dans le pays des grandes àôpenses que firerit ceux qui avaient 
acquit, dans le commencement dû règne de 'Henri ÏV,les forest» de la terre de Masseré pour faire flotter àbors 
perdu,«up la Vézère, les mérains et autres bois qui avoient esté façonnés dans -ces forests; la perte de iaplupart 
de ces bois et les frais en emportèrent presque tout le bénéfice t^ (4). 

Colbert se préoccupa des bois du Limousin (5) comme il se préoccupait de tout ce qui pouvait contribuer au 
bien àes provinces. C'e^t lui qui institua la grande maîtrise de Poitaa-Aunis-Saintonge-ATigoumoiS'Marohe- 
BourbonnaiS'-Nivernais, subdivisée en maîtrises particulières dont Tune à Guéreft pour la Marche, Tailtre à 
Angotilême pour l'Angoumois et le Limousin. En 1723, on en établit mie autre à Bellac et une autte % 
Limoges qtri fut transférée 4 BriVe en 1756. Leur action semble avoir produit quelques effete, car, dès la 
première moitié du XVIII® siècle, le port de Rochefort s'approvisionnait volontiers en Limousin des boîs de 
construction qu'il consommait . Ce fut même la principale raison des projets de canalisation de la Dordog4ie, 
dont nous parlerons tout à l'heure. 

La Société d'agriculture de Limoges ne se préoccupa jamais de cette matière. Le Registre de sesdéKbértiêions 
n'en traite qu'une seule fois, à la date du 12 janvier 1780 : « Le secrétaire a faît lectii're du méteoire d'wn 
eôclésiaëtique s»r la distinction qtri doit être fafte aux tribuiïaux des eaux et forêts Wïtreles châtaignefrs 
fi'ùitiers et les châtaigners Sauvages ; stirlalîbel^té que devroient avoir les ecclésiastiques de couper qcrelQuies 
arbres en cas de besoin; sufr les frais énormes qu'occasionnoient aux genB de mainmorte les formalités 4es 
permissions, visites, p'rocès-Vert)au^, etc., pour la coupe de letfrs bois, tels qu'ils absorbo'ient quelquefois la 
moitié de leur valeur réelle. — L'on aété peu affecté de ce «lémoire, et M. Houlhac a dit que e'étoît twie watière 
à règlemens qui ne concernoit point l'agriculture. » 

•À ^és diverses preuves de la sollicitude de l'État pour les intérêts agricoles du Littioûsin 'cm pëtrt «jo«fter 
celle qui résulte du grand nombre de foires et marché^ créés par la royauté aux XVP et XVIP siècles. Favoriser 
l'échange des produits agricoles c'est encourager très directement la culture du sol. Cet encouragement est 
même le premier à ndter dans l'ofrdre des teiffps, comme le Ynoirtre le «relevé ^ûivaTrt, qftielqtie incomplet qu'il 
puisse être. Nous avons trouvé des lettres royaux portant création de foires ou marc(hés (6) : 

A Rochefort, Aixe et Séreilbac, par Louis XJ^n 1483^7). 
Au Puy-Malsignat, par François l*"' en 1524 (8). 
A Sairit-Junien, par François P' en 1526 (S). 

(!) Voy. le Bull, de la Soc. des lettres de Tulle, 1881, p. 611, à propos du livre de Tabbé Laborde sur ce sujet. 

(2) Voy. ci-après le sous-chapitre 6, ou nous parlons des Routes et canaux. 

(3) Voy. dans les Mémoires de la Soc. desuiencesde Guéret{\MVi) nos Extraits d'uue Histoire de 4a Marche^ par Pierre Robert. 
(*) P. 159 de notre édition. — A Tappul de oe passage, voy. deux lettres 'de Golbert, 1688 et 1671 que nous avons citées en Qate. 

(5) Voy. la note ci-dessus. 

(6) Cf. M. Arbellot, dans le Bull, de la Soc, arch. du Limousin, XVIII, 413 et «s. 

(7) Dans nos Chartes, Chroniques et Ifémoridux^ p. 180. 

(8) Catalogue des actes de François îor, sous le 'n<' Î087. 
(^) /Wdew. n«2377. . 



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A A^ubusson, parPraûçois ?'e® 1526(1). 

A Carraie, par François 1**" en 1526 (2). 

A Murât c dans le cottité àe la Mardhe », par François V' en 1530 (3). 

A Bellac, par François P"", 1531; par Henri II, 1552; par Cliarles IX, 1571; par Henri IV, 1605 et pajr 
Louis XIII, 1612 (4). 

A Port-^Dieu, par François I*»* en 1534 (5). 

A Ai xe-éur- Vienne, par François P' en 1538 (6). 

A Egietons, par François V en 1538 (7). 

A Donzenac, par Françoi»? P*" en 1541 (8j. 

A Salons, par François P' en 1542 (9). 

A Clmbannes, par François P"" en 1542 (10). 

A *Moutier-d*A"hun, par Henri II en 1545 (11). 

A Geftouillac, par Henri II en 1546 (12). 

A Limoges, par Charles IX en 1565 ou 1566 et par Louis "XIII en 1624 (13). 

A Seilhac, par Henri IV en 1597 (14). 

A fiagnac-Laval, en 1630 (15). 

k Mortemart, en 1706 (16). 

A Lussac-les-Eg-lises; en 1768 (17). 

les premiers modes qui viennent d'être constatés de l'intervention du pouvoir central dans le ^régime 
agricol de notre province, étaient malgré tout insuffisants pour exercer une influence vraiment sensible sur le 

(!) Ibidem, n«> 24». 

{% Ibidem, no 2445 et 2520. 

(3) Ibidem, vfi 3602. 

tt) Invent, des arch, comm. de Bellac, AA. 1, BB. 1, HH, 1. 

(5) CataLdes actes n® 7203. 

(6) Ibidem, d9 9994. 
(D'Ibidem, no 40744. 

(8) Ibidem, a» 12416. 

(9) tbidem, no ii'j93. 

(10) Ibidem, no 12670. 
(ii) Source î 

(12) Source ? 

(13) Annales dites de 1638, p. 349. 

<C14) Bull, de la Soc, des letlres de Tulle, I. 50. 

(15) Mémoire ms. rédigé vers 1767 que nous "comptons pablior un jour (Arch. comm. de Magnac-Laval). 

(16) l^dte ^'étiregHtremetit en 173^ qtii deira ptibiié'daus Tel. ?CXX0C 4ii Bull, de la 9oc. Hràh.du I^UMmin. 

(17) Mômotre ras. dfeiTlS?, ctté ci-llessus. 



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cil LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

développement économique des campagnes. Les projets du gouvernement de Louis XV relativement au droit 
de parcours, aux communaux, aux défrichements, montrent combien la condition juridique des terres pesait 
souvent sur Pagriculture. Divers extraits des délibérations de la Société d'agriculture du Limousin sur ces 
divers points, que nous publierons ailleurs (l), aideront à mieux comprendre ce ^ue nous venons de dire. 

Nous venons d'invoquer le témoignage de la Société d'agriculture du Limousin. Lorsque l'intendant Pajot 
de Marcheval s'avisa de la constituer, il ne se douta peut-être pas qu'il mettait entre les mains de ses 
successeurs l'instrument de toutes les réformes, de toutes les expériences qui allaient être tentées dans 
notre province pendant vingt-cinq ans au profit de l'agriculture. 11 n'est donc pas superflu de dire ce qu'était 
au juste cette Société. 



2. ~ La Société d'agriculture du Limousin. 



La Société d'agriculture du Limousin, qui date de septembre 1759 (2), a été moins une société savante dans 
le sens actuel de ce nom, qu'un comité consultatif institué par l'intendant et présidé le plus souvent par lui, 
avec la qualité de c commissaire du roi ». Elle se réunissait ordinairement soit dans le cabinet même de ce 
magistrat, soit dans une salle de l'intendance (3). Elle recevait du gouvernement une subvention de 600 11. 
par an pour ses expériences (4) et faisant imputer ses menues dépenses sur les fonds libres de capitation (6). 
Pour toutes ces raisons (6) il ne sera point interdit de la considérer comme un rouage de l'administration de 
ce temps, et de tenter ici un crayon de la première phase de son histoire (7). 

En 1759 il n'existait d'autre société de ce genre que celle de Bretagne, qui remontait à 1757 (8). La Société 
d'agriculture du Limousin est donc par rang de naissance la seconde en France. Elle fut définitivement 
autorisée par arrêt du 12 mai 1761 (9), et érigée dès lors en société royale (10). 

(1) Dans le Choix de documents historiques sur le Limousin (sous presse), à la date des 10 et 2ioct. 1761, 9 août 1766, 28 jaDV. 1769, 
22 avril 1775. 

(2) C'est la date de naissance qu'elle se donne dans la Délibération du 29 fév. 1772. Mais sa première séance n'eut lieu qu'en 
décembre. 

(3) Cf. \e& Délibérations de la Société des 19 juillet 1760, ti nov. 1777. 

(4) « Le trésorier a fait observer que quoique par la lettre de M. le contrôleur général de 1763 il soit accordé 600 H. par an au 

Bureau de Limoges, ce qui jusqu'à l'année 1771 devroit monter à 5,400 II., il n'a pourtant été reçu que 3,2î7 II. 4 sols, ce qui fait un 
déficit de 2,072 11. 16 sols. Le secrétaire a été chargé de faire des représentations à M. l'Intendant à ce sujet. » (J)élibéi\ du 29 fév. 177i). 
Cf. VInventaire, C. 264, pour l'année 1785. 

(5) Délibér, du 11 déc. 1762. Cf. VInventaire, C. 256. 

(6) A remarquer aussi que quelques-uns des mémoires qui furent adressés à la Société se retrouvent aujourd'hui dans les archives 
de l'intendance. 

(7) D'après le Registre des assemblées de la Société d'agriculture de Limoges, tome I, allant du samedi 13 décembre 1759 au 
lor août 1810. In-folio manuscrit de 35i pages, appartenant à la Société d'agriculture de Limoges. — A noter que de décembre 1785 
à nivôse an IX (pages 198-201), il n'y a pas d'assemblée. Depuis le 2 avril 1807 les procès-verbaux ont été imprimés dans le ^uii. de la 
Soc. d* agriculture. Il serait fort désirable que ceux qui précèdent cette date fissent aussi l'objet d'une publication intégrale. En attendaut, 
nous reproduirons dans notre G/iour ds djcuments historiquss sur le Limousin (sous presse) les délibérations les plus importantes et 
toutes celles qui sont visées daus la présente étude. 

(8) Elle fut établie eu vertu de trois délibérations des états de cette province, des 28 janvier, 2 et 15 février 1757, et approuvée par 
brevet du roi seulement en mars 1767. {Arch. dép. de l'IUe-etVilaine, série C, non encore inventoriée. Renseignement dû à l'obligeance 
de M. Parfouru, archiviste). 

(9) Reproduit dans le Hegistre des assemblées, p. 43, à la séance du 13 juin 1761. A cette dernière date, la Société avait déjà tenu 
32 séances. 

(10) Son règlement en quatorze articles avait été définitivement élaboré dans la séance du 12 juillet 1760 et figure dans \e Registre des 
assemblées^ à cette date. — Elle eut bientôt un sceau : « On est convenu qu'on feroit graver un sceau contenant une corne d'ai>ondance. 



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L'ADMINISTRATION Cil l 

Dans les années qui suivent immédiatement, de nombreuses associations du même nom furent formées (peut- 
être sous Pinfluence de Duhamel de Monceau) et reçurent Pautorisation royale : celle de Tours le 24 février 1761, 
celle de Paris le l®*" mars suivant, celle de Lyon le 12 mai, celle d'Orléans lel8 join, celle d'Auvergne à la même 
date, celle de Rouen le 27 juillet, celle de Soissons le 7 septembre. Les Sociétés d'Auch, La Rochelle, Bourges 
et Alençon furent instituées en 1762, celle de Hainaut (ou de Valenciettnes) en septembre 1763 (1). 

♦ 
■ Ces constatations ne sont pas superflues puisque la Société du Limousin, déjà en relations avec celle de 

Rennes, entra immédiatement en correspondance avec ses cadettes, et même avec des sociétés étrangères, 
comme celle de Berne. Elle eut, à partir de 1761, deux annexes qui vécurent d'une vie propre : le Bureau de 
Brive (2) qui avait dans son « arrondissement » le Bas-Limousin, c'est-à-dire les élections de Brive et de Tulle; 
le Bureau d'Angoulême (3) qui avait Télection du même nom (4). L'unité de ces trois membres était maintenue 
d'une manière très heureuse par l'obligation de requérir l'assentiment des trois bureaux pour la nomination 
des nouveaux membres, et par l'usage de lire à chaque séance le procès-verbal des délibérations des deux 
autres bureaux (5). 

A l'origine la Société d'agriculture se composa seulement de sept membres (6), plus tard de quinze. 
En 1761 elle en eut vingt, dont plusieurs, sous le nom de correspondants, résidaient au loin. En 1772 les 
chiflFres sont un peu diflFérents : quatre membres honoraires, vingt associés ordinaires, et dix « associés libres 
ou correspondants tous étrangers », c'est-à-dire non limousins (7). L'un des membres faisait fonction de 
secrétaire : ce fut pendant 26 ans, sans une seule interruption, M. de l'Épine. Un autre faisait fonction de 
directeur pour une année. Toutefois, à partir de 1769, le directeur devint triennal. 

Parmi ses associés ordinaires la Société de Limoges compta, presque dès l'origine, quelques noms 
saillants : Desmarets (8) et Montagne (9) qui devinrent plus tard membres de TAcadémie des sciences; — 
puis des hommes connus à Limoges pour la part active qu'ils avaient prise au renouveau de la vie provinciale 
dans toutes ses directions : M. de l'Épine, érudit et collectionneur, bras droit de l'intendant dans l'adminis- 
tration de la Généralité; l'ingénieur Trésaguet et son collègue Cornuau que nous avons rencontrés 
précédemment dans le service des ponts et chaussées, le médecin Pierre Depéret, connu par quelques 
mémoires scientifiques; Naurissart, directeur de la Monnaie. 

Elle possédait aussi bon nombre d'ecclésiastiques. Sans compter l'évêque de Limoges (10) et celui de 



d*où sortiront trois épis avec ces mots autour : AG. D'AGR. DE LA G^^ DE LIMOGES, pour donner de l'authenlicilé à tout ce qui émanera 
des trois bureaux ». (Dèlibér. du 9 janv. 1762). 

(l) Ces dates, que l'on ne trouve dans aucun dictionnaire liistorique, nous sont fournies par le Registre des délibérations^ passim. 

(i) Voy. dans le BulU de la Soc. historique de Brive, t. I (1879) un article de M. E. Taillebois sous ce titre trompeur : la Société 
d'agriculture du Limousin de 1763 à 1791. Il ne s'agit que de la section de Brive. L'auteur ignore l'existence des procès-verbaux de la 
section de Limoges et a le tort plus grave d'attribuer à Turgot et à Tannée 1761 la fondation de la Société d'agriculture du 
Limousin. 

(3) Nous ne savons rien de l'histoire du Bureau d'Angouléme. Nous n'avons rencontré nulle part mention du Registre de ses 
délibérations, 

(4) Les élections de Limoges et de Bourganeuf formaient donc V m arrondissement > du bureau de Limoges. 

(5) Délibér, du 17 janv. 1762. 

(6) Il n*est point superflu de les nommer. C'étaient MM. de Feytiat, de la Borderie, de Rochebrune, de Verthamont, de la Valette, 
de Fressiniat et de l'Epine. (P. 3 du Registre des assemblées). Mais dans le Règlement dont nous avons parlé plus haut, il est dit 
que la société était a composée dans sa naissance de onze membres ». 

(7) DHibéi\ du 29 ftV. 1772. 

(8^ Inspecteur des manufactures. Il est plusieurs fois question de lui dans la Correspondance inédite de Condorcet et de Turgot éditée 
par M. Charles Henry (s. d.) 

(9) L3 registre le dit n-^gociant. D'un passage de la délibération du 28 janv. 1764, il semble résulter qu'il s'occupait du commerce 
des laia's. 

<10) Cesl lii qui préside la séance du 24 octobre 1761. 



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CtV LÀ GÉNéïl'iLI^ DB LU»3afiS 

Tulle (l), la Société èa Limousin- avait ouvert ses mngs au cordeHe» Lefâvrô, pensionné pac les Ktaks du 
LaHguedoc pour ses connaissances en agriculture (2) ; à Pabbé Rozier, directeuiî de Técole vétérinaire 
de Ijyon (3); à Tabbé J.-ô. Vitpac, sous-prinoipal du collège royal de Limoges, membre de plusieurs 
académies de province, assurément plus littérateur qu'agronome (4), quoiqu'il ,se piquât d'économie 
politique et eût été chargé ea 1783* de préparer le recensement de la population de Limoges (5)-, au 
H. p. Chaben«t, carme de La Rochefoucaud, « très versé dans l'histoire naturelle >, qui eut l'esprit de se 
présenter encore à temps pour être admis dans la dernière séance qu'ait tenue la Société (6). 

Celle-ci trouvait aussi des ecclésiastiques pour correspondants occasionnels. Un sieur Le OîCiUil, 
prieur de Montbard, remporta à deux reprises les pcix de la Société (7).; En 1774 un jeune clepc,, 
du aom de Silvain, qui étudiait la théologie à Saint- Yçieix-larPerche , eovoie au concours un mémoiie 
d'agricultuire. En 1775, le P. iaxtoine Delpech, religieux conventuel à Villeoeuve-d'Agen, adresse à la 

Société « un petit semoir portatif d'une composition peu compliquée ». L'abbé Soumille, de Villeneuve 

d'Avignon, en avait présenté un dès 1762 (8) ; en 1775 il lui soumet « un petit imprimé contenant l'analyse 
algébrique des lotteries à sept dés qui sont proposés en différents livres par des colporteurs » (9). Cinq 
ans plus tard, le sieur Boissière-Périn, vicaire de Varacieux en Dauphiné, lui communique en grand mystère 
le secret qu'il prétend avoir déc(»uvert « d'empêcher les poules de manger les raisins pendant tout le tems de 
leur maturité, sans nuiu à leur liberté, » 11 fit part de sa recette, qu'on coucha par écrit sur le Registre des 
délibérations et qu'on se promit d'expérimenter, tant on avait à cœur de ne point nuire à la liberté des poules. 
Mais l'abbé avait un autre secret, qui tendait à la destruction des taupes. Informations prises, cette autre 
recette consistait uniment à placer de petits fagots d'épines dans les trous de ces bestioles, ce qui, 
a^ jugei»ent de la Société, t est vulgaire et usité x (10). 

Avec une vue très nette des conditions de son influence, la Société avait projeté de formera Tusage de ses 
membres une bibliothèque spéciale et, dans ce dessein, elle souscrivait à diverses publications coûteuses 
qu'on ne trouvait certes pas dans les bibliothèques conventuelles de Limoges : VEmydopédic des Arts et 
iiièliers^ le Journal de physique de l'abbé Rozier, le Journal et la Gazette d'agriculture, commerce et finance de 
l'abbé Ancillon, le Journal économique, les Ephémérides du citoyen par Dupont de Nemours (11). Elle avait 
projeté également la publication chez le libraire Barbou d'un Bulletin périodique de ses travaux. La question 
fut plus d*une fois agitée, mais n'aboutit point, biea qu'un ceoseur eût été nomwé (12). Or^ se contenta de 

(1) Délibér. du i^^ mars 1766, en ce qui louche Tévéque de Tulle. 

(2) Délibér, du U juin 1762. 

(3) Délibér, du SK) fév. 1768. 

(4) Délibér. du 8 novembre 1780. Voy. la notice que lui a cousacré M. l'abbé Arbellot dans le BtiU, de la Soc. arch, du limousin^ 
X%X\l, p. 1. 

(5) Ce détaU, inconnu de M. ArbeUoC ressort d'un rt^le de capLtation^ n» 5, conservé aux Archives de la Uaule- Vienne (C. S3^, 
où on liX : « ordonnance [de paiement] en faveur de M. Tabbé Viira^ chargé du détail de la correspondance et de la aoo/eictioa 
des états de la population pendant Tannée 1783,.... 600 11. » 

(G) DéUbéi\ du JO nov. 1783Î. 

(7) Déliber, des 10 nov. 1779, 12 janv. 1780, 8 mai 1782. 

(8) Délibér. dil 13 fév. 176*. 

(9) Délibér. du 25 fév. 1775. 

(10) Délibér. de« ^ novembre 1780 e4 7 mars 178i ^ Ces constataMons de détail ont plus de portée qu'i4 ne semble tout d'aj^ord. 
Elles prouvent qu^ la clergé a été mùXè d^ très près au mouvement d'idées qui a préparé la Révolution, tout comme U avaiJt été 
mêlé, déplus près encore, au mouvement réformateur de la première moitié du XVI« siècle. On sait que Turgot a^valt réussi ^ faite de 
beaucoup de curés de paroisses ses collaborateurs administratifs. (Œuvres, édit. citée, 1. 633 à 660 : lettres circulaires aux curés d^ la 
Généralité de Limoges).^ A cette même époque ou vit à Limoges de bizarres situations. Un sieur Tiudareau, qui avait fait ses études 
de théologie, est connu de ses contemporains conmie un très habile serrurier, qui, par amour pour son art, (H à Thopital de^ Lin>oges 
nue importante donation (Cf. Peg. consulaire, IV, 367). L'abbé J. Cluzeau, prêtre communaliste de St-Pierre, fut un habile archiiecle 
Éouvaftt en»ployé eoi&me eicpert et quih » toissé oa porteléttill« do dessin», {ibéd. lY, 293^ M6^ 428.) 

(11) Délibérations de la Société^ passim. 

(12) Déliber, des 4 ôct. 1760. 10 oct. 1761., 14 et 28 Janv. 1764. 



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L'ADMINISTBATION CV 

faire imprimer en brochures disftinctcs les mémoires jug-és les plus remarquables, et de recourir è la publcité 
des Éphémérides et des Calendriers locaux pour propag-er certaines connaissances pratiques; plus tard, on 
recourut aussi à la Feuille hebdomadaire de Ih Généralité de Limoges (1775 etss.), qui devint, pour ainsi dire, 
Torgane attitré de la Société. 

Dès 1763, inspiré sans doute par l'exemple de M. Treilhard, de Brive (1), M. de TÉpine proposa d^inatltuep 
des « épreuves » et de distribuer des prix en constituant par des contributions volontaires un fonds d'emploi, 
suivant la coutume anglaise (2). Peu goûtée sous cette forme, Tidée fut reprise par Turgot au commencement 
de 1766, et aussitôt admise (3). Cette innovation contribua beaucoup à faire connaître en France la Société du 
Limousin, et lui attira des mémoires, des propositions de tous genres. 

Le principal objet de ses occupations était naturellement ragrjculture, ce qu'on ^pp^lait avec plus de 
prétention « Téconomie rustique ». Pour mieux s'appliquer à son objet, la Société diyisft entre ses membres 
l'étude des diverses parties de l'agronomie, et dans cette distribution des c départements » tint compte deg 
connaissances et des aptitudes de chacun. C'était une application légitime du principe ^lors nouveau de la 
division du travail. 

A coup sûr le spectacle fut piquant pour les contemporains de voir cette Société, formée des principaux noms 
de la noblesse provinciale, condescendre à s'occuper, non sans un grain d'illusions, des matières assez 
prosaïques qui constituent l'économie rustique. Mais la mode y était. M. de Rochebrune eut dans son 
cr département » le labourage et les fumiers artificiels. Maledent de Feytiat, trésorier de France, ne 4édaignait 
pas le titre de directeur de la pépinière. M. de la Bastide de Verthamont dogmatisait sur la vigne et leg 
chaulages de marAe. M. Vételay de la Valette représentait la zootechnie^ ou, comme on disait plus simplement, 
les bestiaux. M. Malevergne de Freyssinet surveillait les ruches et les outils aratoires. La pratique des 
défrichements avait un maître en M. Léonard de Saint-Laurent; celle des prairies artificielles un ftutre eu 
M. Le Noir. Les haraâ étaient la grande aflFaire de M. Benoit de Lostende. On consultait M. Depéret sur les 
prairies artificielles, les haies et les clôtures; M. de Chaumont sur la filature du chanvre et l'élevage des vers 
à soie (41. Bref, chacun avait sa spécialité et, dans un cas donné, pouvait compter sur l'audience de ses 
collègues. 

C'est qu 'en eflFet cette génération du XVIIP siècle, que les lettrés avaient rassasiée de tragédies et de roimins, 
était devenue tout à coup positive et pratique (5). Toutefois, son prosaïsme n'était point yulgairô. U 
s'ennoblissait par un ardent amour du bien public, par un souci passionné de tout ce qui pouvait améliorer 
le sort des classes populaires, lesquelles, on le comprenait enfin, vivent de pain et non de beau langage. Aussi 
la curiosité de ces hommes est-elle grande ouverte sur toutes les améliorations, d'où qu'elles viennent. Ils 



(1) • M. Delépine a fait lecture du discours de M. Selebran, curô de Sl-Xantin, l'un des associés, sur le $nppè$ 4u prix d'agriculture 
donné dans la paroisse de Malemort par M. Treillard, autre associé. Ce discours a été écouté avec beaucoup de satisfaction. PJjjçieura 
membres se sont proposé d'imiter la générosité de M. Treillard et la conduite de M. Selebran.... » {Dèlibér, du 5 fév. i76Q,) ^ remar- 
quer que le règlement donné à la Société en juillet 1760 parlait déjà de prix à distribuer. 

(i) Déiibèr, du iO sept. i763. 

(3) Délibér. des 4, 11, 18 janv. 1766; 10 oct. et 5 déc. 1707. Noire confrère, M. Prost, veut bien nous signaler dans l'Int/^/if. desarch. 
dép. de VHérauU, C. i,949, la mention des « programmes des prix proposés par la Société royale d'agriculture de Limoges pour i767, 
1775, 1776. — Cf. dans les Œuvres de Turgot, édit. Dupont de Nemours, I. 415, les « Explications sur le sujet du prix offert par la 
Société royale d'agriculture de Limoges au mémoire dans lequel on aurait le mieux démontré l'effet de l'impôt indirect sur le revenu 
des propriétaires de biens-fonds. » La noîp qui flxe à juillet 1765 la première proposition de mise au concours d'une question 
d'agronomie, est erronée, il faut corriger janvier 1766. Cf. ibid. 1, 418 et 434 des observations analogues. 

(4) Voy . les Ephémérides de la généralité de Limoges pour 17Ç5, p. 181. C'est à peu de chose près la reproduction d'un tableau semblable, 
inséré dans le Registre des assemblées, k la date du 5 janvier 1760 et 30 janvier 1762. 

(5) Tout le monde connaît ce passage du Dictionnaire philosophique de Voltaire : « Vers l'an 1750, la nation, rassasiée de vers, de 
tragédies, de comédies, d'opéras, de romans, d'histoires romanesques, de réflexions morales, plus romanesques encore, et de disputes 
théologiques sur la grâce et sur les convulsions, se mit euûn à raisonner sur les blés », 

Haute-Vienne. — Série C. Introd. XIV 



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CVI LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

s'enquièrent des pratiques de l'Angleterre et de la Suisse en matière agricole, demandent à la République de 
Lacques ses procédés pour sécher les châtaignes, à la (t nation polonoise » sa méthode pour fabriquer le 
cacha de sarrazin. Ils entendent profiter de l'expérience des Turcs et des Chinois et se croient très sincèrement 
au fait des modes de culture usités en Asie et en Afrique (1). Les intentions étaient bonnes, mais il est douteux 
que les informations recueillies fussent exactes et profitables. 

Les discussions théoi*iques ne pouvaient suffire à l'objet que s'était proposé l'intendant en instituant la 
Société d'agriculture : il fallait expérimenter directement les procédés de toutes sortes, les machines de tout 
genre que l'esprit fécond des inventeurs proposait pour l'amélioration de Pagriculture. On ouvrit donc à 
Cordelas (paroisse de Panazol, près Limoges) un champ d'expériences qui subsista quelques mois. Le prix de 
location dépassant les ressources dont (Jisposait la Société, on dut l'abandonner en décembre 1761 sur la 
proposition de l'intendant (2). Une pépinière qu'on avait adjointe au domaine de Cordelas et dont l'ingénieur 
Morancy avait tracé le plan, disparut en même temps. Mais elle fut relevée quelques années plus tard sur un 
terrain situé à l'est de Limoges, sur la limite même des anciennes murailles (3). D'ailleurs l'initiative 
individuelle avait déjà suppléé à celle de l'intendant, en sorte que le nombre des pépinières était alors fort 
grand en Limousin (4). 

L'une des innovations qui font le plus d'honneur à la Société du Limousin est peut-être celle des observations 
météorologiques instituées au profit de l'agriculture. Si on n'alla point jusqu'à proposer l'établissement 
d'un observatoire (la réalisation de ce projet n'a eu lieu qu'en 1886), du moins chargea-t-on l'un des 
membres de la Société, le sieur Montaigne, de suivre et de noter du haut de sa fenêtre les variations de 
l'atmosphère et du climat de Limoges. Ses observations commencèrent en janvier 1762 (5). Nous ne sachions 
pas qu'elles aient été conservées (6) ; mais elles préparèrent certainement la voie à celles qu'entreprirent 
un médecin de Limoges en 1773 (7) et Juge de Saint-Martin vers 1789. ^ 

La météorologie en était encore à ses' débuts. Un sieur Desfossés, d'Évreux, venait d'informer le pbblic, par 
la voix du Mercure de Fra/ic^, qu'il avait < inventé un baromètre d'une construction singulière qui lui annonce 
sans se tromper les variations de tems huit jours d'avance »; et il proposait de faire part de sa découverte. 
Le Bureau d'agriculture de Brive demanda à celui de Limoges son avis sur cette proposition. Après quelque 
hésitation, le Bureau de Limoges répondit fort sagement, au bout de quinze jours, en faisant part « des 
raisons qui démontrent l'impossibilité d'un thermomètre qui annonce les variations du tems de huit jours 
d'avance, et qui font voir le peu de fonds qu'il y a à faire sur tout ce que M. Desfossés a publié à cet égard b. 
Quelques mois plus tard, l'intendant faisait don à la Société d'up thermomètre et d'un baromètre 

(1) Voy. les délibérations de la Société, surtout à partir de i766, passim. 

(2) Délibér, des 21 juiu i760 et H déc. 1761. 

(3) Inventaire, C. 264, 301. Cf. le Plan de Limoges, C. 64. — Tulle avait aussi ses pépinières au nombre de trois. Invent. de$ arch, 
dèp. de la Corrèze, C. 249. 

(i) Délibér. des 9 février 1765, 24 nov. 1777, 7 janv. 1778, etc. Cf. V Inventaire, C. 264 et 301. — Il est aussi question dans la Délibér. du 
28 fév. 1767, de la pépinière de Brive. Pour celle de Tulle, cf. YInventaire des Arch. dép. de la Corrèze^C. 249. 

(o) « M. Montaigne, négociant, ayant été agréé pour associé à la pluralité des voix a pris séance dans l'assemblée et s'est chargé 
de la partie des observations météorologiques ». {Délibér. du 25 avril 1761). — « M. Montaigne a fait lecture d'un mémoire sur le 
passage de Vénus sur le disque du soleil, le 6 de ce mois, qu'il a remis et qui sera conservé dans le dépôt de la société. » (Délibér. du 
13 juin 1761). — « M. Montaigne a annoncé qu'il avoit commencé, le l''»' de ce mois, ses observations météorologiques. » {Délibér. du 
2 janv. 1762). — « M. Montaigne a fait part au Bureau d'un petit plan mobile en carton marquant les heures et minutes des phases de 
l'éclipsé du soleil du lo»' avril 1764, non seulement à Limoges, mais dans toute l'Europe. La simplicité de celte machine a été admirée. 
On pourroit l'adapter aux almanachs de 1764. » (Délibér. du^S mai 1763.)— Il s'agit de l'astronome Montaigne, membre de l'Académie 
des sciences, f 1789, que cite Limoges et le Limousin, p. 370. Cf. la Corresp. de Condorcet et de Turgot, p. 135. 

(6) Voir cependant ce qui est dit plus loin de l'envoi de ces observations à la Gazette d*agriculture. 

(7) Voy. la Feuille hebdomadaire, 1775, p. 110. 



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L'ADMINISTRATION CVII 

<c gradués sur les principes de M. Réaumur ». Le thermomètre fut confié à M. de l'Epine, le baromètre à 
M. Montaigne (1) 

Il s'en fallait encore de beaucoup que le service des constations météorologiques fut sérieusement organisé. 
€ Sur les observations météorologiques de M. de Massac, [A% Brive], dit le procès-verbal du P'* mars 1766, le 
secrétaire a annoncé à la compagnie que M. Montaigne avoit commencé les siennes depuis le P' janvier 
dernier (2)-, qu'afin de les rendre les unes et les autres plus utiles par leur correspondance, il seroit à désirer 
que M. de Massac voulut bien marquer si son thermomètre est au mercure ou à l'esprit de vin, sur quelle 
échelle du froid et du chaud il est gradué, les heures du jour auxquelles M. de Massac observe, ses 
observations ne paraissant pas correspondre avec celles de Limoges faittes avec beaucoup de soin et 
d'exactitude. > 

Ce souci du mieux est significatif. Use retrouve dans la délibération du 5 avril suivant. «M. Montaigne, dit 
le procès-verbal, a présenté ses observations météorologiques depuis le P^ janvier dernier jusqu'au P*" avril 
de ce mois. L'ordre qu'il a mis dans ses observations et le désir qu'il s'est fait de correspondants dans tout le 
royaume et surtout à Angoulême et à Brive, ont engagé le Bureau à statuer qu'il sera envoyé copie de l'obser- 
vation du mois de mars à ces deux Bureaux et à la Gazette d'agriculture^ commerce et finances ». 

M. Montaigne avait à Limoges un émule, le sieur Cabanis, prêtre de la Mission (3). Nous ne savons rien de 
la valeur ni de la durée de ses observations (4). Mais nous ferons remarquer que, vers cette même époque, 
l'étude des sciences physiques prend pied à Limoges non seulement par la Société d'agriculture, mais encore 
par le Collège royal, passé depuis 1763 aux mains de prêtres séculiers (5). Les sciences naturelles trouvent des 
adeptes dans le Collège de médecine, fondé en 1646, mais renfermé jusque-là dans l'exercice de la médecine 
pratique. Quant aux sciences mathématiques elles avaient comme un sanctuaire dans le Collège des Jacobins 
cil elles faisaient, depuis près de deux siècles, l'objet à peu près exclusif d'un enseignement à huis clos. 

La culture des patates d'Allemagne (6) et du tabac (7), celle du mûrier (8) et de la vigne (9), l'élève des 

(1) Délihér. du 14 août 1762. — L'intendant, c'est Turgot qui s'occupait lui-m^me avec prédilection d'études météorologiques. Voir 
la Correspondance de Condoi'cet et de Turgot 1770-1779, publiée par M. Gh. Henry. 

(2) Il est dit ailleurs {Delibér. du 2 janv. 1762, qu'il les a commencées au l^r janv. 1762. Il y a 1î\ une contradiction évidente. En 
tout cas il n'y a plus à tenir compte désormais de la date de 1788 qui donne un autre météorologiste, Juge-Saint-Martin (dans ses 
Changements, p. 60 de la seconde édition). Il est singulier que cet auteur, ordinairement bien informé, ne parle pas de Montaigne. 
Peut-être a-t-il voulu se réserver auprès de la postérité le mérite d'avoir inauguré en Limousin les observations météorologiques. 

(3) « M. le Secrétaire a fait lecture des observations météorologiques de M. Cabanis, prêtre de la Mission de Limoges, et il a été arrêté 
qu'elles seront remises à M. Montaigne qui s'occupe du même objet depuis longtemps ». {Délihér. du 28 janv. 1769.) 

(4) En relation avec ces études de météorologie, on peut signaler l'ascension qui parait avoir eu lien à Treiguac en 178i d'une 
mongolflère, la première qu'on ait vue en Limousin. {Bull, de la Soc. hist. de Drive, 1891, p. 160, malheureusement sans indication de 
source). 

(5) Nous avons déjà rendu attentif à ce fait dans notre notice sur l'ancien collège de Limoges (p. XXXVI). Le Registre des 
délibérations du Bureau du collège et les livres de comptes signalent l'achat en 1785 d'une machine électrique, et en 1789 de deux 
plateaux de cristal d'Angleterre. 

(6) € M. de Perret a lu un mémoire sur la culture des patates; il a présenté un panier de celles qu'il a recueillies dans sou domaine. » 
{Dèlibér, du 24 déc. 1763. Ci.ihid. 11 fév. et 2 mai 1764, 5 avril 1766, 28 janv., 25 fév., 8 avril 1769 et 8 janv. 1774). —C'est seulement 
en 1775 que Parmentier commença sa propagande en faveur de ce tubercule. 

(7) « Le secrétaire [de la Société] a fait lecture d'une lettre de M. le contnMeur général, adressée à M. d'Aine, par laquelle il lui 
demande des éclaircissements sur la contrebande et les moyens de la faire cesser. 11 ajoute que, quoique celte matière ne fut pas 
du ressort de l'agriculture, si ce n'est par rapport aux plantations de tabac qu'on peut] faire, il est| cependant bon d'inspirer au public 
de l'aversion pour un commerce qui détourne de la culture, qui avilit et qui détruit les mœurs, et de lui faire comprendre que la 
contrebande une fois anéantie, les baux des fermes générales augmenteroient, et que le revenu des fermes étant bonifié, la taxe des 
terres pourroit diminuer. » {Délibér. du 17 fév. 1776). 

(8) Délibér. du 27 déc. 1760, etc. 

(9) « Le secrétaire a fait lecture de l'extrait des délibérations du bureau d'Angoulême Sur l'article de la méthode de planter les 

vignes à l'orléanoise, plusieurs membres ont observé que cette méthode étoit usitée dans les petits vignolilps des environs do Liinopes, 



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CVIII LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

ters à Soie (1) et des abeilles (2), la destruction des charançons et autres insectes nuisibles à l'agriculture (3), 
les épizooties (4), l'épreuve des nouvelles machines agricoles, telles que vancirs, batteuses, moulins, etc. (5), 
la mise en valeur des filons métalliques (6), occupèrent également les délibérations de la Société du Limousin. 
11 va sans dire que ce ne fut point sans profit pour les bonnes méthodes. 

Qu'on nous permette ici, comme entre parenthèses, une remarque d'un intérêt rétrospectif. Les procédés 
agricoles que le registre de la Société de Limoges nous présente comme nouveaux et ingénieux, paraissent 
tellement simples et, il faut ajouter, tellement insuffisants aux yeux des cultivateurs d'aujourd'hui qu'on se 
demande ce que pouvait bien être la pratique de l'agriculture et le rendement du sol en Limousin, trois ou 
quatre siècles plus tôt. C'est à croire que non-seulement les procédés de l'antiquité étaient tombés complè- 
tement en oubli, mais que le paysan et le propriétaire foncier du moyen-âge ont été étrangers à tout esprit 
d'observation, d'expérience et d'amélioration en ces matières. Aussi bien les Livres de raison du XVIP siècle 
nous montrent encore des paysans prétendant guérir leurs bêtes à l'aide de formules magiques et d'aspersions 
d'eau bénite. Quant à modifier l'aménagement des étables ou la nourriture des animaux, nul n'y songe 
encore. 

Parmi les projets qui occupèrent la Société, nous noterons aussi, comme particulièrement intéressants : 
Le projet de relier la Vienne à la Charente par un canal (7), de dresser un catalogue des plantes de la 
région (8), de composer un calendrier d'agriculture (9), d'établir à Limoges un jardin botanique (10), et une 
serre chaude (11); —la proposition qu'elle fit d'envoyer quelques sujets limousins à l'École d'agricultlire qui 
venait d'être fondée à Annel près Compiègne (12), et de donner à tous les subdélégués de la Généralité le rôle 
de correspondants attitrés de la Société (13), ce qui n'était rien moins qu'étendre d'office leurs attributions; 
— enfin l'idée qu'elle admit d'établir une correspondance régulière entre ses associés et la Gazette d'agri- 
culture (14). 

La plupart de ces projets et de ces idées ne reçurent d'ailleurs qu'un commencement d'exécution. Ils ne 
devaient fructifier que beaucoup plus tard, lorsque l'esprit réformateur aura pris tout son élan et qu'une meil- 



el que malgré cet usage les vignes ne commençoient à donner qu'après quatre ou cinq ans, ce qu'il faut attribuer au peu de force du 
terrain. » {^Délihèr, du 25 fév. 1775). 

(1) Détibér. de la Soc, d'agriculture, 1761 et ss, 

(2) Ibid., passim. 

(3) Ibid,, passim. 

(4) Ibid., passim. 

(5) « L'assemblée a chargé le secrétaire de s'informer de ce qu'étoient devenus les débris de la niachine à battre le grain de 
M. Musnier; il a répondu que cette machine ayant été détruite à la sollicitation de MM. les chanoines de Saint-Martial, les débris en 
avoient été portés à la maison de force, à la garde du sieur Dupuis, concierge » (/6id., 29 fév., 1772). 

(6) Nous reproduirons dans le sous-chapitre 4, qui suit, tous les passages des Délibérations qui ont trait à cet objet. Mais nous 
remarquerons dès maintenant quejla Société ne s'occupa qu'une seule fois, et fort incidemment, de la découverte du kaolin, qui allait 
faire la fortune de Limoges. 

(7) Délibér. du 8 mai 1762. Nous reviendrons sur ce projet dans le sous-chapitre 6. 

(8) Délibér, du 29 mai 1762. Turgot reprend plus tard ce projet en son propre nom. Délibér^ du 24 déc. 1763 et 14 janv. 1769. Cf. 8 jaur 
vier 1774. 

(9) Délibér. du 14 aofût 1762. 

(10) Délibér. du 4 Janv. 1766.11 en est qtiestion dans les regislreà de comptes de l'hôpital général. învenlaire des arck, hospit. de Limoges^ 
È. 48, 50. n se pourrait toutefois que ce fut le jardin botanique de Fhôpital môme. 

(H) Délibér. du 7 janv. 1778. 

(12) Mift^. du22fév. 1772. 

(13) Délibér, des 14 et 28 janv. 1764, 29 fév. 1772. 

(14) Délibér, du 11 mai 1765 : • M. Delépiue a fait lecture de la lettre de M. le contrôleur général du 4 de ce mois au sujet de la 
correspoûdaûce que ce ministre veut établir entre les bureaux d'agriculture et les autour* d3 la Gazelle du commerce ». 



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L'ADMINISTRATION CIX 

leure gestion des finances publiques aura mis en la main des gouvernants le grand facteur de toutes les amé- 
liorations. Sur un point, toutefois, la Société eut cawse gagnée : TÉcole vétérinaire, dont elle avait appuyé le 
projet, fut établie à Limoges en 1765 et subsista quelques années, concurremment avec celles de Lyon et 
d'Alfort (1). Ces deux dernières existent encore : celle de Limoges n'a pas été relevée. Les détails [qui la con- 
cernent sont si rares q\i'il est malaisé de savoir si l'établissement primitif, qui ne comptait qu'un seul profes- 
seur, reçut de notables développements (2). 11 semble que Toffice de celui-ci ait bientôt consisté à se transpor- 
ter de paroisse en paroisse pour conseiller les paysans, comme font aujourd'hui encore les professeurs dépar- 
tementaux d'agriculture (3). 

Sous l'influence de l'esprit nouveau et sans doute à l'instigation de Turgot, là Société d'agriculture du 
Limousin formula à plusieurs reprises des vœux en faveur d'une réforme sociale à laquelle se liait, dans son 
esprit, le développement de la prospérité publique. C'est ainsi qu'elle réclama par la voix de l'un ou l'autre de 
ses membres : 

L'abolition des privilèges de la noblesse dès 1761 (4) -, 

La liberté du commerce des grains en 1762 (3) ; 

La suppression de la dîme ou tout au moins sa conversion en argent (6) -, 

La réduction du nombre des fêtes ecclésiastiques en 1762, 1763 et 1766 (7) ; 

Un correctif aux fâcheux effets de Témigration des paysans, en 1764 (8) ^ 



(1) 1 M. Delépine a annoncé à l'assemblée qne M. flntendaut avoit fait venir à Limoges le sieur Le Blois, professeur de Tart vétéri- 
naire, qui commcnceroit son cours aussitôt qu'U aiiroit trouvé un logemeut commode pour ses démonstrations. MM. des bureaux d'An- 
gouléme et de Brive sont exhortés d'y procurer des sujets, rien n'étant plus essentiel que l'art vétérinaire pour la conservation des che- 
vaux cl des bestiaux dont l'exportation fait la plus grande richesse de la province. » {Délibér. de la Soc. d'agriculture^ 9 fév. i765). — c Le 
secrétaire a présenté à l'assemblée des imprimés de l'avis sur l'Ecole vétérinaire établie à Limoges, où l'on donnera des leçons gratuites 
sur la connoissance et le traitement des maladies des animaux. M. l'Intendant a ajouté qu'il avoit envoyé de ces imprimés aux bu- 
reaux d'Angoultoe et de Brive et à tous ses subdélégués; il a été même arresté qu'on en enverroit un au rédacteur de la Gazette 
d'a{fricuUure^ commerce et finances. » {Ibid. 11 janv. 1766).—- 1 Le secrétaire a fait lecture d'une lettre du ministre, du 7 mai dernier, 
par laquelle il prie M. l'Intendant de faire faire un catalogue des noms particuliers qu'on donne dans sa Généralité aux maladies de* 

bestiaux Le secrétaire a annoncé qu'il l'avait communiquée au sieur Deblois, chef de l'Ecole vétérinaire, qui lui a envoyé une 

notice de quelques-uns de ces noms qui a été lue. Mais con.nie elle a été trouvée incomplète, il a été arresté qu'il s'adressera aux plus 
capables de chaque canton, conformément aux ordres de M. l'Intendant ». 

(2) M. d'Hugues (ouv. cité p. lo9) nous parait beaucoup trop alfrmatif dans tout ce qu'il dit de cette école. C'est à tort par exemple 
qu'il considère le sieur Mira comme premier directeur de l'Ecole. Les extraits qui précèdent réfutent cette erreur. — De l'examen des 
riMes et pièces annexes de la capitation de 1783-60, contenus dans la liasse C. 256 et 257 du fonds de l'intendance, il semble résulter qu'à 
cette époque l'Ecole de Limoges avait disparu et que la Généralité entretenait des élèves à Lyon et Alfort. Le brevet de privilégié du 
roi en l'art vétérinaire qui fut accordé à Jean Mirât, « artiste vétérinaire delà province de Limoges», transcrit sous la date d'avril 1785 

dans un registre du bureau de police qui va de 1740 à 1785, porte le passage suivant : « Le roi étant bien informé de la religion, 

capacité et expérience du sieur Jean Mirât qui suivant le certifiQcat des professeurs de la ditte école [royale de médecine-vétéri- 
naire] visé par le directeur en chef des écoles vétérinaires, a fait pendant quatre années son cours d'éludé à l'école royale vétérinaire 

de Lyon » L'abbé Legros dit d'ailleurs expressément (Contin. des annales de Limoges, ms.) que l'école de Limoges disparut au 

bout de quelques années. 

(3) C'est par erreur qu'à l'article C. 430 de VInventaire, la consultation rédigée sur une maladie épizootique est dite émaner du direc- 
teur de l'Ecole de Limoges. La mention qu'elle contient du sieur Bourgelat prouve qu'il s'agit de l'Ecole de Lyon. 

(4) Délibér. du 1<"" août 1761. 

(5) Délibér. des 24 avril et lor mai 1762. Cf. dans les Œuvres de Turgot, édit. citée, II, 43, l'arrél du Conseil d'État, qui autorise le 
libre échange des grains entre le Limousin et le Périgord, 1770, conformément aux édits de 1763 et 1764, Cf. ibid. 59 et ss., 64 et 88. 

(6) Délibéi\ des 16 janvier 1762 et 1 4 et 28 janv. 1769. 

(T) Délibér. des loi- mai 1762, 20 mai 1763 et 4 janvier {1%. 

(8) Délibér. du 28 janv. 1764. • 



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ex LA GÉNÉRALITÉ DB LIMOGES 

L'instruction da peuple en 1765 (1); 

L'unité des poids et mesures en 1765 (2) ; 

L'amélioration du sort des enfants trouvés en 1766 (3) ; 

Une modification au régime connu sous le nom de droit de parcours, en 1766 et 1775 (4) -, 

Quelques-unes de ces demandes durent paraître subversives de Tordre social aux sages du temps ; car, à 
l'exception de celles qui avaient trait à la réduction du nombre des fêtes ecclésiastiques, elles ne furent point 
représentées. En tous cas, elles précèdent d'un quart de siècle les écrits politiques de tout genre qui parurent 
en si grand nombre de 1787 à 1789 et où Ton a voulu voir c la source et l'inspiration des cahiers » de doléances 
présentés aux États généraux (5). 

Parmi les collaborateurs qui entrèrent résolument dans la voie d'applications pratiques ouverte par la 
Société d'agriculture du Limousin, il y a au moins trois noms à retenir. Nous avons déjà parlé de Montaigne 
et de ses observations météorologiques. Nous nommerons aussi M. Second de Couyol qui, à la séance du 5 déc. 
1772, se déclarait propriétaire d'une a pépinière de pluç de 100 mille pieds d'arbres, chênes, châtaigniers, 
pins, frênes, etc. > Il ajoutait qu'en raison des dépendes que cette pépinière lui avait occasionnées, il se 
trouvait hors d'état de donner le chêne à moins de 3 sols le pied et le châtaignier à moins de 5 sols. 

Le troisième nom à retenir est celui d'un sieur Delpeuch, avocat, établi à Bort en Bas-Limousin (6), et que 
le Registre des assemblées qualifie de « célèbre agriculteur». Il avait à l'aide d'une méthode nouvelle porté 
de 4,000 à 8,000 le nombre de gerbes qu'il récoltait sur son domaine, et de 12 à 50 le nombre dé bêtes à corne 
qui pouvaient hiverner. Ajoutons qu'en 1782, Delpeuch annonçait son intention de publier des Dialogues 
champêtres (7) pour joindre la théorie à la pratique de son art et Vulgariser les connaissances agricoles. 

De bonne heure, des signes de a refroidissement », selon l'expression du secrétaire, s'étaient manifestés 
dans la Société. Dès 1763 la constatation en est faite (8), et de nouveau en 1764. La raison n'en est pas 
donnée. A moins d'admettre que par complexion la Société d'agriculture du Limousin avait l'haleine courte, 
nous hasarderons une explication (9) qui pourrait bien, à cette date, n'être pas sans valeur. Comme beaucoup 
d'hommes chez qui l'eflfort cérébral est continu, Turgot était d'un caractère fort difficile et d'une humeur rien 
moins que sympathique à son entourage (lOj. Il est fort possible qu'il ait quelquefois rudoyé la lenteur limou- 
sine et secoué un peu trop fortement Tinertie de ces provinciaux pleins de bonne volonté, mais déshabitués 
depuis longtemps de l'action. De décembre 1761 à janvier 1774, Turgot présida trente-quatre fois la Société 
d'agriculture, sur quatre-vingt séances qu'elle tint. En la seule année 1763 il la présida huit fois sur 12 
séances. Que d'occasions pour un tel homme de s'impatienter, de faire sentir, involontairement peut-être, sa 



(1) Délibér, du 16 janv. 1765. 

(2) Délibér. du 20 avril 1765. 

(3) Déliàér, du 18 janv. 1766. 

(4) Délibér. des 9 août 1766 et 22 avril 1775. 

(5) Cf. M. Louis Guibert, Les Cahiers du Limousin et de la Marche en 1789, chap. ni. 

(6) Délibération du 9 janvier 1782, renvoyant, à propos de ce correspondant, à celle du 7 janvier 1778 où il est appelé le P. Del- 
pech, cordelier. Ce serait donc le même personnage. (Cf. ci-dessus, p. CIV.) Il y eut en effet dans cette seconde moitié du XVIII« 
siècle nombre d'ecclésiastiques qui abandonnèrent le froc. 

(7) Délibér, du 9 janvier 1782. Il pst encore question de lui dans les Délibér. des 3 juin et l*"" juillet 1778. 

(8) Voy. les délibérations des 9 avril, 28 mai, 10 sept. 1763, il fév. et 29 déc. 1764 dans les t Extraits » de notre Choix de 
documents. 

(9) Nous ajouterons qu'elle nous est suggérée par M. Fray-Fournier. 

(10) U subsiste une lettre de M. de l'Épine, son secrétaire, datée de 1774, très expUcite à cet égard. 



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L'ADMINISTRATION CXI 

supériorité, d'imposer à tous son autorité. Qui ne sait d'ailleurs qu'il tenait les Limousins en fort petite estime 
et qu'il croyait au bien-fondé du fâcheux renom dont ils ont hérité depuis le XIV* siècle. Ses lettres abondent 
en traits caustiques, parfois cruels, à leur égard.... Mais on nous tiendrait rigueur d'insister sur ce point. La 
Société qui exprima un jour emphatiquement par la voix de M. de Feytiat la « douleur » qu'elle éprou- 
vait de perdre ceux de ses membres que leurs nouvelles fonctions appelaient hors de la Généralité (1), ne 
trouva pas un mot de regret, pas même une banale formule de sympathie, au départ de Turgot. Le Registre 
des assemblées passa le fait sous silence. 

Quoiqu'il en soit, un des membres de la Société, M. Le Noir, proposa d'intelligentes innovations (2) qui ne 
furent guère suivies. Turgot espéra remédier au mal en étendant les attributions de la Société et en la consul- 
tant sur toutes sortes de matières qui relevaient plutôt de Tindustrie et du commerce que de l'agriculture. 
Nous signalerons les eflFets de cette innovation dans les sous-chapitres qui suivent. Actuellement nous nous 
bornerons à dire que cette pratique discrète et qui n'alla jamais jusqu'à reléguer au second plan les questions 
agricoles, n'empêcha pas que le zèle des associés continuât de diminuer. Au cours de l'année 1773, Turgot 
étant encore intendant de la Généralité, la Société ne s'assembla pas une seule fois. M. d'Aine qui succéda à 
Turgot, entreprit en 1777 de la ranimer en rendant ses réunions mensuelles et en rappelant à chacun 
de ses membres les engagements contractés dans la précédente réunion. Ces efforts furent en pure perte : les 
séances devinrent de plus en plus rares. Le secrétaire, qui était toujours M. de l'Épine, constate en 1779 un 
nouveau refroidissement. De degré en degré on courait risque d'arriver à la congélation. C'est d'ailleurs ce 
que l'on prévoyait déjà. Pour éviter le cas, M. Roulhac du Cluseau proposa en janvier 1782 d'adjoindre à la 
Société un Bureau de littérature I C'était le vieil homme du xvin° siècle qui reparaissait (3). Il était représenté, 
depuis près de deux ans, par l'abbé J .-B. Vitrac, fort connu par des éloges dans le goût de Thomas, et par ses rela- 
tions avec les académies littéraires de Montauban, de La Rochelle et de Clermont. Mais si la matière agricole 
paraissait épuisée, les matières littéraires paraissaient malgré tout un peu surannées. Le projet de Bureau litté- 
raire n'aboutit point. En 1784 la Société ne tint aucune séance. Elle s'assembla cependant en juin 1785, de nouveau 
le 20 novembre suivant sous la présidence de l'intendant, puis mourut d'un dernier « refroidissement » .'4), 
dans la vingt-sixième année de son âge, non pourtant sans avoir autorisé son dévoué secrétaire perpétuel à 
renouveler pour l'année 1786, la souscripj;ion habituelle à divers recueils spéciaux que l'on recevait déjà, et 
à d'autres encore « s'il s'en trouve de relatifs à l'agriculture >. L'agriculture fut ainsi (peut-être dans tous les 
sens de l'expression) le dernier des soucis de la Société du Limousin. 



3. --Industries diverses. — Corporations d'arts et métiers. 

Le moyen-àge avait pratiqué en Limousin diverses industries qui avaient fait la réputation de cette province : 
le tissage des toiles dites lemotgiatures^ le travail des métaux précieux, la peinture sur verre, l'émaillerie 
cloisonnée. A l'époque où commence notre étude ces industries primitives avaient perdu de leur renom. Seule 
l'émaillerie, en passant, vers la fin du XV* siècle, des produits incrustés aux produits peints, avait subi une 



(1) Déliber, du 22 fév. 1772. 

(2) t M. Le Noir a fail lecture d*un mémoire sur le refroidissement du zèle de la Société. Pour y remédier il proposa : « 1» des prome- 
Dadeâ en corps et en particulier aux environs de la ville, et d'examiner la nature des terrains, leurs cultures, etc. ; 2® de relire les 
anciens mémoires des membres ou des associés; 3^ d'admettre quelques négocians dans la Société ». {Déliber. du 10 sept. 1763.) 

(3) Déliber, des 6 fév. et 6 mars, 8 mai et 30 nov. 1782. — Un projet de Bureau littéraire avait été émis à Limoges en 1775, au mo- 
ment de la fondation de la Gazette de Limoges ou Feuille hebdomadaire de la Généralité^ par le sieur Chambon. Comme il n'avait 
point réussi, on essayait de le reprendre en 1782 sous le couvert de la Société d'agriculture. (Sur le premier point voy. une lec- 
ture de M. Fray-Fournier dans le procès-verbal de la séance de la Société arch. du limousin, 30 juin 1891.J 

(4) Elle est encore mentionnée dans le Calendrier de 1790. Mais son décès date en fait de 1785. Hâtons-nous d'ajouter qu'elle est 
ressuscitée au mois de nivôse an IX de la République, et qu'elle vit encore. 



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CJLII LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

transformation bienfaisante qui maintint pendant un siècle encore sa prospérité (1). Aux environs de 1560 
Limoges était incontestablement la ville la plus industrieuse que l'on put rencontrer entre Loire et 
Garonne (2). Théodore de Bèze nous en est garant dans le passage suivant de son Histoire des églises réformées 
au royaume de France : « Limoges, ville épiscopale et viscomté appartenant lors à la reyne de Navarre, 
située en lieu fort stérile, sans rivière (3), et malaisée pour le charroy, estoit toutefois par une singulière 
industrie et bon mesnage des habitans forts adextres et ingénieux, s'il y en a une au monde Tune des plus 
opulentes de France de ce qu'elle contient » (4). 

Les guerres civiles de la seconde moitié du XVP siècle arrêtèrent cet élan, qui reprit cependant sous le 
règne de Henri IV. Mais durant la première moitié du XVIP siècle il n'y a point encore trace du moindre 
encouragement des pouvoirs publics aux industries de notre province (5). On était toujours sous l'influence 
des idées de Sully qui plaçait dans l'agriculture seule la prospérité de l'État. Colbert, qui pensait autrement, 
ne paraît pas avoir tenu en grande estime les industries du Limousin. C'est plutôt TAngoumois qui est l'objet 
de ses préoccupations et de ses faveurs. Il est avéré que les papeteries, les forges, les distilleries d'Angoulême 
et des environs avaient acquis dès ce temps par leurs seules forces un développement que ne connaissaient 
point encore les industries similaires du Limousin. Aussi dans son Mémoire de 4698 l'intendant de Bernage 
fl'étend-il assez longuement sur le compte des premières. Quand on aura rappelé le projet conçu par Colbert 
en 1674 d'introduire certaines industries en Bas-Limousin (6), l'établissement de quelques métiers de tissage 
dans l'hôpital général de Limoges vers 1683 (7), et la réglementation minutieuse des industries existantes 
sous l'influence des idées protectionnistes de Colbert, on aura dressé, semble-t-il, le bilan de ce que le pouvoir 
public fit sur ce domaine en Limousin. 

Et cependant notre province avait réussi, dès le commencement du XVIP siècle, à renouer les traditions 
de son passé, à relever partout ses industries en souffrance, à réorganiser ses métiers abandonnés, & s'affran- 
chir au mpins de la sujétion des provinces voisines en fabriquant elle-même certains produits, quelquefois 
même à approvisionner l'étranger. Ses fabriques de droguets (8), d'épingles, de clous, de boutons (9) et de 
cartes à jouer, ses blanchisseries de cire (10) et ses tanneries occupaient de nombreux bras. A la grande impri- 
merie des Barbou, fondée en 1568 et qui approvisionnait de classiques la plupart des collèges de jésuites, 
s'était ajoutée celle des Chapoulaud en 1607. Enfin vers 1640 une getite colonie d'ouvriers d'Aubusçon avait 
introduit à Limoges la fabrication des tapisseries de haute lisse (11). 

Dans le reste de la province on pouvait citer (12) les papeteries d'Eymoutiers, St-Léonard, Aixe, St- Junien, 

(1) Quoiqu'on en fabrique encore au XVIII^ siècle, Savary des Bruslons ne leur consacre pas le moindre article dans son 
Dictionnaire du commerce (1723). 

(î) Et cependant Poitiers avait établi dès 1488, avec autorisation du roi, une manufacture de draps (Thibaudeau, Histoire du PoUoUy 
]U, 136 et 4^). 

(3) Sans rivière Qavigable. 

(I) Edit, Baumet Guuitz, U, 990. C'est à tort que les annotateurs voient dans ce passage une allusion à la fabrication de la porcelaine. 
Cette industrie ne date à Limoges que de 1771. — Cf. Ménage, OrigtneSy 16Q1: t Limoges dans une assiette stérile, est pleine des plus 
gentils artisans du monde ». 

(5) Cependant le Registre consulaire, III, 177, mentionne un arrôt du Conseil du roi, de 1615, autorisant l'établissement à Limoges 
de blancbisseries de toiles. 

(6) Voyez ci-dessus dans la liste des intendants de Limoges, n«> 25. 

(7) Invent, des arch. hospitalières de Limoges, G. 125 et ss. 

(8) Il est vraiment surprenant que Savary des Bruslons n'en parle pas. 

(9) Un arrêt du Conseil d'État de mai 1741 relatif à la fabrication des boutons, vise les manufactures de ce genre des seules 
Généralités de Paris, Lyon et Limoges. 

(10) Voy. la note 8 précédente. 

(U) Ant. Thomas, Invent, des archives communales de Limoges, inlrod,, p. 14. 

(12) Dans son recueil de Proverbes bastimousins {Bull, de la Soc. hist. de JBrive, VU, p. 95), M. J.-B. Champeval a rappelé le renom 
qui s'attache aux moutardiers de Brive, aux chaufourniers d'Ayeu, aux forgerons de Yigeois, aux chaudronniers de Mercœur, aux 



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L'ADMINISTÏUTIO» CXHl 

échelonnées le long du cours supérieur de la Vienne ; celles de Tulle sur la Corrèze ; les tafinériés (fEymotl- 
tiers, St-Junien, Bellac ; les tissagfes en drap ou toile de Tulle, Brive, La Souterraine, Si-Léonard^ St-Janien 
et Dort; les chaudronneries de St-Léonard; la verrerie de St-Bonnet-le-Pauvre près Mercœur (1); les 
deatelleries de Tulle (2) et ses fabriques d'huiles (3) ; les poteries de St-Yrieix, Meuzac, Magnac-Bourg, 
St-Junien et Duris ; les forges et les hauts-fourneaux de Baleran (commune de Marval), de la Rivière près 
Cussac, de Chaufailles près Coussac-Bonneval (4), de la Grénerie près Uzerche (5)^ de Tavaux et de Dour- 
nazac (6) ; celles de la région de la Gartempe que nous constatons par le grand nombre de localités appelées 
Forges (7)^ enfin, à partir de 1690 environ, la manufacture d'armes de Tulle dont nous parlerons plus loin. 

Il y aurait plaisir à s'arrêter sur cette période de notre histoire industrielle et à rechercher daosr qtirflcf 
mesure l'initiative privée sut se manifester. Mais tel n'est point notre sujet. Il nous faut arriver auXVill* 
siècle oii le pouvoir central donne par ses intendants une nouvelle impulsion aux manufactures existantes et 
contribue h introduire chez nous la a grande industrie ». 

Cette aide consista tout d'abord uniquement à concéder des privilèges particuliers aux nouvelles manufac- 
tures qui se fondaient sur des bases un peu larges. En diminuant par la suppression de droits onéreax le prix de 
revient des produits manufacturés, ces privilèges permirent au fabricant de diminuer à soa tour le prix de 
vente et de lutter avec quelque avantage contre ses concurrents du dehors. Tel marchand du centre oti du snodh 
ouest, qui s'approvisionnait jusque-là sur les marchés du nord ou du midi, trouva profit à s'adresser désormais à 
Limoges. 

Tissus, — Le sieur Thévenin du Genesty fut le premier à entrer dans cette voie et à réclamer en 1726, pour s& 
manufacture d'étoffes de laine et coton dites siainoises, les privilèges dont nous avons parlé, et quelques autres 
de moindre importance (8). Cette date de 1726 mérite à plus d'un égard d*être retejaue. En raison de l'oi^ûi-* 
sation donnée par Thévenin à son établissement et du grand nombre d'ouvriers qu'il y employait, on est 
fondé à y voir la première forme dans notre province de ce que nous avons déjà appelé la « grande industrie, a 
Ce régime devait agir profondément non-seulement sur la production industrielle, mais encore sur la vie et 
les mœurs de la classe ouvrière qui jusque-là n'avait guère travaillé qu'en chambre, par groupes familiaux 
indépendants les uns des autres. 

Une manufacture analogue à celle de Thévenin, mais non privilégiée, s'établit encore à Limoges qtielqtiefaf 
années plus tard par les soins d'un sieur Sénamaud, à qui succédèrent, au bout de quelques années, les sieurs^ 



pelletiers de Treignac, aux chapeliers de Bort, etc. Malheureusement ces réputalious ne sont pas datées, et rien ne prouve qu'elles 
aient pris naissance dès le XVn<^ siècle. 

(1) Mentionné dans 1- État des paroisses de 1686, p. 184 de l'Appendice. Un siècle plus tard, il fut question d^en établir uub à St-Jal, 
près Seilhac. Voy. Invent, des arch. dép. de la Corrèze, C. 189. 

(2) M. René Fage a démontré dans le Bull, de la Soc. des lettres de Tulle (1882, p. 117) que la dentelle connue sous le nom dea Point 
de Tulle » tirait son nom de cette ville où elle se fabriquait vers 1670^ A l'appui de cette démonstration M. J.-B. Champevaf a encore 
apporté (Bull, de la Soc. hist. de Brive^ VIT, p. 728) quejques textes du X\Tlle siècle qui avaient échappé à Tattention de M. R. Fag«. 

(3) Voy. l'État des paroisses de l'Appendice, p. 179 et 200. 

(4) U en est encore question dans un inventaire du ch&teau de Chaufailles (1779 publié par M. Moufle dans le Bull, de la Soc. arch. 
du Limousin, XXXVlll, 24S. 

(5) Cités par M. de Verneilh dans sa Notice sur les (meiennes forges du Périgordet du Liimusin (Revue des soc, savantes^ dfi 
série, IV, année 18;6). 

(6) Voy. notre Invent, des arch. dép. de la Haute-Vienne^ série D, art. 287-290. 

(7) La Forge, communes de Balledent, Bessines, Morterolles, Darnac; —Les Forges, communes d'Azat-le-Ris, deBersac, de Bkmtac, 
de Darnac, de St-Sornin-la-Marche ; — Les Grandes Forges, commune de Magnac-Laval ; — Les Petites Forges, eomm»fte de M«gtiac- 
LavaL — Les forges de Luchapt, entre la Gartempe et la Vienne, non loin de l'Isle-Joiwdain, existaient déjà au milieu- du XVUl» siècle 
el peut-être plus \^ (Cf. notre Iment. des arch. comm, de Bellac, II, 19. Mais elles étaient en dehors des.limites de la Généralité. 

(8) Inventaire, C. 13, 4C0 et 507. 

Hautb-Vibnnb. — Série C. Introd XV. 



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CXIV LA GÉNÉRALITÉ DE UMOGES 

Martin et Labrousse. Ceux-ci reçurent à partir de 1775 une subvention annuelle de 2,400 11. payée sur les 
fonds de capitation (1). 

En 1743 ce fut la fabrication des étoffes de soie et coton qui tenta Pesprit d'entreprise des sieurs Laforest. 
Ils obtinrent un privilège exclusif pour vingt ans (2), l'exemption de diverses charges publiques et pour leur 
établissement le titre envié de « Manufacture royale » (3). L'affaire réussit au-delà de toute espérance puisque, 
à l'expiration de leur privilège, les frères Laforest possédaient une magnanerie, diverses machines à l'instar 
de Lyon, comptaient soixante métiers battants et occupaient 1800 ouvriers (4). Leur succès avait même eu 
cette conséquence de provoquer l'établissement de quelques petites filatures de coton dans les environs de 
Limoges, et nommément à Solignac, Pierrebufllère, Eymoutiers (5). 

En 1763, nous sommes déjà sous l'intendance de Turgot qui n'a rien tant à cœur que d'encourager tout ce 
que ses prédécesseurs ont tenté. Mais Turgot avait une vue si nette et si ferme des conditions de la prospé- 
rité publique qu'il refusa aux frères Laforest le renouvellement de leur privilège exclusif. Il les aida d'autre 
manière et si bien que leur manufacture se soutint jusqu'à la Révolution (6). 

Cette conduite permit à Turgot de favoriser de toutes ses forces l'établissement que fit à Brive en 1764 un 
sieur Lecler, d'une manufacture de soieries qui, bien qu'elle se qualifiât de « Manufacture royale >, ne possé- 
dait, à proprement parler, aucun monopole. Lecler était secondé par un habile ouvrier anglais que lui avait 
donné Turgot, à la recommandation de Holker, inspecteur général des manufactures de France. Grâce à ces 
trois hommes, il y eut bientôt à Brive une rivale de la manufacture d'étoffes anglaises établie quelques 
années plus tôt à Bourges (7). Elle se soutint, non sans quelque peine (8), jusqu'à la Révolution. 

Le dernier intendant de la Généralité, Meulan d'Ablois, marcha sur les traces de Turgot en contribuant à 
l'établissement dkine manufacture de coton où le filage se pratiquait à l'aide du rouet. Cette manufacture fut 
établie à Linars non loin de Limoges vers 1785 (9). 

Quant aux fabriques de toiles de Limoges, Brive et La Souterraine, elles avaient pris un tel développement 
que l'intendant s'en occupa et leur fit obtenir en 1780 un règlement royal (10). 

L'historien de Turgot, M. d'Hugues, lui fait honneur d'avoir aidé aux premiers progrès de l'industrie des 
flanelles et des draps droguets : industries anciennes à Limoges, mais abandonnées aux mains de quelques 
pauvres ouvriers sans connaissances théoriques et sans capitaux, jusqu'au jour oii elles passèrent aux mains 
de quelques maisons qotables qui, « grâce aux encouragements de l'intendant, lui donnèrent une extension nou- 
velle.» Vérification faite, l'honneur revient plus justement à l'un (11) des prédécesseurs de Turgot, Barberie II de 



(1) Inventaire^ C 256. rôle n» 8, 

(2) L'arrêt du Conseil d'état et les lettres patentes qui leur furent accordées (juillet 1743] se retrouvent dans un registre du Bureau 
de police allant de 1740 à 1785. Elles seront prochainement publiées par M. Fray-Fournier. 

(3) Voy. une notice sur cette manufacture dans le Calendrier eccl. ei civil du Limousin pour 1769. C'est seulement en 1748 qu'elle 
fut autorisée à se dire royale. (Ephémérides de 1765 et Juge Saint-Martin, Changements^ p. 61.) 

(4) Nous ne nous portons pas garant de ce chiffre. Peut-être a-t-on par inadvertance introduit un zéro de trop. 

(5) Ephémérides de 1765, p. 220. 

(6) Voy. dans les Œuvres de Turgot, édit. Dupont de Nemours, 1,353 à 370, sa correspondance avec M. Trudaine, au sujet de cette 
affaire. Cf. V Inventaire, C. 256 et 263. 

(7) D'Hugues, ouv. cité, p. 183. Cf. {'Inventaire, C. 263, et VInveni. des arch. dép. de la Corrèse,C. 188. 

^8) Cf. le Bull, de la Soc, des lettres de Tulle, I. 426-460, où sont reproduits de nombreux documents relatifs à la Manufacture royale 
de Brive, des années 1774-1778. 

(9) Inventaire. C. 263. 

(10) Inventaire, C. 422. 

(11) Essai sur Vadminist.de Turgot... p. 189. Cf. les Ephémérides de 1765. p. 223. L'arrêt du conseil d'Etat établissant une manufac- 
ture de droguets à Limoge?, dont est question à Tart. C. 46i de Vlnventaire^ n'est pas rapporté; mais il est tout-à-falt vraisemblable 
que c'est l'arrêt de 1749 visé dans le règlement que rappelle la note suivante. 



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L'ADMINISTRATION CXV 

Saint-Contest qui,en 1749, promulgua un nouveau règlement pour la fabrication de ces sortes d'étoffes dans la 
Généralité de Limoges (1). 

En relations avec les fabriques d'étoffes existaient alors plusieurs teintureries qui dataient au moins du 
XVII* siècle. Celles de MM. Niaud, Balezis et Retouret étaient les plus florissantes, mais nous ne pouvons 
affirmer qu'elles aient été subventionnées sur les fonds de la Généralité (2). 

Papeteries, — La décadence des papeteries de PAngoumois à la suite de la révocation de Fédit de Nantes, 
semble avoir eu pour contre-coup le développement de celles du Limousin. De très vieille date, dès le 
XIIP siècle, on rencontre des moulins à papier tout le long de la Vienne limousine, sur les 25 lieues qui 
séparent Eyraoutiers de Chabanais. Mais ces moulins n'avaient longtemps produit que dans la mesure des 
besoins locaux. Cependant sur les 35 millions de marchandises françaises importées en Hollande vers 1658, 
les papiers d^Auvergne, Limousin, Poitou, Champagne et Normandie ne figuraient pas pour moins de deux 
millions, si nous en croyons le Grand trésor historique etpolitiqm du florissant commerce des Hollandois (3). La part 
proportionnelle du Limousin dans ce chiffre de deux millions n^est point déterminée. Nous soupçonnons 
d'ailleurs que Fauteur, en parlant des papiers du Limousin, a commis une légère confusion avec ceux de FAn- 
goumois qui faisait partie de la Généralité de Limoges. Il est pour le moins singulier qu'à cette date les pape- 
terie très florissantes de FAngoumois ne soient point même mentionnées. 

Quoiqu'il en soit, en Fannée 1730 la royauté institue une enquête sur cette branche de Findustrie locale, 
recueille Favis des intéressés et promulgue un règlement dans lequel les papeteries de Limoges et de Tulle 
étaient traitées sur le même pied que celles d'Angouième (4). En septembre 1740, Fintendant de la Généralité, 
M. de Tourny édicté à son tour (5) une ordonnance qui vise l'application du nouveau règlement général de 
janvier 1739 et prescrit aux fabricants certaines déclarations a par devant les juges des manufactures du lieu 
de leur domicile » (6). 

Cette sollicitude porta ses fruits. Vers le milieu du XVIIP siècle, on rencontre des moulins à papier hydrau- 
liques sur la plupart des petits cours d'eau qui affluent à la Vienne, sur la Corrèze, sur la Vézère, sur le 
Taurionet même sur la Qartempe. Une statistique dressée par Turgot n'énumère pas moins de 48 fabriques de 
ce genre (7). Une déclaration royale de 1771 fixant un nouveau tarif des droits à percevoir nous éclaire assez 
bien sur la situation de ces centres de production par l'indication des villes où les droits seront perçus. En 
laissant de côté Angoulême, EuflFec et La Rochefoucaud qui appartiennent à l'élection d'Angoulème, nous 
relevons pour le reste de la Généralité les noms de Limoges, St-Léonard, St-Junien, Tulle, Brive, Bourga- 
neuf et Bellac (8). C'est sans doute ce tarif qui suscita en 1773 les plaintes des fabricants de Limoges et de 
St-Léonard et motiva en leur faveur une énergique intervention de Turgot (9). 

Une seule des papeteries de Limoges, celle du sieur Cibot qui fabriquait spécialement le < papier bleu >, 



(1) Règlemenl en 45 articles pour la fabrication des draps droguets, serges, bures, etc., dans les villes et bourgs de Limoges, Tulle, 
Brive, Si-Etienne de Gimel, Corrèze, Angoulême, Nerfac, Pontbreton, St-Juuien, St-Léonard, promulgué à Limoges le 31 mars 1749. 
Ce règlement transcrit dans un registre du Bureau de police allant de 1740 à 1785 sera prochainement publié par M. Fray-Fouruier. 

(2) Voy. nos Extraits du Registre des assemblées de la Soc. d'agriculture, à la date du 11 décembre 1762. 

(3) Rouen, chez Ruault, 1712, p. 108. Cité par Savary des Bruslons, H, 439. 

(4) Inventaire, C. 19 et 460. H n'est pas encore question de papeteries dans les élections de Brive et Bourganeuf. 

(5) Inventaire, C. 19. 

(6) C'est la plus ancienne mention que nous connaissions en Limousin de cette juridiction, bien qu'elle eut été instituée en France 
par une déclaration royale d'août 1669. 

(7) Inventaire, C 19 et 263. Cf. [Rougier-ChâtenetJ, Statistique de la Haute-Vienne en 1808, p. 462. 
(8) Inventaire, C. 413. 

(9) Inventaire, ic. 288, 



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dVI LA. GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

eut part AUX «ubveûtions de Fintendance et reçut pendant quelque temps une aide annuelle de 2,400 11. qui 
était encore servie en 1789 (1). 

Pour mieux surveiller cette industrie renaissante, on répartit vers 1777 les papeteries de la Généralité en 
quatre arrondissements qui correspondirent à autant d'inspections, avec Angoulême, Tulle, St-Léonard et 
Limoges pour chefs-lieux respectifs. Les trois derniers comptaient à eux seuls une cinquantaine de fabriques, 
représentant un nombre de cuves quelque peu supérieur (2). 

Ce classement fut résolu à la suite d'une enquête spéciale dont le dossier nous a été conservé. A ce dossier 
était annexé un mémoire sur les papeteries, composé par M. Desmarest, membre de l'Académie des sciences 
et inspecteur des manufactures de la Généralité. Ce mémoire ne se retrouve malheureusement plus. 

Imprimeries, — Les imprimeries de la Généralité furent elles aussi l'objet de la sollicitude des intendants, 
mais à la manière du temps. Les ordonnances royales des XVI* et XVI? siècles, limitant dans chaque ville le 
nombre des imprimeurs, eurent naturellement leur eflfët chez nous. Au XVIIP siècle encore une ordonnance 
de mars 1739 fixe à cinq le nombre des imprimeurs de notre Généralité, savoir : deux à Limoges, deux à 
Aûgx}ulême, un à Tulle (3). Une autre ordonnance, de mai l'/59 (4), le releva à sept, pour donner satisfaction 
aux réclamants, et il y eut dè^ lors quatre imprimeurs à Limoges. Comme le chiffre fixé avait été dépassé au 
bout de quelques années, on supprima en vertu de la nouvelle ordonnance Timprimerie de Léonard Dalvy à 
Tulle et celle que Jean-Pierre Faye avait établie à Brive (5). Les victimes furent indemnisés d'office par leurs 
conftrères, qui étaient censés bénéficier solidairement de ces suppressions. 

L'imprimerie était alors régie par un arrêt royal de février 1723 qui, au nom de la raison d'État, imposait 
toutes sortes de restrictions et de vexations à l'exercice de cet art. La chambre syndicale que les cinq impri- 
meurs de Limoges avaient formée en 1744, fut supprimée en 1777, et ses membres rattachés à une nouvelle 
chambre établie à Poitiers. Quant aux imprimeurs de Tulle, ils furent rattachés à la chambre de Bordeaux (6). 
Le cahier de la corporation de Limoges (7) protesta en 1789 contre cette organisation arbitraire. Il devait 
obtenir sati^îi^tion pour quelques années seulement. 

Ainsi donc, à l'inverse de ce que nous avons constaté jusqu'ici et de ce que nous constaterons plus tard, 
l'imprimerie loin d'être encouragée fut toujours combattue par l'ancien régime et périodiquement mise aux 
poucettes. Cette crainte de la publicité, que manifestaient les pouvoirs de ce temps, laïque aussi bien qu'ecclé- 
siastique, pouvait bien n'être pas tout-à-fait sans fondement. 

faye»Mj^5^^parc^te/n«*. — Avant de parler delà manufacture royale de porcelaine de Limoges, il faut dire 
quelques mots de la manufacture royale de fayence qui prépara l'autre et qui donna droit de cité chez nous 
à rindustrie céramique. 

Vers l'année 1735, un certain André Massié, qui se qualifiait c architecte et entrepreneur des ouvrages des 
ponts et chaussées de la Généralité de Limoges ^, imagina d'introduire à Limoges la fabrication de la 
fayence, « en considération de ce que Téloignenent des manufactures de fayencerie des villes de Bordeaux, 
Moulins et Kevers, les traverses pénibles et la difficulté des chemins rendaient cette sorte de marchandise 
extrêmement rai^ dans le Haut et Bas-Limousin >. A cette considération désintéressée s'enjoignait une autre 
un peu différente. En remuant le sol du Limousin pour ouvrir des routes, Massié avait rencontré une sorte 
d'argile qui lui avait paru propre à la fabrication de la fayence. Peut-être aussi n'ignorait-il pas qu'en divers 
endroits du Limousin, et nommément à Magnac-Bourg, à Duris, à Meuzac, des potiers, connus sous le nom 

(0 Inventaire, C. 256, rôles n» 5 et n» 20, années 1783 et 1789. 

(i) Inventaire, C, 10. 

(3 et 4) Inventaire C. 18. v 

(5) Inventaire, C. 18. 

(6) Voy. M. Ducourtieux, Manuscrits et imprimés, . . . dans le Bull, de la Soc. arch, du Limousin, XXXV, lU et 115. 

(7) Dans nos Nouv. doc, historiques sur la Marche et le Limousin, p. 16. 



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L'ADMINISTRATION CXVII 

de toupiniers, alimentaient de temps immémorial la consommation publique et avaient rendu leur industrie 
florissante. Quoiqu'il en soit, Massié fit des essais, embaucha au loin des ouvriers experts en cette fabrica- 
tion, et conçut bientôt Tespérance du succès. Pour y mieux aider, il sollicita en 1736 des lettres de privilégie 
qui le protégeassent pendant 20 ans contre toute concurrence, lui permissent « de faire fouiller les terres, sables 
et autres matériaux propres à la dite fabrique, partout où il s'en trouvera, en dédommageant les propriétaires 
des fonds », et accordassent à son établissement le titre de manufacture royale (1). Soutenue par l'intendant 
de la Généralité, Aubert de Tourny, la requête de Massié fut écoutée au-delà même de ce qu'il demandait. 
On lui accorda une concession perpétuelle avec les mêmes privilèges pour lui, son contre-maître et sou pein- 
tre décorateur, que nous avons vu accorder en 1726 à Thévenin du Genesty. 

On sait malheureusement peu de choses sur l'activité de cette manufacture (2). Les Éphémérides de 1765 ne lui 
consacrent que quelques lignes d'ordre technique. « La fayencerie est dirigée par M. Massier. Le biscuit a 
de la cuisson et de la solidité. L émail dont le fond est bleu tient assés au biscuit. On y fabrique aussi des 
assiètes et des plats qui souffrent le feu; leur émail est couleur de café, on lui donne cette teinte avec le 
minium et la manganaise qu'on tire des environs de l'ahbaie de Pérouse dans le Périgord ». Cette fabrique de 
fayence fit place en 1771 à la première manufacture de porcelaine qui ait été installée à Limoges et qui sous 
le titre de a Manufacture royale » devint bientôt une c< annexe » de celle de Sèvres, avec la marque C. D. On ne 
nous demandera pas de refaire ici l'histoire, si bien faite par d'autres (3), de cette industrie nouvelle, 
destinée h relever, au XIX." siècle, la réputation artistique de Limoges. Il suffit à notre objet de constater • 
qu'après avoir été, pendant quelques années, abandonnée à elle-^même, au lieu même oîi elle avait pris nais- 
sance, à St-Yrieix, elle trouva immédiatement, à Limoges, les encouragements éclairés deTintendant (4), du 
comte d'Artois, apanagiste de la province, et de tous ceux qui avaient à cœur la prospérité publique (5). Elle 
fat achetée par Louis XVI en 1784. 

Au dire de M. d'Hugues, Turgot s'appliqua « à perfectionner les tanneries, les clouteries et les tréfileries 
de Limoges et des environs > (6). Il s'appliqua également, chose moins connue, à introduire à Limoges la 
sparterie d'osier. Sa correspondance avec Condorcet en fait foi. « J'ai trouvé un vannier, Monsieur, lui écrit 
Condorcet à la date du 26 juin 1772, Il ira à Limoges moyennant deux louis pour le voyage, deux louis pour 
le retour, s'il s'ennuie, et quarante sols par jour jusqu'au temps où vous lui donnerez de l'ouvrage et une condi- 
tion annuelle. Voilà tout ce que j'a pu arranger Cet homme a environ 28 ans; il vient de se marier. S'il 

se fixe à Limoges, il y fera venir sa femme qui sait filer et ourdir le fil propre à faire du linon. ...» (7). 

Enfin, chose ignorée jusqu'ici, c'est aux encouragements de Turgot que l'on doit l'établissement de la pre- 



(i; Ces détails et ceux qui suivent sont tirés des lettres patentes délivrées par le conseil d'Etat à la date du i9 mai 1736. EUes ont 
été retrouvées par M. Fray-Fournier dans un « Registre d'^dits et déclarations » allant de 1740 à 1785, et seront publiées prochai- 
uemeut dans le tome XXXIX du BulL de la Soc. arch. du Limousin. 

(2) Cependant M. E. Boudet a signalé {Congrès scientifique de France, XXVJo session, t. H, p. 363-366) deux belles pièces sorties de 
cette fabrique et datées de 1741. 

(3) Voy. M. Camille Leymarie, Essai de classification^des anciennes porcelaines de Limoges^ Saint-Yrieix, Solignac, conservées au 
mu^ée national Adrien Dubouciiê^ dans le Bull, de la Soc- arch. du Limousin, XXXVH et XXXVIIl. En dehors des deux passages 
extraits du registre de la Soc. d'agriculture du Limousin (ci-dessous) et du passage reproduit dans Vltwentaire, à l'article C. 4i8, 
toutes les recherches que nous avons faites sur ce sujet dans les Archives du département sont demeurées infructueuses. 

(4) « 4 nov. t783. [Ordonnance de délégation] en faveur du sieur Grellet pour la première moitié de celle de 3,000 11. qui lui a été 
accordée eu considération de la manufacture de porcelaine qu*il a établie à Limoges, le dit encouragement pendant dix années, 1783 
est la dernière. Cy : 15,000 H. » (Extrait d'un rôle de capitation de 1783, mentionné à l'art. C. 25Sde VInventaire). 

(5) «... On a fait les réflexions suivantes:... 2° sur la porcelaine de Limoges, que M. Treillard. [de la Société de Brive], a trouvée 
de mauvaise qualité, qu'il (alloit apparemment qu'il en eut reçu quelque pièce mal cuite, puisque cette porcelaine égale maintenant 
celle de Sèvrc pour la blancheur et la solidité, et ne lui est inférieure que pour les formes et les peintures, en quoy même elle l'éga- 
lera h mesure que ses ouvriers se perfectionneront ». {Délibér. de la Soc. d'agriculture. 8 janvier 1774). Voy. aussi le sous-chapitre suivant. 

(6) Essai sur l'administration de Turgot... p. 189. 

(7) Correspondance de Condorcet et de Turgot déjA citée, Lettre LXIX, dont nous devons c jnnaissauce à l'obligeauco de M. Fray- 
Foumier; Cf. les lettres LXX et LXXXV. 



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CXVIII LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

« 
mière brasserie de bière à Limoges, en 1765 (1). Turgot voyait dans cette industrie un nouveau débouché pour " 

les grains et un moyen a d'enlever aux étrangers les profits qu'ils font sur une branche de la consommation 

publique ». 

Nous constaterons plus loin (2) l'existence en Limousin dès 1739, sinon plus tôt, de juges des manufactu- 
res » institués par une déclaration royale de 1669. Un arrêt de juin 1781 détermina à nouveau leurs fonctions. 
C'est seulement sous l'intendance de Barberie II de Saint-Contest que fut institué en Limousin le premier 
inspecteur des manufactures (3). 11 est malaisé de préciser & l'aide des documents existants le mode de ses 
fonctions et la mesure dans laquelle il put éclairer et favoriser les industries établies. 11 est certain toute- 
fois qu'il n'eut jamais dans ses attributions que la surveillance des procédés techniques de l'industrie, le 
côté administratif restant toujours réservé à l'intendant. Quand on constate que l'un de ces inspecteurs fut 
Nicolas Desmarest (4), futur membre de l'Académie des sciences, homme d'initiative et d'action s'il en fut, 
esprit curieux de toutes lesamélioratiens pratiques, on ne se trompera guère en admettant que ce collabora- 
teur de Turgot se montra tout-à-fait digne de la confiance qu'on lui avait témoignée. Desmarest quitta 
Limoges en 1771. Il eut Cornuau pour successeur. 



On trouvera dans V Inventaire (B,Tt C. 16-21 et 482-544) (5) les dossiers des diverses corporations de Limoges 
rangées par ordre alphabétique. Il y aurait grand intérêt à rechercher les origines lointaines de chacune 
d'elles et à déterminer dans quel ordre elles sont nées. Mais nous ne pouvons entrer ici dans cette voie. Nous 
nous bornerons à énumérer dans leur succession chronologique les corporations dont nous connaissons les 
statuts, depuis l'époque oii se manifeste clairement la prétention de l'État à connaître par quelles lois parti- 
culières se régissent les associations de ce genre, et même à leur imposer sa tutelle à l'aide de règlements 
tenant lieu de statuts. 

Fondeurs, 1593. — Apothicaires, 1626. — Menuisiers, 1647. — Barbiers, baigneurs, étuvistes et perruquiers, 
1680 (6). — Paumiers, 1691 . — Pâtissiers, 1701. — Bouchers, 1703?— Crocheteurs, 1704. —Cordonniers, 
1709 et 1750. — Serruriers, 1709, 1721 et 1750. — Chapeliers, 1719. — Menuisiers, 1720. — Perruquiers, 
1725. — Boulangers, 1733, 1735, 1736. — Chaudronniers, 1737. — Potiers, 1755. — Meuniers, 17*^6. — 
Fripiers, 1786 (7). 

(i) Inventaire, C. 434. Cette brasserie était située au-delà du pont Saint-Martial, à la Jourdanie, où elle existe encore. 

(2) Voy. le sous-chap. 5. Cf. Inventaire, C. 12 et 410. 

(3) Joseph Muret, né en 1718. Il est mentionné dans un règlement de 1749 que M.^Fray-Fournier publiera prochainement: Cf. 17»- 
vent, des arch. dép. de la Charente, C. 9. 

(4) Voici la notice que lui consacre M. Ch. Henry dans la Corresp. de Condorcet et de Turgot, p. 36 : « Nicolas Desmarets, physi- 
cien, né le 16 sept. 1725 à Soulaines, petit bourg de Champagne, d'une famille pauvre, fut pensionnaire au collège de TOratoire à Troyes, 
répétiteur de mathématiques à Paris, rédacteur du Journal de Verdun, lauréat de l'Académie d'Amiens, sur la question relative à 
Tancienne jonction continentale de l'Angleterre à la France (1753). Protégé par d'Alembert, Turgot, Malesherbes, Trudaine, de 1757 à 
1759, il fut chargé de visiter les principales fabriques de drap; en 1761, il inspecta les fromageries de Lorraine et de Franche-Comté; 
en 1762 il fut nommé par Turgot inspecteur des manufactures du Limousin ; en 1763 il visita les papeteries de l'Auvergne et étudia le 
Puy-de-Dôme. Il découvrit des colonnes de basalte provenant des volcani et soumit sa découverte à l'Académie. Il suivit en Italie le 
duc de La Rochefoucault (1765). En 1768 et 1777, il voyagea en Hollande pour examiner les machines. H fut adjoint à l'académie des 
sciences le 26 janv. 1771, 11 mourut le 28 sept. 1815, âgé de 90 ans. Son éloge a été prononcé par M. Silvestre à la Société d'agricul- 
ture (1816) et à l'Académie des sciences par Cuvier en 1818 >. 

(5) Cf. les rôles d'industries mentionnés sous les art. C. 192-195, de Vlnveniaire, un état des corporations en 1728 sous l'art. C. 284, 
et les pièces diverses de l'art. C. 15. 

(6) Ordonnance royale réglant les droits et devoirs des barbiers dans A. Leymarie, Limousin historique, 1, 223. 

(7) Inventaire, C. art. cités ci-dessus. — Nous nous nous réservons de donner ailleurs un relevé complet des nombreux statuts de 
corporations industrielles que l'on connaît depuis le XIV" siècle. 



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L'ADMINISTRATION CXIX 

Si riûtervention de l'État contribua à diminuer au sein de ces associations Tesprit d^indépendance et d'ini- 
tiative dont elles avaient fait preuve jusque-là, elle eut du moins cet heureux efifet de les policer et souvent 
même de les relever de leur décadence. Il ne faudrait pas croire en effet que les corporations fussent toujours 
et partout florissantes : quelques-unes au commencement du XVIIP siècle n'avaient plus de balles (1); celle 
des fourbisseurs ne comptait plus qu'un seul membre en 1735(2) ; d'autres avaient fusionné avec des corpora- 
tions similaires, puis les avaient abandonnées ; c'est ainsi que les barbiers paraissent joints tantôt aux chirur- 
giens et aux perruquiers, tantôt aux étuvistes et aux baigneurs (3). Quant aux crocheteurs, ils ne formaient 
pas alors de corporation spéciale (4). 

Dans ce monde des gens de métier on était fréquemment en guerre les uns contre les autres, sous prétexte 
d'empiétements à repousser, de règlements à faire respecter. Les médecins se plaignaient des rebouteurs (5), 
les apothicaires des religieuses de l'hôpital (6), les tailleurs pour femmes des couturières en chambre (7). Les 
marchands de la ville poursuivaient de leur haine les marchands forains qui, à certains jours, arrivaient à 
Limoges et déballaient sous Tauvent d'un aubergiste sans payer aucun droit (8). Ce n'était pas trop de l'au- 
torité du lieutenant général de police pour maintenir un peu d'ordre, de paix et de justice dans ces milieux 
turbulents et querelleurs. 

Aussi exclusif que fût le régime corporatif de. l'ancien régime, les gens du dehors pouvaient cependant quel- 
quefois y pénétrer, à la faveur de privilèges qui prenaient force de loi. Ainsi à Toccasion des mariages des 
princes du sang, la royauté avait pris l'habitude de créer de sa propre autorité un maître de chaque métier 
dans les principales villes du royaume. Cet usage, que nous n'avons pu constater avant 1541 (9), mais qui est 
peut-être plus ancien, subsistait encore au XVIIP siècle, et il y en a des exemples pour Limoges (10). D'autre 
part, les citoyens des cantons helvétiques jouissaient en France du privilège de s'éfcabliroiibon leur semblait, 
sans être membres des corporations existantes. Ce privilège, on le leur contestait bien quelquefois ; mais il 
semble qu'ils l'aient fait respecter aussi longtemps que les doctrines économiques restèrent résolument pro- 
tectionnistes (11). 

4. — Exploitations minières. — Forges et Hauts-Fourneaux. 



On ne sait pas grand chose de l'exploitation des mines en Limousin avant le XVIP siècle. Rien n'est plus 
sujet à caution que l'attribution aux Romains de telle ou telle carrière, depuis longtemps abandonnée. Quant 
au moyen-âge, s'il est indubitable qu'il a extrait sur place les métaux et les pierres dont il avait besoin pour 
la construction des églises et la fabrication des armes de guerre, il n'en est pas moins malaisé de préciser les 
points oii ont eu lieu ces extractions et l'importance qu'elles ont prise. 

Pour la période qui nous occupe, nous noterons que c'est seulement en Tannée 1606 qu'il est question pour la 



(1) Inventaire, C. 5il, 520, 593. 

(2) Inventaire, C. 51i. 

(3) Inventaire, C. 501, 527. 

(4) Inventaire, C. 506. 
in) Inventaire, C. 501. 

(6) Invent, des arch. hospit, de Limoges, F. 30, année 1768. 

(7) Inventaire, C. 536. 

(8) Inventaire, C. 473, 500 et 532. 

(9) Voy. les lettres royaux du 16 juin 1511, mentionnées dans le Catal. des actes de François /% n» 11981 ; cf. n<» 12586. 

(10) Registre consulaire, IV, 325. 

(11) Inventaire, C. 5^4 et 529. 



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CXX LA GÉNÉRAUTÉ DE LIMOGES 

première fois dans un document officiel (1), fort incidemment du reste, des mines de plomb, de fer et de cuivre 
du Bas-Limousin, Ni ^ordonnance royale de mai 1543 portant règlement pour les mines et forges du royaume, 
ni la compagnie qui se forma vers cette époque avec privilèges du roi pour l'exploitation de toutes les mines 
de France, ni l'intendant des mines et minières de France institué par Charles IX en 1563, ne paraissent 
s'être préoccupés de ce coin du Miissif central qui s'appelle le Limousin. Cependant les forges et les hauts- 
fourneaux que nous avons rencontrés tout-à-Pheure sur les bords de la Bandiat, de la Gartempe et de Tlsle, 
et dont plusieurs remontaient à la fin du XV® siècle, prouvent que l'extraction des minerais de fer n'était 
point abandonnée chez nous. 

Le Mémoire sur la Généralité de Limoges de 1698 (i) précise de quels gisements il est question dans les 
lettres patentes de 1606, en nommant les mines de plomb de Vie et des environs de Tulle, ainsi que les mines 
de fer de Coussac-Bonneval et de Saint-Yrieix. Il ajoute même, à propos des premières, ce détail instructif : 
€ Comme on ne les a pas trouvées abondantes, les entrepreneurs n'en ont jusques icy pu faire d'usage. 
11 y a pourtant lieu de croire que si elles étoient recherchées par des gens habiles et hardis, on pourroit en 
tirer profit. ... 11 conviendra de les faire visiter. » 

Les gens « habiles et hardis » que souhaitait l'intendant, ne tardèrent pas à se trouver. Dans les premières 
années du XVIIP siècle, les gisements de Saint-Etienne et de la région d'Autun, découverts depuis quatre 
cents ans, ceux d'Anzin qu'on venait de constater, commençaient à promettre un beau rendement. La recherche 
de cette nouvelle source de richesses devint aussitôt chez nous, comme par toute la France (3), le souci 
d'un grand nombre de gens. 

Ce furent les mines de cuivred'Ayen et de Saint-Robert en Bas-Limousin qui, les premières, tentèrent sérieu- 
sement l'avidité des chercheurs, en 1710. Mais les profits ne répondirent point aux espérances conçues et l'exploi- 
tation fut abandonnée dès 1716. L'intendant De Tourny la fera reprendre en 1741 (4). 

Après Vie et Ayen, ce fut Glanges et ses mines de plomb qui, en 1724, se laissèrent reconnaître. Bien que 
les premiers essais d'extraction eussent fourni pour plus de 10,000 é3us de métal, ils furent abandonnés dès 
1725, mais pour être repris en février 1728, sur un plus grand pied (5). Aucun centre minier n'a, au XVIIP siè- 
cle, provoqué plus d'eflPorts en Limousin ni éveillé plus d'espérances. 

A la première compagnie, composée de MM. Bridou de Belleville, Duval de Bonneval, M. et Mad. de 
Vassan de Pierrebufflère, succéda par les soins de ceux-ci, en juin 1723, une nouvelle compagnie auto- 
risée par le duc de Bourbon, grand maître des mines et minières de France, qui émit cinquante actions de 
1,000 11. chacune (6). Elle ne fut pas plus heureuse que la précédente : le minerai était pillé et volé, ce qui ne 
contribuait guère aux bénéfices. Aussi la concession de vingt ans obtenue par M. et Mad. de Vassan fut-elle 



(1) Dans les lettres patentes d'Henri IV pour la canalisation de la Vézère. — Un édit royal de 1601 avait accordé de nombreux 
privilèges à quiconque s'occuperait de Texploitation des mines. 

(2) P. 163 de notre édition. 

(3) Dans les Œuvres inédites de Montesquieu que Ton publie actuellement, figure un mémoire sur les mines de Hongrie et d'Alle- 
magne. 

(4) Voy. ISi Notice des mines de la Généralité [par Desmarest], dans les Ephémérides de 1765, p. 168. Cette notice a été reproduit^ 
croyons-nous, dans les Mémoires de l'Académie des sciences. Il en existe une rédaction plus développées pour ce qui concerne iSs 
mines de Glanges dans le fonds de l'Intendance, C. 355. —A l'ordre des genres de métaux qu'a suivi Desmarest, nous substituons dans 
MOlre travail l'ordre chronologique et l'ordre des localités, comme plus propres à l'histoire. 

(5) Ephéinérides de 1765, p. 166. Cf. V Inventaire. C. 355.— Le dossier 355 ne parle pas de l'exploitation de 1724; par contre, Desma- 
rest ne signale pas celles qui eurent lieu entre 1730-1763. 

(6) Cette autorisation de 1728 nous semble infirmer quelque peu cette assertion du Dictionnaire des i?istiiutions de Chéruel, qu'un 
arrêt du Conseil, de janv. 1744, avait défendu à tous propriétaires d'exploiter les mines sans autorisation royale. Cet arrêt ne faisait 
évidemment que renouveler un arrêt antérieur. 



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L'ADMINISTRATION CXXI 

sans objet (l). Néanmoins elle fut renouvelée en 1730 pour une période de dix ans, à la demande de M. de Vas- 
san ; mais les travaux ne furent pas même entrepris (2). 

En 1763 seulement (3), l'exploitation des mines de Glanges paraît devoir entrer dans une meilleure voie : le 
marquis de Mirabeau, gendre de M. deVassan, s'enquiert des profits possibles, provoque l'examen des hommes 
compétents et, soutenu par Turgot, formule une quatrième demande de concession, pour quatre-vingts ans, 
qui lui fut accordée par arrêt du Conseil le 25 mars 1765. Une nouvelle compagnie se forme presque aussitôt, 
oii entrèrent, avec le mar«juis de Mirabeau, le duc de Nivernais, le duc de Brancas et autres seigneurs. Les bases 
nous en sont connues grâce au registre de la Société d'agriculure, qui s'intéressait fort à Tentreprise : 

« Le secrétaire a lu un mémoire de M. le marquis de Mirabeau sur le dessein où est ce seigneur de former 
une compagnie d'actionnaires pour l'exploitation de la mine de plomb de Glanges. Ce projet est fondé sur 
les principes de la probité et de la bonne foy reconnues de cet excellent citoyen. Il propose cent actions de 
mille écus chacune. Il en prendra dix pour son compte. Deux seront offertes gratis à M. Duhamel et deux 
autres au sieur Morin (4). Il lui sera tenu compte de toutes les avances et dépenses qu'il afaittes jusqu^présent 
pour cette exploitation, dont sera fait inventaire, et Tintérest lui en sera payé à raison du denier vingt. Un 
particulier ne pourra prendre au-dessus de cinq actions. La première mise de ces actions ne sera que de 120 11. 
S'il faut d'autres sommes, on fera des appels trois mois d'avance, mais seulement après qu'il aura été rendu 
compte de l'emploi du premier fonds de 120 11. par devant les syndics que nommeront les actionnaires, et 
ainsy des autres mises. Les actions se prendront chez M. Du Moulin, notaire à Paris. — M. de la Bor- 
derie a observé qu'il eût été à souhaitter que le montant des avances de M. de Mirabeau -eût été fixé précisé- 
ment, l'ignorance de ce montant ne pouvant que dégoûter de prendre des actions, parce qu'on ne sauroit pré- 
cisément à quoy Ton s'engageroit, et parce qu'étant libre par un des articles du projet à chaque actionnaire 
de cesser de nourrir {sic) son action et de se retirer quand bon lui semblera, si l'exploitation de la mine venoit 
à mal tourner, un petit nombre resteroit chargé de la créance de M. de Mirabeau, et qu'ainsy il vaudroit mieux 
lui rembourser dès à présent son fonds en total que de lui payer des intérêts. M. l'Intendant a observé de son 
côté qu'il était plus utile d'employer à l'exploittation l'argent qu'on pourrait donner pour ce remboursement 
et a promis au reste de donner avis de ces difficultés à M. de Mirabeau qui l'a prié de lui faire trouver des 
actionnaires > (5). 

Les travaux marchèrent tout d'abord assez bien (6). Néanmoins, cette fois encore, les résultats ne devaient 
pas répondre aux espérances, en raison, semble.-t-il, de l'imperfection des procédés d'extraction. Dès 1772, les 
choses allaient mal, à tel point que la Compagnie concessionnaire crut devoir envoyer de Paris, pour visiter 
l'entreprise, un « élève des mines d, le sieur Monnet, qui devint plus tard un minéralogiste distingué. En 
1779 on exécuta divers sondages qui ne parurent pas satisfaisants (7). En 1783 un nouvel examen des travaux 

(1) Pour rhlstoire de cette seconde concession, voy. tout particulièrement, outre VInventaire C. 355, la liasse de la Société archéo- 
logique du Limousin, signalée ci-dessus, p. VIII. 
(t) Inventaire, C. 355. 

(3) c M. Deléplne a fait lecture 5* d'un mémoire historique sur les essais faits pour mettre eu valeur les mines de plomb des 

paroisses de Gianges et Saint-Hilaire-Bonnevai, élection de Limoges, dont M. le marquis de Mirabeau sollicite actuellement la conces- 
sion » {Délibér. de la Soc. d: agriculture^ 19 fév. 1763.) 

(4) Duhamel, membre de TAcadémie des sciences, souvent nommé dans le registre de la Société. — Joseph Morin, fondeur à la 
Monnaie de Limoges. Cf. ci-dessous, p. GXXVII, note. 

(5) DêUbér. de la Soc. d'agriculture, 15 février 1766. 

<ê) « Le secrétaire a fait part à la compagnie que la mine de plomb de Glanges coutinuoit à s'exploitter ; que les entrepreneui*s 

doivent faire une fonte de la mine qu'on a déjà tirée, et que (quoyqu'on eût ouvert des puits à plus de 260 pieds de profondeur) les mi- 
neors ne trouvèrent pas une goutte d'eau. Cette singularité a porté M. Des Marais à promettre qu'il iroit visiter cette mine. {Délibé- 
raiUm de la Soc. d'agriculture, » déc. 1766). — Cf. dans le Journal de l'Agriculture, node mars 1771, un long c Mémoire sur la mine de 
plomb ouverte dans la paroisse de Glanges en Limousin, rédigé sur les lieux mêmes par un des actionnaires. » 

(7) t La conférence s'est tournée sur les qualités métalliques de la pluspart des terrains du Limousin, qui le rendent infertile et aux- 
quels le mélange des terres seul peut remédier. On a parlé ensuite de la mine de plomb de Glanges. M. Morin a rapporté qu'il avoit fait 
creuser une des ouvertures de cette mine jusqu'à la profondeur de 460 pies sans trouver une goutte d'eau, et qu'au-delà de 300 pies l'on 
ne trouvoil plus de mine ; que l'on avoit fait depuis peu une fonte qui n'avoit produit que 60 milliers de plomb. » {Délibération de 
la Soc, d'agriculture, 3 fév. 1770). 

Hauti-Viennb. — Série C. Introd. XVI 



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CXXII LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

eut lieu par les soins du sieur Odelin, inspecteur des mines de la Généralité. Rien n'y fit, et la concession obte- 
tenue pour quatre-vingts ans prit fin, en fait, après moins de vingt ans (1). 

Elle fut encore une fois relevée en 1787 par la baronne d'Andrée associée avec le sienr Giraudau. Ils se bor- 
nèrent à conclure un bail de vingt ans autorisé par arrêt du Conseil de janvier 1788. Ce nouvel effort ne de- 
vait pas être plus beureux que les précédents : les événements politiques qui survinrent arrêtèrent l'exploita- 
tion des mines de Glanges, avant même qu'elle fût en pleine vigueur. 

L'bistorique de ces mines de Glanges nous a conduit insensiblement de la première moitié du XVIIP siècle à 
la seconde. Au moment oii nous nous sommes arrêté, il y a en Limousin, particulièrement sur le versant qui 
regarde la Garonne, bien d'autres centres d'exploitations qui ont pris naissance pour la plupart sous Tinten- 
dance de Turgot. C'est lui en effet qui donna à cette branche de l'industrie provinciale la vigueur qu'elle n'a- 
vait point encore, en instituant sur l'état des entreprises commencées une enquête dont les résultats furent 
publiés dans les Ephéméridesde la Généralité de Limoges en 1765 (2). . 

Justement en 1765, vers l'époque où il n'était bruit en France que de la richesse des mines du Creusot, on 
reconnut les gisements de cliarbon de Bosmoreau près du Palais-Notre-Dame dans l'élection de Bourganeuf 
(3). C'est le vrai point de départ de la vaste exploitation connue aujourd'hui sous le nom d'Ahun, parce- 
qu'elle a son principal centre dans cette commune (arr. de Guéret), s'étendant même jusqu'à Saint-Sulpice- 
des-Champs (arr. d'Aubusson).Durestc,le gisement d'Ahun avait été constaté au XVIP siècle, mais paraissait 
sans importance (4). L'intendant de Limoges 3'intéressa à celui de Bosmoreau, la Société d'agriculture égale- 
ment, et il se trouva des audacieux pour risquer dans cette entreprise les petits capitaux dont ils dispo- 
saient (5). Ce fut d'ailleurs tout gain pour eux. 

A cette date de 1765 on exploitait déjà, nous ne savons au juste depuis quand, une autre mine de charbon à 
Lapleau près Meymac dans l'élection de Tulle (6). c< C'est la seule dont on fasse une extraction abondante de 



(1) Pour tout ce qui n'est pas emprunté au registre de la Société d'agriculture, voy. VInventaire, C. 355. 

(2) Cf. dans les Œuvres de Turgot, édit. Dupont de Nemours, I[, 130 à 165, un Mémoire Oaridique) sur les mines et caifières. Une 
note nous informe que ce Mémoire, non daté, « fut rédigé par^Fauteur comme intendant de Limoges, et pour éclairer l'avis que lui 
demandait le Conseil d'État sur la concession à faire d'une mine de plomb découverte dans la paroisse de Glanges. » Cette indication 
nous permet de flxer la rédaction de ce Mémoire à 1764 environ. (Voy. ci-dessus p. CXXI.) 

(3) Voy. Note historique sur les mines de Bosmoreau, par M. P. Poyet, dans les Mém. de la Soc. des sciences de Guéret^ Uî, 395. 
Cf. Ibid, IV, 263 et ss., diverses concessions de 1779, 178i et 1786. 

(4) « Il y a du costé de St-Martial-le-Mont, Chauteau et autres lieux voisins aune lieue d'Ahun des mines de charbon de terre noire, 
duquel se servent tous les fabres et mareschaux du pays et du voisinage, huit ou dix lieues à la ronde, qui est une commodité pour 
espargner le bois. » (Relation du milieu du XVU^ siècle dans V Histoire de la Marche, rédigée entre 1650-58 par Pierre Robert), ms. 
que nous avons signalé dans les Mém. delà Soc. des sciences de Guèi-et (1891), — Cet extrait justifle ce que dit le Bésumé des travaux 
statistiques de l'administration des mines en 1838, de l'exploitation du gisement d'Ahun dès le commencement du XVIlo siècle. C'est 
donc à tort que M. Poyet exprime un doute à ce sujet {Mémoires de la Soc, lïï, p. 514;. — Ahun et St-Sulpice-les-Champs appartenant 
alors à la Généralité de Moulins, nous ne pouvons nous y arrêter plus longuement. 

5) « M. de Beaulieu a instruit le Bureau.... 2» que le sieur de Cosnac sollicitoit aussy le privilège de l'exploitation d'une mine de 
charbon déterre dans la paroisse de Basmoreau {sic) priîs Bourganeuf. )){Di'libér. de la Soc. d' agriculture, 6 [év. 1782).— « M.Delépine a 

fait lecture 4* du mémoire du sieur Morin, fondeur à Limoges, qui eu a découvert une autre [mine de charbon] à Bas-Moreau, 

paroisse deMalthe, à une lieue de Bourganeuf. Celte mine s'étend à plus d'une lieue à la ronde. On ne demande que 4 ou 5,00011. pour 
la mettre en exploitation. Le débit en seroit très aisé à Limoges où un seul particulier offre d'en prendre 50 miniers toutes les années. 
Ce seroit une grande épargne de bois qui devient rare tous les jours. » [Ibid., 11 mai 1765). — « Sur l'objet de la mine de charbon 
[de Bosmoreau], le Bureau donne avis que la dame Midy, veuve du receveur des tailles de Bourganeuf, avoit mis en valeur les mines 
de charbon trouvées à Bosmoreau, paroisse voisine de cette ville, et qu'elle en faisoit déjà un débit très considérable. » (/^id., 4 juil- 
let 1767). 

(6) « Le secrétaire a présenté quelques morceaux de charbon de terre provenant des montagnes de Laplau, paroisse de Davignac, 
élection de Tulle, îi 3/4 de lieue de Meymac, et dont est possesseur le sieur de Coutensas, notaire, qui demeure sur les lieux. Ce 
eharbon, suivant les épreuves qui en ont été faites, est plein de souffre et fort inférieur à celui dont le Bureau de Brive a tait la décou- 
verte. Au reste, ce charbon n'est de nul rapport pour le propriétaire; et les serruriers, taillandiers, maréchaux du canton, Tenvoyent 



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L'ADMINISTRATION CXXIII 

toute cette province » de Limousin, dit Morand dans son Art du charbonnier paru en 1768. Cependant en 1765 
on en avait découvert une autre près Brive, qui s'étendaut sur les paroisses de Varetz, St-Pantaléon et 
Mausac, paraissait promettre beaucoup (1). 

A Nazareth près Brive c'était le marbre qu'on recherchait. « M. de Puyraarets fit travailler, il y a long- 
temps, des blocs de la croutte de quelques-unes de ces |carriôres, » affirme M. Malpeyre du Saillant dans un 
Mémoire de 1766 que nous aurons souvent lieu de citer (2). Et il ajoute : « Le marbre qu'on en tira souflFroit 
un très beau poly et ses couleurs étoient assez variées. On l'auroit trouvé vraisemblablement d'une qualité 
supérieure si on eut poussé l'ouverture plus loin ». 

Du marbre, il s'en trouvait aussi quelques filons aux environs de La Roche-F Abeille et de Sussac (3). Mais 
nous ne voyons point qu'on en ait jamais sérieusement tiré parti. 

C'est également sous Turgot que furent découvertes les carrières de kaolin de Saint-Yrieix, qui devaient 
faire la fortune industrielle de Limoges au xix° siècle (4). Cette découverte, que Ton considère ordinairement 
comme purement accidentelle, prend un tout autre caractère si on la rapproche de toutes celles que nous 
avons rappelées. Evidemment, l'esprit public était à cette époque tourné vers la recherche et l'exploitation 
des richesses naturelles négligées jusque-là. Et comme il arrive souvent en pareil cas, si l'on ne trouva ui 
Tor ni l'argent que d'aucuns cherchaient, on rencontra par compensation ce qu'on ne cherchait pas et ce 
qui valait certes mieux : la matière première d'une industrie lucrative. 

A notre avis, le zèle qui se manifeste sous Turgot pour les travaux de sous-sol, ne produisit pas tout ce 
qu'on en pouvait espérer. La raison en est que la jurisprudence en matière de mines était fort restrictive et 
paralysait les bonnes volontés. Aussi Turgot avait-il demandé qu'on la réformât, et proposé un nouvel édit 
en ce sens (5). Nous ne savons au juste s'il obtint satisfaction sur tous les points. Mais il est incontestable 
que sous son successeur, M. d'Aine, les travaux miniers présentent chez nous un nouvel élan et parla forma- 
tion de compagnies financières un nouveau caractère. 



chercher à pleines charretées par leurs domestiques, n a observé ;\ ce sujet que soit par le cliarhou de tenvdont les miues sont répan- 
dues sur toute la partie orientale de la ville de Limoges, soit par la tourbe dont on trouve une grande quantité aux environs de cette 
ville, la Providence semble avoir pourvu d'avance à la disette de bois dont cette ville est menacée, disette qui semble s'annoncer par 
le prix excessif auquel a monté cette denrée. » {Oélib^r, de la Soc. d'agricullure, 19 avril 1766.) 

(1) « M. Delépine a fait lecture.... 3« de la lettre de M\ de Massac, associé de Brive, qui annonce la découverte d'une mine de char- 
bon aux environs de Brive, dont il a dressé procôs-verb^l qui sera envoyé dans la suite. » (Délibpr. de la Soc. d'agriculture, 11 mai 
1765.) — « Sur Tarticle du charbon de terre, le Bureau de BrîVd n'a pu mieux faire que de promettre 15 11. de récompense à celui qui 
découvriroit la mine de ce charbon; l'intention de M. l'Iutendant étant de ne contraindre ny de gêner personne sur ses découvertes. » 
{lùid,, 1 mars 1766). — « On vient de découvrir près de Brive, dans les paroisses de Varets, St-Pantaléon et Mansac, une raine de 
charbon de terre dont la qualité paroi t être parfaite. Le filon qui se découvre en plusieurs endroits, dans l'espace de plus d*une 
grande deml-lieue, fait bien augurer de sa richesse. » {Mémoire de M. Malpeyre du Saillant.) 

(2 et 3) « On trouve à Nazareth à une lieue de Brive plusieurs carrières de marbre. M. de Puymarets fit travailler, il y a longtems, 

des blocs de la croutte de quelques-unes de ces carrières. Le marbre qu'on en tira souffroit un tr^s beau poly et ses couleurs étaient 

assez variées. On Tauroit trouvé vraisemblablement d'une qualité supérieure si on eut poussé l'ouverture plus loin » (Mémoire de 

M. Malpeyre du Saillant, 1766. Inventaire, C. 308). — « M. De l'Epine a lu unautre mémoire sur les marbres du Limousin. Il a observé 

que, sans parler de la serpentine qui vient de la Roche-l'Abeille et dont on voit beaucoup d'anciens monuments à Limoges et aux 

I environs, sans parler du marbre de Saint-Ceré (?) près de Brive, il s'en est trouvé une nouvelle espèce au bourg de Sussac, à sept 

: lieues de Limoges, dont tout l'usage n'est que de faire d'assés mauvaise chaux. Il a présenté des morceaux de ce marbre et a promis 

d'écrire au propriétaire de cette carrière pour l'avertir du thrésor qu'il possède sans le savoir et l'exborter à faire faire quelques essais en 

'. ce genre. » (Délibér, de la Soc. d* Agriculture, 11 déc. 1762). 

(4) t Le Secrétaire a lu l'extrait d'une lettre de M. de Nouit à l'occasion d'une argille blanche que M. l'intendant a soupçonné être le 
Ka-oudin, qui entre dans la composition de la porcelaine de la Chine. Cette argille qui ne fait pas effervescence avec les acides, ré- 

■( paudue dans un terrain sablonneux, lui a fait produire de très beau froment. MM. do Hoehebrune, de la Borderie et Delépine ont dit 

qu'Us en connaissoient de semblables dans plusieurs paroisses des environs. » {Délibèr. de la Soc. d'Agriculture, 5 avril 1766). 

(5) Inventaire, C. 351. 



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CXXIV LA GÉNÉRALITÉ DB LIMOGES 

Ainsi en 1776, M. de Saint-Victour, qui exploitait depuis peu de temps une mine de charbon découverte 
près d'ArgentatiJobtient une concession pour les mines de plomb qu'il a constatées près de Mercœur, et 
s'adjoint, en 1777, le baron Roquet des Tresses, officier aux gardes françaises. Le résultat fut certainement 
productif, car le baron des Tresses passa bientôt la main à son frère, le chevalier des Tresses, qui fit étendre 
la concession au territoire des paroisses d'Antillac et de la Reygade. Cette concession renouvelée d'année en 
année le fut encore en 1785 (1). 

A Touest de Mercœur, à Cublac, sur les confins de la Généralité, il existait une autre mine de charbon dont 
les sieurs Bosredon et C**^ devinrent concessionnaires en 1779, comme ils Tétaient déjà des mines de plomb 
d'Ayen et des mines de cuivre dTssandon situées au voisinage. Par suite de l'inhabileté des concessionnai- 
res ou de l'insuffisance de leurs moyens d'opération, Bosredon et C'® abandonnèrent leur entreprise ou, pour 
mieux dire, la cédèrent en 1781 (2) à M. du Terme, associé avec Tabbé de Lubersac, vicaire général de 
Narbonne, prieur de Brive et abbé commendataire de Noirlac. 

11 y eut certainement une heure d'illusion dans l'esprit des populations du Bas-Limousin (3). En 1782, on 
voit se former une grande compagnie financière qui prétend englober dans ses opérations toutes les mines 
de la région, découvertes et à découvrir, dans un rayon déterminée (4). Elle sollicita une concession trente- 
naire qu'on lui accorda à la condition toutefois qu'elle reprendrait le projet deux fois séculaire de rendre la 
Vézère navigable. 

Sous la raison sociale Fournier et C"'° se cacha vraisemblablement plus d'un nom illustre, que les aïeux 
eussent peut-être été surpris de trouver en pareille affaire. Signe des temps. Un édit du roi avait déclaré en 
1701 que les nobles ne dérogeaient pas à faire le commerce en gros. En 1782 on estimait, sans édit du roi, 
qu'on ne dérogeait pas davantage à payer les frais d'une exploitation industrielle qui promettait de redorer 
maint blason terni. Sans faire état des scrupules de caste, il faut applaudir à ce mode d'emploi des capitaux 
disponibles, qui autrement se fussent peut-être gaspillés en de sottes prodigalités. Cet abbé de Lubersac que 
nous avons rencontré tout à l'heure, n'avait guère d'ecclésiastique que le nom. C'était un homme de la fin du 
XVIII* siècle dans toute l'étendue du terme, philosophe et philanthrope (5), qui sentait rapproche de terres 
nouvelles et y poussait de tout son pouvoir, prêt à abandonner le vieux bateau qu'il montait encore. A Versailles 
il fût devenu abbé de cour, galant et désœuvré. A Brive il se fit le fauteur de toute grande entreprise, le con- 
seiller de tous les projets. N'était-ce point tout gain pour la société? 

Aussi solidement assise que parut la nouvelle compagnie, elle ne réussit guère. Dès 1783 il se produisit 
une réclamation de la part des sieurs Lidon et C'*. D'autre part les engagements pris ne furent pas tenus, à 
telles enseignes qu'en mars 1785 la concession fut révoquée et la liquidation de l'entreprise commença. La 
mine d'Yssandon fut cédée à un sieur Rabiès, avocat : les autres ne semblent pas avoir trouvé preneur (6). 

(i) Inventaire, C. 354. 

(2) Inventaire, C. 353. 

(3) Les mines de charbou de Bosmoreau et du Bas-Limousin sont nommées dans les Anciens minéralogistes de France (1767 et 1780) 
et dans VHist, naturelle des minéraux de Buffou (1783). — « Le Secrétaire a fait lecture des anecdotes sur les mines de cuivre du Bas- 
Limousin, lues cy-devant au Bureau de Biive par M. de Massac » (Dèlibér, de la Soc, d'agriculture, 20 dôc. 1766). 

(4) Inventaire, G. 353. —« M. de Beaulieu a instruit le Bureau qu'une compagnie, sous le nom de Dnterme (sic), sollicitoit Texploi- 
tation d'une mine de cuivre trouvée à Issandou, et qu'en faveur de cette concession, cette compagnie offroit de rendre 
la Vézère navigable, depuis Brive jusqu'à Saint-Léon, sur une étendue de huit à neuf lieues, ce qui seroit très avan- 
tageux au commerce de la ville de Brive ». (Délibér. de la Soc. d'agriculture, 6 fév. 1782). — t Le Secrétaire a présenté à 
l'assemblée deux morceaux de mine de la paroisse d'Issandon près de Brive, qu'il s'est procurés, l'un de plomb, l'autre de cuivre, et 
les essais qui ont été faits de ces deux mines par MM. Morin et Clostermann, qui ont rapporté assés unanimement, qu'elles étoient 
mélangées de beaucoup d'arsenic et qu'elles pouvoient rendre environ un tiers de leur poids. » {Ibid,, 6 mars 1782^. 

(5) Voy. dans le Bull, de la Soc. hist. de Brive (1888), p. 371) la Description que nous nous avons rééditée avec le secours de M. René 
Page, des fêtes données par la ville de Brive en i78i à l'occasion delà naissance du Dauphin, L'abbé de Lubersac y joue le principal 
rôle. Il publia en 1787 des Vues politiques et patriotiques sur l'administration des finances, 

(6) Inventaire, C. 353. 



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L'ADMINISTRATION CXXV 

A la môme époque et jusqu'à la Révolution d'autres coaceesious eurent lieu en Bas-Linaousia. Les mines de 
charbon de Lapleau furent adjugées en 1782 k Messire Gabriel de Fénis, écuyer, sgr de Saint-Victour, proprié- 
taire de la manufacture d^armes de Tulle ; les mines d'antimoine de Glandon le furent en 178i à Messire 
Charles de la Morélie -, les mines de fer de Nespouls paraissent l'avoir été vers 1789 à M. Ardant de la Grènerie. 
En 1784 rinspecteur des mines de la Généralité, M. Odelin, avait dressé procês-verbal de Tétat d'une petite 
mine de charbon exploitée depuis deux ans à la Sauverie, près Voutezac, par M. Ferment de Sauviac (1). 

Ainsi ce sont uniquement et toujours des membres de la noblesse provinciale qui engagent leurs capitaux 
dans ce nouveau genre d'entreprise, tantôt directement, tantôt sous forme d'obligations. Il est manifeste que 
les économistes ont réussi à faire comprendre à leurs contemporains la valeur morale du travail. 

L*»rdeur que portait la noblesse du Bas-Limousin dans la recherche et Texploitation des richesses naturelles 
du sol attira de bonne heure l'attention du gouvernement et bientôt ses encouragements. Dès 1740 il avait 
établi un contrôleur des mines et minières en Limousin (ti). En 1760 il crée des inspecteurs des mines pour 
chaque Généralité du royaume et envoyé bientôt à Limoges le sieur Odelin (3). En 1766 il confia à Macquer, 
membre de l'Académie des sciences, le soin de vérifier les gisements de kaolin qu'on venait de signaler du 
côté de Saint-Yrieix (4). En 1782, peu après l'institution d'un intendant des mines du royaume, le gouverne- 
ment donna commission au chevalier Grignon pour procéder à l'exploration des centres miniers du Bas- 
'^Limousin, a afin de statuer si l'exploitation pouvait concourir à former une école de minéralogie » (5). 
Comme il était grandement question, à ce même moment, de la fondation de l'Ecole des mines de Paris (qui eut 
lieu en mars 1783), il est fort vraisemblable que l'on songeait simplement à utiliser comme champ d'applica- 
tion un bassin minier dont on s'exagérait beaucoup l'importance. L'école du Bas-Limousin eût été à celle de 
Paris ce que la manufacture royale de porcelaines de Limoges fut à celle de Sèvres, à partir de 1784 : une 
annexe. Mais on rabattit bientôt de ces projets, et l'on se borna à charger l'ingénieur Cornuau de dresser, vraisem- 
blablement au profit de l'Ecole de Paris, la carte géographique et minéralogique de la Grénéralité. L'œuvre fut 
rapidement menée à bonne fin, car la carte parut en 1783 (6). 

Cornuau avait également reçu mission de rassembler en double exemplaire, l'un pour TEcole de Paris, 
l'autre pour l'Intendance de Limoges, des échantillons de toutes les mines de la Généralité, 1784. Mais les 
développements qu'il prétendit donner à ce projet furent repoussées par M. de la Boullaye, intendant des 
mines du royaume. Nous ne savons ce qu'il advint du reste. 

Les relations entre l'intendance de Limoges et l'école de Paris n'en continuèrent pas moins. En 1784, le con- 
trôleur général avait envoyé à Limoges un exemplaire de la Description méthodique du Cabitiet des mines^ par 



(1) Inventaire, G, 351 et 354. 

(2) Un sieur Jean-Jacques Joliberl est mentionné avec ce titre entre les années 1740-1745 dans Vincent, des arch. d^p. de la Corrèze^ 
B. 693, 696, 696. 

(3) Cependant Odelin n'est mentionné pour la première fois qu'en 1783. {Inventaire, C. 355). H avait certainement eu un prédé- 
cesseur. 

(4) La correspondance entre Turgot et Macquer, qui eut lieu à cette occasion, existe encore, comme nous l'avons dit précédemment 
(p. YIII, note 1). 

(5) « Vous scavez, Monsieur, qu'il a été découvert dans différentes paroisses du Bas-Limousin, nollament dans celle d'Yssandon, des 
mines de cuivre, de plomb et d'antimoine, qui n'ont pas encore été exploitées. Par le compte que je me suis lait rendre du local, 
il m'a paru qu'il était très propre à l'établissement d'une école des mines où les élèves pouroient acquérir des conuoissances dans 
tous les genres d'extraction et d'exploitation. Mais avant de prendre à cet égard un party définitif, j'ay cru devoir faire rendre un 
arrêt du Conseil pour charger le sieur Grignon, chevalier de l'ordre du roy, qui vous remettra ma lettre, de se transporter sur les 
lieux, à l'effet d'examiner l'état et la qualité des dites mines et d'en rendre compte au Conseil... » (Lettre de M. Ory, contrôleur 
général, à M. d'Aine, intendant de Limoges, 8 juin 1782, dans le fonds de rintendance, C. 352). 

(6) Inventaire, C, 352. Cf. çi-dessus, p. XXXL 



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CXXVI LA GÉNÉRALITÉ DE UMOGER 

M. Sagfe. A l'occasion de cet envoi, Tintendant adressa des remerciements au contrôleur général, ajoutant 
€ qu'il sera fort aise de trouver les occasions d'enrichir ce cabinet des productions minérales de la Généralité 
de Limoges ». 

Il ne nous paraît point exagéré de dire qu'au moment de la Révolution, le Limousin (1) était en passe de pren- 
dre rang parmi les régions industrielles de la France méridionale. Ce mouvement ascendant fut arrêté pen- 
dant quelques années par les événements politiques, et il a paru à quelques écrivains qu'il n'était point 
sans justice de dire que la Révolution avait empêché la prospérité naissante de notre province. C'est là 
une erreur de jugement : en détruisant violemment les obstacles juridiques que n'avait pu surmonter le 
patient génie de Turgot, qu'aucune force humaine n'eut peut-être jamais surmontés par les voies de droit, et 
qui eussent fatalement amené dans l'activité économique de notre province le refroidissement de vie que 
nous avons constaté de si bonne heure au sein de la Société d'agriculture, la Révolution a donné au Limousin 
la condition du progrès indéfini : ce régime de liberté dans le travail, d'ordre dans les finances et de sécurité 
par la loi, sous lequel il a repris depuis 1830 un si fécond développement. 



Nous avons indiqué précédemment (p.CXîIl) les principales forges de la partie limousine et marchoise de 
notre Généralité. Au dire de M. de Verneilh, qui a étudié leur histoire, beaucoup remontaient à la fin du 
XV^ siècle, les autres au XVP. Cette assertion cadre bien d'ailleurs avec ce que nous savons d'autre part do 
mouvement social qui se produisit alors (2). Est-il exact que ces forges aient donné lieu à « des agglomérations 
d'ouvriers, à des établissements relativement considérables », en sorte qu'elles constituent dès le XVP siè- 
cle comme un précédent de la a grande industrie »? En l'absence de preuves directes nous n'osons partager 
l'opinion de M. de Verneilh, au moins en ce qui touche les forges du Limousin. 

En tout cas celle de la Grénerîe près Uzerche fut, en l'année 1746, autorisée par lettres patentes de Louis XV. 
M. d'Harcourt, comte de Beuvron, avait hérité de ce domaine de la Grénerie par son mariage avec M"® de 
Saint-Aulaire et en avait fait reconstruire l'usine qui y était jointe depuis la fin du XVP siècle. Le préambule 
de ces lettres patentes, reproduit par M. de Verneilh, mérite de trouver place ici : t. . . Notre cher et bien aimé 
le sieur de Harcourt, comte de Beuvron, nous ayant exposé qu'il estoit propriétaire des terres appelées l'une 
de la Grénerie et Tautre de Meillard, situées dans le Limosin, à trois grandes lieues de la ville d'Uzerche ; 
que le revenu de ces terres consistoit pour la plus grande partie en bois qu'il ne pouvoit vendre, parce qu'il n'y 
avoit sur les lieux ny ruisseau, ny rivière navigable par oîi il put les faire voiturer, et que d'ailleurs tout le 
pais en estoit rempli et les villes suflisamment fournies ; qu'il y avoit dans les dites terres de grands étangs 
et, dans le voisinage d'ycelles, des mines de fer de bonne nature qui n'avoient jusqu'alors servy à aucun usage, 
mais dont il avoit fait l'épreuve ; que comme il ne pouvoit trouver à vendre les bois de ces mêmes terres, 
estant à vil prix dans le pais, il avoit fait construire, sur celle des dites terres dite de la Grénerie, une forge à 
fer et un fourneau pour les consommer, et qu'indépendamment de l'utilité qu'il tireroit de cet établissement, si 
nous voulions bien l'autoriser, il estoit constant qu'il procureroit un avantage considérable aux habitants des 
lieux. Pourquoi il nous auroit requis qu'il nous plut confirmer, en tant que besoin estoit ou seroit, l'établisse- 
nient par luy ci-devant fait d'une forge à fer et d'un fourneau sur la chaussée de l'étang appelé le grand 
étang de la Grénerie ou l'étang rompu, à luy appartenant, aux offres qu'il faisoit d'indemniser les proprié- 
taires des terres sur lesquelles il tireroit de la mine ». 



(1) Et plus particulièrement le Bas-Limousin avec ses manufactures royales d'armes à Tulle et de toiles à Brive, avec son haras 
de Pompadour et ses si nombreuses exploitations de mine. — Nous n'avons pas à nous occuper ici de celte partie de notre province 
qu'on appelle la Haute-Marche limousine, puisqu'elle ressortissait à la Généralité de Moulins. Il sufiûra de rappeler que par sa i manu- 
facture royale » de tapisseries à Aubussou, elle ne resta pas tout-à-fait en dehors du mouvement que nous avons étudié. 

(î) Nous l'avons indiqué dans notre Géographie et Histoire du Limousin, p. 121 et ss. 



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UADMINISTRA.T10N CXXVII 

Le projet si impopulaire que Timprobe Terray conçut, vers 1771, d^augfmenter les anciens droits sur la 
marque des fers, donna lieu à une enquête conduite par Turgot sur l'état des forges dans la Généralité de 
Limoges, et motiva la longue lettre où cet intendant combat courageusement le projet du ministre (1). Cette 
enquête, nous ne l'avons pas retrouvée , mais nous en connaissons une autre de 1788 qui est malheureusement, 
incomplète. Les états qu'elle conserve ne s'appliquent qu'aux subdélégations de Saint-Yrieix et de Lubersac 
et mentionnent neuf hauts-fourneaux dans la première, dix-neuf dans la seconde de ces deux circons- 
criptions (2). C'est donc une nouvelle région de forges, celle de l'Isle et de ses premiers affluents, qu'il convient 
d'ajouter aux régions de la Bandiat et de la Gartempe mentionnées précédemment. 

Quelque importante qu'ait été la manufacture d'armes de Tulle, nous ne nous étendrons pas sur son histoire 
connue maintenant de tout le monde (3). L'intendant De Bernage, dans son Mémoire de 4698, nous apprend 
que < le sieur de La Combe de Fenis, procureur du roy, a établi anciennement à Tulle une manufacture d'ar- 
mes où il a fait travailler un grand nombre d'ouvriers à des fusils boucanniers et autres qu'il fournit pour la 
marine » (4). Cet établissement n'était pas si ancien que semblait le dire l'intendant : il remontait à 1690 envi- 
ron. La Combe de Fénis était un homme entreprenant qui, pour soutenir sa manufacture et trouver des 
débouchés à ses produits, sollicitait sans cesse soit à Paris, soit dans les ports du Ponant, comme on disait 
alors. Ses fonctions de procureur au Présidial en souffraient bien un peu : mais ses supérieurs fermaient les 
yeux, ce magistrat étant au demeurant un homme « à l'esprit vif et peut-être un peu trop, mais le cœur bon, 
adroit, affectionné au service du roy et zélé pour l'exécution de ses ordres > (5). 

Il n'avait projeté rien moins que de faire concurrence à Saint-Etienne en utilisant exclusivement les fers du 
Périgord à l'aide d'habiles ouvriers qu'il avait fait venir de Saint-Etienne et de Liège, à l'aide aussi de procé- 
dés arbitraires et malhonnêtes, qui ne justifient pas l'éloge que fait de lui M. de Bernage. Quoiqu'il en soit, la 
manufacture prospéra même après le décès de son fondateur. Elle* obtint en décembre 1777 le titre de cr manu- 
facture royale > (6), qu'elle s'était indûment arrogé dès le commencement du siècle, et fut affectée au service de 
la marine et des colonies « à cause, est-il dit, du voisinage du port de Rochefort » ! Elle reçut l'année suivante 
un règlement destinée contrôler la fabrication et fut placée sous la surveillance d'un officier-inspecteur, mais 
se trouva gérée en fait par une compagnie où figuraient MM. de Saint- Victour, Pierre Rousseau et Charles Gau- 
dissart. Elle livrait alors de 2,000 à 3,000 armes par an. Mais le succès ne dura pas et la première compagnie 
dut dès 1783 faire place aune autre. Celle-ci releva les affaires de l'établissement et parvint à fabriquer jusqu'à 
5,000 armes par an. Elle périclita à son tour sous la Révolution et ne se releva qu'à partir de 1805. 

Tout au voisinage de Limoges, un sieur Joseph Morin, fondeur à l'hôtel de la Monnaie (7), avait établi avec 
ses seules ressources, vers 1763, une manufacture de cuivre jaune sur le modèle de celles qui existaient déjà 
dans le Limbourg et le Namurois. 11 y pratiquait «l'art de convertir le cuivre rouge en laiton en le fondant 
avec la calamine qui est une mine de zinc dans un état d'ocre » (8). C'est, paraît-il, la première manufacture de 



(i) Publiée daos les Œuvres camplètes de Turgot, I, 379. M. d'Hugues (ouv. cité, p. 177) en a reproduit la partie esseotielle. 

(2) Inventaire, C. 427-429. 

(3) Voy. La Manufacture d'armes de Tulle, par M. Lauguepin, capitaiue d'artillerie, dans le Bull, de la Soc. des lettres de Tulle, 
1887 et 1888. Cf. une pièce de notre Inventaire^ C. 354, que Fauteur n'a pas connue. 

(4) Mémoire sur la Généralité, p. 229 de notre édition. 

(5) Mémoire sur la Généralité, p. 206 de notre édition. 

(6) a Lettres patentes pour l'érection de la manufacture d'armes à feu établie dans la ville de Tulle en manufacture royale pour le 
service de la marine et des colonies, pour le sieur de S'aint-Victour », publiées par M. Clément-Simon dans le Bull, de la Soc, des let- 
tres de TulU, I, 34., et antérieurement dans la Feuille hebdomadaire de Limoges, 1778, p. 34 et 37. 

(7) Celui-là même qui en 1741 fut chargé par l'intendant Tourny de fouiller les mines de cuivre d'Ayen et de Saint-Robert. (Ephé- 
mérides de 1765) — et qui en 1765 découvrit à Bosmoreau un nouveau gisement de charbon, d'après une délibération de la Société 
d'agriculture, citée ci-dessus, p. GXXIl, note 5. — La Feuille hebdomadaire de la Généralité de Limoges (1784, p. 132), lui consacra un 
article nécrologique. ^ 

^) Epbémérides de 1765. La date de 1763 est fournie par les Nouvelles éphémérides de 1837, p. 218. 



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CXXVIII Lk GÉNÉRALITÉ DE UMOGES 

ce genre établie non seulement en Limousin, mais en France (1). Cependant nous n'en aurions pas fait men- 
tion s'il n'avait été question de la placer sous la protection du gouvernement. Nous ignorons d'ailleurs si ce 
dessein trouva exécution. 



5. — Commerce. — Postes et Messageries. 

L'activité industrielle qui renaît partout en France après la guerre de Cent ans amena par surcroît Tactivité 
commerçante des localités oh se fabriquaient les produits destinés à la consommation publique* Dès la pre- 
mière moitié du XVP siècle, Limoges « a des rapports de banque et de commission très suivis avec Paris, 
Lyon, Toulouse, La Rochelle, Amiens, et ses négociants poussent leurs tournées jusqu'en Flandre » (2). Aussi 
c'est de bonne heure que le pouvoir royal se préoccupa des intérêts proprement commerciaux des provinces. 
L'institution des bourses consulaires, prodiguées par Charles IX aux bonnes villes de son royaume, en est 
une preuve. Celle de Limoges date de juillet 1564 (S) : c'est d'ailleurs la seule que nous puissions mentionner, 
car celle de Felletin dans la Haute-Marche, créée en 1567 (4), était dans le ressort de la Généralité de Hiom. 
Faut-il voir dans le petit nombre de bourses consulaires départies au Limousin une preuve de la faiblesse des 
transactions commerciales dans notre province en dehors de Limoges ? Peut-être. Et cependant les villes 
d'Aubusson, Bellac, Tulle, Brive eussent pu dès lors, semble-t-il, réclamer le bénéfice de cette institution, à 
aussi bon droit tout au moins que Thiers, Montferrand, Riom et Billom qui la reçurent de 1565 à 1569. Si nos 
villes limousines ne la demandèrent pas, c'est que sans doute elles n'en comprirent pas la valeur ou ne voulu- 
rent pas payer les frais de chancellerie. Tulle n^ se ravisa qu'en 1710 (5). 

On a quelques raisons de croire que le syndicat des marchands de Limoges (6) fut un corollaire du tribunal 
de commerce dont nous venons de parler, car une bourse consulaire n'était pas autre chose. Malheureusement, 
l'assertion n'est que conjecture, car le syndicat des marchands de Limoges ne se constate par documents 
authentiques que dans la seconde moitié du XVII* siècle. L'unique registre connu de ses délibérations va de 
1695 à 1744 et ne fournit aucun renseignement sur les origines de Tinstitution. En tout cas, elle existait 
encore en 1790 (1), 

Dans un intérêt de fiscalité, la royauté chercha au XVIP siècle à faire accepter son contrôle protecteur aux 
petites corporations marchandes des villes. On connaît un édit de mars 1694 qui créée un office d' « examina- 
teur et auditeur des comptes des marchands et artisans » d*Eymoutiers (8). On en découvrira sûrement 
d'autres. 

Les différents offices de courtiers de commerce étaient assez nombreux à Limoges au XVIII* siècle. Mais 



(1) J&ûi^i». L'auteur de rarticle est M. DesmaretSjiDspecteur des manufactures, doutnous avous parlé ci-dessus, p. CXVHI. Son témoi- 
gnage a une grande valeur. Nous n'avons pu malheureusement retrouver la date exacte de rétablissement de cette manufiic- 
ture. 

(21 M. L. Guibert, Les foires et marchés limousins aux XlII^et XIV siècles, dans VÀlmanach Hfnousin pour 1887. 

(3) Beg. consulaire, II, 270. Sa juridiction s'étendait sur tout le Limousin. Voy. VInvent. des arch. dép. de la Corrèze. B. 210 et 531 
pour les années 1707 et 1758. 

(4) L'acte d'institution a été publié par M. L. Duval dans les Chartes communales de la Creuse, p. 52. 

(5) Cf. dans VInvent. des arch. dép. de la Corrèze, E. 699 et 711, deux actes de 1751 et 1766 relatifs à cette bourse. 

(6) Il est question ibid., E. 699, de la c communauté des marchands de Tulle » eu 175i. 11 serait instructif de savoir si ce syndicat 
précéda la bourse. 

(7) Voy. M. Louis Guibert, Les stpidies du commerce à Limoges dans VAlmanach Limousin pour 1891. — Le Dictionnmre du com- 
merce de Savary des Bruslons (I, 1472) fixe à 1602 l'institution de la Bourse de Limoges. C'est une grosse erreur. Mais ne serait-c^ 
pas la date de l'établissement du syndicat des marchands ? 

(8) Invent, des arch. comm. d'Eymouti&rs, GG. 138, p. 175. Cf. l'édit de 1745 dans VInventaire qui suit, G. 14. 



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L'ADMINISTRATION CXXIX 

on est fort empêché de fixer la date d^nstitution de chacun d'eux (1). Les courtiers ou agents de change sem- 
blent les plus anciens et ont peut-être précédé Pédit de Charles IX qui régla Texerpice de leur profession (2). 
Les courtiers en liquides, institués par édit du roi en 1691, reçurent, Tannée suivante, de l'intendant de la 
Généralité un tarif [3) qui en réglant leurs droits sauvegardait aussi ceux du public. Quant aux autres variétés 
de courtage, elles ne paraissent pas remonter au-delà de Tédit royal de 1704 (4). 

Nous ne dirons qu'un mot des intendants du commerce institués en 1700 et supprimés en 1715. Lear exis- 
tence fut si courte, à une époque si malheureuse, qu'il est douteux qu'ils aient pu avoir quelque action sur les 
provinces et en particulier sur le Limousin. Ils formaient le Conseil du Commerce (5) qui, reconstittié' sur 
d'autres bases, en 1716, comprenait entre autres membres treize députés des provinces ou villes du royaume. 
Vérification faite, ces députés représentaient tous des villes frontières (6), et il en fut ainsi jusqu'à la fin de 
l'ancien régime (7). C'est dire que Limoges, Tulle, Angoulême n'avaient point voix au Conseil, et que la 
France centrale était, comme en tant d'autres occasions, abandonnée à elle-même, sacrifiée aux provinces plus 
actives et plus riches. Supprimés en novembre 1774, les intendants de commerce furent rétablis en juillet 1777. 

De même, aucune des villes de notre Généralité n'a possédé de Chambre de Commerce, bien qu'il s'en trou- 
vât, depuis l'édit d'août 1701, dans toutes les grandes villes de France et nommément à Lyon, Bouen, Tou- 
louse, Montpellier, Bordeaux, etc. 

Le Mémoire de 4698 mentionne que les marchands de Limoges ont établi des correspondances € pour faire ser- 
vir leur ville d'entrepost aux marchandises qui viennent de Paris et à celles qui viennent de Lyon à Bour- 
deaux, et de Bourdeaux à Lyon, principalement pour les sels qui se consomment en Auvergne et qui sont tirés 
de Brouage, et pour tout le commerce qui se peut faire d'Auvergne et de Lyon avec La Rochelle > (8). L'inten- 
dant, auteur du Mémoire^ ignore que cet entrepôt a au moins six siècles d'existence (9), ce qui contredit 
déjà cette autre assertion que « la situation de Limoges n'est pas fort propre au commerce, se trouvant 
éloignée des ports de mer et n'ayant point de rivière navigable » (10). Nous montrerons dans le sous-chapitre 
suivant qu'aucune ville d'entre Loire et Garonne ne jouit au contraire des mêmes avantages de position. 

Ce même Mémoire ne parle du commerce de liotre. province que pour rappeler celui des chevaux, des bestiaux 
et des fourrages, qui appartient surtout aux campagnes (11). Vingt-cinq ans plus tard, le Dictionnaire de Savary 
des Bruslons signale seulement l'échange auquel donnent lieu les produits industriels fabriqués à Limoges. 
Rien en ceci que nous ne sachions déjà (12). L'édit royal de 1701, stipulant que le commerce de terre ne déroge 
pas à la noblesse quand il se fait en gros, eut peut-être des effets en Limousin : nous ne le constatons pas tou- 
tefois directement en ce qui touche le commerce des villes (13). 

(1) Goorliers on conratiers, dit Savary des Bruslons. Le long article qu'il lenr consacre ainsi qu'aux agents de change, ne fournit aucune 
indication particulière à Limoges. La Feuille hebdomadaire de i7S3, p. 12, parle d'un projet d'établir à Limoges des agents de change, 
(1) On trouve des corretarU mentionnés en 1464 et 150i {Invent, des arcb, hospit, de Limoges, B. 88 et 53). 

(3) Imprimé dans le Bull, de la Soc. arch. du Limousin, YI, 144. Cf. le Registre consulaire, rv, 418, acte de 1736. 

(4) Inventaire, G. 476. Cf. VInvent. des arch. comm. de Limoges de M. A. Thomas, CC. 16 et 17. 

(8) Etabli une première fois en 1607, bientôt supprimé, rétabli par Richelieu, puis supprimé de nouveau en 1643. 

(6) Voy. Savary des Bruslons, Dictionnaire, l, 1460. 

(7) Cf. VAlmanach royal, des dernières années du XViri« siècle. Cf. le Calend. eccl. et civil du Limousin de 1779, p. 83, où Ton voit 
que le Limousin relevait du même intendant de commerce que le Lyonnais, le Beaujolais, le Forez, la Bourgogne, laTouraine, le Maine, 
le Poitou et la Guyenne. 

(8) Page SS4 de notre édition. 

(9) n y a de bonnes raisons pour croire qu'il fut établi à la Un du X« siècle par des marchands italiens qui de Narbonne gagnaient le 
nord de la France. 

(10) Page Si4 de notre édition. 

(il) Voy. ci-dessus le sous-chapitre relatif à Tagriculture, p^ XGVII. 

(12) Par contre VEtat des paroisses de 1686, que l'on trouvera à l'appendice du présent volume (p. 179) fournit à propos de Tulle une 
indication qui ne se trouve corroborée, à notre connaissance, par aucun autre document : a Le seul commerce qui s'y fait fà Tulle) 
est celuy de l'huisle de noix, qui se vend du costé de Lyon pour l'imprimerie. » 

(13) Nous avons déjà signalé (p. XGVin et ÇXXIV) les gentilshommes qui s'occupent du commerce des chevaux et de l'exploitation des 
mines. 

Haute-Vibnnb — Sârie C Introd, XVII 



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CXXX LA GÉNÉRALITÉ DS LIMOGES 

Dans la seconde moitié du règne de Louis XV*, le commerce général de la France entra dans une nouvelle 
voie économique grâce aux édits qui supprimaient 1rs douanes intérieures, autorisaient la circulation des 
grains et le libre échange des cui TH. Ces mesures hardies eurent certainement leur contre-coup en Limousin, 
car la production industrielle était alors supérieure aux besoins locaux et contrainte par là de chercher 
des débouchés au dehors. 



L'un des plus grands encouragements que le commerce national ait reçus de laroyauté fut l'organisation et 
le développement progressif qu'elle donna au service des Postes aux chevaux. Nous savons déjà (l)que dès 
1602 ce service était réorganisé entre Toulouse-Limoges et Paris. 11 dut l'être peu après entre Lyon-Limoges- 
Bordeaux ^2), un peu plus tard entre Limoges et les autres villes voisines. Nous ne pouvons préciser davantage, 
car les textes publiés ne permettent guère les constatations de ce genre (3). Quoiqu'il en soit, en 1765, Limoges 
correspondait directement, par autant de lignes distinctes, avec Angouiême-Bordeaux, Rochechouart-Confo- 
lens, Guéret-Moulins-Clermont (4), Châteauroux-Orléans-Paris, Uzerche-Brive-Cahors-Montauban-Toulouse, 
avec embranchement sur TuUe-Aurillac, puis avec Bellac-Montmorillon- Poitiers, enfin avec Eymoutiers en ligne 
directe (5). Plus tard on prolongea le service de Limoges-Angoulême jusqu'à La Rochelle, et celui de Limoges- 
Clermont jusqu'à Lyon par Aubusson et Roanne (6). En 1790 on comptait 47 relais de Limoges à Paris, 36 de 
Limoges à Toulouse, 26 de Limoges à Bordeaux, 41 de Limoges à Lyon, 26 de Limoges à La Rochelle, 12 de 
Limoges à Poitiers (7). La distance entre Limoges et Paris, environ 400 kilomètres, — que les trains présiden- 
tiels franchissent aujourd'hui en 6 heures 30 minutes, et les trains express de voyageurs en 8 heures — exi- 
geait alors au minimum 72 heures, c'est-à-diie trois journées pleines, ce qui revient à dire qu'il fallait une 
semaine pour obtenir, par retour du courrier, réponse à une demande (8). 

Bien que le bureau des Postes aux lettres soit toujours distingué, dans les annuaires, du bureau des Messa- 
geries, il est bien certain qu'ils étaient au XVIIP siècle encore dans une étroite relation. Non point que tous 
les courriers de lettres prissent des voyageurs et des malles, mais assurément toutes les messageries roulantes 

(1) Voyez ci-dessus p. XÇ. 

C2) Il est question dès 1604 du messager de Limoges à Bordeaux daus les registres du chapitre Saint-Étieune de Limoges (Choix de 
doc. histor, sur le Limoubin). Vers 1660 le Mémorial des sieurs Nicolas (Bull, de la Soc. arch. du Lifnousin, XXXVIU, p. 375) men- 
tionne le courrier qui fait le service entre Bordeaux et Limoges. 

(3) Les nombreux Livres de raison et Begistres de /amille publiés en Limousin par les soins de M. L. Guibert et de ses collaborateurs 
ne nous ont pas fourni à cet égard les secours que nous en attendions. — Un arrêt du Conseil, qui règle les gratifications à accorder 
aux maîtres de poste des généralités d'Orléans, Bourges et Limoges eu 1742 (Inventaire, C. 98, f»» 27 et 28 du registre. Cf. C. 454), 
mentionne les postes d'Amac, Razès, la Maison-Rouge, Limoges, Boisscuil, Pierrebuffière, Magnac, Frègefond, Uzerche, Le Barlolet, 
Donzenac, Brive sur la route de Paris-Limoges-Toulouse, et ceux de Limoges, Uzerche, Aixe, Lagasne, Cercles, Sain^P^ie8t-Taurion, Le 
Compeix, La Graulière, Tulle, Lagarde, Argentat et Fossas-Laubaye sur la route dite de traverse de Limoges à Aurillac. 

(4) Cette traversée par Moulins avait évidemment pour motif de mettre Guéret en relation avec son chef-lieu administratif, et peut- 
être aussi d'éviter les hautes terrasses qui à partir d'Eymoutiers rendent si difficile l'accès de Clermont. On doublait les collines de 
Combraille pour redescendre jusqu'à Clermont par la vallée de l'Allier. Comme nous le verrons plus loin, l'itinéraire fut modiiié 
lorsque Turgot eut amélioré la route, de Limoges-Clermont. 

(5) Voy. les Ephémérides de la Généralité de Limoges pour l'antiée i7tti, p. 73. 11 est fort vraisemblable qu'à cette date l'organisation 
des postes avait déjà subi quelques améliorations par le fait de Turgot installé à Limoges depuis 1761. 

(6) Cette route est curieusement décrite par le chanoine Denis qui la suivit en chaise de poste au mois|de septembre 1702. — Dans 
une délibération du 22 janvier 17C3 de la Société d'agriculture, on trouve déjà le passage suivant : « M. Délépine a été chargé d'écrire 
au secrétaire de la Société de Besançon pour le prier d'envoyer à Limoges par la voie de Lyon un collier tel qu'on les fabrique en 
Franche-Comté... h Mais il est certain qu'à cette date, les communications entre Limoges et Lyon n'avaient point lieu directement, 
mais seulement par correspondance. 

(7) Calendrier eccles. et civil du Limousin pour 1790. 

(8) Ce qui revient à dire aussi que les diligences de jour et nuit inaugurées vers 1780, sous le nom de turgotines, n'étaient pas encore 
connues eu Limousin. 



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L'ADMINISTRATION GXXXl 

se chargeaient du transport des lettres. Cette relation établie, il reste encore assez malaisé de se faire une idée 
exacte de Torganisation de ces deux services. Ainsi la Carte des routes de postes du royaume^ dressée en 1788 
par Seguin (1), n'indique point de communications entre Limoges et Poitiers. Nous savons cependant d'autre 
source qu'il y en avait. Par contre la route de Limoges-Lyon, qu'indique cette carte, ne semble pas avoir été 
utilisée en service direct par les messageries plus loin que Thiers. Les nombreuses modifications qui furent 
introduites de 1765 à 1790 dans le service du roulage et des postes, furent amenées, on le devine, par le déve- 
loppement progressif que prenait, justement à cette époque, le réseau des grandes routes. 

L'établissement de ce réseau, dont nous allons parler maintenant en détail, fut un autre encouragement 
donné par la royauté au commerce du royaume ; mais c'est le dernier que nous puissions enregistrer, car l'an- 
cien régime n'a connu, du moins en Limousin, ni les banques de crédit (2), ni les magasins généraux, ni les 
écoles spéciales, ni les expositions publiques qui, sous la garantie de TEtat, ont donné depuis près d'un siècle 
tant de vigueur et d'élan au commerce intérieur. 



6. — Routes et Canaux. 



Par faute d'entretien, les chaussées romaines étaient presque partout tombées en ruine au cours du VIP 
siècle. Cependant leur tracé subsista et fut suivi pendant tout le moyen-âge par les voyageurs qui se rendaient 
d- une ville à une autre. A côté de ces chaussées peu nombreuses se formèrent insensiblement des chemins 
battus reliant entre elles des villes voisines. Leur direction se constate assez bien par l'existence des comman- 
deries et des petits hôpitaux de campagne dont elles étaient bordées. 

C'est dans cet état que Sully trouva les voies de communication du royaume, ^n dépit des prescriptions 
édictées par Louis IX et quelques-uns de ses successeurs, en dépit des^efforts de quelques seigneurs féodaux 
pour entretenir les chemins existants, on peut dire que c'est seulement du règne de Henri IV que date 
l'amélioration des voies publiques en France. La bonne volonté du roi et de son ministre eut aussitôt son 
contre-coup en Limousin, et trouva dans Martial Benoît de Compreignac l'instrument nécessaire. « Sa fidélité 
[au roij, nous dit une relation contemporaine, lui procura la commission de grand voyer de la Généralité de 
Limoges, ce qui lui fit faire des réparations considérables aux ponts et chaussées et servit grandement à 
rétablir le commerce qui avait beaucoup souflert par le mauvais état des chemins » (3). 

Il n'est point du tout avéré que ces premiers eflFbrts aient été continués sous Richelieu et Mazarin. Il faut 
même arriver jusqu'à Colbert pour en retrouver la trace. Encore les résultats obtenus furent-ils médiocres. 
« Grénéralement parlant, dit M. de Bornage, les chemins du Limousin ne sont pas beaux; il y a plusieurs 
endroits où les rochers les rendent difficiles, d'autres où il y a des bourbiers profonds » (4). Peu praticables, 
les chemins d\x Limousin étaient d'ailleurs peu nombreux. M. de Bornage n'en mentionne que quatre, qui en 
font six, si Ton veut faire de Limoges leur point de départ commun : 

1 et 2. La route de Paris à Limoges et de Limoges à Toulouse; 

3 et 4. La route de Bordeaux à Limoges et de Limoges à Lyon par Clermont (5) ; 

(1) Inventaire, C. 455. 

(2) Abstraction faite de celle de Law, qui n'eut qu'une existence éphénuVe. Voy. ci-dessus p. XC. 

<3) Nobiliaire limousin, I, 173. Cette mention semble se rapporter aux années 1398-1600. — La Carie du Limousin de Jean Fayen, 
1594, indique les ponts qui existaient alors. 

(4) Mémoire de 1698, p. 222 de notre édition. 

(S; D'après M. C. Pérathon {Histoire d'Aubassou, p. 207), t deux routes parallèles existaient d«» toute ancienneté entre Limoges et 
Clermont. L'une traversait Aubusson, l'autre plus méridionale et plus directe, passait à Fçiletiu. Cette dernière route, qui était celle 



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CXXXII hk GÉNÉRALITÉ DB LIMOGES 

5. La route de La Rochelle à Limoges ; *^ 

6. La route de Poitiers à Limoges. 

Les guerres de la seconde moitié du règne de Ix)uis XIV, les désastres qui suivirent, amenèrent la réduc- 
tion des fonds d'entretien et, comme dernière conséquence, la ruine des grands et petits chemins de la Géné- 
ralité de Limoges. Le Métnaire de M. de Bernage est explicite sur ce point dès 1698. Le fait est du reste 
général en France sous le ministère de Fleury (1). C'est seulement dans le second tiers du XVIIP siècle que 
les intendants se préoccupent de remédier à ce fâcheux état de choses. Cependant l'initiative ne vint pas pour 
nous de Limoges, mais de Clermont. C'est en effet li Robert Rossignol, intendant d'Auvergne de 1735 à 1748, 
qu'on attribue la réfection sur grand modèle de la route de Lyon à Limoges par Clermont-Aubusson (2). 
Mais le travail ne fut achevé pour la partie de cette route qui appartient au Liinousin, que par Turgot. C'est 
à ce dernier, bien incontestablement, que notre province doit le premier modèle du réseau de grandes routes 
qui a été terminé de nos jours seulement(3). Après celle de Limoges-Clermont, il fit ouvrir ou parfaire celle 
de Bordeaux-Lyon par Brive et Tulle, puis celle de Limoges-Toulouse par Uzerche et Brive, enfin celle de 
Limoges-La Rochelle par Chabanais. 

Les deux successeurs de Turgot continuèrent l'exemple qu'il avait donné et contribuèrent encore au tracé 
des routes de Limoges-Rodez par Figeac, Limoges-Cahors par Saint- Yrieix, Limoges-Aurillac à partir d'Uzer- 
che, Limoges-Clermont par Eymoutiers-Meymac-Bort, — pour ne parler que de celles qui relient Limoges à 
d'autres capitales provinciales. Voies d'importance d'ailleurs différente, comme largeur, comme assiette et 
comme transit. Celles qui avaient des relais de postes étaient naturellement les plus fréquentées. Nous les 
avons nommées précédemment, parce qu'il importe à l'histoire de connaître les principales directions de 
la circulation publique. 

Nous relèverons ce seul fait que, par les routes tracées au XVIP siècle, Limoges, situé à égale'distancede la 
moyenne Loire et de la moyenne Garonne, ne commande guère au profit de la France centrale que le trajet 
Paris- Toulouse et surtout les directions vers l'Océan suivant l'orientation générale du Limousin ; la route 
directe do Lîmoges-Lyon n'est qu'ébauchée. Le Massif central reste encore à cette date le « pôle répulsif » de la 
France, suivant l'heureuse expression d'Elîe de Beaumont. Mais le XVIIP siècle a eu raison de ces obstacles, 
grâce à Turgot, il a mis en communication les deux versants des C'évennes septentrionales, jusque-là privés 
de toute voie commode, et il a relié par le Limousin l'Océan au Rhône, La Rochelle et Bordeaux à Lyon (4). 
C'est l'ébauche de cette nouvelle zone d'activité sociale que nous avons signalée ailleurs (5). Limoges 
bénéficie ainsi de Theureuse situation géographique que méconnaissait M. de Bernage dans son Mémoire 
de {698 (6), et que le XIX* siècle à mise en valeur. 

de la poste et des étapes militaires, est curiensement décrite dans Vliinerarium belgico-latinum d'Abraham GolDîtz de Oantzig, qui 
se rendait de Limoges à Clermont sous le règne de Louis XIU » avant 1631. Elle suivait Tancienne voie romaine, mais fut peu à peu 
abandonnée pour celle qui passait par Aubusson. 
(1) Voy. dans les Mémoires du marquis d'Argenson le chap. relatif à Tétat de la France sous Fleury. 

(i) Michel Cohendy, Mémoire déjà cité. Cependant M. C. Pérathon (Hist. d* Aubusson, p. 209), affirme que Rossignol ne fit que conti- 
nuer l'œuvre de son prédécesseur Daniel-Charles Trudaine, t qui ût commencer en 1731 la route morderne de Clermont à Limoges pour 
la fraction qui part de Clermont à Saint-Avit. » 

(3) Les Archives nationales contiennent, sous la cote F", 154, 155 et 165-170, de nombreux documents relatifs aux Ponts et 
chaussées de la Généralité de Limoges, de 1740 à 1789. 

(4) Nous nous permettons de renvoyer pour plus de détails à notre article t Limoges centre du système routier entre Loire et 
Garonne dans la Bévue de géographie de M. L. Drapeyron (sept. 1890), » reproduit avec additions et corrections dsius VAlmanach 
Limousin de 1891. 

(5) Dans le Sulletin de la Société de géographie de Lyon, 1891, p. 652, sous ce titre : Une nouvelle zone industrielle et militaire : 
Lyon-LimogesLa Rochelle, 

(6) Voy, ci-dessus p. ÇXXIX. — Et cependant, Tun de ses prédécesseurs Poucet de la Rivière, avait jugé convenable d'établir à 
Limoges un t étapier général » (Voy. ci-dessus, p. LXXVl au nom). 



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LADMINISTR/ITION 



CXXXIII 



LÉGENDE 



PARIS 



des lignes pleines — — - 
indiquent Jes routes du XWTs 

des poùitiUés 

indiquent Aw routes tNËcées 
oarefeitcs uuXVUl's. 



Q NANTES 




OIB pur 



SIMES 



TOULOVU 



ROUTES DE LIMOOES 

en 1790 

A côté des grandes routes il ne faut point oublier les chemins vicinaux dont la construction reçut à partir de 
1770-71 une vigoureuse impulsio:n par l'organisation des ateliers de charité (1). Il est fort difficile de se rendre 
compte de Tétat d'avancement de ces routes au moment de la Révolution, et plus encore de leur viabilité. 
Toujours est-il que beaucoup furent entreprises, plusieurs furent achevées, et que, là où le» travaux étaient 
retardés ou négligés, les populations intéressées élevaient leurs réclamations (2). Nous savons de science cer- 
taine que Ton entreprit ainsi, dès 1773, dans toutes les parties de la Généralité (3) un véritable réseau de che- 
mins ruraux qui, en tout état de cause, dût paraître un bienfait aux populations. 

(1) Voy. ci-dessous, sous^chap. IX. 

(2) Yoy. à Tart. G. d3S de Vlnventaire une lettre du gouverneur militaire d'Ârgentat demandant en 1782 Tachèvement de la route 
d'Argentat à Mauriac qui reliait le Bas-Limousin à la Haute- Auvergne. Cf. les Doléances paroissiales de 1789, p. 36, 45, 100. 

(3) Inventaire, C.293 et ss., 311 et ss., 45^4^3 et Invent, des arch. dép. de la Corrèze, C. 5 et ss. 



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CXXXIV LA GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

Parmi les grandes routes du Limousin qui ne traversaient pas Limoges, nous avons déjà mentionné celle 
de Bordeaux-Lyon par Brive et Tulle. Il faut y ajouter celle de Tulle à Guéret par Treignac-Eymoutiers-Bour- 
ganeuf, prolongée plus tard sur Bourges, et celle de Poitiers à Guéret par Le Dorât et La Souterraine. 

Le Mémoire de M. Malpeyre du Saillant signale un fait singulier. « La ville de Limoges, dit-il, qui fait un 
grand commerce avec Bordeaux et la Hollande, reçoit aussi presque toutes ses marchandises par la voie de 
Bergerac. Le transport en seroit moins coûteux si on les pouvoit monter par eau jusqu'à Brive : la distance de 
Brive à Limoges est beaucoup moindre que celle de Limoges à Bergerac. > 

« 
» » 

Orienté, comme nous Tavons dit, vers l'Océan, le Limousin avait ouvert de ce côté ses premières routes. Une 
autre conséquence de cette orientation, ce fut le besoin de rendre navigables les principales voies fluviales 
qui aboutissent à la grande mer. Mais l'une des plus importantes, la Charente, ne rentre pas dans notre cadre. 
D'ailleurs les projets d'amélioration du cours de cette rivière, qui furent dressés au profit de l'élection d'An- 
goulêmepar les intendants de la Généralité de Limoges, sont connus (1). Nous nous bornerons donc à recher- 
cher ceux qui eurent la Vienne, la Dordogne et la Vézère pour objet. 

La Vienne n'est point navigable avant Châtellerault,à vingt lieues en aval de la limite du Limousin. A cet 
endroit elle reçoit le Clain qui vient de Poitiers. C'est à cette dernière circonstance qu'elle doit d'avoir attiré 
de si bonne heure l'attention des intéressés. Aux environs de l'année 1536-37, les habitants de Poitiers résolu- 
rent en effet de se mettre en communication avec la Loire par la Vienne inférieure, en canalisant le Clain jusqu'à 
Châtellerault. Ils commencèrent même les travaux-, puis, se souvenant de leurs vieilles relations avec Limo- 
ges, désireux de les étendre et de les fortifier, ils demandèrent que la Vienne fut canalisée de Châtellerault à 
Limoges. Le projet fut certainement pris au sérieux (2), car il en est question à deux ou trois repfises dans 
des lettres royaux qui autorisent les travaux à entreprendre dans le Clain (3). Nous ne sachions pa.s néanmoins 
qu'ils aient reçu même un commencement d'exécution. • 

Il serait étrange que le XVIP siècle n'ait point repris cette idée alors que, comme on le verra tout à l'heure, 
il se préoccupa tant de la Vézère et de la Dordogne. Cepandant les lettres de Colbert (4) ne parlent pas de la 
Vienne. Mais quelques années après le célèbre ministre, Vauban faisait entrer la canalisation de cette rivière 
dans l'ensemble des grands travaux publics qu'il proposait d'exécuter (5). Au XVIIP siècle, ce projet retient 
encore l'attention de quelques personnes (6), mais dès 1762 il prend une nouvelle tournure. Un membre de la 
Société d'agriculture du Limousin, M. de Saint-Laurent, propose en effet, dans le but de faciliter le transport 

(1) Voy. une longue note des Documents historiques sur VAngoumois, publiés en 1869 par la Société archéologigue de la Charente, 
I, 547. 

(2) C'est justement le temps où, si nous en croyons V Encyclopédie de Diderot (VI, 67), on cherchait le moyen de joindre l'Océan à 
la Méditerranée. 

(3) Voy. dans Thibaudeau, His/, du Poitou, ni. 375 et ss. : l» Enquête de 1537 sur la navigation de la rivière du Clain : c ....Que 
si la dite rivière de Vienne était rendue navigable jusqu'à la ville de Limoges, comme elle est disposée, seroit merveilleux grand 
profit non-seulement pour le pays mais pour tout le royaume. » — 2» Lettres pour la navigation de la rivière du Clain, 6 janv. 
1539, n. st. 15 : t ...Yceux habitans [de Poitiers] ont déjà fait commencé à faire portes et passages parles écluses des moulins et 
autres endroits sur la dite rivière [de Clain], tirant vers le dit Châtellerault pour joindre à la dite rivière de Vienne qui est navi- 
gable, et ont bon et entier vouloir parfaire tel ouvrage, comme aussi audelà la dite rivière de Poitiers, tirant vers Limosiu » — 

3o Dispositif de l'arrôt du Conseil de 1538 au sujet de la navigation du Clain : « — Voulons et ordonnons. .. . que les dites rivières 
du Clain et^de la Vienne ils (les habitans de Poitiers) puissent faire curer, nétoyer et rendre navigables depuis la ville de Limoges dont 
descend la dite rivière de Vienne jusqu'à la dite rivière de Loire. » 

(4) Lettres de Colbert, IV, 541. 

(5) Oisivetés, t. IV. 

(6) Voy. ci-dessus p. VIII, ligne 24. 



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L'ADMINISTRA^TION CXXXV 

des grains, de réunir par un canal la Vienne supérieure à la Charente qui en est pour ainsi dire le prolonge- 
ment (I). , 

La Vbzère est une rivière étroite et rocailleuse, impropre comme telle même au flottage des bois. Cette 
circonstance explique pourquoi, dès la fin du XVI* siècle ou les toutes premières années du XVIP, quelques 
seigneurs riverains se préoccupent de la draguer en grand, alors qu'on néglige encore la haute Dordogne, 
accessible non-seulement aux bois flottés, mais môme à la batellerie légère. Des lettres patentes d'Henri IV, 
datées de 1606 (2), autorisent les travaux nécessaires à l'amélioration de la Vézère. C'était justement le temps 
où Ton exécutait le canal de Briare , le second en date des principaux canaux de France. Que fit-on exactement 
au profit de la Vézère ? Fit-on môme quelque chose ? Nul ne peut le dire aujourd'hui, car aucun texte ne nous 
a conservé le souvenir des travaux qui furent peut-être entrepris (3). En tout cas, l'état actuel de cette rivière 
prouve suffisamment qu'on ne fit pas grand chose. 

Colbert ne pouvait être l'ennemi de la Vézère. Il dut suffire de lui rappeler ce qui avait été conçu en 1606 
pour le décider à reprendre le projet. (4) Un arrêt du Conseil d'Etat, du 24 octobre 1682, imposa en effet sur les 
deux Généralités de Limoges et Bordeaux une somme de 120 mille livres, qui fut levée de 1684 à 1687 en 
quatre pactes, pour rendre la Vézère flottable jusqu'à sa jonction avec la Dordogne, à dix lieues eu amont de 
Bergerac.Mais en 1687, Colbert était mort. Son successeur crut avoir trouvé un meilleur emploi de la somme 
perçue et, par un simple virement de comptabilité, l'afifecta à des dépenses d'un autre ordre, probablement à 
des dépenses de guerre. Les contribuables durent attendre de nouveaux temps (5). . 

Ils ne se présentèrent que soixante-cinq ans plus tard. Vers Tannée 1732, un ingénieur du nom de Pallard 
fut envoyé de Paris en Bas-Limousin pour étudier le cours de notre rivière et dresser un « état de ce qu'il en 
pourroit coûter pour la rendre navigable » (6). Le devis parut sans doute trop élevé, car on ne fit rien. Mais le 
projet de 1606 revivait et c'était quelque chose. 

C'est alors qu'un membre du Bureau d'agriculture de Brive, M. Malpeyre du Saillant, souleva de nouveau la 
question par un mémoire rédigé en 1766 (7), oii il montrait les avantages qui résulteraient pour le Limousin 
si la Vézère était rendue navigable jusqu'à la Dordogne. Le projet fut étendu à cette dernière rivière et, 
comme nous le prouverons tout à l'heure, les études furent entreprises. Bientôt abandonnées en ce qui touche 
la Dordogne, elles furent au contraire poursuivies en ce qui concernait la Vézère jusqu'en 1768 au moins. 
Interrompues au bout de quelque temps, elles furent reprises sous M. d'Aine en 1776, avec l'appui du comte 



(1) Délibér. de la Soc. d'agriculture, 8 mai 1762. Yoy. nos extraits. 

(2) Nous les publierons prochaiuement, avec quelques autres documents relatifs au même sujet, dans un Choix de documents histori- 
ques sur le Limousin, actuellement sous presse. 

(3) V Histoire de Brive par quatre citoyens, 1810, signale ce projet et avance (p. 206 de l'édit. de 1879) que les élections de Sarlat et 
de Brive fournirent une somme de 150,000 francs pour Texécution des travaux. Malheureusement, les auteurs ne renvoient à aucun 
texte précis. * 

(4) Lettres de Colbert, IV, p. 487 (année 1679) et p. 541 (année 1682). Dans la première de ces deux lettres, U est aussi question de 
risle ; dans la seconde, il est fait mention de la Dordogne. 

.' (5 et 6) Mémoire de M. Malpeyre du Saillant. — Les Archives nationales possèdent, sous les cotes F^* 705, 1192 et 1214 de nom- 

} breuses pièces relatives aux travaux projetés dans la Vézère de 1753 à 1791, et dans la Corrèze de 1776 à 1791. 

[ (7) î^ous le publierons prochainement dans le Choix de documents historiques sur le Limousin, annoncé ci-dessus. — • Le Secré- 

f taire a présenté le Mémoire de M. de Malepeyre du Saillant au sujet de la navigation de la rivière de Brive (sic). Ce Mémoire a 

\ été remis à M. BoulUac du Cluzeau pour en faire un extrait qu*il a promis de lire à la prochaine assemblée, d (Déliàer, de la Soc, 

{ d^agriculture de Limoges, 1 fév. 1766). Remarquer que Brive n'est pas sur la Vézère, mais sur la Corrèze, non loin, il est vrai, du 

confluent de ces deux rivières. — « M. Rouillac du Cluzeau a fait lecture de l'extrait du discours de M. de Malepeyre du SaUIant sur 
[ les avantages qui résulteroient pour le Bas-Limousin si la rivière de Brive éloit navigable. Sur cette lecture, M. Fintendant a demandé 

que le Mémoire de M. de Malepeyre lui fut remis pour l'examiner sur plusieurs chefs qu'il a trouvé très importans. t (Jftw/., 15 fév. 

1766). 



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CXXXVI LA GÉNÉRALITÉ DE UMOQES 

de Provence (1), puis de nouveau en l'î82, sans jamais aboutir. Les choses furent laissées en l'état, et la Vézère 
demeure aujourd'hui encore inaccessible à la batellerie au-dessus de Terrasson en Périgord (2). 

La DoRDOGNB, qui naît ea pleine Auvergne et sépare cette province de celle du Limousin entre Port-Dieu et 
Valette (pour indiquer des localités connues), appartient depuis Port-Dieu tout entière au Limousin si Ton exa- 
mine la question à la lumière de la loi de Baer. L*histoire des améliorations projetées de son cours supérieur 
rentre donc sans conteste dans notre sujet. Cette rivière ne présentant pas dans sa zone d'érosion autant 
d'obstacles que la Vézère et portant facilement radeau dès son entrée en Limousin (3), c'est assez tard qu'on 
se préoccupa d^accroître les services qu'elle rendait déjà. Nous ne connaissons aucun projet antérieur à ceux 
de Colbert (4) et de Yauban (5) qui embrassaient d'ailleurs tous les affluents de droite de la Oaronne. Encore 
ne prennent-ils ces rivières qu'au point où elles sont déjà accessibles à la batellerie. Les conseils de Vauban ne 
furent pas plus suivis en cette matière qu'en tant d'autres. Aussi faut-il arriver jusqu'à Tannée 1763 pour 
trouver l'intendant de la province occupé de cette question. L'activité du flottage des bois sur la Dordogne 
attira l'attention de Turgot et lui fit concevoir le projet de tirer de cette voie fluviale tous les avantages dont 
elle était susceptible en la débarrassant des obstacles qui l'encombraient. Un arrêt du Conseil d'Etat, rendu 
le 13 septembre 1763, en conformité de l'avis de Turgot et de son collègue d'Auvergne, autorisa les € prépo- 
sés à l'exploitation de la forêt des Gardes (6). . . à faire dans le lit et sur les bords de la rivière de Dordogne 
les travaux qui seront jugés nécessaires pour le flottage des bois sur la dite rivière » (7). Les travaux eurent- 
ils lieu ? Nous ne savons. Dans son état actuel le lit de la Dordogne entre Port-Dieu et Valette ne paraît guère 
différer de ce qu'il pouvait être au moyen-âge (8). 

Les divers projets de canalisation que nous venons de rappeler ne représentent qu'une partie de ce que con- 
çurent, vers la fin de l'ancien régime, quelques esprits passionnés pour le développement de la prospérité pu- 
blique. On trouvera, sous la cote C. 455 de VInventaire qui suit, une Carte élémentaire de la navigation du 
royaume^ dressée en 1787 par M. de Fer de la Nouerre. L'ensemble des canaux projetés y est indiqué avec 
beaucoup de netteté. M. de Fer et ses inspirateurs proposaient de relier la Vienne (prise à Limoges) à la Dor- 
dogne, à la Corrèze, à la Vézère, à Tlsle, à la Charente et à la Creuse (9). Nous ne nous portons point garant 
delà possibilité d'exécution, encore moins du rendement qu'on en espérait. Il suffit à notre sujet de savoir 
que ce projet fut conçu, non sans doute sans que le corps des ponts et chaussées de la Grénéralité de Limoges 
eût donné son avis et peut-être tracé les directions que nous trouvons indiquées sur la carte de M. de Fer (10). 

Cette seconde moitié du XVIII* siècle est du reste le temps où 1q gouvernement faisait exécuter les canaux 
de Beaucaire, de Bourgogne et du Centre. Au bout d'un siècle, la dixième partie du programme de M. de Fer 



(1) Annuaire de la Corrèze pour i824, p. 116. 

(3) Il n*a jamais été question soas l'ancien régime d'améliorer le lit de la Corrèze qui pourtant servait aussi au flottage des bois. 
Voy. VInvent. des arch, dép. de ta Corrèze^ B. 868. 

(3) Voy. le préambule de l'arrêt du Conseil d'Etat, de 1723, déjà cité {Bull, de la Soc. des lettres de Tulle, 1879, p. M5), où il est dit 
que les bois flottés venant d'Auvergne et Limousin, traversent les juridictions d'A4x (près Eygurande), Port-Dieu, Bort (et non pas 
Bon), Sépontour(Saint-yictour?}, Argentat. etc. 

(4) Lettres, IV. 487, année 1679. 
(«) Oisivetés, IV. 

(6) Il s'agit vraisemblablement de la localité de ce nom sise dans la commune de Montel-de-Gélat, au nord de Ponttumur, départe- 
ment du Puy-de-Dôme, -^ à moins que ce ne soit La Garde, commune de Merlines, près Eygurande, département de la Corrèze. Nous 
nous arrêtons de préférence à la première de ces deux localités, bien qu'elle soit située à environ 60 kilomètres de Bort. 

(7) Bull, de la Soc. des lettres de Tulle, 1879, p. S99. 

(8) Cependant M. René Fage veut bien nous apprendre que la tradition attribue à Turgot quelques travaux qui furent exécutés au 
Malpas, près Argentat (arrondissement de Tulle), et dont on constate aisément les traces. 

(9) M. Rougier-Cbfttenet {Statistique de la Haute-Vienne, p. 537 et 539) semble faire allusion à ces projets quand il parle de la cana- 
lisation du Taurion, de la Briance et de la Gartempe, qui aurait été conçue à la fin du siècle dernier. 

(10) C'est sans doute à ce projet que M. Rougier-Cbâtenet fait allusion quand il parle en 1808 (p. 539 de la Statistique de la Haute 
Vienne) du canal de jonction de la Loire à la Garonne conçu • il y a quelques années ». 



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L'ADMINISTRATION CXXXVÏI 

n'est pas encore réalisée en ce qui touche la France, moins encore en ce qui touche le Limousin puisqu'il 
n^exiate pas un seul canal dans cette province. Il est à remarquer que, de tous les projets qui viennent d'être 
rappelés, le plus ancien, celui de 1537, qui proposait la canalisation de la Vienne entre Châtelleraut et 
Limoges, est la première forme du projet de jonction de la Loire à la Garonne par Limoges qui a si souvent 
occupé, sans succès d'ailleurs, les pouvoirs publics au XIX* siècle. Cet autre projet semble du reste devoir 
céder aujourd'hui devant celui de M. de [Saint-Laurent qui, en demandant la jonction de la Vienne à la 
Charente se rendait peut-être compte que la proximité de TOcéan, la communauté d'intérêts qui existe 
entre le Limousin, la Saintonge et rAngoumois(l), enfin la facilité de Texécution étaient autant d'argu- 
ments de précellence en faveur de cette idée. 



7. — Cioiuitruotions et Cadastre. 

Au moyen âge la construction des édifices civils est l'affaire des corps municipaux, tout comme celle des 
remparts et des portes de ville (2). Aux XVII* et XVIIP siècles, remparts et portes, devenus la chose du roi au 
nom de l'intérêt national, sont presque partout abattus, et le produit des démolitions est affecté par les 
soins du Bureau des finances au Trésor public. C'est grâce à ce précédent que les intendants s'immiscent dans 
la reconstruction de Limoges et l'embellissement des rues. Dès 1712 M. d'Orsay avait fait commencer la place 
qui porte encore son nom. En 17*20 M. de Breteuil fait construire une caserne (3). Mais les grands travaux 
d'ensemble commencés dès 1736 par M. de Tourny (4), ne furent sérieusement entrepris que sous l'un de ses suc- 
cesseurs Pajot de Marcheval (1756-61), et ne prirent tout leur élan que sous Turgot. Il y avait déjà près 
d'un demi-siècle que certaines grandes villes, comme Bordeaux et Marseille, avaient donné l'exemple. 

Il y eut alors à Limoges pendant près de 25 années une fièvre de bâtir telle qu'on n'en avait pas encore vu. 
L'hôtel de l'intendance (1759-62), le palais épiscopal (1766-87), le collège royal (1767-77), la façade principale 
de l'hôpital général (1766-70), le palais du présidial (1774-84) furent refaits de fond en comble ou tout au moins 
agrandis, pendant que certaines communautés religieuses — les Filles de la Croix (1758), les Visitandines 
(1771-75), les Sœurs de la Providence (1779) — rebâtissaient leurs chapelles (5). 

On connaît mal les procédés de Turgot en cette occasion. Il est certain qu'il ne fit point d'emprunt ; il est non 
moins certain que les fonds libres de capitation ne su£9rent point et qu'il fallut augmenter certains impôts pour 
subvenir aux énormes frais de ces constructions. Mais dans quelle mesure la ville et le clergé contribuèrent- 
ils aux dépenses ? C'est ce qu'on ne sait point encore au juste. Leur part fut vraisemblablement assez peu 
considérable. 

(i) c Sur ce qui a été représenté au roi, étant en son Conseil, par les officiers municipaux de la ville de Rochefort, auxquels se sont 
Joints ceux des villes d*Angoulême, de Cognac, de Saint-Jean-d'Angély, de Jamac, de Saintes et de Tonnay-Cbarente, que, de tous les 
ports de son royaume, aucun n'est plus avantageusement situé pour le commerce des colonies et plus digne d'obtenir la faveur d'être 
admis à ce commerce que celui de Rochefort. . . ; que plusieurs parties du Périgord, du Poitou et du Limousin n'ont de communica- 
tion avec la mer et l'étranger que par le moyen de cette rivière », le roi permet aux négociants de Rochefort de commercer directe- 
meDt avec l'Amérique. (Arrêt de déc. 1775 dans les Œuvres de Turgot, II, 231). En substituant La Rochelle à Rochefort, les considé- 
rants de cet arrêt restent plus vrais que jamais, en raison de la constitution définitive, que nous avons signalée ci-dessus, d'une nou- 
velle zone industrielle et commerciale allant de Genève à l'Océan. 

(2) Au X\l^ siècle Angoulème et Clermont durent, l'un à Marguerite de Valois, l'autre à Catherine de Médicis, une partie de leurs 
embellissements. On ne voit point que Jeanne d'Albret,vicomtesse de Limoges, ait rien fait de semblable en faveur de notre ville. Ses 
préférences allaient au Béarn où elle résidait. 

(3) Slructis casis itiilitarWus ad urbU ornamentum^ dit la médaille commémorative. {Bull, de la Soc. arch. du Limousin^ 

xn, 100). 

(4) Voy. le Registre consulaire, IV, 414 et 424. Cf. Vlnventaire. C. 5S3. 

(5) On trouvera d'abondants renseignements sur toutes ces reconstructions dans Limoges diaprés ses anciens plans, de M. Ducourtieux. 
L'auteur a utilisé la plupart des documents du fonds de l'Intendance, relatifs à cet objet. Cf. cependant le second complément à Vin- 
vent, des arch, comm. de Limoges, DD. 8. 

HautbVibnnb. — Série C. Introd. XVlll 



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CXXXVIII LA. GÉNÉRALITÉ DE LIMOGES 

Nous ne pouvons nous appesantir ici sur ces grands travaux dont Thistoire est d'ailleurs assez bien con- 
nue. Nous noterons seulement qu'ils eurent pour conséquence rétablissement d'un plan général d'ali- 
gnement dont les feuilles se retrouvent dans le fonds de l'Intendance (C. 65-72 et 442-449), — et de divers 
plans de Limoges que l'on trouvera également sous les cotes C. 64 et 450 du même fonds. 

Cette fièvre de bâtir ne fut point concentrée dans Limoges : elle se répandit au dehors. La plupart des petites 
villes de la Généralité reconstruisirent aus?i vers cette époque leurs édifices publics : hôpitaux, collèges, 
halles (1). C'est un fait que Ton pourra préciser lorsque les monographies cantonales auront été partout rédi- 
gées. Mais il y a plus encore : jamais en Limousin on n'a réparé à la fois tant d'églises rurales et de presby- 
tères de campagnes que pendant cette seconde moitié du XVîIP siècle (2), où certes la foi religieuse ne gou- 
vernait ni les intendants ni leur entourage. Le point de vue de ceux-ci était simplement philanthropique : ils 
considéraient comme de la justice et de l'humanité de loger convenablement ces curés aux maigres prébendes 
dont ils sollicitaient et obtenaient l'appui pour tous les projets d'amélioration dont nous avons parlé. 

* * 

Nous avons à dessein passé jusqu'ici sous silence tout ce qui a trait aux impôts et à l'administration des 
finances, parce que la matière est très vaste, fort confuse à nos yeux (3), et pendant longtemps sans rapport 
étroit avec les attributions de l'intendant. Cependant il y eut sous le règne de Louis XV une grosse opération 
financière que nous ne pouvons oublier, puisque Tintendanty intervint par lui-même et par ses subdélégués : 
ce fut' la confection du cadastre de la Généralité. Proposée par Fabert dès 1656 pour tout le royaume (4), cette 
opération n'avait eu lieu que dans un très petit nombre de provinces. En Limousin elle ne commence qu'aux 
environs de 1740 (5). Elle eut dû, ce nous semble, être remise aux soins du Bureau des finances qui répartis- 
sait les impôts et surveillait la voirie et le domaine public. En la confiant à l'intendant, le gouvernement 
obéissait déjà à la tendance de déléguer à un seul fonctionnaire tous les pouvoirs administratifs. La tendance 
sera plus visible encore quand, vers 1760, l'intendant sera chargé au lieu et place du Bureau des finances 
d'organiser le service des ponts et chaussées (6). 

Il ne nous est point encore possible de dire jusqu'à quel point fut poussée l'opération du cadastre dans la 
Généralité de Limoges (7). Mais la plupart des matrices qui furent alors confectionnées existent encore et se 
retrouvent dans les archives des mairies. On pourra en faire un jour le relevé (8). De l'examen de quelques- 
unes il résulte pour nous que [l'opération différa sensiblement de ce qu'elle devait être un demi-siècle plus 
tard sous Napoléon P^ Les arpenteurs furent chargés non de dresser le plan des parcelles de chaque paroisse, 
mais d'énumérer les biens-fonds avec l'indication de leur contenance et le nom de leurs propriétaires. Ces re- 



(1 et 2) Inventaire, C. Î7-52, 74-S2, 425-426. 

(3) Tout an plus oserons-uous affirmer qu'avant le règne de Louis XVI il n'y a point, pour la Généralité, de budget régulièrement 
constitué par chapitres de recettes et dépenses fixes. Tout est encore abandonné à Tempirisme ou à l'appréciation de l'intendant. Voy. 
les art. C.257 etss de VInventaire, Cf. les Œuvre» de Turgot, édit. Dupont de Nemours, I, 486 à 633. 

(4) M. Chéruel, JHctionn. des instUutions, prétend que Charles VII avait ordonné en i461 que tout la France fut cadastrée. Cf. dans 
les CEuvres de Turgot, édit. citée, ï, 392, un mémoire sur le projet du cadastre. 

(5) En 1763 seulement pour Limoges par les soins du sieur Alluaud que Turgot avait chargé de cette opération. (Voy. dans la 
Feuille hebdomadaire du 8 déc. 1776 une lettre d'Alluaud y relative, reproduite par M. Ducouftieux dans Limoges d'après ses anciens 
plans, p. 26.) 

(6) Voy. ci-dessus, p. XCII. 

(7) Parmi les Doléances par&issiales de notre région, il n'y a que celles de Rochechouart qui demandent l'exécution du cadastre. Or, 
Rochechouart faisait partie de la Généralité de Poitiers. 

(8) Et peut-être alors faudra-t-il comprendre le Limousin au nombre des provinces qui étaient cadastrées au moment de la Révo- 
lution, bien que M. P. Clément ne cite que le Languedoc, la Provence, le D.auphiné, la Cuyeune, la Bourgogne, l'Alsace, la Flandre, 
le Quercy et l'Arlois. (Hist, de CoWert, p. 267.) ' 



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L'ADMINISTRATION CXXXIX 

gjstres servirent, sous cette forme, de nouvelle base pour la répartition de l'impôt foncier. Une étude minu- 
tieuse de chacun d'eux permettrait de se rendre compte exactement dans quelle mesure la petite propriété était 
alors répandue en Limousin. Nous pouvons, sans trop nous avancer, affirmer qu'elle était déjà aux mains 
d*ane foule de petites gens qui ne devaient leur droit qu'au travail et à l'épargne. 

La préparation du cadastre aida certainement à celle des cartes de la Généralité qui furent alors dressées 
(0, 5 et 378). L'initiative de ce nouveau travail était venue de Paris ; mais ilscmble bien qu'il n'ait été exécuté 
chez nous que par la volonté de l'intendant. C'est à lui en effet que sont dédiées les deux cartes dressées en 1781 
et 1783, qui devaient, à si bon droit, faire oublier celle de Jean Fayen, vieille alors de près de deux siècles, et 
même celles de Jaillot qui dataient du commencement du XVIIP siècle (1). 

8. — Polioe administrative. 

La souveraineté politique et judiciaire à son degré inférieur s'appelle la police. Sous ce nom elle revêt même 
diverses formes suivant les modes de son application : police civile, correctionnelle, administrative, police de 
U voirie, police des mœurs, qui restèrent longtemps dans la main des corps municipaux. La royauté n'eût 
point de cesse qu'elle n'eut tiré à elle cette portion de l'action publique. Les consuls de Limoges, qui s'étaient 
vu dépouiller au XVP siècle de leur juridiction civile, criminelle et commerciale, conservèrent cependant la 
police. C'est Louis XIV qui la leur enleva par deux édits d'octobre et novembre 1699, qui transportèrent leurs 
attributions à un lieutenant général. Celui-ci jugeait sans appel les causes portées à sa barre (2) ; mais il pre- 
nait l'avis de l'intendant et agissait sous sa direction toutes les fois qu'il s'agissait de dicter des mesures d'or- 
dre public. 

♦■ 

La police de la voirie n'était pas ce qui occupait le moins le lieutenant général de police. Il avait à sur- 
veiller l'état matériel de nombre de maisons qui, tombant en ruines, menaçaient la sécurité du public ; — à 
maintenir les rues en état de propreté -, — à dresser procès- verbal contre les trop nombreux habitants qui pra- 
tiquaient la maxime du a tout à la rue >, sans souci des passants (3) ; — à poursuivre les perturbateurs de la 
tranquillité publique, les violateurs du repos dominical, les agresseurs de la propriété communale (4), etc., etc. 
La police des mœurs avait aussi ses exigences : les détails que nous ont conservés quelques pièces laissent 
deviner dans certains bas-fonds de Limoges l'existence de véritables saturnales (5). 

De la même manière, c'est-à-dire par le moyen du lieutenant général de police, l'intendant de la Généralité 
devint le grand surveillant des corporations d'arts et métiers et intervint dans leurs affaires intérieures pour 
leur imposer en certains cas des règlements particuliers qui eussent force de statuts (6). La royauté qui tenait le 
commerce par le tribunal de la Bourse, régentait maintenant l'industrie par le lieutenant de police aux ordres 
de l'intendant. 

Les mendiants se trouvèrent également placés par les édits de 1699 sous la coupe du premier magistrat de 
la Généralité. Lourde charge pour celui-ci au lendemain des grandes guerres de Louis XIV, des dures famines 



(i) Voy. ci-dessus, p. XXXI. Cf. nos extraits du registre de la Société d'agriculture, séance du 28 mai 1763. 

(t) Voy. le règlement général de 1723 dans Vinveniaire, G. 53; reproduit intégralement par M.Guibert dans le Hegistre consulaire IV, 
305, note. 

(3) Inventaire, G. 46i etss. 

(4) Inventaire, G. 54 et 465. Sous l'art.C. 470, on trouve une ordonnance de 1787 portant interdiction au réveilleur de la confrérie de 
Saint-Martial d'exercer désormais son office. Cette ordonnance vient à l'appui d'un passage de Juge Saint-Marlin (Changements surve- 
nus dans les mœurs des habitants de Limoges.., p. 37 de l'édition de 1817) et en précise la date. 

(H) Inventaire, G. 54 et 471. — Cf. notre Invent, des arch. hospit. de Limoges, E. 1, 2, 48, 5i; F. 12, 23; G. 3, 39, «0, 62, 63, où il est 
question des vénériens reçus à l'hôpital. 
(6) Inventaire, G. 14-21 et 480-544." Cf. ci-dessus, p. ÇXVIU 



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CXt LA GÉNÉRAUTÉ DE LIMOGES 

de la fin du XVIP siècle, des désastres qui suivirent Teffondrement du système de Law. La mendicité prit en 
quelques années un développement inattendu. Des hommes sortis de tous les rangs de la société se trouvèrent 
confondus dans une commune misère. Non-seulement des paysans et des ouvriers, mais encore des bourgeois, 
des ecclésiastiques, des nobles ruinés durent mendier pour vivre. Leur abaissement se trouve consigné sur 
les registres de dépenses de certains hôpitaux de campagne où ils s'arrêtaient pour recevoir une écuelle de 
soupe, une aumône en argent (1). Cette plaie sociale revêtit des aspects divers, tantôt singuliers, tantôt 
repoussants. En 1720 le procureur du roi déclare que le nombre des mendiants est si grand à Limoges que 
« par leur puanteur et l'exhalaison qui s'élève de la corruption de leurà corps et pourriture de leurs habits, ils 
infectent Tair, capables de procurer des maladies dangereuses » (2), En 1718 il expose que ces mendiants réu- 
nis en troupe se sont arrogé le droit de porter Fépée (3). 

Turgot professait cette idée que € Dieu a fait du droit de travailler la propriété de tout homme» (4). Le 
corollaire inévitable, c'était l'obligation pour la société de fournir du travail à ceux qui^i'en avaient point, 
et le droit pour elle d'interdire la mendicité. Turgot s'y employa de son mieux en ouvrant vers 1768 un dépôt 
de mendicité sous le nom peu sympathique de maison de force (5), On y envoyait les mendiants arrêtés, et on 
les contraignait à faire œuvre de leurs dix doigts, d'une façon ou d'une autre, sans les consulter beaucoup sur 
leurs aptitudes. On les libérait quand ils avaient appris quelque métier. Le remède n'était certainement pas 
proportionné à l'étendue du mal. Mais le procédé était nouveau, au moins par l'esprit qui l'animait, et assez 
peu compris encore par le pouvoir central. En mars 1772 Turgot recevait de M. de Terray une lettre par 
laquelle le ministre lui prescrivait de retenir dans la maison de force les gens valides qui s'y trouvaient, 
quelque soumission qu'ils fissent, jusqu'à ce qu'on eut réalisé le projet dont on s'occupait en haut lien de 
rendre les mendiants utiles à la société. En transmettant cette lettre à ses subordonnés, Turgot écrivit en 
marge ces simples mots : « On peut sans inconvénient, en attendant l'application de ce projet, faire tout 
comme auparavant. Il serait étrange de retenir en prison des gens qui ne méritent pas d'y être, jusqu'à la 
réception d'instructions qui peuvent être retardées pour mille raisons » (6). 

Dès lors l'action de l'intendant vis-à-vis du Tiers-État devint progressivement envahissante. Il revendiqua 
le contrôle financier des paroisses civiles, la vérification de leurs comptes, la surveillance de leurs octrois (7). 
Il s'attribua le droit d'instituer les foires et marchés, de prescrire ou tout au moins d'autoriser les cérémonies 
et les réjouissances publiques, de nommer aux offices municipaux (8), de provoquer certaines mesures de 
sécurité publique telles que l'organisation des secours en cas d'incendie (9), bref d'exercer en toutes 
circonstances une action limitative d'oii est sorti l'esprit de la bureaucratie moderne. Le dernier coup de cette 
guerre, c'est malheureusement Turgot qui le porta en abolissant dans sa Généralité les assemblées de 
paroisses, seul débris qui subsistât encore des libertés municipales transmises par le moyen âge. 



(1) Cf. noire Invent, des arch. hospitalières de la Haute-Vienne, introduction, p. XI, avec renvois aux sources. 

(2) Inventaire, C. 469. 

(3) Inventaire, C. 496*. 

(4) D'Hugues, ouv. cité, p. 168. Cf. Inventaire, G. 365, 376, où il est parlé de a l'extinction de la mendicité, > et dans les œuvres de 
Turgot, édit. citée, H, 40, im supplément, du 19 fév. 1779, aux instructions du l^r août et du 20 nov. 1768 concernant la sappression 
de la mendicité. 

(K) Cf. le Calend. eccl. et civil de Limoasin pour 1789. — Au XVH® siècle on enfermait les mendiants à Thôpital. Inventaire, G. 360. 

(6) Inventaire, C. 366. 

(7 et 8) Inventaire, G, 83 etss.,284 et 281 Ci. Œuvres de Turgot, édit. citée, H, lil, lettre relative à la réforme des droits d'octroi, 1772. 

(9) Dt>s 1687, Barberie 1 de Saint-Gontest provoque la réfection des aqueducs de la ville pour assurer rapprovisionnement de l'eau en 
cas d'incendie. Kn 1730 M. deTourny convoque à cette seule fin une assemblée des consuls de Limoges {Registre consulaire, IV, 368) 
Néanmoins c'est seulement en 1788 que l'un de ses successeurs M. Meulan d'Ablois réussit à faire acquérir par les consuls une pompe 
à incendie. Voy. le second complément à VInvent. des arch, comm. de Limoges, DD. 7. Gf. ï Inventaire, G. 468. Le service des 
incendies était organisé à Strasbourg depuis 1469. 



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L'ADMINISTRATION CXLI 

Bt ce n*est point seulement le Tiers-État qui eut à souffrir de ce développement des attributions de l'intendant. 
Le Clergé eut aussi à compter avec lui. C'est en effet l'intendant que le pouvoir royal chargea de disperser les 
communantés religieuses établies sans lettres patentes (1686) (l), d'interdire les pèlerinages qui donnaient 
lieu à des désordres de mœurs (1686) (2), d'administrer la mense des abbayes vacantes (1738) (3). Par une 
extension naturelle de ces attributions, ce fut Pintendaut qui eut mission de surveiller les protestants de sa 
Généralité ; c'est lui qui, pendant la première partie du règne de Louis XIV, appliqua la plupart des mesures 
restrictives qui précédèrent la révocation de Fédit de Nantes \ c'est lui enfin qui, appuyé sur les dragons de 
M. d*Asfeld, dispersa les dernières assemblées du culte réformé en 1685, ferma les temples et les écoles et, 
pendant une quarantaine d'années, poursuivit en tous lieux ces abjurations en masse qui donnèrent le 
change au pouvoir royal sur les véritables sentiments des victimes (4). 

Il n'est point jusqu'à la Noblesse qui n'ait pâti de la puissance accordée aux intendants. Nous avons déjà 
mentionné le transfert à l'intendant des opérations de recrutement et de mobilisation exercées autrefois par 
le gouverneur militaire de la province. En 1666,1a vérification des titres de noblesse (opérée une première fois 
en 1598 par le moyen du parlement) fut confiée à l'intendant de la Grénéralité (5). Si l'on remarque que la 
Noblesse avait pour tête dans chaque province le gouverneur militaire, de même que le Clergé avait son 
évêque, il en faut conclure que l'intendant, quelle que fut d'ailleurs sa naissance, était la tête du Tiers-État, 
dont il gérait en effet les intérêts communs. La mission qu'on lui confia en 1666 et qu'on renouvela sous 
diverses formes en 1684 (6), en 1696 (7), en 1730 (8) et en 1771 (9), dut donc paraître fort vexatoire aux intéressés. 



9. — Assistance et Enseignement. 



Toute aux mains du clergé pendant le moyen-âge, revendiquée par les consuls des villes dès le XIV« siècle, 
l'assistance publique devient au XVIP siècle l'un des soucis de l'État. L'ordonnance de 1612 pour la réforme 
des hôpitaux du royaume, les lettres patentes de 1656 portant établissement d'hôpitaux généraux dans les 
principales villes sont la première intrusion directe de l'État dans ce domaine. Ces lettres reçurent exécution à 
Limoges et nous avons pu raconter ailleurs comment on réorganisa les services hospitaliers en souffrance 
depuis près d'un siècle (10). Mais le clergé et les magistrats municipaux restèrent encore les maîtres de ce 
service et subirent tout au plus le contrôle de l'intendant de la Généralité. Au XVIII* siècle, ils passent bon 
gré mal gré sous sa tutelle, et partagent avec lui le soin et la responsabilité d'élever et de surveiller les 
9 enfants exposés. » La raison de cette intervention de l'intendant nous paraît résulter moins d'une doctrine 
préconçue sur le rôle de l'État en ces matières que de l'impuissance oii se trouvaient les hôpitaux existants 



(i) Inventaire, G. 359, où l'on a imprimé ld6S au lieade 1686. 
(S) Inventaire, G. 99. 

(3) Inventaire, G. 359. 

(4) Inventaire^ 0. 273 et 612. C(. noire Hist, de la Réforme dans la Marche el le Limousin, ciiap. XII et XIII. 

(5) Les résultais en sout cousigoés dans le Nobiliaire de la Généralité el du diocèse de Limoges ou Nobiliaire limousin de 
MM. Hoy-Pierreûtte el Lecler, à l'appeadice de chacun des quatre volumes. Cf. pour Télection d^Angouiôme le Bull, de la Soc. hist. 
de la Charente, 1866, p. 337 et ss. — 11 y a une copie des résultats de cette opération, sous le titre de « généalogie des gentilshommes 
du LiflMMisin », à la bibliothèque municipale de Roueu, ms. U9 2.831. Cf. le no 2.994. 

(6) Inventaire^ G. 422. / 

(7) Déclaration royale du 4 sept. 1696 coutre les usurpateurs du titre de noblesse. L'exécution dura de 1603 à i7Q5.Qn en prouve les 
résalUls cousignés dais les registres MM. 693 el69i des Archives nationales. 

(g) Inventaire, C. 284 et 285. 
(9) Inventaire, C, 458 et note. 
(iO) Introduction à l7/iw»(a»r^ des archives hospitalières de la Haute- Vienne, chap. IV. 



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CXUI LA GÉNÉRALITÉ DB LIMOGES 

de secourir efficacement ces misères (1). Le nombre des enfants exposés à Limoges dépasse à certains 
moments du XVIIP siècle ce qu'on imaginerait. Il y en eut 1,912 de 1725 à 1741. — 2,593 de 1741 à 1756, — 
3,391 de 1756 à 1772, — 5,613 de 1772 à 1788 (2). Et comme beaucoup étaient apportées de la campagne ou des 
villes voisines, le bureau de l'hôpital général avait une bien naturelle propension à les abandonner pour r\e 
se préoccuper que de ceux dont les parents étaient domiciliés à Limoges. Le rôle de Tintendant fut d'étendre 
sa sollicitude à tous ceux qui la réclamaient, d'où qu'ils vinssent, et c'est ainsi que l'hôpital de la ville devint 
en fait celui de la province, et comme tel, en l'absence d'États, soumis à la direction de Tintendant exécuteur 
des ordres d'un ministre. Cette évolution, dont les contemporains n'eurent peut-être pas la vue claire, 
commença vers 1755, le jour oii l'État prit à sa charge une partie des pensionnaires de l'hôpital de Limoges (3). 
Elle fut également tentée dans d'autres établissements de moindre importance : il y a trace dans les archives 
de l'immixtion de l'intendant dans l'administration des hôpitaux d'A.rgentat, de Brive et d'Ussel (4). 

Une institution propre à l'ancien régime est celle des Bureaux de charité qui furent organisés pour la pre- 
mière fois à la fin du XVII® siècle (5). Bientôt déchue, cette institution se relève en 1770, se régularise, 
et l'on peut dès lors se rendre compte de son fonctionnement (6). Là encore c'est l'intendant qui a l'ini- 
tiative. Tout en laissant à l'évèque la préséance, Turgot a grand soin de convoquer à l'intendance même la 
première assemblée du Bureau et d'y faire entrer toutes sortes de délégués laïques en nombre supérieur à celui 
des représentants du clergé (7). Il ne s'agit plus en effet de charité ecclésiastique, mais de bienfaisance admi- 
nistrative ou, comme on disait alors, de philanthropie. Et l'évèque de se prêter de la meilleure grâce du 
monde à cette confiscation du rôle exercé depuis des siècles parle clergé. C'est l'avant-dernier terme des reven- 
dications élevées dans ce domaine par les consuls de Limoges dès le XïV® siècle. Cette évolution a une telle 
importance historique que nous n'hésitons pas à reproduire ici la délibération qui la consacre. 

€ Aujourd'hui onze février 1770, dans la grande salle de l'Intendance 

Après qu'il a été unanimement convenu par l'assemblée de n'observer aucun rang dans l'ordre de 

la séance et des opinions, Mgr Tévêque a fait une courte exposition des circonstances où la province se trouve 
réduite, et particulièrement la ville de Limoges par la rareté et par la cherté excessive des subsistances en 



(1) Outre les articles de V Inventaire relatifs aux enfants exposés que nous indiquons ailleurs, voy. d'une manière générale les 
art. C. 331, 357 et 364. ' 

(2) Introduction à VInvent. des arch. hospU., p. XXXH. 

(3) Introduction à ÏInvent. des arch, hospit.y p. XXXI, Cf. Inventaire^ C. 373 - 376. 

(4) Invent, des arch* départementales de la Corrèze, G. 2il6, 227. 

(5) Voy. la Corresp. des contrôleurs généraux, publ. par M. de Boislisle, I, n«« 1490 et 1838. 

(6) Inventaire, G. 99; Œuvres de Turgot, édit. citée, II, p. 4, 21, 28, 46, 48, 54 et 57. 

(7) Voici les noms des membres convoqués à l'assemblée de charité du 11 fév. 1770 dont nous reproduisons le procès-verbal : l'é- 
vèque, l'intendant, le lieutenant général de police ; M. Juge de la Borie, avocat du roi,; M. Lami de Luret, député de Péglise cathé- 
drale; M. Ârdantdu Pic, écbevin; M. Navières, curé de Saint-Pierre; M. de Montaigu, député de la Monnaie ; M. Famé, cu)*é de St- 
Paul ; M. des Saignes, député de la maréchaussée ; M. de Montesquieu, abbé de St-Marlial ; M. Tauchon, juge de la cité et député des 
avocats; M. Romanet, syndic du clergé; M. Pelletier, curé de St-Gérald: M. Goudin de la Borderie, député de la noblesse; M. Ma- 
thieu, curé de St-Michel de Pistorie ; M. Fougère, député des médecins ; Dom Vaissière, abbé des Feuillants ; M. Michel, maire de la 
cité; M. Martin, curé de St-Âurélien ; M. Garboineau, député des procureurs et des notaires; Dom Rechigniac, prieur de St-Augustin ; 
M. Muret, curé de St-Domnolet; M. Noaille des Bayles. député du bureau des finances; M. Girard, supérieur du séminaire ; M. Péti- 
niaud le jeune^ député du commerce; M. Montaudon, député du présidial et sénéchal ; le syndic des Feuillants ; M. Romanet du Cail- 
laud, échevin ; M. Popard de Nargis, curé de St-Julien ; M. Maledent de Bonabri, député de l'église cathédrale ; M. le chevalier de 
Fromental, député de la noblesse ; M. de la Bachellerle, syndic de la Mission ; M. Teulier, député de la collégiale de St-Martial : M. Bo- 
nin, député du présidial et sénéchal; M. Benoit, curé de St-Ghristophle ; M. Etienne, député de l'Élection; M. Malledent de Feytiat, 
député du bureai» des finances; le supérieur de l'Oratoire; M. Roulhac de Traschaussade, député de la collégiale de St-Martial ; 
M. Grellet le jeune, député du commerce ; M. de Fressanges, curé de St-Michel; M. Roulhac du Rouveix, échevin; M. Pétiniaud, 
curé de St-Maurice; M. Pouyat, principal du collège; M. Guiuguaud de St-Malhieu, curé de Ste-Félicité ; MM. Desmai'est et Poujand 
de Nauclas, représentant les personnes attachées à l'intendance, aux ponts et chaussées et aux finances. (Extrait du registre G. 361, 
mentionné ci-après). 



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r ADMINISTRATION CXLIII 

tout g-enre, et il a dit que cette situation connue du Parlement [de Bordeaux] a déterminé cette cour à rendre, 
le 17 du mois de janvier dernier, un arrêt enregistré, le 23 du même mois, en la sénéchaussée de Limoges, à 
TefiFet de subvenir aux besoins pressants des pauvres de la province. Après lequel exposé, la lecture de Tarrêt 
a été faite par M. Juge, avocat du roi, et a été suivie de celle d'une instruction en forme d'avis donné pour 
toute la Géuéralité par M. l'intendant. 

€ Ensuite Mgr Tévêque a fait des observations sur l'exécution de l'arrêt relativement à la ville de Limoges, 
et il a proposé d'en remplir les vues par la voye des offres volontaires comme plus honorable et non moins 
fructueuse que celle de l'imposition. 

< La chose mise en délibération, il a été arrêté que la voye des offres volontaires seroit préférée atout autre 
moyen. 

t Pour y parvenir, Mgr Tévêque a proposé de former un registre sur lequel seront inscrites toutes les offres 
particulières payables tant par mois, à commencer le 20 du courant et à continuer ainsi jusqu'au 20 juin pro- 
chain, en sorte qu'il y aura cinq payements pour cinq mois de subsistance jusqu'à la récolte, ce qui a été 
adopté par l'assemblée. Il y a été aussi convenu que ces offres volontaires seront faites à l'instant en pleine 
assemblée par ceux de ses membres qui le jugeront à propos, et qu'elles seront enregistrées sur-le-champ. A 
regard des absens et de ceux qui présens croiront devoir différer, MM. les députés de chaque corps et compa- 
gnie formant l'assemblée actuelle y ont été priés d'avoir un petit registre sur lequel ils recevront et feront 
signer les soumissions particulières de chacun des membres du corps qu'ils représentent ; lequel registre, lors- 
qu'il sera complet, sera remis par les dits députés à M. l'intendant pour être joint au registre des offres 
générales. 

« Quant aux autres habitans, qui n'appartiennent à aucun corps ou compagnie, il sera indiqué par MM. les 
curés, de concert avec M. le lieutenant général et avec M. le juge de la cité pour ce qui le concerne, une assem- 
blée dans laquelle les dits sieurs curés recevront aussi sur un registre les offres particulières qui leur seront 
faittes. 

a Comme il n'est pas d'usage que les dames se trouvent aux assemblées de paroisses, MM. les curés pour- 
ront, chacun dans la leur, indiquer une assemblée particulière à laquelle seront invitées les dames qui n'ont 
ni mari ni représentant dans aucune des assemblées générales ou particulières, et qui y feront leurs offres et 
soumissions par suite sur le même registre. 

a MM. les curés ont aussi été priés de se donner la peine de passer chés touttes les personnes aisées de leur 
paroisses qui, à raison de leurs infirmités ou autres empêchemens, n'auroient pu se trouver à quelqu'une des 
dittes assemblées -, d'y recevoir pareillement et y faire signer leurs soumissions en faisant une note de ceux 
qui auront été refusans, et lorsque leur registre sera complet, ils voudront bien le remettre à Mgr l'évêque 
pour être joint aux soumissions générales.. Au surplus on les a inyités à convoquer par billets, sous trois jours 
au plus tard, les personnes qui, conformément aux dispositions ci-dessus, doivent former leur assemblée, en 
sorte qu'ils soient en état de remettre samedi matin pour le plus tard leur registre à Mgr l'évêque, le premier 
bureau devant se tenir le même jour à deux heures de relevée. M. l'intendant a fait une pareille invitation 
aux députés des corps et compagnies. Quant aux communautés religieuses, M. l'évêque s'est chargé de rap- 
porter leurs offres pour le même jour. 

«r Ensuite Mgr l'évêque a proposé de nommer un trésorier qui recevra et enregistrera les sommes provenant 
des oflFres et un secrétaire qui rédigera les délibérations dans le Bureau subsistant, dont on va parler. Ce qui 
ayant été jugé nécessaire, l'assemblée a nommé pour trésorier M. François Ardant et pour secrétaire M. Pou- 
jaud de Nauclas. 

« Après quoi, sur la proposition faite par Mgr l'évêque, l'assemblée aformé pour l'administration un Bureau 
subsistant, auquel elle a donné tout pouvoir en son nom, et qui sera composé : des personnes spécialement 
chargrées par leur état et leur place de procurer le bien et l'utilité publique ; d'un député de chaque corps ou 
compag-nie nombreuse, et d'un député de plusieurs corps réunis ensemble, lorsqu'ils seront trop nombreux, 



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CXUV LA GÉNÉRALITÉ DE 'limoges 

de sorte que le Bureau sera composé comme il suit : ... Mgr Pévêque, M. Pintendant, M. le lieutenant géné- 
ral, M. le procureur du roi... un député de la cathédrale, un député des communautés religieuses rentées, un 
député du corps de ville, M. le sindic du clergé, un député du Bureau des finances, M. le maire de la cité, 
M. Tabbé de St-Martial, un député du présidial et sénéchal, deux députés du commerce, un député de la col- 
légiale de St-Martial, M. le }uge de la cité, un député des avocats, deux députés de la noblesse, un député des 
médecins, un député des notaires et procureurs, un député représentant l'élection, la monnoye et la maré- 
chaussée, un député représentant les personnes attachées à Fintendance, aux ponts et chaussées et finances, 
le trésorier et le secrétaire. 

« MM. les curés ont été invités à se rendre au Bureau toutes les fois qu'ils auront quelques lumières à com- 
muniquer ou quelques représentations à faire, relativement aux besoins de leurs paroisses. 

« 11 a aussi été délibéré que le Bureau ainsi formé s'assemblera chés Mgr Tévêque régulièrement tous les 
samedis à deux heures après midi, et dans le cas d'absence ou d'empêchement, chés M. l'intendant, et en ca.^ 
d'absence on d'empêchement de Tun et de l'autre, chés M. le lieutenant général. 

« Et pour que le Bureau de charité soit en état de proportionner la distribution de ses fonds au nombre des 
pauvres, l'assemblée a prié MM. les curés de former trois états dont le premier contiendra avec le plus grand 
détail, le dénombrement des pauvres natifs ou domiciliés depuis six mois dans la ville, faubourgs et banlieue, 
maison par maison, feu par feu, en observant de distinguer l'âge, le sexe, l'état de validité ou d'invalidité 
des dits pauvres, et ce, conformément au modèle qui leur sera délivré en blanc et dont ils rempliront les co- 
lonnes. Le second sera composé des familles honnêtes et indigentes dont, par ménagement, les noms n'y 
seront pas portés, mais seulement le nombre des personnes avec une estimation que MM. les curés y joindront 
des secours qu'ils croiront devoir être distribués à chaque famille. Le troisième contiendra le nom dés pauvres 
étrangers qui sont dans le cas d'être renvoyés, et MM. les curés sont priés d'user de la plus grande diligeflce 
pour former les dits états sans lesquels le Bureau de charité ne peut agir. 

« Pour faciliter leur opération, il sera nommé par les assemblées de leurs paroisses, dans chacune de celles 
de Saint-Pierre et de Saint-Michel, comme les plus considérables, quatre personnes notables autres que les 
membres du Bureau de charité, pour servir à MM. les curés de conseils et d'adjoints, tant pour la confection 
des états et dénombrement des pauvres de la première et de la troisième classe, que pour la distribution des 
fonds provenans de la caisse de charité, destinés pour la première et la seconde classe. A l'égard des autres 
paroisses moins nombreuses, deux adjoints suffiront. Mais dans toutes, MM. les curés et leurs adjoints s'as- 
sembleront chaque semaine à l'heure la plus commode pour eux, la veille ou l'avant-veille du jour fixé ci-des- 
sus pour la tenue du Bureau général, afin de pouvoir faire entre eux de concert les observations nécessaires 
au soulagement de leurs pauvres et d'en référer, s'il est besoin, au Bureau générak 

cr Afin d'engager tous les citoyens à faire les plus grands efforts pour le soulagement général des pauvres, 
il a été convenu qu'il ne seroit point fait, à Pasques prochain, de quête pour l'hôpital ; mais qu'attendu le pré- 
judice qui résulteroit de la suppression de ce secours pour une maison dont la conservation et la subsistance 
sont si intéressantes pour le public, il sera pris sur les fonds de la caisse de charité une somme égale au pro- 
duit de la dernière quête pour être délivrée au receveur de l'hôpital > (l). 

Plus durables, plus efficaces dans leur action furent les ateliers de charité institués vers le milieu du règne 
de Louis XV (2), mais généralisés seulement en 1770 à la suite de la grande famine qui désola le royaume (3). 
Ces ateliers étaient destinés à fournir aux indigents un travail rémunérateur, au lieu de secours gratuits et 
arbitraires en argent ou en nature (4). Ces travaux, payés sur les t fonds de charité », étaient : pour les fem- 

(1) Inventaire, C 361. 

(î) Voy. le Registre cotisulaire^ IV, 4M, pour l'année 1699, et la C<»Ye$p. des contrôleur généraux, publ. par M. de Boislisle, I, poi- 
stm. Cf. ci-dessus la liste des intendants de la Généralité, n*« 33 et 37. 

(3) CEuvres de Turgot, édit. citée, II, p. 37. 

(4) Grande encyclopédie, verbo Ateliers, 



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L* ADMl NISTEATION CXLV 

mes et les enfants la filature : pour les hommes valides, la construction ou la réfection des chemins ruraux. 
L'idée n'était pas nouvelle : Colbert Pavait eue et nous en avons montré ailleurs l'application dans Thôpital 
de Limoges dès les premières années du XVIIP siècle (1). Ce qui fut nouveau, ce fut d'étendre le bénéfice de 
cette idée anx hommes valides et de l'appliquer avant tout et presque uniquement à l'ouverture des chemins 
vicinaux que l'on ne pouvait plus songer à construire comme les grandes routes par le système des corvées. 
C'est grâce à cette organisation, fonctionnant déjà en 1773 par le moyen d'une vingtaine d'ateliers disséminés 
sur divers points de la Généralité (2), qu'on réussit si vite à doter les campagnes de chemins praticables qui 
reliaient aux grandes routes les villages les plus éloignés. Cette institution subsista jusqu'à la Révolution. 



L'enseignement est le dernier grand service public dont l'État ait songé à s'emparer. Tout entier aux mains 
du clergé alors même qu'il était exercé par des laïques, l'enseignement paraissait sa propriété légitime devant 
l'opinion du temps. Mais cette propriété était an monopole, car eeax-là seuls étaient admis à enseigner qui 
étaient réputés orthodoxes. Si, au XYIP siècle, protestants et jansénistes eurent des écoles, ce ne fut qu'à leur 
corps défendant et pour peu de temps. Aussi lorsqu'au milieu du XVIIP siècle la lutte s'engagea contre les 
jésuites, l'idée apparut de revendiquer au nom de la société laïque le partage du droit d'enseigner. C'était* 
revendiquer le droit de dresser les esprits pour les fins immédiates et simplement temporelles que l'État se 
propose en toutes choses. Mais l'opinion publique n'était pas encore mûre pour cette évolution, et en 1763 des 
prêtres séculiers succédèrent presque partout aux jésuites dans les collèges en exercice. Celui de Limoges prit 
alors le nom de < Collège royal », simple modification d'enseigne qui n'était pourtant pas sans portée. 

C'est par un autre canal, celui de l'enseignement technique et professionnel, réclamé par les économistes 
et les encyclopédistes et pour lequel le clergé n'était point qualifié, que l'État s'introduisit dans la place. En 
instituant à Paris les grandes écoles spéciales (3), à Limoges une école vétérinaire (4) et des cours d'accouche- 
ment {Ô), l'État exerçait déjà une attribution nouvelle, qu'il va bientôt étendre au-delà de toute prévision. 
C*e8t à son exemple que de simples particuliers fondent alors à Limoges des cours de dessin et de travail ma- 
nuel (6), dans lesquels le clergé n'avait rien à voir et qui d'ailleurs ne paraissent pas lui avoir porté ombrage. 
C'est de Texistence de ces divers établissements que la Convention prendra titre quelques années plus tard 
pour organiser l'enseignement laïque sur tout le territoire de la République. 

Nous venons de parler des cours d'accouchement. Nous sommes hors d'état cependant d'indiquer à quelle date 
précise ils furent institués. Il n'en est pas question dans les rôles de capitation avant 1786. A cette date ils 
fonctionnaient au chef-lieu de chacune des cinq élections de la Généralité et coûtaient 1,500 11. (7). 

Il ne paraîtra point arbitraire de rattacher à l'enseignement public la création qui eut lieu, sous l'influence 
de l'intendant, de deux publications fort modestes, semble-t-il aujourd'hui, et pourtant appelées à exercer une 

(1) Introduction à 17nt;^f. des Arch. hospitalièrei^ p. XXVI et XXXIIL 

(S) Inventaire, C. 929-380. Cf. dans la Feuille hebdomadaire de i7S6 (p. 103, 197 et SOI) plnsienrs ordonnances de Tlndendant 
relatives à ces ateliers. 

(3) L'Ecole des ponts et chaussées en 1747, TEcole militaire en 1781, TEcole des mines en 1783. 

(4) Voy. ci-dessos, p. GIX. —La Société d'agriculture dont nous avons parlé précédemment (p. Cil) avait été formée sous le nom 
d'Ecole d'agriculture. Nous avons indiqué quel était son véritable caractère. 

(8) ny en avait au chef-lieu de chacune des cinq élections de la Généralité. {Inventaire^ C. 5170). Ceux de Limoges pourraient bien 
remonter à l'intendance de Turgot ; mais on n'en a point la preuve directe. 
(8) Voy. notre notice sur VAncien collège de Limoget en tête de VInvent, det Arch, départementaleê, série D, p. XXXVI. 

(7) Vov.le rôle no 13 de la liasse C. S86. c n janv. 1787. Ordonnance en faveur de M. Frérot pour être employé ($ic) à la subsistance 

des élèves destinés aux cours d'accouchement établis dans la ville de Limoges. 300 11.... 'M. Brunet À Angoulôme, 30011 

M. de la Combe À Tulle, 300 11 M.Desales à Brive, 30011 M. Tixier àBourganeuf,30011. » 

Hautb-Viknne. — SiRiB C. Introd. XIX 



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Département de la Haute-Vienne. 



INVENTAIRE-SOMMAIRE 



DES 



ARCHIVES DUPARTËNENTALES ANTÉRIEURES A 1790. 



SÉRIE C. 

(Administrations provinciales. — Intendances. — Subdélégations. — Élections. — Bureaux des 
finances. — États provinciaux. — Principautés. — Régences.) 



Intendance de Limoges. 

C. 1. (Liasse.) — 11 pièces, papier, dont 7 imprimées. 

1790. — Division des archives de Vintendance. — Cor- 
respondance ministérielle et instructions sur Tépoque à 
laquelle M. Meulan d*Ablois doit cesser ses fonctions 
dMntendant de Limoges et sur la forme à observer pour 
la remise des papiers de Vintendance aux directoires des 
départements qui se partagent le territoire de l'ancienne 
généralité. — Lettre du contrôleur général à l'intendant, 
2 juillet 1790 : a L'époque de la remise des papiers à chaque 
département en jparticulier s'ouvrira à partir du jour où 
vous recevrez du procureur général syndic l'avis que le 
directoire du département est en activité. Le moment oU 
vous serez dans le cas de cesser vos fonctions pour le 
territoire de tel ou tel département sera celui où vous 
recevrez de moi une expédition de l'instruction destinée 
à ce département ». — Instruction adressée, le 27 juin 1790, 
à l'Assemblée du département de l'Yonne jointe à la lettre 
du contrôleur général à titre de spécimen. — Instructions 
adressées aux départements ci-après avec la date de Tam- 
pliation destinée à l'intendant de Limoges : Vienne , 
23 juillet; — Haute-Vienne, 1" septembre; — Corrèze, 
4 septembre ; — Charente, 6 septembre ; — Creuse, 
14 septembre. — Lettres-patentes du 19 octobre 1790 
portant qu'il sera formé , dans chacun des directoires de 
département, un comité contentieux provisoire, lequel, 
jusqu'au moment où les juges de district seront en activité, 
connaîtra du contentieux autrefois attribué aux intendants. 
Haute-Vienne. — Série C. 



C. 2. (Liasse.) — 7 pièces, papier, dont 2 imprimées. 

4790. — Division des archives de l'intendance. — 
Tableaux du territoire de certains des départements entre 
lesquels fut divisée la généralité de Limoges : Creuse ; — 
Corrèze ; — Charente ; — Charente-Inférieure. — Copie des 
inventaires des papiers remis à M. du Tillac de Juillac, 
administrateur du district d'Angoulôme, et à l'un des admi- 
nistrateurs du département de la Dordogne, par M. de 
Limagne, ancien commissaire des impositions. 

G. 3. (Liasse.) — 51 pièces , papier. 

1790. — Division des archives de l'intendance. — 
Pouvoirs des commissaires des départements de la Haute- 
Vienne, de la Corrèze et de la Creuse pour retirer des 
mains de M. l'intendant les papiers d'administration. — 
Inventaires des papiers remis aux commissaires des dépar- 
tements de la Haute- Vienne, de la Corrèze, de la Creuse 
et de la Charente, relatifs aux localités comprises dans ces 
départements. — État des papiers remis, le 18 septembre 
1790,. aux commissaires de la Haute-Vienne, en présence 
de ceux de la Corrèze, de la Creuse et de la Charente, 
relatifs à l'ensemble de l'administration de la généralité 
de Limoges. — État des papiers relatifs à l'emploi des 
fonds pour les années antérieures à l'administration de 
M. Meulan d'Ablois. — État de l'emploi des fonds du 
moins imposé ; — des excédants de capitation ; — des 
fonds destinés aux dépenses variables ; — à là mendicité ; 
— aux ateliers de charité ; — des fonds imposés en rem- 
placement de la corvée. — Fonds accordés pour les ou- 

1 



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ARCHIVES DE LA HAUTE-VIENNE. 



vrages d*art et les travaux de navigation, de 1784 à 1790. — 
— État des différents fonds disponibles au moment où 
M. Meulan d'Ablois' laissa Tadrainistration de la province 
aux départements. — Observations de MM. les commis- 
saires des départements sur l'emploi des fonds et sur le 
mode de comptabilité. — Minutes des lettres écrites par 
M. d'Ablois aux départements de la Charente-Inférieure et 
de la Vienne, qui n'avaient point envoyé de commissaires 
pour retirer les papiers à eux destinés. — État des papiers 
adressés au département de la Charente-Inférieure. — État 
des papiers remis au directoire de la Haute-Vienne, relatifs 
au contentieux des impositions indirectes et autres ma- 
tières dont la connaissance était attribuée à l'intendant. — 
Tableaux des travaux des ponts-et-chaussées dans les 
parties des départements de la Charente, de la Haute- 
Vienne, de la Corrèze et de la Creuse qui composaient 
autrefois l'ancienne généralité de Limoges (1). 

C. 4. (Plan.) — 1 pièce, papier. 

1784. — Administration générale. — Carte de la France 
divisée par généralités , par Guillaume de Tlsle et Philippe 
Buache, premiers géographes du Roi et de l'Académie royale 
des Sciences. Table des généralités et intendances. 

C. 5. (Plan.) — 1 pièce, papier. 

1781. — Administration générale. — Carte de la géné- 
ralité de Limoges, levée géométriquement, dédiée à messire 
Marius-Jean-Baptiste-Nicolas d'Aine, chevalier, conseiller 
du roi en ses conseils , maître des requêtes honoraire de 
son hôtel, intendant de justice, police et finances en la 
généralité de Limoges, par ses très-humbles serviteurs 
Comuau et Capitaine, ingénieurs-géographes du Roi. 

C. 6. (Registre.) — In-4o, 153 feuillets, papier. 

1698. — Administration générale. — Mémoire sur la 
généralité de Limoges, par M. de Bernage, intendant (copie 
faite, en 1876, sur l'exemplaire appartenant à M. l'abbé 
Tandeau de Marsac). 

C. 7. (Liasse.) — 11 pièces, papier. 

1763-1784. — Administration générale. — Mémoire pour 
l'histoire et la géographie du Limousin, par M. Devoyon, 
chanoine de l'église de Limoges (1765). — Mémoire sur 

(1) Les papiers compris dans ces trois premiers articles étalent restés entre les 
mains de M. Mealan d*Âblols, dernier Intendant de Limoges, comme sa propriété 
personnelle ; Us contenaient en effet sa décharge vls-k-Tls des directoires des 
départements. H. d'Âblols étant mort en noTembre 1814 , H. Lefèbvre, ancien 
secrétaire de cet Intendant, secrétaire général de la Hante* Vienne en 1814, et 
premier archiviste da même département, de 1831 à 1848, demanda anx^érltlers 
les pltees dont 11 s'agit : elles Inl furent accordées, ainsi que beaucoup d'autres. 



rhistoire et la géographie du Limousin : « Si M. Tabbé 
Expiliy s'y était pris de meilleure heure, il aurait été servi 
avec le môme zèle, mais avec moins de confusion, par 
J. Nadaud, curé de Teyjac ». — Cinquante-deux articles 
géographiques relatifs aux principales villes de la géné- 
ralité de Limoges, par Tabbé du Mabaret , curé de Saint- 
Michel de Saint-Léonard (ces trois mémoires ont été adressés 
à M. d'Expilly pour son Dictionnaire des Gaules et de la 
France). — Errata et variantes des cartes de Comuau, de 
1782 et 1783, par Tabbé Legros. — Observations pour la 
carte de 1783 sur les voies romaines de la généralité de 
Limoges, d'après les manuscrits de l'abbé Nadaud. — Notes 
de Comuau. 

C. 8. (Liasse.) — 5 cahiers ia-folio, papier. 

XVIIIe siècle. — Administration générale. — Statis- 
tique. — Dénombrement des feux de la généralité de 
jLimoges par collectes : Élection de Limoges, comprenant 
216 collectes, 30,949 feux. — Élection d'Angoulôme, 258 col- 
lectes, 36,943 feux, non compris la ville de La Rochefou- 
caud. — Élection de Tulle , 208 collectes , 18,089 feux. — 
Élection de Brives, 129 collectes, 19,599 feux. — Élection de 
Bourganeuf, 79 collectes, 3,508 feux. 

C. 9. (Liasse.) — 2 cahiers in-folio, papier. 

1783-1788. — Administration générale. — Statistique. 
— Mouvement de la population pendant les années 1783, 
1784, 1785, 1786 et 1787, pour chacune des paroisses des 
élections de Limoges et de Bourganeuf; — Élection de 
Limoges, pendant les cinq années susdites : Naissances : 
garçons 25,865; filles 24,375. Mariages : 14,276. Décès: 
hommes 23,841 ; femmes 22,572. DifTérence entre les 
naissances et les décès : 2,827 au profit des naissances. — 
Élection de Bourganeuf pendant les cinq années susdites : 
Naissances : garçons 2,740; filles 2,586. Mariages : 1,686. 
Décès : hommes 2,545; femmes 2,602. Différence entre 
les naissances et les décès : 179 au profit des naissances. 

C. 10. (Liasse.) 15 pièces, papier, dont 14 imprimées. 

1780-1789. — Agriculture. — Mémoires, instructions et 
avis publiés par ordre du gouvernement, soit à l'Imprimerie 
royale, soit à Limoges, chez Barbou. — Lettre de M. Juge 
de Saint-Martin, correspondant de la Société royale d'Agri- 
culture , à M. Hugon de Marcillac , sur la culture et les 
usages des pommes de terre. — Instruction sur les prairies 
artificielles. — Mémoire sur la corruption des blés en 
Poitou et le moyen d'y remédier, par MM. Parmentier et 
Cadet de Vaux. — Mémoire manuscrit sur la culture, l'usage 
et les propriétés du blé d'Espagne. — Avis pour marquer 
les moutons. 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE UMOGES. 



C. 11. (Liasse.) — 6 pièces, papier, dont 1 imprimée. 

1697-1769. — Agriculture. — Ordonnance de la cour 
sénéchale de Limoges concernant la vériAcation des me- 
sures de grains en usage dans le ressort de ladite séné- 
chaussée, 23 janvier 1767. — Forléal de Limoges, Aureil, 
Saint-Léonard et Pierre-Buffière, pour le froment, le seigle 
et Tavoine (1764-1769). — Réduction des mesures du fro- 
ment, seigle et avoine du Limousin et autres lieux circon- 
voisins. Si celle de Limoges. — Extraits de forléaux : a Pour 
le froment et seigle, le setier est composé de quatre quartes ; 
la quarte, de quatre coupes. Le setier de froment pèse, poids 
de marc, 80 livres ; le setier seigle, 70 livres. Avoine : le 
setier est composé de quatre éminaux, Téminal de deux 
quartes combles, qui font huit quartes pour le setier. 
L'éminal de grosse avoine pèse 29 à 30 livres ; la petite 
avoine pèse de 19 à 20 livres. » Prix du froment à Limoges 
en 1720 : 4 livres 19 sols le setier; en 1740 : 5 livres 4 de- 
niers ; en 1760 : 4 livres 10 sols 6 deniers. 

C. 12. (Liasse.) — 57 pièces imprimées. 

1776-1787. — Industrie, commerce. — Législation, 
instructions. — Lettres-patentes concernant les manufac- 
tures, du 5 mai 1779, publiées par ordre de M. d*Aine, 
intendant à Limoges, 14 décembre 1781. — Établissement 
des bureaux de visite et de marque des étoffes et règle- 
ment pour la manutention desdits bureaux, 1*^ juin 1780. — 
Règlement pour la fabrication des toiles et toileries dans 
la généralité de Limoges, 30 septembre 1780, avec tableau 
indiquant les règles à suivre pour la fabrication dans ladite 
généralité. — Règlement pour la fabrication des toiles et 
toileries, suivi d'un tableau indiquant les règles à suivre 
pour cette fabrication dans les généralités de Provence , 
Bourgogne , Caen , Rouen , Alençon , Lyon , Châlons , 
Auvergne, Picardie, Bretagne , Poitiers, Tours (1780-1781). 

— Règlement pour la fabrication des étoffes de laine , et 
tableau des règles à suivre pour cetle fabrication dans les 
généralités de Paris, Orléans, Champagne, Bourges, Au- 
vergne, Amiens, Rouen, Auch, Grenoble, Caen, Provence, 
Alençon, Poitiers, Tours (1780-1781). — Instruction pour 
Texécution des lettres précédentes et autres données par 
Necker, directeur général des finances. — Autre instruction 
donnée par le même aux inspecteurs commis pour l'exécu- 
tion des règlements concernant les manufactures (1781). 

— Arrêt du Conseil sur la comptabilité des droits de 
marque, 12 mars 1781. — Arrêt accordant un délai pour la 
marque des étoffes (1781). — Arrêt qui détermine les fonc- 
tions des juges des manufactures, et fixe les droits qui leur 
seront payés, 28 juin 1781. — Autre portant que les coupons 
d'étoffes et toiles de six aunes et au-dessous pourront 



circuler et être exposés en vente sans être revêtus de 
marques, 25 juillet 1781. — Règlement pour les maîtres et 
les ouvriers dans les manufactures et dans les villes où il 
y a communautés d'arts et métiers , 12 septembre 1781 . — 
Arrêt du Conseil sur le compte du produit des droits de 
marque, amendes et confiscations, 27 septembre 1781. — 
Arrêt qui fixe les droits d'entrée pour la bonneterie étran- 
gère , 25 octobre 1781 . — Arrêt portant règlement pour les 
toiles peintes et imprimées , 10 novembre 1785. — Arrêt 
portant règlement pour la marque et visite des toiles 
blanches et imprimées dans les manufactures d'Alsace, 
26 janvier 1786. — Arrêts du Conseil qui défend à tous car- 
deurs, fileuses et autres ouvriers de se servir pour le 
cardage et la filature du coton des mêmes outils que pour 
le cardage et la filature de la laine, 12 janvier 1787 ; — qui 
ordonne que les sucres provenant des lies de France et de 
Bourbon payeront 22 livres 10 sols par quintal à toutes les 
entrées du royaume, 15 avril 1775 ; — qui exempte de tous 
droits d'entrée les livres venant de l'étranger, 23 avril 
1775, etc. 

C. 13. (Liasse.) — 76 pièces, papier. 

1731-1787. — Industrie et commerce. — Renseigne- 
ments généraux. — Notes de M. Comuau , inspecteur des 
manufactures de la généralité de Limoges, sur divers 
objets pour servir à une notice générale sur l'industrie et 
le commerce dans son département. — Mémoire sur la 
forge de Ruel. — Mémoire sur la filature de coton et l'éta- 
blissement des manufactures de siamoises à Limoges. — 
Correspondance de M. Cornuau avec M. Joly de Fleury ; 
M. d'Aine , intendant à Limoges ; M. de Beaulieu , subdè- 
légué général, et autres personnes (1771-1782). — État des 
manufactures de draps et autres étoffes en Limousin pour 
1731, portant les lieux de fabrique, les noms des étoffes, 
les matières employées , le prix de ces matières , la lon- 
gueur et la largeur des étoffes fabriquées , les échantillons 
de ces étoffes, leur prix, le nombre des fabricants et des 
pièces d'étoffes fabriquées. — Autre èlat du même genre, 
moins développé et sans date. — Nomination des gardes- 
jurés chargés de veiller à la marque des étoffes, à Limoges, 
Angoulême et Tulle (1782). — États détaillés des pièces 
d'étoffe et de toile présentées aux bureaux de visite et de 
marque de Saint-Léonard et de Brives de 1784 à 1787. — 
Renseignements divers sur la marque des étoffes. 

C. 14. (Liasse.) — 10 pièces, papier, dont 8 imprimées. 

1608-1759. — Arts et métiers. — Législation, police. — 
Renseignements généraux. — Édit du roi portant création 
et érection de deux maîtrises de chacun art et métier en 
chacune ville et bourg juré du royaume , en faveur de la 



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ARCHIVES DE LA HAUTE-VIENNE. 



naissance de Mgr le duc d'Anjou, troisième fils de France, 
mai 1608 : petit in-12 « imprimé àBourdeaux, par Arnault du 
Brel , imprimeur de Mgr Fillustrissime et révérendissime 
cardinal de Sourdis ». — Édit portant création de maîtrises 
d'arts et métiers dans toutes les villes du royaume, à 
l'occasion du mariage du roi, juin 1725. — Arrêt du Conseil 
du !•' juillet 1725 qui règle le mode de recouvrement du 
droit de confirmation dû à cause de Tavènement du roi à 
la couronne et celui de la finance qui doit provenir de la 
vente des maîtrises créées par Tédit précédent. — Arrêt 
enjoignant à tous les greffiers, maîtres et gardes-jurés de 
fournir un état contenant le nombre des maîtres qui com- 
posent les différentes communautés de marchands et d'arts 
et métiers en jurande , sous peine de suspension de leurs 
offices, maîtrises ou commissions, 11 décembre 1725. — 
Arrêt du 22 janvier 1726 ordonnant la communication des 
registres des communautés pour le recouvrement de la 
finance des maîtrises. — Arrêt concernant le privilège 
qu'ont les maîtres reçus dans les communautés de Paris 
de s'établir dans les autres villes du royaume, 23 janvier 
1742. — Arrêt qui ordonne l'exécution de l'édit de février 
1745 portant création d'inspecteurs et contrôleurs des 
maîtres et gardes dans les corps de marchands, et des 
inspecteurs et contrôleurs des jurés dans les communautés 
d'arts et métiers , 3 juillet 1745. — Ordonnance de police 
concernant les arts et métiers de Limoges, 4 juillet 1759. 

C. 15. (Liasse.) — 79 pièces, papier, dont 12 imprimées. 

1760-1789. — Arts et métiers. — Législation, police, 
renseignements généraux. — Lettre de M. Trudaine à l'in- 
tendant de Limoges, pour savoir si rien ne s'oppose à ce 
que le nommé Aragon s'établisse à Limoges, pour exercer 
le métier de boulanger (1760). — Arrêt du Conseil d'État du 
49 mars 1774 qui accorde un délai de six mois aux çroprié- 
taires de charges de barbiers, perruquiers, baigneurs et 
étuvistes pour faire l'évaluation de leurs charges. — Édit 
du roi portant suppression des jurandes et communautés 
de commerce, arts et métiers, février 1776. — Arrêt du 
Conseil ordonnant la vente des effets des corps et commu- 
nautés de commerce, pour le produit être employé à 
l'acquittement de leurs dettes, 1«' septembre 1776. — Ques- 
tionnaire adressé à MM. les intendants sur les commu- 
nautés d'arts et métiers des différentes villes de leurs 
généralités. — Réponse audit questionnaire. — Pièces 
relatives au recouvrement des droits résultant des édits 
sur les communautés d'arts et métiers (1776-1780). — 
Lettres-patentes qui fixent la forme et les délais de la 
comptabilité du sieur Rouillé de l'Étang, trésorier des de- 
niers provenant des communautés d'arts et métiers, 24 avril 
1778. — Arrêt du Conseil du 5 avril 1770, concernant les 



comptes à rendre par les syndics et adjoints des commu- 
nautés d'arts et métiers établies dans les villes du ressort 
du parlement de Paris. — Pièces relatives à la remise de la 
troisième copie des comptes des communautés d'arts et 
métiers. — Compte de la communauté des maîtres perru- 
quiers de Limoges (1782). — Compte de la communauté 
des boulangers (1782). — Déclaration du roi concernant les 
communautés d'arts et métiers dans les villes dont l'état 
est annexé à l'édit d'avril 1777, 1" mai 1782. — Pièces rela- 
tives à l'apprentissage dans les communautés ^d'arts et 
métiers (1782). — Arrêt du Conseil du 13 septembre 1784 
ordonnant que les veuves des agrégés aux nouvelles com- 
munautés dans les villes du ressort de Paris pourront être 
admises dans lesdites communautés dans Tannée de leur 
veuvage, en payant seulement la moitié des droits de 
réception. — Arrêt du Conseil du 30 juin 1785 portant que 
les intendants ou leurs subdélégués se feront représenter 
les registres des communautés d'arts et métiers pour véri- 
fier si la finance due au roi a été acquittée. — Autre, 
du 8 juillet 1785, portant qu'un double des comptes à 
rendre par les syndics et adjoints des communautés sera 
remis au sieur intendant. — Autre, du 30 juin 1787, qui 
prescrit les formalités à remplir non-seulement par les 
maîtres des communautés supprimées par différents édits, 
mais encore par les artisans. — Correspondance entre 
l'administration centrale, les différents intendants de Li- 
moges et leurs subdélégués relativement à la mise à 
exécution de ces édits et arrêts (1760-1789). 

C. 16. (Liasse.) — 18 pièces, papier, dont 7 imprimées. 

1626-1775. — Arts et métiers. — « Apothicaires. — Statuts 
des apothicaires de la ville de Limoges et autres villes et 
lieux de la sénéchaussée, présentés à l'approbation de 
M. Jean Descordes, lieutenant général en la sénéchaussée 
et siège présidial de Limoges ; appointement du sénéchal, 
4 juin 1626. Confirmation desdits statuts par lettres-pa- 
tentes de février 1627. «= Aubergistes. — Ordonnance de 
police pour obliger les aubergistes à tenir registre des 
étrangers qu'ils reçoivent (1718). — Arrêt du Conseil du 
4 janvier 1724 défendant aux cabaretiers de donner à boire 
aux heures du service divin et après huit heures du soir 
en hiver et dix heures en été. — Ordonnance de M. Rogier 
des Essards, lieutenant général de police de Limoges, 
enjoignant à tous les aubergistes de Limoges de se rendre 
à son hôtel pour y recevoir ses ordres. — Ordonnance 0e 
police (M. Roulhac, lieutenant général de police à Limoges) 
pour obliger les aubergistes à tenir un registre des étran- 
gers qu'ils reçoivent, et à lui en apporter un extrait chaque 
jour (1774). — Liste des aubergistes de Limoges, avec leurs 
enseignes, qui sont tenus d'apporter le soir les noms des 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE LIMOGES. 



étrangers qu'ils logent. — Ordonnance de police concernant 
les cabarets. 

C. 17. (Liasse.) — 18 pièce», papier, dont 11 imprimées. 

1578-1789. — Arts et métiers. — Boulangers. — Statuts 
des boulangers de la ville de Limoges et confirmation de ces 
statuts par lettres-patentes de juillet 1735. — Ordonnances 
de police relatives à la boulangerie et à la vente du pain. 
— * Chaudronniers. — Statuts des maîtres chaudronniers de 
la ville de Limoges sous le bon plaisir de Sa Majesté ; sans 
date, ni lettres dé confirmation. =- Cordonniers. — Modi- 
fication aux statuts des maîtres cordonniers de Limoges, 
approuvée par arrêt du parlement de Bordeaux et par la 
cour sénéchale de police de Limoges (1750-1751). — Ordon- 
nances de police y relatives. =- Fondeurs. — Copie des 
lettres-patentes accordées en faveur des maîtres fondeurs 
de la ville de Limoges ; statuts desdits fondeurs (1593), 
incomplets. = Fourbisseurs. — Statuts des fourbisseurs 
de Limoges (1578). —Mémoire présenté, en 1782, à M. l'in- 
tendant par les maîtres couteliers , arquebusiers et four- 
bisseurs réunis de la ville d'Angoulême. 

C. 18. (Liasse.) — 11 pièces, papier, dont 10 imprimées. 

1723-1785. — Arts et métiers. — Imprimeurs. — Arrêt 
du Conseil fixant le nombre des imprimeurs du royaume, 
31 mars 1739 : deux imprimeurs dans chacune des villes 
de Limoges et Angoulême, un à Tulle. — Arrêt du Conseil 
qui ordonne que le règlement fait pour les imprimeurs et 
libraires de la ville de Paris sera exécuté dans tout le 
royaume , 24 mars 1744. — Règlement pour la librairie et 
imprimerie de Paris , arrêté au Conseil le 22 février 1723. 

— Arrêt du 12 mai 1759, qui fixe le nombre des imprimeries 
dans la généralité de Limoges : quatre à Limoges, deux à 
Angoulême, et une à Tulle; les imprimeries établies dans 
les villes de Brives et de Tulle par Jean-Pierre Faye et 
Léonard Dalvy seront supprimées. — Arrêt du Conseil qui 
ordonne la suppression d'un imprimé intitulé : De la Banque 
d'Espagne dite de Saint-Charles, il85, = Meuniers. — 
Arrêt du Parlement portant qu'il sera mis dans les moulins 
des balances pour peser les grains et les farines, 5 juillet 
1726. — Ordonnance de M. Roulhac, lieutenant de police 
de Limoges , portant règlement pour les meuniers (1776). 

— Plusieurs sentences du lieutenant de police condam- 
nant différents meuniers à Tamende. 

C 19. (Liasse.) — 61 pièces, papier, dont 4 imprimées. 

1730-1780. — Arts et métiers. « Papeteries. — Arrêt 
du Conseil du 12 décembre 1730 portant règlement pour 
la fabrication des papiers dans le Limousin. — Autre du 



27 janvier 1739 portant règlement pour les différentes 
sortes de papiers qui se fabriquent dans le royaume. — 
Ordonnance de M. de Toumy, intendant de Limoges , con- 
cernant les papeteries (1740). — Mémoire concernant les 
importantes découvertes que le sieur Duponty a faites 
depuis 1738 jusqu'en 1765, tant pour la perfection de la 
fabrication du papier que pour rétablir ce commerce avec 
l'étranger. — Copie des lettres de l'Académie royale des 
Sciences écrites au sieur Duponty par M. Delalande , Tun 
des membres , en 1760. — Lettre du sieur Duponty à 
M. Turgot, en 1765, datée de Puymoyen. — État des mou- 
lins à papier existant dans la généralité de Limoges , sans 
date, dressé probablement sous l'administration de Turgot. 

— Lettre de M. Desmaretz, inspecteur des manufactures 
(1769). — Mémoire sur la nécessité d'abroger plusieurs 
articles des règlements de 1739 et 1741 sur les papeteries 
(1769); détails sur l'ancienne législation relative à cette 
industrie. — Correspondance administrative relative à la 
perception des droits sur les papiers et cartons (1771-1773). 

— Enquête sur la situation des papeteries dans la généralité 
de Limoges. — État des papeteries, dressé par M. Cornuau 
vers 1777. — Arrêt du Conseil qui condamne à différentes 
amendes l'entrepreneur de la manufacture de papier établie 
à la Motte près Verberie, ainsi que quelques-uns de ges 
ouvriers , ci-devant employés à celle de Courtalin , près de 
Faremoutier en Brie , et ordonne en outre l'exécution du 
règlement du 27 janvier 1739, concernant les papeteries du 
royaume, 26 février 1777. — Lettre d'envoi d'un mémoire 
sur les papeteries , composé par le sieur Desmaretz , ins- 
pecteur des manufactures et membre de l'Académie des 
sciences (1778). — Pièces de procédure, par-devant l'inten- 
dant de Limoges , entre le sieur Léonard Brunier, maître 
papetier aux environs de Limoges, et le nommé Simon 
Fournier, son ouvrier, d'une part , et maître Jacques Mau- 
rensane , aussi papetier, et Léonard Gentaut, son ouvrier, 
d'autre part, au sujet d'une accusation réciproque en sous- 
traction et enlèvement d'ouvriers ou sollicitations à cette fin, 
prohibées par les règlements (1777). — Projet de règlement 
concernant les papeteries (1778). 

C. 20. (Liasse.) — 7 pièces, papier, dont 4 imprimées. 

1691-1778. — Arts et métiers. — Paumiers. — Statuts 
des maîtres des jeux de paume et billards et raquetiers de 
Limoges (1691). «= Perruquiers. — Édit du roi portant règle- 
ment pour les perruquiers, janvier 1706. — Lettres-pa- 
tentes en forme de statuts pour toutes les communautés 
des maîtres barbiers, perruquiers, baigneurs et étuvistes, 
établies dans le royaume, 28 juin 1725, et arrêt du Conseil 
qui les rend exécutoires (1728). — Arrêt du Conseil , 4 no- 
vembre 1725, portant que les acquéreurs des nouvelles 



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ARCHIVES DE LA HAUTE-VIENNE. 



lettres de perruquier jouiront des mômes droits que les 
autres mattres-jurés dudit métier. — Arrêt du Conseil, 
2 avril 1742, qui maintient le sieur de la Peyronie, premier 
chirurgien du roi , dans le droit de recevoir le serment des 
maîtres perruquiers de Poitiers , et dans celui d'arrêter 
leurs comptes par ses lieutenants. — Arrêt du parlement 
de Bordeaux, l«r avril 1778, concernant les garçons perru- 
quiers chambellans de la ville de Limoges. 

C. 21. (Liasse.) — 10 pièces, papier, dont 6 imprimées. 

1578-1784. — Arts et métiers. «= Tailleurs. — Statuts 
des maîtres tailleurs de Limoges et lettres de confirma- 
tion (1578). = Tanneurs. — Statuts des maîtres tanneurs 
de Limoges et lettres-patentes contenant approbation 
d'iceux (1578). — Mémoire présenté à Mgr le Contrôleur 
général par Finspecteur des manufactures du département 
d'Auvergne, Limousin et Saintonge, au sujet de la fabrica- 
tion des cuirs , signé : Fomfreyde (1736). — Édit du roi 
portant suppression des offices de jurés-vendeurs, déchar- 
geurs de cuirs et autres, ainsi que des droits à eux 
attribués , et établissement d'un droit unique dans tout le 
royaume sur les cuirs tannés et apprêtés (1759). == Tein- 
turiers. — Ordonnances du lieutenant général de police de 
la ville de Limoges concernant les teinturiers (1731 et 1784). 
— Ordonnance de Tintendant prescrivant au sieur Jérémie 
Ruaud d'exécuter le chef-d'œuvre exigé pour sa réception 
de maître teinturier, et déléguant MM. Cornuau, inspecteur 
des manufactures , Sénomaud et Parent , teinturiers , pour 
assister à Topération (1784). =« Voituriers. — Défense 
d'aller au devant des voitures chargées de sel (1731). — 
Ordonnances de police concernant les tombereaux, chevaux 
de louage et voituriers (1775). 

C. 22. (Liasse.) — 44 pièces, papier. 

1760-1790. — Haras. — État des gratifications ticcordées 
sur la capitalion de 1760 à MM. les gentilshommes qui tien- 
nent des haras et aux garde-étalons de la généralité de 
Limoges. — Lettre de M. Saint-Martin de Bagniac, du 
8 mai 1762, par laquelle il prie M. l'intendant de lui faire 
venir un étalon de Pologne, promettant de payer la moitié 
du prix (le prix pourra varier entre 1,000 et 2,000 fr.). — 
M. Saint-Martin dit avoir élevé et vendu le cheval de 
bataille de M. le maréchal de Richelieu. — Pièces relatives 
à une requête présentée par le nommé Chassagne, terras- 
sier de la terre de Chaux , élection d'Angoulême, tendant à 
être rétabli dans les fonctions de garde-étalons, dont il a été 
révoqué sur les instances de M. le comte de Sainte-Maure, 
son seigneur. — Lettre de M. de Sainte-Maure contenant 
Fénuméralion de ses griefs contre ce paysan. — Réponse de 



Turgot contenant quelques détails intimes (1761-1762). — 
Procès-verbaux de visite des haras du département de 
M. le vicomte de Joussineau, inspecteur des haras du 
Limousin (1778-1790). — Autres procès-verbaux de première 
visite, par M. de l'Ostande (1779); M. de Goursac (1784- 
1789) ; M. Maillard de la Couture (1786-1790). — États des 
étalons et juments de haras qui existent dans la généralité 
de Limoges, les noms des particuliers auxquels ils sont 
confiés et le montant des gratifications qui leur sont 
accordées annuellement (1786). 

C. 23. (Liasse.) — 10 pièces, papier, dont 9 imprimées. 

1714-1784. — Épizooties. — Instructions et avis aux 
habitants des provinces méridionales de la France sur la 
maladie putride et pestilentielle qui détruit le bétail, 
publiés par ordre du roi (Imprimerie royale, 1775). On 
trouve dans cette brochure les principaux règlements con- 
cernant les* maladies épizootiques qui ont paru en France 
depuis le commencement du xviii» siècle (1714-1774); 
arrêts du Conseil des 14 mars 1745, 19 juillet 1746, 31 jan- 
vier 1771. — Arrêt du Conseil pour le remplacement des 
bestiaux dans les provinces méridionales , 15 septembre 
1776. — Circulaire de l'intendant d'Auch aux consuls et 
curés (1776). — Projet d*arrêt du Conseil relativement aux 
maladies contagieuses des bêtes à cornes. — Arrêt du 
Conseil pour prévenir les dangers des maladies des ani- 
maux et particulièrement de la morve, 16 juillet 1784. 

C. 24. (Liasse.) — 31 pièces , papier, dont 24 imprimées. 

1744-1776. — Épizooties. — Mémoires, instructions et 
avis divers. — Observations sur les moyens que Ton peut 
employer pour préserver les animaux sains de la contagion 
et pour en arrêter les progrès, par M. Vicq d'Azyr, docteur- 
régent de la faculté de médecine en TUniversité de Paris, 

envoyé par le Gouvernement pour faire des recherches phy- 
siques et médicinales sur la maladie épidémique qui attaque 
les bestiaux dans les généralités de Bordeaux, Auch, 
Bayonne et Montauban (Limoges, chez Martial Barbou, 
1775). — Recueil d'observations sur les différentes méthodes 
proposées pour guérir la maladie épidémique qui attaque 
les bêtes à cornes, par M. Félix Vicq d*Azyr (1775). — Ins- 
tructions et avis divers sur le même sujet, pat le même. 
— Avis sur les moyens employés dans divers pays pour 
préserver les bêles à cornes de la contagion dans la géné- 
ralité de Caen, dans la généralité de Lille (1774) , à Romo- 
ranlin. — Second mémoire instructif sur Texécution du 
plan adopté par le roi pour parvenir à détruire entièrement 
la maladie qui s*est répandue sur les bestiaux dans les 
provinces méridionales de la France, publié en novembre 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE LIMOGES. 



1775. — Réponse du directeur général des écoles vétéri- 
naires au mémoire envoyé par M. d*Aine , intendant en 
Navarre et Déarn, à Mgr de Bertin, ministre et secrétaire 
d'État, au sujet de la maladie des bestiaux (Pau, 1772). — 
Autres instructions données par TÉcole royale vétérinaire 
(1770). — Mémoires de divers sur le môme sujet. 

C 25. (Liasse.) — 21 pièces, papier, doot 18 imprimées. 

1768-1778. — Épizooties. — Instructions et avis publiés 
par MM. les intendants de Limoges. — Avis publié par 
ordre de M. Turgot sur les maladies des bêtes à cornes et 
les remèdes à y apporter (1763). — a Mémoire sur une 
espèce de poison connu sous le nom d'ergot , seigle 
ergoté, etc., et sur les maux qui résultent de cette perni- 
cieuse nourriture, avec la méthode curative que Ton doit 
mettre en usage suivant les difTérents temps de la maladie, 
par M. Vétillârt, docteur-médecin, membre de la Compagnie 
des médecins du Mans » (1770). — Circulaire de Turgot 
relative à la publication et à la distribution de ce mémoire, 
31 octobre 1770. — Ordonnance de M. d'Aine interdisant les 
foires de certaines paroisses de la généralité de Limoges, 
limitrophes du Périgord, à cause de la contagion des bètes 
à cornes qui règne dans cette province , 24 janvier 1775. — 
Instruction de M. d'Aine à ses subdélégués relativement à 
la maladie des bestiaux , 1*' février 1775. — Avis sur une 
maladie qui attaque les bêtes à cornes dans quelques 
cantons de la généralité de Limoges , ses symptômes , les 
moyens curatifset préservatifs à employer, etc., publié 
et distribué par ordre de M. l'intendant (1778). — Modèle 
de commission à délivrer pour la visite des animaux 
malades. — Circulaire de M. d'Aine, 12 février 1775. — 
Mémoire contenant les procédés jugés les plus utiles et les 
plus faciles, soit pour prévenir, soit pour guérir la maladie 
sur les bestiaux qui s'est déclarée dans plusieurs paroisses 
du Bas-Limousin. 

C. 26. (Liasse.) — 87 pièces , papier, dont 1 imprimée. 

1772-1786. — Épidémies. — État des chefs de famille 
décédés par suite de la maladie épidémique qui a régné 
pendant l'année 1772 dans les paroisses de l'élection de 
Tulle. — M. de Boisbedeuil, subdélégué à Angoulôme, 
propose de rendre publiques les recettes de deux remèdes 
dont il assure les bons effets : correspondanco à ce sujet 
entre M. Meulan d'Ablois et son subdélégué. — Avis de la 
Société royale de médecine au sujet de ces deux médica- 
ments. — Circulaire de l'intendant à ses subdélégués. — 
Recette d'un onguent peu coûteux que les seigneurs des 
paroisses et les personnes charitables sont invités à faire 



composer pour le soulagement des pauvres (1786). — Trai- 
tement de plusieurs personnes qui ont été mordues par un 
loup enragé dans la paroisse de Cornil , élection de Brives. 

— Correspondance à ce sujet : lettres de M. l'abbé de Sales, 
subdélégué à Brives, à M. Delacombe, subdélégué à Tulle ; 

— M. Salvat de la Garde d'Auberty ; — le sieur d'Auberty, 
son fils; — M. Rebière jeune, chirurgien à Brives; — 
M. Dubois de la Chabroulie ; — M. de Verlhac. — Requête 
des habitants de Saint-Hilaire-du-Peyroux , élection de 
Brives. 

C. 27. (Liasse.) — 81 pièces, papier, dont 3 hnprimées ; 2 plans. 

1771-1778. — Administration communale ou parois- 
siale. — Cures et presbytères. — Construction et répa- 
ration de cures et presbytères : instructions générales et 
correspondance. — Instructions données, en 1771, par 
M. Charles-François-Hyacinthe Esmangart, intendant à 
Bordeaux , concernant la forme qui doit être suivie pour 
les constructions et réparations d'églises. — Mémoire sur 
les réparations des églises et presbytères, par M. Munier, 
inspecteur des ponts -et-chaussées à Angoulôme (1784). — 
Instruction donnée par M. Meulan d'Ablois sur les répara- 
tions et reconstructions d'églises et de presbytères dans 
la généralité de Limoges (1785). — Modèle de chacune des ' 
pièces qui doivent composer le dossier complet des répa- 
rations d'églises et de presbytères. — Plans de deux pres- 
bytères : l'un pour un curé seul, du prix de 3,800 fr., l'autre 
pour un curé avec un ou deux vicaires , du prix de 4,500 fr. 

— États des paroisses qui ont été imposées pour répara- 
tions d'églises et presbytères de 1774 à 1784. — Correspon- 
dance des subdélégués de la généralité de Limoges avec 
leur intendant au sujet des réparations d'églises et de 
presbytères (1786-1788). 

C. 28. (Liasse.) — 141 pièces, papier. 

1786-1789. — Administration communale. — Cures et 
presbytères, — Constructions et réparations. — Procès- 
verbaux de visite des architectes et correspondance y 
relative. — États du travail fait par les architectes pendant 
l'année 1786 et des honoraires qui en résultent. — Procès- 
verbaux de visite des églises et presbytères du département 
de Limoges, dressés par le sieur Jacquet, architecte, 
tournée de 1786; par le sieur Raymond Duval , architecte, 
pendant l'année 1787. — État des paroisses où M. Duval 
s'est transporté en 1788. — Mômes états pour le dépar- 
tement d'Angoulême, dressés par le sieur de Bresmes, 
années 1786, 1787, 1788 et 1789. — Correspondance entre 
l'intendant , ses subdélégués et les architectes au sujet de 
ces procès- verbaux. 



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ARCHIVES DE LA HAUTE- VIENNE. 



G. 29. (Liasse.) — 1 pièce, parchemin ; 80 pièces, papier ; 3 plans. 

47Ô7-1787. — Affaires locales. — Dépenses locales rela- 
tives : 1o à des constructions ou réparations d'églises, pres- 
bytères, cimetières, fontaines, halles, ponts, chemins, 
pavés, palais de justice, prisons et autres bâtiments 
publics; 2^ à des établissements de toute nature, tels que 
collèges, régents, hôpitaux ou autres fondations de charité, 
guet et lanternes, pompes pour les incendies et autres 
objets d'utilité publique; 3® à des arpentements , abon- 
nements, préposés perpétuels pour le recouvrement des 
impositions ordinaires , logements de troupes , frais de 
procès , emprunts, et généralement tout ce qui a pu né- 
cessiter des dépenses locales, sur les municipalités ci-après 
dénommées (1) : 

Adriers. — Réparations au presbytère et à l'église 
paroissiale d'Adriers, généralité de Poitiers, dont dépend 
Lussat, généralité de Limoges (1784-1787). = Aigue- 
perse. — Acquisition d'une maison pour servir de pres- 
bytère, 24 juillet 1768; réparations à cette maison : pièces 
diverses, arrêts, délibérations, correspondance et autres 
actes relatifs à cette affaire (1768-1780). — Plan du pres- 
bytère. « Aixe et Tarn. — Réparations à la chapelle du 
prieuré de l'aumônerie d'Aixe (1786-1787). — Délibération 
des habitants de la ville d'Aixe du 17 octobre 1772, par 
laquelle ils consentent à une imposition de 200 fr. pour les 
honoraires d'un régent, lequel sera chargé d'enseigner aux 
enfants les premiers éléments de la langue latine. — Déli- 
bération des habitants de la ville d'Aixe et de la paroisse 
de Tarn pour un préposé perpétuel (1786). — Réparations à 
l'église Sainte-Croix de la ville d'Aixe (1767). 

C. 30. (Liasse.) — 130 pièces, papier. 

1759-1786. — Affaires locales. = Ambazac. — Répara- 
tions à l'église paroissiale (1780-1783). — Construction du 
presbytère; requête présentée par le curé; délibération 
des habitants du 11 novembre 1759 ; devis des travaux ; 
procès-verbal d'adjudication de 1761. Ordonnance de l'in- 
tendant pour l'imposition d'une somme de 2,839 fr. = 
Arnac-la-Poste. — Réparations à l'église (1766-1768). — Ré- 
parations à l'église et au clocher (1780-1783). — Pièces 
diverses et correspondance relatives au paiement de ces 



(1) Go titre, très-détalllé, est emprunta & riaventaire dressé lors de la dlvlâion 
des papiers de riDtendance en 1790. Ce qui reste aujourd'hui des papiers 
relatifs aux affaires locales a surtout rapport aux réparations d'églises et 
presbytères. Nous arons rétabli le classement de 1790, afln de pouTolr constater 
plus facilement les dossiers égarés ou perdus. 



réparations ; correspondance entre l'intendant et M. Car- 
teron, subdélégué à la Souterraine (1783-1786). 

C. 31. (Liasse.) — 76 pièces, papier. 

1767-1789. — Affaires locales. — Arnac près le Dorât 
(aujourd'hui Damac). — Commission de préposé perpétuel 
en faveur de Jean Théobald (1786). — Requête des habi- 
tants demandant qu'il soit procédé à un nouvel arpente- 
ment (1763). — Ordonnance de l'intendant à ce sujet (1778). 
— Asnières. — Réparations à l'église paroissiale (1787-1789). 

— Aubesaigne. — Demande d'un arpentement général des 
fonds de la paroisse (1757). =« Aureil. — Commission de 
préposé perpétuel pour le sieur J.-B. Poncet des Nouailles 
(1781). — Réparations à l'église (1778-1780). — Azat-le-Riz. 

— Demande d'un arpentement général des fonds (1763). -r 
Réparations à l'église paroissiale (1775-1778). 

C. 32. (Liasse.) — 1 pièce, parchemin ; 38 pièces, papier. 

1753-1790. — Affaires locales. =- Bellac. — Contrat 
entre les officiers municipaux et les nommés Léonard et 
Jacques RiVaud, père et fils, pour l'entretien de l'horloge 
de la ville (1772). — Prétentions du sieur Genébrias sur 
la placé située entre sa cour et l'ancienne forteresse 
(1776-1777). — Requêtes du sieur Crouzaud de la Touche, 
procureur du Roi, et du sieur Sénemaud, greffier de 
l'hôtel de ville. = Bohnard. — Réparations au pont de 
Bolinard (1788). = Bussière-Galand. — Lettre de M. Du- 
mareix , subdélégué à Châlus , relativement à la subsis- 
tance des pauvres (1790). = Nomination de préposés 
perpétuels à Dessines, Balledent, Beaune, Beynat, Bonnat, 
Buis et Chaban (enclave). 

C. 33. (Liasse.) — 121 pièces, papier, dont 4 plans. 

1766-1784. — Affaires locales. -= Chaillat. — Répara- 
tions à l'église et au presbytère (1766). — Reconstruction 
du presbytère (1778-1779). — Commission de préposé per- 
pétuel pour le nommé Jean Vouzelaud (1780). == Châlus. — 
Requête du curé de Châlus pour obtenir le remboursement 
d'avances par lui faites pour réparations à la couverture 
de l'église paroissiale (1768). — Réparations au presbytère 
du Haut-Châlus (1773). — Refonte de la cloche (1780). — 

Lettres de M. le comte de Bourbon-Busset (1774-1775). 

Réparations au presbytère du Haut-Châlus (1773-1781). — 
Réparations à l'église du Bas-Châlus (1779-1774). — « Plan 
pour servir à la construction du clocher de Téglise du 
Bas-Châlus, fait par nous, ingénieur soussigné, Jacquet 
fils. » — Pièces relatives au paiement des frais d'un procès 
entre le sieur Garabœuf, syndic de l'église du Bas-Châlus, 
contre le sieur Deleron de Beaubourg, ancien syndic (1775). 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE LIMOGES. 



C. 34. (Liasse.) — 261 pièces, papier, dont 2 plans. 

1762-1788. — Affaires locales. =» Chamboran. — Répa- 
rations à l'église et au presbytère. — Lettres de M. Carteron, 
subdélégué à la Souterraine. — Lettre de M. le com- 
missaire de l'administration provinciale à Bourges. >» 
Chamborêt. — Réparations au clocher de la paroisse, au 
presbytère et au cimetière. = Champnétery. — Réparations 
à l'église paroissiale (1770). — Reconstruction du presby- 
tère (1783-1787). «== Champsac. — Réparations à l'église 
et à la clôture du cimetière. — Lettres de M. Bourbon- 
Busset. — Requêtes des habitants ou du curé. — Devis et 
détail estimatif des travaux. — Délibérations des Kabitants 
consentant à l'imposition. — Procès-verbaux d'adjudication 
des travaux. — Arrêts du Conseil approuvant l'adjudication 
et autorisant la répartition de l'imposition. — Ordonnances 
de l'intendant pour la répartition. — Correspondance entre 
l'intendant, ses subdélégués et divers particuliers. 

C. 85. (Liasse.) — 172 pièces, papier, dont 2 imprimées. 

1766-1790. — Affaires locales. « Chaptelat. — Répara- 
tions à l'église paroissiale (1784-1787). — Affiches pour 
l'adjudication des travaux. — Réparations au presbytère 
(1766). — Château-Chervix. — Réparations à l'église et 
refonte de cloche (1786-1790). « Châteauneuf. — Répara- 
tions à l'église Sainte-Marie-la-Claire. — Clôture du cime- 
tière (1780-1789). — Règlement entre les habitants et M. La 
Bachelerie au sujet du bois de chauffage qu'ils ont droit 
de prendre dans la forêt de ce dernier (1770-1783). = 
Châteauponsac. — Réparations à l'église (1787), — Nomina- 
tion d'un préposé perpétuel. -« Chénevières. — Nomination 
d'un préposé perpétuel (1781). — Cieux. — Requête du 
sieur Jacques-Pierre Boussy de Fromental , juge de Cieux , 
au sujet de la nomination d'un syndic. 

C. 36. (Liasse.) — 2 pièces parchemin ; 138 pièces, papier, 
dont 1 imprimée. 

1759-1790. — Affaires locales. — Compreignac. — 
Acquisition d'une maison pour servir de presbytère au 
curé (1760). — Arrêt du Conseil du 3 mars 1761 approuvant 
la susdite acquisition , ainsi que les réparations à faire à 
différentes églises paroissiales de la généralité de Limoges : 
Saint-Michel-de-Laurière ; Saint - Martial - d'Aubeterre ; les 
Salles - de - la - Valette ; Dompierre ; Saint - Martin - de - Bou- 
rienne; Leyterp; Saint-Hilaire-Château ; Bugeat; Saint- 
Léger-Magnazeix; Lapleau ; Thouron; Saint-Symphorien ; 
Espar tignat ; Ambazac. — Réparations à l'église de Com- 
preignac, en 1778. — Réparations au presbytère (1787- 
1788). — Lettres de Gay de Vernon , curé de Compreignac. 

HaUTE-VIENNB. — SÉRIE C. 



C. 37. (Liasse.) — 107 pièces, papier, dont 1 imprimée. 

1774-1790. — Affaires locales. »- Coussac-Bonneval. — 
Construction d'un presbytère (1777-1780). — Réparations à 
l'église, en 1786. — Réclamations pour le paiement des 
travaux. «=» Couzeix. — Réparations à l'église parois- 
siale (1785-1786). 

C. 38. (Liasse.) — 64 pièces, papier. 

1786-1790. — Affaires locales. = Doumazac. — Répa- 
rations à l'église, au clocher et au cimetière. — Adjudication 
du 24 septembre 1786 desdites réparations en faveur du 
sieur Aubin Châtenet , notaire du bourg de ladite paroisse, 
moyennant 3,880 fr., dont 1,943 fr. seront payés par les 
habitants de l'enclave de Montbrun, dépendant de la pa- 
roisse, située dans la généralité de Poitiers ; le reste, à la 
charge des habitants du Limousin. — Correspondance 
entre M. Dumareix, subdélégué à Châlus, les intendants 
de Limoges et de Poitiers, à ce sujet. — Requêtes et déli- 
bérations des habitants. 



C. 39. (Liasse.) — 25 



papier. 



1771-1789. — Affaires locales. == Eymoutiers. — Cime- 
tière. — Contrat du 11 février 1787, par lequel le sieur 
Meilhac vend au sieur Menot, syndic-fabricien de la paroisse 
d'Eymoutiers , fondé de pouvoirs de la communauté, un 
terrain propre à servir de cimetière, moyennant la somme 
de 3,000 fr. — Ordonnance de l'évêque acceptant le terrain 
proposé pour cimetière, mars 1787. — Adjudication des 
ouvrages nécessaires pour clore le cimetière de la pa- 
roisse N.-D. moyennant la somme de 700 fr. — Délibéra- 
tions, requêtes, ordonnances et actes divers (1784-1789). — 
Pièces relatives à l'établissement d'un collège (1778). — 
Demande de remboursement formée par le sieur Ruben de 
Lavialle pour certaines avances faites par lui pour la répa- 
ration des chemins (1771). 

C. 40. (Liasse.) — 185 pièces, papier. 

1736-1790. — Affaires locales. — Feytiat. — Arrente- 
ment perpétuel d'une maison appelée la Prévôté, cour, 
jardin et petit pré, consenti par les Feuillants de Limoges 
en faveur des habitants de Feytiat , pour servir de presby- 
tère à ladite paroisse (1775). — Réparations à la maison 
presbytérale (1740-1748). — Réparations à l'église parois- 
siale (1736). — Construction d'un presbytère (1776-1777). — 
Délibération des habitants de Feytiat pour demander un 
préposé perpétuel (1786). — Flavignac. — Réparations à 

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10 



ARCHIVES DE LA HAUTE-VIENNE. 



réglise (1782) ; au presbytère (1754).— Refonte d'une cloche 
1785). — Homologation d'une requête formée par les offi- 
ciers municipaux de la paroisse de Flavignac relative à une 
contribution volontaire en pain pour la subsistance des 
pauvres de leur paroisse (1790). =» Folles. — Réparations 
à réglise paroissiale en 1749 et 1785. « Folventour. — 
Réparations à Téglise. « Fressinet. — Demande d'un pré- 
posé perpétuel formée par les habitants en 1786. — Con- 
struction du presbytère (1780-1781). 

C. 41. (Liasse.) — 148 pièces, papier. 

1738-1788. — Affaires locales. =* Garât. — Nomination 
d'un syndic (1781). = Glandon. — Commission de préposé 
perpétuel pour Aymard Géry(1786). — Réparations au pres- 
bytère (1778-1781) : requête du sieur Gondinet, curé de 
Glandon. — Réparations à l'église paroissiale (1784-1788). = 
Glanges. — Nomination de André Filhoulaud pour préposé 
perpétuel (1786). — Réparations à l'église (1738). — Clôture 
du cimetière (1772). =Gorre. — Nomination du sieur Massa- 
loux en qualité de préposé perpétuel (1786). — Réparations 
au presbytère (1774) ; à l'église (1785). = Hains. — Répara- 
tions à l'église paroissiale (1752). La paroisse était située 
moitié dans la généralité de Limoges, moitié dans celle de 
Bourges. = Hommes de Las tours. — Pièces relatives à 
l'arpentement de l'enclave des hommes deLastours, paroisse 
de Saint-Vàulry (1782-1784). 

C. 42. (Liasse.) — 192 pièces, papier. 

1736-1789. — Affaires locales. « Jabreilles. — Répara- 
tions à l'église paroissiale (1737). Lettre de M. de Guartempe, 
subdélégué à la Souterraine. — Autres réparations en 1788- 
1789. —Réparations au presbytère (1782-1783). «= Janailhac. 
— Nomination d'un préposé perpétuel, le sieur Mandavid 
(1786). — Réparations au presbytère (1775-1776). Con- 
testations à ce sujet. — Pièces relatives à une requête 
présentée par les habitants de Janailhac pour être autorisés 
à réparer les chemins de leur paroisse (1760-1761). — Cons- 
truction d'un presbytère (1767-1780). — Refonte de cloche 
(1778-1780). —Réparations à l'église de Bellesauve, annexe 
de Janailhac (1782-1786). — Réparations à l'église paroissiale 
1782-1786). 

C. 43. (Liasse.) ~ 59 pièces, papier. 

1740-1786. — Affaires locales. « Javerdat (enclave). — 
Refonte d'une cloche en 1752; arrêt du Conseil, lettre de 
M. de Blossac. — Reconstruction du presbytère en 1776. = 
Joumiac. — Commission de préposé perpétuel pour Pierre 
Maux dit le Noir (1786). — Réparations à l'église paroissiale 
en 1740 et 1740. = Isle. —Délibération des habitants deman- 



dant le sieur Faure pour préposé perpétuel. — Autre en 
faveur du sieur Thomas, avocat, pour la collecte de Bosmie, 
enclave dlsle (1786). — Réparations à l'église (1783). — 
Construction d'un presbytère (1754). 

C. 44. (Liasse.) — 1 pièce, parchemin; 78 pièces, papier. 

1736-1789. — Affaires locales. « La Bazeuge. — Répa- 
rations à l'église paroissiale en 1763 et 1784 , au presbytère 
(1777). «= La Bretagne. — Réparations à l'église (1742). — 
Nomination d'un préposé perpétuel. = La Brugère. — 
Réparations à l'église (1737). — Nomination d'un syndic, 
28 octobre 1736. — Commission de préposé perpétuel. — 
Chacun des dossiers de réparations aux églises et pres- 
bytères se compose des pièces suivantes : i^ procès- 
verbal de visite fait par l'évêque et ordonnance pour les 
réparations ; 2o requête des habitants demandant à l'inten- 
dant l'autorisation nécessaire pour faire les réparations; 
ordonnance de l'intendant ; 3® délibération des habitants 
consentant à l'imposition ; 4« devis estimatif des travaux 
et procès-verbal d'adjudication ; 5° arrêt du Conseil homo- 
loguant l'adjudication et autorisant l'imposition ; 6» ordon- 
nance de l'intendant pour la répartition; 7« rôle de 
répartition ; S^ correspondance entre l'intendant , ses sub- 
délégués et les curés des paroisses. 



C. 45. (Liasse.) - 121 



papier. 



1743-1789. — Affaires locales. «-« La Chapelle-Mont- 
brandeix. — Réparations à l'église paroissiale (1788-1789). 
« La cité de Limoges. — Commission de préposé perpétuel ; 
requête des habitants. «« La Croisille. — Construction d'une 
maison presbytérale (1787). «-« La Croix. — Réparations à 
l'église en 1744 et 1779; au presbytère (1782-1787). 

G. 46. (Liasse.) — 162 pièces, papier, dont 2 plans. 

1730-1790. — Affaires locales. — Ladignac. — Con- 
struction du presbytère : arrêt de 1739. — Délibération des 
habitants de la paroisse du 15 octobre 1730. — Principaux 
habitants ayant pris part à cette délibération : Léonard 
Fourestier, procureur en la cour ordinaire de Ladignac, 
syndic fabricien de ladite paroisse ; Jean-Marie de la Farge , 
écuyer, seigneur de Morterol ; Jean d'Abzat, seigneur de 
Masvieux , écuyer ; Armand Mousnier de Puymerle ; Fran- 
çois Bonhomme, fermier du fief et seigneurie des Gènes , 
faisant pour le seigneur des Gènes ; Joseph Boutet, notaire 
et procureur en ladite cour ; Jean Audoeynaud , procureur 
d'office en icelle cour; Léonard Soumache, juge de la 
Brugère, etc. — Réparations à l'église, en 1749 et de 1786 
à 1790. 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE LIMOGES. 



il 



C. 47. (Liasse.) — 4 pièces, parchemin ; 170 pièces, papier. 

1760-1786. — Affaires locales. «= La Geneytouse. — 
Réparations à Téglise paroissiale. = La Geyrat. — Répara- 
tions à réglise paroissiale. — Devis des travaux ; procès- 
verbaux d'adjudication ; requêtes et délibérations des 
habitants; ordonnances de l'intendant au sujet de l'exécu- 
tion des travaux et de l'établissement d'impôts extraor- 
dinaires pour couvrir les dépenses ; correspondance, etc. 

C. 48. (Liasse.) — 197 pièces, papier, dont 1 plan. 

1742-1789. — Affaires locales. = La Jonchère. — 
Réparations à l'église (1777) ; — au presbytère (1784). « 
La Meize. — Reconstruction du presbytère. Arrêt du 
21 avril 1767. — Lettre de M. Teulier, archiprêtre et curé 
de la Meize (1764). — Délibération des habitants pour la 
nomination d'un préposé perpétuel (1786). =» La Mongerie. 
Lettre au sujet de la dîme (1772). «^ La Noaille. — Répara- 
tions à l'église paroissiale. — Ordonnance portant que les 
habitants de la collecte de la Noaille, élection de Limoges, 
et de celles de Villars , Vervialle , élection de Bourganeuf , 
contribueront à l'imposition, conjointement avec ceux de 
la généralité de Moulins (1742). «=» La Porcherie. — Nomi- 
nation d'un préposé perpétuel : François Faucher (1786). 
— Délibération des habitants relative à l'entretien de 
ITiorloge de la paroisse pendant neuf ans (1779). «« La 
Roche-l'Abeille. — Réparations au clocher de l'église 
paroissiale (1789). — Commission de préposé perpétuel 
pour Aubin Ribeyrolles (1786). «=> La Rochette. — Agran- 
dissement de l'église et du cimetière (1777). — Réparations 
au presbytère et à l'église (1788-1789). 

C. 49. (Liasse.) — 127 pièces, papier, dont 1 plan. 

1693-1781. — Affaires locales. « Laval-Magnac. — 
Demandes formées par les habitants ppur l'établissement 
d'une distribution de lettres dans leur ville (1779-1781). — 
Pièces relatives à l'entretien et réparation du pavé de la 
ville et des chemins qui y aboutissent (1728-1748). — Copies 
de pièces (arrêts du Conseil et lettres-patentes de 1693 à 
1741), relatives à l'établissement de l'hôtel-Dieu de Magnac. 
Lettre du sieur Defeux au sujet de l'enyoi de ces copies. — 
Construction d'une horloge (1778-1780). — Réparations aux 
avenues et aux chemins : délibérations des habitants, 
ordonnances des intendants, correspondance, etc. (1771- 
1777). — Procès soutenu par les habitants de Magnac con- 
jointement avec le collège, contre M. le marquis de Lissac, 
relativement aux foires grasses : les habitants, ayant suc- 
combé, demandent Tautorisation d'imposer sur eux les | 



dépens. Correspondance de Turgot à ce sujet. Lettre du 
marquis de Lissac (1769-1770). —Demande d'un arpente- 
ment général des fonds de la paroisse (1749). 

C. 50. (Liasse.) — 4 pièces, parchemin ; 192 pièces, papier. 

1752-1790. — Affaires locales. => Laurière. — Les 
habitants de cette paroisse demandent la permission de 
s'assembler pour délibérer sur les moyens de se procurer 
des grains (1789). «= Le Chalard. — Réparations à l'église 
et au presbytère; — établissement d'une horloge (1774- 
1790). « Le Dorât. — Pièces relatives aux honoraires du 
prédicateur qui prêche au Dorât pendant l'Avent et le 
Carême (1752-1766). — Requête de Léonard Daniel de la 
Gasnerie, prêtre et directeur des missions du diocèse de 
Limoges : suivant l'arrêt du Conseil du 12 février 1692 , il 
doit être payé sur les revenus des octrois du Dorât une 
rétribution de 50 sols au prédicateur de l'Avent et du 
Carême. — Réparations au presbytère (1769-1774). — 
Agrandissement du cimetière et réparations aux murs de 
clôture (1788). — Demande formée par les habitants pour 
la construction d'une place publique : pétition revêtue de 
signatures (1785-1787). — Réparations aux prisons du 
siège royal du Dorât : arrêt du Conseil du 7 mai 1771. — 
Réparations au moulin de la Dapeyre, aux digues du 
moulin Berger et du moulin Neuf, dépendant du domaine 
royal, dans la châlellenie du Dorât (1772-1790). — Répara- 
tions au palais de justice et aux prisons (1785-1790). — 
Demande d'arpentement de la banlieue du Dorât (1756). — 
Écroulement d'une des portes de la ville (1781). 

C. 51. (Liasse.) — 71 pièces, papier, dont 1 plan. 

1760-1790. — Affaires locales. =• Le Palais. — Com- 
mission de préposé perpétuel en faveur de Jean-Baptiste 
Garât du Peyrpn, notaire à Limoges (1785). — Réparations 
à l'église paroissiale, en 1768-1770 et en 1788-1790. «= Les 
AUois. — Commission de préposé perpétuel en faveur de 
Jean Chenaud (1789). — Réparations à l'église et au clocher 
(1769-1784) ; — au presbytère (1772). 

C. 52. (Liasse.) — 133 pièces, papier, dont 1 plan. 

1762-1788. — Affaires locales. — Les Billanges. — 
Réparations à l'église paroissiale (1780-1784) ; — au pres- 
bytère (1781-1788). «:= Les Cars. — Le sieur Barthélémy 
Partounaud, préposé perpétuel, demande à quitter, attendu 
les difficultés du recouvrement (1786-1788). — Frais de 
procès entre les habitants et le curé , à l'occasion du refus 
fait par ce dernier de desservir la paroisse (1781-1786). = 
Les Églises. — Contestation entre les habitants de cette 



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12 



ARCfflVES DE LA HAUTE-VIENNE. 



paroisse, généralité de Moulins, et les religieux Feuillants 
de Limoges , relativement à la propriété de la maison pré- 
votale des Églises (1785). = Le Vigen. — Nomination d'un 
préposé perpétuel (1786). — Contestation au sujet de la 
répartition des tailles (1762). — Refonte d'une cloche : 
délibération des habitants, du 5 mai 1765, contenant le 
marché fait avec le fondeur. — Pièces relatives à la démo- 
lition de la chapelle rurale de la Jovie, ou la chapelle 
Auvert , et à la remise de la cloche de cette chapelle au 
syndic-fabricien de la paroisse du Vigen (1747-1773).. 

C. 53. (Liasse.) — 1 pièce, parchemin; 25 pièces, papier, 
dont 1 imprimée. 

1498-1780. — Affaires locales. -» Limoges. — Confir- 
mation des privilèges de la ville et château de Limoges 
par le roi Louis XII (1498). — Mémoire sur les droits et 
privilèges de la cité de Limoges, rédigé vers 1735, au sujet 
d'une contestation qui s'éleva entre l'évoque de Limoges et 
l'intendant pour l'exercice de la police. — Lettre auto- 
graphe de révoque. — Nominations de commissaires de 
police pour la cité de Limoges (1732). — Lettres et mé- 
moires divers au sujet de la nomination du feieur de Douhet 
de Puymoulinier, lieutenant criminel, en qualité de consul, 
en 1764 (1765-1766). — Mémoire rédigé le 27 janvier 1776 
par les officiers municipaux de la ville de Limoges : Juge , 
Romanet, J.-B. Pétiniaud, Estienne, Fournier, Naurissart, 
au sujet de l'usage observé pour la nomination des consuls 
avant l'édit de 1764. — Arrêt du Conseil portant règlement 
pour la municipalité de la ville de Limoges et établissement 
d'un Conseil politique, 11 décembre 1780. — Notice sur 
l'organisation et la composition du corps municipal de la 
ville de Limoges (s. d.). — Tableau indiquant le nombre 
des officiers municipaux, officiers subalternes, domestiques 
et sergents attachés au corps de ville; receveurs et 
contrôleurs des octrois de la ville de Limoges (fin du 
xviii* siècle). 

C. 54. (Liasse.) — 29 pièces, papier, dont 21 imprimées. 

1700-1790. — Afl'aires locales. =- Limoges. — Police 
générale. — Règlement général de police (1700). — Règle- 
ment général de la police de Limoges (1723). — Ordonnance 
de M. de Tourny sur la police des marchés dans la ville et 
cité de Limoges, 17 décembre 1731. — Noms des commis- 
saires de police et des quartiers dans lesquels ils sont 
établis. — Ordonnances de police et arrêts de parlement 
relatifs au culte extérieur, à la police des dimanches et 
fêtes. — Ordonnance du lieutenant général de police de 
la ville de Limoges qui ordonne aux habitants d'illuminer 
les façades de leurs maisons à l'occasion de la paix, 
19 décembre 1783. — Ordonnances de police, déclarations 



et arrêts relatifs à la police des cafés et billards, aux 
loteries, à la prohibition des jeux de hasard, etc. — Décla- 
ration du roi concernant les jeux défendus, !•' mars 1781. 

— Ordonnance de police qui prohibe tous jeux de cartes 
indistinctement dans les cafés , auberges et autres lieux 
publics (1784). — Sentence du lieutenant général de police 
condamnant deux femmes à être renfermées en la maison 
du Refuge pour crime de maquerellage (1770). — Notice 
sur l'exercice de la police à Limoges (s. d.). — Mémoire 
sur la police de Limoges (fin du xviii«^siècle). 

C. 55. (Liasse.) — 23 pièces imprimées. 

1667-1789. — Affaires locales. = Limoges. — Police 
des marchés. — Ordonnances et déclarations du Roi; 
arrêts du Conseil et du Parlement ; ordonnances de l'inten- 
dant et du lieutenant général de police de Limoges relatives 
à la vente des grains sur les marchés, en 1709, 1723, 1734, 
1754, 1774, 1789. — Droits de l'hôpital général de Limoges 
de débiter la viande, le gibier et la volaille pendant le 
carême , et de percevoir une cuillerée de grain sur trois 
setiers de blé apportés au marché : ordonnances de police 
relatives à l'exercice de ces droits (1735-1765). — Ordon- 
nance des jurats de Bordeaux qui casse une ordonnance 
du grand-maître des eaux-et-forêts portant qu'il serait fait 
visite tant du bois de chauffage que du poisson , par les 
officiers de la maîtrise , et ce sur les marchés. — Ordon- 
nance du lieutenant de police de Paris , qui statue sur un 
fait de police, nonobstant une ordonnance du bureau des 
finances (1667). — Arrêt du Conseil et ordonnance du lieu- 
tenant général de police relatifs à la vente du beurre à 
Limoges (1777). — Arrêt du Conseil portant défense aux 
Juifs de trafiquer ailleurs que dans les lieux de leur établis- 
sement (1731). 

C. 56. (Liasse.) — 21 pièces, papier, dont 15 imprimées. 

1720-1778. — Affaires locales. ««» Limoges. — Police 
des rues : proprelé, sûreté et salubrité publiques. — 
Ordonnance du lieutenant général de police pour l'enlève- 
ment des boues et immondices de la ville de Limoges, de 
1720 à 1776. — Baux au rabais pour l'enlèvement des 
boues (1766-1777). — Police de la place Sous les arferes (1726). 

— Ordonnance de police pour faire casser la glace (1768). 

— Ordonnance défendant l'usage des balances de cuivre 
(1778). 

C. 57. (Liasse.) — 1 pièce, parchemin; 89 pièces, papier, 
dont 7 imprimées. 

1775-1788. — Affaires locales. =» Limoges. — Police , 
guet et lanternes. — Arrêt du Conseil autorisant les maire 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE LIMOGES. 



13 



et échevins de Limoges à établir des lanternes et une 
compagnie de guet dans la ville, 19 septembre 1775. — 
Ordonnances de police relatives à la conservation et à 
l'entretien des lanternes (1776-1787). — Correspondance 
entre MM. les officiers municipaux de Limoges, M. l'inten- 
dant, MM. Malesherbes et Amelot, secrétaires d'État, etc., 
au sujet de rétablissement du guet et des lanternes à 
Limoges (1775-1780). — Renseignements demandés par 
MM. les intendants de Rouen et de Bretagne sur la compa- 
gnie du guet établie à Limoges , pour en établir une sem- 
blable à Nantes et à Rouen (1785-1788). — État nominatif 
de la compagnie du guet de Limoges : le sieur Âmbal , 
capitaine; le sieur Auvray, lieutenant; trois sergents, 
trois caporaux, trente-sept soldats, y compris un tambour. 

G. 58. (Liasse.) — 127 pièces, papier, dont 2 plans. 

1775-1790. — Affaires locales. = Limoges. — Édifices 
publics. — Projet de construction de la juridiction consu- 
laire sur la place Dauphine (1784). — Destruction de Tan- 
cienne halle au blé et vente de remplacement à M. Romanet 
du Caillaud (1775). — Demande de rétablissement d'une 
halle pour servir de marché au blé, sur la place Manigne 
(1776). — Les habitants de la place Dauphine demandent 
que cette place soit pavée (1785). — Translation de la pois- 
sonnerie de Limoges sur la place de la Mothe : demande 
du curé de Saint-Pierre et des habitants de la rue de la 
Poissonnerie à cet effet; — contributions volontaires 
ofifertes par les habitants de la place de la Mothe (1786- 
1789). — Requêtes, ordonnances, arrêts du Conseil et 
pièces diverses. 

G. 59. (Liasse.) — 2 pièces , parchemin ; 92 pièces, papier, 
dont 1 imprimée ; 1 plan. 

1580-1786. — Affaires locales. =» Limoges. — Édifices 
publics, places , fontaines , casernes , salle de spectacle. — 
— Traité intervenu, en 1744, entre les. directeurs du con- 
cert et les juges et syndics de la juridiction consulaire au 
sujet de l'usage de certaines salles de Vhôtel de ville. — 
Procès entre les juges-consuls et les entrepreneurs du bal 
public, en 1762. — Projet de construction d'une salle de 
spectacle sur un terrain vague près de la porte Toumy 
(1773-1774). — Lettres de MM. Turgot, Naurissart et 
Roulhac. — Concession dé trente-quatre perches de ter- 
rain en face Téglise Saint-Pierre, faite au curé et marguillier 
de Saint-Pierre , de Limoges, pour servir à rétablissement 
de deux ou trois sœurs grises (1776), (cet emplacement est 
le même que celui demandé pour la construction de la 
salle de spectacle, en 1774). — Homologation, par arrêt du 
Conseil de 1730, de l'adjudication faite au sieur Thevenin, 



le 10 mai 1729 , du terrain acquis par la ville, en 1719, et 
alors destiné à la construction des casernes ; le sieur 
Thevenin ayant fait construire sur ce terrain une manu- 
facture de siamoises. — Pièces relatives à la fontaine de la 
Brugère, détournée pour alimenter l'aqueduc des casernes : 
contestation entre M. de la Bastide et M. Navières du Treuil, 
au sujet de la propriété des eaux de cette fontaine (1769). 

— Titres de propriété de 1580 , 1673 et 1711. — Arrêt du 
Conseil de 1779 relatif à l'acquisition d'un terrain ci-devant 
destiné à l'établissement des casernes, afin d'y établir un 
cimetière commun aux paroisses de Saint-Pierre, Saint- 
Michel et Saint-Maurice. — Projet de construction de 
casernes pour un régiment de cavalerie (1782-1786). — 
État des sommes dues aux officiers du régiment d'Artois 
(dragons), en quartier à Limoges (1782). — Vente des grilles 
et chaînes de fer des portes de la ville, et établissement 
d'une grille de fer devant la place d'Orsay (1730). — Devis 
des réparations à faire aux fontaines d'Aigoulène, Saint- 
Pierre-des-Barres, du Chevalet et de la place Royale (1747). 

— Établissement d'une fontaine sur la place Boucherie. 

— Projet de vente d'une prise d'eau aux PP. Feuillants 
(1776). — Vente d'un puits dans l'enclos des Augustins 
(1778). — Réparations à l'aqueduc de Pissevache : requête 
des administrateurs de l'hospice général (1775). — Acquisi- 
tion de la maison , bâtiments et jardin appelés le Chapeau 
Rouge, faite au nom du Roi, par Turgot, du sieur Jean Garât 
d'Aigueperse. 

C. 60. (Liasse.) — 34 pièces , papier, dont 1 plan. 

1683-1781. ^ Affaires locales. =» Limoges. — Voirie : 
fossés de la ville, places et rues, etc. — Arrêt du Conseil 
qui adjuge les fossés de la ville de Limoges au Roi ou 
fermier du domaine (1683). — Requêtes de divers habitants 
de la ville demandant au bureau des finances des aligne- 
ments : rue des Taules , place de la Mothe (1757-1760). — 
Ouverture de la rue Vigne-de-Fer et démolition de la tour 
Pissevache : requêtes , ordonnances , projets , correspon- 
dance (1779-1780). 

C. 61. (Liasse.) — 1 pièce, parchemin; 78 pièces, papier, 
dont 1 imprimée ; 2 plans. 

1773-1781. — Affaires locales. «=• Limoges. — Voirie : 
place des Arènes ou d'Aine et environs. — État des jardins 
pris à plusieurs particuliers pour le nouveau boulevard , 
depuis la place Montmailler jusqu'à celle des Arènes , ser- 
vant aux grandes routes de Bordeaux , d'Angoulême et la 
Rochelle. — Plans des projets des places des Arènes, 
d'Orsay, de l'Intendance, des Réservoirs, et rues à leurs 
abords (1781). — État des adjudications de terrains dans 



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14 



les fossés, de la ville , près des portes Montmailler et des 
Arènes et des grandes routes de Toulouse et de Bordeaux, 
en exécution des ordonnances de M. l'intendant des 4 sep- 
tembre 4776, 4 août 1779 et 10 mars 1780. — Requêtes du 
sieur Pierre Fournier, du sieur Labrousse et des proprié- 
taires des étaux et bans de la halle des boucheries du 
Saint-Esprit, à Toccasion de rabaissement du sol de ladite 
halle et des reconstructions qu'il nécessite : mémoires et 
pièces diverses (1778). — Pièces relatives à la vente des 
fossés de la ville : ordonnance du bureau des finances 
en 1773 ; — arrêt du Conseil de juin 1779 pour Talignement 
des rues ; — requêtes diverses des habitants ; — relevé 
des adjudications de terrain. 

C. 62. (Liasse.) — 1 pièce , parchemin ; 140 pièces , papier, 
dont 1 imprimée. 

1688-1785. — Affaires locales. «= Limoges. — Aligne- 
ment des rues. — Demandes d'indemnité de terrain. — 
Arrêt du Conseil d'État du 22 décembre 1775. — Indemnité 
accordée pour la démolition d'une maison située Porte- 
Boucherie, oîi habitait Louis Albin, maître-maréchal, et 
partage de cette indemnité entre les créanciers dudit 
Albin (1771). — Paiement d'une indemnité accordée à 
Martial Ratouret, bourgeois de la ville de Droux, pour une 
maison qui lui appartenait dans le haloir [sic) de la porte 
Boucherie (1766). — Indemnité accordée pour la démolition 
de maisons sises près la porte Boucherie, appartenant au 
sieur Léonard de Rameru, écuyer, demeurant au lieu de 
Montlaurier, paroisse d'Anois (sic) , en Peitou. — Pièces 
relatives à la famille Rameru , sieur de la Cour. — Consti- 
tutions de rentes à diverses religieuses de cette famille, aux 
couvents de Sainte-Ursule et de la Providence de Limoges 
(1725-1769). — Jardin du sieur Germain Fournet. — Empla- 
cements pris pour la construction de la rampe de Sainte- 
Ursule ; — requête du sieur Guillaume Catinaud , curé de 
Saint-Léger-la-Montagne. — Démolition de la maison de 
M. Durand , trésorier de France ; — lettre du 9 septembre 
1772. — Démolition de la maison lourdes, adossée à l'une 
des tours de la porte des Arènes ; — requêtes de Baptiste 
Bordier et des demoiselles lourdes (1773). — Requêtes 
diverses des habitants de la paroisse de Condat, de Cathe- 
rine Gros , veuve de Pierre Gaignan ; de Jean Pillet , des 
religieuses Ursulines. — Arrêt du Conseil de 1688 portant 
don d'une terrasse inutile au public, et qui se trouvait au 
bout de leur jardin. — Requêtes de M. de Montesquieu, 
abbé de Saint-Martial, pour être autorisé à démolir le 
château de Beauvais, dépendant de son abbaye, à la charge 
d'en faire reconstruire un autre ; — état du château ; — 
correspondance de Turgot (1765). — Indemnité accordée 



ARCHIVES DE LA HAUTE- VIENNE. 

à M. de Viloutreix de la Judie , pour un emplacement entre 
la porte des Arènes et la tour appelée le fort Saint-Martial 
(1730 à 1773). — Lettres de Turgot et de MM. de la Judie et 
de Chétardie (1771-1773). 



C. 63. (Liasse.) — 133 pièces, papier. 

1776-1790. — Affaires locales. « Limoges. — Aligne- 
ment des rues. — Indemnités pour pertes de terrains. — 
Dossiers relatifs aux individus ci-après désignés : Léonarde 
Crozelière , épouse de Baptiste Desbordes ; — Barbier, 
arquebusier ; — Chatenet, menuisier ; — Jacques Pouyadin, 
au sujet des bâtiments de la nouvelle place des Arènes ; — 
Barathier ; — Mathurin Gorsas, maître-cordonnier ; — Jean- 
Baptiste Beaulieu, tourneur; — Cramousaud, chanoine de 
Saint-Martial ; — Famé et Cognasse ; — Antoine Vilette ; 
— Mathurin Dutreix, maître-boulanger ; — - Martial Château , 
architecte, etc. — Arrêtés d'alignement, mémoires, 
requêtes, plans des lieux. 

C. 64. (Plan.) — 1 plan, papier. 

1768. — Affaires locales. =» Limoges. — « Plan de la 
ville, cité et faubourgs avec ses projets , levé par le sieur 
Alluaud, ingénieur-géographe du Roy, en 1768, sur une 
échelle de deux lignes par toise, et celuy-cy réduit et des- 
siné par le sieur J.-B. Morancy, ingénieur-géographe, sur 
une échelle de demi-ligne par^^toise. Les projets des redres- 
sements des rues sont lavés en couleurs rouge et jaune. » 

C. 65. (Plans.) — 2 plans , papier. 

1775. — Affaires locales. «= Limoges. — Projet d'aligne- 
ment des rues de la ville. — Plan parcellaire n» 1 , pour 
l'alignement des rues comprises entre l'église Saint- 
Martial, la rue des Combes, la place Montmailler, le boule- 
vard de la Pyramide et la porte Tourny. — Plan parcellaire 
n^ 2 : partie comprise entre la place Montmailler, les rues 
des Combes , du Temple , l'église Saint-Michel , la rue des 
Arènes et le boulevard de la Poste-aux-Chevaux. 

C. 6fi. (Plans.) — 2 plans , papier. 

1775. — Affaires locales. -« Limoges. — Projet d'aligne- 
ment des rues de la ville. — Plan parcellaire n» 3, compre- 
nant les boulevards de la Promenade et du Collège, les rues 
Porte-Tourny, des Taules, Cruche-d'Or et Manigne. — Plan 
parcellaire n» 4, comprenant les boulevards des Ursulines 
et Sainte-Catherine; les rues des Arènes, du Temple, 
Cruche-d'Or et Manigne. 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE UMOGES. 



i5 



C. 67. (Plans.) — 2 plans, papier. 

1775. — Affaires locales. «= Limoges. — Projet d'aligne- 
ment des rues. — Plan parcellaire n°5, comprenant la rue 
des Quatre-Chemins , le boulevard Sainte-Catherine, Saint- 
Gérald jusqu'à l'hôpital. — Plan parcellaire n® 6, compre- 
nant la rue des Clairettes et partie du faubourg des Arènes. 

C. 68. (Plans.) — 2 plans, papier. 

1775. — Affaires locales. « Limoges. — Projet d'aligne- 
ment des rues. — Plan parcellaire n© 7 : place d'Orsay et 
alignement du faubourg des Arènes. — Plan parcellaire 
no 8 : alignement des rues aboutissant à la place Mont- 
mailler; projet de construction de casernes à droite de 
la route de Paris. 

C. 69. (Plans.) — 2 plans, papier. 

1775. — Affaires locales. =» Limoges. — Projet d'aligne- 
ment des rues. — Plan parcellaire n» 9. — Plan parcellaire 
no 10, comprenant la place Tourny et les environs, les 
Cordeliers, les Feuillants. 

C. 70. (Plans.) — 2 plans, papier. 

1775. — Affaires locales. = Limoges. — Projet d'aligne- 
ment des rues. — Plan parcellaire n» 14 , comprenant la 
Cité, à partir de Saint-Etienne, la rue de l'Évôché, les 
boulevards de la Gorderie et Saint-Maurice et la rue des 
Allois. — Plan parcellaire n« 12 : alignement de la rue des 
Petites-Maisons, du faubourg et de la place Manigne. 

C. 71. (Plans.) — 2 plans, papier. 

1775. — Affaires locales. « Limoges. — Projet d'aligne- 
ment des rues. — Plan parcellaire n» 13 : Saint-Gérald et 
l'hôpital général ; projet de construction de la mairie. — 
Plan parcellaire no 14 : alignement du faubourg du Pont- 
Saint-Martial, à partir des Jacobins. 

C. 72. (Plans.) — 4 plans, papier. 

1775. — Affaires locales. — Limoges. — Projet d'aligne- 
ment des rues. — Plan parcellaire n» 16 : quartier du pont 
Saint-Étienne, la Règle, la Cathédrale, l'Évôché. — Plan 
parcellaire n» 17 : alignement de la rue du Calvaire «t de 
l'allée des Bénédictins. — Plan parcellaire no 18, comprenant 
le Bas-Naveix et partie de la route de Lyon. — Plan par- 
cellaire n° 19 2 quartier des Bénédictins. 



C. 73. (Plans.) — 2 plans, papier. 

1771. — Affaires locales. = Limoges. — Carte de la 
banlieue de Limoges divisée par paroisses, cantons et 
tènements. — Plans des paroisses Saint-Paul-Saint-Laurent 
et Saint-Christophe. 

C. 74. (Liasse.) — 97 pièces, papier, dont 1 imprimée. 

1757-1790. — Affaires locales. = linards. — Refonte 
d'une cloche, en 1783. — Acquisition d'une maison pour 
servir de presbytère (1757), moyennant 3,200 livres ; — 
pièces relatives au paiement de cette somme et des intérêts 
(1781-1786). — Réparations à l'église (1774-1779). --Lizières. 

— Réparations à l'église (1761-1763). — Minute d'une lettre 
écrite par M. Turgot à M. Dodart, intendant à Bourges. — 
Lettre de M. Dodart. — Lettre de M. de Saint-Priest, subdé- 
légué à la Souterraine. «=» Lubersac. — Pièces relatives à la 
répartition des tailles, aux réparations de l'église parois- 
siale, à l'entretien de l'horloge. =»« Lussac-les-Églises. — 
Réparations à l'église paroissiale (1777-1790). 

C. 75. (Liasse.) — 2 pièces, parchemin; 46 pièces, papier. 

1742-1790. — Affaires locales. — Nominations de pré- 
posés perpétuels à Pageas, Panazol, Peyrat près Bellac, 
Peyrilhac, Pierre-Bufftère, Pont-Saint-Martin, Razès, Rilhac- 
Lastours. — Arrêt du Conseil relatif à l'acquisition d'une 
maison pour servir de presbytère à la paroisse de Rilhac- 
Lastours. = Rempnat. *— Réparation de deux ponts situés 
sur la Vienne (1761). =» Rançon. — Délibérations des habi- 
tants pour demander l'abonnement des fonds de la paroisse. 

— Nominations de préposés perpétuels à Rilhac-Rancon , 
Roussat, Royère-hors-la-Roche, Royère-Saint-Léonard. 

C. 76. (Liasse.) — 101 pièces, papier, dont 1 imprimée. 

1741-1790. — Affaires locales. «= Saint-Barbant. — 
Pièces relatives à l'exécution d'un legs fait en faveur des 
pauvres de Saint-Barbant, par le sieur Galicher, ancien 
curé (1782-1790). — Lettres de MM. Mallebay de la Mothe et 
Crouzaud de la Touche , et de M. de Juniat , subdélégué à 
Bellac. « Saint-Bonnet-de-Bellac. — Nomination d'un pré- 
posé perpétuel. =- Saint-Bonnet-la-Rivière. — Consente- 
ment donné par les habitants à la conversion de Tancien 
cimetière en place publique (1786). — Nomination d'un 
préposé perpétuel. « Saint-Brice. — Refonte d'une cloche : 
marché fait avec Joseph Coutaud, fondeur à Limoges, 
moyennant la somme de 220 livres, 5 mai 1769. — Réparation 



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16 



ARCHIVES DE LA HAUTE-VIENNE. 



du pont (1770-1774). « Sainte-Catherine de Saint-Yrieix. — 
Réparations à Téglise (1741-1782). «= Saint-Christophe de 
la ville de Limoges : acquisition d'un terrain pour servir 
de cimetière (1784). — Les habitants demandent qu'il soit 
fait une digue et un canal afin d'éviter les inondations du 
ruisseau appelé des Casseaux (1788). = Saint-Denis-des- 
Murs. — Réparations à l'église paroissiale (1747). — Nomi- 
nation d'un préposé perpétuel. 

C. 77. (Liasse.) — 139 pièces, papier, dont 2 imprimées. 

1640-1789. — Affaires locales. « Saint-Dizier. — 
Refonte de cloche : marché fait par les habitants, le 27 jan- 
vier 1771, avec Joseph Coutaud, maître-fondeur, moyennant 
600 livres. = Sainte-Félicité. — Réparation au mur mitoyen 
de la maison presbytérale (1769). «= Saint-Gence. — Établis- 
sement d'un pont en planches sur la rivière de Glane (1781). 

— Acquisition d'une maison pour servir de presbytère 
(1772-1780). '=' Saint-Genest. — Commission de préposé 
perpétuel. — Réparations à l'église et au mur de clôture 
du cimetière (1780-1789). = Saint-Germain. — Demande 
d'établissement d'un chemin. — Demande d'arpentement. 

— Commission de préposé perpétuel. = Saint-Hilaire- 
Bonneval. — Réparations à l'église et au cimetière (1780- 
1784). — Construction d'un presbytère (1778). — Commission 
de préposé perpétuel (1783). •=» Saint-Hilaire-Lastours. — 
Délibération pour la nomination d'un préposé perpétuel. => 
Saint-Hilaire-Magnazeix. — Réparations à l'église et refonte 
de cloche (1779-1784). 

C. 78. (Liasse.) — 181 pièces , papier, dont 1 imprimée. 

1739-1789. — Affaires locales. «= Saint-Jean-Ligoure et 
Chalucet. — Délibération pour la nomination d'un préposé 
perpétuel (1786). — Réparations au presbytère (1783). « 
Saint-Jouvent. — Nomination d'un préposé perpétuel. ■= 
Saint -Julien -de -Limoges. — Demande d'un presbytère 
formée par le sieur Watel, curé de la paroisse (1786). -= 
Saint-Julien-les-Combes. — Réparations à l'église et au 
cimetière (1765-1786). = Saint-Junien. — Lettre de M. l'in- 
tendant aux officiers municipaux, portant qu'il ne fera 
fournir aucun fonds pour terminer le cours de Saint-Junien 
avant qu'ils lui aient apporté une soumission d'y contribuer 
(1788). — Affaire relative au recouvrement des impositions 
et nomination du sieur Lamy pour préposé perpétuel (1769). 

— Réparations aux bâtiments du collège de Saint-Junien 
(1739-1745). — Délibérations des habitants, correspon- 
dance , etc. — Commissions de préposés perpétuels. = 
Saint-Just. — Construction du presbytère (1776-1780). — 
Réparations à l'ancienne maison presbytérale (1742). — 
Réparations à l'église paroissiale (1782-1786). 



C. 79. (Liasse.) — 156 pièces, papier, dont 2 imprimées ; 3 plans. 

1756-1789. — Affaires locales. « Saint-Léonard. — 
Pièces relatives au cimetière et aux remparts de la ville. 
« Saint-Martin-le- Vieux. — Opposition formée à la nomina- 
tion d'un syndic perpétuel. «= Saint-Michel-de-Laurière. — 
Réparations à l'église paroissiale (1766-1788). — Refonte de 
cloche et agrandissement du presbytère (1779). — Répara- 
tions au presbytère (1775). « Saint-Michel-de-Pistorie 
(Limoges). — Reconstruction du presbytère (1780-1781). 

C. 80. (Liasse.) — 30 pièces, papier. 

1775-1789. — Affaires locales. «= Saint-Pardoux-en- 
Rancon. — Nomination d'un préposé perpétuel : Joseph 
Briquet, notaire royal. = Saint-Paul. — Commission de 
préposé perpétuel en faveur du sieur Guérin (Léonard) 
(1786). «= Saint-Pierre-de-Saint-Yrieix. — Indemnité de 
logement de 150 livres accordée au curé de la paroisse. — 
Lettre de M. Gondinet, médecin, correspondant de la 
Société royale de médecine de Paris (1787). = Saint-Priest- 
Ligoure. — Le sieur Mazard, curé de la paroisse , demande 
la reconstruction d'un pont (1785). « Saint-Priest-Taurion. 

— Réparations au pont (1775-1782). 

C. 81. (Liasse.) — 75 pièces, papier, dont 1 imprimée ; 3 plans. 

1689-1789. — Affaires locales. «= Saint-Yrieix. — Com- 
mission de préposé perpétuel en faveur de Pierre Gondinet, 
procureur en la sénéchaussée (1787). — Le sieur Boisset, 
professeur d'humanités, établi dans la ville de Saint-Yrieix, 
demande que la maison préceptorale soit réparée, et qu'il 
soit, en outre, imposé une somme de 150 livres pour le 
loyer de la maison qu'il occupera pendant les réparations 
(1785). — Copie du testament de Léonard Pinet, avocat, du 
6 décembre 1689, portant donation d'une maison pour y 
établir une « personne capable et maître ez-arts , docteur- 
régent ». — Réparations à l'église Notre-Dame (1765). «= 
Saint-Yrieix-sous-Aixe. — Réparations à l'église parois- 
siale (1744). — Reconstruction du presbytère et répara- 
tions (1760-1781). 

C. 82. (Liasse). — 3 pièces, parchemin ; 173 pièces, papier, 
dont 2 imprimées. 

1756-1789. — Affaires locales. «= Séreilhac. — Délibé- 
ration pour la nomination d'un préposé perpétuel (1786). 

— Refonte de cloche (1775). — Réparations à l'église et à 
la clôture du cimetière (1782-1784). — Construction d'une 
cave au presbytère (1766-1772). = Solignac. — Translation 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE UMOGES. 



17 



du cimetière de la paroisse Sainl-Michel (1788). — Le curé 
demande l'augmentation de son logement. — Délibération 
pour la nomination d*un préposé perpétuel. -« Soubrevas 
ou Sainte-Claire. — Construction d'un presbytère (1769). — 
Surdoux. — Réparations au presbytère (1780-1783). — 
Acquisition d'un terrain pour servir de cimetière (1787-1789). 

— Nomination d'un préposé perpétuel. « Sussac. — Con- 
struction d'un presbytère (1768-1770). 

C. 83. (Liasse.) — 198 pièces , papier, dont 1 imprimée. 

1604-1790. — Comptabilité communale. « Aixe. — 
Requête du sieur Martial Guingand de Saint-Mathieu, 
écuyer, seigneur de Gensignac, au sujet de l'assignation 
faite par lui aux sieurs Martial Sudraud Désistes, juge 
d'Aixe, et François Châtenet, son beau-frère, ci-devant 
syndics-fabriciens des églises d'Aixe et Tarn, d'avoir à 
rendre leurs comptes de gestion ; — lettres et mémoires 
divers relatifs à cette affaire (1773). « Bellac. — Comptes 
des deniers d'octrois et patrimoniaux de la ville depuis 
1776 jusques et compris 1788. — Comptes et pièces de 
dépenses; — correspondance entre l'intendant de Limoges 
et les officiers municipaux de Bellac : Guiot du Doignon , 
maire ; Buisson de Masvergnier, échevin ; Mallebay de 
Beisac, Rivaud du Villard, ^chevins ; Lacroix, procureur du 
Roi ; Arbellot de Vacqueur, receveur de l'hôtel de ville. — 
Saint-Bonnet en la Basse-Marche. — Délibération des habi- 
tants constatant que cette paroisse n'a aucun revenu (1694). 
-« Chalard-Peyroulier. — Ordonnance de Turgot autorisant 
le curé de ladite paroisse à recevoir de François Mont- 
gibaud, fermier de l'abbé de Beauvoire de Vilhac, prieur 
commendataire de Notre-Dame du Chalard , les arrérages 
de vingt-cinq setiers de blé et de soixante livres d'argent qu'il 
doit payer pour les honoraires d'un vicaire ; — lettres et 
requêtes relatives à cette affaire (1770). « Dompierre. — 
Certificat délivré par le syndic constatant qu'il n'existe pas 
de biens patrimoniaux dans cette paroisse (1694). = Droux. 

— Pièces relatives à une distribution de 8 setiers de seigle 
faite par les PP. Augustins de Montmorillon aux pauvres 
de cette paroisse. — Lettres de MM. Turgot ; Lefebvre, prieur 
de Montmorillon ; de Pontaille , sénéchal à Laval-Magnac ; 
Montazeaud, curé de Droux (1770). 

C. 84. (Liasse.) — 3 pièces, parchemin; 55 pièces, papier, 
dont 2 imprimées. 

1689-1790. — Comptabilité communale. ^^^ Eymoutiers. 

— Arrôt du Conseil de 1770 attribuant à l'intendant de la 
généralité de Limoges la connaissance de toutes les contes- 
tations nées et à naître au sujet des comptes des revenus 
des villes, bourgs et paroisses de Tulle, Brives, Saint- 

HaUTE-VIENNB. — SÉRIE C. 



Junien, Ussel, Saint-Léonard, Eymoutiers, Bellac, la Sou- 
terraine, Laval-Magnac, le Dorât, Egletons et Bort. — 
Ordonnance de Turgot, du 23 novembre 1772, ordonnant 
aux officiers municipaux des villes qui jouissent de droits 
d'octrois de lui faire parvenir leurs titres. — Arrêts du 
Conseil, baux, comptes, correspondance et actes divers 
relatifs aux octrois d'Eymoutiers , de 1689 à 1790. — Noms 
des consuls de la ville d'Eymoutiers, de 1720 à 1787, année 
par année ; — noms des fermiers des octrois pendant cette 
même période; — lettres de MM. Ruben de Couderc, 
subdélégué à Eymoutiers ; Ruben de Lavialle, etc. 

C. 85. (Liasse.) — 2 pièces, parchemin ; 69 pièces , papier. 

1637-1789. — Comptabilité communale. — Laval- 
Magnac. — Comptes des revenus d'octrois de la ville de 
Laval-Magnac, depuis 1738 jusques et compris 1770, et ren- 
seignements divers relatifs à ces mêmes octrois ; — lettre 
du sieur Defeux, subdélégaé à Magnac, en 1758. — État 
indiquant le prix du bail des octrois à cette époque : 1,550 
livres ; les propriétaires desdîls droits ( le séminaire de 
Magnac est propriétaire des 3/4, le Roi de 1/8, la ville de 1/8). 

— Liste des lettres-patentes et arrêts relatifs aux droits 
d'octrois et aux foires delà ville. — Bail des octrois, en 1728, 
en faveur de Jean Beaujay, passé devant Pierre Robert, 
écuyer, seigneur de Villemartin, président en l'Élection de 
Limoges. — Arrêts du Conseil, de 1665 et de 1692, relatifs 
au séminaire de Magnac-Laval et aux octrois de cette ville. 

— Obligation de 576 livres consentie par les habitants de 
Laval-Magnac, en 1637. — Comptes des octrois, de 1746 
à 1770 ; — pièces justificatives et lettres diverses (1758 
à 1789). «= Le Dorât. — Correspondance entre l'intendant 
et M. Dubois , son subdélégué au Dorât , en 1786, au sujet 
d'une rente de 15 livres perçue par la ville du Dorât. 

C. 86. (Liasse). — 7 pièces, parchemin ; 48 pièces, papier, 
dont 7 imprimées. 

1693-1786. — Comptabilité communale. = Limoges, 

— Deniers patrimoniaux et octrois. — Arrêt du Conseil du 
5 décembre 1693 réglant les dépenses à la charge de la 
ville. — Tarif des droits qui composent les octrois et 
revenus communs et patrimoniaux de la ville de Limoges , 
arrêté au Conseil d'État en 1701 ; — lettre d'envoi signée 
d'Armenon ville. — Affiches pour l'adjudication des droits 
d'octrois, en 1711 ; — ordonnances de MM. Boucher d'Orsay 
(1728) et de Chaumont de la Millière (1752). — Déclaration 
du Roi concernant les comptes qui doivent être rendus par 
les receveurs des octrois, etc. (1730). — Arrêts du Conseil 
portant évocation de toutes les contestations relatives aux 
octrois de Limoges (1755 et 1759). — Protestation de la 

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18 



ARCHIVES DE LA HAUTE-VIENNE. 



Cour des Aides de Clermont-Ferrand contre ces arrêts. — 
Lettre de M. de Courteille et réponse de Tintendant. — 
Ordonnance de M. Pajot de Marcheval. — Arrêt du Conseil 
portant établissement d'un nouveau tarif des octrois, 
23 juin 176i. — État des revenus et des charges de la ville, 
en 1763. — Adjudicalion faite, le 12 septembre 1763, devant 
M. rintendant, du droit de mesurage des grains et légumes 
qui se vendent au marché à blé de Limoges. — Arrêt relatif 
à la vente du beurre sur le marché de Limoges (1777). — 
Arrêt qui ordonne la reddition des comptes des villes de 
Limoges et de Saint-Junien par devant Tintendant (1780). — 
État de situation des deniers de la ville en 1786 ; — corres- 
pondance et pièces diverses. — Mémoire des officiers 
municipaux demandant la révision du tarif de 1761 et 
Textension des limites des octrois ; — correspondance et 
pièces diverses relatives à cette affaire. 

G. 87. (Liasse.) — 7 pièces, parchemin ; 170 pièces, papier. 

17(^2-1754. — Comptabilité communale. «-> Limoges. 

— Octrois. — Contentieux. — Procès intenté par Pierre 
Vergniaud, adjudicataire des droits d'octrois, en 1752, 
contre le syndic général du clergé, les religieux Feuillants, 
les Grands-Carmes, les Carmes-Déchaussés, les Cordeliers, 
les Jacobins, les Augustins et les Récollets, qui se préten- 
daient exempts de tous droits d'octrois; — procédure 
«uivie à ce sujet devant TËlection de Limoges , la Cour des 
Aides de Clermont , le Conseil du Roi. — Pièces produites 
par les parties : requêtes, répliques, mémoires, inventaires 
de production , etc. ; — jugements et arrêts intervenus 
dans cette affaire (1752-1754). 

G. 88. (Liasse.) — 2 pièces , parchemia ; 67 pièces , papier, 
dont 2 imprimées. 

1701-1767. — Comptabilité communale. — Limoges. 

— Octrois. — Contentieux. — Procès entre les consuls et 
les habitants de Limoges, d'une part, et le sieur Pierre 
Vergniaud, adjudicataire des droits d'octrois, d'autre, au 
sujet du paiement du prix de l'adjudication faite le 7 juillet 
1758 : Vergniaud , se prétendant lésé par le nouveau tarif 
de 1761, demande un sursis et une indemnité ; — pièces 
produites par les parties ; — arrêts du Conseil , jugements 
de la Cour des Aides de Clermont et de l'Élection de Limoges, 
requêtes, ordonnances, mémoires, etc. (1701-1762); — 
ordonnance de Turgot renvoyant les parties devant le 
Conseil du Roi (1762) : (affaire terminée en 1772). 

C. 89. (Liasse.) — 36 pièces, parchemin ; 529 pièces, papier. 

1764-1785. — Comptabilité communale. — Limoges. — 
Vérification des comptes des revenus patrimoniaux et 



d'octrois de Limoges faite en 1785 par l'intendant. — Exer- 
cices 1765, 1766, 1767, 1768, 1769 et 1770. — Comptes et 
pièces justificatives : mandats de paiement, quittances, 
états et mémoires divers. Les mandats sont signés des 
consuls et visés par l'intendant. — Total des recettes 
en 1765 : 20,496 livres 6 sols 10 deniers. Dépenses : 
13,008 livres 4 sols. — Pour les frais du service fait pour la 
mère de M. Turgot : 668 livres 12 sols; — payé à M. le duc 
de Fitz-James , pour son logement en qualité de gouver- 
neur ; 890 livres ; — à M. du Coudray, pour ses cours : 
900 livres ; — pour le repas de la nomination des consuls : 
120 livres ; — à Louise Laloy, recluse, suivant l'arrêt du 
Conseil du 5 décembre 1693 : 23 livres ; — au prédicateur 
de l'Avent et du Carême : 360 livres ; — pour les frais du 
service de M. des Cars, en 1770 : 241 livres 19 sols. 

C. 90. (Liasse.) — 19 pièces, parchemin ; 349 pièces, papier. 

1770-1785. — Comptabilité communale. «» Limoges. 

— Vérification des comptes des revenus patrimoniaux et 
d'octrois de^la ville de Limoges faite en 1785 par l'intendant 
de la généralité. — Exercices 1771 à 1777. Comptes et 
pièces justificatives. — Payé, en 1772, au sieur Nadaud, 
pour l'ouvrage de M. d'Expilly : 120 livres ; — en 1775, aux 
sieurs Romanet du Caillaud et Pétiniaud, pour frais de 
voyage à Paris, où ils ont été députés par le corps de ville 
auprès de Mgr Turgot, ministre d'État et contrôleur 
général des finances : 78 livres; — en 1776, au sieur 
Manent, pour le remboursement de son office de secrétaire- 
greffier garde des archives de la ville : 1,826 livres 12 sols 

2 deniers. — État récapitulatif des comptes rendus par le 
feu sieur Philippe Nadaud, syndic-receveur de l'hôtel de 
ville de Limoges, depuis 1765 jusques et compris 1777. — 
Total des recettes pendant ces treize exercices : 231,159 li- 
vres 13 sols 10 deniers ; — total des dépenses : 223,394 livres 
9 sols 1 denier. 

C. 9L (Liasse.) — 21 pièces, parchemin; 349 pièces, papier. 

1777-1784. — Comptabilité communale. — = Limoges. 

— Vérification des comptes des revenus patrimoniaux et 
d'octrois. — Exercices 1777 à 1784. Comptes et pièces 
justificatives. — Dépenses, en 1778, pour fournitures et 
décorations faites pour le service funèbre de Mme ja maré- 
chale de Fitz-James ; 706 livres; — pour achat et frais 
de transport d'un portrait et buste de Mgr d'Âguesseau , 
placés dans la grand'salle" de l'hôtel de ville : 263 livres 

3 sols 3 deniers; — en 1779, pour achat et transport de 
six canons du calibre de quatre et de gargousses venant 
de la forge de Ruelle, envoyés par M. de Lontaigue, four- 
nisseur d'artillerie : 1,381 livres 7 sols ; — en 1780, pour le 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE UMOGES. 



19 



service funèbre de M. Jacques Juge de la Borie^ maire de la 
ville de Limoges, célébré le 29 novembre 1779 : 435 livres 
6 sols ; — pour feu de joie fait à Toccasion de la victoire 
remportée par les troupes du Roi en Afrique et en Amérique 
sur les Anglais : 168 livres 16 sols ; — en 1781, pour plu- 
sieurs décharges de canon : 179 livres 9 sols (deux 
décharges le jour de Toctave de la procession du Saint- 
Sacrement, 1er juin 1780; une décharge à l'arrivée de 
Mgr rintendant, venant de Paris , 2 août 1780 ; deux dé- 
charges le jour de la procession de Notre-Dame d'Août ; 
une décharge à l'arrivée de Mgr l'intendant, venant de 
Tulle et Brives, 12 octobre ; une décharge à l'arrivée de 
Mgr l'intendant, venant d'Angoulème, 23 octobre ; Duriff, 
canonnier de la ville) ; — en 1782, pour plusieurs décharges : 
114 livres 7 sols ; — pour cérémonies et réjouissances à 
l'occasion de la naissance de Mgr le Dauphin : 621 livres 
2 sols j — en 1784, payé au sieur Broussaud , adjudicataire 
des travaux de la fontaine Dauphine : 4,000 livres ; — pour 
final paiement : 12,000 livres ; — au sieur Margray, pour avoir 
surveillé l'exécution des bronzes de la fontaine Dauphine 
et fourni les dessins : 240 livres. 

C. 92. (Liasse.) — 241 pièces, papier. 

1777-1783. — Comptabilité communale. = Limoges. 

— Comptes rendus à l'intendant de la généralité par les 
officiers municipaux de Limoges des recettes et dépenses 
de l'octroi établi pour l'entretien du guet et des lanternes 
de ladite ville, en vertu de l'arrêt du Conseil du 10 sep- 
tembre 1775. — Exercices 1776 à 1783. Comptes et pièces 
justificatives. — Achat de trente-six carabines pour les 
soldats de la compagnie du guet : 702 livres ; — feuilles 
de prêt de ladite compagnie du guet, mandats de paiement, 
quittances, etc. 

C. 93. (Liasse.) — 4 pièces, parchemia; 386 pièces, papier. 

1784-1787. — Comptabilité communale. =« Limoges. 

— Vérification des comptes des revenus patrimoniaux et 
d'octrois, ainsi que de l'octroi établi pour l'entretien du 
guet et des lanternes. — Exercices 1784 à 1787. — Comptes 
et pièces justificatives : payé au cirier pour les cierges qui 
brûlent jour et nuit devant la relique de saint Martial, 225 liv. 
par an ; — au sieur Perier, traiteur, pour deux repas qu'il 
a fournis à l'hôtel de ville, 112 liv.; menus de ces repas. — 
Observations de M. l'intendant sur ces comptes et réponses 
de MM. les officiers municipaux. — Récapitulation géné- 
rale des recettes et dépenses de la ville au 1*^ septembre 
1877. — Service solennel célébré dans l'église cathédrale, 
le 30 avril 1787, pour le repos de l'âme de Mgr le maréchal 
duc de Fitz-James, gouverneur du Haut et Bas-Limousin, 



décédé le 23 mars précédent : 498 livres 10 sols ; — payé 
397 livres 8 sols 3 deniers à M. Roulhac de la Borie, lieu- 
tenant général et maire en charge de Limoges , pour une 
robe et costume de satin bleu de roi , avec sa soutanelle 
cramoisie et chaperon de damas, pour assister, en sa 
qualité de maire, à l'Assemblée nationale tenue à Versailles 
le 22 février 1787. — Réunion , en 1786, au corps de ville 
des offices de lieutenant général de police moyennant 
20,000 livres et de procureur du roi moyennant 10,000 livres. 

C. 94. (Liasse.) — 4 pièces, parchemin ; 886 pièces» papier. 

1787-1789. — Comptabilité communale. «=> Limoges. — 
Comptes de gestion des revenus patrimoniaux et d'octrois. 

— Exercices 1788 et 1789; comptes et pièces justifica- 
tives. — ' Récapitulation générale au 1" septembre 1789 
des recettes et dépenses faites pendant l'exercice 1788. — 
Total des recettes : 109,287 livrés 16 sols 4 deniers ; total 
des dépenses : 98,393 livres 12 sols 10 deniers. — Total 
de la dépense faite par quelques-uns des députés à l'as- 
semblée provinciale du Limousin dans les auberges de la 
ville de Limoges lors de l'assemblée tenue au mois d'août 
1787 : 333 livres 5 sols. — Loyer de plusieurs appartements 
de la maison de Durand de Lassagne, rue du Temple, ser- 
vant à l'usage ordinaire de la ville, pendant la recons- 
truction du nouvel hôtel de ville, suivant la délibération 
du 23 décembre 1786, pour dix-huit mois : 450 livres. — 
Paiement d'un à-compte de 2,400 livres au sieur Alluaud, 
adjudicataire du nouvel hôtel de ville. — Service solennel 
célébré dans l'église Saint-Michel-des-Lions , le 21 février 
1788, pour dame Marie-Catherine Terré, veuve de messire 
Pierre-Louis-Nicolas de Meulan, chevalier, receveur général 
des finances de la généralité de Paris , mère de M. Meulan 
d'Ablois, intendant de Limoges, décédée à Paris le 29 jan- 
vier 1787 : 338 livres. 

C. 95. (Liasse.) — 4 pièces, parchemin; 171 pièces, papier, 
dont 1 imprimée. 

1463-1782. — Comptabilité communale. = Saint-Junien. 

— Octrois et revenus patrimoniaux ; charges qui doivent 
être acquittées sur ces revenus. — Lettres-patentes de 
1463 portant concession aux habitants de Saint-Junien de " 
lever « l'appetissement ou huitième partie du vin qui se 
vendra dans la ville et banlieue » pour en appliquer le 
produit à la réparation de leurs murailles ; — confirmation 
de cette concession en 1483. — Arrêt du Conseil de 1692, 
fixant les charges ordinaires et extraordinaires à acquitter 
sur le produit des octrois : au prédicateur de l'Avant et du 
Carême : 100 livres ; pour les gages et habits du valet de 
ville : 50 livres ; pour les luminaires des fêtes solen- 



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20 



ARCHIVES DE LA HAUTE-VIENNE. 



nelles : 20 livres ; pour Tentretien d'une fontaine : 20 li- 
vres , et pour entretien des pavés de la ville : 98 livres, 
payables sur mandats des consuls visés par Tinten- 
dant. — Baux des octrois de 4708, 4728, 4746, 4752, 
4754, 4758; — bail de 4758, montant à la somme de 
370 livres , dont la moitié revenant à la ville est de 485 liv. 

— Correspondance des maires et consuls de Saint-Junien 
et des subdélégués (Mallebay de Massé et Jousselin de 
Viennois). — Affaire relative à l'exécution de Tédit du mois 
de décembre 4767 concernant Tadministration des villes 
et bourgs. — Nomination d'un syndic-receveur aux appoin- 
tements de 350 livres, et d'un secrétaire greffier aux gages 
de 50 livres. — Délibération des habitants à ce sujet 
en 4768 et correspondance des officiers municipaux. — 
Tableau de la situation du sieur Thamoineau-Deschamps, 
receveur des deniers patrimoniaux et d'octrois de la ville 
de Saint-Junien, relativement aux recettes et dépenses par 
lui faites de 4740 jusques et compris 4768. — Comptes de 
gestion et pièces justificatives pendant cette môme période ; 

— correspondance y relative (4740-4770). 

C. 96. (Liasse.) — 282 pièces, papier. 

1768-1789. — Comptabilité communale. =» Saint-Junien. 

— Comptes des revenus patrimoniaux et d'octrois de 4769 
à 4789; — pièces justificatives, mandats de paiement et 
quittances. — Pièces d'un procès entre les sieurs maire et 
échevins de Saint-Junien et le R. P. Descubes , prieur du 
couvent des Frères prêcheurs de Saint-Émilion, au sujet 
des honoraires dûs à ce dernier pour avoir prêché le Carême 
à Saint-Junien en 4773. — Bail des octrois de la ville adjugé 
à Jean Duban moyennant 260 livres , dont la moitié pour la 
ville, 43 septembre 4776; — autre de 4782. — Prospectus 
du Bulletin de M«»o de Beaumont en 4789. — Réclamation 
formée par le sieur Rouhet, d'une somme de 750 livres pour 
quinze années de ses honoraires en qualité de secrétaire- 
greffier. — Indemnité réclamée par le nommé Longueville, 
à raison de la destruction de sa maison et de ses meubles 
par la chute d'une des tours de la ville (4784). — Corres- 
pondance entre l'intendant, son ^ubdélégué à Saint-Junien, 
et les maires et échevins de la ville (1768-4789). 

C. 97. (Liasse.) — 2 pièces, parchemin ; 81 pièces, papier. 

1761-1789. — Comptabilité communale. «= Saint- 
Léonard. — Comptes de gestion des revenus patrimoniaux 
et d'octrois de 4770 à 4788 et pièces justificatives. — Ren- 
seignements divers sur le même sujet. — Lettres de M. de 
la Noaille, subdélégué à Saint-Léonard. — État de toutes 
les villes de la généralité qui ont des revenus patrimoniaux 



et droits d'octroi. — Arrêt du Conseil de 4692 qui ûxe les 
charges de la ville : pour les gages des valets de ville : 
68 livres ; pour le secrétaire de la maison de ville : 
25 livres; pour les processions de la Fête-Dieu et pour 
les cierges : 400 livres ; pour les charges extraordinaires 
consistant en frais de voyage et entretien des fontaines : 
74 livres. — Baux de 4720, 4728, 4752 et 4770. — Ordon- 
nance de M. de Barberie de Saint-Contest , de 4745, inter- 
disant aux fermiers des deniers patrimoniaux et d'octrois 
des villes de faire aucun paiement sans une ordonnance 
de l'intendant ou un mandat des consuls visé par l'inten- 
dant. — Mémoire relatif aux abus qui régnent dans la ville 
de Saint-Léonard. — Minute d'une ordonnance de 4773. 

C. 98. (Registre.) — In-folio, 170 feuillets, papier. 

1705-1774. — Finances. — Registre de transcription 
d'édits, déclarations du Roi, arrêts du Conseil, correspon- 
dance entre l'intendant et le contrôleur général des 
finances ; ordonnances et décisions d'intendants , mé- 
moires, etc., relatifs aux finances. (Ce registre de transcrip- 
tion a dû être dressé sous l'administration de Turgot , de 
4770 à 4774, pour servir en quelque sorte de répertoire de la 
jurisprudence administrative en matière d'impôts. Aucun 
ordre n'est observé dans la transcription de ces actes.) — 
Déclaration du Roi portant règlement pour les tailles dans 
le ressort de la Cour des Aides de Clermont-Ferrand , 
48 décembre 4705. — Lettre écrite par le grand-maître des 
eaux et forêts de France au département de Poitou aux 
officiers de la Maîtrise des eaux et forêts de Bellac, 22 juin 
4737. — Arrêt du Conseil qui règle les gratifications à 
accorder aux maîtres de poste des généralités d'Orléans , 
Bourges et Limoges établis sur la grande route de Paris à 
Toulouse, en représentation et dédommagement de l'exemp- 
tion de la taille qui leur a été retirée, 8 mai 4742. — Certi- 
ficat du sieur Lavialle , portant que les avocats du roi au 
présidial d'Angoulême ont droit de jouir de leurs « préclô- 
tures » sans payer d'impositions (4753). — Déclaration du 
Roi en interprétation de l'édit du mois de novembre 4750, 
portant création d'une noblesse militaire , 22 janvier 4752. 
— Arrêt du Conseil , du 44 octobre 4757, ordonnant l'impo- 
sition d'une somme de 4,988 livres sur la communauté de 
Saint-Yrieix. — Pièces relatives aux réparations à faire à 
l'église de Veyrac, élection de Limoges; — requêtes des 
habitants ; — devis des réparations à faire ; — ordon- 
nances de l'intendant ; — adjudication des travaux (4756- 
4762). — Déclaration du Roi relative à la taille tarifée établie 
dans la généralité de Limoges , 30 décembre 4764 , avec 
modèles des instructions et tarifs suivis par les commis- 
saires pour la répartition. — Arrêt du Conseil par lequel le 



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SÉRIE G. — INTENDANCE DE UMOGES. 



21 



Roi fait bail au sieur Lamoureux de Ghaumont , directeur 
des fermes, à Limoges, pour neuf années, à partir du 
i*r janvier 1761, moyennant 18,700 livres par an, des terres, 
seigneuries et marquisat de Pompadour, baronnie de Bret, 
Saint -Girq- la -Roche et seigneurie de la Rivière, que 
Sa Majesté a acquises de M. le duc de Choiseul, par contrat 
d'échange du 25 mars 1762 , et autres pièces relatives à ce 
bail. — Arrêt du Conseil ordonnant que dans six mois tous 
les pourvus d'offices dont le privilège d'exemption de taille 
a été suspendu par les déclarations des 17 avril 1759 et 
43 juillet 1764, ensemble les officiers municipaux des villes 
franches tarifées ou abonnées, seront tenus d'envoyer à 
M. le contrôleur général des copies collationnées des litres 
sur lesquels s'appuient leurs privilèges, 7 septembre 1764. 
— Arrêt qui décharge de la tutelle à laquelle il a été 
nommé le sieur J.-B. Barbou-Leymarie, préposé au recou- 
vrement des vingtièmes des paroisses de la Brugère, 
UzuracetRilhac-Rancon, 26 février 1765. — Lettre écrite par 
M. de Navelas à M. Turgot, au sujet de la perception des 
droits de franc-fief ; — réponse de Turgot (1765). — Lettre 
au sujet de la demande formée par M. du Mérat de la Tour, 
maire de Tulle, demandant à être maintenu dans l'exercice 
ou du moins dans les privilèges de son office supprimé 
par l'édit de 1764. — Mémoire présenté à M. le contrôleur 
général par les officiers de l'Élection de Brives au sujet de 
leurs privilèges. — Mémoire sur le droit de suite en matière 
d'imposition ; — réponse à ce mémoire. — Tableau indi- 
quant l'époque de l'établissement des dixièmes, cinquan- 
tièmes et vingtièmes , la date de leur suppression et le 
temps de leur durée. 

C. 99. (Registre.) — In-folio, 237 feuillets, papier. 

1686-1778. — Finances. — Registre de transcription 
d'édits, déclarations du Roi, arrêts du Conseil, décisions 
ministérielles, ordonnances d'intendants, mémoires, etc., 
relatifs aux impositions , formant une sorte de recueil de 
jurisprudence administrative en matière d'impôts. — 
Commission d'intendant de la généralité en faveur de 
Turgot, 8 août 1761. — Provision en faveur de Léonard 
Genébrias d'une charge de chevaucheur des écuries du roi 
et maître-courrier de cabinet , vacante par la démission de 
Pierre-Louis Gracieux delà Pascaudie, 31 juillet 1767. — 
Provision d'intendant des eaux minérales d'Availles , en 
Poitou , paroisse d'Abzac-sur-Vienne , pour le sieur Pierre 
Depéret, docteur en médecine de la faculté de Montpellier, 
6 décembre 1753. — Nomination de préposés perpétuels 
pour le recouvrement des impôts : Ambazac, Savignac, 
Saint-Julien et Ségur. — Correspondance au sujet de la 
réclamation formée par M. Durand du Boucheron, conseiller 



à la Cour des Monnaies. — Lettre écrite par M. l'intendant 
à MM. les officiers municipaux de la Rochefoucaud, au 
sujet de l'adjudication des droits d'entrée, 5 septembre 
1769. — Avis et instructions sur les moyens les plus 
convenables de soulager les besoins des pauvres et sur le 
projet d'établir dans chaque paroisse des bureaux de 
charité (s. d.), — Déclaration du 7 janvier 1686 pour dé- 
fendre les pèlerinages sans permission du roi et des 
évoques ; — correspondance relative à l'observation de 
cette déclaration entre M. de Saint-Florentin et Turgot (1769). 
— Ordonnance concernant les maréchaussées, 27 dé- 
cembre 1769. — Lettres de probation de service obtenues 
par M. Sautereau , 14 décembre 1769. — Déclaration pour 
faire jouir des privilèges des commensaux les officiers de 
la maison de M. le comte de Provence, 1*^ avril 1771. — 
Correspondance au sujet de la plainte formée par les 
officiers de la maîtrise particulière des eaux et forêts 
d'Angoulème qui avaient été compris dans les rôles de la 
taille (1771). — Déclaration concernant les bénéfices à 
charge d'âmes de l'ordre de Saint- Augustin, 9 août 1771. — 
Lettre de Turgot à MM. les maire et échevins d'Angoulème, 
portant que les habitants des villes franches ne doivent 
jouir d'aucune exemption de taille d'exploitat ion , 19 oc- 
tobre 1769. — Lettre de M. Terray à M. Turgot, au sujet 
d'un mémoire de ce dernier sur le rendement des ving- 
tièmes dans la généralité de Limoges (1772). — Correspon- 
dance au sujet de l'exemption de taille prétendue par les 
religieux de l'ordre de Grandmont (1741). — Sentence de 
l'élection de Limoges qui condamne Louis Bamouille, 
ci-devant préposé à la levée des impositions de Vicq et de 
Magnac, h être pendu pour crime de concussion, 18 dé- 
cembre 1772. — Édit dû Roi qui assigne l'apanage de 
Mgr le comte d'Artois, octobre 1773. — Règlements et 
usages sur le lieu où doivent être taxés les biens situés 
dans la généralité de Limoges et généralités limitrophes. 

G. 100. (Liasse ) — 10 pièces, papier, dont 9 imprimées. 

1648-1767. — Finances. — Édits généraux, ordon- 
nances et circulaires des intendants, mémoires. — Décla- 
ration du Roi portant que les biens estimés 150 livres de 
revenus seront réputés faire corps de domaine , 8 dé- 
cembre 1705. — Ordonnance de Jacques de Chaulnes, 
seigneur de Guierville, Espinay, Longcormes et autres 
lieux, intendant en la généralité de Limoges, 3 mars 1648. 

— Mémoire sur la proportion des taxes à observer par 
MM. les commissaires dans la confection des rôles de 1742 ; 

— circulaire de M. de Tourny, accompagnant l'envoi de ce 
mémoire, juillet 1744. — Lettres-circulaires de Turgot aux 
curés de la généralité de Limoges pour demander leur 



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ARCHIVES DE LA HAUTE-VIENNE. 



concours dans diverses opérations administratives. Pre- 
mière lettre : Paris, le 3 mai 1762; seconde lettre : Paris, 
le 25 juin 1762. (Voyez : Œuvres de Turgoi, T. I, p. 633 et 
suivantes.) — Lettre-circulaire de Turgot aux commissaires 
des tailles delà généralité de Limoges, 1er juin 1767. — 
Mémoire présenté au Conseil, en 1766, par Turgot, sur la 
surcharge des impositions qu'éprouve la généralité de 
Limoges , imprimé par ordre de M. le vicomte de Mirabeau, 
député de l'ordre de la noblesse. Limoges : Barbou. 
(Œuvres, T. I, p. 541.) 

C. 101. (Liasse.) — 34 pièces, papier. 

1759-1788. — Finances. — Déclaration du Roi en inter- 
prétation de la déclaration du 30 décembre 1761, concernant 
la taille tarifée établie dans la généralité de Limoges 
depuis 1738 : projet présenté par Turgot. — Correspondance 
de Turgot avec MM. de Malesherbes et d'Ormesson, au 
sujet de la déclaration du 13 avril 1761 , qui enlève aux 
intendants la connaissance des contestations relatives aux 
rôles d'office pour l'attribuer aux élections, et des difficultés 
que soulève l'application de cette déclaration dans la 
généralité de Limoges (1761). — Aflaire du sieur du Tillet 
de Villars, commissaire employé à la confection des rôles 
de la taille dans l'élection d'Angoulème ; — suppression du 
bureau d'Angoulème. -— Correspondance entre MM. d'Or- 
messon , Pajot de Marcheval , le comte de Saint-Florentin , 
le contrôleur général des finances et Turgot, au sujet de 
cette affaire (1749-1762). — Lettres autographes de Turgot 
adressées au comte de Saint-Florentin et au contrôleur 
général des finances , contenant des détails intéressants 
sur l'établissement de la taille tarifée dans la généralité de 
Limoges et l'exposé des motifs qui le portent à demander 
la suppression du bureau général de confection des rôles 
établi à Angoulôme, 11 décembre 1761.— Lettre autographe 
de M. du Tillet, sans adresse, au sujet des rapports de la 
famille du Tillet avec Turgot (1788). 

C. 102. (Liasse.) — 14 pièces, papier, dont 2 imprimées. 

1762-1785. — Finances. — Taille tarifée. — Mémoires. 
— Lettres-patentes en interprétation de la déclaration 
du 21 novembre 1763 ordonnant que des mémoires sur les 
moyens de perfectionner et de simpHfier l'établissement, 
la répartition, le recouvrement, l'emploi et la comptabilité 
de tout ce qui regarde les finances , seraient adressés au 
roi par les Parlements, les Cours des Comptes et les Cours 
des Aides. — Mémoire sur la taille réelle telle qu'elle a lieu 
dans la généralité de Montauban par M. Pajot, intendant à 
Mpntauban. — Décisions à demander à M. l'intendant de la 



généralité de Limoges en interprétation de Tédit de juillet 
1766 concernant les privilèges d'exemption de taille. — 
Mémoire sur les impôts - en marge, de la main de Turgot : 
« Article de M, Quesnay, fondu depuis dans Içl Théorie de 
Vimpôt et la Philosophie rurale » ; nombreuses observa- 
tions de la main de Turgot en marge de ce mémoire. — 
Extrait du traité de la taille réelle telle qu'elle existe en Lan- 
guedoc, Provence, et autres pays d'états, suivant la décla- 
ration de François I", du mois d'avril 1536. — Mémoire du 
sieur Pommeroulie, sur la taille tarifée dans l'élection 
d'Angoulème, adressé à Turgot, intendant de la géné- 
ralité de Limoges. — Mémoire des habitants de Sa'mt- 
Pardoux-la-Croisille, adressé à Turgot, 19 septembre 
1762. — Observation sur la paroisse de Saint-Pantaléen , 
élection de Brives. — Mémoire relatif à la lettre de 
Turgot du 10 juin 1762 sur l'opération des rôles de la 
taille tarifée, attribué à M. de la Borderie. — Lettre de 
Turgot à M. de la Valette, l'un des subdélégués de la géné- 
ralité de Limoges : minute de la main de Turgot ; contient 
quelques détails intéressants sur le concours exigé par cet 
intendant de ses subordonnés (1762). — Mémoire sur la 
forme établie dans la généralité de Limoges pour la répar- 
tition des tailles : (anonyme, s. d., postérieur à 1776). — 
Modèle des instructions pour la confection des rôles de la 
taille tarifée et de la taille abonnée placées en tète des 
rôles de la généralité de Limoges en 1785. 

C. 103. (Liasse.) — 9 pièces, papier, dont 8 imprimées. 

1768-1769. — Finances. — Instruction générale pour 
les sieurs intendants et commissaires départis des pays et 
généralités où la taille est personnelle, contenant les 
principes d'après lesquels la répartition de cette impo- 
sition doit être faite (1767). — Résumé de l'instruction; — 
exemples et modèles relatifs à cette instruction. — Lettre 
ministérielle annonçant que l'instruction précédente a été 
transformée en loi positive par déclaration du 7 février 
1768, enregistrée à la Cour des Aides de Paris, le 5 sep- 
tembre 1768 , sous plusieurs modifications ou réserves. — 
Réserves formulées par la Cour des Aides. — Instruction 
générale pour les commissaires délégués par M. l'intendant 
de la généralité de Caen pour faire procéder à la confection 
des rôles de la taille en 1768. — Instruction pour les 
maires, échevins, syndics, manants et habitants des pa- 
roisses pour la confection des rôles de la taille de 1768, et 
à l'avenir dans la généralité de Caen. 

C. 104. (Liasse.) — 38 pièces, papier, dont 1 imprimée. 

1755-1766. — Finances. — Pièces diverses relatives 
aux impôts. — Correspondance entre MM. de Laverdy, de 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE UMOGES. 



23 



Gourteille et Tui'got au sujet de la répartition de la taille 
et des vingtièmes dans la généralité de Limoges (1761-1764). 
— Modèles de procès-verbaux en cas de gelée, grêle, inon- 
dations, etc., dressés par les élus de Limoges et d*Angou- 
lôme sur la demande de Turgot (1765) ; — correspondance 
à ce sujet. — Mémoire sur le droit de suite en matière 
d'impositions; — consultation demandée au sujet de ce 
mémoire par M. de Laverdy, contrôleur général ; — réponse 
(probablement de Turgot, 1764). — Plainte de deux notaires 
de Ghampniers , élection d'Angoulôme. — Correspondance 
entre Turgot et les officiers de la Cour des Aides de Cler- 
mont au sujet des plaintes portées contre les commissaires 
des tailles de la généralité de Limoges et en particulier 
contre le sieur de la Porte, commissaire à Brives; — pièces 
relatives à cette affaire. — Lettre de M. de Champflour, 
procureur général de la Cour des Aides de Clermont; — 
divers arrêts de ladite Cour (1762-1766). 

C. 105. (Liasse.) — 25 pièces^ papier. 

1694-1770. — Finances. — Documents statistiques sur 
les impositions de la généralité de Limoges. — État général 
des sommes imposées chaque année sur chacune des cinq 
élections de la généralité depuis 1694 jusqu'en 1762 inclu- 
sivement. — État général des sommes envoyées en espèces 
à MM. les receveurs généraux des finances par le commis 
à la recette générale depuis 1733 jusqu'en juillet 1768. — 
État du montant de la taxe d'industrie dans toute la géné- 
ralité. — Relevé des feux des cinq élections. — État 
général du montant des vingtièmes de l'année 1764 tant des 
biens fonds que de l'industrie et des offices et droits. — 
État du produit des droits d'aides de l'élection d'Angoulôme. 
— Péages de la généralité de Limoges qui ont été con- 
firmés ou qui restent à juger (état dressé en 1761). — État 
du montant du premier vingtième dans les généralités de 
l'intérieur du royaume suivant les rôles arrêtés pour 
l'année 1762. — État des impositions de la généralité de 
Limoges en 1762. — État des impositions de cette même 
généralité de 1714 à 1763. — État de comparaison du mon- 
tant des vingtièmes en 1766 et 1767. — Produit des droits 
d'aides, courtiers, jaugeurs, etc., dans les élections d'An- 
goulôme et de Bourganeuf de 1760 à 1762. -^ État de toutes 
les impositions particulières de la généralité de Limoges 
en 1764. — État des impositions de l'élection d'Angoulôme 
de 1730 jusqu'en 1762. — État général du produit des do- 
maines et droits y joints de la généralité de Limoges 
et des frais de recouvrement de 1751 à 1770. — Inventaire 
de pièces relatives aux finances, dressé sous l'adminis- 
nistration de Turgot. 



C. 106. (Liasse.) — 25 pièces, papier, dont 2 imprimées. 

1763-1771. — Cadastre. — Arpentements. — Lettres 
de M. Bertin relatives à l'exécution de l'édit du mois d'avril 
1763, qui ordonne le dénombrement et l'estimation de tous 
les biens situés dans le royaume. — Questionnaire adressé 
par la Cour à MM. les intendants. — Réponses du sieur 
Marantin , commissaire des guerres et subdélégué. — Ins- 
truction provisoire pour les ingénieurs chargés de la 
mesure et du plan figuré des héritages (sans date, deux 
exemplaires, dont un interfolié et annoté par M. Cornuau). 
— Table pour servir à calculer en arpents, perches et cen- 
tièmes de perche, la surface des triangles dont la hauteur 
et la base n'excède pas mille pieds (trois exemplaires). — 
Ordonnance de Turgot du 30 juillet 1771 pour l'abonnement 
de la paroisse de Soubrevas, élection de Limoges. — Notes 
diverses de Cornuau relatives à l'estimation du revenu des 
fonds et à la confection du cadastre. — Instructions pour 
M. Vacherie, chargé des opérations du cadastre de la 
paroisse de Blanzac. — Principes d'après lesquels doit être 
faite l'estimation des héritages pour parvenir à la juste 
répartition de l'impôt, par Cornuau. — Réponses aux dif- 
ficultés que M. Boisbedeuil propose contre l'entreprise 
d'un cadastre avec des plans figurés, par Cornuau. — 
Lettre de Cornuau (sans date) relative à la carte générale 
du Limousin. — Mémoire contenant le détail des opéra- 
tions faites à l'occasion de l'arpentement et de l'estimation 
des domaines de la franchise d'Angoulôme, comparées avec 
le travail fait dans le pays taillable. — Mémoire sur le 
cadastre général projeté, par M. Charpentier de Belcourt , 
de l'élection de Millau en Rouergue. 

C. 107. (Registre.) — In-folio, papier, 13 feoillels. 

XVIIIo siècle. — Arpentements. ■— Plan figuré de la 
paroisse de Nersac en partie, divisé en plusieurs parcelles 
comprenant entr'autres choses le plan des terres de Bois- 
bedeuil et de Fleurac. (Ces plans parcellaires figurés ont 
dû être adressés à l'intendant par M. de Boisbedeuil, 
subdélégué à Angoulôme, à titre de spécimen.) 

C. 108. (Liasse.) — 11 pièces, papier. 

1774-1790. — Arpentements. — Lettre de M. Taboureau 
autorisant l'intendant de Limoges à permettre à trois cent 
quarante-six paroisses de sa généralité de faire à leurs frais 
l'arpentement et l'évaluation des fonds de leur territoire : 
20 février 1777. — Dossiers relatifs à l'arpentement général 
des fonds des paroisses de : les AUois, — les Orances de 



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ARCHIVES DE LA HAUTE-VIENNE. 



Limoges, etc. — Délibérations des habitants demandant 
Tarpentement ; — ordonnance de l'intendant nommant un 
arpenteur pour y procéder ; — procès-verbal de vérification 
dudit arpentement ; — ordonnance de Tintendant arrêtant 
le montant des honoraires dûs à Tarpenteur. 

C. 109. (Registre.) — In-folio, papier, 80 feuillets. 

XVIII® siècle. — Arpentements. — État général des 
arpentements de la généralité de Limoges pour chacune 
des paroisses des cinq élections. Cet état indique la date 
de la commission donnée à l'arpenteur pour procéder au 
mesurage et à Testimation des fonds et l'état d'avancement 
des travaux. — Exemples : Élection de Limoges : Château- 
neuf, le 22 août 1750, le sieur Vacherie ,. arpenteur au 
Dorât, a été commis pour faire le mesurage et l'estimation 
du revenu, pièce par pièce, du terrain de ladite paroisse ; il 
a déposé au bureau les relevés des fonds ainsi que le 
procès- verbal d'arpentement, qui a été examiné par le sieur 
Baillot, qui l'a trouvé en règle; il est relié. — Élection de 
Tulle : Saint-Bonnet-le-Port-Dieu, le 6 avril 1754, le sieur 
Châtenet, arpenteur à la Souterraine, a été commis pour 
faire le mesurage et l'estimation du revenu de chaque 
pièce de terrain ; a déposé au bureau les relevés des fonds, 
et n'y a pas encore remis le procès-verbal d'arpentement 
au l®*" avril 1762 ; le 3 juillet 1762 , a déposé ledit procès- 
verbal , examiné et non relié. 

C. 110. (Registre.) — In-folio, papier, 62 feuillets. 

1741. _- Arpentements. — État général des fonds de la 
paroisse de Soubrevas, vulgairement appelée Sainte-Claire, 
près la ville de Limoges, dressé par Léonard Dulac, 
arpenteur-juré, demeurant à Eymoutiers (1741). — État 
comprenant 654 numéros : no 1 , l'église paroissiale 
dudit lieu, ayant chapelles, clocher et cimetière à côté, 
confronte par le devant au chemin de Limoges, et d'autre 
à la maison curiale et à la vigne et pré appartenant à la 
cure, contenant le tout dix-sept perches et demie, et appar- 
tenant à la paroisse. [ L'arpentement de la paroisse de 
Sainte-Claire, accompagné de plans figurés, fut adressé 
comme spécimen à l'Administration centrale, à Paris. Il 
existe encore aux Archives nationales. (Inventaire métho- 
dique des fonds, p. 738.) — Extrait de l'état général des 
fonds , no 258 : Soubrevas. Le 19 février 1741 , le sieur 
Dulac, arpenteur , demeurant à Eymoutiers , a été commis 
pour en faire le mesurage , et les sieurs Durand l'aîné et 
Muret l'aîné, marchands à Limoges, commis en qualité 
d'experts abonnateurs, pour en faire les estimations. Le 
rôle de 1742 a été opéré en conséquence, et arrêté par 
M. l'intendant, après la vérification dudit arpentement faite 



à l'intendance par le sieur Mailhard, en présence des habi- 
tants assemblés. Les relevés sont au bureau ainsi que le 
rapport d'arpentement, qui a été examiné par ledit sieur 
Mailhard, et a été trouvé en règle ; il est relié. Ce rapport 
d'arpentement doit servir de modèle pour ceux des 
paroisses abonnées. ] 

C. 111. (Registre.) — iQ-folio, papier, 45 feuillets. 

1743. — Arpentements. — État général des fonds de 
l'enclave d'Ains ou Hains, fait par Julien Lester, arpenteur 
royal des eaux et forêts de la Basse-Marche, demeurant au. 
Dorât, en exécution de la délibération des habitants de 
ladite enclave et de l'ordonnance de M. l'intendant de la 
généralité de Limoges, du 18 février 1743. Cet état comprend 
436 numéros ou articles de propriétés diverses, avec indi- 
cation des confrontations, le nom des propriétaires et leur 
estimation. [Extrait de l'état général des arpentements de 
la généralité. N«> 67. — Hains enclave. -— Le 18 février 1743, 
le sieur Lester a été commis pour en faire le mesurage ; 
le rôle de 1743 a été opéré en conséquence, et arrêté par 
M. l'intendant, après vérification faite par l'arpenteur 
môme. Les relevés sont au bureau ainsi que le rapport 
d'arpentement, qui a été examiné et trouvé en règle, 
à l'exception que les marges ne sont pas assez larges : 
il est relié. Cette paroisse n'est plus dans l'élection de 
Limoges ; elle dépend de la généralité de Poitiers.] 

C. 112. (Registre.) — In-folio , papier, 40 feuillets. 

1742. — Arpentements. — État général des fonds de la 
paroisse Saint-Paul-Saint-Laurent, élection de Limoges, 
dressé par le sieur Jacques Rousseau, arpenteur-juré, 
demeurant à Limoges, conformément à l'ordonnance de 
l'intendant de Limoges, du 18 octobre 1742. État conte- 
nant 311 articles ou propriétés diverses avec l'estimation 
de ces propriétés, leurs contenance et confrontations et le 
nom du propriétaire et du fermier. [Extrait de l'état général 
des arpentements. N^ 231. — Saint-Paul-Saint-Laurent. — 
Le 18 octobre 1742, le sieur Rousseau, arpenteur, demeu- 
rant à Limoges, a été commis pour en faire le mesurage. 
Le rôle de 1749 a été opéré en conséquence, et arrêté par 
M. l'intendant, après vérification faite de l'arpentement au 
bureau de l'intendance , dans une assemblée d'habitants. 
Les relevés sont au bureau ainsi que le rapport d'arpente- 
ment, qui a été examiné et trouvé en règle ; il est relié. ] 

C. 113. (Registre.) — In-folio , papier, 92 feuillets. 

1748. — Arpentements. — État général des fonds de 
l'enclave de Gratteloube , élection de Limoges , fait par 



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SÉRIE G. — INTENDANCE DE UMOGES. 



25 



Jean Vacherie , arpenteur-juré, demeurant en la ville du 
Dorât, en exécution de la délibération des habitants de 
ladite enclave et de l'ordonnance de l'intendant (1748). 
État comprenant 1,046 articles. — Les dîmes de ladite 
enclave appartiennent à plusieurs décimateurs , savoir : à 
la cure pour un tiers ; l'autre tiers à M. de Ghàlus, et le 
reste au commandeur de Puybonnieux et au sieur Lageirat. 
— Les rentes de ladite enclave appartiennent à plusieurs 
seigneurs savoir : à MM. du Chapitre de Saint-Martial , à 
M. le comte des Cars, à M. de Mauzat , à M. de Beaupoil de 
Saint-Aulaire , aux RR. PP. Bénédictins. — Le ruisseau de 
Gorre passe et côtoie partie de ladite enclave, et préjudicie 
à quelques prés à cause de ses débordements ; elle est 
éloignée de Chàlus d'une lieue et d'Aixe de deux lieues. 

C. 114. (Registre.) — la-folio, papier, 86 feuillets. 

1781. — Arpen^ements. — État général des fonds de 
l'enclave deOartempe, fait, en 1781, par Jean Vacherie , 
arpenteur-abonnateur et notaire royal, demeurant en la 
ville du Dorât (841 articles). 

C. 115. (Registre.) — lo-folio, papier, 60 feuillets. 

1782. — Arpentements. — État général des fonds de 
la paroisse de Sainte-Marie-de-Vaux, mesurés et estimés 
par Jean Vacherie , arpenteur-abonnateur et notaire royal, 
demeurant en la ville du Dorât (1782). État contenant 
914 articles. 

C 116. (Registre.) — lu-folio, papier, 38 feuillets. 

1786. — Arpentements. — État général des fonds de 
la collecte de Saint-Pierre-le-Châtel , (aujourd'hui dépar- 
tement du Puy-de-D6îne) , dressé par Léonard Riboulle, 
arpenteur royal, demeurant à Limoges, en 1786. État 
comprenant 641 articles. 

C. 117. (Liasse.) — 5 cahiers in-folio, papier. 

1780. — Arpentements. — État général des fonds de la 
paroisse de Roussines (Indre). — a Aujourd'hui ,. 10« jour 
du mois de mai , à six heures du matin, accompagné de 
Pierre Faury du Bissestre , syndic ; de Pierre Feylaud , de 
Jean Léger, Louis de l'Age-d'Amon, François Dupsadau, ai 
commencé à procéder au mesurage des fonds de ladite 
paroisse : n» 1 , l'église paroissiale, composée d'un maître- 
autel et une chapelle dédiée à la Vierge, une sacristie 
tenant de trois parts à la rue et d'autre au jardin de la cure 
appartenant à la communauté... t> 

HaUTE-VIBNNB. — SÉRIE C. 



C. 118. (Liasse.) — 24 pièces, papier. 

1762-1767. — Commissaires aux tailles. — Élection 
de Limoges. — Observations à M. l'intendant sur sa lettre 
du 10 juin 1762, par M. Soudanas, prêtre desservant de 
Lizières : l'e observation touchant l'ignorance dans laquelle 
sont les gens de cette province ; 2« observation touchant 
les plantations d'arbres ; 3« observation touchant la cul- 
ture des terres ; A» observation sur la culture des prés ; 
5* observation sur les chemins. — Mémoires ou états 
dressés par les commissaires aux tailles contenant les 
renseignements demandés par l'intendant, par son ins- 
truction du 10 juin 1762, sur les paroisses dont ils 
sont chargés de faire les rôles, sur les décimateurs, la 
position du lieu, la salubrité de l'air, les productions du 
sol, l'état des chemins , le nom et la distance des villes oîi 
les marchands vont vendre leurs denrées, les maladies 
des hommes et des bêtes, les noms des médecins et 
chirurgiens. — Sur la chemise du dossier, probablement 
de la main de M. de Beaulieu : « M. Caillaud. Vous avez 
plusieurs observations de cette espèce des commissaires ; 
il est nécessaire de les relever sur des assiettes, paroisse 
par paroisse, élection par élection. M. l'intendant les de- 
mandera incessamment : il en est de même de celles des 
curés. » —États contenant les noms des villages, hameaux, 
châteaux, moulins et métairies isolées qui composent les 
paroisses et collectes, avec indication du diocèse et de la 
sénéchaussée dont dépendent ces villages, les noms des 
justices et des seigneurs justiciers , dressés par les com- 
missaires aux tailles , chacun pour leur arrondissement 
respectif (1765-1767) ; — M. Cornuau parait avoir complété 
quelques-uns de ces états. — État des paroisses de Dom- 
pierre, Folventour, Saint-Léger-Magnazeix , etc. 

C. 119. (Liasse.) — 3 pièces, papier, dont 1 imprimée. 

1765 environ. — Commissaires aux tailles. — Élection 
de Bourganeuf. — État général des paroisses et collectes 
dressé par Desmaretz et rectifié par Cornuau, contenant 
l'indication des villages qui les composent , le diocèse , 
la sénéchaussée et la subdélégation dont elles dépendent. 
— Autre état analogue au précédent. 

C. 120. (Liasse.) — 22 pièces, papier. 

1765-1767. — Commissaires aux tailles. — Élection 
de Brives. — États des collectes et paroisses et observa- 
tions sur la situation des paroisses , les productions des 
fonds et le commerce des habitants , par les commissaires 
aux tailles (1765-1767). 

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ARCHIVES DE LA HAUTE-VIENNE. 



C. 121. (Liasse.) — 74 pièces, papier. 

1702-1782. — Commissaires aux tmlles. — Élection 
de Tulle. — États des collectes indiquant le nom des 
villages qui composent chaque collecte, la paroisse, le 
diocèse, la sénéchaussée, l'élection dont elles dépendent. — 
Mémoire du sieur de TÉpinasse , commissaire aux tailles 
à Tulle, contenant les renseignements demandés par 
l'intendant dans son instruction du 10 juin 1762 sur la 
situation des paroisses, le nom des décimateurs, leurs 
productions, l'état de leurs chemins, les maladies des 
hommes et des animaux. — Paroisse de Saint-Genieix- 
au-Merle. — Observations particulières : a II y a, sur une 
hauteur appelée Merle, environnée d'une rivière et de 
précipices , quatre masures de châteaux , fort hautes , dont 
deux tours carrées subsistent encore malgré leur ancien- 
neté; elles sont bâties sur un rocher escarpé qui domine 
sur l'un des précipices ; le coup d'œil en est affreux. Il y a 
aussi une chapelle de l'ordre de Malte , mais qui est dé- 
truite. Les masures de ces bâtiments appartiennent aux 
seigneurs de Noailles , des Cars et de Fargues. Lorsqu'on 
bâtit le pont de Merle, on prit les matériaux de ces châ- 
teaux, et ce ne fut pas sans peine qu'on les enleva, à cause 
de la solidité de leur construction. » — État et description 
topographique de la paroisse d'Hautefaye , productions et 
commerce du pays, par M. Lespinasse de la Chassagne, 
avocat à Tulle, en 1782. 



C. 122. (Liasse.) — 30 



papier. 



1788-1789. — Commissaires aux tailles. — État con- 
tenant les noms de tous les commissaires aux tailles de la 
Généralité de Limoges, avec indication de ceux qui pos- 
sèdent des biens dans les paroisses dont ils sont chargés 
d'opérer les rôles de taille. — États des arrondissements 
des commissaires aux tailles projetés pour l'année 1788 
et suivantes. — Commission de commissaire aux tailles 
pour M. Berthet, en remplacement de M. Pinot, décédé, 
14 août 1788. — Correspondance des commissaires aux 
tailles avec l'intendant (1788-1789). 

C. 123. (Liasse.) — 16 pièces, papier. . 

1757-1788. — Collecteurs et préposés perpétuels. — Re- 
quête du sieur Jacques de la BetouUe, habitant de la ville 
de Bellac, pour se faire décharger de la collecte. — Ordon- 
nance de l'intendant. — Tableau des collecteurs de la ville 
de Bellac pour l'année 1758 et suivantes jusqu'en 1787, 
dressé en 1787. — Lettre autographe de Jean Bourzès, 
maître d'école de la ville de Meyssac, pour se faire 
décharger de la collecte. — Avis de M. de Salés , sub- 



délégué à Brives , et du receveur des tailles. — Ordon- 
nance de l'intendant et pièces à l'appui (1768-1773). — 
État des préposés chargés du recouvrement des imposi- 
tions , année 1763. — Le sieur François Nicot, habitant de 
la cité de Limoges, préposé perpétuel, demande à jouir des 
privilèges accordés aux préposés, notamment par arrêts 
du Conseil des 7 novembre 1741 et 24 janvier 1750. Ces pri- 
vilèges consistent : !<> à être taxé d'office par l'intendant; 
2» à être exempt de collecte, tutelle, curatelle, de la milice 
et autres charges, tant que dure leur recouvrement (1788). 

— Requête des marchands de bois de Limoges pour faire 
maintenir le sieur Nicot dans les fonctions de syndic de 
leur commimauté. 

C. 134. (Liasse.) — 36 pièces, parchemin ;' 74 pièces, papier, 
dont 4 imprimées. 

1764-1769. — Impositions. — Lettres, brevets et arrêts 
relatifs aux impositions directes pour les années 1765, 
1766, 1767, 1768 et 1769. — Correspondance de MM. les 
contrôleurs généraux de Laverdy et Terray, de M. d'Or- 
messon et autres, adressée à Turgot, intendant à Limoges, 
au sujet de ces impositions. — Extraits des différents 
brevets arrêtés en Conseil pour la levée des tailles. 

— Avis des sommes accordées en moins imposé ou dimi- 
nution de taille. — Arrêts du Conseil ordonnant diverses 
impositions telles que : imposition de 600 livres pour le 
logement des commissaires des guerres; — imposition 
pour les frais de casernement de trois escadrons du régi- 
ment de cavalerie de Condé (1765); — de 15,000 livres pour 
frais de casernement du régiment de Berchiny (hussards), 
et achat de terrain pour y construire des casernes ; — de 
15,500 livres pour frais de casernement et construction des 
casernes en 1769. — États de répartition de ces impositions , 
arrêtés par l'intendant et approuvés par le Conseil. — A 
partir de 1768, on distingue deux brevets : sur le premier, 
sont portés le principal de la taille, le taillon de la gen- 
darmerie, la solde des maréchaussées, les étapes des 
gens de guerre et le deux sous pour livre ; total en 1769 : 
1,942,293 livres 2 sols; — sur le second brevet, sont 
portées les impositions accessoires de la taille ; appoin- 
tements et frais des ingénieurs des ponts-et-chaussées ; 
appointements de l'inspecteur des manufactiires ; loyers 
des bâtiments servant aux Élections; hôtel de la Mon- 
naie, etc., etc.; total en 1769 : 789,093 livres 11 deniers. — 
Avis du Bureau des finances sur la taille de 1766. 

C. 125. (Liasse). — 90 pièces, parchemin ; 188 pièces, papier, 
dont 3 imprimées. 

1769-1778. — Impositions. — Lettres, brevets et 
arrêts relatifs aux impositions directes pour les années 



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SÉRIE G. — INTENDÂNGE DE LIMOGES. 



^ 



1770, 1771, 1772, 1773 et 1774. — Relevé du montant de la 
taille dans chacune des cinq élections , depuis 1650 jus- 
qu'en 1759, d'après les états déposés au greffe du Bureau 
des finances. — Lettre de M. Lenoir, nouvellement nommé 
lieutenant général de police, et anciennement employé dans 
l'administration de la Généralité de Limoges, sous Turgot, 
10 septembre 1774. — État des secours accordés sur le 
moins imposé aux habitants de la ville de Tulle qui avaient 
souffert de Tincendie du 12 novembre 1773. — État des 
villes et paroisses de l'Élection de Limoges qui sont du 
ressort du Parlement de Bordeaux , et qui doivent contri- 
buer aux gages des officiers de cette Gour en 1774. 

C. 126. (Liasse.) -^ 14 pièces, parchemin ; 56 pièces, papier, 
dont 2 imprimées. 

1774-1776. — Impositions. — Lettres ministérielles , 
brevets et arrêts relatifs aux impositions directes des 
années 1775 et 1776. — État des villes et paroisses de 
l'Élection de Limoges qui sont du ressort du Parlement de 
Paris. — Correspondance entre M. d'Ormesson et M. d'Aine, 
au sujet des impositions directes. 

C. 127. (Registre.) — In-folio, papier, 125 feuillets. 

XVIII® siècle. — Impositions. — Répartition. — 
Tableau de la répartition des impositions directes : 
tailles , accessoires , capitation , droits réservés , corvée , 
vingtièmes sur chacune des collectes des cinq élections de 
la Généralité de Limoges , avec diverses observations sur 
ces collectes (sans date). — On trouve sur ce registre 
différentes notes de l'écriture deComuau; en particulier, 
une liste des noms des intendants de Limoges qui ont 
signé les départements déposés au greffe de TÉlection 
d'Angoulème depuis 1657 jusqu'en 1762 ; — réduction des 
anciennes mesures au système métrique ; — tableau de la 
répartition de 300 millions de contributions foncière et 
mobilière, et du nombre des députés que chaque départe- 
ment enverra à la législature. 

C. 128. (Registre.) — In-quarto, 76 feuillets, papier. 

1767. — Impositions. — Assiette et département des 
tailles entre les paroisses ou collectes. — Élection de 
Limoges. — Assiette de la taille pour 1767; — état 
générai des collectes indiquant : 1» si la collecte est 
abonnée ou tarifée, les noms des seigneurs et ceux des 
commissaires qui ont fait le rôle de Tannée précédente ; 
2o les noms des villages qui composent chaque collecte, avec 
indication des paroisses auxquelles ces villages appar- 



tiennent ; 3» le nombre des feux ; 4<» le nombre des cotes; 
5« les noms des nobles et privilégiés résidant dans la pa- 
roisse; 6o le montant du premier vingtième des biens 
appartenant aux taillables; 7o le montant du premier 
vingtième des biens appartenant à des privilégiés ; 8» le 
montant de l'estimation des revenus suivant l'abonnement 
ou les déclarations, etc., etc. 

C. 129. (Liasse.) — 21 cahien in-folio, papier. 

1767-1774. — Impositions. — Assiette et département 
entre les collectes. — Élection de Limoges. — Assiette 
et département des impositions directes par les inten- 
dants de la Généralité de Limoges et les officiers de 
l'Élection. — Taille (1757-1758). — Nourriture et entretien 
des enfants exposés (1761-1762). — Gratifications aux 
maîtres de poste, ustensiles, capitation , milices, gardes- 
côtes (1763); taille (1768), moins imposé, dépenses de la 
milice, taille (1769) ; taille, capitation, offices du Parlement 
de Bordeaux ; offices de la Gour des Aides de Glermont ; 
imposition militaire, milices, don gratuit <1774). 

C. 130. (Liasse.) — 18 cahiers in-folio, papier* 

1775-1781. — Impositions. — Assiette et département 
entre les collectes. — Élection de Limoges. — Taille, moins 
imposé, capitation, imposition militaire, droits réservés 
des années 1775, 1779, 1780 et 1781. — Imposition delà 
somme de 3,817 livres 16 sols, ordonnée en 1780, pour 
subvenir à la dépense des loyers des maisons et bâtiments 
qui servent de magasins pour les lits , ustensiles et effets 
des casernes. — liste des deux cent trente-deux collectes. 

C. 131. (Liasse.) — 26 cahiers in-folio, papier. 

1782-1784. — Impositions. — Assiette et département 
entre les collectes. — Élection de Limoges. — Taille, 
moins imposé, imposition militaire, capitation, droits 
réservés, etc., de 1782, 1783 et 1784. — Liste des collectes. 

C. 132. (Liasse.) ^ 10 cahiers in-folio, papier. 

17iB5-1786. — Impositions. — Assiette et département 
entre les collectes. — Élection de Limoges. — Taille et 
accessoires, moins imposé, capitation, droits réservés, etc., 
des années 1785 et 1786. — Libellé de l'assiette : taille de 
1786, suivant les commissions de Limoges ; — « Assiette 
et département fait par nous, Marie-Pierre-Gharles Meulan 
d'Ablois, chevalier, conseiller du Roi en ses Gonseils, 
maître des requêtes honoraire de son hôtel, intendant de 
justice, police et finances en la Généralité de Limoges; 



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ARCHIVES DE lA HAUTE-VIENNE. 



J.-B. Devoyon du Buisson, présidentrirésorier de France 
au Bureau des finances de cette Généralité, et les prési- 
dent, lieutenant et élus en l'Élection de Limoges, de la 
somme de 1,230,898 livres 12 sols deniers^ ordonnée être 
imposée pour l'année 1786, sur tous les sujets contri- 
buables aux tailles de TÉlection de Limoges, par les 
commissions de Sa Majesté, du 9 août 1785, signées 
Louis, et plus bas : par le Roi, le baron de Breteuil; vu 
au Conseil , signé : de Vergennes ; enregistré au contrôle 
général des finances, signé : de Colonne, et scellées du 
grand sceau de cire jaune, sur laquelle est l'attache des 
officiers du Bureau des finances de cette Généralité. Nous 
avons procédé en vertu de ladite Commission de Sa Majesté 
à la répartition de la somme de 569,429 livres 16 sols pour 
le montant de la taille seulement, ainsi qu'il suit...iD (suit la 
liste des collectes avec le montant de la taille pour chacune 
d'elles). 

C. 183. (Liasse.) ^ 16 caliîen in-folio, papier. 

1787-1700. — Impositions. — Élection de Limoges. — 
Assiette et département des impositions directes des 
années 1787, 1788, 1789 et 1790. 

C. 134. (Registre.) — In-folio, papier, 239 feuillets. 

1789. — Impositions. — Répartition. — Élection de 
Limoges. — Sommier des départements des contributions 
de toute nature : taille, capitation, accessoires, vingtièmes. 
— Montant de la capitation et accessoires des officiers 
de l'Élection et du Présidial , des employés de la ferme du 
tabac, direction de la poste, des domaines, des vingtièmes, 
droits réunis , des ponts-et-chaussées , de la monnaie, du 
Bureau des finances; rôles nominatifs ; — rôles nominatifs 
de la capitation noble et du vingtième des offices. 

C. 135. (Registre.) — la-folio , papier, 227 feuillets. 

1700. — Impositions. — Répartition. — Élection de 
Limoges. — Sommier des départements des contributions 
de toute nature entre les collectes pour l'année 1790. 

C. 136. (Liasse.) ^ 5 cahiers in-folio, papier. 

1782. — Impositions. — Élection d'Angoulème. — 
Assiette et département entre les collectes des impositions 
directes : tailles, accessoires, capitation, moins im- 
posé, etc., de Tannée 1782. — Liste des deux cent soixante- 
onze collectes. 



C. 137. (Liasse.) — 11 cahiers in-folio, papier. 

1769-1700. — Impositions. — Élection de Tulle. — 
Assiette et département des impositions directes entre les 
collectes. — Taille et moins imposé (1769) ; — Destruction 
des loups (1769) ; fournitures de voitures (1769) : droits 
réservés (1790). — Capitation, impositions accessoires, 
moins imposé, droits réservés (1782) ; capitation et moins 
imposé (1790). liste des deux cent neuf collectes. 

C. 138. (Liasse.) — 16 cahiers in-folio, papier. 

1769-1700. — Impositions. — Élection de Brives. — 
Assiette et département entre les collectes (1769, 1779, 
1780, 1782 et 1790). — Liste des cent vingt-sept collectes. 

C. 139. (Liasse.) — 34 cahiers in-folio, papier. 

1758-1770. — Impositions. — Élection de Bourganeuf. 

— Assiette et département entre les collectes, années 1758, 
1763, 1774, 1775 et 1777. A partir de 1774, dans les états 
imprimés, les collectes, au lieu d'être classées alpha- 
bétiquement, sont groupées selon la position qu'elles 
occupent sur la carte, en allant de l'ouest à l'est. Ces 
états indiquent, en outre, pour chaque collecte, la paroisse , 
le diocèse, la sénéchaussée, la subdélégation à laquelle 
elle appartient, les noms des villages qui la composent. 

C. 140. (Liasse). — 25 cahiers in-folio ; 11 pièces, papier. 

1778-1700. — Impositions. — Élection de Bourganeuf. 

— Assiette et département entre les collectes, années 
1778, 1779 , 1780, 1781 , 1782 et 1790. — Liste des soixante- 
dix-neuf collectes. 

C. 141. (Liasse.) — 1 pièce, parchemin; 62 pièces, papier, 
dont 2 imprimées. 

1768-1760. — Impositions. — Département et conten- 
tieux. — Mandement de : Anne-Robert-Jacques Turgot, 
chevalier, baron de Laune , seigneur de Lastelle-Gerville, 
Yesly, le Plessis et autres lieux, intendant de la Généralité 
de Limoges ; Othon-Grégoire Benoist de Ventaux et Antoine 
Noaillé des Bayles, présidents-trésoriers de France, au 
Bureau des finances de cette Généralité, et les président, 
lieutenant et élus en l'Élection de Limoges ; aux maire, 
échevins et habitants de la ville de Limoges, au sujet de la 
confection du rôle des impositions de ladite ville, de 
l'année 1770 ; 19 octobre 1769. — État des particuliers à 
taxer d'office au rôle de la taille de la ville de Limoges, 
années 1768, 1777, 1780, 1782 à 1788. — Décisions de Fin- 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE LIMOGES. 



29 



tendant sur diverses requêtes à lui adressées , départe- 
ments de 1778 et 1779. — Arrêt du Conseil du 30 juillet 1772 
concernant les taxes d'offîce des gardes-étalons. — Délibé- 
rations des habitants de la paroisse de Meuzac, à TefTet de 
nommer un syndic (1774-1776). — Arrêt du Conseil portant 
que, dans les provinces et généralités non abonnées ) les 
futaies coupées à Tàge de soixante ans et au-dessus seront 
exemptes de Timposition des vingtièmes , 12 mars 1782. — 
État des particuliers de la Généralité de Limoges qui 
possèdent des bois de haute futaie. — État de questions 
soumises à Tintendant par ses subdélégués pour le dépar- 
tement des tailles, de 1788 à 1790; pièces à l'appui. — 
Testament de Pierre Escuriaud de Paysac. — Plaintes des 
habitants de Cieux contre le commissaire au rôle de 1789. 
— Le sieur Leriget de Château-Gaillard, chevalier de Saint- 
Louis, ancien brigadier des gardes du corps, demande à 
jouir de l'exemption de taille en considération de ses longs 
services. 

C. 142. (Liasse.) — 169 pièces, papier. 

1783-1700. — Impositions. — Département et conten- 
tieux. — Réclamations diverses et pièces à l'appui. La 
paroisse de Vicq se plaint d'augmentation sur ses imposi- 
tions. — Le prieur de linards réclame au sujet des imposi- 
tions de sa paroisse. — MM. les chanoines du chapitre de 
Châteauroux, possesseurs de la terre de Châteauponsac, se 
plaignent d'erreurs à leur préjudice. — Le curé d'Ambourie 
se plaint d'une surcharge. — Plaintes de MM. de la Sudrie 
de la Faye ; — du Ruisseau, curé de Courgeat ; — de la 
Narbonne; — Buisson de Masvemier; — Étoumeau de 
Pinateau ; — Laforest , bourgeois de Saint-Yrieix ; — de la 
Châtre ; — Rouffignac, chirurgien ; — Bourdeau de la Judie ; 
Gaillabaud. ■— Exemption de taille personnelle demandée 
par un gendarme du comte d'Artois. — Le sieur Brumauld 
demande à jouir des privilèges accordés aux pères qui ont 
dix enfants. — Requête en décharge et réduction de 
Masbaret du Basty. — Demande en remboursement de 
taille formée par le sieur Gingeau, fermier du moulin neuf 
de Nouve, sur la Vienne, paroisse d'Excideuil, contre le 
sieur Granet, ancien fermier; — divers baux et autres 
pièces relatives à ce moulin (1783-1790). — Plusieurs 
particuliers se plaignent du préposé perpétuel d'Amac-la- 
Poste, Vitrac, le Dognon, Saint-Hilaire-Magnazeix et Folle- 
ventour : on ne veut pas leur tenir compte des faux taux 
qui leur ont été accordés , etc., etc. 

C. 143. (Liasse;) ^ 5 pièces, parchemin ; 202 pièces, papier. 

1772-1789. — Impositions. — Département et con- 
tentieux. — Élection de Limoges. — État général des 



questions proposées à l'intendant par les commissaires 
aux tailles au sujet de la répartition de 1789, et décisions 
de M. l'intendant Meulan d'Ablois. Ces questions sont divi- 
sées par chapitre selon la nature des requêtes présentées 
par les particuliers ainsi qu'il suit : 1» Radiation de cote; 
2o taxe d'offices ; S^ rejets et réimpositions ; 4<> réimposi- 
tions proposées pour faux taux et non-valeurs ; 5» imposi- 
tions pour frais de tableaux, nominations de collecteurs, etc. 

— Requêtes des particuliers ; pièces produites à l'appui , 
et correspondance entre les subdélégués, les commissaires 
aux tailles et l'intendant pour l'instruction de chaque affaire. 

— Demandes formées par MM. Petiniaud de Beaupeyrat; 
Marie- Victoire de Ribeyreix, baronne de Courbefy, épouse 
de messire Ch. de Beron , chevalier, seigneur d'Auches ; 
Texerot de Ghaumeix ; veuve Chadenier ; Carteron , subdé- 
légué et commissaire aux tailles à la Souterraine ; Jean- 
Placide Gobertière de la Mothe ; Filhoulaud fils, fermier de 
la terre de Glanges ; Mallebay de Beissac, échevin de Bellac; 
Michel Lacroix, procureur du Roi en l'hôtel de Bellac; 
François Vauzelle, garde des Eaux-et-Forèts ; Madeleine 
Brouillaud, veuve Cabaret; François Berigaud et Marie 
Thevenot ; Châtenet et Meyze, etc., etc. 

C. 144. (Liasse). — 151 cahiers in-folio, papier. 

1785-1790. — Impositions. — Département et con- 
tentieux. — Élection de Limoges. — État général des 
différentes demandes et questions relatives au département 
de 1790 soumises à la décision de l'intendant. — Demandes 
en suppression de cotes , taxes d'office, questions à dé- 
cider, rejets proposés , faux taux , réimpositions , frais de 
nomination de collecteurs et de confection de tableaux. — 
État des paroisses qui ont été augmentées sur le principal 
de la taille de 1790. — Demandes formées par MM. Brigueil, 
maire de la cité de Limoges ; Baillot du Querroy ; Dorât du 
Masboucher ; Gabriel Breuil , né à Pierre-Buffière ; Martin 
de Compreignac, chanoine de Saint- Martial ; marquis de 
Ferré, demeurant à son château de la Jarodie, près Saint- 
Junien, etc. — États de faux taux; états de rejets. 

C. 145. (Liasse.) ^ 3 pièces, parchemio; 9 pièces, papier; 
2 cahiers, papier. 

1576-1618. — Impositions. — Anciens comptes du 
taillon. — Extraits de l'état final des comptes rendus par 
messire Pierre Le Bourdais, receveur particulier du taillon 
pour les années 1578, 1580, 1582, 1586, 1588 et 1594, et, en 
son absence, par Pierre Malleden , son commis , pour les 
années 1590, 1592, 1596 et 1598. — État de la recette et 
dépense faite par messire Pierre Le Bourdais à cause des 
deniers du principal de la taille ou taillon, imposée en l'année 



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aO ARCHIVES DE LA 

1594 en rËlection du Haut-Limousin. — Apurement général 
des comptes dudit feu Pierre Le Bourdais , en vertu d'une 
ordonnance du Bureau des finances, demandée par les héri- 
tiers en 1605. — Compte rendu par Claude de JuUièn, veuve 
et héritière dudit Le Bourdais. — Fragments de comptes de 
1600, sur parchemin. — Paiement d'une somme de 1 ,000 écus 
au soleil à messire Jehan Castaignier, sieur d'Abbin et de 
laRoche-Pezay, baron de Pruly, chevalier de Tordre du Roi 
et lieutenant général pour Sa Majesté au gouvernement de 
Poitou, en-deçà de la rivière de Vienne, en remboursement 
de pareille somme payée par lui au sieur de Teissannes, 
ligueur, pour la réduction du château de la Brosse ou des 
Brosses (cette somme fut imposée sur les habitants de 
rÉlection du Blanc en Berry). — Paiement à Marie de 
Pourtault, veuve de Simon Guyet, en son vivant prévôt des 
maréchaux à la résidence de Saintes, de la somme de 
490 écus, en remboursement de pareille somme dépensée 
au service du feu Roi, etc. 

C. 146. (Liasse.) ^ 4 cahiers in-folio, papier. 

1623-1645. — Impositions. — Anciens rôles. — Rôles 
de la paroisse de Dournazac des années 1623 et 1630. 
— Rôle de la taille de la ville de Limoges de l'année 1635 : 
officiers du Présidial, monnoyeurs, habitants de la ville rue 
par rue. — Assiette des tailles entre les collectes de l'élec- 
tion de Limoges en 1643. — Registre d'inscription des 
versements faits entre les mains des receveurs par les 
collecteurs des tailles de 1643-1645. 

C. 147. (Liasse.) — 45 cahiers in-folio , papier. 

1785-1790. — Rôles des tailles et impositions acces- 
soires, imposition militaire, capitation, etc. (1). — Rôles 
de supplément sur les ci-devant privilégiés pour les six 
derniers mois de 1789. Tous ces rôles, faits par les com- 
missaires aux tailles, délégués par l'intendant, ont été 
classés par collectes, et les collectes classées entre 
elles par ordre alphabétique dans l'ordre adopté en 1789. 
On trouve dans ces rôles des renseignements sur les vil- 
lages qui composaient chaque collecte, le nombre des 
cotes , la quotité de l'imposition , les noms des habitants ; 
dans certains de ces rôles, les noms des privilégiés figu- 
rent pour mémoire. — Élection de Limoges. — Collectes de : 
Aigueperse et Combret (enclave) ; — Aixe (ville) , — • Am- 
bazac (la Marche) ; — Ambazac (Limousin) et las Vergnas ; 



(1) Les rôles sont raDgés par collecte, et les collectes classées entre elles par 
ordre alphabétique dans l'ordre adopté en 1789. — (Chaque liasse contient 
dix collectes.) 



HAUTE-VIENNE. 

— Arènes ; — Arnac-la-Poste et Yitrac-le-Dognon ; — Amac 
(près le Dorât), aujourd'hui Darnac; — Asnières (enclave) ; 

— Oradour-Saint-Crenest; — Aureil et les Sechères. 

C. 148. (Liasse.) -^ 39 cahiers in-folio, papier, 

1786-1700. — Rôles des tailles et impositions acces- 
soires. — Élection de Limoges (suite). — Collectes de : 
Azat-le-Riz; — Balledent; — Barneuil; — Beaune; — 
Bellac (ville) ; — Benayes ; — Bénévent (ville) et Restouïl ; 

— Bersac ; — Bessines ; — Beynac. 

G. 149. (Liasse.) — 68 cahiers in-folio, papier. 

1785-1700. — Rôles des tailles. — Élection de Limoges 
(suite) : — Blanzac ; — Blond ; — Boisseuil ; — Bonnac ; — 
Bosmie (enclave d'Isle) ; — Bourg de Vaux et Puijoudaux 
(enclaves) ; — Burgniac ; — Bussière-Bofly ; — Bussière- 
Galand ; — Bussière-Poitevine et les Deffans. 

C. 150. (Liasse.) -^ 64 cahiers in-folio, papier. 

1785-1700. — Rôles des tailles. — Élection de Limoges 
(suite) : — Bussière-Varache (enclave) ; — Chaban, près 
Montpotiers, et Buis, près Saint-Martin (enclaves) ; — Cha- 
liat ; — Châlus (ville) et Lageyrat (enclave) ; — Chambouran ; 

— Chambouret ; — Champnétry ; — Champsac et Grate- 
loube ; — Chapelle-Blanche (enclave) ; — Chaptelat. 

C. 151. (Liasse.) — 51 cahiers in-folio, papier. 

1785-1700. — Rôles des tailles. — Élection de Limoges 
(suite) : — Château-Chervix , — Chervix-hors-Château et 
Chapelle-hors-le-Bois (enclave) ; — Châteauneuf ; — Château- 
ponsac (ville) ; — Chenevières (et enclave) ; — Cieux ; — 
Compreignac; — Condat d'Uzerche; — Condat, près 
Limoges ; — Connore ; — Courbefy et Saint-Nicolas. 

C. 152. (Liasse.) — 64 cahiers in-folio, papier. 

1785-1700. — Rôles des tailles ; — Élection de Limoges 
(suite) : — Coussac-Bonneval ; — Couzeix ; — Dieulidon et 
Mas-Dupuy-Lapleau (enclave) ; — Dompierre ; —• Domps ; 
Dournazac et Monlchâty (enclaves); — Droux; — Esse 
(enclave) ; — Eybouleuf ; — Eyburie. 

C. 153. (Liasse.) — 47 cahiers in-folio, papier. 

1785-1700. — Rôles des tailles. — Élection de Limoges 
(suite) : — Eyjeaux ; — Eymoutiers (ville) ; — Feytiat ; — 



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SÉRIE G. — INTENDÂNGE DE LIMOGES. 



di 



Flavignac ; — Folles et Ghabanne (enclave) ; — Foursat 
(enclave de Selon) ; — Fregefond ; — Fressinet ; — Glandon , 

— Glanges. 

G. 154. (Liasse.) — 40 cahiers in-folio, papier. 

1786-1700. — Rôles des tailles. — Élection de Limoges 
(suite) : — Gorre ; — Guartempe ; — Hommes de Lastours ; 

— Jabreilles ; — Janailhac ; — Javerdat ; — Journiac ; — 
Isle ; — la Barde-Mazilier ; — la Brugère. 

C. 155. (Liasse.) — 47 cahiers in-folio, papier. 

1786-1700. — Rôles des tailles. — Élection de Limoges 
(suite) : — la Gité de Limoges ; — la Groisille; — la Groix ; 

— Ladignac , le Ghàtain et Ghâlard-Peyroulier ; — Lafaye- 
Maroy (enclave) ; — Laforest-Ghoulière (enclave) ; — la 
Geneytouse ; — Laguzet ; — la Jonchère ; — la Meize. 

C. 156. (Liasse.) — 44 cahiers in-folio, papier. 

1786-1700. » Rôles des tailles. — Élection de Limoges 
(suite) : — la Mongerie et la Faye (enclave) ; — la Nouailie 
(enclave) ; — la Porcherie et Girat (enclave) ; — la Roche- 
TÂbeiUe ; — la Souterraine (ville) ; — Laval-Magnac ; — 
Lavalade (enclave) et Richement ; — Lavignac ; — le Gom- 
peix ; — le Dorât (ville), Dinsac et la Bazeuge. 

C. 157. (Liasse.) — 42 cahiers in-folio, papier. 

1786-1700. —Rôles des tailles. — Élection de Limoges 
(smte) : — le Palais ; — les Allois ; — les Bertranges 
(enclave de Selon) \ — les Gars ; — le Vigen ; — Leyterp 
(ville) ; — Limoges (les Orances de) ; — Linards et Ribière- 
Gaignon (enclave) ; — llnfoumet ; — Lizières (enclave) et 
Monpenson. 

C. 158. (Liasse.) — 43 cahiers in-folio, papier. 

1766-1700. — Rôles des tailles. — Élection de Limoges 
(suite) : — Lubersac et Métayers du Verdier ; — Luchat- 
Adrier (enclave) ; — Lussac-les-Églises ; — Magnac-Bourg 
(rôle de capitation de 1755); — Magnac (paroisse); — 
Marsac ; — Masbrigouleix ; — Masseret et Aubesaigne ; 
— Mailhac; — Meilhards. 

C. 159. (Liasse.) — 54 cahiers in-folio, papier. 

1786-1700. — Rôles des tailles. — Élection de Limoges 
Csuite) : — Meuzat ; — Mézières (enclave) ; — Montbrandeix ; 



— Montgibaud et Bret (enclave); — Morterol-Gœnard 
(enclave, aujourd'hui Montrol-Sénard) ; — Mounimes (en- 
clave) ; — Mounimes (paroisse) ; — Moudoux (enclave) ; — 
Nantiat; — Neuvic-Entier, Gombas-hors-Neuvic et Exci- 
dioux (enclaves). 

C. 160. (Liasse.) — 50 cahiers in-folio, papier. 

1780-1700. — Rôles des tailles. — Élection de Limoges 
(suite) : — Neuvic-Excidioux (enclave) ; — Nexon ; — Nieul ; 

— Pageas ; — Panazol ; — Pauliac ; — Paysac ; — Peyrat, 
près Bellac ; — Peyrilhac ; — Pierre-Bufflère (ville). 

C. 161. (Liasse.) — 70 cahiers in-folio, papier. 

1786-1700. — Rôles des tailles. — Élection de Limoges 
(suite) : — Pont-Saint-Martin; — Quinsac; — Rançon ; — 
Razës ; — Rilhac-en-Rancon ; — Rilhac-Lastours ; — 
Roussac, Buis - hors -Roussac et la Garde-Saint-Gérald 
(enclave); — Royère hors la Roche; — Royère-Saint- 
Léonard ; — Roziers-Saint-Georges et Masléen. 

G. 162. (Liasse.) — 50 cahiers in-folio, papier. 

1786-1700. — Rôles des tailles. — Élection de Limoges 
(suite) : — Saint- Amand-le-Petit ; — Saint-Araand-Magnazeix 
et Pin 9 près Morterol ; — Saint -Barbant et Ghatain 
(enclave); — Saint-Bonnet-la-Rivière ; — Saint-Bonnet, 
près Bellac; — Saint-Brice; — Saint-Ghristophe, Saint- 
Paul et Saint-Laurent ; — Saint-Denis-des-Murs ; — Saint- 
Éloy ; — Saint-Étienne-de-Fursac. 

C. 163. (Liasse.) ^ 49 cahiers in-folio, papier. 

1786-1700. — Rôles des tailles. — Élection de Limoges 
(suite) : — Sainte-Eulalie-d'Uzerche ; — Saint-Gence; — 
Saint-Genest ; — Saint-Grermain (ville et paroisse); — 
Saint-Hilaire-Bonneval ; — Saint-Hilaire-Lastours ; — Saint- 
Hilaire-Magnazeix et Folleventour ; — Saint-Jean-Ligoure 
et Ghalucet ; — Saint-Jouvent ; — Sauit-Julien-le-Petit et 
Ghatain. 

C. 164. (Liasse.) — 66 cahiers in-folio, papier. 

1786-1700. — Rôles des tailles. — Élection de Limoges 
(suite) : — Saint-Julien-les-Gombes ; — Saint-J union (ville) et 
la Bretagne ; — Saint-Just ; — Saint-Léger et Saint-Pierre- 
la-Montagne ; — Saint-Léger-Magnazeix ; — Saint-Léonard 
(ville) ; — Saint-Martial en Saint-Barbant ; — Saint-Martinet ; 

— Saint-Martin-le-Vieux; — Saint-Martin-Sepert. 



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32 



ARCHIVES DE LA HAUTE-VIENNE- 



C. 165. (Liasse.) — 88 cahiers in-folio, papier. 

1785-1700. — Rôles des tailles. — Élection de Limoges 
(suite) : — Saint-Maurice-les- Brousses ; — Saint-Méard ; — 
Saint-Michel-Laurière; — Saint-Ouen ; — Saint-Pardoux en 
Lubersac; — Saint-Pardoux-Rancon ; — Saint- Paul; — 
Saint-Pierre-Château ; — Saint-Priest d'Aixe ; — Saint- 
Priest-la-Plaine. 

C. 166. (Liasse.) — 49 cahiers in-folio, papier. 

1785-1700. — Rôles des tailles. — Élection de Limoges 
(suite) : -— Saint-Priest-le-Betoux ; — Saint-Priest-Ligoure ; 

— Saint-Priest, Sainte-Anne, Bussichoulet et Villevaleix ; — 
Saint-Priest-Taurion ; — Saint-Sauveur; — Saint-Sylvestre; 

— Saint-Somin-la-Marche ; — Saint-Somin-Magnazeix ; — 
Saint-Sulpice-Laurière ; — Saint-Symphorien. 

C. 167. (Liasse.) — 40 cahiers in-folio, papier. 

1785-1700. — Rôles des tailles. — Élection de Limoges, 
(suite) : — Saint-Trié ; — Saint-Vaulry (ville et enclave) ; — 
Saint-Vie; — Saint-Yrieix d*Aixe; — Saint-Yrieix (ville) et 
la Rochette; — Salagnac (Bas-Limousin); — Salagnac 
(bourg et enclave); — Salagnac (enclave); — Savignac 
(enclave); — Séreilhac. 

C. 168. (Liasse.) — 49 cahiers in-folio, papier. 

1780-1700. — Rôles des tailles. — Élection de Limoges, 
(suite) : — Solomniac (Solignac); — Selon (Salon); — 
Soubrevas; — Surdoux; — Sussac; — Tarn (rôle des 
tailles de 1780); — Tersannes (enclave); — Texon; — 
Thouron ; — Troche. 

C. 169. (Liasse.) — 33 cahiers in-folio, papier. 

1785-1700. — Rôle des tailles. — Élection de Limoges 
(suite) : — Vacquoire ; — Vaulry ; — Verneuil ; — Vernon ; — 
Veyrac ; — Vicq et justice de Chervix (enclave) ; — Ville- 
favard ; — Voulons ; — Uzurat. 

C. 170. (Liasse.) — 4 cahiers in-folio, papier. 

1785-1780. — Rôles des tailles et impositions acces- 
soires. — Élection d'Angoulôme. — Collectes de : Suris, 
année 1785 ; — Tapsonnat ; — Yvrac et Mallerant. — État 
général des ordonnances de compensation expédiées, en 
faveur des ci-devant privilégiés, de la moitié de leur 
capitation del789, avec leurs cotisations dans les rôles 
de supplément des six derniers mois de la même année. 



C. 171. (Liasse.) ^ 19 cahiers in-folio» papier. 

1786-1780. — Rôles des tailles. — Élection de Tulle. 
— Collectes de : Affloux ; — Albussac ; — Aulonzac (enclave) ; 
Aulonzac (paroisse) ; — Bar (paroisse). 

C. 172. (Liasse.) — 28 cahiers in-folio , papier. 

1786-1780. — Rôles des tailles. — Élection de Tulle. — 
Collectes de : Çhanteix ; — Chaunac (enclave de Naves) ; 

— Combrosson ; — Corrèze (paroisse) ; — Corrèze (enclave) ; 

— Darnetz ; — Egletons (ville) ; — Eyrem ; — Favars. 

C. 173. (Liasse.) — 26 cahiers in-folio, papier. 

1786-1780. — Rôles des tailles. — Élection de Tulle 
(suite) : Hublange (enclave de Bar) ; — la Vinadière ; — 
Naves (paroisse) ; — Peyrissac ; — Reilhac-Treignac ; — 
Roziers ; — Saint- Angel et Saint-Fréjoul. 

C. 174. (Liasse.) — 33 cahiers in-folio, papier. 

1786-1780. — Rôles dès tailles. — - Élection de Tulle. — 
Collectes de : Saint-Clément ; — Saint-Étienne de Gimel ; — 
Sainte-Fortunade (enclave) ; — Saint-Hippolyte ; — Saint- 
Pardoux de Gimel ; — Sarron ; — Soudeilles ; — Soudennes ; 
-— Tulle (ville) ; — Vitrac. — Collectes de la vicomte de 
Turenne : Chameyrac (paroisse). 

C. 175. (Liasse.) — 25 cahiers in-folio, papier. 

1786-1780. — Rôle des tailles. — Élection de Brives. 

— Collectes de : Alassac (ville et enclave); — Donzenac 
(ville) ; — Espartignac ; — Saint-Aulaire ; — Saint-Bonnet- 
la-Forôt ; — Saint-Bonnet-le-Sadran ; — Saint-Cyprien ; — 
Saint-Cyr-la-Roche. 

C. 176. (Liasse.) — 21 cahiers in-folio, papier. 

1786-1780. — Rôles des tailles. — Élection de Brives 
(suite). — Collectes de : Sainte-Ferréole ; — Saint-Jal ; — 
Saint-Pardoux ; — Saint-Solve ; — Vars ; — Voutezac ; 

— Yssandon. 

C. 177. (Liasse.) — 28 cahiers in-folio, papier. 

1785-1780. — Rôles des tailles. — Élection de Brives. 
Vicomte, de Turenne. — Collectes de : Chartiers ; — Chas- 
teaux ; — Estivals ; — Malemort ; — Noaillac ; — Turenne 
(ville) ; — Ussac. 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE LIMOGES. 



33 



C. 178. (Liasse.) — 101 cahiers ia-folio, papier. 

1785-1789. — Rôles des tailles. — Élection de Bour- 
ganeuf. — Collectes de : Balandeix (enclave de Peyrat) ; — 
Beaulieu ; — Beaumont ; — Champrouai ; — Chatelus ; — 
Chouverne ; — Counouille (enclave de Peyrat); —.la Cour- 
Mas-Faucher (enclave de Nedde) ; — l'Angle (enclave de 
Saint -Amand- le -Petit); — Lavau-le-Mey (enclave de 
Nedde) ; — la Villeneuve ou Chadiéras ; — le Clou ou les 
distraits de Saint -Julien-le -Petit; — le Mas - Hiverneix 
(enclave de Peyrat) ; — Leygaud (enclave de Saint-Pierre- 
Château) ; — les Billanges ; — Louzac (enclave de Nedde) ; 
— Magnac; — Meyrignac; — Montboucher; — Moussergues ; 
— Nedde; — Peyrat; — Pierrefitte ou les distraits de 
Beaumont; — Plenartige; — Reix - Puy - Faucher ; — 
Rempnat ; — Sainte-Anne ; — Saint-Goussaud ; — Saint- 
Julien-le-Petit; — Saint-Maureil ; — Saintrand ou les dis- 
traits de Peyrat ; — Vassivière (enclave de Beaumont) ; — 
Villars (annexe d*Augère). 

C. 179. (Registre.) ^ In-folio, 134 feuillets , papier. 

1774-1787. — Vingtièmes. — Élection de Limoges. — 
État des minutes des rôles de chacune des paroisses et 
collectes. Ce relevé paraît avoir été fait en 1774; on y 
trouve quelques additions postérieures jusqu'en 1787. Ce 
registre contient, en outre, l'assiette du premier ving- 
tième de 1774 , un état des augmentations proposées pour 
1774 sur le premier vingtième , conformément à la lettre 
du contrôleur général du 2 avril 4772. — État des paroisses 
dont les vingtièmes ont été augmentés en 1773 , et qui ne 
paraissent pas dans le cas de supporter cette augmenta- 
tion. 

C. 180. (Registre.) — In-folio, 292 feuillets, papier. 

1781. — Vingtièmes. — Élection de Limoges. — Minute 
du rôle des nobles et privilégiés, comprenant cinq cent 
cinquante-six articles. — Table par ordre alphabétique des 
nobles et privilégiés qui figurent sur ce rôle ; le sieur 
Albiat de Mardaloux, garde du Roi ; la dame veuve du sieur 
AUouveau de Montréal ; le sieur Ardant, seigneur de la 
Grenerie ; la dame Artaud, comtesse d'Auzance ; le sieur 
Arnaud de Gatebois , receveur des tailles ; la marquise 
d'Autefort ; le sieur Audebert , sieur de Faumobert ; le 
sieur Audebert, écuyer, etc., etc. 

C. 18L (Registre.) — In-folio, papier, 272 feuillets. 

1780-1785. — Vingtièmes. — Élection de Brives. — 
Minute du rôle du premier vingtième des nobles et privi- 

Haute- Vienne. — Série C. 



légiés, comprenant quatre cent cinquante-neuf articles 
dans Tordre alphabétique des collectes. — Le comte de 
Boisse, demeurant à Treignac, propriétaire de vignes 
situées dans la paroisse d'Allassac, produisant un revenu 
de 60 livres : premier vingtième , 3 livres ; — le sieur de 
Bruchard, écuyer, demeurant à AUassac, possède des 
héritages à Allassac et à Saint-Laurent, d*un revenu de 
1,048 livres : premier vingtième, 58 livres 8 sols; — le 
sieur Duleyris de Bord , chevalier de Saint-Louis, demeu- 
rant à Tulle, pour héritage d'un revenu de 35 livres : 

1 livre 15 sols, etc., etc. 

C. 182. (Liasse.) — 7 cahiers in-folio, papier. 

1776-1700. — Vingtièmes. — Rôles (1). — Minutes dres- 
sées par les contrôleurs et vérifiées d'année en année, 
de 1775-1790. — Paroisses de : Aixe (ville), biens fonds. 
Chapitre 1«»", nobles et privilégiés : M. le comte des Cars, 
seigneur de la terre d'Aixe; M. Foucaud de Marimont, 
écuyer ; M. de Saint-Remy, écuyer, garde du Roi ; M. Henri 
Guingand de Saint-Mathieu, écuyer; M. Martial Guingand, 
écuyer; M. de Beaupoil de SainteAulaire, écuyer; le sieur 
Tranchant de Puychâtain ; le sieur du Cheyrou, fils. 
Chapitre II, biens ecclésiastiques. Chapitre III, biens des 
taillables : — Ambazac-la-Marche; — Ambazac-Limousin 
et las Vergnas. Biens ecclésiastiques possédés par les 
Feuillants de Limoges; les RR. PP. de Grandmont; les Béné- 
dictins de Limoges ; le Chapitre de Saint-Martial ; la vicairie 
de Taumônerie ; le sieur Cramaille, curé ; Tabbesse de la 
Règle. 

C. 183. (Liasse.) — 6 cahiers io-folio, papier. 

1775-1790. — Vingtièmes. — Rôles. — Élection de 
Limoges. — Collectes de : Aureil et les Sechères. Obser- 
vations préliminaires sur la situation de cette collecte, ses 
productions, les mesures des grains, leur prix, a Cette 
paroisse est composée de dix villages , qui forment cin- 
quante-six articles , tant nobles que taillables , et ces 
cinquante-six articles font une superficie de 2,635 seterées 

2 perches, suivant la déclaration des habitants, la paroisse 
n'étant pas arpentée. La seterée d'Aureil et les Sechères 
est composée de 24,904 pieds ; elle est plus petite de 3/8 et 
quelque chose que Tarpent de Pax'is, qui contient 40,000 
pieds. » Aureil et les Sechères dépendent de la subdélégation 
de Saint-Léonard, de Tévêché et siège sénéchal de Limoges, 
dans le ressort du Parlement de Bordeaux. — Beaune; — 
Beynac. 



(1) La colle«tion des rôles des Tingtlèmes est fort Incomplète. EUe est 
classée, comme celle des tailles, par ordre alphabétique de collectes. 



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34 



ARCHIVES DE LA HAUTE-VIENNE. 



C. 184. (Liasse.) — 8 cahiers in-folio, papier. 

4776-1700. — Vingtièmes. — Rôles. — Élection de 
Limoges. — Collectes de : Boisseuil. Observations sur 
l'ensemble de la collecte, sa situation, ses productions, etc. 
« Elle a été arpentée et abonnée en 1746 et 1747 par le 
sieur Jacques Rousseau , arpenteur ; la seterée est com- 
posée de 50 perches de chacune 22 pieds en carré, formant 
une superficie de 24,200 pieds , ce qui , réduit à la mesure 
de Paris, fait les 3/5 de Tarpent et 200 pieds de plus. Il y 
eut une vérification faite par un contrôleur des vingtièmes, 
en 1752. » — Bonnac : des Flottes de Leychoisier, seigneur 
de Bonnac. — Bosmie (enclave). 

C. 185. (Liasse.) — 13 cahiers in-folio , papier. 

1775-1700. — Vingtièmes. — Rôles. — Électign de 
Limoges. — Collectes de : Burgnac; — Condat, près 
Limoges; — Couzeix; — Eyjeaux. Observations prélimi- 
naires : « Cette paroisse a été vérifiée en 1756, et par cette 
vérification il fut formé un tarif qui est en tète de cette 
minute qui règle le revenu de chaque nature de biens ; 
cependant cette paroisse a été arpentée, et l'estimation de 
Tarpenteur a été suivie ; en 1774 il y eut une augmentation 
de 3 sous pour livre, d'après la fixation faite par M. Turgot, 
laquelle proportion a servi de base jusqu'à présent pour la 
fixation du vingtième. M. le marquis de Boisse est seigneur 
justicier ; le cpUége de Limoges est gros décimateur. » — 
Feytiat. Observations préliminaires. Mesure des grains : 
c La mesure est la même que celle de Limoges, mais 
une partie des rentes se prélève à la mesure du Chapitre 
ou de la cité, qui est plus forte de 1/16. Le setier 
est divisé en quatre quartes, et la quarte en quatre coupds. 
Le setier d'avoine contient six éminaux ras ou quatre 
combles ; l'éminal est composé de deux quartes combles 
ou trois rases. Comme il n'y a point de marché, les habi- 
tants se conforment aux forléaux de la ville de Limoges, en 
suivant la proportion de la mesure quand ils se servent 
de celle du Chapitre. La paroisse de Feytiat relève direc- 
tement du Chapitre de Saint-Étienne de Limoges, qui en a 
la haute, moyenne et basse justice, et qui possède aussi 
une grande partie des rentes. Les RR. PP. Feuillants de la 
môme ville sont gros décimaleurs. » 

C. 186. (Liasse.) — 14 cahiers ia-folio, papier. 

1775-1700. — Vingtièmes. — Rôles. — Élection de 
Limoges. — Collectes de : Jourgniac. Observations préli- 
minaires du contrôleur; procès-verbal des observations 



faites par les syndic, collecteurs et habitants de la 
paroisse de Jourgniac ; état de cantonnement. — Isle ; 
la Brugère; — le Palais ; — le Vigen. Détail des revenus 
de l'abbé de Solignac , nouvellement imposables en 1790. 

C. 187. (Liasse.) — 4 cahiers in-folio, papier. 

1776. — Vingtièmes. — Rôles. — Élection de Limoges. 
— Collectes de : Limoges (les Orances). Chapitre des 
nobles : MM. de la Pisse de la Vergne, Barbou de la 
Valette, Barbou de Mounimes, etc. 

C. 188. (Liasse.) — 8 cahiers ia-folio, papier. 

1753-1700. — Vingtièmes. — Rôles. — Élection de 
Limoges. — Collectes de : Pierre-Buffière ; observations 
préliminaires; mesure et évaluation des fonds suivant 
leur nature et qualité ; productions , mesure et prix des 
grains, etc. a Lors de l'arpentement qui fut fait en 1742, il 
il y avait beaucoup de vignes dans cette paroisse ; mais, 
comme le local est fort sujet au froid et autres cas fortuits, 
et que ces fonds ne produisaient que de fort mauvais vin et 
ne dédommageaient pas des frais de culture, les proprié- 
taires les ont fait arracher et ont transformé le sol en terre 
labourable , en jardin ou en quelque morceau de pré, de 
sorte qu'il n'y en existe plus du tout. » Procès-verbal 
des réponses et observations faites au contrôleur par les 
syndic, collecteurs et principaux habitants de la paroisse , 
13 avril 1782. — Rilhac-en-Rancon. Observations préli- 
minaires. État des bestiaux qui sont dans la paroisse. 
État des cantonnements. État de comparaison des 
actes d'acquisition au denier trente avec l'estimation de 
l'arpenteur. — Saint - Christophe et Saint -Paul- Saint - 
Laurent. Résultat des renseignements recueillis sur 
l'évaluation des revenus effectifs de tous les biens- 
fonds, etc. 

G. 189. (Liasse.) — 13 cahiers In-folio, papier. 

1776-1700. — Vingtièmes. — Rôles. — Élection de 
Limoges. — Collectes de : Saint-Hilaire-Bonneval. Obser- 
vations préliminaires au contrôleur par les habitants, 
6 octobre 1779 ; original signé : Devoyon de la Planche , 
J. Pétiniaud, Landry, Roulhac de Roulhac, Durand. 
État de cantonnement. — Saint- Jean-Ligoure et enclave de 
Chàlucet. Observations préliminaires : « Chàlucet est à 
trois grandes lieues de Limoges ; situé sur la hauteur d*un 
grand coteau, au bas duquel passe la petite rivière de 
Briance, qui, venant de Pierre-Buffière, va se jeter dans la 
Vienne , faisant tourner deux moulins dans cette enclave 
et un dans la paroisse de Saint-Jean. Ledit château tombe 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE UMOGES. 



35 



en ruioes , et il n'y a plus que des tours , des vestiges de 
murailles et de quelques anciennes fortifications. i> — 
Saint-Just. Observations préliminaires. Les décimateurs 
de cette paroisse sont : le Chapitre de Saint-Martial 
de Limoges et le collège de la même ville. Le Chapitre de 
Saint-Martial est seigneur haut-justicier. — Saint-Martin- 
le-Vieux; — Saint -Maurice -les -Brousses. Observations 
préliminaires. 

C. 190. (Liasse.) -^ 17 cahiers in-folio, papier. 

1776-4790. — Vingtièmes. — Rôles. — Élection de 
Limoges. — Collectes de : Saint-Priest-sous-Aixe , — 
Saint-Yrieix-d'Aixe ; — Solomniac (Solignac). Observa- 
tions préliminaires. Procès-verbal des observations des 
habitants. « On distingue dans Tendroit quatre principaux 
quartiers, qui sont : la ville, le quartier de la Rivière, celui 
de la Peyrade et celui de Sarrazinaire. Il y a un couvent de 
Bénédictins, à titre d'abbaye, situé dans la ville. Ces 
Messieurs ont fait b&tir ou réparer leur maison il y a 
quelques années... x> Cette paroisse relève directement 
du seigneur abbé de Solignac et du sieur de Yertamont 
de Ch&lucet, ce dernier en qualité d'engagiste du Roi, 
pour la moitié. Ils ont en pariage la haute, moyenne 
et basse justice. Le seigneur abbé est décimateur. — 
Rôle des maisons à Solomniac. — Soubrevas ; — Vemeuil ; 
— Uzurat. 

C. 191. (Liasse). — 16 cahiers in-folio ; 32 pièces, papier. 

1741-1789. — Dixièmes et vingtièmes d'industrie. — 
États récapitulatifs annuels du montant des rôles du 
dixième puis du vingtième d'industrie (dixième jusqu'en 
1749, vingtième après) des villes, bourgs et paroisses de 
chaque Élection de la Généralité de Limoges, pendant les 
années 1741 à 1764. — Ordonnance de l'intendant Turgot, 
prescrivant de procéder, en 1771, à une nouvelle répar- 
tition du vingtième d'industrie. — État et assiette des 
rôles arrêtés par M. d'Aine, pour être levés en 1780 sur les 
négociants marchands et artisans des villes et bourgs, et 
sur les aubergistes , cabaretiers , charrons et maréchaux 
qui sont sur les grandes routes, pour les 4 sous pour 
livre du premier vingtième de leur industrie. — Assiette 
des rôles des vingtièmes d'industrie entre les collectes 
des Élections de Limoges et Bourganeuf, pendant les 
années 1783 à 1789. 

C. 192. (Liasse.) — 31 cahiers in-folio ; 30 pièces, papier. 

1766-1788. — Vingtièmes d'industrie. — Rôles, lettres 
des subdélégués et contrôleurs des vingtièmes , requêtes 



en décharge et réduction. — Élection de Limoges. — 
Bellac: années 1766, 1767, 1768, 1770, 1771, 1772,1774, 
1776, 1779, 1780, 1782, 1784, 1785, 1786, 1787 et 1788 ; — 
Bénévent : 1773 et 1774 ; — Eymoutiers : 1763, 1766, 1767, 
1773, 1778, 1779, 1784, 1785, 1786 et 1787 ; — La Souterraine : 
1773 et 1774; — Le Dorât: 1770, 1774, 1776, 1781, 1782, 
1784, 1785, 1786 et 1787. 

C. 193. (Liasse.) — 21 cahiers in-folio, papier. 

1760-1788. — Vingtièmes d'industrie. — Rôles. — 
Élection de Limoges. — Ville de Limoges. — Rôles conte- 
nant les noms des marchands et artisans, leur profession, 
le montant de leurs cotes , des observations sur l'état de 
leur fortune : ces rôles contiennent tous de trois cents à 
trois cent vingt articles. — Cotes des communautés des 
arts et métiers en jurandes de la ville de Limoges, en 1777 : 
la communauté des maîtres bouchers , 88 livres ; la com- 
munauté des maîtres cordonniers, 70 livres; la commu- 
nauté des maîtres teinturiers , 20 livres ; la communauté 
des tanneurs, 100 livres; la communauté des maîtres 
apothicaires, 20 livres; la communauté des serruriers, 
taillandiers et ferblantiers , 24 livres ; la communauté des 
menuisiers, 32 livres; la communauté des maîtres cha- 
peliers, 33 livres ; la communauté des balanciers, 12 livres ; 
la communauté des maîtres traiteurs, rôtisseurs et pâtis- 
siers , 43 livres ; la communauté des maîtres tailleurs, 
70 livres ; la communauté des maîtres boulangers, 180 li- 
vres ; la communauté des maréchaux, 11 livres ; la com- 
munauté des maîtres perruquiers, 52 livres 15 sols. Total : 
755 livres 15 sols. 

C. 194. (Liasse.) -^ 36 eahiers io-folio, 9 pièces , papier, 

1768-1788. — Vingtièmes d'industrie. — Rôles. — 
Élection de Limoges. — Magnac-Laval , années 1771 , 1772, 
1774, 1776 et 1777; — Saint-Junien, années 1768, 1770, 1773, 
1775, 1778, 1780, 1782, 1784 et 1787; — Saint-Léonard, 
années 1771-1788, moins 1779; — Saint-Vaulry, 1773 et 
1774. 

C. 195. (Liasse.) ^ 9 cahiers in-folio ; 23 pièces, papier. 

1748-1775. — Vingtièmes d'industrie. — Rôles. = 
Élection d'Angoulôme : — Aubeterre (1775) ; — Ruffec (1775). 
«= Élection de Bourganeuf : — Bourganeuf (1775) ; — Peyrat 
(1748). = Élection de Brives : — Beaulieu (1775); — Brives 
(1774). — Uzerche (1774 et 1775). =■ Élection de Tulle : — 
Bord (1772 et 1775); — Meymac (1773-1775) ; — Tulle (1772 
et 1775); — Treignac (1772); — Ussel (1772-1775). 



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36 



ARCHIVES DE LA HAUTE- VIENNE. 



C. 196. (Liasse.) — 16 cahiers in-folio ; 2 pièces, papier. 

1741-1753. — Dixièmes et vingtièmes des offices et 
droits. — État nomiaatif des notaires, procureurs, greffiers, 
huissiers et sergents des différentes justices de la Géné- 
ralité de Limoges (sans date, incomplet). — État des rôles 
du dixième des offices et droits pour les trois derniers 
mois de 1741 et Tannée 1742, dressés en exécution de la 
déclaration du 29 août 1741. — Bordereau du rôle arrêté au 
Conseil, le 31 juillet 1742, pour le dixième du produit des 
offices et droits de la Généralité de Limoges pour 1742 ; 
état contenant le nom des propriétaires de chacun des 
offices et droits portés au rôle dans chacune des cinq 
Élections de la Généralité. — Élection de Limoges : 
Art. 1". Les propriétaires des offices de greffier du Bureau 
des finances de Limoges pour le dixième de Tannée 1742 : 
30 livres. Ce sont les sieurs Texandier de Nieul, du Burguet 
et des Flottes de Leychoisier. — Art, 2. Les propriétaires de 
Toffice de greffier en chef de TÉlection de Limoges : 
30 livres. C'est la veuve du sieur des Courières. Depuis 
Tétablissement de la taille tarifée , les droits de greffe se 
réduisent à très-peu de chose, et on estime qu'il y aurait 
lieu d'en réduire la taxe à 10 livres, etc., etc. 

C. 197. (Liasse.) — 9 pièces, papier ; 15 cahiers in-folio, 
dont 1 imprimé. 

1765-1787. — Vingtièmes des offices et droits. — Édit 
de février 1771 relatif à Tévaluation des offices (placard 
imprimé par dtdre de Turgot). — Bordereaux des rôles 
arrêtés au Conseil pour le premier et le second vingtième 
et les deux sous pour livre du dixième, des offices et droits 
de la Généralité de Limoges pour 1771, 1772 et 4773 ; offices 
de greffiers : greffe du Bureau des finances de Limoges, 
greffe de TÉlection, greffe de la police, greffe des enquêtes, 
greffe de la châtellenie royale de Rançon , greffe du siège 
du Dorât, etc., etc. ; offices d'huissiers procureurs aux 
sièges des différentes juridictions de la Généralité ; offices 
de notaires, etc. ; propriétaires de droit de passage , foires 
et marchés, droits de pêche , etc. — Élections de Limoges, 
Brives, Tulle, projets de rôles pour 1773, avec observa- 
tions. — Rôles de 1778, Élections de Limoges et d'Angou- 
lème. — Rôles de 1785 , Élection de Bourganeuf. — État 
nominatif des procureurs , notaires et huissiers de TÉlec- 
tion de Limoges, avec indication de leur résidence (sans 
date). 

C. 198. (Liasse.) — 87 pièces, papier. 

1742-1785. — Dixièmes et vingtièmes. — Comptes 
annuels des dixièmes puis des vingtièmes ; biens-fonds, 



industrie, offices et droits. — Tableaux récapitulatifs 
annuels indiquant pour chaque Élection le montant des 
rôles, les sommes payées, le chiffre des décharges et 
modérations, les taxations accordées aux collecteurs et 
receveurs des tailles, etc. (1742-1785). 

C. 199. (Liasse.) —.110 pièces^ papier. 

1744-1700. — Vingtièmes. — Comptes annuels et 
bordereaux récapitulatifs. — Lettres d'envoi des comptes 
annuels des dixièmes et vingtièmes (1744-1760). — Borde- 
reau des comptes-rendus par les receveurs des tailles 
pour le vingtième de Tannée 1756. — Relevé des décharges 
et modérations accordées sur chaque exercice, depuis 
1776 jusques en 1784. — Requêtes de J.-B. Lingaud, 
receveur de l'hôtel de ville de Limoges et chargé du recou- 
vrement des vingtièmes de ladite ville, pour obtenir dé- 
charge des non-valeurs. — Bordereaux mensuels des 
décharges et modérations accordées sur les vingtièmes. — 
Relevé général , par Élection , du montant des vingtièmes 
de chaque année, depuis 1750 jusqu'en 1778. — Pièces 
diverses relatives aux vingtièmes jusqu'en 1790. 

C. 200. (Liasse.) — 25 pièces, papier. 

1782-1787. — Vingtièmes. — Comptes annuels et 
pièces diverses. — Compte rendu à l'intendant par 
M. Touzac de Saint-Étienne , receveur particulier des 
finances de TÉlection de Limoges , exercice 1782. — Bor- 
dereau du compte du premier vingtième. — Recette : 
rôles des nobles et privilégiés : 38,759 livres ; — rôles des 
taillables : 87,401 livres 17 sols ; — rôles d'industrie : 
5,314 livres 85 sols ; — rôles des offices et droits : 863 livres 
14 sols ; — total : 132,338 livres 16 sols. — Bordereau des 
mêmes comptes pour TÉlection de Brives, en 1782. — 
Diminutions accordées sur les vingtièmes de 1784 aux 
paroisses de TÉlection de Limoges. — Relevé général par 
Élection du montant des vingtièmes dans la Généralité de 
Limoges, en 1786 et 1787. 

C. 201. (Liasse ) — 6 cahiers in-folio ; 54 pièces, papier.' 

1776-1788. — Vingtièmes. — Comptes annuels. — Élec- 
tion de Limoges. — Exercice 1786. — Recettes : Assiette 
des rôles des vingtièmes de différentes natures arrêtés 
pour Tannée 1786 par l'intendant Meulan d'Ablois. — Dé- 
penses : États mensuels et récapitulatifs des décharges 
et modérations de vingtièmes , tant nobles que taillables^ 
accordées pendant les années 1786, 1787 et 1788 sur Texer- 
cice 1787. — Lettres de décharge et réduction des ving- 
tièmes. — État des décharges accordées aux habitants des 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE UMOGES. 



37' 



paroisses d'Ambazac et de Jabreilles qui ont subi des 
pertes sur leurs récoltes par suite de la grêle du mois de 
juin 1786. 

C. 202. (Liasse.) — 4 cahiers in-folio ; 110 pièces, papier. 

1787-1780. — Vingtièmes. — Comptes annuels. -— Élec- 
tion de Limoges. — Exercice 4787. — Comptes et pièces 
justificatives. — Assiette des rôles des vingtièmes sur les 
paroisses de l'Élection. — États des décharges , modéra- 
tions et non-valeurs. 

C. 203. (Liasse.) — 6 cahiers in-folio ; 136 pièces, papier. 

1788-1700. — Vingtièmes. — Comptes annuels. — 
Élection de Limoges. — Exercice 1788. — Comptes annuels 
des recettes et dépenses provenant du recouvrement des 
vingtièmes rendus à Tinlendant par le receveur particulier. 
Pièces justificatives dudit compte. — Assiette des rôles des 
vingtièmes entre les paroisses de TÉlection. — États men- 
suels des décharges et modérations accordées, etc. 

C. 204. (Liasse.) — 5 cahiers in-folio ; 162 pièces, papier. 

1780-1703. — Vingtièmes. — Comptes annuels. — 
Élection de Limoges. — Exercice 1789. — Compte rendu 
à MM. les Membres du directoire du département par le 
receveur particulier des tailles. — Pièces justificatives. — 
Assiettes et rôles des vingtièmes de biens-fonds, d'indus- 
trie et des offices et droits arrêtés par Tintendant. — 
États de décharge et de modération. 

C. 205. (Liasse.) — 7 pièces, papier. 

1785-1787. — Vingtièmes. — Comptes annuels. — 
Élection d'Angoulôme (1785). — États divers des décharges, 
modérations et non-valeurs accordées par Tintendant sur 
les vingtièmes de toute nature. 



C. 206. (Liasse.) — 15 



papier. 



1788-1700. — Vingtièmes. — Comptes annuels. — 
Élection de Bourganeuf. — Exercices 1788 et 1789. — 
Comptes rendus à l'intendant par le receveur particulier 
des tailles. — Pièces justificatives. — Bordereau desdits 
comptes. — Assiettes des rôles arrêtés par l'intendant. 
— Rôle du vingtième des offices et droits. — États des 
décharges et modérations. 



C. 207. (Liasse). — 3 cahiers in-folio ; 25 pièces, papier. 

1780-1701. — Vingtièmes. — Comptes annuels. — 
Élection de Brives. — Exercice 1789. — Compte rendu à 
MM, les membres du directoire de la Haute-Vienne, par 
M. J.-B. Chevalier , receveur particulier des finances. — 
Pièces justificatives. — Assiettes et rôles des vingtièmes 
arrêtés par Tintendant. — États de décharge et modé- 
ration, etc. 

C. 208. (Liasse.) ^ 332 pièces^ papier. 

1763-1780. — Vingtièmes. — Pièces de comptabilité. — 
Correspondance ministérielle , lettres adressées au direc- 
teur des vingtièmes , à Limoges , et relatives à l'examen 
des comptes (1769-1786). — Lettres des receveurs des impo- 
sitions de chaque Élection, accusant réception au directeur 
des vingtièmes de la Généralité de renvoi des rôles des 
années 1780-1783. — Décharges et modérations sur les 
vingtièmes, requêtes, ordonnances de l'intendant, quit- 
tances des sommes remboursées. 

C. 209. (Liasse.) — 187 pièces, papier. 

1743-1780. — Vingtièmes. — Requêtes en décharge et 
modération; — pièces produites à Tappui (quittances, 
contrats, etc.) ; — avis du directeur des vingtièmes ; — 
décisions de l'intendant, le tout classé par ordre alphabé- 
tique des collectes aux rôles desquelles la décharge est 
demandée. — Élection de Limoges. — Collectes de : Aixe : 
Requêtes de MM. Gaucher de Lavergne, écuyer, ancien 
capitaine au régiment de La Fère ; Louis Tranchant de Pui- 
chatain ; — Arnac-la-Poste : dame Marie Coustin de Roffi- 
gnac, veuve de J.-B. de Roffignac; — Beaune; — Bellac : 
François Faulconnier, conseiller assesseur civil et criminel 
en la sénéchaussée de Bellac; Pierre le Borlhe de Chégurat, 
sieur de Juniat ; Gervais Audebert, conseiller avocat du Roi 
au Bureau des finances de Limoges; Joseph de Verdillac ; — 
Benayes : Gabriel Delort, seigneur de Puymalie, lieutenant 
particulier en la sénéchaussée d'Uzerche ; — Bersac ; — 
Bessines : M. Joseph Clément des Flottes de Leychoisier ; — 
Bonnat : François Cantillon de la Couture; — Bussière- 
Bofl'y; — Bussière-Galant; — Bussière-Poitevine; — Chaban, 
près Montpotiers ; — Chambouret : Pétronille de Combrouze, 
veuve de M. Joseph de Petiot, seigneur du Taillât ; Léonard 
Durateau de Vaux ; — Chaptelat : Boutaud de Russy ; Du- 
clou; — Chàteauneuf : le sieur abbé de Lavialle, cha- 
noine d'Eymoutiers ; — Cieux : J.-B. de Brettes, seigneur 
marquis du Gros de Cieux ; — Condat, près Limoges : 
Nicolas Ardant ; Audoin Malinvaud ; — Coussac-Bonneval : 



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98 



ARCHIVES DE LA HAUTE-VIENNE. 

Ck)uzeîx ; 



Pierre Guilhaumaud, vicaire de ladite paroisse; • 
— Domps : Mamoret; — Droux. 

C. 210. (Liasse.) — 115 pièces, papier. 



1641-1789. — Vingtièmes. — Requêtes en décharge et 
modération; — pièces à Tappui, etc. — Élection de 
Limoges. — Collectes de : Eyjeaux; — Eymoutiers; — 
Feytiat ; — Flavignac ; — Fressinet ; — Glanges ; — 
Gorre ; — Jourgniac ; — Isle. — Requêtes de MM. de 
Labiche de Regnefort, Vidaud du Gareaud, de Beaupoil 
de Sainte-Aulaire, deTourdonnet, deLapisse, Cramouzaud, 
Ruben de TOrabre, sieur du Mas, Masmoret, etc., etc. 

C. 211. (Liasse.) — 1 pièce, parchemin ; 203 pièces , papier. 

1745-1789. — Vingtièmes. — Requêtes en décharge et 
modération ; — pièces à Tappui, etc. — Élection de Limoges. 

— Collectes de : la Brugère ; — la Croix ; — la Geney touse ; 

— Lapeyrat ; — Châlus ; — la Jonchère ; — la Meyze ; — la 
Mongerie ; — la Roche-rAbeille ; — Laval-Magnac ; — le 
Dorât (ville) et Dinsac; — le Palais; — les Cars; — 
Linards ; — Lubersac ; — Magnac (paroisse) ; — Mont- 
brandeix ; — Mounimes ; — Nantiat ; — Nexon. — Requêtes 
de MM. Léonard de Combrouze ; Charlotte de Chaumet de 
Nantiat , veuve de M. Jean-François-Martin de la Bastide ; 
Pierre Fleurât, sieur de TEyssard; Geraudie de Lavialle; 
Laurent Descombes, lieutenant criminel en la sénéchaussée 
du Dorât. 

C. 212. (Liasse.) — 232 pièces, papier. 

1744-1789. — Vingtièmes. — Requêtes en décharge et 
modération ; — pièces à Tappui, etc. — Élection de Limoges. 

— Collectes de : Panazol; — Payzac; — Peyrat, etc., 
jusqu'à Saint-Léonard, par ordre alphabétique. — Requêtes 
en décharge de M. Gabriel Grellet des Prades, disant qu'il 
paie annuellement à différentes dames religieuses, pro- 
fesses de diverses communautés de Limoges la somme 
de 1,616 livres. — Requête de Catherine Roche, épouse du 
sieur Naurissart, etc., etc. La plupart des demandes en 
décharge et modération sont fondées sur le paiement de 
rentes ecclésiastiques. 

C. 213. (Liasse.) — 225 pièces, papier. 

1746-1789. — Vingtièmes. — Requêtes en décharge en 
réduction; — pièces à l'appui; — avis du directeur des 
vingtièmes et décisions de l'intendant. — Requêtes fon- 
dées pour la plupart sur le paiement de rentes ecclésias- 
tiques à des communautés religieuses. — Élection de 
Limoges. — Collectes de : Saint-Léonard ; — Saint-Martial 



en Saint-Barbant ; — Saint-Martin-le-Vieux , etc., jusqu'à 
Vicq. — Requêtes de MM. de Vaucorbeil, procureur du 
Roi; Gauthier de Villemonjeanne, trésorier de. France; 
Coussaud des Forges, conseiller du Roi. 

C. 214. (Liasse.) — 288 pièces, papier. 

1742-1789. — Vingtièmes. — Requêtes en décharge et 
réduction, — pièces à l'appui ; — avis du directeur des 
vingtièmes; — décisions de l'intendant. — Élection de 
Limoges. — Taxes inscrites aux rôles des vingtièmes 
des biens-fonds, maisons, nobles et privilégiés , industrie, 
offices et droits de la ville et cité de Limoges. — Requêtes 
de MM. le marquis Bony de Lavergne ; Benoist de Vanteaux, 
trésorier de France; Simon de Verdilhac, conseiller; 
Blondeau de Laurière, grand-vicaire de Rodez. 

C. 215. (Liasse.) — 288 pièces, papier. 

1750-1785. — Vingtièmes. — Requêtes en décharge et 
réduction ; — pièces à l'appui ; — avis du directeur des ving- 
tièmes ; — décisions de l'intendant. — Élection de Limoges. 
— Requêtes de : J.-B. des Fayolles, procureur à Limoges ; 
Léonard Périgord, juge et contrôleur de la ville de Saint- 
Junien ; du sieur de Champagnac ; de Jean de Sanzillon, 
seigneur de Joffrenie; du marquis deJumillac, etc. 

C. 216. (Liasse.) — 143 pièces, papier. 

1778-1785. — Vingtièmes. — Requêtes en décharge et 
réduction; — pièces à l'appui; — avis du directeur des 
vingtièmes ; — décisions de l'intendant. — Élection de 
Limoges. — Requêtes de : MM. Juge de Saint-Martin, 
conseiller du Roi ; Pierre Martin, curé de Saint-Michel-des- 
Lions; Melchior Cramouzaud, chanoine de Saint-Martial. 

C. 217. (Liasse.) — 146 pièces, papier. 

1778-1769. — Vingtièmes. — Requêtes en décharge et 
réduction ; — pièces à l'appui ; — avis du directeur des 
vingtièmes ; — décisions de l'intendant. — Élection de 
Limoges. — Requêtes de : MM. Léonard Muret, conseiller, 
avocat du Roi ; — De Loménie de la Bastide , avocat. — 
Durand de la Couture, trésorier de France. 

C. 218. (Liasse.) — 151 pièces, papier. 

1742-1789. — Vingtièmes. — Requêtes en décharge et 
réduction, etc., fondées sur des paiements de rentes 
à des personnes entrées en religion. — Élection de 
Limoges. — - Requêtes de MM de Brettes, seigneur du Gros ; 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE UMOGES. 



Jean-César Faulconnier, lieutenant particulier, à Bellac; 
Marguerite Guingand , veuve du sieur J.-B. Maillard de la 
Couture ; Louis J.-B. de Maledent, garde-du-corps du Roi ; 
Thouraud ; Gabrielle de Lafon , veuve de feu François 
Thouron, notaire royal. — Extrait du contrat de mariage 
de M. Léonard de Morthesaigne et demoiselle Léonarde 
Bussière. 

C. 219. (Liasse.) — 222 pièces , papier. 

1777-4782. — Vingtièmes. — Requêtes en décharge et 
réduction ; — pièces à l'appui ; — avis du directeur ; — 
décisions de Tintendant. — Vingtièmes nobles de TÉlection 
de Limoges, années 1778 à 1781. — Requêtes de MM. Bonin 
deNouic, juge châtelain de Rançon , et Bonin de Lavau- 
Bois , prieur de la Chapelle-Dunoise, son frère ; Baillot du 
Queyroix; Martial Goudin de la Borderie; Martial de 
l'Épine, écuyer, sieur du Maneuf , subdélégué ; de Nexon ; 
Joseph Fournier, notaire, à Limoges *, de Nantiat, capitaine 
au bataillon de garnison de Limousin ; de Nieul, marquis 
de Dampierre ; du Vignaud des Vories (livre des dîmes de 
la paroisse de Folles) ; Blondeau , grand-vicaire à Rodez ; 
Vergniaud , curé de Magnac ; Roulhac du Ghatelard ; 
Tandeau de Marsac, etc., etc. 

C. 220. (Liasse.) — 225 pièces, papier. 

1784-1787. — Vingtièmes. — Requêtes en décharge et 
et réduction, années 1784, 1785, 1786 et 1787. -^ Élection 
de Limoges. — Requêtes de MM. Léonard Blondeau, 
chevalier, seigneur marquis de Laurière ; Jean du Burguet 
de Reille; du Burguet de Chauffaille; Jean de Nesmond, 
notaire royal au Dorât ; Françoise de la Cropte de Saint- 
Abre , marquise de Gouffier, dame de Rochefort ; Gay de 
Vemon, archiprêtre de la Porcherie, etc., etc. 

C. 221. (Liasse.) — 157 pièces, papier. 

1786-1789. — Vingtièmes. — Req'uêtes en décharge et 
modération. — Vingtièmes de Tannée 1786. — Élection de 
Limoges. — Requêtes de MM. Léonard Magontier, ancien 
maire de la ville de Saint-Yrieix ; de Léobardy du Vignaud ; 
Jacques d'Argence, chevalier, ancien garde du corps du 
Roi, demeurant au château du Repaire, paroisse de Bus- 
sière-Poitevine ; Léonard Nicard , curé d'Aulon ; François- 
Xavier de Verdillac, président-trésorier de France au 
Bureau des finances de la Généralité de Limoges ; François 
Faulconnier, écuyer, lieutenant particulier honoraire de la 
sénéchaussée de Bellac ; Léonard Daniel du Monteil , 
écuyer, seigneur de Montfayon; des Flottes de Leychoisier. 



C. 222. (Liasse.) — 1 pièce, parchemin; 155 pièces, papier. 

1786-1789. — Vingtièmes. — Requêtes en décharge de 
modération pour cause d'incendie, de grêle, vacance des 
maisons, faux taux, etc., etc., des années 1789 et 1788. — 
Élection de Limoges. — Requêtes de MM. Simon de 
Verdillac, conseiller au Présidial de Limoges ; le comte de 
Jumilhac, à Champnétéry; Louis de Côustin, seigneur de 
la Bussière; Coussaud du Bost, subdélégué au Dorât; 
Léonard Genébrias, officier des écuries de S. M. ; Fougeras- 
Lavergnolle, notaire à Saint-Paul ; Navières de Laboissière, 
conseiller en TÉlection de Limoges ; Allouveau de Mont- 
réal, avocat au Parlement; J.-B. du Gareau, seigneur de la 
Seinie, capitaine de cavalerie; Romanet du Caillaud, 
écuyer. 

C. 223. (Liasse.) — 1 pièce, parchemin; 121 pièces, papier. 

1727-1700. — Vingtièmes. — Requêtes en décharge et 
réduction ; — pièces à Tappui, etc., années 1789 et 1790. 
— Élection de Limoges. — Requêtes de MM. Guingand de 
Saint-Mathieu, curé de Saint-Pierre-du-Queyroix (député 
du clergé aux États généraux de 1789); Le Borlhe de 
Juniat, subdélégué, à Bellac; Plainemaison , greffier 
en chef de police, à Limoges; de Sanzillon , chanoine 
du Chapitre de Saint-Yrieix ; Boussy de Fromental, juge de 
Cieux; J.-B. de Bouilhac, seigneur du Pin et de Masseret. 

C. 224. (Liasse.) — 59 pièces, papier. 

1756-1787. — Vingtièmes. — Requêtes en décharge et 
modération ; — pièces à l'appui ; — avis du directeur des 
vingtièmes et décisions de Tintendant ou du ConseiL — 
Élection d'Angoulême. — Lettre d'avis d'un arrêt du 
28 janvier 1781 qui exempte de l'imposition des vingtièmes 
les revenus de l'apanage de Monseigneur le comte 
d'Artois. — Lettre autographe du vicomte de Saint- 
Simon, acquéreur du fief de la Bretonnerie, à M. Nouveau, 
directeur des vingtièmes à Angoulême (1786). —Requêtes 
de : Claude-Théophile-Gilbert Colbert, marquis de Chaban- 
nais ; Desbordes de Jansac , écuyer ; Robert de Guigne- 
bourg; Arnauld de Chesne, lieutenant des maréchaux 
de France en Angoumois ; le vicomte de Saint-Simon. 

C. 225. (Liasse.) -^ I pièce', parchemin; 104 pièces, papier, 

1752-1789. — Vingtièmes. — Requêtes en décharge et 
modération ; — pièces à l'appui ; — avis du directeur des 
vingtièmes ; — décisions de l'intendant. — Élection de 
Bourganeuf. — Mémoires sur les changements à faire aux 



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40 



ARCHIVES DE LA HAUTE-VIENNE. 



rôles des nobles et privilégiés de 1753 et 1754, adressés 
par M. Viau de la Roche à M. Estienne. — Requêtes de 
MM. Thiraud , seigneur de Rempnat ; Jean de David , 
officier d'infanterie, chevalier de Tordre de Saint-Louis; 
Tixier de la Chapelle , receveur des finances de TÉlection 
de Bourganeuf; Foucaud de Hautefaye, archidiacre de 
réglise de Limoges. 

C. 226. '(Liasse.) — 59 pièces, papier. 

1757-1790. — Vingtièmes. — Élection de Brives. — 
Requêtes de Jean de la Chapelle, écuyer, seigneur de 
Caraman ; César de Braquillanges ; comte de Valon, capi- 
taine d'infanterie. 

C. 227. (Liasse.) — 116 pièces, papier. 

1715-1784. — Vingtièmes, de 1745 à 1781. ■— Élection 
de Tulle. — Requêtes de Jean Conchon, seigneur de la 
Mazière, procureur du Roi à Ussel ; Gaspard-Germain du 
Bat, écuyer, seigneur de Langlade ; Jean de Fénis de la 
Prade , seigneur de la Feuillade ; Jean François Melon de 
Pradou, conseiller au présidial de Tulle ; Joseph de Com- 
barel , seigneur de Gibanel ; Jacques de la Croix de Cas- 
tries, etc., etc. 

C. 228. (Liasse.) — 1 pièce, parchemin ; 165 pièces, papier. 

1670-1787. —Vingtièmes, de 1772 à 1787. — Élection 
de Tulle. — Requêtes de : Joseph de Bort , seigneur de 
Pierrefite ; Jean Joseph de Turenne , écuyer, seigneur de 
Puychardy, gendarme de la garde du Roi; J.-B. Mas- 
soulié, subdélégué à BeauHeu ; Henry de Clédat, subdé- 
légué à Uzerche ; de la Fagerdie de Saint-Germain , con- 
seiller au Parlement de Bordeaux ; des religieuses du 
couvent de Sainte-Claire d*Argentat, etc., etc. 

C. 229. (Liasse.) — 4S0 pièces, papier. 

1754-1790. — Vingtièmes. — Requêtes de MM. de la 
Porte de Lissac, ancien lieutenant du Roi au gouvernement 
de Sarrelouis ; le comte de Bonneval ; Léonard de la 
Vareille, gendarme de la garde du Roi ; Brigueil, maire de 
la cité de Limoges; François Faulconnier, lieutenant 
particulier honoraire de la sénéchaussée de Basse-Marche ; 
Pierre du Plantadis, lieutenant général au sénéchal 
d*Ussel, etc., etc. 

C. 230. (Liasse.) — 106 pièces, papier. 
1754-1765. — Vingtièmes. — Décisions du Conseil sur 



demandes en décharge ou modération à cause de rentes et 
pensions ecclésiastiques ; — mémoires, etc. 

C. 231. (Liasse.) — 18i pièces, papier. 

1763-1772. — Vingtièmes. — Décisions du Conseil sur 
des demandes en décharge ou modération à cause des 
pertes occasionnées par la grêle, Tincendie, etc.; mé- 
moires, etc. 

C. 232. (Liasse.) — 109 pièces, papier. 

1764-1774. — Vingtièmes. — Décisions du Conseil sur 
des requêtes en décharge ou modération à cause de rentes 
et pensions ecclésiastiques ; — mémoires, etc. 

C. 233. (Liasse.) — 255 pièces, papier. 

1770-1774. — Vingtièmes. — Décisions du Conseil sur 
des demandes en décharge ou modération à cause des 
pertes occasionnées par la grêle, Tincendie, ou pour charge 
de famille, pour pauvreté, etc. 

C. 234. (Liasse.) — 7 cahiers in-folio, 134 pièces, papier. 

1763-1774. — Vingtièmes. — Décisions du Conseil sur 
des demandes en décharge ou modération à cause de 
pertes ou de charges de famille , pauvreté , etc. — État 
général des décharges proposées par l'intendant en faveur 
des pauvres propriétaires d'héritages qui ont été compris 
dans les bureaux de charité , en 1770 ; — en faveur des 
particuhers dont les récoltes ont été endommagées par la 
grêle, etc., pendant les années 1768, 1769, 1770, 1772 et 
1773. 

C. 235. (Registre.) — In-folio, papier, 114 feuillets. 

1788-1793. — Vingtièmes. — Décharges et modérations. 
— Sommier contenant toutes les ordonnances de Tin- 
tendant sur les différentes requêtes en décharge et modé- 
ration à lui adressées à partir du 1«^ janvier 1788, continué 
par MM. les membres du directoire du département, de la 
Haute-Vienne jusqu'au 29 janvier 1793. 

C. 236. (Liasse.) — 15 pièces, parchemin ; 52 pièces, papier, 
dont 5 imprimées. 

1768-1783. — Moins imposé ou réduction sur les tailles 
accordée par le Roi chaque année pour être répartie entre 
les contribuables qui ont éprouvé des pertes. — Compta- 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE UMOGES. 



41 



bilité; lettres -circulaires aux intendants, officiers des 
Élections , curés des paroisses , receveurs et commissaires 
des tailles , sur le mode de répartition du moins imposé 
(1768-1782). — Arrêts du Conseil fixant la quotité des 
remises accordées sur les tailles aux contribuables de la 
Généralité de Limoges pour pertes diverses (gelées, grêles, 
mortalité de bestiaux, incendies, etc.) — Arrêts confirmant 
la répartition de ces remises faite par Tintendant. — Circu- 
laires aux commissaires des tailles (1777-1783). 



C. 237. 



(Liasse). — 52 pièces, parchemin ; 12 pièces, papier ; 
29 cahiers, papier. 



1783-1789. — Moins imposé. — Comptabilité. — Répar- 
tition , entre les paroisses de chaque Élection, des remises 
accordées par le Roi sur les tailles des années 1784, 1785, 
1786, 1787, 1788 et 1789, à cause de pertes de diverses na- 
tures. — Arrêts du Conseil d'État fixant le chiffre de la 
diminution des tailles et autorfsant la répartition proposée 
par l'intendant. — Correspondance à ce sujet. — Circulaires 
de M. Meulan d'Ablois aux commissaires des tailles. — État 
de remploi des sommes accordées à la Généralité de 
Limoges en moins imposé depuis 1784 jusques et compris 
1789, et inventaire des pièces justificatives de cet emploi. 

C. 288. (Liasse.) — 111 pièces, papier. 

1776-1778. — Moins imposé. — Procès - verbaux de 
pertes pour le département du moins imposé de 1778. — 
Élection de Limoges. — Procès-verbaux classés par ordre 
alphabétique de collectes. — Requêtes des particuliers 
contre-signées le plus souvent par le curé et les notables 
de la paroisse. — Procès-verbaux dressés par les officiers 
ou subdélégués de l'Élection ou les commissaires aux 
tailles. — Requête de François Donnève, sieur du Buisson, 
maître des forges de Malerbeaux, pour pertes occasionnées 
par l'inondation de la Vézère ; — procès-verbal du com- 
missaire des tailles. 

C. 239. (Liasse.) — 88 pièces, papier. 

1776-1778. — Moins imposé. — Requêtes et procès- 
verbaux. — Élection de Brives. — Procès - verbal du 
dommage qu'ont souffert les habitants de la paroisse 
d'Albignac , tant sur les vignes que sur les prés et dégra- 
dation des fonds par la grêle, du 7 juin 1777. — Procès- 
verbal du dommage causé dans la paroisse d'Allassac par 
la grêle, des 14 mai et 5 juin 1777. — Dégâts causés aux 
écluses du moulin de la Bouvie, paroisse de Brives. — 
Requête en diminution d'impôt du sieur François Lachèze, 
avocat en la Cour et conseiller en l'Élection de Brives. 
Haute-Vienne. — Série C. 



C. 240. (Liasse.) — 148 pièces, papier. 

1776-1778. — Moins imposé. — Procès-verbaux et 
requêtes. — Élection de Tulle. — Requête du sieur Jean- 
Joseph Lafont du Mazubert, paroisse de la Celle. — 
Incendie à Marcillac, gelées, etc., etc. 

C. 241, (Liasse.) — 101 pièces, papier, dont 1 imprimée. 

1784-1786. — Moins imposé. — Correspondance entre 
MM. dé Calonne , Meulan d'Ablois, Grandchamp, président 
de l'Élection de Tulle, de Cueille, subdélégué à Trei- 
gnac, etc., au sujet de la fixation et de la distribution du 
moins impos.é de 1784. — Arrêt du Conseil qui assigne les 
fonds et règle la distribution des secours, 14 mars 1787. — 
États de répartition du moins imposé entre les Élections de 
la Généralité de Limoges. — Supplément de 34,000 livres 
de secours extraordinaires accordés à la Généralité de 
Limoges sur la taille de l'année 1784. — Ordonnances de 
paiement délivrées par l'intendant sur le receveur général. 

— Secours accordés au marquis du Saillant; au baron 
de Nantiat, capitaine dans le bataillon de garnison du 
Limousin; à Mme Grignot de Marentin, veuve de M. de 
Marentin, capitaine d'infanterie, détaché de la marine; 

— lettres autographes. — Requêtes et procès-verbaux 
relatifs au moins imposé pour les Élections de Limoges, 
Bourganeuf , Brives et Tulle (1785). 

C. 242. (Liasse.) — 1 pièce, parchemin ; 131 pièces , papier. 

1760-1788. — Moins imposé. — Requêtes et procès- 
verbaux, de 1787 et 1788. — Élection de Brives. — 
Procès-verbal de l'incendie du village du Theil, paroisse 
d'Estivaux , du 19 avril 1788, etc., etc. — Arrêt du Conseil 
autorisant la ville de Brives à emprunter 6,000 livres (1766). 

C. 243. (Liasse.) — 170 pièces, papier. 

1789-1790. — Moins imposé. — Élection d'Angoulême. — 
Requêtes et procès-verbaux. — États de pertes de bestiaux 
pendant le premier semestre de l'année 1789, dressés par 
les curés des paroisses et contre-signes par les notables, 
et diminutions de taille accordées par l'intendant de la 
Généralité à raison de ces pertes. 

C. 244. (Liasse.) — 150 pièces, papier. 

1789. — Moins imposé. — Élection d'Angoulême. — 
États de pertes de bestiaux pendant le premier semestre 
de 1789, par paroisses. Ces états sont divisés en six 

6 



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42 

colonnes : i^ noms des villages ; 2® article du rôle ; 
30 noms des habitants qui ont perdu des bestiaux ; 
40 nombre et qualité des bestiaux perdus, avec la date de 
la perte; 5o montant de la taille de chaque particulier, 
en 1789 ; 60 diminutions accordées. 

C. 245. (Liasse.) — 4 pièces, parchemin ; 67 pièces, papier. 



1778-1781. — Capitation (1). — Comptes des deniers 
provenant de la capitation des nobles , privilégiés , officiers 
de justice, commis aux fermes et taillables des villes, 
bourgs et paroisses des Élections de Limoges , Brives et 
Tulle, rendus à Tintendant de la Généralité de Limoges 
par les receveurs desdites Élections : MM. Touzac Saint- 
Etienne, à Limoges; Christophe de Lansade, à Brives; 
Jean Bouzonie, à Tulle; — pièces justificatives de ces 
comptes. — États nominatifs des décharges et modérations 
accordées par Tintendant à MM. les gentilshommes, offi- 
ciers des Présidiaux , officiers des Élections , commis aux 
fermes et taillables des villes et bourgs desdites Élections. 

— Tableaux présentant le résultat des comptes de la 
capitation, en 1778 et 1779. 

C. 246. (Liasse.) — 2 pièces, parchemin ; 52 pièces, papier. 

1781-1784. — Capitation. — Comptes et pièces justifi- 
catives des recettes et dépenses de la capitation , rendus 
par les receveurs particuliers des Élections. — Année 1781 . 

— Élections de Limoges , Brives et Tulle. — Année 1782. — 
Élections de Limoges, Brives, Tulle, Bourganeuf (M. Tixier, 
receveur), Angoulôme. 

C. 247. (Liasse.) — 2 cahiers in-folio, 92 pièces, papier. 

1787-1789. — Capitation. — Comptes et pièces justifi- 
catives des recettes et dépenses de la capitation rendus 



(1) Les comptes de la capitation se dlrUent on deux parties : 
V Comptes des recettes de la capitation fournis à l'intendant par les rece- 
yeara particallers de chacnne des Âleetiona de la Oénérallté. Les pièces 
jnstlflcatlyes se dlTisont en pièces JostiUloatiTes de la recette, qui no sont antre^ 
que les rtlee de la capitation. Ces rdles de capitation se tronvent le plus son- 
Tent Joints anx comptes eux-mêmes, ponr les Élections de BrlTes, Toile, 
Boorganeof, Angoolôme. Ceux de Limoges ont été mis à part. Les pièces 
JostiflcatiTes de la dépense ne sont le plus sonvent qne des états de modération 
snr la capitation. 

2» Excédants de capitation on fonds libres sur la capitation. Des fonds de 
capitation, nne partie est yersée an trésor royal, une autre partie est laissée à 
la disposition de l'intendant pour dépenses diverses comprises sous divers cha- 
pitres (de 1 à 17). J'ai formé un dossier des comptes fournis chaque année par 
l'intendant et avec les pièces de dépense ou ordonnances délivrées par l'inten- 
dant sur le receveur général, autant de dossiers que de chapitres particuliers de 
dépense. 



ARCHIVES DE LA HAUTE-VIENNE. 

à rintendant par les receveurs des Élections. — Exercice 
1787. — Élections de Limoges et d'Angoulôme. — États 
nominatifs des décharges et modérations accordées aux 
préposés perpétuels en considération des recouvrements 
qu'ils ont faits. — Élection d*Angoulême. — Antoine- 
Etienne Barbie, receveur. — Pièces justificatives de la 
recette. — Département de la capitation de 1787 entre les 
paroisses de TÉlection d'Angoulôme. — Rôles de la capi- 
tation de 1787 : 1® sur les employés des fermes ; 2o sur 
les officiers de TÉlection d* Angoulôme ; S» sur les officiers 
du Présidial ; A» sur les roturiers privilégiés ; 5« sur les 
gentilshommes. 



G. 248. (Liasse.) — 4 cahiers in-folio, 119 pièces, papier. 

1787-1788. — Capitation. — Exercice 1787. — Comptes 
des recettes et dépenses, rendus par les receveurs parti- 
culiers ; — pièces justificatives desdits comptes. — Élec- 
tions de Tulle, Brives et Boiirganeuf. 

C. 249. (Liasse.) — 3 cahiers in-folio , 101 pièces, papier. 

1788-1790. — Capitation. — Exercice 1788. — Comptes 
de gestion des receveurs particuliers et pièces justifica- 
tives. — Élection de Limoges, Brives, Tulle, Bourganeuf. 
— Rôles de la capitation. — Rôles nominatifs de capitation 
sur les officiers du siège royal d'Uzerche , les privilégiés 
et nobles de la vicomte de Turenne, etc., etc. 

C. 250. (Liasse.) — 2 cahiers in-folio, 113 pièces, papier. 

1789-1791. — Capitation. — Exercice 1789. — Comptes 
de la capitation rendus par les receveurs particuliers pour 
les cinq Élections de la Généralité. — Rôles de capitation 
de rÉlection de Tulle. 

G. 251. (Liasse.) — 2 cahiers in-folio, 107 pièces, papier. 

1789-1791. — Capitation. — Exercice 1789. — Comptes 
de la capitation. — Élection de Limoges. — État général des 
ordonnances de compensation expédiées en faveur des 
ecclésiastiques, nobles et autres ci-devant privilégiés de la 
moitié de leurs décimes ou capitation de 1789 avec leurs 
cotisations dans les rôles de supplément des six derniers 
mois de la même année. 

G. 252. (Liasse.) — 155 pièces, papier. 

1789-1790. — Capitation. — Rôles de supplément des 
ci-devant privilégiés pour les six derniers mois de 1789 ; 
— compensation sur ces rôles des décimes et de la capita- 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE UMOGES. 



43 



lion , conformément aux décrets de TAssemblée nationale, 
à la proclamation du Roi, du 14 octobre 1789, et aux ins- 
tructions publiées le 13 avril 1790 ; — requêtes présentées 
à l'intendant par MM. les membres du clergé et de la 
noblesse pour obtenir cette compensation; — pièces 
produites à Tappui de ces requêtes : quittances de 
décimes et de capitation. — Requêtes de Mgr l'Évoque de 
Limoges; de MM. Faulte, chanoine syndic de Saint-Martial ; 
Pierre de Puyferrat, grand - chantre de Saint-Martial; 
Dumon, curé de Gieux. 

C. 253. (Liasse.) — 280 pièces, papier. 

1780-1790. — Capitation. — Rôles de supplément des 
ci-devant privilégiés pour les six derniers mois de 1789 ; 
compensation sur ces rôles des décimes et de la capi- 
tation noble de 1789 ; — requêtes présentées à Tintendant 
pour obtenir cette compensation et pièces à Tappui : 
quittances de décimes et de capitation ; — requêtes 
présentées par MM. Gentil de la Jonchapt; Gravelat de 
Montlebeau; Nicault, conseiller en la Sénéchaussée du 
Dorât; Crezeunet, lieutenant particulier, à Saint-Yrieix ; 
Coussaud du Bost, subdélégué, au Dorât, et lieutenant 
général en la Sénéchaussée ; du ChMard, lieutenant parti- 
culier, au Dorât; Jean Teytut de la Jarrige, lieutenant 
général, à Saint-Yrieix; Martial Teytut de Villouvier, 
assesseur criminel , à Saint-Yrieix ; Aubugeois , conseiller, 
au Dorât ; le Borlhe de Juniat , conseiller, à Bellac ; Can- 
Ullon de la Couture, procureur du Roi en TÉlection de 
Limoges; du Garreau de la Foucaudie; Dufaure de 
Belisle, etc., etc. 

C. 254. (Liasse.) — 253 pièces, papier. 

1780-1700. — Capitation. — Rôles de supplément des 
ci-devant privilégiés pour les six derniers mois de 1789. — 
Compensation sur ces rôles de la moitié des décimes et 
capitation de 1789, conformément à la proclamation du 
Roi, du 14 octobre 1789, et aux instructions publiées le 
13 avril 1790 ; — Requêtes présentées par les particu- 
liers : quittances de décimes et de capitation; — requêtes 
de MM. François Doudinot de la Boissière, conseiller au 
Parlement de Bordeaux et titulaire de la chapellenie de 
Saint-Germain, en l'église de Bénévent; Martial-Léonard 
de Martin de la Bastide de Verlhamond ; Muret de Bort ; 
Mathieu de la Renaudie ; Sandemoy, curé de Droux ; — 
quittances des décimes pour les divers bénéfices unis au 
collège de Limoges , total : 3,301 Uvres. — Prieurés ou 
couvents : Royrette; la Mazelle; Vênes, près Bussière- 
Dunoise ; 1* Artigette ; Maladanes ; Saint - Michel - des - 



Chapelles ; Clairefaye ; TArtige ; Fondadouze ; Courieux ; 
Bost les Monges; Aureil; Massignac; Tavaux; Saint- 
Nicolas. 

C. 255. (Liasse.) — 140 pièces, papier. 

1783-1800. — Capitation. — Requêtes en décharge de 
capitation pour Tannée 1790 ; — demandes de secours, etc. 
(résidu). 

C. 256. (Liasse.) — 51 pièces, papier. 

1778-1700. — Capitation. — Excédents ou fonds libres 
de capitation. — Comptabilité (1778-1790). — Correspon- 
dance de rintendant et du contrôleur général des finances , 
au sujet de l'emploi des fonds libres de capitation. — 
Comptes généraux. — Relevé des ordonnances expédiées 
sur le receveur général des finances pour dépenses 
variables de l'intendance. Nature des dépenses , table des 
chapitres : 1° école vétérinaire ; 2» honoraires des chirur- 
giens et remèdes fournis aux pauvres ; 3<> réparations à 
l'hôtel de l'Intendance ; 4» appointements et gratifications 
aux secrétaires de l'Intendance; 5» gratifications aux 
subdélégués; 6o ponts-et-chaussées , indemnité de loge- 
ment de l'ingénieur en chef; 7° taille tarifée, honoraires 
des commissaires ; 8o pertes de terrains ; 9° manufactiu*es : 
subventions; 10» dépenses extraordinaires; 11° société 
d'agriculture , subvention ; 12o gratifications extraordi- 
naires ; 13o pépinière; 14© destruction des loups ; 15o gra- 
tification aux familles nombreuses et pauvres ; 16^ frais 
d'impression. 

C. 257. (Liasse.) — 114 pièces, papier. 

1770-1700. — Fonds libres de capitation. — Pièces de 
dépense. — Écoles vétérinaires. — État des remèdes 
fournis, par le sieur Mirât, aux bestiaux de la paroisse de 
Saint-Salvadour, en 1770. — Ordonnances expédiées sur 
M. deMongraud, receveur général des finances, pour le 
paiement des pensions des élèves entretenus aux écoles 
vétérinaires : Leymarie , Masgrangeas , Pradier, Sazerat , 
Dubois, Praneuf, Engard et David. — Correspondance de 
ces élèves et du régisseur de l'école vétérinaire d'Alfort, 
au sujet du paiement de ces pensions. — Secours à la 
veuve du sieur Barjolin, vétérinaire à Angoulôme. — Cor- 
respondance, etc. 

C. 258. (Liasse.) — 90 pièces, papier. 

1784-1700. — Fonds libres de capitation. — Pièces de 
dépense. — Honoraires des chirurgiens et remèdes fournis 



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ARCHIVES DE LA HAUTE-VIENNE. 



par eux aux pauvres pendant les maladies épidémiques. 
— Lettres des curés des paroisses oti les maladies ont 
sévi, lettres et mémoires des médecins et chirurgiens 
ci-après : Fray Fournier, chirurgien-major de Thôpital de 
Limoges; Meyre, chirurgien, au Lonzac; Toumier, 
chirurgien, à la Rochefoucaud; Meyrignac, chirurgien, à 
Peyrat; Gizardin, chirurgien, à Magnac-Bourg ; Morel, 
chirurgien, à Chamboret; Rivière, médecin, à Cham- 
boulive ; Lachaud , médecin , à Treignac ; Dumay, chirur- 
gien , à Murât; Pruniéras et Pailler, chirurgiens, à 
Treignac; Dubayle, médecin, à Bourganeuf; Darfeuille, 
médecin, à Bourganeuf; Mosnier, etc., etc. — Lettres de 
Thabaraud , curé de Chaumeil , et de Vergnaud , curé de 
Magnao-Bourg. 

C. 259. (Liasse.) — 70 pièces , papier. 

1778-1790. — Fonds libres de capitation. — Pièces de 
dépense. — Réparations à Thôtel de l'Intendance et à 
rhôtel de la Monnaie. — Rente de 17 livres 3 sols payée à 
rhôpital de Limoges sur les maisons des sieurs de Clareuil 
et la Montagne , réunies à Thôtel de l'Intendance (1787). — 
Mémoires de fournitures faites pour l'Intendance. — Obser- 
vations de M. Cadié, ingénieur en chef, sur la nécessité 
urgente de reconstruire les murs du bâtiment de la 
Monnaie de Limoges, qui se sont écroulés lors de l'ouragan 
du 1er octobre 1781, et de reporter ailleurs la juridiction de 
l'Élection, qui était dans leur emplacement; — lettres, 
mémoires et devis relatifs à cette affaire (1781-1784). 

C. 260. (Plans.) — 5 plans, papier. 

XVIII® siècle. — Fonds libres de capitation. — Anciens 
plans de l'hôtel de l'Intendance. — Plan général des 
bâtiments et jardin de l'Intendance ; — plan du premier 
étage ; — plan d'un pavillon à construire , etc. 

C. 261. (Liasse.) — 18 pièces, papier, dont 1 imprimée. 

1766-1789. — Fonds libres de capitation. — Pièces de 
dépense. — Appointements et frais de bureau de l'inten- 
dant. — Gratifications aux subdélégués. — Logement et 
frais de bureau de l'ingénieur en chef des ponts-et-chaus- 
sées. — Arrêt du Conseil relatif aux appointements de 
l'ingénieur en chef en Bourgogne (1766). — Lettres de 
Trudaine à Turgot sur le même sujet , et réponses de 
celui-ci (1767-1768). — Réclamations de M. Cadié, ingénieur 
en chef des ponts-et-chaussées pour frais de logement. — 
Lettre d*avis de la nomination de M. Dumont au poste 
d'ingénieur en chef des ponts-et-chaussées de la Généralité 



de Limoges, en remplacement de M. Dergny, nommé en la 
môme qualité dans la province de Franche-Comté , 6 dé- 
cembre 1786, etc. 

C. 262. (Liasse.) — 203 pièces, papier. 

1785-1790. — Fonds libres de capitation. — Pièces de 
dépense. — Taille tarifée : honoraires des commissaires. 

— États généraux des cotes opérées par les commissaires 
des tailles et montant des honoraires qui leur sont dus. — 
États des paroisses qui composent l'arrondissement de 
chacun des commissaires aux tailles avec le montant des 
cotes opérées : exercices 1785-1789. 

C. 263. (Liasse.) — 2^ pièces, papier. 

1785-1789. — Fonds libres de capitation. — Pièces de 
dépense. — Honoraires des experts chargés d'estimer les 
terrains pris pour les travaux des routes (1785-1789). — 
Gratifications aux manufactures : fabrique de papier bleu 
et violet , au moulin de Vigeois , par le sieur Cibot ; — 
manufacture royale d'étoffes de Brives, dirigée par le sieur 
Leclerc; — manufacture royale d'étoffes de Limoges, 
dirigée par le sieur Laforest. — Achat de rouets pour les 
pauvres et pour l'établissement d'une manufacture de 
coton à Linards. 

C. 264. (Liasse.) — 119 pièces, papier. 

1785-1789. — Fonds libres de capitation. — Pièces de 
dépense. — Dépenses extraordinaires : remboursement au 
sieur Cornuau , secrétaire provincial , d'une somme de 
1,018 livres qu'il a avancée pendant l'assemblée provinciale, 
en port de lettres, achat de papiers et registres, frais 
d'impression, enlèvement des neiges et glaces, en 1789. 

— Gratification au sieur Cibot, chargé de l'approvisionne- 
ment de Limoges pendant la crise des subsistances , en 
1789. — Subvention au bureau d'agriculture : 600 livres , 
en 1785 ; — lettre de M. Goudin de la Borderie. — Gratifi- 
cations extraordinaires : à l'aumônier des prisons de Tulle : 
100 livres ; — au sieur de Beaumenil , correspondant de 
l'Académie des belles-lettres : 1,000 livres ; — pépinière de 
la Généralité, gages du jardinier : 400 livres. 

C. 265. (Liasse.) — 283 pièces, papier. 

1785-1787. — Fonds libres de capitation. — Pièces de 
dépense. — Destruction des loups. — Remboursements 
aux subdélégués des primes payées par eux pour la des- 
truction des loups : un loup, 12 livres ; une louve, 15 livres ; 



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SÉRIE G. — INTENDANCE DE LIMOGES.. 

un louveteau, 3 livres ; une louve pleine, 18 livres. — États 
par subdélégation des loups, louves et louveteaux tués 
dans rétendue de la Généralité. — Ordonnance de 820 li- 
vres en faveur de M. le comte d*Haussonville , grand- 
louvetier de France. — Total des sommes payées pour 
destruction des loups pendant Vexercice 1785 : 3,315 livres 
3 sols. — Total en 1787 : 3,274 livres. 



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C. 266. (Liasse.) — 216 pièces, papier. 

4789-1797» — Fonds libres de capitation. — Pièces de 
dépense. — Destruction des loups , exercices 1788 et 1789. 
— Ordonnances pour paiement de primes : états par sub- 
délégation des loups tués. — Total des sommes ordon- 
nancées en 1788 : 2,521 livres ; en 1789 : 2,727 livres. 



C. 267. (LUsse.) - 126 



papier. 



1789-1797. — Fonds libres de capitation. — Pièces de 
dépense. — Secours aux familles pauvres et nombreuses. 

— Lettres du ministère annonçant que les secours de- 
mandés ont été accordés. — Ordonnances de Tintendant. 
^ Lettre autographe de Mm» la baronne de Beaupoil 
Sainte- Aulaire , revêtue de son cachet. — Les secours 
accordés sont généralement de 100, 150 ou 200 livres, 
rarement de 300. 

C. 268. (Liasse.) — 105 pièces, papier. 

1776-1787. — Fonds libres de capitation. — Pièces de 
dépense. — Secours aux familles pauvres et nombreuses. 

— Demandes rejetées ; — instruction des demandes 
formées par MM. Fondanèche, habitant de Saint-Léger-la- 
Montagne ; Brumaud de Mongazon , maire de RufTec ; 
veuve Graterolle, possédant une papeterie à Saint-Junien ; 
Lallô , habitant de Champagnac-la-Noaille ; Lagarde , com- 
missaire de police , à Tulle ; Salviat , contrôleur des actes, 
à Neuvic ; les religieuses de TUnion chrétienne de Bellac ; 
de la Brue de Saint-Bazile ; Rogues, négociant, à Brives ; 
Plazanet, notaire, à Peyrelevade; Pinot de Lauberie de 
Saint-Junien; la baronne d'Anteroche; Anne Pradeau, 
femme d'Antoine Vivien, ancien brigadier de la maré- 
chaussée à la résidence de la Rochefoucaud ; de Saunières, 
commissaire des tailles et de la milice ; de Jousselin ; le 
marquis de Cosnac, près Brives; Esclavard, bourgeois, à 
Treignac; Chantaize, clerc, habitant de Vitrac; Juge, 
conseiller au Présidial ; Chevalier de Remondias, etc. 

C. 269. (Liasse.) — 116 pièces, papier. 

1780-1787. — Fonds libres de capitation. — Pièces de 
dépense. ^ Secours aux familles pauvres et nombreuses. 



— Demandes rejetées ; — instruction de ces demandes 
formées par MM. le baron de Tournon ; Fougeras, labou- 
reur de la paroisse de Saint-Mary ; la marquise de Montai- 
gnac; de la Chèze, avocat, à Saint-Léonard ; sœurs de la 
Charité de Bénevent ; la veuve du sieur de Beaujour ; 
de David de Lastours; Guiot de Varenne, négociant, à 
Limoges. — Incendie d*une verrerie; — lettre de la 
duchesse de Civrac à Tappui de cette demande ; — lettre 
du sieur Grandchamp, président de TÉlection de Tulle, 
réclamant des secours en faveur du sieur Divet, chirur- 
gien , pour aller à Paris terminer ses études ; — Jeammet 
Terracol, habitant de Pradines ; Lacombe, habitant de 
Montbron ; Reyjal de la Tour, habitant de Turenne ; Chirac, 
imprimeur, à Tulle. 

C. 270. (Liasse.) — 79 pièces, papier. 

1786-1789. — Fonds libres de capitation. — Pièces de 
dépense. — Frais d'impression. — États des impressions 
faites par le sieur Barbou, imprimeur à Limoges, pendant 
les années 1787 et 1788. — Honoraires des architectes 
chargés de constater les réparations à faire aux églises et 
presbytères ; — états de paiements. — Cours d'accouche- 
ment. — Pièces justificatives de la comptabilité des cours 
d'accouchement établis dans les Élections de Limoges 
Bourganeuf, Brives et Tulle. — Compte général des cours 
d'accouchement établis dans les cinq Élections de la 
Généralité, pendant les années 1787, 1788 et 1789. 

C. 271. (Liasse.) — 304 pièces, papier. 

1784-1785. — Dépenses variables. — Frais de milice. — 
Troupes provinciales (1784). — États par paroisse des 
garçons qui , ne s'étant pas présentés pour tirer au sort, 
suivant le procès-verbal dressé par le commissaire pour 
la levée des soldats provinciaux , ont été déclarés fuyards 
et comme tels réputés soldats de droit. — Procès-verbaux 
de perquisition et de capture des fuyards dressés et signés 
par les cavaliers de la maréchaussée, contre-signes par le 
subdélégué. — Certificats délivrés aux cavaliers de la 
maréchaussée ; — quelques lettres de subdélégués. 

C. 272. (Liasse.) — 203 pièces, papier. 

1786-1788. — Dépenses variables. — Frais de milice. 

— Capture des fuyards. — Procès-verbaux de perquisition 
et de capture des fuyards, dressés et signés par les 
cavaliers de la maréchaussée, de 1786 à 1788. 



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ARCHIVES DE LA HAUTE- VIENNE. 



C. 273. (Liasse.) — 116 pièces, papier, dont 38 imprimées. 

1763-1775. — Domaines. — Remboursement des dettes, 
de rÉtat. — Titres nouvels. — Édits, arrêts et instructions. 

— Déclaration relative au cadastre , à la liquidation et au 
remboursement des dettes de TÉtat, 21 novembre 1763; 
autre de décembre 1764. — Établissement d'une Commis- 
sion pour Texécution de la déclaration précédente. — 
Délais accordés aux créanciers pour la représentation de 
leurs titres. — Liquidation des rentes ayant appartenu aux 
réformés et nouveaux convertis sortis du royaume (1766). 

— Règlement pour la comptabilité de la Caisse générale des 
amortissements (1767). — Conversion de divers effets au 
porteur (1787). — Instruction sur la représentation des 
litres. — Délai définitif pour Vachèvement des opérations 
ordonnées par l'édit de décembre 1764. — Suppression de 
la Caisse des amortissements (1775). 

C. 274. (Registre.) — In-folio, papier, 115 feuillets. 

1767-1772. — Domaines. — Remboursement des dettes 
de rÉtat. — Titres nouvels. — Registre tenu à ITntendance 
en exécution de Tarrêt du Conseil du 30 octobre 1767, sur 
lequel sont inscrites les remises de titres faites par les 
subdélégués au nom des particuliers pour le rembourse- 
ment de leurs créances sur TÉtat (1767-1772). — Enregis- 
trement des titres de propriété des parties prenantes aux 
États du Roi. 

C. 275. (Liasse.) — 1 pièce, parchemin ; 79 pièces, papier. 

1766-1787. — Domaines. — Remboursement des dettes 
de l'État. — Titres nouvels. — Bordereaux de différentes 
pièces et titres envoyés à M. d'Ormesson par llntendant 
de Limoges. — Certificats de dépôt de pièces à l'inten- 
dance délivrés à divers subdélégués de la Généralité de 
Limoges. — Correspondance entre M. d'Ormesson , l'inten- 
dant de Limoges , ses subdélégués et divers particuliers, 
relativement aux titres nouvels. — Rentes sur les tailles 
de l'Élection d'Angoulôme , appartenant au sieur Mesnard 
de la Mongerie. — Rentes du sieur Bernard, négociant, 
rue du faubourg Saint -Jacques, à Paris. — Rente de 
30 livres 12 sols 6 deniers due à la communauté des habi- 
tants d'Allassac, au capital de 1,531 livres 8 sols 8 deniers 
provenant de la réunion à ladite communauté de l'office 
de greffier des rôles de la communauté d'Allassac. 



C. 276. (Liasse.) — 30 pièces, papier. 

1769. — Domaines. — Dépôts d'archives de la Généralité 
de Limoges (1). — Lettre signée Bertin, du 4 mars 1769, 
adressée ^ Turgot, intendant à Limoges, lui demandant 
une liste très-exacte des différents dépôts d'archives de 
sa Généralité , afin de faciliter la réunion dans un dépôt 
général de toutes les richesses diplomatiques qui peuvent 
servir de preuves à notre histoire et perfectionner notre 
droit public, a Ce dépôt devait contenir : 1» des inventaires 
de toutes les chartes renfermées dans les différentes 
Archives dont le Roi est propriétaire, et qui sont confiées 
à la garde de ses officiers ou d'officiers publics , tels que 
ceux des hôtels de ville ; 2^ des copies figurées de tous les 
titres antérieurs au xv^ siècle qui se trouvent dans les 
chartriers des églises, des monastères et des seigneurs 
particuliers. » — États des dépôts publics ou particuliers 
de titres existant dans les subdélégations de : Château- 
ponsac , Limoges , Bellac , Laval - Magnac , le Dorât , 
Eymoutiers, Saint-Yrieix, Lubersac, Treignac, Bord, 
Egletons, Meymac, Ussel, Neuvic, Bourganeuf, la Souter- 
raine, Angoulême, la Rochefoucaud , Blanzac, Ruffec, la 
Vallette , Aubeterre et Montmoreau. — Lettres d'envoi de 
ces états par les subdélégués. La lettre de M. Bnm con- 
tient quelques détails sur la manière dont les Archives 
sont conservées dans la subdélégation d'Angoulôme. — 
Minutes de lettres d'envoi de ces états à M. Bertin ; sur 
l^une d'elles, note de la main de Turgot, ordonnant de 
conserver un double des états à l'Intendance. 

C. 277. (Liasse.) — 1 pièce , parchemin ; 30 pièces, papier, 
dont 12 imprimées. 

1705-1786. — Domaines. — Contrôle et droits y joints. 
— Édits et arrêts. — Arrêt du Conseil du 28 septembre 1751, 
qui attribue aux intendants la connaissance des contes- 
tations sur la perception des droits de contrôle. — État de 
services de Philippe le Besgue d'Andreuille, lieutenant 
réformé à la suite du régiment de Lyonnais et commandant 
une compagnie au bataillon de milice d'Angoulôme : il 
demande la croix de Saint-Louis. — Lettre de M. de 
Silhouette, du 25 mai 1759. — Lettre de l'abbé Terray, da 
13 mars 1772, et arrêt du Conseil, du 16 février 1772, inter- 
prétant celui du 2 mars 1723, au sujet des droits de contrôle 
des actes de résignation , nomination ou démission d'offt- 



(1) âtatf pnbUéB par M. Ardant, dans le Balletln de la Soolétô Arcbéologlqa* 
du Limoiuln. Fragmenté historiques : feufUets relatV^ aux Archive» de hê 
Générdlité dé Limoge», T. Y, p. tV^ 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE LIMOGES. 



47 



ciers. — Arrêt du Conseil portant ouverture du centième 
denier dû par les officiers de justice, police, finances et 
autres, pour Tannée 1770 et les suivantes, 6 juillet 1772. 
-^ Arrêt du Conseil, du 28 février 1772, ordonnant 
que les registres de recette des droits de tarif et d'oc- 
troi des villes et communautés seront tenus sur papier 
timbré et que les quittances des mômes droits, lors- 
qu'elles seront de 5 sous et au-dessus, seront données 
en papier de formule. — Correspondance entre Turgot, ses 
subdélégués, de Boisbedeuil, à Angoulème, et Marentin , à 
la Rochefoucaud , et Touzet, contrôleur ambulant des 
domaines , à Limoges , au sujet de cet arrêt. — Arrêt au 
sujet des droits de gourmetage qui se lèvent dans TÉlection 
de Bar-sur-Seine, 7 juillet 1774. — Arrêt au sujet des droits 
d'octrois, droits « de réal, d'impariage et doublement 
d*impariage », don gratuit et droits réservés de la province 
de Roussillon , 21 mai 1774. — Arrêt au sujet des droits 
perçus par les gardes et maîtres de la communauté des 
drapier s-sergiers de Beauvais pour la marque des étoffes , 
29 mai 1774. — Arrêt qui suspend la perception des droits 
d'octrois des villes sur les grains, farine et pain, 3 juin 
1775 ; — correspondance à ce sujet. — Lettre de M. de la 
Boullaye. 

C. 278. (Liasse.) — 1 pièce, parchemin; 89 pièces, papier, 
dont 12 imprimées. 

1604-1790. ~ Domaines. — Contentieux. — Demande 
par l'administrateur général des domaines contre le sieur 
Etienne Brun , sieur du Petit-Vouillac , d'une somme de 
303 livres 7 sols 9 deniers, pour les droits réservés de 
contrôle des criées et de Tadjudicalion des biens de Jean 
Diirandeau et Françoise Gignac, sa femme, saisis, réelle- 
ment vendus et adjugés à Simon Cochet et autres, par 
sentence de la Sénéchaussée d'Angoulême du 21 mars 1760 ; 
— pièces relatives à cette affaire. — Décharge des droits 
de centième denier dus par M. le comte de Lambertye , à 
cause des immeubles à lui échus par le décès de messire 
Joseph de Lambertye, son frère, mort en Amérique : 
lettre du comte de Lambertye et autres pièces (1785). — 
Contestation entre le sieur de la Valette et le sieur Durand 
de Richemond , au sujet de la concession faite à ce dernier 
d'une portion de terrain joignant la place des Arènes, à 
Limoges (1789). — Domaines et droits domaniaux de la 
ville de Limoges. — Procès entre le sieur Guitard, fermier 
desdits droits, contre le sieur Limousin , son associé, et le 
sieur la Montagne, receveur desdits droits au bureau des 
Carmes (1774-1790). — Bail d'une partie des fermes géné- 
rales au profit du sieur Jean-François Kalandrin , arrêt du 
Conseil, signé : de Breteuil, 7 décembre 1790. -—Autres 
procès entre le sieur Guitard, fermier des droits domaniaux 



appartenant au Roi , à cause de sa vicomte de Limoges et 
divers particulier^. — La veuve du sieur Pierre Hébrard, 
sous-fermier des droits domaniaux, demande que les parti- 
culiers qui ont vendu du foin au régiment de Navarre, 
soient contraints de lui payer le droit de pesage. — 
Droits sur les poissons fixés par le tarif du 12 mai 1669. — 
Ordonnances et affiches à l'adjudication des droits doma- 
niaux de la ville de Limoges, comprenant les droits de 
« hallage », de pesage h la romaine, de mesurage de 
bouchons. Charges de l'adjudication, etc. 

C. 279. (Liasse.) — 131 pièces, papier. 

1743-1786. — Domaines. — Contentieux. — Demande 
formée par le fermier des domaines en paiement de diffé- 
rentes sommes pour supplément de droits de contrôle et 
centième denier contre le sieur Patilhaud , laboureur de 
la paroisse de Bonnac : pièces relatives à ce procès (1751- 
1760). — Requête présentée par le sieur Vacherie, arpen- 
teur, à l'occasion d'une demande formée contre lui par le 
fermier du domaine, faute d'avoir fait contrôler ses 
arpentements (1764). — Requête de François Boireau, 
chevalier, seigneur de la Tour et de la Borderie, par 
laquelle il prie l'intendant d'ordonnçr au contrôleur des 
actes de Bellac de surseoir à toutes poursuites pour le 
contrôle du testament de M. de Lavaud, son père (1768). — 
Demande en restitution de droit de contrôle formée par le 
sieur Mailhard des Chapelles, bourgeois de Limoges (1762- 
1770). — Autre demande en restitution formée par le sieur 
Boureau de la Quaire et demoiselle Fontréaux (1767-1770). 
•— Autres décisions rendues par l'intendant sur les droits 
de contrôle et insinuation. — Demande de réforme d'une 
ordonnance de l'intendant , qui juge que la cession faite 
par le comte de Lastours à demoiselle de Lastours de 
ses droits dans la terre de Ladouze doit être réputée pure 
et simple. — Lettres de Turgot, au sujet de la perception 
des droits de franc-fief (1774), aux sieurs le Seur et Cam- 
bessède. — Mémoires de Julien Alaterre, adjudicataire des 
fermes unies, à l'appui de demandes en réforme d'ordon- 
nances de l'intendant. — Minutes d'ordonnances rendues 
par Turgot, relatives au visa des contraintes. — Requêtes, 
lettres , mémoires et ordonnances relatives à des contes- 
tations survenues à propos de la perception des octrois 
et revenus patrimoniaux des villes de : Tulle , Brives , 
Ussel, etc. — Jugement rendu le 8 septembre 1778 entre 
le sieur Beraud, greffier en chef de la juridiction consulaire 
de Limoges, et le régisseur des droits de greflè ; — pièces 
produites au procès. 



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48 



ARCHIVES DE LA HAUTE- VIENNE. 



C. 280. (Liasse.) — 2 pièces, parchemin; 52 pièces, papier, 
dont 1 cahier et 1 imprimée. 

1704-1776. — Domaines. — Contentieux. — Droits de 
contrôle, franc-fief et œntième dernier. — Extrait de l'arrêt 
du Conseil pour le recouvrement des droits d'amortisse- 
ments et de francs-fiefs en faveur de Rogier des Essarts , 
lieutenant général de Limoges. — Arrêt du Conseil qui 
ordonne le recouvrement des francs-ftefs dus par les 
roturiers possédant fiefs et autres biens nobles dont les 
privilèges et exemptions ont été supprimés par les édits 
des mois de juin et août 1715 : 11 janvier 1716. — Registre 
pour la perception du droit de centième denier, bureau de 
Neuvic (1720). — Quittance du centième denier de son 
office en faveur de J.-B. Duchâteau, huissier à verges du 
Chàtelet de Paris, à la résidence de Dessines (1774-1775). — 
Option demandée au sieur Baignol, notaire à Limoges, entre 
l'office de notaire et la commission de commis au contrôle 
(1773). — Même option au sieur Fautoulier, notaire à 
Eymou tiers, sur la plainte de ses collègues à M. le chan- 
celier (1773). — Plainte portée par M. Marentin, subdélégué 
à la Rochefoucaud , contre le fils de feu M® Coussin, notaire 
à Coulgens (1774). — Demande en restitution formée par 
le sieur Jean Guillaume de Fontmartin , lieutenant au 
bataillon de milice de Limousin, actuellement à Nîmes 
(1758), bureau d'Ussel. — Requêtes de André de Bonneval, 
de Tabbesse de Saint-Ausonne d'Angoulême. 

C. 281. (Liasse.) — 121 pièces, papier. 

1717-1780. — Domaines. — Droits d'amortissement. — 
Certificats des rentes dues aux paroisses et communautés 
(1779). — Constitution de dot de Françoise-Augustine Delgo, 
religieuse de la Visitation-Sainte-Marie de Tulle (1779). — 
Quittance délivrée par dom Hugues Durand , syndic de la 
chartreuse de Glandiers (1750). — Pièces diverses : con- 
trats, quittances, actes de notoriété relatifs à la paroisse 
de Saint-Angel ; — vente d'un pacage appelé Larrial de 
Caux et autres brandes, par le sieur Jacques du Boucheron, 
écuyer, seigneur de Saint-Hippolyte. — Constitution de dot 
de Gabrielle de Fontmartin, fille de Jean de Fontmartin, 
seigneur de Lespinasse , lors de son entrée en religion au 
couvent des Ursulines d'Ussel (1737). — Bail à ferme du 
fief et seigneurie de la Rochette, paroisse dudit lieu, 
en Angoumois, par dame Madeleine Cherade de Mont- 
bron (1773). — Affaires Barraud des Granges ; — de Bord, 
sieur des Vignes; — Landreau. — Contrat de mariage 
de Jean Landreau, habitant de Rouffiac, et de Marie 
JuUien (1717). 



C. 282. (Liasse.) — 15 cahiers in-folio, papier. 

1781-1788. — Domaines. — États détaillés des sommes 
payées pour droits d'amortissements , francs-fiefs et nou- 
veaux acquêts dans chacun des bureaux de la Généralité 
de Limoges pendant les années 1781 à 1788. 

C. 283. (Registre.) — In-folio, papier, 66 feuillets. 

1785-1790. — Domaines. — Droits de contrôle , francs- 
fiefs, etc. — Contentieux. — Enregistrement des réclama- 
tions formées par les particuliers contre les droits perçus 
sur eux par l'administration des domaines pour droits de 
contrôle, amortissement, francs-fiefs et nouveaux acquêts 
(1785-1790) , avec l'indication de la suite donnée à chaque 
afi'aire. 

C. 284. (Liasse.) — 54 pièces, papier, dont 5 imprimées. 

1693-1738. — Domaines. — Droits de confirmation. 
(Joyeux avènement.) — Arrêts du Conseil, projets d'ordon- 
nances et mémoires. — Déclaration du 27 septembre 1723 
pour le paiement du droit de confirmation dû à l'occasion 
de l'avènement du Roi à la couronne. — Arrêt du Conseil 
du 30 septembre sur cette déclaration. — Mémoire instructif 
au sujet du droit de confirmation (1727). — Arrêt du Conseil 
qui ordonne que le sieur Hennant rendra compte des 
remises accordées pour les frais de recouvrement du droit 
de confirmation et de la vente des maîtrises, 17 janvier 
1730. — Arrêt du Conseil portant que tous ceux qui jouis- 
sent de la noblesse , en conséquence de lettres obtenues 
depuis 1G43 jusqu'au 1er septembre 1715, seront tenus de 
payer la somme de 2,000 livres et 2 sols pour livre, pour 
le droit de confirmation , faute de quoi ils seront déchus 
de la noblesse et des privilèges y attachés , 2 mai 1730. — 
État de MM. les maires de la ville d'Angoulême , depuis 
l'année 1643 jusqu'à l'année 1724, soumis au droit de con- 
firmation, par suite de la noblesse acquise par eux dans 
l'exercice de leurs fonctions (1730). — Requête signée des 
habitants de la ville de Saint-Junien , demandant à être 
dégrevés du droit de confirmation auquel ils ont été taxés 
pour leurs fossés et remparts, parce que ces fossés et 
remparts ne sont pas du domaine du Roi , mais du domaine 
de l'évêché de Limoges (1736). — États des corps de 
marchands et artisans de la Généralité de Limoges soumis 
au droit de confirmation (1728). — Pièces relatives à un 
droit de confirmation demandé par un édit du mois d'avril 
1713 aux propriétaires des îles et îlots et autres biens et 
droits sur les rivières navigables et à ceux des places qui 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE LIMOGES. 



49 



ont servi aux fossés , remparts et fortifications des villes : 
copie de l'ordonnance du 15 décembre 1693. — État des 
offices municipaux créés et rétablis par ordonnance du 
mois de novembre 1733 dans les villes de la Généralité de 
Limoges. — Correspondance entre les contrôleurs géné- 
raux des finances, les intendants de Limoges, leurs subdé- 
légués et les receveurs au sujet de la perception des 
droits de confirmation. 

C. 285. (Liasse.) — 45 pièces, papier. 

1726-1737. — Domaines. — Droits de confirmation. — 
Rôles. — État général de tous les rôles arrêtés au Conseil, 
de 1725 à 1734, pour les taxes du droit de confirmation. 
— Extraits desdits rôles en ce qui concerne la Généralité 
de Limoges , rendus exécutoires par Ch. Boucher, cheva- 
lier, seigneur d^Orsay, intendant de ladite Généralité : 
lo octrois de Limoges, Bellac, le Dorai, la Souterraine, 
Magnac, Saint-Léonard, Saint-Junien, Tulle, Bort, Egletons, 
Treignac, Ussel, Brives, Angoulôme, Confolens ; — 2© offices 
de receveurs des tailles , offices du Bureau des finances 
de Limoges , du Présidial , de la police , de la prévôté , 
des Élections de Limoges et d'Angoulême, de la Maîtrise 
des eaux-et-forèts d* Angoulôme , offices de la Monnaie de 
Limoges , offices de notaires royaux et généralement tous 
offices de judicature, police et finance de quelque nature 
qu'ils soient; — 3» rôles des propriétaires de forges et 
fourneaux , de domaines engagés , droits sur les foires et 
marchés , îles et îlots, fossés et remparts ; — ¥ rôles des 
marchands ; — 5» rôles des communautés d'arts et métiers 
en jurande ; — 6» cabareliers et hôteliers ; — 7« rôles des 
anoblis. 

C. 286. (Liasse.) — 25 pièces, papier. 

1727-1734. — Domaines. — Droits de confirmation. — 
Comptes. — Compte rendu par-devant Tintendant de 
Limoges, par Etienne Delépine, directeur général du droit 
de confirmation dans la Généralité de Limoges, de la 
recette et dépense par lui faite , depuis l'établissement de 
la régie de Jean Grillau , jusqu'au 18 juin 1727. — Compte 
du sieur Liron, directeur et receveur du droit de confirma- 
tion et ventes des maîtrises, depuis le 7 juin 1727 jusqu'en 
1732. — Pièces justificatives desdits comptes. — Autres 
comptes rendus par les receveurs de Tulle et de Brives. 
— État des parties qui restent dues par les nobles de la 
Généralité de Limoges pour droit de confirmation, avec 
notes individuelles sur les anoblis qui figurent sur cet 
état. 



Haute-Vienne. — Série C. 



C. 287. (Liasse.) — 9 pièces, papier. 

1788. — Domaines. — Droits réservés. — Assiette et 
répartition faite, en 1787, par M. Meulan d'Ablois, de la 
somme de 21,361 livres, conjointement avec la capitation 
sur tous les contribuables aux tailles des villes et paroisses 
de rÉlection de Limoges, tant en principal et 10 sous pour 
livre que 8 deniers pour livre de taxations, pour tenir lieu 
de don gratuit réservé au profit de Sa Majesté, par redit 
d'avril 1768, Tédit d'août 1781 et l'arrêt du Conseil du 
14 août 1782.— Rôles de 1788, des droits réservés de 
l'Élection de Limoges : sur les gentilshommes ; — sur les 
ecclésiastiques ; — sur les privilégiés ; — sur les officiers 
du siège royal de Bellac ; — sur les officiers du siège 
royal du Dorât ; — du siège royal de Saint- Yrieix ; — sur 
les officiers et cavaliers de la maréchaussée ; — sur les 
employés des fermes. — Compte des droits réservés de 
1788 rendu à l'intendant par M. Touzac, receveur parti- 
culier des finances de l'Élection de Limoges. 

C. 288. (Liasse.) — 101 pièces, papier, dont 5 imprimées. 

1739-1780. — Domaines. — Droits sur les papiers et 
cartons. — Arrêt du Conseil portant règlement pour les 
différentes séries de papier qui se fabriquent dans lo 
royaume, 27 janvier 1739. — Ordonnances des intendants 
de Languedoc, Bordeaux et Limoges, au sujet des nouveaux 
droits établis sur les papiers et cartons , par la déclaration 
du l»' mars 1771. — Copies des représentations faites au 
Conseil par les fabricants de papier des villes de Limoges 
et Saint-Léonard. — Ordonnances de Turgot, intendant, 
en faveur de différents fabricants de papier contre la régie. 
— Rapport autographe de Turgot, du 28 novembre 1773, 
au contrôleur général, contenant les motifs de ces 
différentes ordonnances : très-dèveloppè , contenant des 
détails intéressants et l'exposé du système économique 
de Turgot. — Affaires contentieuses entre la régie et les 
fabricants de papier et autres; — affaire Chirac, impri- 
meur-libraire , à Tulle ; — Jacques Vergne , marchand de 
la ville de Tulle ; — Léonard de. la Veyrine , fabricant de 
papier, au moulin d'Oradour-sur-Glane. 

C. 289. (Liasse.) — 154 pièces, papier. 

1778. — Affaires militaires. — Troupes provinciales. — 
Listes des garçons et hommes veufs sans enfants, de 
dix-huit à quarante ans. — Listes des hommes reconnus 
propres au service. — Listes des hommes exemptés. — 
Certificats d'infirmités, etc. — Procès-verbaux de tirage 

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50 



ARCHIVES DE LA HAUTE-VIENNE. 



au sort pour la levée des soldats dans les paroisses 
comprises dans les subdélégations de Treignac, Bort et 
Neuvic, en 1778. 

C. 290. (Liasse.) — 119 pièces, papier. 

1779. — Affaires militaires. — Troupes provinciales. — 
Listes de recensement. — Listes de contingent et procès- 
verbaux de tirage au sort pour les paroisses composant 
la subdélégation d'Angoulême. 

C. 291. (Liasse.) — 2 pièces, parchemin; 39 pièces, papier, 
dont 4 imprimées. 

1626-1789. — Affaires militaires. — Ordonnance de 
rÉlection du Haut-Limousin portant imposition d'une 
somme de 30 livres sur la ville de Saint-Junien, pour frais 
de milice (1626). — Copie de la lettre écrite par le Conseil 
de guerre à M. de Lesseville , intendant de la Généralité 
de Limoges , le 3 juillet 1716, au sujet du logement des 
gens de guerre. — Règlement pour Tordre et la discipline 
des troupes, tant en route qu'en garnison (1716). — Ordre 
donné par M. de Breteuil, intendant à Limoges, aux deux 
compagnies de cavalerie du régiment de Noailles en 
quartier à Brives , de se rendre à Uzerche , 30 mai 1722. 
— Ordonnance pour la levée de soixante mille hommes 
de milice (1726). — Règlement d*un régiment de cavalerie 
donné par M. de Lembert aux régiments de son inspec- 
tion. — Lettre du duc de Choiseul au chevalier de Brie , 
aide-major au régiment d'Artois (1764). — District général 
des brigades de la compagnie de maréchaussée du dépar- 
tement du Limousin , indiquant les localités desservies 
par chacune de ces brigades. — Commissions de briga- 
dier de maréchaussée pour les nommés Michel Limousin, 
à Eymoutiers (1779); Nicolas Huchot, à Châlus, 30 sep- 
tembre 1783; de cavalier à la résidence de Lubersac, 
pour le nommé Pierre Garaud (1789). — Recrutement du 
régiment de Rouergue (infanterie), en garnison à Saint- 
Brieuc : affiche placardée à Limoges par le chevalier 
Desmarais, officier audit régiment. 

C. 292. (Liasse.) — 112 pièces, papier. 

1770-1793. — Affaires militaires- — Maréchaussée. — 
Frais de casernement. — Arrêt qui ordonne Timposilion, 
en l'année 1780, sur tous les habitants taillables des villes, 
bourgs et paroisses de l'Élection de Limoges, de la somme 
de 3,636 livres pour loyers des maisons, ameublements 
des casernes et autres objets, 7 septembre 1779. — Baux 
à loyer de diverses maisons pour le logement des brigades 



de maréchaussée établies à Pierre-Buffière , à Saint-Junien 
et à Saint-Léonard. — A Pierre-Buffière : maison apparte- 
nant au sieur Léonard Dupuytren (1771) ; en 1781, maison 
dite du Juge, appartenant au marquis de Mirabeau; — à 
Saint-Junien : maison située au faubourg, du Pont-Levis, 
sur la grande route de Limoges à Angoulôme , paroisse de 
N.-D. du Moutier, appartenant au sieur Chaumont (1782) ; 
— à Saint-Léonard : maison appartenant au sieur Fray- 
Fournier, chirurgien, située rue des Trois - Pommes , 
paroisse de Saint- Etienne (1770). — Correspondance entre 
l'intendant, ses subdélégués, les officiers et les briga- 
diers de maréchaussée au sujet de la location de ces 
maisons et des réparations à faire. 

C. 293. (Liasse.) — 9 pièces, papier, dont 6 imprimées. 

1720-1786. — Ponts-et-chaussées. — Législation géné- 
rale. — Arrêt du Conseil d*État qui ordonne Télargissement 
des grands chemins , lesquels seront plantés d'arbres. — 
Arrêt du Conseil, du 7 septembre 1755, relatif à Textrac- 
tion des matériaux pour les routes. — Arrêt du Conseil 
d'État du 29 mars 1754, ordonnant qu'il ne pourra être 
donné, en aucun cas, des alignements, soit dans les 
traverses des villes, bourgs et villages, soit en pleine 
campagne, que par les trésoriers de France, commis- 
saires de S. M. pour les ponts-et-chaussées de chaque 
Généralité, 27 février 1765. — Arrêt du Conseil d'État 
qui réduit à quarante-deux pieds la largeur des routes 
principales et prescrit des règles pour fixer la largeur 
des routes moins importantes, 6 février 1776. — Décla- 
ration du Roi qui rétablit , par provision , l'ancien usage 
observé pour les réparations des grands chemins , 11 août 
1776 (rétablissement des corvées ; c'est l'annulation du 
fameux édit de Turgot). — Arrêt du Conseil concernant 
les nouvelles routes de communication et les formalités 
qui devront à l'avenir précéder la confection des routes, 
20 avril 1783. — - Arrêt du Conseil d'État fixant le nombre 
de chevaux , mulets et bœufs qui seront attelés aux voi- 
tures, 20 avril 1783. — Arrêt du Conseil portant nouveau 
règlement sur le roulage , 25 décembre 1783. — Arrêt du 
Conseil qui ordonne l'essai, pendant trois ans, de la con- 
version de la corvée en une prestation en argent , G no- 
vembre 1786. 

C. 294. (Liasse.) — 1 pièce, parchemin; 3 pièces, papier, 
dont 3 imprimées. 

1777-1786. — Ponts-et-chaussées. — Législation locale. 
— Arrêt du Conseil portant homologation des adjudications 
passées pour les travaux des roules , par l'intendant de la 
Rochelle et ses subdélégués, 18 octobre 1777. — Arrêt du 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE LIMOGES. 



51 



Conseil d*État, du 10 septembre 1779, annulant un arrêt du 
Parlement de Bordeaux, du 18 juin précédent, au sujet des 
corvées de la communauté de Jarnac (Charente), 12 juin 
1780. — Arrêt du Conseil qui déclare nulle une assignation 
donnée au Châtelet de Paris, par Charles Parenteau, huis- 
sier audit Châtelet, résidant en la ville de Fontenai , sur le 
fait des corvées , et fait défenses à toutes personnes de se 
pourvoir sur pareille matière, par-devant tous autres juges 
que par-devant Tintendant, 20 octobre 1780; au bas de 
cet arrêt, ordonnance exécutoire de l'intendant de Poitiers, 
Paul-Esprit-Marie de la Bourdehaye, comte de Blossac. — 
Autre arrêt sur le môme sujet, avec ordonnance exécutoire 
de rintendant de la Rochelle, M. Meulan d'Ablois, 20 fé- 
vrier 1781. — Arrêt du Conseil concernant les matériaux à 
prendre dans tous les endroits non clos, même dans les 
bois du Roi et des communautés ecclésiastiques et laïques, 
des seigneurs et particuliers, pour les ouvrages entrepris 
par les ateliers de charité dans la Généralité de Paris, en 
se conformant à ce qui est prescrit par l'arrêt du Conseil 
du 7 septembre 1755, 11 mai 1786. 

C. 295. (Liasse.) — 6 pièces, papier. 

1776-1789. — Ponts-et-chaussées. — Instructions pour 
la construction et l'entretien des routes. — Projet d'in- 
struction générale, proposé à M. de Clugny par feu 
M. Trudaine le fils, en 1776 j sur la forme à observer 
provisoirement pour la construction , réparation et entre- 
tien des routes. — Instruction générale adressée par 
M. de Clugny, contrôleur général, en 1776, aux inten- 
dants. — Instruction au sujet des ouvrages à faire sur 
les grands chemins par corvée (sans date, ni nom d'au- 
teur). — Observations sur la meilleure construction des 
routes et pour la sohdité et pour la facilité de l'entretien. 
— Projet économique pour le plus parfait entretien de 
toutes les routes du royaume. — Tableau imprimé pour 
l'inspection générale des ponts-et-chaussées (en blanc). 

C. 296. (Liasse.) — 8 cahiers in-folio, papier. 

1780-1785. — Ponts-et-chaussées. — Corvées. — Mé- 
moires généraux. — Traité sur l'utilité et la nécessité des 
chemins publics, et les moyens de les exécuter (sans date 
ni nom d'auteur). Ce mémoire est antérieur à 1781. — 
Mémoire et observations sur divers moyens de suppléer 
à la corvée, par M. Georgest, ingénieur, à Saint-Flour, 
15 octobre 1780, et copie de la lettre adressée à M. Georgest 
par M. de làiMillière, après la réception de cet ouvrage, 
iS novembre 1782. M. Georgest fut plus tard employé dans 
la Généralité de Limoges. — Mémoire sur la manière de 



faire les routes et de les entretenir dans le royaume de 
France, par M. Meulan d'Ablois, alors intendant de la 
Rochelle (1781). En marge : « Copie de ce mémoire a été 
remise à M. de la Millière, le 19 juillet 1781 ». — Précis sur 
l'administration des ponts-et-chaussées, par M. Meulan 
d'Ablois, qui, de 1776 à 1790, fut successivement intendant 
des Généralités de la Rochelle, de Montauban, de Limoges. 
— Mémoire sur les corvées, par M. Chaumont de la Millière, 
intendant général des ponts-et-chaussées , mars 1782. — 
Deux mémoires sur les inconvénients qu'il pourrait y avoir 
à étendre à toutes les Généralités déjà soumises à la 
méthode du rachat des corvées la loi projetée pour la 
suppression des corvées. — Mémoire sur la distribution 
des fonds d'ouvrages d'art des ponts-et-chaussées. (Les 
trois derniers mémoires sont sans date, et on ne sait à qui 
les attribuer.) 

• C. 297. (Liasse.) — 1 cahier in-4o, 82 feuillets, papier; 
2 brochures imprimées. 

1785-1786. — Ponts-et-chaussées. — Cor\'ées. — 
Mémoires généraux. — Premier et second mémoire sur les 
corvées et projet d'arrêt (brochure in-8o), (1785). M. Lefèvre 
attribue ces mémoires à M. Chaumont de la Galaissière, 
alors intendant de Strasbourg , et ajoute que ces mémoires 
provoquèrent l'arrêt de novembre 1786. — Réponse au 
Mémoire sur les corvées, brochure anonyme publiée à 
Londres , en 1785. — Examen du « Mémoire sur les 
corvées» : nouvelles idées à ce sujet, et, par occasion, 
fragments historiques sur les chemins, par M. de Pomme- 
reul, lieutenant-colonel d'artillerie (1786) ; — observations 
sur le précédent mémoire et nouvelles idées à ce sujet 
(anonymes, sans date). 

C. 298. (Liasse.) — 3 pièces, papier. 

1779-1784. — Ponts-et-chaussées. — Cor\^ées. — 
Mémoires généraux. — Pièces relatives au conflit qui eut 
lieu entre le Parlement de Bordeaux et M. Duprô de Saint- 
Maur, intendant de la même province, au sujet des 
travaux des routes. — Arrêt du Conseil d'État annulant 
celui du Parlement de Bordeaux , du 2 juillet 1779 sur les 
corvées , 18 juillet 1779. — Mémoire important sur l'admi- 
nistration des corvées dans la Généralité de Guyenne et 
observations sur les remontrances du Parlement de Bor- 
deaux, du 13 mai 1784, par M. Dupré de Saint-Maur, 
intendant de Guyenne (brochure in-4«, 1784. Paris, 
113 pages). — Lettre d'un subdélégué de la Généralité de 
Guyenne à M. le duc de X***, relativement aux corvées, 
signé : a Le Berthon » (brochure in-4o, de 39 pages, 1784). 



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52 



ARCfflVES DE LA HAUTE-VIENNE. 



C. 299, (Liasse.) — 1 cahier in-4«, 28 feuillets, papier. 

1762-1771. — Ponts-et-chaussées. — Construction et 
entretien des routes. — Corvées. — Copie de la correspon- 
dance, entre Turgot et le contrôleur général des finances, 
au sujet du nouveau système introduit en Limousin par 
Turgot, pour la construction et l'entretien des routes et 
le rachat des corvées. — Lettre à M. de Laverdy, contrôleur 
général des finances, sur le rachat des corvées, 30 juillet 
1765, contenant la transcription du plan proposé à 
M. Trudaine, en 1762, pour suppléer aux corvées; — 
apostille mise de la main du contrôleur général sur la 
lettre ci-dessus. — Lettre de M. Trudaine de Montigny, 
sur le rachat des corvées , 20 septembre 1764. — Lettres 
aux curés des paroisses sujettes à la corvée, pour leur 
faire sentir les avantages du nouveau plan et les prier 
d'exhorter leurs paroissiens à délibérer pour se rédimer 
du fardeau de la corvée, 4 octobre 1763. — Modèle de 
délibération. — Répartition de Timposition pour le rachat 
des corvées. — Modèle d'arrêt du Conseil autorisant la 
confection d'un rôle particulier pour les fonds de rachat 
de corvée. — Modèle d'ordonnance de l'intendant, en 
exécution du précédent arrôt. 

C. 300. (Liasse). — 8 pièces, papier, dont 2 imprimées. 

1775-1789. — Ponts-et-chaussées. — Construction et 
entretien des routes dans la Généralité de Limoges. — 
Copie d'un mémoire sur la construction et entretien des 
•chemins faits, en rachat de corvée, dans la Généralité de 
Limoges, depuis 1764, signé Trésaguet, inspecteur général, 
17 septembre 1775, et avis de l'Assemblée des ponts-et- 
chaussées sur ce mémoire (deux copies). — Ordonnance 
de M. d'Aine, intendant à Limoges, qui renouvelle les 
dispositions des arrêts du Conseil, ordonnances et ins- 
tructions de S. M. relatives aux travaux des ponts-et- 
chaussées et chemins qui s'exécutent par ordre du Roi, 
à l'entretien , conservation, plantation desdites routes, aux 
dommages que peuvent éprouver de leur exécution actuelle 
les propriétaires riverains ou autres, 3 novembre 1779 
(imprimé à Limoges, chez Barbou). — Instruction parti- 
culière pour toutes les parties de roules à l'enlretien, faite 
à Limoges, le 8 novembre 1785. — Minute et imprimé. — 
État des pièces qui composaient le dossier général relatif 
à la confection et à l'entretien des routes dans la Géné- 
ralité de Limoges , en 1789. 



C. 301. (Liasse.) — 23 pièces, papier, dont 12 imprimées ; 1 plan. 

1767-1789. — Ponts-et-chaussées. — Construction et 
entretien des routes dans la Généralité de Limoges. — 
Dossier général. — État de comparaison des impositions 
ordinaires avec l'impôt en rachat de corvée. — Instruction 
générale faite par l'intendant , en 1784, sur la confection 
et l'entretien des routes. — Pièces relatives à l'établis- 
sement des cantonniers pour l'entretien journalier des 
routes. — Projet de marché avec les cantonniers. — Modèle 
de la commission à leur donner. — Plans et devis des 
ouvrages à faire pour les constructions destinées au. loge- 
ment des cantonniers dans la Généralité de Limoges. — 
Plan d'une loge de cantonnier approuvé par M. de la 
Minière et construite aux environs de Sens , route de Paris 
à Auxerre. — Plantation des routes. — Arrêt du Conseil 
d'État ordonnant qu'il sera choisi un certain nombre d'en- 
fants trouvés pour cultiver les pépinières à établir dans 
difi'érentes Généralités du royaume, 9 février 1767. — 
Instruction pour la formation et l'entretien des pépinières 
royales. — Plan d'une pépinière bien réglée. — Ordon- 
nance de M. Meulan d'Ablois sur l'élagage des arbres, 
(1785). — Instruction particulière pour l'entretien des 
routes. — Modèle de détail et de soumission pour l'exécu- 
tion des travaux faits sur les fonds de charité. — Modèle 
de certificat à donner par l'ingénieur pour paiement d'a- 
compte sur les fonds de charité. — Projet de devis pour 
les travaux à faire sur les fonds en rachat de corvée. — 
Table par ordre de numéro des routes de la Généralité de 
Limoges. — État général des pièces qui composaient le 
dossier général d'instruction , en 1789. — Instruction 
donnée par M. Meulan d'Ablois, en 1785, pour les construc- 
tions et réparations de presbytères (cette même instruction 
se trouve au dossier des cures et presbytères). 

C. 302. (Liasse.) — 2 cahiers in-folio, papier. 

1787. — Ponts-et-chaussées. — Construction et entretien 
des routes dans la Généralité de Limoges. — État général 
des routes faites, projetées ou à projeter dans la Généralité 
de Limoges. — État des grandes routes et chemins de - 
communication dressé au mois de décembre 1787. Il est 
divisé en trois colonnes , qui contiennent : la première, la 
désignation des routes et leur largeur ; la deuxième, les 
motifs d'utilité de chacune de ces routes ; la troisième , des 
observations sur chacune de ces routes, la longueur de 
leur parcours sur la Généralité, l'état d'avancement des 
travaux , les matériaux dont on s'est servi pour leur con- 
struction , etc. — Désignation des routes et leur largeur ; 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE UMOGES. 



53 



routes de 42 pieds : n» 1 , route de Paris en Espagne , 
par Orléans, Poitiers, Rufïec, Mansles, Angoulôme et 
Barbezieux; — n» 2, route de Paris à Toulouse, par 
Orléans, Châteauroux, Argenton, Morterolles, Limoges, 
Uzerche, Brives et Cahors ; — routes de 36 pieds : n« 3, 
route de Lyon à Bordeaux , par Clermont , Bourganeuf , 
Saint-Léonard, Limoges, Châlus et Périgueux ; — n» 4, 
route de Lyon à Bordeaux , par Clermont , Ussel , Tulle , 
Brives, FArche et Périgueux; — no 5, route de Lyon à 
la Rochelle, par Clermont, Limoges, Angouléme, Hiersac 
et Cognac ; — -n* 6 , route du Languedoc à Nantes, par 
Figeac, Beaulieu, Tulle, Uzerche, Limoges, Saint-Junien, 
le Pont-Sigoulan, Ruffec, Chef-Boutonne et Niort ; — route 
de Limoges à Poitiers, par Bellac, etc., etc. 

C. 303. (Liasse.) — 30 pièces, papier. 

1755-1783. — Ponts-et-chaussées. — Construction et 
entretien des routes. — Route de Paris à Toulouse et 
autres. Devis et détail des travaux à faire, dressés par le 
sieur Trésaguet, ingénieur en chef des ponts-et-chaussées, 
et adjudication desdits travaux : entre le Berry et Limoges ; 

— à la descente du pont de Dessines, du côté de Morterolles ; 

— entre Limoges et le bourg de la Brugère ; — entre le 
pont de la Roussille et celui de Nepoulas ; — entre le Berry 
et Limoges, depuis la sortie du bourg de Bessines, du côté 
de Limoges, jusqu'au bas de la montagne de Mazateau. — 
Devis des ouvrages à faire» partie par corvées, partie à 
prix d'argent, sur la route de Bordeaux, depuis Limoges 
jusqu'au pont de Firbeix , en 1755. — État des ouvrages à 
faire, en 1771, en rachat des corvées. — Devis et adjudi- 
cation de divers travaux sur la route de Limoges à Lyon 
(1763 et 1764). — Projet des ouvrages à faire, en 1776, en 
rachat de corvées. — État des grandes routes faites et à 
faire dans la Généralité au 31 août 1781 ; — au 31 décembre 
1783. 

C. 301. (Liasse.) — 62 pièces, papier, dont 1 plan. 

1780-1788. — Ponts-et-chaussées. — Correspondance 
au sujet de la confection et de Tentretien des routes. — 
Contribution des villes du Dorât et de Bellac pour la route 
du Poitou en Périgord ; — de celle de Bellac à la Souter- 
raine : correspondance à ce sujet. — Plan des chemins aux 
abords de Vigeois, à exécuter sur les fonds de charité, de 
1780 et 1781, approuvé par rintendant. Détail estimatif des 
ouvrages et correspondance. — Mémoire sur le chemin 
de Limoges au gué de Yerthamont. Devis estimatif des 
ouvrages à faire et correspondance. 



C. 305. (Liasse.) — 189 pièces, papier, dont 1 imprimée, 1 plan. 

1766-1790. — Ponts-et-chaussées. — Correspondance 
relative à la confection et à Tentretien des routes. — États 
des cantonniers établis dans la Généralité de Limoges pour 
Tentretien des routes et gratifications à eux accordées. — 
Instruction de M. Meulan d'Ablois, intendant à Limoges, 
du 8 novembre 1785, relative à Tentretien des routes et 
engagements pris par les entrepreneurs de s'y conformer. 

— Ordres donnés à MM. Dumont et de Metz , inspecteurs 
des ponts-et-chaussées, par rintendant, pour surveiller 
l'entretien des routes, confié au sieur François AUuaud , 
entrepreneur : rapports de ces inspecteurs. — Correspon- 
dance au sujet des fonds d'ouvrages d'art de l'année 1790 
et du paiement des travaux exécutés au 31 décembre 1789. 

— Observations relatives à la construction des ponts dans 
le Limousin. — Ordres donnés par l'intendant pour em- 
ployer en chaussées provisoires toute la pierre qui pro- 
viendra de l'ouverture des routes. — Projet d'un nouveau 
pont à Saint-Léonard, sur la Vienne, route de Lyon à 
Bordeaux. — Correspondance et pièces diverses relatives 
aux routes ci-après : route de Felletin à Meymac ; — chemin 
de Turenne à Brives ; — route de Lyon à Bordeaux ; — 
route de Paris à Toulouse (indemnité réclamée par M. le 
marquis Mirabeau , pour le terrain et les pierres prises 
dans l'emplacement de son ancien château de Pierre- 
Buffière) ; — Limoges à Angouléme ; — route de Limoges 
à Poitiers, par Bellac; — traversée de la forêt du Deff^an 
(indemnité réclamée par M. le chevalier Pindray, seigneur 
du Defîan, demeurant à Montmorillon). 

C. 306. (Liasse.) — 271 pièces, papier, dont 1 imprimée. 

1763-1790. — Ponts-et-chaussées. — Correspondance 
et détails courants relatifs à la confection et à l'entretien 
des routes. — Réparations à faire à un mauvais pas sur 
la route de Limoges à Angoulôme , entre Saint-Junien et 
Chabanais. — Procès-verbal d'adjudication avec les devis, 
détail estimatif et procès-verbal de visite du sieur Trésa- 
guet (1764-1765). — Plainte des habitants de Verneuil au 
sujet de dégradations causées à leurs chemins par les 
voitures du sieur Lalande de la Maillartre, aubergiste des 
Quatre-Vents (1786). — Requêtes des officiers municipaux 
de Limoges demandant que les ponts-et-chaussées con- 
tribuent aux réparations des chaussées qui traversent la 
ville. — Correspondance relative à un arrêt du Conseil qui 
ordonne que les rues, chemins et communications des 
villes, bourgs et villages qui ne font pas partie des 
grandes roules cesseront d'être entretenus par les ponts- 



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54 ARCHIVES DE LA HAUTE- VIENNE. 

et-chaussées (1787). — Démolition de la tour Salerl, à 
Saint-Junien (1788), etc., etc. 



C. 307. (Liasse.) — 2 pièces , parchemin ; 2 pièces, papier, 
dont 1 imprimée. 

1732-1764. — Navigation. — Flottage. — Arrêt des 
juges en dernier ressort de la cour de la Table de Marbre 
du palais, à Bordeaux, portant règlement pour le flottage 
sur la rivière de Vézère et autres rivières navigables et 
flottables du ressort, 17 juin 1754. — Arrêt du Conseil 
d'État, du 15 juillet 1732, au sujet des droits de péage, arri- 
vage et placage , prétendus par révoque de Limoges sur 
les bois amenés par la Vienne à Limoges et placés dans 
les grand et petit Naveix ou autres lieux de la ville. — 
Arrêt visant toutes les pièces produites par les parties 
audit procès ; lettre d'attache. — Requête des consuls de 
Limoges h ce sujet. — Requête de J.-B. Bordier etLéonarde 
Pinchaud,' demandant à afi'ermer le droit de pêche sur la 
Vienne , dans retendue de la haute justice appartenant au 
Roi, des deux côtés de ladite rivière , à partir de la Roche- 
Augot jusqu'au-dessous du moulin appelé Beaumoulin, en 
la paroisse de Saint-Gérald. — Arrêts du Conseil relatifs 
au flottage sur la Vienne et le Taurion (3e divfsion). 

C. 308. (Liasse.) — 28 pièces, papier. 

1606-1786. — Navigation. — Flottage. — Ancien projet 
de rendre la Vézère et la Corrèze navigables et flottables. 
— Mémoire de M. Malpeire du Saillant flls, négociant, 
membre de la Société d'Agriculture de la Généralité de 
Limoges, au bureau de Brives, sur les avantages qui 
résulteraient pour le Limousin et principalement pour 
Brives, si la rivière de cette ville était rendue navigable 
jusqu'à la Dordogne (1765); à la suite de ce mémoire, se 
trouvent copiées les lettres - patentes du roi Henri IV, 
portant permission de faire l'ouverture de la Vézère pour la 
rendre navigable jusqu'à la Dordogne (1606). — Mémoire 
présenté par le marquis de Beuvron , sur le flottage de la 
Vézère, depuis Terrasson jusqu'à Uzerche (sans date). — 
Arrêt du Conseil, du 13 octobre 1765, qui commet les 
ingénieurs du Limousin et de Bordeaux, pour'dresser les 
devis des ouvrages à faire sur la Dordogne et la Vézère, 
afin de rendre navigables ces deux rivières. — Observations 
sur le cours des rivières de Corrèze et de Vézère, pour 
faire connaître la possibilité de rendre ces rivières navi- 
gables depuis Brives jusqu'à Limeuil. — Correspondance 
entre Bertin et Turgot à ce sujet (1766-1767). — Reprise 
du projet par M. d'Aine, intendant à Limoges : correspon- 
dance à ce sujet (1776-1777). — Pièces relatives aux travaux 
entrepris pour rendre la Charente navigable (1783-1786). 



C. 309. (Liasse.) — 2 pièces, parchemin; 8 pièces, papier, 
dont 2 imprimées ; 8 brochures imprimées. 

1752-1788. — Navigation. — Canalisation. — Arrêt du 
Conseil relatif au bac du gué de Verthamonl, sur la Vienne, 
possédé par le sieur de la Bastide , 8 septembre 1752. — 
Édit de 1783, permettant aux États de Bourgogne d'ouvrir 
un canal dans le Charolais. — Établissement d'une machine 
nommée levier moteur, pour servir au halage des bateaux, 
inventée par l'abbé de Mandres : correspondance à ce 
sujet. — Difl'érents mémoires imprimés : sur le pont de 
Brienne, à Bordeaux; — sur la navigation intérieure du 
Berry ; — sur le canal construit en Nivernais pour l'appro- 
visionnement de Paris ; — sur la navigation intérieure de 
la Bretagne ; — sur le projet de prolongation du canal du 
Midi. 

C. 310. (Liasse.) — 1 pièce, parchemin; 279 pièces, papier, 
dont 8 imprimées. 

1783. — Contentieux des routes et de la navigation. — 
Arrêts du Conseil, ordonnances des intendants, procès- 
verbaux dressés par les agents des ponts-et-chaussées , 
requêtes de particuliers, etc., etc., relatifs à la police des 
routes. — Règlements pour le roulage. — Arrêts du Con- 
seil fixant le nombre de chevaux qui peuvent être attelés 
aux charrettes , 7 avril 1771. — Ordonnance de l'intendant, 
portant nomination de commis préposés à la surveillance 
des voitubiers (1783). — Dossier relatif à la démolition 
d'une partie des murs de la ville de Saint-Léonard qui 
menaçait ruine (1769). — Arrêt du Conseil ordonnant que , 
provisoirement, les commissaires -trésoriers de France 
rempliront, comme commissaires du Conseil , les fonctions 
qui leur ont été ci-devant attribuées par les arrêts du 
Conseil, 13 juin 1788. — Arrêt du Conseil, du 28 février 1766, 
qui casse une ordonnance du Bureau des finances, et 
ordonne qu'il sera procédé par devant Turgot à l'adjudica- 
tion des ouvrages à faire dans la traversée des villes. — 
Pièces relatives à un procès-verbal dressé par Trésaguet, 
ingénieur en chef des ponts-et-chaussées , à l'occasion de 
la saisie d'un bateau ordonnée par le sieur Malledent, 
chanoine, sous prétexte que, le Chapitre de Saint-Étienne 
étant seigneur d'une partie de la rivière, on ne pouvait 
prendre aucun caillou dans ladite rivière sans une per- 
mission du Chapitre (1773). — Ordonnance portant règle- 
ment sur la police à observer sur les routes par les postil- 
lons de poste, les rouliers, charretiers et autres voituriers , 
4 février 1786. — Lettre du duc de Polignac à ce sujet. 



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SÉRIE C. — INTENDANCE DE LIMOGES. 



55 



C. 311. (Liasse.) — 42 pièces, papier, dont 2 imprimées. 

1765-1783. — Ponts-et-chaussées. — Comptabilité. — 
Projets de répartition des fonds destinés chaque année 
aux travaux des ponts-et-chaussées dits « états du Roi ». 
— Règlements généraux. — Édit du Roi portant suppres- 
sion des offices de trésoriers particuliers des ponts-et- 
chaussées dans les provinces , et augmentation de finance 
des offices de trésoriers généraux desdits ponts-et- 
chaussées, mai 1765. — Lettres d*envoi par MM. Trudaine 
et Delaroche. — Déclaration du Roi relative à la compta- 
bilité du trésorier général des ponts-et-chaussées, 19 juin 
1783. — Lettre d'envoi signée de la Minière. — États du 
Roi pour les ouvrages et réparations faites ou à faire aux 
ponts-et-chaussées et états de situation des routes, pen- 
dant Tadministration de Turgot. — Correspondance à ce 
sujet entre Trésaguet, ingénieur en chef des ponts-et- 
chaussées de la Généralité de Limoges; Turgot, intendant; 
Trudaine, contrôleur général. — Exercice 1764 : 56,086 li- 
vres ; — exercice 1765 : 66,953 livres , — exercice 1766 : 
71 ,107 livres ; — exercice 1767 : 60,810 livres ; — exercice 
1768 : 51,318 livres ; — exercice 1769 : 57,366 livres ; — 
exercice 1770 : 51,659 livres. 

C. 312. (Liasse.) — 100 pièces, papier. 

1774-1784. — Ponts-et-chaussées. — Comptabilité. — 
Etats du Roi ou budgets des ponts-et-chaussées et états 
de situation des routes pendant l'administration de 
M. d'Aine, intendant à Limoges : exercices 1774 à 1783. — 
Correspondance à ce sujet entre Tintendant, l'ingénieur 
en chef et le contrôleur général. (M. Cadié succède à 
M. Trésaguet, en qualité d'ingénieur des ponts-et-chaus- 
sées, en 1777.) — Fonds employés aux étals du Roi : 
exercice 1774 : 76,523 livres; — exercice 1775 : 97,143 
livres; — exercice 1776 : 71,558 livres ; — exercice 1777 : 
171,303 livres, dont 100,000 livres données à compte de 
l'adjudication passée à François Raimbeau , le 6 novembre 
1775, pour la somme de 1,171,000 livres pour les travaux à 
faire pour rendre la Charente navigable depuis Civray, en 
Poitou, jusqu'à Cognac, sur quarante lieues de longueur. 
— Exercice 1779 : 161,388 livres; — exercice 1780 : 
185,142 livres ; — exercice 1781 : 130,500 livres ; — exer- 
cice 1782 : 145,700 livres. — Observations adressées à 
M. Cadié sur les projets présentés par cet ingénieur. 
(M. Cadié est très-mal noté dans cette correspondance.) 



C. 313^ (Liasse.) — 84 pièces, papier. 

1784-1790. — Ponts-et-chaussées. — Comptabilité. — - 
États du Roi et états de situation des routes sous l'admi- 
nistration de M. Meulan d'Ablois : correspondance à ce 
sujet entre l'intendant, M. de laMillière, contrôleur général, 
et l'ingénieur en chef des ponts-et-chaussées. ( M. Derguy 
succède, en 1784, à M. Cadié; il est lui-même remplacé, 
en 1786, par M. Dumont.) —- Fonds alloués aux états du 
Roi pour le service des ponts-et-chaussées : exercice 1783 , 
170,011 livres. — Travaux pour la canalisation de la Dor- 
dogne et de la Charente ; — travaux sur la Charente 
adjugés à François Chenaud, le 5 août 1779, moyennant la 
somme de 1,107,780 livres 17 sols 10 deniers ; — exercice 
1785 : 180,000 livres. — Nouveaux ouvrages, construction 
et réparation de différents ponts de la Généralité , suivant 
l'adjudication passée au sieur Alluaud, le 26 mars 1786, 
moyennant la somme de 21,000 livres. — Exercice 1787 : 
199,544 livres ; — exercice 1788 : 164,590 livres. — Lettres 
relatives aux états de situation des routes et observations 
surlesdits états (1784-1730). 

C. 314. (Liasse.) — 97 pièces, papier, dont 1 imprimée. 

1772-1790. — Ponts-et-chaussées. — Comptabilité. — 
Personnel , gratifications , correspondance et affaires 
diverses relatives au personnel. — Correspondance rela- 
tive à l'uniforme donné au corps des ponts-et-chaussées , 
par arrêt du Conseil (1772). — Envoi des Commissions de 
différents employés du corps des ponts-et-chaussées, 
ingénieurs et autres : le sieur Bareis (1772) , le sieur 
Léger , élève. — Avis d'augmentation de traitements : 
les sieurs Denis et de Bresmes, élèves à 80 livres par 
mois. — Brevet d'inspecteur des ponts-et-chaussées pour 
le sieur Dumont, aux appointements de 1,800 livres (1775). 

— Provisions de l'office de trésorier général ancien et 
triennal des ponts-et-chaussées en faveur du sieur François 
Thoynet, après résignation du sieur Jean de Haran de 
Borda (1772). — Correspondance relative à la prise de 
possession de l'office de trésorier particulier des ponts-et- 
chaussées en la Généralité de Limoges, par le sieur Lefort, 
après la mort de son oncle, le sieur Raimbaux (1778-1779). 

— États du travail des inspecteurs et sous-ingénieurs des 
ponts-et-chaussées de la Généralité de Limoges et des 
gratifications à eux accordées (1782-1790). — Mémoire sur 
l'établissement de quatre contrôleurs-géographes dans la 
Généralité de Limoges, pour suivre les ouvrages qui s'y 
exécutent sur les fonds en rachat de corvée et de charité : 
correspondance relative à ce sujet (1783). — Bonnets aux 



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ARCHIVES DE LA HAUTE-VIENNE. 



armes du Roi pour les cantonniers. — Liste des cantonniers. 

— Correspondance relative à l'augmentation de retraite 
accordée au sieur Cadié, ancien ingénieur en chef de la 
Généralité de Limoges (1786). 

C. 315. (Liasse.) — 37 pièces, papier. 

1776-1788. — Ponts-et-chaussées, — Indemnités pour 
pertes de terrains. — Relevé des procès-verbaux d'estima- 
tion des terrains perdus par les propriétaires par suite des 
travaux sur les grandes routes : requêtes des propriétaires. 

— Élection de Limoges. — Route de Limoges au gué de la 
Roche : paroisse de Verneuil ; — chemin de Saint-Yrieix- 
sous-Aixe et de Verneuil ; — route de Limoges à Eymou- 
tiers : paroisse des Allois ; — route d'Angoulôme : paroisse 
de Veyrat ; — chemins des Cars à Aixe et d'Aixe à Saint- 
Junien : paroisses de Saint-Brice , Saint-Priest-sous-Aixe, 
Saint-Junien, Tarn, Saint-Martin-le-Vieux , Sainte-Marie-de- 
Vaux, Saint-Yrieix-d'Aixe, Saint-Victurnien, Flavignac. 

C. 316. (Liasse.) — 17 pièces, papier, dont 1 plan. 

1776-1783. — Ponts-et-chaussées. — Indemnités pour 
pertes de terrains. — Relevé des procès-verbaux d'estima- 
tion, requêtes des propriétaires, plans des routes. — 
Élection de Bourganeuf : route d'Eymoutiers à Bourganeuf : 
paroisses de Peyrat, Faux, Mazuras, Saint-Junien-la- 
Brugère, Bourganeuf; — route de Guéret : entrée de 
Bourganeuf (un plan); — route de Lyon : paroisses de 
Bourganeuf, Mérignac, Vedrenas et Pontarion. 

C. 317. (Liasse.) — 70 pièces, papier. 

1776-1783. — Ponts-et-chaussées. — Indemnités pour 
pertes de terrains. — Relevé des procès-verbaux d'estima- 
tion , requêtes des propriétaires et plans. — Élection de 
Brives. — Route de Limoges à Tulle : paroisse de la 
Graulière; — route de Treignac à Tulle : paroisse 
d'Affleux; — chemin d'Allassac : ville de Beaulieu; — 
route de Toulouse : paroisses du Vigeois, de Perpezac- 
le-Noir, Uzerche, Sain t-Par doux, Saint-Nicolas-d